mercredi 31 octobre 2018

31 octobre: jour mémorable


31 octobre: jour mémorable
Guy Simard, omv, tenant et levant le calice aux côtés de saint Jean-Paul II, 
le 31 octobre 1982, à la canonisation de sainte Marguerite Bourgeoys

Ce matin, aux Laudes (office du matin dans la Prière du Temps Présent), nous avons prié en Église, le psaume 76. Voici une des strophes de ce psaume : 

12 Je me souviens des exploits du Seigneur,
je rappelle ta merveille de jadis ;
13 je me redis tous tes hauts faits,
sur tes exploits je médite.

Le psalmiste nous invite à nous souvenir des exploits du Seigneur dans nos vies et à les méditer. C'est ce que je désire faire aujourd'hui, à la suite de ma sainte préférée, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui commence le récit de son autobiographie en faisant référence aux mots d'un autre psaume: " Je chanterai éternellement les Miséricordes du Seigneur " (Ps 88, 2) : 

« Quand on lui demande d’écrire ses souvenirs d’enfance, Elle s’adresse à Mère Agnès et commence ainsi son récit :« je viens vous confier l’histoire de mon âme… Je ne vais faire qu’une chose: commencer à chanter ce que je dois redire éternellement :  » les miséricordes du Seigneur ! » (1)

Le psaume 88 est le psaume qui a été chanté lors de mon ordination presbytérale (sacerdotale), le 12 juin 1983, ordination reçue des mains et de la bouche du pape Jean-Paul II, soit environ huit mois après la canonisation de Marguerite Bourgeoys. C'est quand même incroyable, n'est-ce pas ??? Le psaume 88 (ou 89) était chanté ce jour-là en latin et le refrain du psaume était le suivant: "MISERICORDIAS DOMINI, IN AETERNUM CANTABO". J'ai encore la mélodie de ce psaume à l'esprit et dans le coeur.

Je vais maintenant vous expliquer pourquoi je dis qu'aujourd'hui je veux " me souvenir des exploits du Seigneur et les méditer ". 

J'ai été diacre d'office à la canonisation de Marguerite Bourgeoys, le 31 octobre 1982 (2). Or cela relève vraiment d'un exploit; j'oserais même dire d'une folie. J'ai toujours été, jusqu'à l'âge de quarante ans, d'une TRÈS GRANDE TIMIDITÉ. Il existe des personnes timides et il existe des grands timides. Je suis un GRAND TIMIDE. 

Lorsque j'étais au séminaire, en formation pour devenir prêtre, dès qu'il fallait que je lise en public ou devant mes confrères séminaristes, je devenais tout rouge et extrêmement gêné. Je me demandais comment je ferais un jour pour parler en public, puisque c'est là une des tâches essentielles du prêtre. Ma gêne a duré pendant plusieurs années après avoir reçu l'ordination sacerdotale. 

Vers le moi de mai 1982, j'ai approché un de mes confrères, le Père Pierre Paul, omv, natif de Trois-Rivières, qui avait des connections au Vatican. Pierre, excellent musicien, dirigeait le choeur de chant qui " répondait " au choeur de la Chapelle Sixtine, lors des célébrations eucharistiques papales. Je rencontre Pierre et je lui dis: " Tu sais Pierre, quand Marguerite Bourgeoys sera canonisée, je serai diacre". Je savais en effet à cette époque-là, que je serais ordonné diacre le 2 octobre 1982. La canonisation de Marguerite Bourgeoys était fixée au 31 octobre 1982. Je me demande encore comment j'ai pu oser poser un tel geste, qui relève presque de la folie. Pierre a très bien compris le message subliminal. Il a perçu que j'aimerais beaucoup être le diacre d'office à la canonisation de celle qu'on appelle ici au Canada, la Mère de la colonie. Pierre est allé rencontrer le cardinal Édouard Gagnon à Rome, et grâce à ce cardinal originaire du Québec, j'ai pu être choisi pour officier comme diacre d'office à la canonisation de notre chère sainte. Une des tâches du diacre aux eucharisties papales, est de CHANTER L'ÉVANGILE EN LATIN. Ce que j'ai fait; non sans quelques petites erreurs de chant, mais je l'ai fait. 

