mercredi 8 janvier 2014

Savons-nous ce que nous demandons?

Savons-nous ce que nous demandons?

« Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent: «Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande». Il leur dit: «Que voudriez-vous que je fasse pour vous?». Ils lui répondirent: «Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire». Jésus leur dit: «Vous ne savez pas ce que vous demandez. » (Mc 10,  35-38)

Jésus employait très souvent le langage imagé des paraboles pour livrer des enseignements aux gens. Ce langage frappe l’imagination et se grave facilement dans la mémoire.

Nous pouvons nous servir des magnifiques moyens techniques dont nous disposons aujourd’hui, pour imiter en quelque sorte la façon d’enseigner de Notre Seigneur Jésus Christ. Vous verrez dans un instant, un bel exemple de fable visuelle adaptée à notre époque, et qui livre un message important à toute personne qui est disposée à se laisser instruire.  

Pour voir la « fable visuelle », veuillez cliquer sur les mots suivants :  Les chaussures

Nous jugeons tous d’après les apparences. Tout le monde (ou presque) est attiré ou fasciné par la vie des « gens riches et célèbres ». Je ne sais pas pourquoi nous imaginons facilement que ces personnes ne sont pas visitées par la souffrance. Jusqu’au jour où la réalité et la vérité nous sautent aux yeux, et que nous apprenons qu’une " star " bien connue, vient de mettre fin à ses jours. Pour en arriver là, il faut vivre une réelle souffrance.



lundi 6 janvier 2014

Saint Frère André

Saint Frère André

Aujourd’hui, 6 janvier, nous commémorons la mort du premier saint (nous avions déjà une sainte : sainte Marguerite d’Youville) né en terre canadienne ou québécoise. Je viens de jeter un coup d’œil sur les statistiques de mon blogue, et j’ai constaté avec joie, que plusieurs personnes ont lu aujourd'hui le texte que j’ai mis sur mon blogue le 16 octobre 2011, intitulé : Guéri par le Frère André. Dans ce texte, je décris comment, selon moi, j'ai été guéri miraculeusement par le Frère André. À chaque année, je désire souligner la fête liturgique de notre saint québécois, par un article mis sur mon blogue.  

Aujourd’hui, je vais laisser la parole au premier ministre de notre pays, M. Stephen Harper. Je ne suis pas toujours d’accord avec les prises de position et les décisions de notre premier ministre, mais je suis heureux de savoir que cet homme croit en Dieu. Dans l’extrait que vous allez voir et entendre, il mentionne clairement que seule la foi en Dieu qu’avait le Frère André, peut expliquer l’œuvre immense qu’il a accomplie.

La vidéo que vous allez voir, a été filmée le 30 octobre 2010. La canonisation du Frère André avait eu lieu à Rome, le 17 octobre précédent. À Montréal, les autorités diocésaines ont décidé de célébrer la sainteté du Frère André, par une messe d’action de grâce tenue au Stade Olympique de Montréal, le dimanche 30 octobre 2010. Environ 50,000 personnes étaient réunies dans le stade pour fêter le nouveau saint. Pour lire un compte-rendu de cet événement, veuillez cliquer sur le lien suivant: Frère André: des milliers de pèlerins réunis au Stade | Valérie ...   J'étais bien sûr présent dans le stade, ce jour-là, en compagnie de plusieurs de mes paroissiens, pour remercier Dieu et le Frère André. Je vous invite à visionner la vidéo mise au bas du présent texte. Vous pourrez constater l'immense joie qui régnait ce jour-là à Montréal. Les 50,000 personnes rassemblées dans le stade olympique, ont chanté de tout leur coeur le magnifique chant composé par Robert Lebel (prêtre auteur-compositeur-interprète québécois) en l'honneur du Frère André. Pour entendre ce chant et en méditer les paroles, veuillez visionner la vidéo suivante:
frère andré - YouTube

           ► 6:15► 6:15
                          
Voici les propos tenus par notre premier ministre, dans les deux langues officielles du Canada: le français et l'anglais. Pour voir la vidéo, veuillez cliquer sur les mots suivants: Le PM rend hommage à Saint Frère André | Premier ministre du ...

Au Canada, la fête liturgique du saint Frère André, a été déplacée au 7 janvier. Voir à ce sujet, la fin du texte mis sur mon blogue l'an dernier, en date du 7 janvier. 
  1. Canonisation: Célébration au Stade olympique - ECDQ.tv

    www.ecdq.tv/.../9cb67ffb59554ab1dabb65bcb370d..
    Le 30 octobre 2010, près de 50000 personnes se rassemblaient pour célébrer dans la joie la canonisation du ...
À l'occasion de la canonisation du Frère André, la chaîne de télévision française Ktotv a interviewé deux prêtres: un Canadien et un Français. Le prêtre français fait partie des Pères de Sainte-Croix (la Congrégation religieuse à laquelle appartenait le Frère André), tandis que le prêtre canadien est mon confrère Oblat de la Vierge Marie, le Père Gérald Lajeunesse. Le Père Gérald est né à Québec, au Canada, et a oeuvré durant dix ans en France, dans notre maison située à Fontenay-aux-Roses, en banlieue de Paris. Le Père Gérald est de retour au Canada et habite au même endroit que moi. 


