dimanche 18 novembre 2018

33ème dimanche, temps ordinaire, année B

33ème dimanche, temps ordinaire, année B

Voici une des Paroles de Dieu que nous entendons aujourd’hui en Église :

« Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. » (Livre de Daniel, chapitre 12, verset 2)

Oh que j’aime cette Église, cette Mère Église qui nous invite à chaque année à réfléchir sur nos fins dernières et à combattre l’attitude de plus en plus courante qui consiste à déresponsabiliser l’être humain! Oui l’Église de Jésus Christ est vraiment la « LUMIÈRE DES NATIONS », selon le document le plus important du Concile Vatican II, le document sur l’Église : « LUMEN GENTIUM » (« LUMIÈRE DES NATIONS »).

La Parole de Dieu d’aujourd’hui nous répète une fois de plus que nous serons tous jugés un jour sur nos actes. Ceux et celles qui ne veulent pas croire en Dieu (la croyance en Dieu n’est pas tellement une question d’intelligence, mais plutôt une question de VOLONTÉ), ont beau « se foutre » de cette pensée et de cette vérité, il n’en demeure pas moins qu’ils seront jugés un jour sur leurs actes et sur l'influence que leurs actes auront eu sur toutes les personnes qu'ils auront rencontrées ou qui auront entendu parler d'eux, et ce, jusqu’à la fin du monde. QUELLE RESPONSABILITÉ, mes amis !!!  Oui la Parole de Dieu nous conscientise, nous responsabilise, contrairement à la pensée athée et matérialiste qui très souvent nous déresponsabilise et nous infantilise. Je ris parfois, et d’autres fois je me fâche, quand j’entends les pseudo-intellectuels agnostiques ou athées qui se plaisent à dire et à crier que la religion et en particulier l’Église catholique, ont contribué à infantiliser les gens. Or c’est tout le contraire. Quiconque croit profondément à l’Évangile et essaie de le vivre, sera toujours insatisfait de la qualité de sa vie et essaiera toujours de s’améliorer. Mais la personne qui ne croit pas en Dieu et qui n’a de référence qu’en elle-même, se croit souvent sans tache et immaculée. 

Combien de fois nous entendons dire de la part de personnes qui se sont éloignées volontairement de Dieu : « Moi, je ne fais rien de mal. » Et le pire, c’est que ces personnes se croient, croient ce qu’elles disent en affirmant une telle sottise. J’aimerais parfois prendre quelques minutes avec ces gens pour réveiller un peu leur conscience et leur faire voir qu’elles s’illusionnent au plus haut point. L'enfant, très souvent, ne se rend pas compte du mal qu'il fait, mais l'adulte devrait, lui, s'en rendre compte. Une personne qui prend sa vie chrétienne au sérieux, devrait normalement savoir s'analyser et détecter ses péchés. Les saints étaient tous conscientisés, responsabilisés. L'homme ou la femme sans Dieu perd souvent ses repaires moraux et se laisse facilement guider par ses instincts et ses passions. Dans un tel cas, la personne n'agit pas en adulte et on peut dire qu'elle est " infantilisée ". Alors, dites-moi où est l'infantilisme aujourd'hui et quelle en est la cause? Vous savez maintenant comment je répondrais à cette question. 

L’Église catholique nous enseigne que nous serons jugés deux fois : une fois au terme de notre vie terrestre et une fois à la fin du monde, quand ce monde tel qu’on le connaît sera détruit ou plutôt renouvelé. Le jugement au moment de notre mort, se nomme « le jugement particulier ». Le jugement à la fin du monde, se nomme « le jugement universel ». Pourquoi deux jugements ? Parce que mes actions et mes pensées influenceront des personnes jusqu’à la fin du monde. Ce que je fais, ce que je dis, n’influencent pas seulement mon épouse, mes enfants, mes collègues de travail. Mon témoignage de vie influencera les enfants de mes enfants et les enfants de mes petits-enfants, jusqu’à la fin des temps. Quiconque a entendu parler de l’effet papillon et croit à cette théorie, n’aura pas de difficulté à croire à ce que je viens de dire.  

