dimanche 19 mai 2019

Homélie 5ème dimanche de Pâques

 Homélie 5ème dimanche de Pâques 2019    

Dans l'homélie que vous venez d'entendre, je mentionne un magnifique chemin de sanctification: les mots " NUNC COEPI " qui sont les paroles les plus représentatives et les plus aimées de la spiritualité du 
fondateur de notre Congrégation religieuse (les Oblats de la Vierge Marie), le Père Bruno Lantéri.  

Voici ci-dessous, un très beau documentaire sur la vie de notre fondateur. La vidéo est en anglais, mais il existe une version en italien et une autre avec sous-titres en espagnol. 
1 janv. 2018 - Téléversé par OMV Internazionale
This is the life of Venerable Bruno Lanteri, founder of the Oblates of the Virgin Mary. He lost his mother at an ...



Origine de Marie qui défait les noeuds (2)

 Origine de Marie qui défait les nœuds (2)
Image associée
La dévotion à Marie qui défait les noeuds
Fanny Magdelaine | 11 octobre 2016  (1)
Que représentent ces images que distribue le Saint-Père aux personnes en souffrance dans le film "Le Pape François" ?  
À l’origine de cette dévotion se trouve un tableau peint en 1700 par un artiste allemand Johann Melchior Schmidtner. Sur cette peinture, Marie est représentée telle que saint Jean la décrit dans son Apocalypse : « Un grand signe est apparu dans le ciel, une femme, revêtue de soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Le peintre a honoré une commande d’un prêtre, le père von Langenmantel, en mémoire de la réconciliation d’un couple de sa famille, Wolfgang et Sophie von Langenmantel.

Conservé dans une église d’Augsbourg, en Bavière, le tableau serait inspiré d’une méditation de saint Irénée (IIIe siècle) : « Ève par sa désobéissance, fit le noeud du malheur pour l’humanité ; alors qu’au contraire, par son obéissance, Marie le dénoua… » (Saint Irénée, Adversus Haereses III, 22, 4; Intuition confirmée dans les années 60 par le Concile Vatican II : « La foi de Marie dénoue le nœud du péché. » (Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 56). NDLR: le passage qui précède, mis entre parenthèses, est tiré d'un autre texte publié par Aleteia (2).  
Symboles des péchés et des difficultés
Marie qui défait les nœuds est enceinte, sous son bras droit et son manteau, on distingue son ventre gonflé et la couleur de sa robe, rouge, annonce la naissance imminente de Jésus. Tandis que son oreille droite est tournée vers la Parole de Dieu, son oreille gauche, elle, est inclinée vers la terre, à l’écoute des hommes. Quant aux anges du tableau, l’un présente à Marie le ruban tout encombré de nœuds, symboles des péchés et des difficultés, tandis qu’un second montre le ruban rendu lisse par Marie. Touchés par ce long ruban dénoué par la Vierge, les pèlerins lui ont donné le nom de « Maria Knottenlöserin » : Marie, celle qui défait les noeuds.
« C’est l’image de notre Mère qui nous aide tous les jours sur les chemins de la vie. Elle vient à notre aide, s’occupe de nous, nous montre à Jésus, nous mène à Jésus. Nous lui présentons nos difficultés, nos “nœuds”, spécialement ceux qui affectent la vie chrétienne de notre famille. Et nous savons que ses mains amoureuses de mère, pleines de tendresse, s’occupent de nous » déclare Jorge Bergoglio, dans une homélie en 1999.
Le pape François découvre ce tableau en 1983
Le futur pape a une longue histoire avec ce tableau qu’il découvre alors qu’il termine en Allemagne une thèse de doctorat dans les années 1980 : il est frappé, bouleversé même, par cette image de Marie vénérée dans l’église Saint-Pierre de Perlach (Augsburg) depuis le XVIIIe siècle. Jorge Bergoglio ramène des images de cette dévotion en Argentine, il les offre ici et là, et il installe une première copie du tableau dans la chapelle de l’université catholique El Salvador qu’il dirige alors à Buenos Aires.
D’autres copies, réalisées par l’artiste argentine Ana Maria Berti de Betta, sont ensuite acrochées dans les églises de San José del Talar et de San Juan Bautista. En 1997, le curé de cette paroisse, le père Juan-Ramón Celeiro, se décide à écrire pour ses paroissiens et les pèlerins de son église, qui affluent en nombre devant le tableau, la neuvaine et les méditations pour prier Marie qui défait les nœuds, formalisant ainsi de manière cohérente cette dévotion grandissante. L’Amérique du sud est touchée ! Aujourd’hui, la neuvaine à « Marie qui défait les nœuds » est répandue dans le monde entier et connaît un nouvel essor en Europe et en France. Un engouement auquel le pape François n’est donc pas étranger. (1)

