mercredi 14 avril 2021

Joyce Echaquan, vue par Anne-Marie Forest

 Joyce Echaquan, vue par Anne-Marie Forest

Décès de Joyce Echaquan

Joyce Echaquan au bord d'un lac en 1999.

Le Joyce Echaquan, une femme Atikamekw de 37 ans, est décédée à l'hôpital de Saint-Charles-Borromée, au Québec, Canada1. Avant sa mort, elle a enregistré un Facebook Live qui montrait des agents de santé la maltraitant2.

La mort d'Echaquan est considérée comme le reflet du racisme anti-autochtone au Québec et au Canada.

Les faits[modifier | modifier le code]

Joyce Echaquan, une mère de sept enfants de Manawan (193 km de Joliette), a été admise le 26 septembre pour des maux d'estomac. Elle avait souffert de problèmes cardiaques dans le passé et avait un stimulateur cardiaque.

Le lundi 28 septembre, elle reçoit de la morphine malgré son insistance à ne pas se faire administrer le médicament. Elle diffuse en direct une vidéo de sept minutes sur Facebook sous le nom de « JoyceCarol Dube ». Dans l'enregistrement, elle appelle à l'aide alors que deux travailleurs non identifiés l'insultent. Une femme qualifie Joyce Echaquan de « stupide comme l'enfer » et dit qu'elle n'est « bonne que pour le sexe » tandis qu'une autre critique ses « mauvais choix ». Joyce Echaquan est attachée à son lit2.

Le 2 octobre, sa famille annonce qu'elle amorcera des procédures judiciaires3.

(1)



Anne-Marie Forest, qui est l'auteure du dessin ci-dessus, connaît bien les Atikamekws car elle a fait plusieurs séjours dans le village de Manawan. Par ce dessin, elle a voulu rendre hommage à Joyce. Je regrette que l'image ci-dessus ne soit pas plus claire. On peut quand même lire assez bien les mots "Pour   Joyce " mis au bas du dessin. Pour mieux voir le dessin, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :  

J'aime ce dessin parce qu'il nous laisse très bien entrevoir la paix dans laquelle se trouve en ce moment Joyce, là où, en Dieu, "justice et paix s'embrassent " (Psaume 84, verset 11). 

Anne-Marie est présentement agente de pastorale pour l'évangélisation par les arts, à Joliette, dans la région de Lanaudière. 




lundi 12 avril 2021

La confiance, c'est tout

 La confiance, c'est tout 

Jésus, j'ai confiance en toi

Nous sommes au lendemain de la fête de la Miséricorde Divine. L'origine de cette fête est le tableau ci-dessus que Jésus lui-même a fait voir à sainte Soeur Faustine et qu'il lui a demandé de reproduire pour que le monde entier puisse contempler son Amour Miséricordieux. 

Et c'est aussi Jésus qui a voulu que les mots "Jésus, j'ai confiance en toi", figurent au bas du tableau. 

Je ne suis pas surpris que Jésus ait demandé cela. Car je suis de plus en plus convaincu que "la confiance, c'est tout". La confiance, c'est tout ce dont nous avons besoin dans notre rapport avec Dieu. La confiance en Dieu, c'est l'essentiel de la vie chrétienne. 

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, docteur de l'Église, à compris cela, elle qui a dit un jour: "C'est la confiance, et rien que la confiance qui doit nous conduire à l'amour." Le but, c'est l'amour, mais le moyen d'arriver à l'amour, c'est d'avoir une confiance inébranlable en Dieu, 

C'est le sens des paroles que le Ressuscité adresse sans cesse aux apôtres: "La paix soit avec vous." Cette phrase de Jésus n'exprime pas un souhait, mais un fait, un don. Quand Jésus dit cela, il ne souhaite pas que ses apôtres et ses disciples soient dans la paix; il leur donne sa paix. 