dimanche 5 janvier 2014

Bruno Lantéri, apôtre de la Miséricorde

Bruno Lantéri, apôtre de la Miséricorde


Le Père Bruno Lantéri, fondateur de la Congrégation religieuse à laquelle j’appartiens, les Oblats de la Vierge Marie, a vécu une bonne partie de sa vie sacerdotale, durant une période très trouble de l’histoire de l’Église : la période qui a suivi immédiatement la Révolution française. Soupçonné de comploter contre le régime impérial, il a même été mis à l’écart de la vie en société pendant trois ans (de 1811 - 1814), sur ordre de Napoléon Bonaparte. Le Piémont de l’époque, avait été conquis par Napoléon. Dès 1802, « le gouvernement avait ordonné la suppression complète des Ordres monastiques et des Congrégations religieuses dans le Piémont. Rome avait demandé aux religieux de ne pas résister, de quitter leurs maisons religieuses et de mettre de côté leur costume religieux, comme le gouvernement le commandait » (Timothy M. Gallogher, omv, Begin Again, The Life ans Spiritual Legacy of Bruno Lanteri, The Crossroad Publishing Company, 2013, pp.61 et 62; la traduction française de ce texte, a été faite par moi).

Pourquoi parler de la période la plus sombre de la vie de notre fondateur? C’est pour souligner que notre fondateur, malgré de grandes souffrances et de terribles épreuves, a toujours eu foi et confiance en l’infinie bonté de Dieu et en sa tendre Miséricorde. Croire que Dieu est bon quand tout va bien, c’est assez facile à faire. Mais croire que Dieu est bon quand tout semble s’écrouler autour de nous, c’est parfois héroïque. Une des phrases de la Bible que notre fondateur appréciait tout particulièrement, se trouve au tout début du Livre de la Sagesse. Je vais la citer en latin, car notre fondateur la citait souvent en latin, mais aussi parce qu’un des mots en latin, met l’emphase sur un des aspects importants de la spiritualité de notre fondateur. La phrase du livre de la Sagesse, est la suivante : « Sentite de Domino, in bonitate » (Sg 1, 1). Si on considère cette phrase avec les yeux et le cœur d’une personne de langue française, on la traduirait ainsi : « Ressentez que Dieu est bon ». Je pense sincèrement que notre fondateur aimerait cette traduction, qui est d’ailleurs l’équivalent de ce que nous dit le Psaume 33 dans la Bible : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 33, 9). Dans les bibles plus récentes, on traduit ainsi cette phrase : « Ayez sur le Seigneur des pensées droites », ce qui, de fait, veut dire la même chose : si nous voulons penser à Dieu de façon adéquate, nous nous devons de penser à Lui comme étant infiniment bon.

Notre fondateur était un confesseur et un directeur spirituel très couru de son temps. Nous pouvons avoir une idée des conseils qu’il donnait aux gens qu’il accompagnait, en lisant les lettres qu’il envoyait à des personnes qui se confiaient à lui. À une dame qui se confiait à lui, le Père Lantéri répondit :

« Pensons au fait que le Saint des Saints, Jésus Christ, a voulu lui aussi être tenté. Par conséquent, nous devrions considérer les tentations comme des faveurs, et nous remplir d’allégresse spirituelle, en conformité avec ce que nous demande saint Jacques : Mes frères, pensez aussi que toute l’allégresse de cette vie se situe dans le fait d’avoir des tentations, en sachant qu’avec les tentations, nous exerçons la patience, qu’avec la patience, nous exerçons toutes les vertus. Il est facile d’être gentil sans contrariété, patient sans occasions, chaste sans combat. Par conséquent, persuadez-vous que les tentations sont un bien que Dieu vous procure, et soyez assurée que Dieu ne permettra pas que vous soyez tentée au-delà de vos forces.

Apprenez à aller de l’avant avec vos manquements, et, par conséquent, supposez comme certain que vous en commettrez plusieurs, parce que servir Dieu sans manquement, est accordé uniquement au ciel, et saint François de Sales dit que la perfection ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever aussitôt après la chute, en reconnaissant notre misère et en demandant pardon à Dieu, mais en toute tranquillité, et sans nous étonner, en disant à Dieu que nous avons agi d’après ce que nous sommes et que Lui doit agir d’après ce qu’Il est. Si nous tombons, nous devons nous relever aussitôt et demander pardon; et ne jamais nous fatiguer de nous relever, même si nous tombons mille fois car si le petit enfant ne voulait plus se relever ni marcher parce qu’il tombe souvent ou par crainte de tomber à chaque pas, il n’apprendrait jamais à marcher.

Par conséquent, faisons-nous une grande idée de la bonté de Dieu. Ne la mesurons pas d’après notre petitesse, en nous imaginant qu’Il se lasse de notre instabilité, de notre pauvreté, de nos oublis, et qu’Il désire se venger de nos péchés, nous enlever son aide, nous refuser des grâces (1). Penser ainsi ferait en sorte que nous n’oserions plus aller lui demander pardon quand nous manquons à nos résolutions. Il n’est pas ainsi, notre bon Dieu. Dieu n’a pas besoin de nous, si ce n’est pour exercer sa miséricorde. Attribuons à Dieu ce qui lui appartient, c’est-à-dire, d’être bon, miséricordieux, plein de compassion; d’être un père aimant qui nous relève, qui ne se fatigue jamais de nous pardonner, et qui au contraire, se sent honoré et heureux quand nous allons lui demander pardon. » (Bruno Lantéri, Carteggio, volume 2, p. 126 ; la traduction française est la mienne)

En lisant ces phrases, comment ne pas entendre la voix de notre cher pape François, qui nous exhorte souvent à ne jamais nous fatiguer de demander pardon à Dieu?  

Dans le même ordre d’idée, on pourra lire avec profit, la très belle expérience spirituelle qu’a vécue un jour madame Georgette Blaquière. Pour prendre connaissance de cette expérience, veuillez cliquer sur les mots suivants : Dieu ma joie: Décès de madame Georgette Blaquière

(1) Dans une lettre écrite à une autre personne, le Père Lantéri reprend cette idée et nous dit que le fait de penser que Dieu se lasse de nos fautes, et qu’à cause d’elles, Il nous refuse son aide ou les grâces dont nous avons besoin, « est une abomination due à notre ignorance et constitue un grand tort que nous faisons à Dieu, en le mesurant d’après notre petitesse ». (Bruno Lantéri, Carteggio, volume 2, p. 133 ; la traduction française est la mienne)



mercredi 1 janvier 2014

Premier janvier: Marie, Mère de Dieu

Premier janvier : Marie, Mère de Dieu

Chers amis lecteurs,

Je vous souhaite une belle, bonne et sainte année 2014.

Il y a quelque chose qui me fascine de plus en plus : c’est l’immense place qu’occupe la très Sainte Vierge Marie dans la religion catholique. Ce qui est tout aussi fascinant, c’est que peu de gens semblent se rendre compte de ce fait. Notre Dieu et la Vierge Marie, opteront donc toujours pour l’humilité. Prendre de la place, sans que cela paraisse, semble être leur mot d’ordre.

Si vous êtes des personnes de ma génération, vous aurez entendu la terminologie suivante : les fêtes d’obligation. Je n’aime vraiment pas cette terminologie car elle risque de nous mettre sur une fausse piste, dans nos relations avec Dieu. Les fêtes d’obligation étaient les jours de l’année où nous devions rendre un culte spécial à Dieu, en participant à la messe. Quand j’étais jeune, il y avait beaucoup de fêtes d’obligation au Québec : Marie Mère de Dieu (le jour de l’an), la Toussaint, l’Immaculée Conception, l’Assomption de la Vierge, Saint-Joseph,
saint Pierre et saint Paul. De fait, ces fêtes d’obligation existent toujours, mais le droit canon, au second paragraphe du numéro 1246, dit que « la conférence des évêques peut, avec l’approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche ». C’est ce qu’ont fait les conférences épiscopales des divers pays.

Ce qui est remarquable à mes yeux, c’est que la grande majorité des fêtes d’obligation qui ont été conservées par les divers pays, sont des fêtes mariales, des fêtes qui célèbrent la Vierge Marie. Aux Etats-Unis, la fête de l’Immaculée Conception est une fête d’obligation, même si la fête a lieu un samedi ou un lundi (j’écris ceci parce que d’autres fêtes mariales sont des fêtes d’obligation aux Etats-Unis, mais non pas lorsqu’elles ont lieu un samedi ou un lundi). La raison en est que l’Immaculée Conception est la patronne des États-Unis. En France, l’Assomption de la Vierge Marie est une fête d’obligation, car Notre-Dame de l’Assomption est la patronne de la France. Le patron du Canada, est Saint Joseph. On aurait peut-être été en droit de s’attendre que la fête d’obligation qui aurait dû être retenue pour le Canada, soit la fête de Saint Joseph. Eh bien non! La seule fête d’obligation qui a été retenue au Canada, et qui n’a pas été reportée au dimanche, est la Solennité de Marie Mère de Dieu, le premier janvier. Les catholiques du Canada doivent participer à l’eucharistie, au jour de l’an, non pas parce que c’est le début de l’année, mais plutôt parce que c’est la Solennité de Marie, Mère de Dieu. Le titre de Mère de Dieu, est le plus grand titre attribué à la Vierge Marie. Tous ses autres privilèges lui ont été gracieusement accordés par Dieu, en raison du fait qu’Elle avait été choisie pour être la Mère de Dieu.

Je trouve extraordinaire que l’on commence chaque année, non pas par une fête dédiée à Jésus Christ, Notre Seigneur et notre Dieu, mais par une fête dédiée à la Vierge Marie. Il faut le faire quand même. Au jour de l’an, une personne purement humaine, l’emporte en quelque sorte sur Dieu. Cela est très fort et très puissant. La Vierge Marie nous est ainsi présentée comme le modèle par excellence de la sainteté humaine. Marie, la disciple de Jésus par excellence, Marie modèle de pureté, de charité, d’humilité, etc. La résolution que tout catholique devrait prendre à chaque jour de l’an, c’est d’imiter Marie et de prier Marie. La devise de notre Congrégation religieuse (les Oblats de la Vierge Marie), est le suivant : « Mariam cogita, Mariam invoca » (« Pense à Marie, invoque Marie »). Cette phrase nous vient du grand saint marial qu’est saint Bernard de Clairvaux. Avant de prier Marie, pense à elle; regarde-la agir; regarde-la parler. Regarde-la dans les évangiles.

