samedi 20 juillet 2019

Bruno Lantéri et l'adoration eucharistique

Bruno Lantéri et l’adoration eucharistique
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Bruno Lantéri 1759 - 1830

Vous savez probablement que je suis un Père Oblat de la Vierge Marie. Le fondateur de notre Congrégation religieuse est le Père Bruno Lantéri.

Quand j’avais une vingtaine d’années, ce qui m’a attiré à joindre la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie, ce fut de prendre connaissance de la spiritualité du Père Lantéri. J’ai immédiatement découvert de grandes ressemblances entre ma vie spirituelle et celle de Bruno Lantéri. Tout comme Bruno Lantéri, j’ai été attiré et formé par les Exercices spirituels de Saint-Ignace de Loyola; j’avais aussi développé un grand amour envers la Vierge Marie et comme le Père Lantéri, j’avais déjà à vingt ans un grand attachement et un grand respect envers la personne du pape et le Magistère de l’Église catholique. J’ai donc décidé de m’expatrier en Italie pour voir si le Seigneur m’appelait de toute éternité à devenir Oblat de la Vierge Marie. Et je suis devenu un fils du Père Lantéri. De même que nous héritons grandement des gènes de nos parents, de même nous héritons grandement des gènes spirituels de notre fondateur.

Et les années ont passé. Ce qui me frappe le plus maintenant dans la spiritualité de notre fondateur, c’est son immense amour pour Jésus. La spiritualité de Bruno Lantéri est d’abord et avant tout christologique. Le Père Lantéri a toujours vécu sous le regard amoureux de Jésus. Il nous a recommandé à nous, ses fils spirituels, de toujours commencer nos actions en posant un regard d’amour sur Jésus :

« Dans chacune de leurs actions (les Oblats de la Vierge Marie) ont donc toujours Jésus devant les yeux; Jésus est toujours leur compagnon et leur modèle.   … Ils commenceront leurs actions par un regard tranquille de foi vers Jésus notre modèle.   … Ils poursuivront leur action en insérant souvent des élans tranquilles et suaves du cœur vers Jésus. »  (Directoire pour la formation spirituelle des Oblats de la Vierge Marie)

Il est évident pour moi que cet amour de Jésus, le Père Lantéri l’a acquis en vivant et en donnant durant toute sa vie les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Le cœur de ces « Exercices » est la méditation amoureuse de la vie de Notre Seigneur Jésus Christ.

La dévotion mariale du Père Lantéri était toute tournée vers Jésus :

« Vierge Sainte, Mère de Dieu et ma Mère, je vous demande deux choses qui me sont également nécessaires: donnez-moi votre Fils, car il est mon trésor et sans Lui je suis pauvre; donnez-moi à votre Fils car il est ma sagesse, ma lumière et sans Lui je suis dans les ténèbres. Tout à Jésus par Marie. Tout à Marie pour Jésus. »

Il est normal, selon moi, que l’Oblat de la Vierge Marie vive les étapes spirituelles de son fondateur. Très tôt dans sa vie, Bruno Lantéri a pris Marie pour Mère aimante; très tôt il a été initié aux Exercices spirituels de saint Ignace et très tôt il a développé un amour inconditionnel envers le pape, le « doux Christ de la terre » comme l’appelait sainte Catherine de Sienne. De même, moi, Guy Simard, assez tôt j’ai vécu ces trois traits caractéristiques de la vie et de la spiritualité de Bruno Lantéri.