Comment Pierre, qui me connaissait très bien en communauté et qui était au courant de ma timidité chronique, a-t-il pu oser me proposer pour être diacre? Cela, je l'ignore. Mais je sais que cela relève du miracle, de l'exploit le plus total. Et que j'aie réussi à chanter en latin dans la grande basilique Saint-Pierre de Rome, relève aussi du prodige, de l'exploit. Je me souviens qu'une des motivations qui m'habitaient alors, était la suivante: je savais que mes chers parents verraient leur fils officier aux côtés du pape car la transmission de la cérémonie au Canada via satellite, était déjà annoncée des mois à l'avance. 

Oui, MISERICORDIAS DOMINI, IN AETERNUM CANTABO !


SAINTE MARGUERITE BOURGEOYS, PRIEZ POUR NOUS !!!!

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Sainte Marguerite Bourgeoys   


(1) La miséricorde à la lumière des saints du Carmel-Thérèse de l'Enfant  

 

(2) 31 octobre 1982, Canonisation de Marguerite Bourgeoys et Jeanne ...

w2.vatican.va/content/john-paul-ii/.../hf_jp-ii_hom_19821031_canonizzazioni.html


L'adoration eucharistique, un préalable à l'évangélisation


L’adoration eucharistique, un préalable à l’évangélisation
   Résultats de recherche d'images pour « Un Ostensoir à l’effigie de la Vierge »

" La galerie Bansard a consacré une exposition aux créations artistiques de prêtres du diocèse de Paris. Parmi toutes les œuvres exposées, une sculpture intéressante était prévue à usage liturgique : une Vierge-ostensoir en bois réalisée par Mgr Aupetit. La Vierge tient entre ses deux mains la lunule contenant l’Hostie, comme si elle entourait son ventre de femme enceinte. Ce geste est souligné par une grande main, la main du Père qui porte et présente l'hostie. Marie, la tête inclinée, sourit et semble écouter la présence intérieure du bébé. " (1)


Comme j’aimerais me procurer cet OSTENSOIR MARIAL pour notre chapelle d’adoration !!!

Madame Christiane Gagnon, qui œuvre en notre paroisse, vient tout juste de m’envoyer le texte ci-dessous.  

Un préalable à l’évangélisation, l’adoration
Père Arnaud Adrien
L’adoration est à la base de l’évangélisation par la méthode des cellules. Tout simplement parce que Jésus est le premier adorateur et que son Esprit est le principal agent de l’évangélisation.
Il est extrêmement important qu’une paroisse désirant devenir missionnaire mette en place l’adoration, si possible d’une manière perpétuelle 24 h sur 24, 7 jours sur 7.
Pourquoi ?
Comment résister aux dérives du prosélytisme si nous ne recevons pas de Dieu sa manière d’aimer nos frères ? Comment résister à la tentation de l’activisme si nous ne commençons pas par nous mettre à genoux devant Celui qui seul suffit. Adoration et mission se conjuguent et s’équilibrent. Pas d’adoration sans mission car « Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique. » Pas de mission sans adoration car « sans moi vous ne pouvez rien faire ».

La mise en place de l’adoration est la première initiative d’une paroisse qui veut se lancer dans l’application de la méthode des cellules. On peut regarder utilement le site www.adoperp.com et faire appel aux missionnaires du St Sacrement qui déploient une stratégie efficace pour l’instauration de l’adoration. Tellement ont essayé et n’ont pas duré !

Le premier effet d’une telle initiative, à en croire les « pratiquants » est la croissance de la charité fraternelle dans la paroisse, la croissance de l’esprit de communion. Est-ce si étonnant que cela ? N’est-ce pas autour de Jésus que la diversité des apôtres a pu s’unifier au service de la mission ? Que de raisons de les voir se diviser, s’opposer, se jalouser, s’éliminer… Il fallait Jésus lui-même pour en faire un seul corps, son corps. C’est l’adoration de son corps livré qui nous unit et nous pousse à servir.
Nous devinons combien une telle option peut rencontrer de résistances dans le contexte d’aujourd’hui. Pourtant il ne faut pas hésiter à proposer notamment l’adoration nocturne. Notre temps demande des actes forts qui remobilisent la foi et l’espérance des catholiques. Engager une communauté chrétienne dans l’adoration nuit et jour est un message clair du curé qui veut emmener sa communauté sur des chemins qui demandent foi et audace.
Il y a des gestes qui sont des ruptures avec l’esprit de paralysie et de peur, il y a des actes qui paraissent quelque peu fou et qui sont des signaux que perçoivent les chrétiens qui veulent servir, du fond de leur cœur, leur Seigneur. On libère alors en eux un potentiel d’amour et d’énergie qui ne demandait qu’à servir. On les plonge tout de suite dans une autre atmosphère, celle des disciples qui ne regardent plus en arrière et sont prêts aux grands témoignages qui seuls peuvent ouvrir le cœur de nos contemporains. Tel un curé de paroisse qui, en 2004 a lancé l’adoration perpétuelle et qui pour réveiller les siens a assuré lui-même l’adoration de 24 h à 6 h du matin plusieurs nuits par semaine avec … son sac de couchage !!
Aujourd’hui c’est toute la paroisse qui maintient depuis l’adoration continuelle. On peut en rire… mais malheur à celui qui ne sais que rire sans s’engager… (2)