L’évangile d’aujourd’hui, tiré de saint Luc, nous dit quelque chose de très important à propos de Marie. Il nous présente ce que j’aime appeler « le réflexe marial ». Marie a pris l’habitude, sûrement depuis son tout jeune âge, de « méditer les événements dans son cœur ». Tout ce que Marie vivait, et en particulier ce qui la surprenait, elle le méditait dans son cœur. Qu’est-ce que cela veut dire? Cela veut dire qu’elle ne jugeait pas seule de ce qui se passait autour d’elle et en elle. Elle vivait toujours les événements avec son Dieu. Quand elle vivait quelque chose d’inusité ou de surprenant, elle allait consulter Dieu dans son cœur, pour voir ce qu’Il en pensait, et ce qu’Il avait à lui dire sur le sujet. Elle recevait ainsi, petit à petit, des lumières pour le gouvernement de sa vie. Voilà en quoi nous devons imiter notre très Sainte Mère. Voilà ce que je nous souhaite en ce début d’année : « méditer dans notre cœur, les événements heureux et malheureux de notre vie ». Aujourd’hui, dans l’évangile, on nous dit que les bergers, venus à la crèche, ont raconté à Marie et à Joseph ce qu’ils avaient vu et entendu dans les champs, à propos de l’enfant qui venait de naître. L’évangéliste Luc nous dit que Marie et Joseph étaient étonnés de ce que disaient les bergers. Et il ajoute aussitôt : « Marie, cependant, retenait tous ces événements, et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19). Voilà pour un événement heureux.

Douze ans plus tard, Jésus se dérobera à la vue de Marie et de Joseph, pendant trois jours. Durant ces trois jours, Marie et Joseph vivront dans l’angoisse. Quand ils le trouvent dans le temple de Jérusalem, en train d’écouter et d’interroger les docteurs de la Loi, Marie demande à son fils : « Pourquoi nous as-tu fait cela? Ton père et moi, angoissés, nous ne cherchions. » À cette question, le jeune Jésus répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? ». Saint Luc nous dit : « Les parents de l’enfant ne comprirent pas ce qu’ils venaient de leur dire ». Et l’évangéliste ajoute aussitôt : « Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 51). Voilà pour un événement malheureux.

Comment apprendre à méditer dans son cœur, à l’exemple de Marie? Selon moi, la meilleure école, est la méditation du chapelet. Sortons nos chapelets, prions le chapelet avec Marie. Elle nous apprendra Elle-même, ce que c’est que de méditer en notre cœur.

Je vous prie de lire les textes que j’ai mis sur mon blogue concernant le chapelet. Le chapelet est une prière essentiellement « christologique ». C’est Jésus qui est au centre du chapelet. Mais on médite la vie de Jésus avec l’aide et les yeux de sa Mère.

Dieu ma joie: Le chapelet 101 (première partie)


Pour lire ces textes, vous n'avez qu'à cliquer sur les titres ci-dessus. 




lundi 30 décembre 2013

La porte sainte de Québec

La porte sainte de Québec
       

Si vous habitez au Québec, j’imagine que vous êtes au courant que la ville de Québec vit en ce moment une année jubilaire. Cette année de festivités a commencé le 8 décembre dernier, et se terminera le 28 décembre 2014, avec la fête de la Sainte Famille. Ce jubilé veut commémorer le 350ème anniversaire de la cathédrale de Québec, berceau de la foi catholique en Amérique du nord. J’ai déjà écrit sur mon blogue, un texte à ce sujet, le 9 décembre dernier. Voici d’autres détails sur la « porte sainte » de la cathédrale de Québec, la septième porte sainte qui existe dans le monde; la seule en dehors de l’Europe.

C’est le sculpteur montréalais Jules Lasalle, qui a réalisé la porte sainte de Québec. C’est un détail intéressant car c’est le même sculpteur qui a réalisé, en 1993, le tombeau en bronze de Mgr François de Laval qui se trouve à l’intérieur de la cathédrale de Québec. L’abbé Julien Guillot, directeur général des fêtes du 350ème anniversaire de Notre-Dame de Québec, dit que différents artistes ont été invités à présenter un projet de sculpture pour la porte sainte. Les membres du comité organisateur des fêtes, ont choisi le projet de M. Lasalle, en raison du caractère contemporain de la porte qu’il désirait sculpter. Alors que les autres portes saintes qui existent dans le monde, comportent des médaillons illustrant certains passages de la Bible, M. Louis Lasalle a opté pour la simplicité et la modernité. Sur le côté extérieur de la porte, il n’y a que Jésus, les mains ouvertes, dans une attitude d’accueil. Ses mains grandes ouvertes, nous invitent à passer par Lui pour aller vers le Père, selon cette phrase de Jésus: " Nul ne va vers le Père, sans passer par moi " (Jn 14, 6). Le Jésus sur la porte sainte, est le Christ ressuscité, et évoque le Christ que l'on retrouve dans la cathédrale, sur le baldaquin surplombant l'autel principal. 