C'est le sens des paroles de l'ange à Marie, quand il l'a invitée à la confiance: "Rèjouis-toi Marie, le Seigneur est avec toi. "

C'est le sens des paroles du prêtre à la messe: "Le Seigneur soit avec vous." Il ne s'agit pas une fois de plus ici, d'un souhait, mais d'un fait. Le prêtre désire que tous les fidèles prennent conscience que le Seigneur "est avec eux", comme il était avec Marie le jour de l'Annonciation. Le Seigneur est toujours avec nous pour nous aider à comprendre ce qu'il nous dit et pour nous aider à accomplir sa volonté.   

Je suis en tain de lire le roman de Georges Bernanos, intitulé: Le journal d'un curé de campagne. Selon l'abbé de Torcy, un des personnages du roman,  nous devrions tous avoir la confiance des enfants :

"D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire. Hé bien, mon garçon, si l’on nous avait laissés faire, nous autres, l’Église eût donné aux hommes cette espèce de sécurité souveraine. Retiens que chacun n’en aurait pas moins eu sa part d’embêtements. La faim, la soif, la pauvreté, la jalousie, nous ne serons jamais assez forts pour mettre le diable dans notre poche, tu penses! Mais l’homme se serait su le fils de Dieu, voilà le miracle! Il aurait vécu, il serait mort avec cette idée dans la caboche – et non pas une idée apprise seulement dans les livres, - non. Parce qu’elle eût inspiré, grâce à nous, les mœurs, les coutumes, les distractions, les plaisirs et jusqu’aux plus humbles nécessités. Ça n’aurait pas empêché l’ouvrier de gratter la terre, le savant de piocher sa table de logarithmes ou même l’ingénieur de construire ses joujoux pour grandes personnes. Seulement nous aurions aboli, nous aurions arraché du cœur d’Adam le sentiment de sa solitude. Avec leur ribambelle de dieux, les païens n’étaient pas si bêtes: ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l’illusion d’une grossière entente avec l’invisible. Mais le truc maintenant ne vaudrait plus un clou. Hors l’Église, un peuple sera toujours un peuple de bâtards, un peuple d’enfants trouvés." (1)


(1) Georges Bernanos, Journal d'un curé de camagne, Librairie Plon, 1974, pp. 51-52.




dimanche 11 avril 2021

Dimanche de la Miséricorde Divine

 Dimanche de la Miséricorde Divine

Jésus, j'ai confiance en toi

ÉVANGILE  (Jn 20, 19-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Chers frères et soeurs dans la foi, 

Nous vivons aujourd'hui une journée merveilleuse. Comme nous sommes chanceux d'être chrétiens car notre vie n'est pas ordinaire. Nous sommes invités par Dieu et par l'Église, de nous réjouir très souvent. Aujourd'hui, en ce 11 avril 2021, nous sommes invités à nous réjouir pour la Miséricorde Divine. La Miséricorde est le plus grand attribut en Dieu, la plus grande qualité en Dieu. Le mot Miséricorde veut dire encore plus que la mot Amour. Car le mot Amour est plus général; mais le mot Miséricorde est plus spécifique. Quand nous aimons une personne, nous l'aimons d'abord et avant tout pour ses qualités, pour sa beauté intérieure et parfois aussi pour sa beauté extérieure. Quand un jeune homme veut épouser une jeune fille, c'est parce qu'il l'aime et qu'il l'aime beaucoup. Mais ce qu'il aime, c'est ce qu'il trouve beau en elle. Mais la Miséricorde Divine consiste à aimer quelqu'un pour sa laideur, pour ce qui est laid en lui ou en elle. Cela, c'est DIVIN. 

La Bible nous dit que la preuve que Dieu nous aime, c'est qu'il a donné sa vie pour nous alors que nous étions pécheurs, alors que nous étions ses ennemis, alors que nous l'avons tué. Dieu aime ceux qui le mettent à mort, ceux qui se moquent de lui, ceux qui le ridiculisent. 

