mercredi 13 novembre 2019

NAZARENA : la recluse de Rome

NAZARENA : la recluse de Rome
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NAZARENA 1907 - 1990

Avant propos: 

Voici comment le Père Louis-Albert Lassus termine sa biographie sur la NAZARENA. Nous sommes le 7 février 1990 et il est environ 22h: 

"Sans bruit, Nazarena, la scandaleuse porteuse de myrrhe, franchit les portes royales du Paradis."

Dans un premier temps, j'ai été surpris par les paroles employées par le Père Lassus pour décrire le passage de la Nazarena de cette terre à la véritable patrie. Mais dans un second temps, j'ai été ébloui par les mots: " scandaleuse porteuse de myrrhe ". Les mages qui sont venus adorer l'Enfant-Dieu, ont apporté comme présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe. L'or pour le roi nouveau-né, l'encens pour l'Enfant-Dieu et la myrrhe en prévision de sa mort et de sa sépulture. Depuis des millénaires la myrrhe est utilisée pour les embaumements. La NAZARENA s'est littéralement mise au tombeau avec le Christ durant 45 ans pour vivre un jour la RÉSURRECTION et attirer avec elle de nombreux enfants pour notre Dieu. Le mystère de la vie d'une recluse est le mystère du Samedi Saint

La vie de cette chère recluse peut facilement être un "scandale" pour les gens qui ne croient pas en Dieu et même pour certains chrétiens. 


Chers amis, vendredi (le 15 novembre), je m’envolerai pour Rome en compagnie de madame Christiane Gagnon qui a été mon bras droit quand j’étais curé de la paroisse et qui est toujours très active dans l’implantation du Règne de Dieu ici, dans notre coin de pays. Christiane et moi avons répondu à un appel d’OÏKOS ÉVANGÉLISATION nous invitant à aller fêter avec le pape François les 30 ans d’existence des CPÉ (Cellules Paroissiales d’Évangélisation). 

Mais j'ai maintenant une raison supplémentaire d'effectuer un voyage de six jours à Rome. Grâce à notre fameuse "recluse nationale" madame Jeanne Le Ber (1) qui a vécu à Montréal de 1662 à 1714, j'ai connu l'existence et la vie d'une autre recluse: la NAZARENA, la recluse de Rome. En effet, c'est en lisant une biographie sur Jeanne Le Ber que j'ai connu l'existence de la Nazarena. 


Je suis fasciné par l'appel extraordinaire que ces deux femmes ont reçu de Dieu. Une recluse est une femme qui a senti l'appel de Dieu à une vie de prière et de solitude. Pour vivre cette vie de prière et d'intimité avec Dieu, les recluses vivent en un endroit exigu dont elles ne sortent jamais. De plus, elles ne voient pratiquement personne durant toute leur vie de recluse. Du moins ce fut le cas pour la NAZARENA; personne n'a vu son visage durant 45 ans. 


Julia Crotta est née le 15 octobre 1907 aux États-Unis à Glastonbury, dans le Connecticut. Elle était une belle jeune fille, enjouée, très intelligente qui excellait dans le sport (spécialement le volleyball) et la musique (le piano). En 1934 (elle avait alors 27 ans), alors qu'elle faisait une retraite à Yale où elle étudiait au consevatoire de musique, elle vécut ce qu'elle appelle sa " nox béatissima " (sa "nuit très heureuse").  Écoutons-la:


"Dieu m'a accordé une immense grâce qui a transformé en un instant toute ma vie. Pensant quelques jours, j'ai été comme ravie, hors de moi-même. Je me suis sentie dans un univers tout nouveau. J'aurais voului fuir loin, très loin du monde, de tout son vide, pour aller me retirer pour toujours au désert, seule avec Dieu. C'est à partir de cette nuit que le désert est devenu pour moi une réalité mystérieuse qui m'attire et m'enchante avec une extraordinaire puissance... En même temps, Jésus commença à me séduire irrésistiblement." (Louis-Albert Lassus, Nazarena une recluse au coeur de Rome 1907 - 1990, pp. 33-34) (3)


Cela prendra plusieurs années avant que Julia puisse découvrir l'endroit exact où le Seigneur l'appelait. En 1937, son directeur spirituel l'a d'abord orienté ver l'Ordre du Carmel. Mais ce n'était pas là que le Seigneur l'appelait et l'attendait. Julia rêve d'aller ensevelir sa vie en Terre Sainte, dans le désert. Le Père Thomas Brady lui suggère plutôt d'aller à Rome et d'y rester jusqu'à ce qu'elle trouve sa véritable voie. À Rome, en 1938, le Père Édouard Coffy va essayer de diriger Julia à nouveau vers le Carmel mais on la refuse parce qu'on n'accepte jamais une personne ayant déjà fait un essai dans un autre Carmel. Le Père Coffy propose donc à Julia de faire une tentative auprès de la Mère abbesse du monastère Camaldule de l'Aventin. Julia n'y sera pas heureuse car la vie communautaire l'étouffe. Ce n'est pas à cela qu'elle est appelée. 


Grâce à un Père Capucin, Julia sera étonnamment à nouveau acceptée dans un Carmel romain. Julia franchit les portes de ce  Carmel le 4 février 1939 et y vivra cinq années de sécheresse et d'épreuves. Lorsqu'elle quitte ce Carmel en 1944, on nous dit que Julia n'est plus l'ombre d'elle-même. Mais elle comprit par la suite que l'Esprit Saint l'avait préparée durant ces cinq années à la dure vie à laquelle elle était vraiment destinée. Alors que tout semblait indiquer que le rêve de vie solitaire de Julia n'était de fait qu'un pieux rêve, voici que le même Père Capucin conseille à Julia de retourner auprès des moniales Camaldules qui l'avaient accueillies auparavant. Ces moniales, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, accueillirent Julia et lui offrirent la vie qu'elle désirait: elle ne serait pas soumise à la vie communautaire et "elle aurait sa cellule solitaire, en tant que recluse privée sans qu'elle fasse donc partie de l'Ordre camaldule" (Louis-Albert Lassus, op. cit., p. 51). 


C'est là que Julia deviendra la Nazarena: 


"Le 21 novembre (NDLR: de l'année 1945), en la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple, elle va inaugurer son aventure d'amour. Au matin de ce jour, accompagnée de son père spirituel, elle se rend en pèlerinage à la Basilique Saint-Pierre pour se prosterner devant la Confession de l'Apôtre. "J'ai compris, écrit-t-elle, que le père m'offrait à Dieu pour toute l'Église. Auparavant, (NDLR: le même jour) elle était reçue en audience privée par le pape Pie XII, à qui elle soumettait sa Règle de vie, écrite par le père et elle-même dans un accord parfait sur chaque point... "Le Saint Père la lut, nous dit le Père Jean, et la trouva un peu trop sévère." Julia lui répondit gentiment qu'à son goût elle l'aurait voulue plus exigeante encore. Pie XII alors lui sourit et lui dit: "Si vous le voulez comme ça, prenez-la comme ça !" Et il la bénit." (Nazarena, op. cit., pp 52 et 53)

Chers amis, nous sommes aujourd'hui le 13 novembre 2019. Je vais m'envoler pour Rome dans deux jours: le 15 novembre. Le 21 novembre, je serai le plus près que l'on puisse être de la tombe de l'Apôtre Saint-Pierre. Je participerai, en compagnie de madame Christiane Gagnon, à l'excursion qui existe depuis quelques années seulement et qui conduit les pèlerins plusieurs mètres sous terre à la tombe même de saint Pierre. On ne peut participer à une telle "excursion" qu'en réservant des billets environ un mois à l'avance. Je trouve EXTRAORDINAIRE le fait que je prierai, tout comme Julia sur le tombeau de saint Pierre le 21 NOVEMBRE. Quelle grâce !

Voici ce que nous dit Julia concernant ce jour grandiose du 21 novembre 1945: 

"J'ai compris que Dieu avait un projet particulier sur ma vocation, et que pour cela il avait voulu que le début de ma vie solitaire de prière et de pénitence soit béni par son Vicaire sur terre, et que je sois offerte par son serviteur sur la tombe de Pierre. Plusieurs fois par la suite, j'ai saisi que je devais ma persévérance au désert durant presque quarante-trois ans à la grâce de l'Église reçue par le Saint-Père, le jour de mon entrée en réclusion." (op. cit, p. 53).

