mercredi 25 septembre 2019

Saint Augustin et les distants

Saint Augustin et les distants

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Saint Augustin, peinture d'Anton Kern

Nous vivons au Québec, et spécialement à Montréal où j'habite, une désertion massive des personnes qui ont été baptisées dans l’Église catholique. La majorité des adultes baptisés dès leur enfance, ont abandonné la foi de leurs ançêtres.

Nous lisons depuis plus d’une semaine dans l’office des lectures du bréviaire le magnifique commentaire de saint Augustin sur la partie du livre du prophète Ézéchiel qui traite du rôle des pasteurs. Dieu dit ceci :

LIVRE D'Ézéchiel, chapitre 14
« La parole du Seigneur me fut adressée :« Fils d’homme, prophétise contre les bergers d’Israël, prophétise. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Quel malheur pour les bergers d’Israël qui sont bergers pour eux-mêmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? Vous, au contraire, vous buvez leur lait, vous vous êtes habillés avec leur laine, vous égorgez les brebis grasses, vous n’êtes pas bergers pour le troupeau. Vous n’avez pas rendu des forces à la brebis chétive, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené la brebis égarée, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernées avec violence et dureté. Elles se sont dispersées, faute de berger, pour devenir la proie de toutes les bêtes sauvages. Mon troupeau s’égare sur toutes les montagnes et toutes les collines élevées ; mes brebis sont dispersées dans tout le pays, personne ne les cherche, personne ne part à leur recherche. » (Éz 14, 1-6)
Et voici un extrait du commentaire de saint Augustin:
SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS
« Insiste à temps et à contre-temps »
Vous n'avez pas ramené la brebis égarée, ~ cherché celle qui était perdue. C'est ainsi que nous pouvons nous trouver exposés à la violence des bandits et aux dents des loups furieux, et nous vous demandons de prier pour nous quand nous sommes exposés à ces dangers. Et les brebis sont rétives. Car lorsqu'on cherche celles qui sont égarées, elles disent qu'elles sont devenues étrangères en s'égarant et en se perdant : « Pourquoi nous appelez-vous ? Pourquoi nous cherchez-vous? » Comme si la raison pour laquelle nous les appelons et les cherchons n'était pas justement qu'elles sont égarées et qu'elles se perdent ! « Si je suis égarée, dit-elle, si je suis près de mourir, pourquoi m'appelles-tu ? Pourquoi me cherches-tu ? » C'est parce que tu es égarée que je veux te rappeler; parce que tu vas à ta perte, que je veux te trouver. « C’est ainsi que je veux m'égarer, c'est ainsi que je veux périr. »
C'est ainsi que tu veux t'égarer, c'est ainsi que tu veux périr? Raison de plus pour que je ne le veuille pas. Oui, j'ose le dire : je suis importun. J'entends l'Apôtre me dire: Annonce la parole, insiste à temps et à contre-temps. À temps envers qui? À contre-temps envers qui? À temps envers ceux qui veulent, à contre-temps envers ceux qui ne veulent pas. Oui, je suis importun, j'ose dire: « Tu veux t'égarer, tu veux périr; moi, je ne veux pas ». Et finalement, celui qui ne veut pas, c'est celui qui me fait peur. Si je voulais, voici ce qu'il (Dieu) me dirait, voici ce qu'il me reprocherait: Vous n'avez pas ramené la brebis égarée et vous n'avez pas cherché celle qui était perdue. Est-ce que je te craindrai davantage que lui ? Nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ. ~Je rappellerai la brebis égarée, je chercherai la brebis perdue. Que tu le veuilles ou non, je le ferai. Et si, dans ma recherche, les buissons des forêts me déchirent, je me ferai tout petit ; je secouerai toutes les haies; autant que le Seigneur redoutable me donnera de forces, je parcourrai toute la campagne. Je rappellerai la brebis égarée, je chercherai la brebis perdue. Si tu ne veux pas que je souffre, ne t'égare pas, ne te perds pas. Peu importe que je m'attriste de ton égarement et de ta perte. Je crains, si je ne m'occupe pas de toi, de te tuer, même toi qui es fort. Regarde en effet la suite du texte: Et celle qui était forte, vous l'avez accablée. Si je ne m'occupe pas de celui qui est égaré et qui se perd, c'est que je me réjouirai de voir celui qui est fort s'égarer et périr. 
Voilà ce qu’est le cœur d’un pasteur. Saint Augustin n’est pas un géant pour rien.