De plus, Jésus n’a-t-il pas dit, dans l’évangile de saint Jean, qu’Il est « la porte des brebis » (Jn 10, 7-9)? Sur le côté intérieur de la porte, il y a Notre-Dame, entourée de gens qui symbolisent les communautés qui se sont succédées au cours des âges. Les personnes seules, les familles et les Amérindiens y sont représentés. M. Lasalle a voulu ainsi relié le présent au passé; ou le passé au présent. L’artiste a voulu une certaine sobriété dans la représentation de la porte sainte; et c’est ce caractère épuré qui a plu aux membres du comité organisateur.



Un des éléments les plus frappants de la porte, et peut-être même le plus original, c’est la croix de Jésus qui traverse ou transperce la porte. Ce trou dans la porte, ou cette ouverture dans la porte, est très significative pour le sculpteur. La croix unit l’intérieur et l’extérieur. C’est comme « une porte dans la porte ». Et même si la porte sainte demeure fermée durant des années, elle restera toujours en quelque sorte, un peu ouverte. Cette ouverture dans la porte, est aussi ce qui permet de faire passer la lumière. N'est-ce pas la Lumière de Pâques qui nous attend, au terme de notre pèlerinage terrestre, alors que, comme Jésus, nous passerons de ce monde au Père?

Une fois que nous avons franchi la porte sainte, nous nous retrouvons devant des reliques de nos saints et bienheureux (François de Laval, Kateri Tekakwitha, le Frère André, Marie de l’Incarnation, etc). Le soir de l’ouverture de la porte sainte, le 8 décembre dernier, ce sont ces reliques qui, en premier, ont franchi la porte. Quelques instants plus tard, Mgr Lacroix disait : « On a tenu à ce que ceux qui nous ont précédés dans la foi, passent en premier. Ce sont eux qui nous ont ouvert le chemin, en venant ici comme missionnaires pour y travailler et y donner leur vie. ». 

Au terme de l’année jubilaire, la porte ne sera pas « emmurée », mais simplement « scellée ». L’échafaudage construit pour permettre d’entrer par la porte, sera détruit. Peut-être la porte sainte sera-t-elle ouverte à nouveau dans dix ans (2024), pour commémorer le 350ème anniversaire du diocèse de Québec.

Je suis allé " passer par la porte sainte ", au lendemain de Noël. J'avoue avoir été déçu par la grandeur de la porte sainte et par la stature du Jésus représenté sur la façade extérieure de la porte. Je suis d'assez petite taille (5 pieds 8 pouces 1/2; 1 mètre 72) et le Christ est plus petit que moi. J'ai manifesté ma déception à l'abbé Julien Guillot, responsable du comité des fêtes du 350ème, et il m'a répondu que la Porte Sainte a une architecture volontairement petite, due à l'emplacement où elle se trouve. Si la Porte Sainte avait été placée sur la façade de la cathédrale, elle aurait pu avoir un autre format. Mais là où elle est placée, elle respecte l'architecture et la proportion des lignes. C'est une porte spécialement conçue en tenant compte de l'architecture de la chapelle du Sacré-Coeur où elle est située. L'abbé Guillot a ajouté que le sens que l'on a voulu donner à la grandeur de la porte, est en lien avec cette phrase de Jésus: " Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite " (Lc 13, 24). Il s'agit de " se libérer de ce qui alourdit nos vies " avant de passer la porte étroite.

J'ajoute un mot à ce texte. Nous sommes le 12 janvier 2014, en la fête du Baptême du Seigneur. Un de mes bons amis paroissiens est allé à Québec ces jours-ci, et a vécu l'expérience de la Porte Sainte. Voici son compte-rendu:

Le 11 janvier 2014, Jean-Jacques a écrit :

Bonjour Guy,

Récemment tu as parlé de la Porte Sainte de Québec. Nous sommes allés à Québec cette semaine et je me suis rendu à la cathédrale pour entrer par cette Porte Sainte. Pour ma part, j'ai été impressionné par la qualité de cette porte, sculptée par un québécois dont le métal repoussé représente bien le Christ à l'extérieur et la Vierge Marie à l'intérieur. J'ai passé cette porte en étant touché par la symbolique qui nous est présentée  ...   j'ai senti une paix intérieure guidé par la foi.

Merci de nous en avoir parlé et d'avoir aiguisé ma curiosité  ...  pour ma part je n'ai pas été déçu.

Amitié, 

Jean-Jacques


Photo: à gauche: la représentation de Jésus sur la côté extérieur de la porte sainte; à droite: l'archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, en ce début d'année jubilaire.




lundi 23 décembre 2013

Mes voeux en ce Noël 2013

Mes vœux en ce Noël 2013

Chers amis, voici mes vœux, ou mes désirs, pour vous et pour moi, en ce Noël 2013 : que nous comprenions toujours mieux ce que c’est que d’être chrétiens et que nous éprouvions de plus en plus une immense fierté d’avoir été choisis par Dieu pour être incorporés au Christ Sauveur. Le baptême est avant tout une incorporation au Christ : nous entrons dans son corps, nous faisons partie de son corps. Le baptême a fait de nous des membres du Christ ressuscité et Sauveur. En Lui, nous devons vivre en ressuscités et contribuer à notre tour, à sauver notre pauvre monde : « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Église » (Col 1, 24). 

