Jésus tenté par le diable
La Lettre aux Hébreux dans la Bible, nous dit ceci : "La foi est un moyen de connaître des réalités qu'on ne voit pas" (He 11, 1). Nous devrions remercier Dieu tous les jours pour le don de la foi qu'il nous a si gracieusement donnée.
Le premier dimanche du Carême que nous avons vécu hier, nous met face au combat que chaque être humain est appelé à vivre sur cette terre. Si quelqu'un ne sait pas que sa vie est un combat, il ne sait presque rien de ce qu'est la vie sur cette terre. Tous les jours du Carême notre mère l'Église nous invite à commencer notre journée par cette invitation : "Les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu" (Invitatoire de la Prière du temps présent au premier office de la journée).
Si quelqu'un ne connaît pas qui est son adversaire numéro un, il est condamné à une douloureuse défaite. Un général qui va en guerre sans connaître la puissance extraordinaire de son adversaire, se dirige irrémédiablement vers un cuisant échec. Or Dieu nous dit, du premier livre de la Bible (La Genèse), jusqu'au dernier livre de la Parole de Dieu (L'Apocalypse), que l'adversaire numéro un de l'être humain est le diable, terme qui vient du mot grec "diabolos" et qui signifie "celui qui divise". Nous sommes habitués à voir le diable représenté avec des cornes et une fourche. Ces images sont désormais imprégnées dans notre imaginaire collectif. Mais il est clair dans la Parole de Dieu que lorsque le diable nous tente, il est loin de se présenter à nous sous une forme répugnante. Au contraire, s'il exerce sur nous un aussi grand pouvoir de séduction, c'est parce qu'il se présente comme celui qui nous veut le plus grand bien. Il est important d'associer les mots "diable" et "Satan" à leur sens étymologique. Nous avons vu que le mot "diabolos" signifie celui qui divise. Satan, étymologiquement veut dire : l'adversaire, l'ennemi.
Jésus dans les évangiles, lorsqu'il parle du diable, emploie en particulier les mots suivants : "Satan, le prince de ce monde et le père du mensonge".
Jésus nous dit que le diable est menteur dès l'origine et qu'il est le père du mensonge. Aux pharisiens qui complotaient sa mort, Jésus a dit :
"Vous, vous êtes du diable, c’est lui votre père, et vous cherchez à réaliser les convoitises de votre père. Depuis le commencement, il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge." (Évangile selon saint Jean, chapitre 8, verset 44)
La première lecture de la messe du premier dimanche du Carême nous a présenté le récit du premier péché tel qu'on le retrouve dans les toutes premières pages de la Bible, dans le livre de la Genèse, au chapitre 3. Ce récit est un de mes textes préférés de la Bible. Je vous invite à aller relire ce texte dans votre Bible. La Bible et notre Mère l'Église nous disent que Dieu a créé l'homme et la femme dans un état de justice originelle. Ils étaient en parfaite harmonie avec Dieu et avec la nature. Le mal ne pouvait donc pas venir d'eux. Il a absolument fallu que le mal vienne de l'extérieur. Et c'est ce qui est arrivé. C'est le tentateur, le diable qui, par ses mensonges, a tendu un piège à l'homme et la femme des origines. Dans le texte de Genèse 3, le tentateur a fait deux très gros mensonges et le premier couple est tombé dans le piège. L'hommme et la femme ont préféré écouter cette voix trompeuse plutôt que la vérité qui sortait de la bouche de Dieu et ils se sont ainsi coupés de l'amitié de Dieu. Mais aussitôt, Dieu a promis un Rédempteur (Livre de la Genèse, chapitre 3, verset 15) .
Dans la deuxième lecture de la messe, saint Paul nous a dit que depuis le premier péché, tout être humain entre dans un monde pécheur et sous l'emprise du premier péché : L'ét
" Frères,nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,et que par le péché est venue la mort ;et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,étant donné que tous ont péché." (Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 4, verset 12)
L'état d'Adam et Ève après le péché est l'état dans lequel tout être humain naît. Nous héritons de génération en génération d'une nature pécheresse. La phrase de saint Paul peut sembler surprenante mais c'est un fait que tous les êtres humains depuis Adam et Ève, ont péché. Pourquoi ? Parce que nous avons hérité d'une nature pécheresse. Le baptême enlève le péché originel (le péché des origines) mais nous serons désormais faibles jusqu'à notre mort et souvent plus portés à faire le mal que le bien. Imaginez ceci : le diable a réussi à faire tomber un couple qui était créé dans la justice originelle et qui n'avait en lui aucune connivence avec le mal. Imaginons maintenant ce qu'il peut faire avec nous qui naissons contaminés par le péché. Seuls, nous serions vraiment à la merci du diable. Mais si nous vivons unis et collés à Jésus, le roi de l'univers, le démon n'a aucune chance de nous faire tomber et de nous vaincre. "Au diable le père du mensonge."