(1) La peinture mise au haut du présent blogue, présente deux caractéristiques que l’on associe à saint Augustin : le cœur dans une de ses mains et un ange qui tient un coquillage et le présente à Augustin. Ces deux images (le cœur et le coquillage) représentent bien saint Augustin : Augustin fut un homme de cœur et un homme de raison. Les côtés affectifs et intellectuels d’Augustin sont ici mis en relief.

Le cœur :

Dans ses Confessions, Augustin, parlant à Dieu, lui dit : « Tu as percé mon cœur par des flèches d’amour. » (Confessions, chapitre IX). Cette citation est très proche de la phrase suivante du Cantique des Cantiques, le livre biblique qui fait le mieux l’éloge de l’Amour : « Tu as blessé mon cœur, ma sœur fiancée, tu as blessé mon cœur, d’un seul de tes regards. » (Cantique des cantiques, 4, 9)

Le coquillage :    

On raconte que Saint Augustin, évêque d'Hippone, en Afrique du Nord, se promenait un jour au bord de la mer, absorbé par une profonde réflexion : il cherchait à comprendre le mystère de la Sainte Trinité. Il aperçoit tout à coup un jeune enfant fort occupé, allant et venant sans cesse du rivage à la mer : cet enfant avait creusé dans le sable un petit bassin et allait chercher de l'eau avec un coquillage pour la verser dans son trou. Le manège de cet enfant intrigue l'Evêque qui lui demande :
- Que fais-tu là ?
- Je veux mettre toute l'eau de la mer dans mon trou.
- Mais, mon petit, ce n'est pas possible ! reprend Augustin. La mer est si grande, et ton bassin est si petit!
- C'est vrai, dit l'enfant. Mais j'aurai pourtant mis toute l'eau de la mer dans mon trou avant que vous n'ayez compris le mystère de la Sainte Trinité. 





lundi 23 septembre 2019

Saint Pio de Pietrelcina (Padre Pio)