Et le temps a passé dans la vie de Bruno Lantéri et dans la vie de Guy Simard. À l’âge de 52 ans, notre fondateur a vécu une grande épreuve et cette épreuve est devenue en quelque sorte la grâce de sa vie. Soupçonné à juste titre par Napoléon d’avoir fourni de façon clandestine au pape Pie VII les documents qui lui étaient nécessaires pour se défendre, le Père Lantéri fut envoyé en exil, en dehors de la ville de Turin où il exerçait avec zèle son ministère sacerdotal. Cet exil a duré trois ans. Cantonné dans sa maison de campagne appelée « La Grangia » éloigné de toute activité apostolique intense, le Père Lantéri s’est approché de Dieu et a atteint grâce à cette retraite, les plus hauts degrés de la vie mystique. C’est du moins ce que nous croyons, nous, les Oblats de la Vierge Marie. La lecture assidue des œuvres de saint Bonaventure, cet amoureux de Jésus, et surtout les heures d’adoration eucharistique qu’il a vécues à la Grangia, ont littéralement transformé le cœur de Bruno Lantéri. Voici ce que raconte Luigi Craveri, compagnon Oblat du Père Lantéri :

« Il a nourri son amour pour Dieu par le temps qu’il a passé devant le Saint Sacrement. Et durant les années qu’il a passées à la Grangia, il a médité profondément sur les choses de Dieu à travers les écrits de Saint Bonaventure, avec tellement de saveur et de pénétration qu’il a dit n’avoir jamais connu Dieu autant qu’après avoir lu ces sublimes écrits; par conséquent, je ne doute pas que son âme ait atteint les plus hauts niveaux de contemplation, et j’ai vu qu’il pouvait discerner les degrés et la nature d’une telle prière avec une grande facilité. » 

Confiné à la Grangia, Bruno a cherché et a obtenu la permission de garder le Saint Sacrement dans sa chapelle. … Comme il en a été durant toute sa vie, l’Eucharistie a occupé durant les trois ans à la Grangia, une place centrale dans la vie de prière de Bruno. Craveri en a témoigné : « La vivacité de sa foi brillait sur son visage durant les longues heures qu’il passait en adoration devant le Saint Sacrement. C’est là qu’il récitait souvent l’Office Divin, et méditait longuement. Parfois il me semblait qu’en laissant la porte de sa chambre ouverte, laquelle chambre était à seulement quelques pas de la chapelle, il restait constamment dans la présence du Divin Maître. » (1)  

Cet amour du Saint-Sacrement et de l’Adoration Eucharistique que le Père Lantéri a développé et accru durant ses trois années d’exil à la Grangia, notre fondateur l’a conservé jusqu’à la fin de sa vie. Vers la fin de sa vie, dans la maison des Oblats à Pinerolo, le Père Lantéri a donné une fois de plus une grande preuve de son amour pour l’adoration eucharistique :

« Le très révérend Père Lantéri était très dévôt au Saint-Sacrement et à cause de cela, il voulut l’avoir dans la chapelle interne de la maison à Pinerolo, adjacente à sa chambre; et pour pouvoir l’adorer  plus fréquemment, surtout durant sa maladie, il fit faire une petite fenêtre dans sa propre chambre, en face de l’autel de la chapelle, et grâce à cette fenêtre, il pouvait adorer le Saint Sacrement presque continuellement durant sa dernière maladie puisqu’elle était placée à l’opposé de son lit. » (Positio, 626, Relazione del P. Michele Valmino O.M.V)

« Avant d’aller dormir, je passais dans sa chambre et je lui demandais s’il voulait quelque chose. Parfois il acceptait que je lui rende un service, parfois non, mais en me disant qu’il éprouvait une grande consolation du fait que le pape lui avait accordé la grâce d’avoir près de lui le Saint-Sacrment. »  (Positio, 677, Relazione del Fr. Pietro Gardetti, O.M.V.)

« Le grand Serviteur de Dieu, Bruno Lantéri, fondateur de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie, adressait durant le jour et durant la nuit de fréquentes oraisons jaculatoires au Saint-Sacrement; une d’entre elles faisait voir tout son amour pour Jésus et la soif qu’il avait de Lui: « Bone Jesu sitio te ! » « Bon Jésus j’ai soif de toi ! ». Parfois il répétait plus brièvement avec les yeux fixés sur le tabernacle : « Sitio ! Sitio ! » « J’ai soif ! J’ai soif ! » Et parfois il s’adressait à la Sainte Vierge et il lui faisait cette prière, la prière d’un enfant affamé à sa Mère : « O Vierge Marie, rassasiez la faim qui me dévore en me donnant la chair de votre Jésus : Virgo Maria, satia me ! » (G. M. FULCONIS, L’Ame Sainte, Montreuil-sur-Mer 18913, 192.)

