Le Rosaire et le visage de Jésus
Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, Trois-Rivières, Canada
Photo: Sanctuaire Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire
Voici ma façon d’honorer Notre-Dame-du-Rosaire, en ce 7 octobre qui
lui est dédié.
L’Esprit Saint a de la suite dans
les idées. Notre bon pape François nous a invités à contempler le visage de la Miséricorde durant le
grand jubilé de la
MISÉRICORDE DIVINE. Le visage de la Miséricorde divine, c’est Jésus de Nazareth, notre
très doux Sauveur :
« Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père.
Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible,
elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde »
(Ep 2, 4) après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et
miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34, 6) n’a
pas cessé de faire connaître sa nature divine de différentes manières et en de
nombreux moments. Lorsqu’est venue la « plénitude des temps » (Ga 4, 4), quand
tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour
nous révéler de façon définitive son amour. Qui le voit a vu le Père (cf. Jn
14, 9). A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne, Jésus de
Nazareth révèle la miséricorde de Dieu. » (Bulle d'indiction Misericordiae Vultus, no. 1)
Un autre pape de notre temps nous
a indiqué un des moyens les plus efficaces de contempler le visage de Jésus; ce
moyen, c’est le ROSAIRE. En 2002, le pape Jean-Paul II a écrit une très belle
exhortation apostolique sur le Rosaire, intitulée: Rosarium Virginis Mariae (1). C’est dans cette lettre qu’il a introduit
les MYSTÈRES LUMINEUX. Comme ce fut lumineux en effet d’effectuer ainsi une
révolution dans la structure millénaire du Rosaire. Il fallait vraiment un
géant comme Jean-Paul II pour oser faire cela.
Quand j’ai lu cette, ce qui m’a
le plus frappé, c’est l’insistance du pape sur le VISAGE DE JÉSUS. À plusieurs
reprises, Jean-Paul II nous invite à contempler le visage de Jésus, avec les
yeux et le cœur de la Vierge Marie :
« En effet, tout en ayant une caractéristique mariale,
le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. ... Avec
lui, le peuple chrétien se met à l'école de Marie, pour se
laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l'expérience de la profondeur de
son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d'abondantes grâces, les recevant
presque des mains mêmes de la
Mère du Rédempteur. » (Rosarium Virginis
Mariae, no. 1)
Comme je l’ai mentionné plus haut, le pape dans cette
exhortation apostolique, a introduit les mystères lumineux. Et au cœur, ou au
centre de ces mystères lumineux, il a voulu inclure le mystère de la
transfiguration de Jésus. Le pape dit une phrase très forte concernant ce
mystère; il affirme que « l’épisode
évangélique de la transfiguration du Christ, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne » :
Un
visage resplendissant comme le soleil
« Et
il fut transfiguré devant eux: son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 2). L'épisode évangélique de la
transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et
Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré
comme icône de la
contemplation chrétienne. Fixer
les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère dans le chemin
ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu'à en percevoir la splendeur
divine définitivement manifestée dans le Ressuscité glorifié à la droite du
Père, tel est le devoir de tout disciple du Christ; c'est donc aussi notre
devoir. En contemplant ce visage, nous nous préparons à accueillir le mystère
de la vie trinitaire, pour faire l'expérience toujours nouvelle de l'amour du
Père et pour jouir de la joie de l'Esprit Saint. Se réalise ainsi pour nous la
parole de saint Paul: « Nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous
sommes transfigurés en son image, avec une gloire de plus en plus grande, par
l'action du Seigneur qui est Esprit » (2 Co 3, 18). (Rosarium
Virginis Mariae, no. 9)
Marie
modèle de contemplation
« La
contemplation du Christ trouve en Marie son modèle
indépassable. Le visage du
Fils lui appartient à un titre spécial. C'est dans son sein qu'il s'est formé,
prenant aussi d'elle une ressemblance humaine qui évoque une intimité
spirituelle assurément encore plus grande. Personne ne s'est adonné à la
contemplation du visage du Christ avec autant d'assiduité que Marie. » (Ibid , no. 10)
« Marie propose sans cesse
aux croyants les “mystères” de son Fils, avec le désir qu'ils soient contemplés, afin qu'ils
puissent libérer toute leur force salvifique. Lorsqu'elle récite le Rosaire, la
communauté chrétienne se met en syntonie avec le souvenir et avec le regard de
Marie. » (Ibid, no. 11)
« Dans le parcours spirituel du Rosaire, fondé sur la contemplation incessante – en
compagnie de Marie – du visage du Christ,
on est appelé à poursuivre un tel idéal exigeant de se conformer à Lui grâce à
une fréquentation que nous pourrions dire “amicale”. Elle nous fait entrer de
manière naturelle dans la vie du Christ et pour ainsi dire “respirer” ses
sentiments. » (Ibid, no.