Saint Pio de pietrelcina (Padre Pio)saint padre pio sur la méditation
Aujourd’hui l’Église catholique célèbre la mémoire de saint Padre Pio. Ce saint reçut de Dieu l’insigne faveur de porter dans sa chair les plaies qui ont fait souffrir Jéus durant sa terrible Passion : les plaies aux pieds, aux mains, au côté droit et à l’épaule droite.
Pour honorer ce saint, je vous partage deux textes écrits de sa main. D’abord la lettre que l’on retrouve dans l’office des lectures d’aujourd’hui et ensuite un extrait de la lettre qu’il a envoyée onze jours avant sa mort au pape Paul VI.
D’UNE LETTRE DE SAINT PIO DE PIETRELCINA
C’est par les coups répétés d’un burin salutaire et un nettoyage soigneux que l’Artiste divin veut préparer les pierres avec lesquelles se construit l’édifice éternel. Ainsi chante notre tendre mère, la sainte Église catholique, dans l’hymne de l’office de la dédicace d’une église. Et il en va vraiment ainsi. 
On peut affirmer, à juste titre, que chaque âme destinée à la gloire éternelle est faite pour élever l’édifice éternel. Un maçon qui veut bâtir une maison doit, avant tout, bien nettoyer les pierres qu’il veut utiliser pour la construction. Ce qu’il obtient à coups de marteau et de burin. Le Père céleste se comporte de la même manière avec les âmes choisies, que sa haute sagesse et providence a destinées à élever l’édifice éternel.
L’âme destinée à régner avec Jésus Christ dans la gloire éternelle doit donc être nettoyée à coups de marteau et de burin, dont se sert l’Artiste divin pour préparer les pierres, c’est-à-dire les âmes choisies. Mais que sont ces coups de marteau et de burin ? Ma sœur, ce sont les ombres, les craintes, les tentations, les afflictions de l’esprit et les troubles spirituels, avec un parfum de désolation, et aussi le malaise physique.
Dès lors, remerciez l’infinie bonté du Père éternel qui traite votre âme de cette façon, parce qu’elle est destinée au salut. Pourquoi ne pas se glorifier de ce traitement plein d’amour que vous applique le meilleur de tous les pères ? Ouvrez votre cœur à ce médecin céleste des âmes et abandonnez-vous en toute confiance entre ses bras très saints. Il vous traite comme les élus, afin que vous suiviez Jésus de près par la montée du Calvaire. Je constate avec joie et une très vive émotion de l’âme combien la grâce a opéré en vous.
Ayez la certitude que tout ce que votre âme a éprouvé a été disposé par le Seigneur. Alors, n’ayez pas peur de tomber dans le mal et l’offense de Dieu. Qu’il vous suffise de savoir qu’en tout cela vous n’avez jamais offensé le Seigneur, mais qu’au contraire il en a été davantage encore glorifié.
Si cet Époux très tendre se cache à votre âme, ce n’est pas, comme vous le pensez, qu’il veuille vous punir de votre infidélité, mais parce qu’il met toujours à l’épreuve votre fidélité et votre constance, et qu’en outre il vous purifie de certains défauts, qui n’apparaissent pas tels aux yeux de chair, c’est-à-dire ces défauts et ces fautes dont le juste lui-même n’est pas exempt. Dans la sainte Écriture, il est dit en effet : Le juste tombe sept fois.
Et, croyez-moi, si je ne nous savais pas dans une telle affliction, je serais moins content, parce que je verrais que le Seigneur vous donne moins de pierres précieuses… Chassez comme des tentations les doutes contraires… Chassez aussi les doutes qui concernent votre façon de vivre, c’est-à-dire que vous n’écoutez pas les inspirations divines et que vous résistez aux douces invitations de l’Époux. Tout cela ne provient pas de l’esprit du bien mais de l’esprit du mal. Il s’agit d’artifices du diable, qui cherchent à vous éloigner de la perfection ou, du moins, à retarder votre marche vers elle. Ne perdez pas courage !  
Si Jésus se manifeste, remerciez-le ; s’il se cache, remerciez-le encore : ce sont comme des jeux amoureux. Je souhaite que vous arriviez à rendre votre souffle avec Jésus sur la croix et à crier avec Jésus : Tout est consommé.
RÉPONS
R/ Devenez un temple saint dans le Seigneur !
Dans le Christ Jésus, toute la construction
s’élève harmonieusement.
En lui, vous êtes les éléments d’une même construction
pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit.
ORAISON
Dieu éternel et tout-puissant, par une grâce particulière tu as donné à saint Pio de participer à la croix de ton Fils, et, par son ministère de prêtre, tu as renouvelé les merveilles de ta miséricorde ; par son intercession, nous te prions : à nous qui sommes associés aux souffrances du Christ accorde la joie de parvenir à la gloire de sa résurrection. Lui qui règne.
Ô que j’aime ce souhait de Padre Pio : « Je souhaite que vous arriviez à rendre votre souffle avec Jésus sur la croix et à crier avec Jésus : Tout est consommé. »

LETTRE DE PADRE PIO A PAUL VI
12 septembre 1968

Padre Pio écrivit cette lettre au Saint-Père, profitant de l'occasion de rencontre entre Paul VI et les délégués de l'Ordre Capucin réunis pour leur chapitre en 1968. 

Extrait de la lettre: 

Je sais que votre coeur souffre beaucoup ces jours-ci pour le sort de l'Eglise, pour la paix du monde, pour les si grands besoins des peuples, mais surtout pour le manque d'obéissance de certains, même catholiques, à l'enseignement élevé que vous nous donnez, assisté par l'Esprit Saint et au Nom de Dieu. Je vous offre ma prière et ma souffrance quotidienne, comme don modeste, mais sincère, du dernier de vos fils, afin que le Seigneur vous réconforte par Sa Grâce pour continuer le chemin droit et pénible, dans la défense de la Vérité Eternelle qui ne change jamais avec les changements des temps.