Je crois bien humblement que je suis rendu dans ma vie d'Oblat de la Vierge Marie, à vouloir imiter cet aspect de la vie et de la spiritualité du Père Lantéri: augmenter mon amour et ma dévotion envers l'adoration eucharistique. Je considère que le cadeau le plus précieux que je laisserai à mes paroissiens au terme de mes douze années comme curé de la paroisse Saint-Enfant-Jésus à la Pointe-aux-Trembles dans le diocèse de Montréal et à la veille de mon départ, c'est la magnifique chapelle d'adoration que nous avons inaugurée le 19 avril 2015 et qui est devenue une "chapelle d'adoration en continu de jour " le 25 novembre 2018. Sur semaine, de jour, plus de 50 personnes se succèdent pour adorer Jésus-Eucharistie. Voilà ce qui réjouit vraiment mon coeur de prêtre alors que je m'apprête à céder la cure de la paroisse à mon confrère le Père Gérald Lajeunesse, omv. 

Je désire aussi porter à votre attention que la première maison Oblate à avoir été fondée en Amérique du Nord, se trouve à Boston. En 1976, l'archevêque de Boston a confié aux Oblats de la Vierge Marie le Sanctuaire Eucharistique de Boston. C'est là que se trouve notre séminaire aux États-Unis. Il y a deux ans, lors d'un séjour à Boston, j'ai été émerveillé d'apprendre que depuis neuf ans déjà (en comptant les deux années qui ont passé depuis mon dernier voyage à Boston) il y a de l'adoration eucharistique continuelle (de jour et de nuit) en notre demeure qui est toujours le Sanctuaire Eucharistique de Boston. Comme notre fondateur doit être heureux de cela !!!

Je demande instamment à notre cher fondateur le Père Bruno Lantéri de prier pour moi afin que Dieu augmente toujours plus en moi le désir et le besoin d'adorer Jésus dans le Saint-Sacrement afin que je puisse dire à mon tour de tout mon coeur: " Bone Jesu sitio te ! "



(1) Timothy M. Gallagher, omv, BEGIN AGAIN, The Life and Spiritual Legacy of Bruno Lanteri, Crossroad, 2013, p. 97.




jeudi 18 juillet 2019

Mgr Fulton Sheen sera béatifié

Mgr Fulton Sheen sera béatifié
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Mgr Fulton J. Sheen (1895 - 1979)

Le célèbre archevêque de New-York, Mgr Fulton J. Sheen sera béatifié. Nous ne connaissons pas encore le date de la béatification mais le pape François a approuvé le 5 juillet dernier le miracle qui est nécessaire pour qu'il soit béatifié. Je vais vous raconter dans un instant le miracle opéré par l’intercession du Vénérable Fulton Sheen. Quand j’ai entendu parler de ce miracle, je n’en suis pas revenu. Ce miracle, à mes yeux, a un lien direct avec la vie de Mgr Sheen. 

Je connais un peu Mgr Sheen pour avoir lu un de ses livres et avoir entendu quelques unes de ses émissions à la télévision. Mais je puis dire qu’un seul détail de la vie de Mgr Sheen est pour moi suffisant pour savoir que cet homme avait un très grand désir de sainteté et était prêt à faire tous les sacrifices nécessaires pour devenir un saint. Voici ce détail qui, de fait, est loin d’ètre un « détail » : le jour de son ordination sacerdotale, en 1919, Fulton Sheen a promis à Dieu de consacrer une heure chaque jour à l’Adoration Eucharistique. Cette promesse, il l’a tenue toute sa vie, jusqu’à sa mort le 9 décembre 1979. Il a tenu cette promesse durant 60 ans et il est mort devant le Saint-Sacrement exposé dans sa chapelle privée. N’est-ce pas EXTRAORDINAIRE ??? Ce seul fait est pour moi un grand signe de sainteté. Nous fêtons, en quelque sorte, cette année, le centenaire de la prise de décision de Fulton Sheen d’adorer Jésus Eucharistie 60 minutes par jour. Soixante minutes par jour pendant soixante ans ! : 1919 - 2019. 