Ce qui fâchait les gens bien pensants au temps de Jésus, les personnes considérées comme étant les plus saintes, c'était que Jésus faisait un bon accueil aux pécheurs. Le passage des évangiles le plus touchant et le plus interpellant à cet égard, est certainement l'appel de Lévi appelé maintenant Matthieu. Jésus a osé faire d'un traître (il travaillait pour les Romains en collectant les impôts pour le peuple envahisseur), d'une personne malhonnête, un de ses plus proches collaborateurs. Jésus a aussi appeler Judas Iscariote à être un apôtre, Jésus n'a pas appelé Judas à le trahir; il l'a appelé à être apôtre. 

Quand Lévi ou Matthieu a ressenti tout l'amour que Jésus avait pour lui, il a organisé une grande fête dans sa maison, un grand "party", au grand scandale des pharisiens et des scribes de l'époque, les personnes réputées comme étant les plus religieuses de son temps. Voyant que des gens se scandalisaient de tant d'amour de sa part, Jésus a dit: " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie: "Je veux la miséricorde, non le sacrifice. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs." (Mt 9, 12-13)

Les initiales, si on peut dire, des mots Miséricorde Divine sont MD. Ces initiales de nos jours, désignent quoi ? Précisément: les lettres MD désignent les médecins. C'est très intéressant. MD désigne pour nous les chrétiens, le Divin Médecin. 

Voilà notre Dieu, voilà qui est notre Dieu. D'ailleurs le mot Miséricorde dans la Bible, est un mot réservé à Dieu. Mais depuis que Jésus est venu, il nous demande à nous les chrétiens et les chrétiennes, d'être Miséricordieux comme son Père est Miséricordieux (Lc 6, 36). 

Donc, nous sommes invités à nous réjouir aujourd'hui chers frères et soeurs, pour la Miséricorde de Dieu. Nous sommes chanceux parce que ce sont seulement les personnes de notre époque qui sont invitées à faire cela d'une façon spéciale. Car la fête de la Miséricorde Divine est une fête récente. Elle ne date que du Grand Jubilé de la Rédemption: le Jubilé de l'an 2000. C'est en avril 2000 que le pape Jean-Paul II a institué la fête de la Miséricorde Divine, alors qu'il canonisait la première sainte du Jubilé: Soeur Faustine. C'est Jésus lui-même qui a exprimé ce désir de son Coeur que soit célébrée la fête de la Miséricorde Divine le deuxième dimanche de Pâques. 

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi Jésus a-t-il voulu que la fête de la Miséricorde divine ait lieu le deuxième dimanche de Pâques. La réponse à cette question est assez claire pour moi: c'est à cause de l'évangile qui est proclamé aujourd'hui dans le monde entier. Durant toute la semaine, durant toute l'octave de Pâques, nous avons entendu des récits de la résurrection de Jésus. Aujourd'hui, en ce dernier jour de l'octave, nous entendons deux récits d'apparition de Jésus. La première partie de l'évangile d'aujourd'hui a lieu le soir de Pâques, le soir de la Résurrection. La deuxième partie de l'évangile nous rapporte l'apparition de Jésus huit jours plus tard, toujours un dimanche. Car le dimanche est le jour de la résurrection durant la semaine. 

À peine Jésus est-il ressuscité, qu'il exerce sa Miséricorde. Par trois fois, dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus dit à ses apôtres et à nous: " LA PAIX SOIT  AVEC VOUS." Ces paroles, ce ne sont pas un souhait, mais un don. Jésus ne leur souhaite pas la paix; il leur fait don de sa PAIX. Jésus exerce sa Miséricorde en montrant à ses apôtres que leurs péchés et leur désertion pendant sa Passion ne diminue en rien son amour pour eux. Au contraire, ce fut un moyen dont il se sert maintenant pour leur montrer son Amour et sa Miséricorde. Jésus leur dit par ses paroles le soir de la Résurrection: " Ne regardez pas tant vos péchés; fixez vos yeux sur ma Miséricorde et goûtez à ma Miséricorde." 