Au nom de mes fils spirituels également, et des "Groupes de Prière", je vous remercie pour la Parole claire et décisive que vous avez dite dans la dernière Encyclique "Humane Vitae", et j'affirme à nouveau ma foi, mon obéissance inconditionnelle à vos directives éclairées.

Que le Seigneur veuille accorder le triomphe à la vérité, la paix à son Eglise, la tranquillité aux peuples de la terre, la santé et la prospérité à votre Sainteté, afin que, lorsque ces bourrasques passagères se seront dissipées, le Règne de Dieu triomphe dans tous les cœurs, par votre œuvre apostolique de Pasteur Supême de toute la chrétienté.

Prosterné à vos pieds, je vous prie de me bénir, en même temps que mes confrères, que mes fils spirituels, que les "Groupes de Prière", que mes malades, que toutes les initiatives de bien que nous nous efforçons d'accomplir au Nom de Jésus et avec Votre protection.

De votre Sainteté, le plus humble fils, P. Pio, Capucin.
__________________________

Le 22 septembre 1968, soit 10 jours après cette lettre au Pape, il célèbre la messe solennelle du cinquantenaire de ses stigmates. Le soir même il reçoit l'extrême onction et s'éteint quelques heures plus tard, tôt le matin du 23 septembre 1968. (1)

(1)

1 juil. 2013 - LETTRE DE PADRE PIO A PAUL VI 12 septembre 1968 Padre Pio écrivit cette lettre au Saint-Père, profitant de l'occasion de rencontre entre ...



dimanche 22 septembre 2019

Vérité et compassion

Vérité et compassion
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Lorsque je parle avec des personnes que je considère comme de très bons catholiques, j’expérimente parfois un malaise. Certaines de ces personnes semblent penser que parfois il vaut mieux, pour faciliter le contact ou même le retour de personnes baptisées mais qui se sont éloignées de la foi chrétienne, de taire la vérité sur certains points de doctrine concernant la morale. Je suis tout à fait d’accord avec cela. Lorsqu’on invite quelqu’un par exemple à la messe dominicale alors que l’on sait que cette personne vit depuis très longtemps loin de Dieu, on ne doit pas lui dire que si elle vient, elle devrait probablement s'abstenir de communier (de recevoir l’eucharistie). Et si on voit arriver cette personne à l’église un jour, on ne doit pas non plus, selon moi, lui tenir de tels propos. Mais il y a une grande différence entre agir ainsi et dire par exemple à une personne qui agit gravement en contradiction avec la morale chrétienne, qu’elle peut recevoir l’eucharistie sans problème car Dieu l’aime infiniment et l’aime comme elle est. Agir ainsi est, selon moi une erreur grave. Voilà la source du malaise dont je parlais plus haut : quand de bons catholiques se permettent de dire ou d'insinuer que l'Église devrait changer de discours et encourager tout le monde à recevoir l'eucharistie. On peut parfois taire certaines choses mais on ne doit pas en certaines occasions dire certaines choses; surtout si ce que l'on dit n'est pas conforme à la vérité. Il y a une grande différence entre ces deux attitudes.

Le dilemme qui se pose souvent pour un ou une catholique, c’est le rapport qui doit exister entre la vérité divine et la compassion. On craint parfois qu’en disant la vérité, les gens seront heurtés dans leur sensibilité et tourneront le dos à la religion ou même à la foi chrétienne. Il est certain que tout cela est une question délicate. Il faut savoir quand parler et comment parler. J’aimerais aujourd’hui proposer quelques réflexions sur ce sujet.

Sur tous les dossiers chauds qui sont débattus en société depuis les dernières années : avortement, aide médicale à mourir, exercice de la sexualité en dehors du mariage, théorie du genre, etc, etc, il y a une remarque importante à faire : les personnes catholiques ont une autre vision que la plupart des Occidentaux sur ces façons d’exercer leur liberté.

Je ne peux pas généraliser mes propos à toutes les personnes qui vivent en Occident, bien sûr, mais je vais dire ce que je constate ici à Montréal.