La Nazarena vivra durant 45 ans dans une petite chambre de troix mètres par cinq mètres, sans voir le visage d'aucun visiteur, pas même le visage des deux papes qui sont allés la rencontrer et ont conversé ave elle à travers un rideau: saint Paul VI en 1966 et saint Jean-Paul II en 1979. Ces deux rencontres avec le vicaire du Christ ont certainement fait surgir dans la mémoire de la recluse sa rencontre avec le pape Pie XII le jour de son entrée en réclusion et ont sûrement confirmé son rôle et son désir missionnaire. C'est ce que nous fait comprendre le Père Lasssus dans son livre: 

"Voilà donc deux événements d'Église dans la vie recluse de Nazarena, combien significatifs et capables de la confirmer, s'il en était besoin, dans son désir profond d'aider ses frères humains à réaliser leur chemin d'éternité. "Me voici, Père, moi et les enfants que tu m'as donnés." (He 2, 13)"(op. cit., p. 123)

Quant au pape François, il est allé visiter la cellule de la recluse en novembre 2013, année de son élection comme pape. 

La chambre de la recluse: 

" Pour table, Julia a une planche qu'elle peut mettre sur ses genoux. Le lit est une forte caisse de bois sur laquelle est clouée une grande croix. La caisse est ouverte sur les côtés et peut servir d'armoire. Sur une petite étagère, quelques livres  et en premier la Bible, Lumière et Source de vie. Il n'y a point de prie-Dieu, mais le sol, recouvert en hiver d'une natte, accueille les prostrations et les métanies de la recluse. Un coin pour le travail des mains près de la fenêtre. Un coin aussi pour la toilette et les nécessités de la condition humaine. 
      La porte de la cellule restera toujours fermée, mais une petite fenêtre recouverte d'une étoffe épaisse permet les contacts indispensables avec le père spirituel, le confesseur, le prêtre qui porte le Saint Sacrement, la moniale chargée du ravitaillement de Julia, enfin l'infirmière, si besoin est. Julia ne sortira jamais de cette cellule sauf cas de nécessité, et personne ne pénétrera dans son désert sinon à l'heure de son agonie." (op. cit. pp58-59)


Image tirée de la vidéo mise à la note (2)

La Nazarena dormira durant 45 ans sur la caisse de bois que vous voyez sur la photo ci-dessus, sans oreiller, sans matelas et sans draps. Du lundi au vendredi elle se nourrira seulement de pain et d'eau. Les fins de semaine elle ajoutera des légumes à sa pitance. 

Voici ce qu'a écrit la Nazarena vers la fin de sa vie: 

"Au cours de tant d'années, je n'ai jamais connu la tentation de vouloir sortir de mon reclusoir. Pa même une fois ! J'ai toujours éprouvé joie et action de grâces pour ce lieu que Dieu m'a choisi. Aucun sacrifice n'a été trop coûteux. Cachée pour toujours dans le secret du Père, du Fils et de l'Esrpit, avec la Sainte Vierge Marie qui m'a été d'un si grand secours en toutes ces années ! Je vis uniquement la grande paix de Dieu. La solitude silencieuse n'a nullement perdu la mystérieux attrait de la jeunesse éternelle. C'est Dieu qui la vivifie. Je suis ici comme un poisson dans le lac qui a été créé pour lui depuis toujours." (op. cit. p. 112)

Je conclus ces rappels de la vie de la Nazarena avec ses mots chargés d'amour et de mort à soi-même: 

"J'approche du soir de ma vie; le soleil a certainement dû dépasser le zénith. Son déclin a commencé. Que l'amour pour Jésus et pour mes frères dévore mon coeur en un martyre d'amour ignoré de tous et de moi-même. 
Que Jésus, en me consumant, me rende insensible, pour que je meure d'amour sans jamais avoir goûté la très douce consolation de "sentir" que je l'aime au point de quitter tout et tous afin de vivre seule avec lui au désert...
Mourir d'amour ! Cette pensée me ravit."  (op. cit., p. 124)

Chère Nazarena, dans quelques jours, je serai agenouillé dans la cellule où vous avez passé 45 ans de votre vie sans jamais en sortir. Je bénis le Seigneur de m'accorder cette insigne grâce. Je vous demanderai alors de me brancher sur notre Dieu Trinitaire. Je vous demanderai de m'obtenir le don de l'oraison et l'amour de la mortification. Ces dons, je suis conscient de ne pouvoir les recevoir que de Dieu; mais j'ai une énorme confiance en votre intercession, chère recluse. 