(1) 

11 oct. 2016 - À l'origine de cette dévotion se trouve un tableau peint en 1700 par un artiste allemand Johann Melchior Schmidtner. Sur cette peinture, Marie ...
(2)
Marie qui défait les nœuds » est priée avec ferveur dans le monde entier et le pape François y fait référence : il ne s'agit pas d'un sanctuaire ou d'une apparition ...


samedi 18 mai 2019

Origine de Marie qui défait les noeuds (1)

Origine de Marie qui défait les nœuds (1)
Résultats de recherche d'images pour « Marie qui défait les noeuds Saint-Pierre de Perlach d’Augsbourg »

Je vous ai déjà parlé de la dévotion à Marie qui défait les nœuds. De prime abord, je n’ai pas été attiré par cette dévotion. Mais maintenant, je la trouve très belle et je la crois très efficace. Grâce au site internet Aleteia, j’ai retracé aujourd’hui l’origine de cette dévotion:

Le miracle à l’origine de la dévotion pour 
Marie qui défait les nœuds

Isabelle Cousturié | 26 novembre 2017
Nous savons qu’à l’origine de cette dévotion se trouve un tableau peint en 1700 à la demande d’un prêtre, en mémoire de la réconciliation d’un couple de sa famille, Wolfgang et Sophie von Langenmantel. Mais que savons-nous de cette réconciliation et de ce qui a pu bouleversé à ce point ce prêtre pour vouloir imprimer à jamais ce symbole à la fois concret et spirituel du pouvoir de Marie à défaire les nœuds de nos difficultés quotidiennes, et de le faire partager à tous les fidèles?
Derrière cette dévotion, partie d’un épisode de la vie quotidienne d’un couple, se cache en réalité un miracle survenu devant un autre tableau peint en l’honneur de Notre-Dame des Neiges, dont la commémoration, depuis le Ve siècle, est à l’origine de toute la doctrine chrétienne et de toute la dévotion de l’Église à l’égard de Marie, Mère de Dieu.
Ce jésuite par qui tout est arrivé
Nous sommes en 1615. Wolfgang Langenmantel et Sophie Imhoff sont mariés depuis trois ans mais ils se disputent continuellement, et leur mariage est déjà en crise. Les deux époux envisagent très sérieusement l’idée de divorcer. Mais tous les deux sont de fervents catholiques et souffrent de leur décision. Alors, avant de décider de leur séparation définitive, l’époux décide de se rendre à pied au proche monastère bavarois d’Ingolstadt où réside le père jésuite autrichien Jakob Rem (1546-1618), connu et très estimé pour sa capacité de discernement, sa dévotion, et sa profondeur spirituelle.
Le père Rem est un grand dévot de la sainte Vierge Marie. Il s’en va aussitôt s’agenouiller devant le tableau de Notre-Dame des Neiges, accroché dans la chapelle du monastère, celle-là même qui lui est apparue, un beau jour d’avril 1604 et lui a demandé d’être invoquée sous le titre de Maria ter admirabilis (Marie trois fois admirable), et dont il fait répéter trois fois de suite le nom à ses disciples. Notre-Dame des Neiges est la sainte patronne de tout le diocèse d’Eichstätt depuis 1942.
Un événement extraordinaire
Le 28 septembre 1615, un événement extraordinaire se produit dans la chapelle du monastère. Tandis qu’il continue de prier intensément la Vierge, le père Jakob a dans les mains le ruban de noce que les époux, selon la tradition locale, avaient autour de leurs mains jointes, au moment d’échanger leurs promesses, pour marquer les liens indissolubles de leur union devant Dieu. Sophie le lui a confié pour accompagner ses prières. Le ruban est plein de nœuds, chaque nœud correspondant à chaque dispute qu’elle a eue avec son mari.
Le père jésuite, aux pieds de la peinture, supplie la Vierge de dénouer tous ces nœuds et de permettre à ce couple de trouver la paix. Et voilà que, tout à coup, il voit les nœuds se défaire les uns après les autres, et le ruban devenir aussi lisse et blanc que le jour de leur mariage, et d’une brillance qu’aucun peintre n’arrivera à reproduire. Très vite le couple en tire les bénéfices et se réconcilie. Le divorce est évité et les époux vivront en communion et heureux jusqu’à la fin de leurs jours.
Hommage par les arts
Cet heureux « dénouement » figure donc en tête de tant de témoignages de situations familiales, de difficultés de la vie quotidienne, dénouées grâce à l’intercession de Marie. Mais la chose ne serait pas allée plus loin si leur petits-fils, en 1700, n’avait pas eu l’idée de rendre hommage à cette réconciliation extraordinaire par les arts. Jérôme Ambroise von Langenmantel (1666-1709) est chanoine à l’église Saint-Pierre de Perlach d’Augsbourg. En souvenir de ses grands-parents et de cet « événement si particulier » qui leur est arrivé, il décide de commander un retable d’autel comme ex voto pour orner la chapelle de son église, et renforcer la dévotion mariale de l’Église, montrant à tous la grande efficacité des prières qui sont faites à la Mère de Dieu.
La réalisation de l’œuvre est confiée à Johann Melchior Schmidtner, un peintre de l’Académie allemande d’Augsbourg qui la termine en 1700. Marie est représentée, le visage incliné vers le ruban, concentrée sur son travail. Deux anges l’entourent. L’un lui présente un ruban plein de nœuds, tandis que l’autre reçoit ce même ruban, démêlé. La Mère de Dieu est couverte d’un manteau bleu, avec la lune à ses pieds et douze étoiles en guise de couronne. Le serpent de la Genèse (3-15) illustre le Mal. Marie, dans un geste symbolique fort, l’écrase de son pied, en présence de la colombe — l’Esprit saint – représentée en haut du tableau, couvrant la scène de sa lumière. Dans cette œuvre, Marie est considérée comme une sainte femme et conseillère des familles, avocate, auxiliatrice et médiatrice, devant Notre Seigneur Jésus Christ, fils de Dieu.
La dévotion à « Marie qui défait les nœuds » est restée cantonnée au sud de l’Allemagne pendant plus de deux siècles, jusqu’à ce que Jorge Maria Bergoglio, le futur pape François, bouleversé par son image, la propage en Argentine, créant autour d’elle tout un mouvement de piété populaire, qui s’étendra à toute l’Amérique latine dès 1980. Aujourd’hui, avec la diffusion d’une neuvaine de prières inspirée du tableau, sa dévotion s’étend au niveau mondial. Vous qui peinez et souffrez, confiez les noeuds de votre vie à Celle qui peut tout auprès du Seigneur… Faites la neuvaine proposée par une communauté de prière sur Hozana, animée par l’association Marie qui défait les noeuds. (1)

(1) 
26 nov. 2017 - Nous savons qu'à l'origine de cette dévotion se trouve un tableau peint en 1700 à la demande d'un prêtre, en mémoire de la réconciliation ...
  