Quand j’écoute les réseaux d’information à la télévision ou à la radio, il est très clair pour moi que la tendance générale des journalistes est la suivante : le " relativisme " est généralisé. Qu’est-ce que je veux dire par là : la plupart des personnes que l’on voit dans les chaînes d’information, ont pour principe que nous ne pouvons juger des situations de la vie qu’à l’aide de la raison humaine, sans recevoir aucun éclairage de la part d’un être supérieur qui aurait créé l’être humain. Dieu est absolument absent des débats de société. Et volontairement. Quand on invite une personne catholique à une émission de télévision où on débat d’une question d’ordre moral, c’est souvent pour faire voir que la position de cette personne est rétrograde et ne tient plus la route aujourd’hui.

Mais la question est justement là : nous les catholiques, nous croyons en Dieu et nous croyons que si quelqu’un connaît bien l’être humain, c’est bel et bien Dieu, notre CRÉATEUR. Si quelqu’un crée un robot aujourd’hui, il saura très bien comment ce robot est fait et comment il doit agir.

Notre société est guidée intellectuellement par le relativisme. Il n’y a pas de vérité absolue, bonne pour tous. On doit juger des comportements par ce qui semble le plus « raisonnable », par ce qui semble le plus BIENFAISANT pour les gens. Mais un gros problème persiste : tout le monde ne pense pas la même chose. La société sera alors guidée soit par ce que pense la majorité des gens (démocratie), soit par une élite ou un dictateur.

Or la vérité sur l’être humain et sur son agir, existe. Et la vérité n’est pas d’abord une idée mais une PERSONNE : JÉSUS CHRIST NOTRE SEIGNEUR, DIEU FAIT HOMME ET VIVANT PARMI NOUS.

Jésus a dit devant Pilate pourquoi il est venu sur cette terre :

« Pilate lui dit : « Alors tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? »  (Jn 18, 37-38)

Pilate est l’exemple biblique typique de la personne imbue de relativisme, qui ne croit pas qu’il existe une vérité valable pour tous, une vérité absolue.

Jésus quant à lui, affirme que la vérité existe et qu’il est venu sur terre pour témoigner de la vérité. Et la Vérité, c’est Lui : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Il nous a aussi dit : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).

Pour nous les catholiques, la vraie compassion doit toujours être subordonnée à la Vérité, du moins dans notre esprit à nous. Je veux dire par là que nous devons au moins avoir les idées claires sur ce point. En théorie tout au moins et dans la pratique dans la plupart des cas, c’est la Vérité qui est première et la compassion qui vient ensuite. Il existe en quelque sorte une hiérarchie entre vérité et compassion. Si on ne comprend pas cela, on ne peut pas comprendre l’enseignement de l’Église catholique. En pratique, devant des gens qui sont loin de la foi, on peut pendant un certain temps, je pense, taire certaines vérités, mais on devra finir par les dire. Il faut surtout éviter de dire des faussetés.  

Il y a un passage des évangiles qui est très éclairant selon moi pour montrer la hiérarchie des valeurs qui doit exister entre la vérité et la compassion. Lorsque Jésus annonce pour la première fois à ses apôtres qu’il devra souffrir, être tué et le troisième jour ressusciter, Pierre, mû par son amour pour Jésus et certainement aussi par sa compassion, fait de vifs reproches à son Maître et lui dit que cela n’arrivera pas. On devine qu’il a l’intention de voir à ce que cela n’arrive jamais. Jésus, en entendant les propos de son bon ami Pierre, le rabroue et le traite de Satan car ses pensées ne sont pas les pensées de Dieu mais les pensées des hommes.

« Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. 
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. 
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mc 8, 31-33)

Ce passage des évangiles nous enseigne plusieurs choses :

1- Dieu a un plan pour nous en nous créant et en nous envoyant sur cette terre. Il ne nous envoie pas comme ça en disant : « Débrouillez-vous, faites ce que vous voulez, je n’ai pas de but spécifique en vous créant ». Non ! Beaucoup de textes de la Bible nous montre que Dieu a une mission pour chacun de nous. La vie chrétienne et la sainteté consistent à découvrir le plan de Dieu, à le mettre en pratique et à le mener à son achèvement. Ce plan de Dieu est aussi inscrit dans ma vie de tous les jours. VOILÀ LA VÉRITÉ, VOILA CE QU’EST LA VÉRITÉ.

