samedi 8 août 2026

L'importance du culte des saints

 L'importance du culte des saints 

Je suis triste de constater que des catholiques et même des prêtres, n'accordent pas vraiment d'importance au culte des saints et des saintes. Ils semblent être d'accord avec nos frères et soeurs protestants pour qui seul Jésus compte. Selon eux, c'est Jésus qu'il faut connaître, aimer et annoncer ; et cela semble suffire pour eux. 

Pour ma part, j'aime particulièrement les spécificités de notre religion. J'aime ce qui nous caractérise et qui nous différencie entre autres, de nos frères et soeurs protestants. 

La connaissance des saints et des saintes, l'amour envers eux et le culte à leur égard, sont d'une très grande importance pour nous les catholiques, sinon comment expliquer que plus du tiers des journées du calendrier liturgique soient consacrées à nous présenter des saints et des saintes et à demander à Dieu de nous octroyer des faveurs par leur intercession (1) ? 

J'ai été conduit à Dieu à la fin de mon adolescence grâce à la lecture de la vie de saints. Saint Igance de Loyola a été converti à Dieu non seulement en lisant un livre sur Jésus, mais aussi en lisant la vie des saints. Voici, ci-dessous, le témoignage que nous donne sur ce sujet le Père Luis Gonzalvo (Conzalvo en espagnol), sj, un des compagnons Jésuites qui ont vécu avec Ignace. 

Aperçu généré par IA :

  • La dictée : Entre 1553 et 1555, poussé par les premiers compagnons jésuites (notamment Jérôme Nadal), Ignace de Loyola a accepté de raconter sa vie. 
  • Le procédé : Doté d'une mémoire prodigieuse, le père Gonzalvo écoutait le fondateur lui dicter ses souvenirs, prenait des notes rapides et les rédigeait ensuite. C'est grâce à lui que l'on connaît en détail la conversion d'Ignace à Pampelune.
  • Pour comprendre le texte ci-dessous écrit par le Père Gonzalvo, il est important de connaître un peu la vie de saint Ignace de Loyola. Ignace, avant sa conversion, était très mondain et enthousiasmé par l'idéal chevaleresque. Il s'est engagé dans l'armée mais blessé à la jambe à Pamplume  par un boulet de canon, il a dû vivre une convalescence dans le château de Loyola. C'est ici que commence le récit du Père Gonzalvo : Ignace est en convalescence dans le château de Loyola et pour se divertir, il demande qu'on lui apporte des romans de chevalerie.  

    AUTOBIOGRAPHIE DE S. IGNACE
    RECUEILLIE PAR LOUIS CONSALVO


    Ignace s'adonnait volontiers à la lecture de ces livres mondains et menteurs qu'on appelle romans de chevalerie. Se sentant dispos, il en demanda quelques-uns pour passer le temps. