dimanche 7 juillet 2019

Jésus nous envoie en mission

Jésus nous envoie en mission
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L’évangile d’aujourd’hui est une fois de plus EXTRAORDINAIRE (évangile du 14ème dimanche du Temps Ordinaire, année C). Jésus envoie 72 disciples en mission et leur donne des consignes.

Référence dans les évangiles : Luc chapitre 10, versets 1 à 20.

Je commenterai quatre expressions que l’on retrouve dans cet évangile.

1- « En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. » (Lc 10, 1)  

Il est intéressant que ce soit seulement saint Luc qui nous rapporte l’envoi en mission des 72 disciples. L’évangéliste Luc est vraiment à mes yeux l’évangéliste des laïcs. On sait que c’est lui qui met le plus en valeur les femmes. Or les femmes sont, au Québec tout au moins, les disciples du Christ les plus nombreux. J’ai regardé mes assemblées aujourd’hui à la messe; chaque assemblée comptait environ 72 personnes. C’était un peu comme si, moi tenant la place de Jésus, je décidais d’envoyer toutes les personnes qui étaient devant moi en mission. Cela est très révélateur. Nous sommes tous envoyés en mission; certains comme prêtres, d’autres comme laïcs, d’autres comme religieux, etc.

L’évangile d’aujourd’hui nous met devant la nécessité d’évangéliser puisque nous sommes les disciples du Seigneur.  

2- « Il les envoya deux par deux ».

Cela aussi est très important. Une fois de plus l’évangile nous montre clairement que la religion chrétienne n’est pas une affaire privée, mais bel et bien une réalité communautaire. Les gens qui ne croient pas en Dieu peuvent bien penser ce qu'ils veulent, par example que nous devrions vivre notre religion en privé, entre les quatre murs de nos maisons, ils ne peuvent cependant pas changer le fait que le chrétien est essentiellement une personne communautaire. Jésus, dans le Notre Père, ne nous a pas enseigné à prier au « je », mais au « nous ». « Notre Père, donne-nous, pardonne-nous, etc ». Et puisque l’évangile d’aujourd’hui a pour but de nous envoyer en mission, il est impératif de savoir qu’on ne doit jamais évangéliser seul. J’ai mis du temps à apprendre cela, à comprendre cela. Cela fait douze ans que je suis curé de paroisse et j’ai mis en pratique cette vérité il y a seulement un an environ. Par exemple, lorsque des parents demandent de faire baptiser leurs enfants, ils devaient, jusqu’à maintenant, vivre un processus en quatre étapes. Je me suis occupé seul durant plus de dix années de la deuxième étape qui consiste à tâter le pouls sur leurs connaissances religieuses et à leur expliquer en quoi consiste essentiellement la foi chrétienne. J'animais cette rencontre seul , jusqu’à ce qu’un confrère de ma communauté me demande : « Pourquoi fais-tu cela tout seul ? Fais cela avec quelqu’un d’autre. » Depuis un an environ, je vis cette rencontre accompagnée de madame Christiane Gagnon qui est mon bras droit en paroisse. Et cela fait toute la différence du monde. Christiane est maman et grand-maman. Quand elle parle, les jeunes couples sont très attentifs et très impressionnés. Donc, nous ne devrions jamais évangéliser seuls. Évangélisons et allons en mission au moins avec une autre personne.

Certains commentateurs nous disent que Jésus a demandé à ses disciples de partir en mission deux par deux pour nous faire comprendre le rôle essentiel de la charité pour la mission. Si je ne suis pas capable de vivre la charité fraternelle, je ne devrais même pas essayer d’évangéliser. Si je n’aime pas mon prochain, comme pourrais-je annoncer au monde la BONNE NOUVELLE de l’Amour de Dieu telle que l'évangéliste saint Jean l'a merveilleusement exprimée: « Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique. » (Jn 3, 16)

3- « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. »