Une attitude m’agace. Beaucoup de catholiques, et parmi les catholiques les plus fervents, affirment que tout le monde ira au ciel un jour. Cela aussi, selon moi, c’est contribuer à déresponsabiliser l’être humain. Je ne vois vraiment pas comment un catholique qui connaît la Bible, peut affirmer aussi péremptoirement une chose pareille. La phrase de la Bible mise au haut du présent blogue, affirme le contraire. Jésus, le Fils de Dieu, a affirmé de toute son autorité le contraire (en Mt 25, 31-46). Comment mettre en doute la Parole de Dieu.

Il est certain que nous sommes ici en face d’un mystère, d’un TRÈS GRAND MYSTÈRE. Mais devant le mystère, l’être humain ne doit pas essayer de faire correspondre la pensée de Dieu à sa propre pensée. Devant le mystère chrétien, l’homme doit s’agenouiller et accepter. Quand Dieu nous dit comment les choses se passeront, qui sommes-nous pour dire qu’il n’en sera pas ainsi ?

Une chose est certaine : Dieu est INFINIMENT MISÉRICORDIEUX et Il jugera le monde selon la richesse de sa MISÉRICORDE (Livre de Daniel, chapitre 3, verset 42).




samedi 17 novembre 2018

José Prado Flores


José Prado Flores
Résultats de recherche d'images pour « José Prado Flores »
José Prado Flores et son épouse Suzan. 
Ils se sont mariés à Cana, en Galilée, en 1981.

Parmi les personnes les plus compétentes pour parler de l’évangélisation et particulièrement de la « nouvelle évangélisation », telle que l’entend le pape Jean-Paul II, monsieur José Prado Flores occupe une place de choix, selon moi, et se distingue.

Monsieur Flores est un catholique mexicain spécialisé en Écriture Sainte (Bible). Il a publié plus de trente volumes sur l'évangélisation. Il est le fondateur de l’École d’Évangélisation Saint-André (ÉÉSA).

Je me suis plongé dernièrement dans son livre (qui n’est pas tellement un livre, mais un manuel d’évangélisation) intitulé Comment évangéliser les baptisés et j’ai trouvé, dès les premières pages de ce livre, la réponse très claire à une question pastorale qui m’habite depuis trois ans environ et qui fait beaucoup souffrir mon âme de pasteur. Il s’agit de la question suivante: « Doit-on donner les sacrements de la foi à des personnes qui n’ont pas la foi ? » (1) La question que je viens de poser semble facile à répondre. La réponse la plus évidente à cette question est: NON. Et pourtant, nous, moi y compris, continuons à donner les sacrements de la foi à des gens qui n’ont pas la foi chrétienne. 

En ce moment, avec l’aide d’une paroissienne nommée Christiane Gagnon, je donne une formation à six adultes qui désirent être confirmés. La plupart des adultes qui ici à Montréal, demandent le sacrement de la confirmation, le font dans le but de devenir parrains ou marraines. Or ces six adultes, lorsque nous avons abordé le thème de Jésus, m’ont dit clairement qu’ils ne croient pas que Jésus soit Dieu et ils m’ont dit qu’ils ne savaient presque rien sur Jésus. Il y a deux ans, j’ai suivi une formation donnée par le « Catéchuménat de Montréal » sur les sacrements donnés aux adultes. J’y suis allé alors que j’étais en crise et que j’avais l’intention de ne plus continuer à accepter des adultes qui viendraient demander à être confirmés pour être parrains ou marraines. Lors de cette formation, nous avions le choix d’aller dans un des deux ateliers suggérés. J’ai choisi d’aller dans l’atelier donné par une dame qui est experte, selon moi, dans l’évangélisation des adultes. Le témoignage de cette dame m’a convaincu que je devais continuer de donner une formation aux adultes qui désiraient être confirmés et que cette formation ne devait pas durer trop longtemps car les jeunes adultes d’aujourd’hui n’ont vraiment pas beaucoup de temps. De retour chez moi, j’ai pris les résolutions suivantes :

a) Je continuerai à donner une formation aux adultes qui demandent la confirmation.

b) Je ne donnerai plus la formation seul. Je vais donner cette formation à deux. Madame Christiane Gagnon a accepté de se joindre à moi pour former les adultes.

c) La formation durera 12 semaines consécutives à raison d'une rencontre de 90 minutes à chaque semaine.