Cela aurait été mon rêve d’instaurer l’adoration eucharistique 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Mes confrères Oblats de la Vierge Marie à Boston, qui sont en charge du Sanctuaire Eucharistique de cette ville, le Saint Clement Eucharistic Shrine (3), vivent cela chez eux depuis douze ans. J’ai été ébloui de constater cela de mes yeux, il y a de cela un an et demi. Comme j’aimerais faire la même chose en notre paroisse !!! Or l'endroit où se trouve notre chapelle d'adoration n'est pas propice à l'adoration perpétuelle. Pour assurer le silence en cet endroit, nous devons nous contenter d'une adoration de jour. De plus, l’hiver ici est un obstacle. Quand il y a tempête, il serait très difficile de se rendre de nuit à notre église. Mais, comme on dit, « SAIT-ON JAMAIS? »

(1) Un Ostensoir à l'effigie de la Vierge - Diocèse de
Paris https://www.paris.catholique.fr/ostensoir-marie.html





lundi 29 octobre 2018

" Ah ! Ça, c'est la plus belle surprise "


“ Ah! Ça, c'est la plus belle surprise” (Carmen)
Carmen Guévremont Simard (25 février 1918 - 29 octobre 2005)

Cet après-midi, en arrivant au bureau, j’avais un message sur ma boîte vocale téléphonique de la part d’une de mes paroissiennes les plus âgées : madame Marie-Paule Hallé. Son message disait ceci : « Guy, aujourd’hui ta chère maman décédait, il y a de cela 13 ans ». À chaque année, c’est Marie-Paule qui me rappelle cette date qui devrait pourtant être tellement importante pour moi. Merci chère Marie-Paule !

Ma mère est décédée le samedi 29 octobre 2005, à 18h30, donc en début soirée. 

J'arrive de la messe célébrée en paroisse. Après la communion, durant mon action de grâce, ma mère habitait mon esprit et ma mémoire et je pense qu'elle m'a inspiré une parole que je partagerai à mes paroissiens dans le but de les attirer à l'adoration eucharistique. L'adoration eucharistique en continu durant le jour, cinq jours par semaine, est le plus beau projet pastoral que le Seigneur nous a inspiré en cette année 2018-2019. Nous désirons commencer ces heures d'adoration en la solennité du Christ Roi de l'univers, qui sera célébrée le 25 novembre prochain. Plusieurs personnes ont donné leur nom pour adorer Jésus-Eucharistie une heure par semaine. Mais il reste encore des plages horaires à remplir pour que l'adoration ait lieu en continu, de façon ininterrompue. J'aimerais même qu'il y ait deux adorateurs ou adoratrices à chaque heure. L'Esprit Saint devra souffler fort sur le coeur de nos paroissiens pour que ce désir se réalise. 

Je suis en quelque sorte " hanté " ("joyeusement hanté") par ce projet pastoral, que je trouve magnifique. Tout à l'heure, alors que Jésus Eucharistie était en moi à la messe, après l'avoir reçu en communion, j'étais assis en silence, recueilli. L'image de ma mère a alors habité mon esprit et ma mémoire et je la revoyais assise dans sa chambre, à l'hôpital lors d'une de ses nombreuses hospitalisations. J'étais le seul enfant à habiter loin de chez ma mère (j'habite à Montréal alors que mon frère et ma soeur ont toujours habité à Québec, près de ma mère). Lorsque j'arrivais dans le cadre de la porte, à l'improviste, ma mère, toute souriante, s'exclamait: "Ah! Ça, c'est la plus belle surprise !!!" C'était la phrase qu'elle disait immanquablement. 