NAZARENA, PRIEZ POUR MOI !


(1)
15 mai 2019 - Jeanne Le Ber et la Vierge Marie (1) ... (2 Ch 20, 20-24) Aucune arme n'a été employée par le peuple de Dieu pour se défaire de ses ennemis.

(2)

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7 févr. 2017 - Téléversé par Tv2000it
Le telecamere di Tv2000 entrano nella cella di Suor Nazarena, nel monastero di Sant'Antonio abate ...

 (3) Biographie: 
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samedi 9 novembre 2019

Arrivée d'Aloysius et Stanley

Arrivée d’Aloysius et Stanley


JOIE, JOIE ET JOIE !

Grand jour de joie pour les Oblats de la Vierge Ma«rie du Canada. 

Le jour tant attendu de l'arrivée d'Aloysius et de Stanley est enfin arrivé. 

Date mémorable: 9 novembre 2019, en la fête de la dédicace de la basilique Saint Jean de Latran. 

Arrivée à l'aéroport Trudeau à 15h39. Deux heures d'attente à cause des contrôles de l'immigration et finalement nous voyons apparaître nos deux confrères Nigérians: GRAND MOMENT DE JOIE.

Premier miracle en terre canadienne: 4 Oblats et une multitude de valises dans une seule automobile. Vous auriez dû voir comment étaient assis Stanley et Aloysius sur la banquette arrière. Georges m'avait dit qu'ils avaient deux valises chacun. Disons qu'il s'est trompé. 

Premier arrêt: notre demeure à la Pointe-aux-Trembles où ils ont rencontré les deux autres OMV. 



Les six OMV du Canada ont fait un repas festif, frugal mais festif, pour souligner ce grand jour qui demeurera à jamais gravé dans notre mémoire. Oui, une page d'histoire vient de se vivre. 

Merci Stanley et Aloysius pour votre générosité à dire OUI aux appels du Seigneur et pour votre amour fraternel à notre endroit. 

WELCOME TO CANADA; WELCOME TO OUR HOUSES (au Nigéria on parle anglais et non pas français mais nos deux amis se débrouillent bien dans notre langue). 

"LAUDATE DOMINUM OMNES GENTES, LAUDATE EUM OMNES POPULI !!!" (Psaume 116, 1)

"Louez le Seigneur toutes les nations, louez-le tous les peuples." (Psaume 116, 1)



mercredi 6 novembre 2019

Samuel Plante: Chrétien et Québécois

Samuel Plante: Chrétien et Québécois
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Chers amis,

Quelques uns d’entre vous connaissent probablement Samuel Plante. J’ai pour ma part déjà fait un blogue sur lui (1). Sam met sur le web plusieurs vidéo sous le titre génial de "Sam'Parle". S et P sont de fait les deux initiales de son vrai nom. 

Samuel est un chrétien convaicu et aussi très convaincant pour quiconque est ouvert à la vérité. Il est aussi un poète qui aime les mots et se sert très bien de ceux-ci. comme vous pourrez le voir si vous écoutez la vidéo ci-dessous. Le titre de la vidéo est très bien choisi. Samuel a mis deux mots qui, à première vue, ne sembent pas aller ensemble: "Chrétien et Québécois". Très surprenant n'est-ce pas???

Et pourtant Samuel est on ne peut plus Québécois et surtout très fier d'être chrétien. 

Comme vous le savez, mon blogue s'intitule: " DIEU MA JOIE ". La joie est le deuxième fruit de l'Esprit Saint mentionné par saint Paul dans sa lettre aux Galates (Ga 5, 22). La joie vient immédiatement après l'amour dans l'esprit de saint Paul. 

Je pense que la joie est un des meilleurs moyens de porter aux autres la BONNE NOUVELLE. Or Samuel Plante est manifestement habité par cette joie de l'Esprit Saint. Voilà ce qui fait de lui un témoin crédible et contagieux. 