Cette année, c’est la deuxième fois que je suis fidèle à ces résolutions. Comme je l’ai dit précédemment, le groupe de cette année comprend six adultes qui désirent être confirmés. Deux d’entre eux ont seulement été baptisés. Ils devront donc « faire leur première communion » à la fin du parcours, avant d’être confirmés. En ce 17 novembre 2018, nous sommes parvenus à la moitié de la formation. En début janvier, la formation de ces adultes en vue de la confirmation, sera terminée et ils recevront la confirmation dans trois mois environ. Et voici que je suis de nouveau en crise, pour ainsi dire. Ces jeunes sont merveilleux à mes yeux et aux yeux de Christiane. Nous les aimons beaucoup. Mais comment peut-on espérer que ces chers jeunes reçoivent le don de la foi d’ici l’année nouvelle? La foi, on sait bien que c’est Dieu qui la donne. À chaque soirée de formation, nous terminons la rencontre par quelques minutes d’adoration eucharistique. Ces jeunes savent que Christiane et moi croyons en la présence réelle de JÉSUS dans l’EUCHARISTIE. Nous voulons donner à Jésus la possibilité de toucher le cœur de ces jeunes alors qu’ils sont en prière devant Lui et nous espérons que nos nouveaux amis recevront de l’Esprit Saint le don de la foi. Mais cela requiert de nous beaucoup d’ESPÉRANCE et beaucoup de FOI. J’imagine que vous comprenez le dilemme qui nous habite.

CE QUE DIT JOSÉ PRADO FLORES

Voici maintenant quelques paragraphes du livre Comment évangéliser les baptisés de José Prado Flores. Dans les pages d’où sont tirés les paragraphes mis ci-dessous, M. Flores fait une nette distinction entre « kérygme et catéchèse », le kérygme étant l’annonce explicite du cœur de la foi chrétienne : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Jésus le Fils de Dieu a tant aimé le monde qu’il est mort sur une croix pour nous sauver. Dieu le Père l’a ressuscité et l’a fait siéger à sa droite. Tous les deux, le Père et le Fils, nous ont envoyé l’Esprit Saint. La catéchèse, quant à elle, est l’explicitation de la foi. Si vous n’avez pas lu mon blogue du 10 novembre dernier, intitulé Les 3 sortes d’évangélisation, dans lequel je cite abondamment monsieur José Prado Flores, il serait bon de le lire (1). Cela constitue d’ailleurs une excellente introduction au présent blogue.

« Notre grande erreur pédagogique dans la pastorale de l’évangélisation est que nous « catholicisons » d’abord avant de christianiser. En d’autres mots, nous offrons en premier lieu l’enseignement et la catéchèse aux fidèles sur toutes les vérités de l’Église catholique. Notre préoccupation s’est concentrée sur la transmission d’une saine doctrine orthodoxe. On a voulu former des saints et de savants chrétiens et, pour y arriver, on leur a communiqué tous les éléments et les enseignements nécessaires … On a cependant oublié le principe fondamental que Jésus enseigna à Nicodème : d’abord il faut naître de nouveau! L’essentiel n’est pas d’être « maîtres en Israël » mais de recevoir et de vivre la Bonne Nouvelle du salut qu’apporta Jésus.

Pour qu’une vie croisse, il faut d’abord qu’elle naisse. Nous ne pouvons pas croître dans la foi si d’abord nous ne sommes pas nés en elle, autrement dit, si nous n’avons pas eu une expérience de ce qu’est la Vie Nouvelle qui vient de Jésus.