Voici maintenant le miracle qui a été reconnu et retenu pour sa béatification :   

PEORIA, Illinois - Tandis que Bonnie Engstrom observait les mesures prises pour sauver son fils, qui était né quelques instants auparavant sans pouls, elle a demandé de l'aide à la personne dont elle avait recherché l'assistance tout au long de sa grossesse: l’Archevêque Fulton J Sheen.
Au bout de 61 minutes, alors que le personnel des salles d'urgence s'apprêtait à le déclarer mort, James Fulton Engstrom commença à respirer et son rythme cardiaque augmenta à un niveau normal pour un nouveau-né. En dépit des mauvais pronostics pour son avenir, l’enfant s’est bien développé et est maintenant un enfant en bonne santé de 8 ans qui aime les nuggets de poulet, «Star Wars» et faire de la bicyclette.
Dans une récente interview pour le journal The Catholic Post, le journal du diocèse de Peoria, Bonnie Engstrom, a déclaré que Dieu avait permis que ce miracle se produise pour son honneur et sa gloire.
«Je ne pense vraiment pas que cela nous a été donné, pour nous», a-t-elle déclaré. "Je pense que cela a été donné à l'Église, pour l'Église."
Après une grossesse «merveilleusement facile», Bonnie Engstrom est « entrée en travail (en contractions) » de James Fulton le soir du 15 septembre 2010. La mère et le bébé étaient jusque là en bonne santé et, au fur et à mesure que l'accouchement prévu à la maison approchait, le foetus avait une fréquence cardiaque «parfaite».
Alors qu'ils se préparaient à accueillir ce bébé dans leur famille, qui comprenait déjà leur fille Lydia et leur fils Bennet, Bonnie et Travis Engstrom ont fait de la place pour un autre ami spécial : Sheen.
«Je me souviens que Travis et moi regardions des vidéos de l'évêque Sheen prêchant sur YouTube, a déclaré Bonnie. «Nous étions tellement impressionnés - il était drôle, il était intelligent et tellement abordable et chaleureux. Nous le suivions avec vraiment beaucoup d’intérêt.
Alors que Sheen était un pionnier des médias de renommée mondiale, qui avait également enseigné à la Catholic University of America de Washington et avait dirigé la Société pour la propagation de la foi, ses racines se trouvaient tout près d'ici à El Paso, dans l'Illinois. Le couple Engstrom savait que la cause de canonisation de Sheen était parrainée par le diocèse de Peoria. Les Engstrom ont donc décidé que si leur enfant à naître était un garçon, ils l'appelleraient James Fulton.
«J'ai commencé à demander, quotidiennement, les prières de Fulton Sheen, son intercession pour la vie de mon enfant et pour notre mariage. Je lui demandais de marcher avec nous et de marcher avec mon fils, pour qu'il soit dans la vie un catholique qui aime Dieu et qui aime sa foi et pour qu'il soit un homme intègre », a déclaré Bonnie. "Je lui demandais d'intercéder tous les jours pendant ma grossesse."
Elle compta de nouveau sur cette intercession lorsque, à leur insu, un véritable nœud se forma dans le cordon ombilical de James Fulton et se resserra au cours des dernières étapes du travail. Il était bleu et sans vie quand il est né à 01h48 le 16 septembre 2010.
«Je me souviens m'être assise sur le sol de ma chambre à les regarder faire la RCP (Réanimation Cardio-Pulmonaire) et dans ma tête je répétais encore et encore:"Fulton Sheen, Fulton Sheen, Fulton Sheen, Fulton Sheen", a déclaré Bonnie. "Je pense vraiment que c'était le Saint-Esprit qui me donnait les mots que je devais dire à ce moment-là, car je n'avais pas de mots."
Et après des mois à demander l’intercession de Sheen, elle a dit que c’était la chose la plus naturelle au monde que de se tourner à nouveau vers lui et lui demander de prier pour son fils. Emmené au centre médical St. Francis OSC HealthCare de Peoria, James Fulton reçut un traitement médical avancé, mais les médecins décidèrent qu'il ne pourrait pas être réanimé. Après 61 minutes, cependant, son petit cœur commença à battre.