Jésus a sûrement choisi le deuxième dimanche de Pâques pour fêter sa Miséricorde parce que c'est lors de ce deuxième dimanche, que nous entendons le récit de l'institution du sacrement de la réconciliation, le sacrement de sa Miséricorde. Quel sacrement EXTRAORDINAIRE ! Jésus est mort pour nos péchés le vendredi et le dimanche soir, il donne à ses apôtres le pouvoir de pardonner les péchés en son nom et au nom du Père et de l'Esprit Saint. 

J'aimerais, cher paroissiens, que vous vous posiez cette question: "Pourquoi ai-je déserté ce sacrement si extraordinaire ?" Oui, nombreux, très nombreux sont ceux et celles qui ont DÉSERTÉ ce sacrement, et qui préfère leur DÉSERT à la vie en abondance que Jésus veut nous donner par sa Résurrection et son Pardon. 

JOYEUSE FÊTE DE LA MISÉRICORDE DIVINE À TOUS !


samedi 10 avril 2021

Des juges bon public

  Des juges bon public



                                      Elastic

Le clown Elastic, de son vrai nom Stéphane Delvaux, est un humoristeclown et mime contemporain. Originaire de Liège en Belgique, Elastic est né en 1971.

Chers lecteurs et lectrices de mon blogue, hier soir, tard en soirée, j'ai envoyé la vidéo ci-dessous à mon frère Luc qui est prêtre lui aussi. Ce matin, je lisais sa réaction. Il m'a écrit ces quelques mots:  

Tu m'as fait rire avant le dodo... Trop drôle ! La juge en rose était tordue... tordante... Ça fait du bien à ma Covid !

J'ai donc décidé de mettre la vidéo sur mon blogue. Je pense que nous avons tous un urgent besoin de rire en ces temps difficiles. Comme le chante Jean Ferrat: "Faut-il pleurer, faut-il en rire, je n'ai pas le coeur à le dire, on ne voit pas le temps passer." (1)

À chaque fois que je regarde la vidéo qui fait l'objet de ce blogue, je ris aux larmes. Car l'avantage de cette vidéo, c'est qu'elle nous montre non seulement le comédien qui est hilarant, mais aussi les spectateurs (en l'occurrence les juges) qui se tordent de rire. Cela ajoute drôlement à la drôlerie. Il fait bon de voir des juges aussi bon public. 

Le comédien est Belge.   


 (1)

video Jean Ferrat on ne voit pas le temps passer. ANDRE. Suivre. il y a 7 ans|660 views. Signaler. Vidéos à ...

vendredi 9 avril 2021

Le pape François et la consolation

 Le pape François et la consolation


La Congrégation religieuse  à laquelle j'appartiens a pour nom: "Les Oblats de la Vierge Marie". La Congrégation a été fondée en 1826 par le Père Bruno Lantéri (déclaré : "Vénérable"). Le Père Lantéri est décédé en 1830. Il a donc fondé la Congrégation au terme de sa vie, quatre ans avant de quitter ce monde. Bruno Lantéri a été formé dans sa jeunesse par un Père Jésuite nommé Joseph de Diessbach (son nom de baptême est: Niklaus-Albrecht von Diessbach). On peut dire que ce Père Jésuite a été le mentor de Bruno Lantéri qui a pratiquement tout appris de lui dans le domaine de l'apostolat. Le Père de Diessbach était un expert dans l'art de guider les Exercices spirituels de Saint Ignace (Ignace de Loyolale fondateur des Jésuites) et grâce à lui, Bruno Lantéri est devenu à son tour expert dans l'art de donner cette forme de retraite ou de ressourcement. Durant toute sa vie, Bruno Lantéri a donné, guidé, enseigné les Exercices spirituels de Saint Ignace