Le Kérygme a précisément cette finalité : moyennant la présentation de Jésus mort, ressuscité et glorifié, avoir une expérience de Vie Nouvelle grâce à la foi et la conversion, et expérimenter que Jésus est vivant en nous comme Sauveur personnel, comme Seigneur de toute la vie et comme Messie qui (NDLR : le texte emploie ici le « que » au lieu du « qui ») nous donne l’Esprit Saint.

Mais, malheureusement, dans l’évangélisation du peuple de Dieu, on a souvent cru avoir franchi toutes les étapes de la proclamation kérygmatique. Ainsi on commence, on continue et on termine en exposant des vérités, des lois divines et des dogmes chrétiens à qui n’a jamais connu Jésus comme « Sauveur », ni proclamé comme « Seigneur » de toute sa vie, ni expérimenté comme « Messie ».

Certaines cultures indigènes du Mexique avaient des coutumes étranges. Par exemple, on plaçait de la nourriture à l’intérieur des tombeaux comme si le défunt pouvait avoir faim. L’arrivée de l’Évangile mit fin à cette absurdité. Cependant, peut-être les évangélisateurs d’il y a quatre cent cinquante ans se moqueraient-ils de nous qui sommes en train de placer le riche aliment de la doctrine et de la morale chrétienne près des cadavres qui n’ont pas la vie en Jésus.

Nous sommes en train de donner des aliments à des morts. Or les morts n’ont pas besoin d’aliments; ils ont besoin de ressusciter et ce ne sera que lorsqu’ils seront vivants qu’on leur donnera la nourriture et les vitamines pour les nourrir et les fortifier. Rappelons-nous quand Jésus ressuscita la fille de Jaïre : d’abord il lui redonna la vie puis il la remit à ses parents (la communauté) pour qu’ils lui donnent à manger.

Voilà le principe fondamental de toute évangélisation. Nous ne pouvons pas remplacer par une catéchèse ce qui est avant tout une expérience de Vie Nouvelle. La catéchèse, pour donner un fruit qui demeure, doit occuper sa place : toujours après l’annonce kérygmatique. » (José Prado Flores, Comment évangéliser les baptisés, pp. 31-33).

J’aime beaucoup les mots « pour donner un fruit qui demeure »; pour donner un fruit « durable ». On peut parfois produire des fruits immédiats, temporaires; mais on doit viser des fruits durables. Ce texte de monsieur Flores a été écrit dans les années 80. Il est encore actuel selon moi, même si certaines circonstances ont changé, du moins pour ce qui est de la formation chrétienne des enfants. Mais pour ce qui est de la formation chrétienne des adultes, ce texte est encore des plus pertinents.

La question qui demeure pour moi, est celle-ci : QUOI FAIRE POUR NOS JEUNES ADULTES QUI DEMANDENT LES SACREMENTS ???

ESPRIT SAINT, ÉCLAIREZ-NOUS !


(1) Dieu ma joie: Les 3 sortes d'évangélisation

dieumajoie.blogspot.com/2018/11/les-3-sortes-devangelisation.html
 


  


samedi 10 novembre 2018

Les deux veuves

Les deux veuves

Ô que j’aime les deux veuves dont parle la Parole de Dieu de ce dimanche !

PREMIERE LECTURE - livre du premier livre des Rois 17,10-16

Elie et la veuve de Sarepta - YouTube

6 sept. 2014 - Téléversé par Filipe Monteiro
Elie et la veuve de Sarepta. Filipe Monteiro. Loading... Unsubscribe from Filipe Monteiro? Cancel Unsubscribe ...



ÉVANGILE - selon Saint Marc 12, 341-44

Jésus enseigne sur l'offrande de la pauvre veuve 【HD】 - YouTube

25 oct. 2016 - Téléversé par nedar17
Marc 12:41-44 41Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent ...