On a dit aux Engstrom que leur enfant serait probablement aveugle et qu’il ne marcherait jamais, ne parlerait pas et ne pourrait pas se nourrir seul; mais dans les jours et les semaines qui ont suivi, le garçon les a tous défiés et a continué à progresser. (1)

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Bonnie et James Fulton Engstrom 

Ce qui m’a sauté aux yeux, dès que j’ai entendu cette histoire extraordinaire, ce sont les 61 minutes (plusieurs récits de ce miracle vont au chiffre le plus rond et disent 60 minutes ou « une heure »).

Un enfant à peine né reste sans pouls, sans aucun signe vital pendant une heure et se met ensuite mystérieusement à respirer. Bien sûr que c’est un miracle et les médecins ont avoué ne rien comprendre à cela. Mais j’y vois un signe pour nous. Je pense que Dieu a voulu honorer les 60 minutes quotidiennes que Mgr Fulton Sheen a passées devant le Saint-Sacrement durant 60 ans. Est-ce que Jésus ne veut pas nous dire par là, une fois de plus: « C’EST MOI QUI SUIS LA RÉSURRECTION ET LA VIE; VENEZ À MOI ET VOUS AUREZ LA VIE EN ABONDANCE ». 


(1)  Mom says miracle in Sheen cause that saved her son a gift to whole ...
https://cruxnow.com/.../mom-says-miracle-in-sheen-cause-that-sav...



  

mercredi 17 juillet 2019

" Entendre Dieu, ça s'apprend " (Henri Boulad)

« Entendre Dieu, ça s’apprend » (Henri Boulad)
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Père Henri Boulad, s.j. 

Si vous êtes croyants en Dieu, vous vous posez probablement cette question: « Comment se fait-il que certaines personnes croient en Dieu et d’autres non ? » Ou encore: « Comment se fait-il que certaines personnes entendent Dieu et d’autres non ? » Voilà le genre de question que l’on appelle parfois « la question à 1000$ ».

Le Père Henri Boulad, Jésuite, nous donne des éléments de réponse à cette question dans la vidéo mise ci-dessous. Pour entendre Dieu, il faut que la personne attende quelque chose; il faut que la personne désire quelque chose. Une personne qui est repue et qui croit avoir tout ce qu’elle veut ou tout ce dont elle croit avoir besoin, n’entendra vraisemblablement pas Dieu lui parler.

Pour entendre Dieu, il faut un cœur qui écoute.

Jésus a dit : « Faites attention à la manière dont vous écoutez » (Lc 8, 18). Cette parole, Jésus l’a prononcée dans saint Luc presque immédiatement après avoir montré les différences de sol qui accueillent la Parole de Dieu : le sol pierreux, le sol rempli de ronces, le sol où la terre est bonne.

Pour entendre Dieu, il faut un désir, une attente. Je dirais qu’il faut aussi un vide, un vide positif.

L’homélie du Père Boulad porte sur les lectures de la messe qu’il était en train de célébrer ce jour-là. La première lecture racontait la première expérience de Dieu faite par le jeune Samuel (1 Samuel 3, 10) . L’évangile était la première rencontre de deux disciples de Jean le Baptiste avec Jésus (Jn 1, 35-42). Dans ces deux cas, nous voyons des personnes qui étaient en attente de Dieu; et c’est pour cela qu’elles ont su reconnaître la voix de Dieu, la Présence de Dieu.

Le Père Boulad donne l’exemple de la Vierge Marie. Marie était enflammée du désir de la venue du Messie. Quand Dieu s’est révélé à elle, Marie a reconnu sa voix.