Mais pour que nous puissions être « incorporés » au Christ, il fallait d’abord que le Verbe se fasse chair, que le Fils éternel du Père, coéternel avec le Père et l’Esprit-Saint, prenne corps et s’unisse à jamais à notre nature faible et mortelle. C’est grâce à cette incorporation du Fils de Dieu à notre nature, que nous pouvons à notre tour, faire corps avec Lui. C’est cet abaissement du Fils de Dieu, cette humiliation et cet anéantissement (pour reprendre une expression  utilisée par saint Paul) du Fils de Dieu, que nous célébrons à Noël et que nous sommes invités à vivre et à imiter jusqu’à notre mort : « Le Christ Jésus, ayant la condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti, prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix! C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a  donné le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil 2, 6-11)

Lorsque j’entends certains de mes compatriotes qui travaillent à la radio ou à la télévision, parler de la religion catholique, ils la qualifient souvent de religion du sacrifice, de religion qui fait l’éloge de la souffrance. Et parce que ces personnes ne perçoivent pas du tout la valeur intrinsèque du sacrifice de Jésus et de tout sacrifice vécu avec Jésus et pour Jésus,  elles se disent  tellement heureuses d’avoir mis de côté la religion de leurs ancêtres. Ces gens ont tout à fait raison de percevoir le sacrifice comme faisant partie intégrale de la religion catholique. Cela est tout à fait vrai. Mais la religion catholique n’est pas masochiste. Un masochiste aime la souffrance pour la souffrance. Nous, les catholiques, nous n’aimons pas la souffrance, pour la souffrance. Nous aimons la souffrance comme moyen de transformation intérieure, comme moyen de partager la vie de Jésus, la vie divine, comme moyen, en somme, d’être divinisés. C’est le rêve de l’être humain, depuis ses origines, de devenir un Dieu, d’être comme Dieu. Mais alors que l’être humain, laissé à ses seules lumières naturelles, en vient à penser que le moyen d’être comme Dieu, est de pouvoir décider par lui-même de ce qui est bien, et de ce qui est mal, ou encore, de faire uniquement ce qui lui plaît, le chrétien, lui. a une tout autre conviction, une tout autre vision. Le chrétien sait et croit que l’unique moyen de s’unir à la vie divine, est le renoncement à sa nature pécheresse. Le moyen le plus sûr pour le chrétien de partager la vie divine, depuis que Dieu s’est fait homme, c’est d’aller contre sa nature sensible, et d’imiter Dieu dans son abaissement et son renoncement.

Le Père Raniero Cantalamessa a donné un enseignement magistral, le 6 décembre dernier, au pape et à la curie romaine. Il a essayé de montrer comment saint François d’Assise a renouvelé l’Église par la voie de la sainteté. C’est uniquement la sainteté qui renouvellera le monde. Mais la question est la suivante : qu’est-ce que la sainteté? Le Père Cantalamessa, capucin et fils de saint François, a montré très clairement que saint François s’est approché de la  sainteté, le jour où, allant contre la nature sensible en lui, il a embrassé un lépreux. J’ai cité ce passage dans mon blogue du 17 décembre dernier, intitulé : François et François.

Voici maintenant, une autre portion de ce magnifique enseignement du Père Cantalamessa :

Comment imiter François?
Qu’est-ce que l’expérience de François nous dit aujourd’hui ? Que pouvons-nous imiter chez lui, tous, et tout de suite ? Aussi bien ceux que Dieu appelle à réformer l’Église par la sainteté, que ceux qui se sentent appelés à la renouveler par la critique, ou ceux que lui-même appelle à la réformer par les charges qu’ils recouvrent ? La même chose que le point de départ de l’aventure spirituelle de François: sa conversion du « moi » à Dieu, son renoncement à lui-même. C’est ainsi que naissent les vrais réformateurs, ceux qui changent vraiment quelque chose dans l’Église. Ceux qui meurent à eux-mêmes. Mieux, ceux qui décident sérieusement de mourir à eux-mêmes, sachant qu’il s‘agit d’une démarche qui dure toute la vie, voire au-delà d’elle, si, comme le disait sainte Thérèse d’Avila en plaisantant, notre amour propre meurt vingt minutes après nous.

Une saint moine orthodoxe, Silouane du Mont Athos, disait ceci: « Pour être vraiment libres, il faut commencer par se lier soi-même ». Des hommes comme eux sont libres de la liberté de l’Esprit; rien ne les arrête et plus rien ne leur fait peur. Ils deviennent des réformateurs par la voie de la sainteté, et pas seulement par leur charge. Mais que  signifie la proposition de Jésus de renoncer à soi-même ? Est-ce toujours possible de le proposer à un monde qui ne parle que de réalisation de soi, d’affirmation de soi? Le renoncement n’est jamais une fin en soi, ni un idéal en soi. La chose plus importante, c’est ce qui est positif: " Si quelqu’un veut venir avec moi " a dit Jésus; c’est suivre le Christ, posséder le Christ. Dire non à soi-même, c’est le moyen; dire oui au Christ, c’est la fin. Paul le présente comme une sorte de loi de l’esprit: « Si, par l’Esprit, vous tuez les désordres de l’homme pécheur, vous vivrez » (Rm 8,13). C’est, on le voit, un « mourir » pour vivre, à l’opposé de la vision philosophique existentielle selon laquelle la vie humaine est « un vivre pour mourir » (Heidegger).