Les 3 sortes d'évangélisation

Les 3 sortes d’évangélisation 

Depuis quelque temps, dans mon diocèse, mais aussi dans d’autres diocèses du Québec, on parle beaucoup de MISSION. On nous répète que nous sommes tous appelés à être missionnaires. J’avoue que je n’aime pas tellement le mot « mission », car je le trouve beaucoup trop général. On peut pratiquement faire entrer toute l’activité de l’Église dans le mot « MISSION ».

Jusqu’à tout dernièrement, je préférais le mot « ÉVANGÉLISATION » au mot « MISSION ». Je répétais à qui voulait l’entendre, que ce dont l’Église a besoin avant tout aujourd’hui, ce sont des évangélisateurs. Mais je ne me rendais pas compte que le mot « ÉVANGÉLISATION » est aussi vaste que le mot « MISSION ». Il a fallu que je me plonge dans le magnifique livre de José Prado Flores, intitulé « Comment évangéliser les baptisés », pour me rendre compte de cela.

Mon prochain blogue aura pour titre : JOSÉ PRADO FLORES. M. Flores est un évangélisateur extraordinaire qui nous éclaire de ses écrits depuis le début des années 80. Il répond avec tellement de clarté à des questions qui me hantent depuis trois ans environ. Comment peut-on ignorer aussi longtemps les prophètes que Dieu envoie à son Église ?

Voici ce que dit José Prado Flores :

« L’évangélisation est vaste et complexe. Elle contient plusieurs éléments qu’il importe de distinguer.
     
En premier lieu, par évangélisation nous devons comprendre toute l’activité de l’Église. Chaque activité de l’Église est une évangélisation qui proclame, qui célèbre et qui vit le mystère de la Bonne Nouvelle de Dieu dans le monde.

Une manière systématique de répartir le travail évangélisateur de l’Église serait la suivante :

                                            Prophétique : La Parole proclamée :
                                            L’annonce verbale de la Bonne Nouvelle.

L’ÉVANGÉLISATION    Sacerdotale : la Parole célébrée :
                                            La liturgie, mémorial de l’œuvre du salut.

                                            Royale : La Parole vécue
                                            L’instauration du Royaume de Dieu dans le monde.  

Ces trois attributs de l’évangélisation sont intimement unis. Ils sont inséparables et sont nécessaires l’un à l’autre. Ils sont comme un trépied où chaque pied soutient les deux autres. En cette étude, nous nous limiterons à ne traiter que de l’évangélisation prophétique qui annonce, avec des paroles efficaces et avec le témoignage de la vie, l’œuvre du salut réalisée par le Christ Jésus.

Or voilà : dans le processus intégral de l’évangélisation prophétique, nous pouvons distinguer deux moments successifs qui, bien que complémentaires et interdépendants, sont aussi distincts :

A- La première annonce de l’Évangile : le Kérygme.

B- L’enseignement progressif de la foi : la Catéchèse.


                                                          La Proclamation kérygmatique :
                                                          La première annonce du message chrétien
L’Évangélisation prophétique       - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
                                                         La Catéchèse :
                                                         L’enseignement progressif de la foi

Entre le Kérygme et la Catéchèse, il existe de profondes relations mais en même temps des différences logiques qu’il importe de distinguer.

Si le Kérygme est le son fort de la cloche, la Catéchèse en est la résonance dans le temps et l’espace. Toute cloche a un son propre et la résonance est dans le même ton. C’est ainsi que la Catéchèse est la résonance de l’annonce kérygmatique. Elle n’est pas une doctrine froide ou un simple enseignement théorique, mais l’extension et la plénitude de la Vie Nouvelle donnée par Jésus. La vie nous est donnée grâce à la foi avec laquelle nous répondons à l’annonce kérygmatique, mais la vie abondante arrive à sa plénitude grâce à la Catéchèse vécue dans la foi. C'est pouquoi la ligne qui sépare le Kérygme de la Catéchèse est pointillée et non continue (NDLR: voir ci-dessus)

La Catéchèse n’inclut pas ni ne supplante le Kérygme. Elle le présuppose. On édifie sur le roc solide du Kérygme qui a atteint vraiment son objectif : naître de nouveau. » (1)

Comme tout cela est éclairant, n’est-ce pas ???