Cher Samuel, je demande à l'Esprit Saint de te conserver cette joie jusqu'à ton dernier souffle sur cette terre. D'ailleurs, dans la vidéo ci-dessous, tu fais allusion à la Parole de Jésus qui nous a dit, le soir qui a précédé sa mort: " MA JOIE, PERSONNE NE POURRA VOUS LA RAVIR " (Jn 16, 22).

MERCI SAM POUR CETTE TRÈS BELLE VIDÉO !

22 nov. 2017 - Téléversé par Sam'Parle
Voici qui je suis. Je remercie Karel Di Bartolo, Josiane Rocheleau, Marc-André Desmarais, Marie-Christine ...



(1)   

2 mars 2019 - Il y a 3 jours - Téléversé par Sam'Parle. L'athéisme s'avère être trop simple. Si tout l'univers n'avait aucun sens, ... Je suis athée || In-croyable .


lundi 4 novembre 2019

La primauté de la vie cachée

La primauté de la vie cachée

Il existe des phrases dans la Bible qui sont des phares sur notre route de chrétiens mais qui, malheureusement nous passent souvent sous le nez sans qu’on en perçoive l’importance. Une de ces phrases est celle-ci : « Vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,3) Cette phrase de saint Paul était très importante aux yeux de notre fondateur le Père Bruno Lantéri, qui y a consacré une importante méditation (1).

Qu’est-ce que cette phrase de saint Paul peut bien vouloir nous dire ? Je tenterai ici une explication.
Si nous regardons la vie de la majorité d’entre nous, la très grande partie de notre vie est vécue de façon cachée aux autres. Et cela est vrai aussi, je pense, même des « stars », vedettes de cinéma ou autres. Les seules exceptions que je peux voir à cette vérité sont pour moi notre Saint Père le pape et les hommes et femmes politiques. Seulement pour eux, peut-être bien que la vie publique l’emporte sur la vie privée.  

Si tel est le cas, si la grande partie de notre vie est vécue seule avec Dieu (et par conséquent non pas seule mais « avec Dieu »), il faut accorder beaucoup d’importance à notre vie cachée. Car c’est là, selon moi, que s’exerce surtout notre vie chrétienne. Le grand enjeu de la vie chrétienne se vit dans notre cœur, dans le combat que nous devons mener contre l’être pécheur que nous sommes. Saint Paul a admirablement bien décrit ce combat intérieur qui est le lot de tous et où se joue essentiellement notre rapport avec Dieu. Voici ce que saint Paul nous dit dans sa lettre aux Romains :

« Nous savons bien que la Loi est une réalité spirituelle : mais moi, je suis un homme charnel, vendu au péché. En effet, ma façon d’agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais. Or, si je ne veux pas le mal que je fais, je suis d’accord avec la Loi : je reconnais qu’elle est bonne. … Si je fais le mal que je ne voudrais pas, alors ce n’est plus moi qui agis ainsi, mais c’est le péché, lui qui habite en moi. … Malheureux homme que je suis ! Qui donc me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? Mais grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur ! » (Rm 7, 14-25)

Voilà une des meilleures descriptions de ce qu’on appelle le « combat spirituel ». Or ce combat, tout comme il en était pour saint Paul, il se vit au-dedans de nous et de façon cachée. Seul Dieu est témoin de ce combat. Et c’est sur la qualité de ce combat que personnellement je juge la qualité d’une vie chrétienne. Ce sont les petites et les grandes victoires que nous vivons au-dedans de nous et sans témoin qui plaisent le plus à Dieu. De cela, je suis de plus en plus convaincu. Notre sainteté se joue au niveau de notre conscience et non pas au niveau de nos actes extérieurs. Dans une histoire inventée par Jésus dans les évangiles, des personnes se voient refusé l’entrée au ciel et manifestent leur étonnement :

« Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. » (Lc 13, 23-28)

Si je transpose la remarque des auditeurs de Jésus dans l’histoire que Jésus a inventée et que j’ai mise ci-dessus, je dirais ceci en langage moderne : « Mais voyons, Seigneur Jésus, nous avons été à la messe tous les dimanches (« nous avons mangé et bu en ta présence ») et nous avons écouté toutes les homélies des prêtres (« et tu as enseigné sur nos places »). Et Jésus leur répondra : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice ». Et l’injustice, on la commet d’abord et avant tout dans notre cœur. Poser des gestes extérieurs, comme par exemple aller à la messe le dimanche, n'impressionne pas Jésus. C'est ce qui se passe dans notre coeur qui l'intéresse. 