Il s’agit de savoir quel fondement nous voulons donner à notre existence : notre « moi » ou le « Christ »; dans le langage de Paul, si nous voulons vivre « pour nous-mêmes », ou « pour le Seigneur » (cf. 2 Co 5,15; Rm 14, 7-8). Vivre « pour soi-même » signifie vivre selon ses propres commodités, sa propre gloire, son propre avancement ; vivre « pour le Seigneur » signifie toujours remettre à la première place, dans nos intentions, la gloire du Christ, les intérêts du Royaume et de l’Eglise.
Chaque « non », petit ou grand, dit à soi-même par amour, est un « oui » dit au Christ.

Il faut seulement éviter de se faire des illusions. Il ne s’agit pas de tout savoir sur le renoncement chrétien, sa beauté et sa nécessité; il s’agit de passer à l’acte, de le mettre en pratique. Un grand maître de l’esprit des temps anciens  disait: « Il est possible de briser dix fois sa propre volonté en un temps très bref ; et je vous dis comment. Une personne se promène et voit quelque chose; sa pensée lui dit: « Regarde là », mais lui répond à sa pensée: « Non, je ne regarde pas », et il brise sa volonté. Puis il rencontre d’autres personnes qui sont en train de parler en mal de quelqu’un, peut-être du supérieur, et sa pensée lui dit : « Dis toi aussi ce que tu sais », et il brise sa volonté en se taisant » (1). Ce Père des temps anciens apporte, comme on le voit, des exemples qui sont tous tirés de la vie monastique. Mais ceux-ci peuvent s’actualiser et s’adapter facilement à la vie de chacun, clercs et laïcs. Vous ne rencontrerez peut-être pas comme François un lépreux, mais un pauvre qui, vous le savez, vous demandera quelque chose; le vieil homme qui est en vous vous pousse à passer de l’autre côté de la rue, mais vous, vous vous faites violence et vous allez à sa rencontre, en ne lui offrant peut-être qu’un salut et une poignée de main, si vous ne pouvez rien de plus. L’occasion d’un gain illicite se présente à vous: vous dites non, et vous avez renoncé à vous-mêmes. Vous avez été contredit dans une de vos idées; piqué au vif, vous voudriez répliquer vivement, vous vous taisez et attendez: vous avez brisé votre « moi ». Vous croyez avoir reçu un tort, un traitement, ou une tâche non adaptés à vos mérites ; vous voudriez le faire remarquer  à tout le monde, en vous enfermant dans un silence plein de tacite reproche. Vous dites non, vous brisez le silence, vous souriez et vous rouvrez le dialogue. Vous avez renoncé à vous-mêmes et sauvé la charité. Et ainsi de suite.

Un objectif difficile à atteindre (je ne parle certes pas comme quelqu’un qui y serait arrivé!), mais ce qui est arrivé à François, nous a montré ce qui peut naître d’un renoncement de soi réalisé en réponse à la grâce. L’objectif final à atteindre est de pouvoir dire comme Paul et avec lui: « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». Et cette terre sera alors déjà comblée de joie et de paix. Saint François, avec sa «joie parfaite», est un témoin vivant de la « joie qui vient de l’Évangile, de l’«Evangelii Gaudium » dont nous parle le pape François dans sa récente Exhortation apostolique.
(Tiré de l’enseignement du Père Raniero Cantalamessa, du 6 décembre 2013, intitulé: FRANÇOIS D’ASSISE ET LA RÉFORME DE L'ÉGLISE PAR VOIE DE SAINTETÉ)

(     (1) Dorothée de Gaza, Oeuvres spirituelles, I,20 (SCH 92,p.177).


samedi 21 décembre 2013

Michael Lonsdale

Michael Lonsdale
(1931 -   )


Je suis en train de lire un merveilleux petit livre : Jésus, j’y crois, écrit par Michael Lonsdale. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, si vous habitez hors de la France. Mais si vous avez vu le merveilleux film de Xavier Beauvois, intitulé Des hommes et des dieux, vous retracerez facilement qui est Michael Lonsdale. Le film Des hommes et des dieux, retrace la vie de huit moines cisterciens vivant à Tibhirine, en Algérie, qui ont témoigné de l’amour de Dieu en pays musulman, au péril de leur vie. De fait, sept d’entre eux mourront assassinés en 1996. L’acteur Michael Lonsdale interprète le rôle d’un des moines : le très sympathique frère Luc, médecin totalement dévoué à ses patients.  

Michael Lonsdale est un comédien et non pas un théologien. Je ne partage pas toutes ses idées théologiques, mais j’admire beaucoup son amour pour Jésus et son grand désir de témoigner de sa foi.

Voici les tout premiers mots du livre Jésus, j’y crois :

« Jésus est le cœur de la lumière, la source de toute respiration humaine. Cet homme est pour moi la vérité qui ne peut mentir. J’ai lu beaucoup de grands textes spirituels, je me suis intéressé à différentes religions et sagesses, musulmanes, bouddhistes ou venant de l’Inde … Il y a de très belles choses dans les Upanishads, dans le bouddhisme, et sans doute chez les philosophes que j’ai du mal à lire. Avec le Christ, voici la seule religion où il est question d’amour avant tout. Il n’y a pour moi rien de plus fort que les paroles de Jésus. …

 De toute ma vie, ce que j’ai lu de plus vrai, c’est l’Évangile. La parole de Jésus est la plus juste, celle qui suscite le plus de vie. Il est source de bonté, de générosité chez les êtres humains. Et cette générosité, ce souci des autres avant soi, me touche profondément. Ce don de soi hérité de Jésus, j’y crois dur comme fer. Je me promène souvent avec ma petite bible dans mon sac : je peux la lire n’importe quand, n’importe où, dans le métro, en voyage … Je suis plongé dedans : j’écoute le Christ, je n’ai besoin de rien d’autre » (Michael Lonsdale, Jésus j’y crois, Bayard 2013, pp. 7-9).