Jusqu’à présent, je disais aux gens que mon désir était d’évangéliser. Mais on me répondait : « Moi aussi j’évangélise en baptisant ou en préparant des gens au baptême ».   D’autres disaient : « Moi aussi j’évangélise en servant les pauvres, en visitant les malades. » Ces gens avaient tout à fait raison. Je n’étais pas assez spécifique. Celui qui baptise ou prépare des gens au baptême, fait de l'évangélisation sacerdotale. Celui qui sert les pauvres ou visite les malades, fait de l'évangélisation royale. Je serai plus spécifique à l'avenir et je dirai que ce qui m’anime en ce moment et ce que je désire faire, c’est de l’ÉVANGÉLISATION PROPHÉTIQUE. Mais même là, ce n’est pas encore assez précis. Je veux concentrer mes efforts surtout sur la première étape de l’évangélisation prophétique : la proclamation kérygmatique; la première annonce du message chrétien.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai fait vivre à deux reprises en notre paroisse, la session Vie Nouvelle de l’École d’évangélisation Saint André (ÉÉSA), école d’évangélisation fondée précisément par monsieur José Prado Flores. Dans mon prochain blogue, vous pourrez voir comment ce cher monsieur Flores répond avec tellement de clarté à un problème pastoral que je porte en mon cœur de façon douloureuse depuis trois ans environ.

(1)
Résultats de recherche d'images pour « José Prado Flores Comment évangéliser les baptisés »  pp. 27 à 30

Ce livre, comme le dit José Prado Flores, est surtout un manuel pratique. On ne peut en tirer profit que si on prend le temps de faire les exercices qui sont inclus dans le livre. Ce n'est donc pas tellement un livre à lire, mais à EXPÉRIMENTER. 



jeudi 8 novembre 2018

" Tout cela, je le considère comme de la merde "

« Tout cela, je le considère comme de la merde »

La « langue de bois », le langage « politiquement correct », n’est pas l’apanage seulement des politiciens. Nous utilisons aussi dans l’Église catholique un tel langage. Et c’est dommage. Nos frères et sœurs protestants semblent moins pointilleux ou scrupuleux que nous sur ce point. 

Nous utilisons un nouveau lectionnaire pour la liturgie. Parfois cette nouvelle traduction me semble meilleure que l’ancienne. Mais aujourd’hui, alors que nous avons entendu en première lecture de la messe un des textes les plus forts écrits par saint Paul, je juge la nouvelle traduction décevante. Au verset 8 du chapitre 3 de sa lettre aux Philippiens, saint Paul veut nous montrer à quel point tous les titres de gloire qu’il possédait auparavant dans le judaïsme, ne valent plus rien pour lui, absolument rien. Il y a un crescendo au verset 8 et la nouvelle traduction liturgique de ce verset, ne laisse absolument pas deviner ce crescendo.

Voici la traduction liturgique du verset 8 du chapitre 3 de la lettre de saint Paul aux Philippiens :

Mais tous ces avantages que j’avais,
je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte.
Oui, je considère tout cela comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout :
la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.

Et voici en son entier, la PREMIÈRE LECTURE de la messe d'aujourd'hui: 


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens
Frères,
    c’est nous qui sommes les vrais circoncis,
nous qui rendons notre culte par l’Esprit de Dieu,
nous qui mettons notre fierté dans le Christ Jésus
et qui ne plaçons pas notre confiance dans ce qui est charnel.
    J’aurais pourtant, moi aussi, des raisons
de placer ma confiance dans la chair.
Si un autre pense avoir des raisons de le faire,
moi, j’en ai bien davantage :
    circoncis à huit jours,
de la race d’Israël,
de la tribu de Benjamin,
Hébreu, fils d’Hébreux ;
pour l’observance de la loi de Moïse, j’étais pharisien ;
    pour ce qui est du zèle, j’étais persécuteur de l’Église ;
pour la justice que donne la Loi, j’étais devenu irréprochable.
    Mais tous ces avantages que j’avais,
je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte.
    Oui, je considère tout cela comme une perte
à cause de ce bien qui dépasse tout :
la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.
            – Parole du Seigneur.  (1)