« Vous êtes morts » (Col 3, 3) - La MORTIFICATION

La phrase de saint Paul qui est à l’origine de ce blogue, commence par les mots suivants : « Vous êtes morts … ».

Je crois personnellement que ce sont nos petits et grands gestes de mortification (le mot "mortification" vient de "mort") que nous pouvons faire à chaque jour dans le secret de nos vies, qui ont le plus de valeur auprès de Dieu. Je crois que ces petits et grands sacrifices ont plus de valeur aux yeux de Dieu que la plus belle des prédications que nous puissions faire. Dieu a voulu que je connaisse NAZARENA, « la recluse de Rome » quelques jours avant mon voyage à Rome. Cette femme, tout comme notre recluse à nous, Jeanne Le Ber, m’impressionne ÉNORMÉMENT. Vivre 45 ans dans une chambre sans jamais en sortir et ne voir le visage d’aucune autre personne sur cette terre, pas même celui des trois papes qui sont allés la visiter (Paul VI, Jean-Paul II et le pape François) est pour moi un témoignage de foi et d’amour extraordinaire. J’essaierai d’aller la prier plus d’une fois là où elle a vécu sur la colline de l’Aventin à Rome. Cette vie cachée de prière et de pénitence est le sommet de la vie chrétienne, à mes yeux. C’est là surtout que se joue, selon moi, le salut de l’humanité. Le pape Paul VI, est allé rendre visite à la Nazarena le 23 février 1966 qui était un mercredi des Cendres. L’auteur du livre que je lis sur cette recluse écrit ceci : « Cette démarche (N.D.L.R. : la démarche de Paul VI), voulait être beaucoup plus qu’une « gentillesse ». Elle était une parabole rappelant à l’Église et au monde en proie à de si grandes détresses la valeur inestimable et toujours actuelle de la vie cachée en Dieu dans l’Amour. »


Aujourd’hui, en ce 4 novembre, l’Église célèbre la mémoire de saint Charles Borromée, cet évêque qui nous est présenté comme un modèle de pasteur. L’office des lectures du bréviaire, nous présente une homélie de saint Charles Borromée. Voici un extrait de cette homélie: 
HOMÉLIE DE S. CHARLES BORROMÉE PRONONCÉE À SON DERNIER SYNODE
Nous sommes tous faibles, je le reconnais, mais le Seigneur Dieu nous a donné des moyens où nous pouvons facilement trouver du secours si nous le voulons. Voici un prêtre qui voudrait mener la vie irréprochable à laquelle il se sait obligé, qui voudrait être chaste et avoir la conduite digne des anges qui lui convient ; mais il ne décide pas d'employer les moyens voulus : le jeûne, la prière, la fuite des relations mauvaises, des familiarités nuisibles et dangereuses.

Ce sont nos « décisions autonomes » prises dans notre conscience ou notre cœur, qui nous font le plus grandir en sainteté. 

VIVE LA VIE CACHÉE ! VIVE NOTRE VIE CACHÉE EN DIEU AVEC LE CHRIST (vie vécue non pas seul, mais avec Jésus).  

« Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » (Jn 8, 29)


(1)

12 mai 2014 - Bruno Lantéri et Colossiens 33. Bruno Lantéri et Colossiens 33. « Vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu.



dimanche 3 novembre 2019

"Tu aimes tout ce qui existe" (Sg 11, 24)

« Tu aimes tout ce qui existe » (Sg 11, 24)      

La Parole de Dieu de ce dimanche nous présente aujourd’hui un de mes textes préférés de toute la Bible: le chapitre 11 du livre de la Sagesse. Ce texte nous montre comment Dieu voit toute sa création. Dieu aime tout ce qui existe. Comment pouvons-nous savoir cela? Par un simple raisonnement : Dieu aime tout ce qui existe parce c’est Lui qui a créé toute chose. Voici un extrait de la première lecture d’aujourd’hui :

"Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ; si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l’aurais pas créé. Comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment serait-il resté vivant, si tu ne l’avais pas appelé ? En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants." (Sg 11, 24-26)