Or je crois sincèrement que c'est cette phrase que Jésus a dans le coeur et sur les lèvres quand Il voit un de ses enfants franchir la porte de la chapelle d'adoration pour venir lui faire une visite d'une heure: 

"Ah! Ça, c'est la plus belle surprise !!!"

Je le crois sincèrement et je partagerai cette grâce reçue de ma chère maman aujourd'hui même, en l'anniversaire de son décès.  



dimanche 28 octobre 2018

Conduire quelqu'un à Jésus


Conduire quelqu’un à Jésus

« André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit: « Nous avons trouvé le Messie » - ce qui veut dire: Christ. André amena son frère à Jésus. » (Jn 1, 40-42)

« Philippe trouve Nathanaël et lui dit: « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé: c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël réplica: « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon? » Philippe répond: « Viens et vois. » Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet: « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » (Jn 1, 45-47)

Selon moi, il n’y a pas de plus grand geste d’amour que l’on puisse poser envers une personne, que de la conduire à Jésus. Surtout si cette personne ne connaît presque rien de Jésus. Conduire quelqu’un à Jésus est aussi une des plus grandes joies qu’un chrétien puisse expérimenter. Nous avons tellement à l’esprit la culture ambiante et la difficulté de parler de Jésus aux gens d’aujourd’hui que nous avons peur de proposer aux gens la source de notre propre joie et notre principale raison de vivre. Comme j’aimerais que les chrétiens, au lieu de toujours penser à la difficulté de témoigner de leur foi, pensent plus souvent à la joie que procure l’évangélisation. Nous devrions méditer plus souvent ce passage de la Première Lettre de Jean:

« Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et nous écrivons cela afin que notre joie soit parfaite. » (1 Jn 1, 3-4)

Comment expliquer la joie que Jean éprouve en écrivant les versets 3 et 4 de sa première lettre? Il me semble évident que la joie qu’il éprouve vient de l’annonce qu’il fait de Jésus, du témoignage qu’il rend à Jésus. Ô Esprit Saint, apprends-nous la joie du témoignage, la joie de l'évangélisation !!!

Jean-Claude Guillebaud, dans son livre La foi qui reste, nous raconte une petite histoire qui l’a beaucoup interpellé :

« Victor Malka, un confrère et ami qui anima longtemps l’émission « Écoute Israël » chaque dimanche sur France Culture, m’a raconté un jour une troublante histoire juive. Elle interroge aussi les chrétiens. Je la résume. Trois rabbins sont engagés dans un pilpoul (débat talmudique) sur l’éternelle question: qui est juif ? Le premier, de tendance orthodoxe, rappelle avec un peu d’irritation la règle claire et nette de la Torah : est juif celui qui a une mère juive. Tout le monde sait cela ! Le deuxième, plus libéral, explique que, prise à la lettre, la loi privilégie en effet la filiation par la mère mais il n’en reste pas moins que, dans l’esprit de cette règle, le rôle du père demeure prépondérant.

      Et puis, comme c’est l’usage dans tout pilpoul, chacun commence à argumenter sans fin. C’est alors qu’intervient le troisième rabbin, jusque-là silencieux. Il s’en prend vertement aux deux premiers. Pour lui, ils n’ont décidément rien compris. Et il énonce son propre point de vue : Est juif celui qui a des enfants juifs. En conséquence, seul celui ou celle qui s’est montré capable de transmettre peut se considérer comme juif.

      On imagine mon trouble quand j’ai entendu cette histoire. Selon le critère proposé, suis-je vraiment chrétien ? Ai-je assumé ce rôle du père qui transmet ? Ce genre de questionnement devient examen de conscience. La « médiocrité chrétienne » dont je parlais plus haut, c’est aussi celle de ma propre déficience, des mille et un petits arrangements dont ma vie chrétienne est semée. » (Jean-Claude Guillebaud, La foi qui reste, L’Iconoclaste, Paris, 2017, pp. 227-228)