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, la nouvelle traduction liturgique emploie deux fois le mot « perte ». Selon moi, c’est une erreur car ainsi, on ne voit aucun crescendo. Voici le texte dans l’original grec et sa traduction en français : 

Ἀλλὰ μὲν (μὲν οὖν  μενοῦνγε) οὖν καὶ ἡγοῦμαι πάντα ζημίαν εἶναι διὰ τὸ ὑπερέχον τῆς γνώσεως χριστοῦ Ἰησοῦ τοῦ κυρίου μου: δι’ ὃν τὰ πάντα ἐζημιώθην, καὶ ἡγοῦμαι σκύβαλα εἶναι, (εἶναι ἵνα  ἵνα) ἵνα χριστὸν κερδήσω,

Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour qui j'ai fait la perte de toutes choses ; et je les regarde comme des ordures, afin que je gagne Christ,

Zemia (deuxième mot de la troisième ligne) = perte

Skubala (premier mot de l’avant-dernière ligne) = déchets, ordures, MERDE.

Les auteurs protestants que je viens de consulter favorisent le mot « merde » pour traduire le mot « skubala », qui, paraît-il, n’est employé qu’une seule fois dans le Nouveau Testament. Skubala est un pluriel et lorsque ce mot est employé au pluriel, il désigne habituellement des excréments humains: 

« Le langage, imagé, est dur, radical. Et encore, nos traductions arrondissent un peu les angles. Le terme grec traduit par ordures n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament. Mais on le trouve dans d’autres textes de l’Antiquité pour désigner les excréments, avec souvent une connotation de révulsion. L’affirmation de Paul a un caractère choquant, il veut secouer ses lecteurs. Et il serait presque légitime de le traduire ainsi : « je considère toutes ces choses-là comme de la merde ! » 

Ici se manifeste sa détermination. Une seule chose compte : connaître le Christ. Tout le reste, tout ce qui pourrait le détourner de cet unique objectif, tout ce qui pourrait l’égarer, le distraire, il le rejette. Il en a presque du dégoût. Bien-sûr, il force le trait. Il provoque. Et nous interpelle… Quelle place la recherche du Christ, sa connaissance personnelle et intime, occupe-t-elle dans notre vie, nos préoccupations, nos projets ? » (2).
Voir aussi le texte de Daniel B. Wallace (3).

Pourquoi ces auteurs protestants favorisent-ils le mot « merde » plutôt que les mots « ordures » ou « balayures »? C’est parce que selon eux, saint Paul veut ici exprimer non pas seulement la non-valeur de sa vie passée, mais aussi son dégoût de sa vie passée. Et pour exprimer ce « dégoût », il a voulu employer le mot skubala : « merde ».
SCYBALES:  Grec : skubala : excréments (4).
Au risque de scandaliser certaines personennes, j’avoue que je penche vers cette interprétation. Malheureusement, il n’est pas facile de trouver des auteurs catholiques qui partagent cette façon de voir. Je suis allé jeter un coup d'oeil sur ce que dit l'abbé Noël Quesson dans ses commentaires des Écritures, publiés en 1975, sous le titre: Parole de Dieu pour chaque jour. Au tome 4, en ce jeudi de la 31ème semaine, il écrit ceci :

« Tous ces « avantages humain » lui paraissent désormais « dérisoires ». Dans le texte grec authentique, le mot est beaucoup plus fort (NDLR : « beaucoup plus fort que le mot perte) : « je n’y vois plus désormais qu’« ordures », « choses de rebut », « immondices », « balayures ». Et le mot latin de la traduction de saint Jérôme avait traduit par « stercora », qui veut dire « fumier ». 