Il faut beaucoup, selon moi, méditer sur cette vérité essentielle : Dieu aime TOUTES SES CRÉATURES.  Et nous, les enfants de Dieu, nous devons essayer d’imiter notre Père céleste, comme nous l’a demandé Jésus : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait. » (Mt 5, 48)  

L'auteur du livre de la Sagesse a bien raison: Dieu étant Tout Puissant et pouvant faire tout ce qu'Il veut, s'il crée une chose ou un être, c'est parce qu'Il l'aime. Dieu n'est pas masochiste: il ne créera pas quelque chose qu'il n'aime pas. Par conséquent, si nous, nous n'aimons pas quelque chose que Dieu a créé, c'est parce que nous ne voyons pas cette chose comme Dieu la voit. Il nous faut donc mettre les lunettes de Dieu, ou plutôt adopter les yeux qu'Il pose sur le monde. 

J'imagine que vous êtes comme moi et qu'il y a des insectes que vous n'aimez pas. Pour certains d'entre eux, leur seule vue me répugne. Mais c'est parce que je ne les vois pas comme Dieu les voit. Quand j'avais une vingtaine d'année, mes deux meilleurs amis m'ont fait connaître Jean Henri Fabre, le célèbre entomologiste. Un entomologiste est un spécialiste des insectes. Avez-vous déjà vu un scarabée sacré? 

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Le scarabée sacré

Le scarabée sacré est un animal qui est loin d'être attrayant. De plus, il passe sa vie à rouler des boules de bouse. Si vous voulez voir quelqu'un qui aime énormément le scarabée sacré, allez lire quelques pages de Jean Henri Fabre. Si vous n'avez jamais lu cet auteur (car Fabre est aussi un excellent conteur), il faut absolument que vous alliez lire quelques unes des pages qu'il a écrites sur le scarabée sacré. Voir la référence en bas de page. On peut certainement dire que Fabre a réussi à voir les scarabées sacrés comme Dieu les voit. 

Nous savons tous ce que des hommes sans Dieu peuvent faire. Depuis des années, il y a une coutume courante dans le domaine de la médecine: quand un médecin découvre qu'une femme enceinte porte un enfant qui sera handicapé, il conseille à cette femme d'avorter. Quelle horreur ! Pourtant, il existe tant de témoignages de personnes qui nous disent à quel point les personnes handicapées sont des rayons de soleil dans les familles qui les accueillent avec amour. Le plus grand prophète de cette vérité est Jean Vanier. Mais j'ai aussi dans ma communauté un prophète de cette vérité. Un des confrères avec qui je vis, dont le nom est Georges Pelletier, m'a raconté ce qui s'est passé quand il était enfant. Quand il avait environ 11 ans, sa famille comptait déjà 19 enfants. Une voisine a mis au monde un enfant qu'elle ne pouvait pas garder. Cet enfant, nommé Richard, était handicapé. Une travailleuse sociale  est allée trouver madame Pelletier pour lui demander si elle pouvait prendre cet enfant. La maman de Georges a hésité à poser ce geste. Le jeune Georges a alors dit à sa mère: "Voyons maman, si cet enfant était le tien, tu trouverais le moyen de le garder et de faire de la place dans la maison." Madame Pelletier a donc accepté de recevoir l'enfant "pour un certain temps". Mais lorsque cette période de temps fut écoulée, madame Pelletier n'a pas été capable de se départir de l'enfant. Or Georges m'a plus d'une fois confié que Richard a été la joie de la famille. Oui, la joie de la famille. Ah, si nous apprenions à voir les gens comme Dieu les voit ! 

Nous avons un bel exemple de l'amour de Dieu pour ses créatures dans l'évangile d'aujourd'hui. Nous voyons un homme qui était détesté par tous les membres de son peuple et qui a rencontré l'AMOUR EN PERSONNE: JÉSUS LE CHRIST, NOTRE SEIGNEUR. Quelle est belle cette rencontre de Zachée avec le Seigneur! C'est seulement l'évangéliste saint Luc qui nous rapporte cet épisode de la vie de Jésus. Ce n'est pas surprenant car saint Luc est l'évangéliste de la MISÉRICORDE. Tout de suite après avoir donné son nom, saint Luc nous dit ce qu'il faisait dans la vie: il était le chef des collecteurs d'impôts. Tous les collecteurs d'impôts étaient détestés par les juifs. Ces gens-là collectaient les impôts pour les Romains et ils étaient riches parce qu'ils étaient malhonnêtes. On ne se surprend pas d'apprendre qu'ils étaient malhonnêtes car ils étaient d'abord, en quelque sorte, des traîtres envers leur nation. Et Zachée n'était pas simplement un collecteur d'impôts, mais le chef des collecteurs d'impôts. Les Juifs avaient donc une raison supplémentaire de l'haïr. 