Jésus a aussi dit du diable qu'il est le "prince de ce monde" (Évangile selon saint Jean, chapitre 14, verset 30) . C'est un titre très fort. Si je n'étais pas croyant, je devrais trembler en entendant ce titre que Jésus donne au diable. Jésus est le Roi du monde et même le Roi de l'univers, mais le Diable est le prince de ce monde, celui qui, à première vue, semble le plus régner sur notre monde et attirer les gens dans ses filets. Dans l'évangile que nous avons entendu hier, ce titre prend tout son sens. On voit que le démon est très conscient du pouvoir qu'il exerce sur l'humanité. Nous avons entendu hier les tentations que Jésus a vécues au désert immédiatement après son baptême. À peine baptisé, l'Esprit conduit Jésus au désert pour qu'il soit tenté par le diable et ainsi nous donner l'exemple de celui qui sait lutter pour être fidèle à Dieu.
L'évangile commençait ainsi : "En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le diable" (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 4, verset 1). Plus clair que ça, tu meurs (comme on dit chez nous). La Bible nous rapporte trois tentations de Jésus dans le désert. Voici la troisième :
"Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
Il lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai,
si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan !
car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte. » (Mt 4, 8-10)
Voilà ce que je veux dire lorsque je dis que le diable est conscient de son pouvoir. Mais il n'a pas réussi à faire tomber Jésus. Et il ne réussira pas à nous faire tomber si nous restons unis et attachés à Jésus.
En terminant, je veux citer deux autres textes bibliques qui nous parlent du diable.
1- Le Notre Père : la prière que Jésus nous a enseignée se termine par les demandes suivantes : "Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal" (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 13). Il est bon de noter que le mot Mal ici commence par une lettre majuscule. Le Catéchisme de l'Église catholique, aux numéros 2850 et 2851, nous dit comment interpréter la dernière demande du Notre Père :
VII. Mais délivre-nous du Mal
2850 La dernière demande à notre Père est aussi portée dans la prière de Jésus : " Je ne te prie pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais " (Jn 17, 15)...
2851 Dans cette demande, le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le " diable " (dia-bolos) est celui qui " se jette en travers " du Dessein de Dieu et de son " œuvre de salut " accomplie dans le Christ. (1)
2- Un texte de saint Paul :
"Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. (Lettre de saint Paul aux Éphésiens, chapitre 6, versets 11 et 12)
Pour connaître en quoi consiste cet équipement de combat donné par Dieu, allez lire le chapitre 6 de la Lettre aux Éphésiens, aux versets 14 à 17.
Grâce reçue hier :
À la messe dominicale d'hier un bébé a été baptisé. Comme je l'ai dit et expliqué dans un de mes plus récents blogues, nous célébrons désormais des baptêmes uniquement lors de nos messes dominicales (2). Nous ne célébrons plus de baptême les dimanches après-midi uniquement pour la famille et les amis de l'enfant qui est baptisé. Pour connaître les raisons de cette nouvelle pratique allez consulter le blogue mentionné à la note 2.
J'ai fait une confession publique hier durant l'homélie. J'ai dit aux personnes présentes qu'en matinée, à la maison, j'ai demandé pardon à Dieu d'avoir eu honte publiquement de la foi chrétienne qu'il m'a si gracieusement donnée. Je ne l'ai pas dit dans ces mots-là mais c'était le sens de mes propos.
J'ai demandé aux gens s'ils connaissaient l'expression "respect humain". Peu de gens ont répondu par l'affirmative. Quand j'étais jeune, on parlait du respect humain. J'ai écrit deux blogues sur ce thème (3). Le respect humain est, entre autres choses, la honte que nous éprouvons à dire la vérité.
Plusieurs personnes ont honte de dire qu'elles croient en Dieu. Nombreux aussi sont ceux et celles qui ont honte de dire qu'ils croient au diable. Je crois en Dieu, mais je crois au diable. Il est bon parfois de distinguer "croire en" et "croire à". Je crois en Dieu veut dire que je lui fais confiance. Je crois au diable veut dire que je crois en son existence mais que j'espère ne jamais lui faire confiance.
J'ai dit devant tout le monde hier qu'il m'arrive encore, après plus de 42 ans comme prêtre, d'avoir honte de ma foi à un moment précis de la célébration du baptême. Juste avant le baptême comme tel, il y a la triple renonciation au mal et la triple profession de foi. Voici comment s'exprime la triple renonciation au mal : le prêtre demande aux parents de l'enfant ainsi qu'au parrain et à la marraine :
Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ?
Je le rejette.
Pour échapper à l’emprise du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?
Je le rejette
Pour suivre Jésus le Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du
péché ?
Je le rejette
J'ai avoué aux gens que je baissais le volume lorsque je posais la troisième question à cause du mot "Satan". Je craignais qu'on me trouve un peu nigaud de croire au diable.
J'ai avoué que le fait d'éprouver un tel "respect humain" pour un prêtre qui a dans le corps 42 ans de sacerdoce, ce n'est vraiment pas fort ni édifiant.
Par contre, hier, le mot que j'ai prononcé le plus fort lors du triple renoncement au mal, est le mot "Satan". J'espère que Dieu m'a guéri en ce premier dimanche du Carême. Ce baptême du 22 février 2026 est donc très important pour moi.