Voilà pour son amour de Jésus. Et maintenant, voici quelques mots sur son désir de témoigner, d’évangéliser :

« La foi est un trésor qui se transmet, et ma manière de la partager passe par la scène. Ce n’est plus un travail : c’est ma façon de répondre à l’appel du Christ. Il y a tant à faire, et c’est un tel bonheur que de partager la lecture du Cantique des cantiques ou du livre de Job pour faire connaître l’amour de Dieu. Mais nous sommes tous invités à témoigner de notre foi : quand nous sortons de nos célébrations dominicales, nous devrions être secoués et vivants. Cela devrait se voir sur nos visages … La foi nous donne envie d’aimer Dieu, et d’aimer nos frères. Pourquoi ne sommes-nous pas plus joyeux, généreux, amoureux? Notre adhésion doit être complète : c’est notre manière d’être qui devrait être littéralement transpercée par notre foi en Jésus. Notre cœur n’attend que cette étincelle, mais nous sommes trop souvent timorés. Il faut éveiller les cœurs, car c’est l’amour qui sauvera le monde! » (Ibid, pp. 58-59)

Michael Lonsdale a bien raison de mentionner l’envoi missionnaire qui se vit au terme de chaque eucharistie. Lorque le prêtre prononce les paroles suivantes : « Allez dans la paix du Christ », il n’a pas d’abord à l’esprit d’inviter les gens à sortir de l’église; il les envoie littéralement en mission; il les envoie porter la paix du Christ à toute personne qu’ils rencontreront sur leur chemin durant la semaine. Les catholiques ne sont pas suffisamment conscients et convaincus d’être des missionnaires. La mission devrait se vivre dès que nous franchissons la porte de l’église et que nous mettons le pied sur le parvis. J’aime beaucoup le nom qu’a donné en 2011, le Conseil pontifical de la culture, à une nouvelle structure de dialogue entre croyants et non croyants, nommée : le Parvis des Gentils.

Dans le film Des hommes et des dieux, une des plus belles scènes du film, selon moi, est la rencontre entre une jeune fille nommée Rabbia et le frère Luc (joué par Michael Lonsdale). La jeune fille venait, semble-t-il, de connaître l’amour, et demande au frère Luc : « Comment c’est, quand on est vraiment amoureux? ». S’en suit une belle discussion sur l’amour. Dans le livre Jésus j’y crois, Michael Lonsdale nous révèle un fait étonnant à propos de cette scène. Le magnifiques propos que tient l’acteur à la jeune fille, n’étaient pas écrits dans le scénario. Le réalisateur du film, a simplement demandé à Michael Lonsdale, d’improviser:

« Dans la scène durant laquelle j’explique à la jeune fille ce qu’est l’amour, Xavier Beauvois m’a demandé d’improviser. J’ai dit ce que j’avais dans le cœur. Je ne sais pas ce qu’aurait répondu frère Luc, mais je crois qu’il aurait dit quelque chose d’assez proche. C’était impressionnant de donner sa voix à une figure si dépouillée, si vraie, si près de la sainteté. À quatre-vingts ans, frère Luc est un des très beaux rôles que j’ai eu à jouer dans ma carrière : c’est un être de pure générosité, une des plus belles trajectoires de la foi que je connaisse. Sa vie à Tibhirine, entre la prière et les soins apportés à tous ceux qui  venaient voir le médecin, est un consentement à l’une des plus belles phrases des Évangiles : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Ibid, pp. 54-55)

Extraordinaire, n’est-ce pas? Cela montre que la vie intérieure de Michael Lonsdale transparaît dans tout son être. Xavier Beauvois (le réalisateur du film) savait par instinct et par intuition, que Michael Lonsdale connaissait le véritable amour et serait capable d’en parler. C'est tout simplement merveilleux. Vous pouvez visionner le magnifique film Des hommes et des dieux, gratuitement sur internet, en cliquant sur le lien ci-dessous (1).

Vous pouvez entendre Michael Lonsdale réciter un de mes poèmes préférés de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, intitulé " Rien que pour aujourd'hui ", en cliquant sur les mots suivants: "Rien que pour aujourd'hui" par Michael LONSDALE - Forum ...

La chaîne de télévision française KTO a fait quelques interviews avec Michael Lonsdale. Vous pouvez facilement les visionner sur internet. En voici une : 
  1. Michael Lonsdale - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=Swi4bjD5yDo
    20 oct. 2012 - Ajouté par KTOTV
    Pour les croyants comme pour les non-croyants, il est l'acteur qui transcende et qui sait mieux que quiconque ...


  1. fr.gloria.tv/?media=150700
    28 avr. 2011
    Testament du Père Christian de Chergé Date de sortie cinéma : 8 septembre 2010 Film déjà disponible en DVD depuis le : 23 février 2011 Film  ...