Cette petite histoire juive est très intéressante, mais je ne pense pas que les chrétiens du 21ème siècle en Occident doivent se sentir mal ou se culpabiliser du fait qu’ils n’ont pas su transmettre l’héritage chrétien à leurs enfants. Les jeunes de nos jours sont soumis à tellement d’influences, qu’il est très difficile de leur transmettre la foi en quelque religion que ce soit. Déjà dans les années 1970, au Québec, il était difficile à des parents catholiques de transmettre à leurs enfants, la religion de leurs ancêtres. À cette époque (il y a de cela 40 ans) j'étais étudiant à l’Université Laval. Mon professeur préféré était un très bon catholique. Lui et son épouse, avaient dix enfants; mais pas un de leurs enfants ne fréquentait l’Église catholique. Jésus n’a-t-il pas dit « qu’aucun prophète ne trouve un bon accueil dans son pays ? » (Lc 4, 24). Ceci étant dit, la préoccupation de la transmission de la foi doit habiter, hanter et énergiser tous les baptisés. C’est une exigence de notre baptême que d’être un prophète. Et s’il nous est difficile d’évangéliser et d’influencer les membres de notre famille, il nous faut faire comme Jésus et aller ailleurs; tendre la perche en d’autres lieux. Car ce qui est nécessaire, c’est de faire des disciples de Jésus, où qu’ils soient. Notre préoccupation est que le peuple de Dieu augmente. Voici une prière que je vous suggère en ce sens :

« Ô Esprit Saint, toi la source et le moteur de toute évangélisation, viens au secours des personnes qui désirent ardemment faire connaître Jésus à leurs frères et sœurs humains. Ô Toi qui connais tous les cœurs, dirige nos pas vers les personnes qui en ce moment sont les mieux disposées à recevoir le message de Jésus. Il y a certainement des gens qui habitent près de chez nous et qui sont à la recherche d’une Parole qui les fera vivre et les rendra heureux. Dirige nos pas vers ces personnes et mets en nous la Parole qui sauve.  Amen. »  

Le grand drame que nous vivons ici au Québec, c’est que notre peuple s’est coupé de ses racines. Les racines du peuple québécois sont CHRÉTIENNES, qu’on le veuille ou non. Un peuple qui se coupe volontairement de ses racines, se condamne à disparaître à plus ou moins brève échéance. C’est ce que nous pouvons constater de nos propres yeux, si nous savons lire les signes des temps. Raison de plus pour désirer faire connaître et revivre nos racines chrétiennes. Le pape François nous y invite : « Souvenez-vous de cela, une maxime très belle de mon pays : « Tous les fruits que donne un arbre viennent de ce qu’il a sous la terre ». Ne jamais couper nos racines en Jésus. » (Pape François, Audience générale, 21 mars 2018).


Questions pour un partage :

- Quelle est la phrase ou l’idée qui te touche le plus dans ce texte ?

- Est-ce qu’il t’arrive de prier pour que l’Esprit Saint mette sur ta route des personnes bien disposées à recevoir le message de Jésus.

- Sur une échelle de 1 à 10, à combien est-ce que tu mesures ton zèle d’évangélisateur(trice) ?



Homélie 30ème dimanche, année B

Homélie 30ème dimanche, année B 

mercredi 24 octobre 2018

24 octobre: Saint Antoine-Marie Claret

24 octobre: Saint Antoine-Marie Claret  
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L’Église célèbre aujourd’hui la mémoire de saint Antoine-Marie Claret, évêque

Antoine-Marie Claret, né en Catalogne (1807), fut d'abord un prédicateur populaire et il fonda un Institut missionnaire: les Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie (les "Clarétains"). Puis, après s'être consacré à l'apostolat dans l'île de Cuba comme archevêque de Santiago, il devint conseiller de la reine d'Espagne, qu'il accompagna dans son exil. Il mourût en France (1870), poursuivi par la haine et la calomnie.

Je ne connais pratiquement ce saint que de nom ; mais j’ai été ébloui par le texte qu’il a écrit et qui s’intitule : L’égoïsme vaincu. Ce texte est proposé comme deuxième lecture pour l’office des lectures d’aujourd’hui. Vous le trouverez ci-dessous. J'aime beaucoup les premiers mots du texte: " Emportés par le feu du Saint-Esprit ..."

L'ÉGOÏSME VAINCU

Emportés par le feu du Saint-Esprit, les Saints Apôtres ont parcouru toute la terre. Embrasés du même feu, les missionnaires apostoliques sont parvenus, parviennent ou parviendront jusqu'aux extrémités du monde, d'un pôle à l'autre, pour annoncer la parole de Dieu, si bien qu'ils peuvent s'attribuer à juste titre cette parole de l'Apôtre Paul: « L'amour du Christ nous presse ».