Voilà qui est très étonnant de la part d’un Maître. On ne peut pas imaginer un chef d’armée ou un dirigeant d’entreprise qui enverrait ses ouailles à l’abattoir. Or c’est un peu ce que Jésus fait. Mais la raison pour cela est très simple. Puisque la seule chose que Jésus nous demande, c’est de témoigner de l’Amour de Dieu, ce en quoi consiste essentiellement l'évangélisation, une fois que nous aurons fait cela, notre travail sera accompli. Nous n’avons pas à avoir à l’esprit d’autre attente. Si j’annonce Jésus, ma mission est accomplie, mon travail est terminé. Le loup pourra me manger, qu’importe; j’aurai accompli et achevé ma mission. Et je pourrai dire : « MISSION ACCOMPLIE ». 

Jésus veut aussi que nous réalisions profondément que nous ne sommes jamais seuls contre nos adversaires. Il est le Berger invisible de nos vies, dans nos vies. Avec Lui, nous ne devons rien craindre. Je suis de plus en plus persuadé que si quelqu’un croit fermement que le Dieu de l’univers habite en lui, il n’aura jamais peur; il n’aura peur de rien ni de personne. Telle est ma conviction: « Courage, j’ai vaincu le monde » a dit Jésus (Jn 16, 33).

4- « Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit :  … Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

La première mission des disciples a été fructueuse. Tant mieux. Ils avaient raison d’être joyeux. Mais ils savaient sûrement que si les esprits leur étaient soumis, ce n’était pas dû à eux et à leur puissance. Le danger qui guette les évangélisateurs lorsqu’ils connaissent du succès, c’est d’en venir à se glorifier eux-mêmes et à recherche leur propre gloire.

Je suis en train de lire un magnifique enseignement du Père Raniero Cantalamessa. Il s’agit d’un enseignement qu’il a donné aux 5000 prêtres réunis à Rome en 1990 pour vivre une retraite sacerdotale dont le thème était le suivant : « APPELÉS À ÉVANGÉLISER ». Voici quelques extraits tirés de cet enseignement :

« Après la prière, un moyen très important pour permettre à l’Esprit Saint d’opérer à travers notre prédication et, en général, à travers tout notre ministère sacerdotal, c’est la droiture d’intention. L’intention pour Dieu, c’est pratiquement tout. … Une action a pour Dieu la valeur de l’intention avec laquelle elle a été faite. L’Esprit Saint ne peut pas agir dans notre évangélisation si le mobile n’en est pas pur. Il ne peut se faire complice du mensonge. Il ne peut pas venir mettre en valeur notre vanité.

… Il est écrit que les constructeurs de la tour de Babel se disposèrent à l’entreprise en disant : « Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre ! » (Gn 11, 4). Avez-vous entendu ce qu’ils disent? « Faisons-nous un nom ! » et non pas:  « Faisons un nom à Dieu ! »   

… Jésus disait : « Je ne cherche pas ma gloire ! » (Jn 8, 50). Il faut faire nôtres ces paroles et nous les répéter. Elles ont un pouvoir presque sacramentel de réaliser ce qu’elles signifient. Que cela soit notre programme secret. Je vous propose même de proclamer tous ensemble ces paroles de Jésus, comme une sorte de cri de bataille. À mon signal, que chacun dise tout fort dans sa propre langue: « Je ne cherche pas ma gloire ! » Encore une fois : « Je ne cherche pas ma gloire ! » Voilà un cri à faire trembler les portes des enfers. Cinq ou six mille prêtres qui ne cherchent pas leur propre gloire suffiraient à convertir non seulement la terre, mai encore les autres planètes s’il y en avait besoin. » (1)

Car ce que le démon déteste par-dessus tout, c'est l'HUMILITÉ.

Que la Vierge Marie, l'humble servante du Seigneur, intercède pour nous.  Amen !



(1) Appelés à évangéliser, Pneumathèque Société des Œuvres Communautaires, 1992, pp. 223-227)





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