vendredi 17 mai 2019

Sculpture de madame Jocelyne Lortie

 Sculpture de madame Jocelyne Lortie
DU  LIVRE D'ISAÏE :  

01 Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?
02 Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.
03 Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
04 En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
05 Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
06 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.
07 Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.
08 Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.
09 On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.
10 Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
11 Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.
12 C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.
                                                                                                     (Isaïe 53, 1-12)

J’ai reçu hier un cadeau merveilleux d’une de mes paroissiennes, madame Jocelyne Lortie. Madame Lortie est une grande artiste. Elle savait que j’avais été ébloui le jour où j’ai vu pour la première fois la sculpture du visage de Jésus qui est sortie de ses mains mais surtout de son cœur. Ce jour-là, madame Lortie m’a dit en ses propres mots une phrase comme celle-ci: « Je n’aimais pas voir des sculptures de Jésus en croix les yeux hagards tournés vers le ciel. Je l’ai fait les yeux fermés avec des larmes qui coulent sur ses joues. »  

Le 6 mai dernier, alors que madame Lortie, des paroissiens et moi-même étions à la paroisse Sainte-Mélanie dans le diocèse de Joliette, pour entendre monsieur Denis Bourgerie nous parler de la dévotion à Marie qui défait les nœuds, Mme Lortie m’a dit devant des témoins: « Je vais vous donner ma sculpture de Jésus. » Et elle ajouta: « Je l'ai dit devant des témoins; je ne peux donc plus reculer. » Je n’en revenais tout simplement pas. Quelle générosité! Quel détachement!

Le grand jour est arrivé hier, le 16 mai. Mme Lortie est venue me porter la sculpture qui est quand même assez grande et très pesante. Jésus Notre Seigneur bien-aimé et souffrant trône maintenant dans ma chambre.  

SINCÈRE ET PROFOND MERCI CHÈRE JOCELYNE !!!!
Je prierai souvent Jésus pour vous en contemplant votre œuvre d’art.


AJOUT: Quelques jours après que madame Lortie m'eut donné sa sculpture, je l'ai rencontrée et je lui ai demandé: "Chère Jocelyne, avant le 6 mai dernier, avant notre pèlerinage à Joliette pour entendre parler de Marie qui défait les noeuds, aviez-vous l'intention de me donner cette magnifique sculpture?" Madame Lortie m'a répondu que non, qu'elle avait eu cette idée (je dirais plutôt cette "inspiration") uniquement ce jour-là. J'ai trouvé cela extraordinaire. J'y vois un grand signe de l'amour de la Vierge Marie pour moi son enfant et j'y vois aussi le désir qu'a Marie de me conduire à Jésus, de vivre la rencontre avec Jésus. C'est d'ailleurs le but de la dévotion de Marie qui défait les noeuds, de nous libérer des noeuds qui font obstacle dans notre vie, pour nous mettre debout et en marche pour vivre la rencontre avec son Fils, Jésus. C'est ce que dit l'apôtre de cette dévotion, monsieur Denis Bourgerie, dans la vidéo ci-dessous, à la quatrième minute et trentième seconde (4:30) : "Marie nous met debout et en marche pour la RENCONTRE d'une vie: JÉSUS."
17 avr. 2009 - Téléversé par Webtélé ECDQ
Entrevue de Marie-Josée Lavoie avec Denis Bourgerie, fondateur de deux sanctuaires au Brésil dédiés à Marie ...