Il me semble très possible et même probable que saint Paul ait utilisé le mot " skubala " pour nous réveiller et nous secouer.  

AJOUT: Je vous invite à lire le commentaire que m'a écrit une de mes paroissiennes. Voir tout en bas. 

Et voici ma réponse à son commentaire: 

Chère Thérèse, comme je vous aime pour votre franchise. Comme j'aimerais que tous mes paroissiens soient aussi francs que vous avec moi. Je suis bien d'accord avec vous pour dire que rien en ce monde n'est de la MERDE. Absolument rien. Le texte le plus fort en ce sens, selon moi, se trouve dans la Bible au Livre de la Sagesse, chapitre 11, versets 24 à 26. Le point que je voulais soulever dans le présent blogue, c'est que selon moi, on doit respecter les mots choisis par saint Paul. On peut ne pas être d'accord avec lui, mais on doit respecter les mots qu'il a choisis. Or il me semble vraiment que saint Paul a choisi volontairement le mot " MERDE " pour décrire la façon dont il perçoit sa vie antérieure à sa conversion. Pour lui, tout cela était de la merde: tout cet effort à se sauver par soi-même, à faire emprisonner et tuer des chrétiens; à se réjouir de voir mourir devant ses yeux le premiers de tous les martyrs: saint Étienne. Quand il compare tout cela à sa vie avec le Christ et dans le Christ, il compare cela à de la merde. Personnellement, je trouve cela très beau de voir les choses ainsi. Mais la question n'est pas tellement de savoir si c'est beau ou non, mais de savoir si on doit respecter les mots choisis par l'Apôtre des nations.  


(1) AELF — Accueil : lectures du jour  

https://wwwaelf.org/
  
(2) Paul : The Revenant | EEL Toulouse https://eeltoulouse.fr/?p=731

(3) A Brief Word Study on Σκύβαλον | Bible.org https://bible.org/article/brief-word-study-skuvbalon

(4) Scybales - Vulgaris Médical https://www.vulgaris-medical.com › Encyclopédie médicale

 

mercredi 7 novembre 2018

Adoration eucharistique chez nous

Adoration eucharistique chez nous

Chers lecteurs et lectrices de ce blogue,

J’espère que vous allez bien. Je désire aujourd’hui vous mettre au courant du projet pastoral qui me tient le plus à cœur en cette année 2018-2019. Il s’agit d’implanter « l’adoration eucharistique en continu, de jour » en notre paroisse. Je pense que notre communauté chrétienne est prête pour un tel projet. Partout où Jésus-Eucharistie est adoré avec ferveur, la vie chrétienne fleurit et grandit dans les âmes. N’est-ce pas là le plus beau et le plus grand désir de Dieu: que ses enfants « grandissent en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52) ?

Nous voulons offrir ce cadeau à Notre Seigneur Jésus-Christ pour la solenninité du Christ-Roi de l’univers qui aura lieu le 25 novembre prochain. Vous verrez ci-dessous quelles sont les heures où notre chapelle d’adoration sera ouverte au public.

Cela demande qu’une personne ou, idéalement deux personnes adorent à chaque heure. Si une personne ne peut pas venir adorer à son heure habituelle, elle doit demander à quelqu’un de la remplacer. Il faut donc aussi une « banque de remplacement ».

Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour demander le secours de votre prière afin que ce projet pastoral voie vraiment le jour et que Jésus-Eucharistie soit honoré d’une façon spéciale en notre paroisse. Je vous invite donc à prier pour cela, ne serait-ce qu’un Je vous salue Marie à cette intention. Je suis sûr que si vous le faites, ce projet naîtra et grandira. Je compte donc bien humblement sur votre prière. Et je vous remercie à l’avance pour ce que vous ferez.

Fraternellement,

P. Guy Simard, omv, curé.


Note: voici, ci-dessous, une partie du dépliant que nous venons tout juste d’imprimer pour susciter le désir de l’adoration eucharistique.