2- Dieu ne pense pas comme les hommes. Cela aussi est une VÉRITÉ qui revient souvent dans la Bible. À partir de ce principe, on peut penser que les êtres humains qui ne croient pas en Dieu, feront facilement fausse route lors des décisions d’ordre moral qu’ils auront à prendre, car ils ne penseront pas de la même façon que le Créateur qui les connaît et les a formés. Dieu sait ce qui est bon pour l’être humain, mais l’être humain laissé à lui-même se trompe facilement sur ce qui le rendra véritablement heureux ou malheureux. On pourrait inverser la phrase mise au début du présent paragraphe et elle serait tout aussi vraie : « Les hommes ne pensent pas comme Dieu. »  

3- Jésus dans la citation ci-dessus, annonce pour la première fois sa mort. Il annonce qu’il souffrira beaucoup avant de mourir mais il sait aussi qu’il doit vivre cela car c’est le plan de Dieu pour le salut du monde. Voilà le plan de son Père sur lui. À son ami qui ne veut pas le voir souffrir, Jésus répond : « Arrière Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. ». Voilà la VÉRITÉ. Voilà aussi un argument très fort contre l’euthanasie, lâchement appelée de nos jours : « l’aide médicale à mourir ». Je crois personnellement que tous les jours de ma vie sont importants pour le salut du monde. Car c’est de cela qu’il s’agit : LE SALUT DU MONDE. Et je suis persuadé que si un jour j’ai à souffrir d’une maladie ou d’un accident, ce sera à ce moment-là que je pourrai par mon amour et ma confiance en Dieu, faire le plus pour le salut du monde. Mais évidemment, pour croire cela il faut la foi; il faut la foi en la bonté de Dieu en toutes choses. C’est aussi la raison pour laquelle l’Église est contre l’euthanasie. On a le droit d’alléger les souffrances de quelqu’un qui souffrent beaucoup, mais on n’a pas le droit de lui enlever la vie délibérément et lui volé ainsi sa mort, la mort que Dieu a prévue pour lui ou pour elle. Tuer quelqu’un, ce ne sera jamais de la véritable compassion, car Dieu ne pourrait jamais vouloir cela. J’espère vraiment pour ma part, qu’on ne me volera pas ma mort. Voilà en quoi la vérité précède la compassion et éclaire ce qu’est vraiment la compassion.

4- Seule la foi, selon moi, peut nous faire voir comment il se fait que la VÉRITÉ précède la compassion. Car seule la foi nous indique notre destinée finale : le salut du corps et de l’âme. Nous sommes tous appelés à aller au ciel. Notre véritable patrie, c’est le ciel, c’est la VIE ÉTERNELLE, cette vie éternelle qu’on appelle aussi souvent le SALUT ÉTERNEL.  

Succinctement, et de manière beaucoup trop succincte, la VÉRITÉ sur les sujets chauds débattus en société est: 

Pour l'avortement: la vérité est que le foetus et l'embryon sont un être humain dès leur conception. Ce ne sont pas un tissu informe, qui d'ailleurs n'est plus un tissu informe après quelques semaines. Il s'agit d'un être de l'espèce humaine, homme ou femme. Et Dieu nous dit: "Tu ne tueras pas" (Deutéronome 5, 17). Évidemment, il est sous-entendu ici qu'il s'agit de l'être humain: "Tu ne tueras pas d'être humain." Tuer un être humain est un meurtre. 

Pour l'euthanasie: la vérité est que nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes; nous appartenons au Seigneur: "Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur." (Rm 14, 7-8). Seul Dieu a le droit de vie ou de mort sur nous. Tuer quelqu'un avant que Dieu le rappelle à Lui, est un meurtre. 