L'amour du Christ nous aiguillonne, nous incite à courir et à voler, comme avec les ailes d'une sainte jalousie. Celui qui aime vraiment Dieu aime aussi le prochain; celui qui est vraiment jaloux, c'est celui qui aime, mais à un degré supérieur, selon les degrés de l'amour: plus on brûle d'amour, plus on est emporté par un zèle jaloux. Si quelqu'un n'a pas de zèle, c'est le signe que l'amour et la charité sont éteints dans son cœur. Celui qui est emporté par le zèle d'un amour jaloux désire et accomplit les plus grandes choses; il travaille à ce que Dieu soit davantage connu, aimé et servi, en cette vie et en l'autre, car cet amour sacré ne connaît aucun terme. Il agit de même envers le prochain: tous ses vœux et ses efforts visent à ce que tous soient contents et joyeux sur cette terre, et bienheureux dans la patrie d'en haut; à ce que tous soient sauvés ; à ce que nul ne périsse pour toujours; à ce que nul n’offense Dieu ni ne demeure un seul instant dans le péché: c'est ce que nous voyons chez les Saints Apôtres et chez tous ceux qui sont animés par l'esprit apostolique.

Je me dis à moi-même: un « Fils du Cœur Immaculé de Marie » est un homme enflammé de charité et qui brûle partout où il passe; qui désire efficacement que tous les hommes s'embrasent du feu de l'amour divin, et qui y travaille de toutes ses forces. Rien ne l'en décourage; il se réjouit des privations; il aborde hardiment les labeurs; il accueille volontiers les difficultés ; il rit des calomnies ; il est joyeux dans les tourments. Il ne songe à rien d'autre qu'à la manière de suivre Jésus Christ et de l'imiter par la prière, le travail, la patience. En ayant pour perpétuel et unique souci la gloire de Dieu et le salut des âmes.

Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent.

Que le Seigneur vous fasse croître et abonder dans l'amour mutuel.

Que le Seigneur affermisse vos cœurs dans une sainteté sans reproche devant lui.

Que Dieu notre Père vous garde vigilants pour l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ avec tous les saints.

Saint Antoine-Marie Claret 1869  


La Prière d’Antoine-Marie Claret « Ô mon Dieu, faites que je Vous connaisse et Vous fasse connaître » :  

« Ô mon Dieu, faites que je Vous connaisse et Vous fasse connaître ; que je Vous aime et Vous fasse aimer ; que je Vous serve et porte les autres à Vous servir ; que je Vous loue et Vous fasse louer par toutes les créatures. Donnez-moi, ô mon Père, de voir tous les pécheurs se convertir, tous les justes persévérer dans la Grâce, et arriver enfin au Bonheur éternel ». 

Ainsi soit-il. 

  


lundi 22 octobre 2018

L'aube et l'espérance chrétienne


L’aube et l’espérance chrétienne

« Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. » (Lc 24, 1-2)

« Le jour de la passion, il n’y avait pas eu le temps de terminer les rites funèbres; c’est pourquoi, en cette aube pleine de tristesse, les femmes se rendent à la tombe de Jésus avec les onguents parfumés » (Pape François, Audience générale, 17 mai 2017).

« La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » (Rm 13, 12)

La veille de sa Passion, Jésus dit : « Votre peine se changera en joie. » (Jn 16, 20)


La résurrection de Jésus a eu lieu en pleine nuit, alors qu’il faisait noir. C’est pour cela que liturgiquement, on célèbre la Résurrection de Jésus à la tombée du jour, quand la noirceur et les ténèbres couvrent la terre. Jésus est ressuscité de nuit. Quand les femmes se sont rendues au tombeau, au lever du jour, à l’aube, Jésus était déjà ressuscité. Cela est très intéressant. Je pense que Dieu veut nous dire par là que la Résurrection est déjà dans nos nuits, dans nos épreuves et dans nos morts. Pour Jésus gloire et passion se vivent en même temps. Quand le moment de sa passion a été définitivement scellé, c’est-à-dire quand Judas fut sorti du cénacle le soir du Jeudi Saint, pour aller chercher les gardes qui feraient Jésus prisonnier, Jésus a dit ces paroles : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié » (Jn 13, 31) Donc, Jésus voyait déjà la gloire de la Résurrection dans la trahison de Judas qui est devenue effective lorsque Judas a quitté le Cénacle. La résurrection a lieu dans nos nuits, mais en s’en rend compte, on en fait l’expérience seulement à l’aube, quand la lumière commence à poindre

Mon dernier blogue portait sur la session Vie Nouvelle que nous étions sur le point de vivre. Cette session est maintenant chose du passé mais les fruits sont bien présents dans nos vies. Toutes les personnes qui ont participé à cette session de l’École d’Évangélisation Saint-André (ÉÉSA), ont fait l’expérience du matin de Pâques, sont passées de la tristesse à la joie. Oui, une vie nouvelle coule dans leurs veines.