Le pape François est un Père Jésuite. Dans le texte ci-dessous, il s'adresse à ses confrères Jésuites, tout comme lui, et il emploie le mot "consolation" dans le sens où saint Ignace de Loyola l'emploie dans les exercices spirituels. Le mot "consolation" est ici un mot technique propre aux exercices spirituels de saint Ignace. Ignace est conscient que le retraitant qui vit les exercices spirituels, sera continuellement agité ou influencé par deux esprits: l'esprit du bien : l'Esprit Saint et l'esprit du mal: le démon. Le retraitant devra apprendre à discerner lequel des deux esprits veut l'influencer ou l'agite. C'est pour cette raison que nous disons quel les Jésuites sont des spécialistes du discernement. 

Ignace de Loyola établit une règle assez générale: généralement, l'esprit qui nous invite ou nous pousse à être confiants, joyeux et en paix, c'est le bon esprit, c'est-à-dire l'Esprit Saint. Au contraire, l'esprit qui tente de nous décourager, de nous faire quitter immédiatement des décisions prises et de nous envelopper de tristesse ou de dégoût, est généralement le mauvais esprit, le diable. Je dis généralement, mais non pas dans tous les cas.  

C'est en ayant à l'esprit ces quelques informations qu'il faut lire le texte du pape mis ci-dessous. Je partage cet enseignement du pape François surtout pour ce qu'il nous dit de la JOIE, qui ne doit pas être quelque chose de facultatif ou de négligeable dans notre vie de chrétiens.  

DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
À LA 36e CONGRÉGATION  GÉNÉRALE DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS

Curie Générale de la Compagnie de Jésus
Lundi, 24 octobre 2016

1. Demander avec insistance la consolation

Il est toujours possible de faire un pas supplémentaire dans notre demande insistante de consolation. Dans les deux exhortations apostoliques [Evangelii gaudium et Amoris laetitia] et dans l’encyclique Laudato si’, j’ai voulu insister sur la joie. Dans les Exercices, Ignace fait contempler à ses amis « la tâche de consoler » comme un aspect spécifique du Christ Ressuscité (es 224). C’est la tâche de la Compagnie de consoler le peuple fidèle et d’aider par le discernement afin que l’ennemi de la nature humaine ne nous enlève pas notre joie : joie d’évangéliser, joie de la famille, joie de l’Église, joie de la création… Qu’il ne nous la vole ni par le découragement devant la grandeur des maux du monde et les malentendus entre ceux qui se proposent de faire le bien, ni en la remplaçant par les joies futiles qui sont toujours à portée de main, dans n’importe quel magasin.

Ce « service de la joie et de la consolation spirituelle » est enraciné dans la prière. Il consiste à nous encourager et à encourager tout le monde à « demander avec insistance la consolation à Dieu ». Ignace le formule de manière négative dans la 6ème règle de la première semaine, quand il affirme qu’« il ne faut jamais rien changer dans ses résolutions pendant le temps de la désolation » en insistant sur la prière (ex 319). Cela fait du bien parce que, dans la désolation, nous nous rendons compte de combien nous valons peu sans cette grâce et cette consolation (cf. ex 324). Pratiquer et enseigner cette prière de demander et de supplier la consolation est le service principal de la joie. Si quelqu’un ne s’en considère pas digne (ce qui est très fréquent dans la pratique), qu’au moins il insiste en demandant cette consolation par amour pour le message, du moment que la joie est constitutive du message évangélique, et qu’il la demande par amour pour les autres, pour sa famille et pour le monde. Une bonne nouvelle ne peut être annoncée avec un visage triste. La joie n’est pas un « plus » décoratif, elle est le signe clair de la grâce : elle indique que l’amour est actif, agissant, présent. C’est pourquoi il ne faut pas confondre le fait de la rechercher avec la recherche d’un « effet spécial », que notre époque sait produire par les exigences de la consommation, mais on doit la chercher dans son signe existentiel qui est la « permanence » : Ignace ouvre les yeux et s’éveille au discernement des esprits en découvrant la différence de valeur entre les joies durables et les joies passagères (Autobiographie 8). Le temps sera l’élément qui lui offre la clé pour reconnaître l’action de l’Esprit.