Pour l'exercice de la sexualité avant le mariage: la vérité est que les relations sexuelles, dans le plan de Dieu, ne sont bonnes et légitimes que dans le mariage, quand deux êtres humains ne forment qu'un seul corps, une seule chair. Jésus et les écrits du Nouveau Testament nous enseignent cela. Et cette doctrine a merveilleusement été explicitée par le saint pape Jean-Paul II dans sa "théologie du corps". Dans le mariage, les relations sexuelles sont très bonnes pour l'unité des époux et pour donner à Dieu et au couple des enfants. 

Jésus dit: 

" N'avez-vous pas lu ceci? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit: À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !" (Mt 19, 4-6)





vendredi 20 septembre 2019

Proposer Jésus Christ à tous les âges de la vie

Proposer Jésus Christ à tous les âges de la vie
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En 2003, le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, rendait public un petit fascicule dans le but de poser les jalons pour l’éducation à la foi pour toutes les personnes du diocèse, et ce, pour les années à venir. Voici ce que dit le cardinal Turcotte dans le premier paragraphe du mot de présentation du document : 

Chères collaboratrices, Chers collaborateurs,

En avril 1998, je présentais des Orientations pastorales que la démarche synodale avait permis de dégager. Un plan d’action pastoral était remis en octobre de la même année : il annonçait six grandes priorités. La première de ces priorités concernait la transmission de l’héritage chrétien aux jeunes générations et l’éducation à la foi des adultes dans le contexte d’une nouvelle évangélisation. (1)

En ce début d’année pastorale, nous voulons mettre l’accent sur cette première priorité formulée par notre archevêque de l’époque. Voir, ci-dessous, le mot que je présente aux parents qui désirent cette année commencer ou continuer le cheminement catéchétique de leurs enfants.

Chers parents,

En premier lieu, je veux vous remercier de vous soucier du bonheur de vos enfants. C’est pour cela, j’en suis sûr, que vous désirez qu’ils connaissent Jésus notre Maître et Seigneur. Vous ne pouviez faire un meilleur choix. Je suis sûr que le Seigneur bénit cette décision.

Il n’y a rien de plus important dans la vie que de croire non seulement que Dieu existe, mais qu’il est un bon papa. C’est une des vérités que Jésus nous a transmises. Dieu est notre Père et nous sommes tous ses enfants bien aimés. Nous avons parfois de la misère à comprendre et à croire qu’il soit un bon papa quand nous voyons des cataclysmes naturels qui fauchent la vie de milliers de personnes ou quand des accidents mortels se produisent. Mais je suis sûr qu’au moment de mourir, Dieu se présente à eux comme un Père tellement aimant.

Vous désirez que la communauté paroissiale vous aide à faire découvrir à vos enfants la bonté de Dieu. Nous voulons volontiers vous aider en cela. Mais il appartient d’abord et avant tout aux parents de donner une éducation chrétienne à leurs enfants. De nos jours, on semble avoir oublié cette grande et importante vérité. Sachez que nous allons faire tout notre possible pour vous habiliter à remplir ce rôle.

Nous sommes très conscients du monde dans lequel nous vivons. Nous savons que les parents se sentent parfois démunis ou mal outillés pour parler de Dieu à leurs enfants. Nous voulons pallier à cela. La première vérité dont il faut être conscient, c’est que Dieu n’est pas une idée, mais une Personne; une Personne bien vivante qui veut être rencontrée comme une Personne. La chose la plus importante pour un chrétien et une chrétienne, c’est de faire la rencontre du Dieu vivant. Le pape Jean-Paul II lors de sa venue au Canada en 1984 a posé une question essentielle à notre peuple ici même à Montréal. Il nous a demandé ceci : « Chers Frères et Sœurs du Québec, du Canada, qu’en est-il de votre rencontre avec le Dieu vivant? » (Jean Paul II, Parc Jarry, 11 septembre 1984).

Chers parents, avez-vous déjà rencontré Dieu ? C’est toute une question, n’est-ce pas ? Et pourtant, pour notre vie, c’est la question essentielle. C’est la question essentielle pour vous personnellement, pour votre couple et pour votre vie familiale. Vous deviendrez un témoin extraordinaire de Dieu quand vous aurez fait la rencontre du Dieu vivant et aimant. Notre but en cette nouvelle année pastorale, c’est de créer les conditions qui vous permettront de faire une rencontre avec ce Dieu qui nous aime. Et croyez-moi, il est très possible et même très probable que vous fassiez cette rencontre si vous entrez généreusement et avec confiance dans le cheminement que l’on vous propose de faire.