15)
« Le Rosaire est l'un des parcours traditionnels de la
prière chrétienne qui s'attache à la contemplation du visage du Christ. » (Ibid,
no. 17).
« La
Transfiguration est le mystère de lumière par excellence.
Selon la tradition, elle survint sur le Mont Thabor. La gloire de la divinité
resplendit sur le visage du Christ, tandis que, aux Apôtres en extase, le Père
le donne à reconnaître pour qu'ils “l'écoutent” (cf. Lc 9,35 par) et qu'ils se préparent à
vivre avec Lui le moment douloureux de la Passion , afin de parvenir avec Lui à la joie de la Résurrection et à une
vie transfigurée par l'Esprit Saint. » (Ibid, no. 21).
En terminant, voici un très beau paragraphe de cette lettre
du pape, sur la dévotion mariale:
« Le Rosaire se met au service de cet idéal, livrant le
“secret” qui permet de s'ouvrir plus facilement à une connaissance du Christ
qui est profonde et qui engage. Nous pourrions l'appeler le chemin de Marie. C'est le chemin de l'exemple de la Vierge de Nazareth, femme
de foi, de silence et d'écoute. C'est en même temps le chemin d'une dévotion
mariale, animée de la conscience du rapport indissoluble qui lie le Christ à sa
très sainte Mère: les mystères
du Christ sont aussi, dans un
sens, les mystères de sa Mère,
même quand elle n'y est pas directement impliquée, par le fait même qu'elle vit
de Lui et par Lui. Faisant nôtres dans l'Ave Maria les paroles de l'Ange Gabriel et de
sainte Élisabeth, nous nous sentons toujours poussés à chercher d'une manière
nouvelle en Marie, entre ses bras et dans son cœur, le « fruit béni de ses
entrailles » (cf.Lc 1,
42). » (Ibid, no. 24).
En cette fête de Notre-Dame-du-Rosaire, j’ai voulu répondre à
ma façon à l’invitation de celui qui m’a ordonné prêtre, il y a de cela 33 ans
(j’ai été ordonné prêtre par saint
Jean-Paul II, le 12 juin 1983, en la basilique Saint-Pierre, à Rome) :
« Je compte sur vous, les consacrés, hommes et femmes,
appelés à un titre particulier à contempler le visage du Christ à l'école de
Marie. » (Ibid, no. 43).
Il est bon de se rappeler qu’au sanctuaire marial le plus
important au Canada, le Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, il y a une petite chapelle extraordinaire dédiée à Notre-Dame-du-Très-Saint-Rosaire.
C’est ce fait qui a motivé le choix de l’image mise au haut de ce blogue.
(1) Pour lire cette magnifique exhortation apostolique, veuillez cliquer sur le lien suivant:
Rosarium Virginis Mariae sur le Rosaire (16 octobre 2002) | Jean Paul II
https://w2.vatican.va/...ii/.../hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae.html
16 oct. 2002 - LETTRE APOSTOLIQUE ROSARIUM VIRGINIS MARIAE DU PAPE JEAN-PAUL II À L'ÉPISCOPAT, AU CLERGÉ ET AUX FIDÈLES SUR LE ...
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