Dans les Exercices, le « progrès » dans la vie spirituelle se donne dans la consolation : c’est le fait d’avancer toujours mieux (cf. ex 315) et aussi « toute augmentation sensible de l’espérance, de la foi et de la charité, et tout sentiment de joie intérieure » (ex 316). Ce service de la joie fut ce qui a conduit les premiers compagnons à décider de ne pas dissoudre, mais de constituer la compagnie, qu’ils s’offraient et partageaient spontanément, et dont la caractéristique était la joie que leur donnait la prière ensemble, le fait de sortir en mission ensemble et de se réunir au retour, à l’imitation de la vie que menaient le Seigneur et ses apôtres. Cette joie de l’annonce explicite de l’Évangile — au moyen de la prédication de la foi et la pratique de la justice et de la miséricorde — est ce qui pousse la Compagnie à sortir vers toutes les périphéries. Le jésuite est un serviteur de la joie de l’Évangile, qu’il travaille « artisanalement » en conversant et en donnant les exercices spirituels à une seule personne, l’aidant à rencontrer ce « lieu intérieur d’où lui vient la force de l’Esprit qui le guide, le libère et le renouvelle » (10), ou qu’il travaille de manière structurée en organisant des œuvres de formation, de miséricorde, de réflexion, qui sont le prolongement institutionnel de ce point d’inflexion où se donne le dépassement de la volonté personnelle et où l’Esprit entre en action. Michel De Certeau affirmait à raison : les Exercices sont « la méthode apostolique par excellence » puisqu’ils rendent possible « le retour au cœur, au principe d’une docilité à l’Esprit qui réveille et pousse celui qui effectue les exercices à une fidélité personnelle à Dieu » (11). (1)

(1) http://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/october/documents/papa-francesco_20161024_visita-compagnia-gesu.html

jeudi 8 avril 2021

Être serviteur d'après le pape François

 Être serviteur d'après le pape François 


Je viens de lire une belle description de ce qu'est, selon le pape François, un "serviteur de l'Évangile ": 

"La vie d’un serviteur de l’Évangile se déroule autour du désir d’être agréable au Seigneur en tout: voilà le critère de tout choix, de tout pas à accomplir.

En faisant nôtres les paroles de l’Apôtre, nous aussi, « Que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur » (2 Cor 5, 9)." (1)


(1)


mardi 6 avril 2021

Le chant Regina Caeli en français

 Le chant Regina Caeli en français

Durant le temps pascal, l’antienne la plus connue et le plus chantée en l’honneur de la Vierge Marie, a pour titre le « Regina Coeli », dont voici les paroles:  

Regina Caeli, laetare, alleluia:
quia quem meruisti portare, alleluia.
Resurrexit, sicut dixit, alleluia.
Ora pro nobis Deum, alleluia.

La traduction la plus littérale, serait celle-ci:

Reine du ciel, réjouissez-vous, alleluia,
car Celui que vous avez mérité de porter, alléluia,
est ressuscité comme Il l'a dit, alléluia
Priez Dieu
 pour nous, alléluia.

J’ai pour ma part traduit le chant de telle sorte qu’on puisse le chanter en français en conservant la mélodie du chant grégorien. Voici ce que cela donne:  

Réjouissez-vous, Reine du Ciel, alleluia,
Jésus, que vous méritiez de porter, alleluia,
Ressuscita, comme Il l’a dit, alleluia,
Priez le Seigneur pour nous, alleluia. 



REGINA CAELI LAETARE, Antifona gregoriana, Schola ...

https://www.youtube.com/watch?v=yzMa0qzwagA
22 janv. 2009 - Ajouté par vianinigiovanni
Spartito gregoriano e immagini dell'Antifona mariana nel Tempo pasquale, REGINA CAELI LAETARE ...