Je suis en train de lire le livre de Jean-Claude Guillebaud, intitulé : La foi qui reste. Cet auteur, ancien correspondant de guerre, a des pages merveilleuses sur l’aube. C’est cet auteur qui est à l’origine du présent blogue. Dans son livre, il ne fait pas de lien entre l’aube matinale et la Résurrection de Jésus; mais c’est lui qui m’a conduit à voir l’importance de l’aube pour tout chrétien. Voici quelques extraits de son livre :

« En Charente, la porte-fenêtre de mon bureau est tournée vers l’est. Plein est, disait mon père. Chaque matin, à l’aube, j’ai sous les yeux un grand hêtre et le coin d’une grange. C’est là que je guette l’arrivée du jour. Dès qu’apparaît derrière les branches la blancheur timide de l’aube, puis le rose poudreux de l’aurore, je m’arrête d’écrire ou de lire. Je suis suspendu à ce doux recommencement. J’essaie d’en goûter chaque minute en regrettant qu’elle soit si brève. Je ne me suis jamais « habitué » à cette puissance renouvelée qui blanchira bientôt le ciel. …

Aujourd’hui, en tout cas, je comprends mieux pourquoi cet amour du matin est au cœur de ma foi, qu’il nourrit et fortifie. L’aurore n’est pas seulement l’annonce du jour. Elle est une écoute, une demande honorée, une espérance reconduite. Dans la vie monacale, les prières du matin – vigiles et laudes – sont décrites par saint Bernard comme le moment où « l’esprit est lucide, où règne un silence plus parfait que tous ceux qui suivront ».  … L’aube « commence » effectivement la journée, mais elle est d’abord une halte, une pause, une respiration, un abandon.

J’ai toujours du mal à prier. Je suis embarrassé, maladroit, débutant. En revanche, un simple intervalle de silence qui voit la palette rose de l’aurore monter derrière la grange me suffit pour accéder à une véritable prière. La gaieté qui m’habite alors est ressentie avant d’être pensée. Elle est plus charnelle que cérébrale. La vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher sont plus sollicités que l’esprit. Bernanos, encore lui, n’oublie jamais d’évoquer cette incarnation réciproque de l’aube et de l’espérance : « Qui n’a pas vu la route, à l’aube, entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. » …

Ce qui vaut pour l’aube, vaut aussi pour la foi. Elle n’est pas une idée, mais une rencontre. Elle n’est pas une réflexion mais une sensation. Avant d’être l’objet d’un raisonnement, elle se vit, s’éprouve et se partage. » (Jean-Claude Guillebaud, La foi qui reste, pp. 205, 209-210)

Le pape Jean-Paul II, dans un message adressé aux jeunes en prévision des Journées mondiales de la jeunesse qui devaient avoir lieu à Toronto en 2002, a écrit ceci :

« Quand la lumière diminue ou disparaît totalement, on ne parvient plus à distinguer la réalité autour de soi. Au plus fort de la nuit, on peut se sentir apeuré et insécurisé, et l’on attend alors avec impatience l’arrivée de la lumière de l’aurore. Chers jeunes, il vous appartient d’être les sentinelles du matin (cf. Is 21, 11-12) qui annoncent l’arrivée du soleil qui est le Christ ressuscité. » (Jean-Paul II, Message en vue des JMJ de Toronto, le 25 juillet 2001)

Psaume 129 :
J'espère le Seigneur de toute mon âme ; je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.
Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore, attends le Seigneur, Israël.
Oui, près du Seigneur, est l'amour; près de lui, abonde le rachat.  
C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes. (Psaume 129, 5-8)


Questions pour un partage :

Quelle est la phrase, l’expression, l’idée qui t’a le plus touché(e) dans ce texte ?

Crois-tu , ou veux-tu croire que dans tes croix, réside déjà la lumière de la Résurrection ?
As-tu déjà expérimenté cela durant ta vie ?