Le Parcours Alpha consiste en une rencontre hebdomadaire durant douze semaines, incluant une fin de semaine (samedi et dimanche matin) vers la fin du parcours. Chaque rencontre débute par un repas fraternel. Ensuite nous visionnons un film et on répond à quelques questions en partageant en petits groupes (le même groupe durant tout le parcours). La fraternité et les échanges vrais et respectueux font en sorte que le cœur de chacun se dispose petit à petit à recevoir la lumière de Dieu. Et c’est la fin de semaine consacrée à l’Esprit Saint qui est le cœur de la démarche. J’espère que vous vous ferez ce cadeau et que vous vous inscrirez au Parcours Alpha qui débutera le 22 octobre prochain.

CALENDRIER DU « PARCOURS ALPHA »

1° rencontre : 22 oct. 18H30 à 21h : « Sens à la vie »
2° rencontre : 29 oct, 18H30 à 21h : « Qui est Jésus? »  
3° rencontre : 5 nov, 18H30 à 21h : « Pourquoi Jésus est-il mort? »  
4° rencontre : 12 nov, 18H30 à 21h : « Comment savoir si j’ai la foi? »
5° rencontre : 19 nov, 18H30 à 21h : « Prier? Pourquoi et comment? » 
6° rencontre : 26 nov, 18H30 à 21h : « Lire la Bible? Pourquoi et comment? »

7° rencontre : 30 nov et 1er décembre : FIN DE SEMAINE DE L’ESPRIT SAINT Samedi 30 novembre et dimanche 1er  décembre : Qui est l’Esprit Saint ?  Que fait l’Esprit Saint?   Comment être rempli de l’Esprit Saint? » RECEVOIR L’ESPRIT SAINT. Samedi de 9h à 21h. Dimanche : messe à 11h.

8° rencontre : 3 déc, 18H30 à 21h : « Comment Dieu nous guide-t-il? »
9e rencontre : 10 déc, 18H30 à 21h : « Comment résister au mal? »
10e rencontre : 17 déc, 18H30 à 21h : « En parler aux autres : pourquoi et comment? »
NOËL – JOYEUX NOËL !
11e rencontre : 14 janv, 18H30 à 21h : « Dieu guérit-il encore aujourd’hui? »
12e rencontre : 21 janv, 18H30 à 21h : « Qu’en est-il de l’Église? »

FIN ou plutôt, ESPÉRONS-LE : DÉBUT D’UNE VIE NOUVELLE.

À NOTER : Il faut vous inscrire avant le 15 octobre en téléphonant au 514 645- 9822, poste 229. Ce Parcours Alpha du 22 octobre prochain, sera offert à tous les paroissiens ainsi qu’à leurs amis. Il s’agit vraiment d’un projet communautaire.   

ÉDUCATION CHRÉTIENNE DES ENFANTS

L’éducation chrétienne de vos enfants (appelée aussi la « catéchèse ») débutera après Noël, en février. Nous vous aiderons à prendre en main l’éducation de vos enfants à la vie chrétienne. Nous nous rencontrerons à chaque semaine, le lundi ou le mercredi soir, du mois de février au mois de juin. Nous nous servirons d’un nouveau parcours de foi intitulé : « Viens, suis-moi. » Ce parcours est magnifique. Si nous désirons que les enfants à leur tour fassent une expérience de Dieu, il faut aussi y mettre du temps. Sept ou huit rencontres par semestre, ce n’est pas suffisant pour créer les conditions d’une rencontre avec Dieu.

Confions déjà vos enfants et vous-mêmes à la bonté et à la tendresse de Dieu notre Père.

Fraternellement,

P. Guy Simard, omv, vicaire de la paroisse.


Informations :

P. Guy Simard, omv
514 645-9822 poste 229    

Mme Christiane Gagnon