Voici comment je vois Zachée. Zachée, selon moi, était insatisfait de la vie qu'il menait. Sa vie tournait en rond et ne le rendait pas heureux. Il avait entendu parler de Jésus. On lui dit que Jésus était entré dans la ville et qu'il la traversait. Zachée s'est dit: c'est ma chance de voir cet homme dont on dit tant de bien. "Il courut et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui passait par là." (Lc 19, 4) Voilà deux verbes étonnants: il courut: il avait hâte, vraiment hâte de voir Jésus. Et il grimpa sur un sycomore parce qu'étant de petite taille, la foule l'aurait empêché de voir Jésus. 

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Un sycomore

C'est fou que Zachée ait fait cela. Premièrement, un collecteur d'impôts évite normalement les bains de foule. Étant haï de tous, il ne va pas normalement se jeter dans la gueule du loup. Or ce jour-là, en plus d'aller se mettre dans la foule, il grimpa dans un arbre pour mieux voir Jésus; mais la conséquence de cela, c'est que lui aussi était plus facile à voir. Il fallait vraiment qu'il soit déterminé à VOIR JÉSUS. 

Et c'est à ce moment-là que se produisit un événement EXTRAORDINAIRE. Jésus, qui cherchait Zachée beaucoup plus que Zachée ne cherchait à voir Jésus, s'arrête devant le sycomore, lève les yeux, les pose sur Zachée, l'appelle par son nom et lui dit: "Zachée, descends vite, aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison". Jésus ne dit pas "il faut que j'aille visiter ta maison". Non, il dit "il faut que j'aille DEMEURER DANS TA MAISON". Car la maison dont Jésus parle, c'est le coeur de Zachée. C'est là que Dieu veut DEMEURER. Jésus ne veut pas être de passage dans notre coeur; il veut DEMEURER EN NOUS. Quand on parle de demeure, on parle de domicile fixe. 

"Vite il descendit". L'adverbe "vite" est employé deux fois presque de suite: " Descends vite et vite il descendit". Quand la grâce passe, quand le moment de grâce passe, il ne faut surtout pas le rater. On ne doit jamais remettre à plus tard un rendez-vous avec Dieu. 

Et on connaît la suite: C'est la joie dans le coeur de Zachée "Vite il descendit et reçut Jésus avec joie". Et l'amour de Jésus expérimenté ce jour-là retourne le coeur de Zachée. Zachée se convertit et est prêt à réparer les injustices qu'il a commises par le passé. Zachée change de vie au contact de Jésus, en rencontrant Jésus. Les deux signes d'une véritable rencontre avec Jésus sont la JOIE et le CHANGEMENT DANS NOTRE FAÇON DE VOIR ET DE VIVRE; ce qui implique parfois une RÉPARATION. 

Oui, Jésus a raison de dire que ce jour-là "le salut est arrivé pour cette maison" (Lc 19, 9).

Vous comprendrez chers paroissiens, pourquoi nous avons commencé le Parcours Alpha dans notre paroisse. Nous voulons que les gens vivent la même expérience que Zachée. Chacun, à sa façon bien entendu, aura la possibilité de vivre une rencontre avec Jésus Ressuscité durant le Parcours Alpha.

Nous vous demandons de prier pour cela et spécialement pour la fin de semaine sur l'Esrprit Saint qui aura lieu le 30 novembre et le premier décembre. Priez pour que les gens fassent une rencontre transformante avec Jésus. C'est très important que vous priiez pour cela. Je vous en remercie à l'avance. 


« Car si j'étais sûr, en entrant, que tous m'accueillent comme un être sympathique et raisonnable, Dieu, que je serais bon ! » (Fedor Dostoïevski, Les Frères Karamazov)