Le chant que l’on entend au début de la vidéo et qui a été chanté au début de la messe célébrée par le Père Boulad, est un chant de l'auteur-compositeur-interprète québécois: l’abbé Robert Lebel. Le chant s'intitule: " Si tu entends " et fait clairement référence à la première rencontre du jeune Samuel avec le Dieu vivant. Voici le chant dont les paroles qui sont intégrées à la vidéo :  

Si tu entends - YouTube

14 avr. 2011 - Téléversé par Oremus
Robert Lebel Si tu entends en pleine nuit quelqu'un quelqu'un qui t'appelle sans cesse, Peut-être que c ...


Homélie du Père Boulad: 

Entendre Dieu, ça s'apprend ... - YouTube

20 janv. 2015 - Téléversé par Henri Boulad
1 S 3, 3b-10.19 1 Co 6, 13c-15a. 17-20 Jn 1, 35-42 Homélie du P. Henri Boulad Eglise des Jésuites Alexandrie ...





mardi 16 juillet 2019

Origène et " Le Bon Samaritain "

Origène et « Le Bon Samaritain »  
Démarche narrative pour grand groupe
Illustration faite par Soeur Trinh Ta, csc 

Dimanche dernier, notre Mère l’Église nous présentait comme évangile, la merveilleuse parabole du Bon Samaritain.

J’ai écrit dernièrement sur cette parabole (1). J’ai mentionné qu’une vidéo mise sur l’internet m’a fait réaliser que le Bon Samaritain a été meilleur qu’on le pense à l’endroit de l’homme attaqué par des brigands et laissé à moitié mort sur le chemin. Si je vous demandais de me mentionner toutes les attitudes et tous les gestes de Miséricorde que le Samaritain a posés à l’endroit du blessé, vous me mentionneriez sûrement quelques-uns de ces gestes. Mais je suis persuadé que, sauf exception, vous ne mentionneriez pas un de ces gestes. Pourquoi? Parce que vous ne l’avez probablement jamais remarqué auparavant. Cela fait 36 ans que je suis prêtre; j’ai lu et entendu durant ma vie de très nombreuses fois cette parabole de Jésus et je me rends compte qu’un détail important m’a toujours échappé, du moins jusqu’à maintenant. Cela nous montre à quel point nous pouvons manquer d’attention quand nous lisons un texte ou quand nous écoutons ce qu’on nous dit ou ce qu’on nous raconte. Et cela est d’autant plus déplorable lorsqu’il s’agit de notre rapport et de notre RENCONTRE avec la PAROLE DE DIEU.

Voici la parabole :

« « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,

le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui
.

    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Aviez-vous déjà remarqué que le Bon Samaritain n’avait pas seulement conduit le blessé à l’auberge et n’avait pas seulement donné de l’argent à l’aubergiste pour qu’il prenne soin de lui, mais qu’il avait passé toute la nuit à prendre soin de l’homme qui avait failli mourir ce jour-là? Quand on lit les mots que j’ai mis en rouge ci-dessus, on imagine très facilement ce qui s’est passé à l’auberge. Sachant à quel point le Bon Samaritain a été prévenant en voyant l’homme gisant dans son sang sur le sol, et connaissant les gestes qu’il a posés sur le blessé, il est inimaginable de penser qu'une fois arrivé à l’auberge, il ait demandé deux chambres: une pour lui et une pour le blessé. Non, évidemment. Il a demandé une chambre seule et il a veillé et soigné le blessé durant toute la nuit. Vous demandez-vous maintenant comment il se fait que vous n’ayez jamais vu cela?

Origène, cet auteur fameux des premiers siècles du christianisme, avait pourtant vu tout cela :

« Et après avoir conduit le moribond à l’auberge, il ne le quitte pas immédiatement, mais demeure avec lui toute une journée pour soigner ses blessures, non seulement pendant le jour, mais encore durant la nuit, lui consacrant ainsi toute sa sollicitude et son savoir-faire. Lorsque le matin, il s’apprêtait à partir, il prélève sur son argent, sur ses fonds personnels, deux deniers, de bon aloi, et il en gratifie l’aubergiste … » (2)
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Origène 184 - 254