Mon ciel ici-bas (poésie de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face)

Jésus, ton ineffable image
Est l'astre qui guide mes pas 
Ah ! tu le sais, ton doux Visage
Est pour moi le Ciel ici-bas. 
Mon amour découvre les charmes 
De ta Face embellie de pleurs 
Je souris à travers mes larmes
Quand je contemple tes douleurs...     
                                  
 Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Mon ciel ici-bas 

Thérèse était fascinée par le visage de Jésus. Ce n'est pas pour rien qu'elle a choisi comme nom en religion: Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face
23 janv. 2012 - Téléversé par Pénélope MAVOUNGOU
paroles de sainte Thérèse: Mon ciel à moi...musique: Patrick Lemoine.




jeudi 16 mai 2019

Jeanne Le Ber et la Vierge Marie (2)

Jeanne Le Ber et la Vierge Marie (2)
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                                                                   Jeanne Le Ber (1662 - 1714)

(suite du blogue précédent)

« … À Montréal, le commandant des forces armées n’est autre que Charles Lemoyne de Longueuil, l’aîné des cousins germains et le fondé de pouvoir de Jeanne. Il fait confectionner par sa cousine Marguerite Lemoyne, c.n.d., un étendard avec lequel il attendra les Anglais à la frontière. Pierre Leber peint une image de la Vierge et Jeanne y écrit une prière:

« Nos ennemis mettent leur confiance dans leurs armes, mais nous mettons la nôtre au nom de la Reine des Anges, que nous invoquons. Elle est terrible, comme une armée rangée en bataille: sous sa protection, nous espérons vaincre nos ennemis. »

Et l’on attend fébrilement. Au début de l’été 1711, un brouillard plane de longues semaines sur l’estuaire du Saint-Laurent. Rien ne se passe, sinon qu’un très fort vent de nord-est s’élève.  

… à la mi-septembre 1711, Vaudreuil est averti par ses éclaireurs de l’estuaire que l’armée anglaise est à 80 lieues de Québec. L’alarme redouble. Vaudreuil envoie des hommes sur terre et sur mer. Arrivés à l’île aux Œufs, un spectacle de désolation les attend. Les rivages sont jonchés de cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants, de vaches, cochons, moutons et chiens. Les épaves de plusieurs gros navires brisés gisent entre deux eaux. Que s’est-il passé?

L’explication parviendra plus tard. Le 18 août, la flotte de Walker se trouve bel et bien à l’entrée du Saint-Laurent. Des vents violents soufflent, d’abord du nord-ouest, puis du sud-est. La brume épaisse rend la navigation presque impossible. La flotte est entraînée du côté nord de la rive jusqu’à l’île aux Œufs où, la nuit du 22 août 1711, huit navires s’échouent. Près de 900 personnes périssent noyées. Deux jours plus tard, Walker décide de retourner à Boston. Il perd encore quatre bateaux à la hauteur du Cap-Breton. Comble de malchance pour lui: le vaisseau amiral explose avec plus de quatre cents hommes à bord, à son retour à Porthmouth.

Pendant ce temps, Charles Lemoyne de Longueuil marche avec sa modeste troupe de quelques centaines d’hommes, bannière de Jeanne en tête, à la rencontre des trois mille soldats et sept cents Iroquois commandés par Nicholson … qui se sont volatilisés, car ce général anglais a décidé à nouveau de rebrousser chemin en apprenant le désastre survenu à la flotte de son compatriote.

Le plupart des colons de Nouvelle-France, comme Marie Morin, attribuent cette déroute de l’envahisseur britannique à un bienfait de la Providence, ardemment priée par tous en cette circonstance. Mais monsieur de Belmont, le premier biographe de Jeanne Leber, qui ne doute pas de la sainteté de son héroïne, qu’il connaît bien, ne prête ce bienfait qu’aux prières de Jeanne. Il estime qu’il s’agit, ni plus ni moins, du « plus grand miracle qui soit arrivé depuis le temps de Moïse et où la Sainte Vierge renouvela celui qu’elle avait fait vingt ans auparavant ». Ce qui nous reporte à peu près en octobre 1690, lorsque l’amiral Phips et son immense armée avaient subi un échec lors de sa tentative pour prendre Québec.

Il n’en reste pas moins que la discrète personnalité de Jeanne a impressionné beaucoup de monde. Son silence, sa pauvreté, sa chasteté volontaires et ses pénitences diffusent mystérieusement une confiance collective inestimable, évoquant l’image de sainte Geneviève protégeant Paris contre les Huns. » (1)

Remarques personnelles: Tout comme pour l'éclatant miracle biblique raconté dans le blogue précédent (2 Ch 20, 20-24), aucune arme n'a été utilisée pour vaincre l'ennemi. Seules la puissance et la Miséricorde de Dieu ont décimé et dispersé l'adversaire, aussi nombreux soit-il. 

Nous ne saurons qu’au ciel qui, du peuple qui a vécu au temps de Jeanne ou de monsieur de Belmont, a raison quant à la véritable cause de cette victoire. Mais je tends à penser que c'est l'interprétation des événements faite par M. de Belmont qui est la bonne. Je pense aussi que ce sont le prières et les sacrifices que Jeanne a faits durant toute sa vie de recluse, qui ont obtenu ce miracle éclatant, digne du récit biblique mentionné ci-dessus.  

Un des éléments qui me font croire cela, c’est le fait que Jeanne, pour contrer les attaques de l’ennemi, a mis toute sa confiance en la Sainte Vierge Marie et a invité les colons de l’époque à faire de même. Or, si vous relisez le texte ci-dessus, vous remarquerez que la débandade de la flotte de l’amiral Walker a débuté le 22 août 1711. Or le 22 août est la fête liturgique de Marie Reine. Or dans la prière que Jeanne a composée à cette occasion, c’est le vocable de Reine qu’elle attribue à la Vierge Marie:

« Reine des anges, notre Souveraine et notre très chère mère, vos filles de la Congrégation confient à vos soins la garde de leurs métairies. Elles espèrent de votre bonté que vous ne souffrirez pas que vos ennemis touchent au partage de celles qui sont sous votre protection et qui mettent toute leur confiance en Vous Seule. »

« Nos ennemis mettent leur confiance dans leurs armes, mais nous mettons la nôtre au nom de la Reine des Anges, que nous invoquons. Elle est terrible, comme une armée rangée en bataille : sous sa protection, nous espérons vaincre nos ennemis. »

Selon moi, la vie de Jeanne, tout imprégnée d’union à Dieu, spécialement à Jésus dans le Saint-Sacrement et dédiée à la prière, au travail et à la mortification a été le paratonnerre qui a protégé Montréal et la Nouvelle-France pendant que cette grande dame vivait sur notre sol. De même, je crois personnellement que la vie des Recluses Missionnaires qui vivent tout près de chez nous, est le paratonnerre qui nous protège des fléaux et calamités ainsi que des attaques du démon.

Ajout fait le premier juin 2019: Nous vivions hier à Montréal, la fête patronale du diocèse. Normalement, la fête patronale du diocèse devrait avoir lieu le 22 août car la cathédrale de Montréal est dédiée à Marie Reine du Monde. Mais puique cette fête mariale a lieu en période estivale et que plusieurs personnes sont alors en vacance, on a un jour décidé de déplacer à une autre fête mariale le jour de la fête partronale du diocèse. Et c'est la date du 31 mai qui a été choisie, jour de la fête de la Visitation de Marie. C'est un choix judicieux et très en accord avec les signes des temps puisque le pape François ne cesse pas de nous inviter à vivre la spiritualité de la RENCONTRE. Mais suite aux deux blogues que je viens d'écrire sur l'amour de Jeanne Leber envers la Vierge Marie et le miracle qui a eu lieu le 22 août 1711 alors que Jeanne demandait l'intervention de la REINE DES CIEUX, je m'émerveille du fait que la cathédrale de Montréal soit dédiée à MARIE REINE DU MONDE.  


(1) Françoise Deroy-Pineau, Jeanne le Ber, La Recluse au coeur des combats, Éditions Bellarmin, 2000, pp. 144-146.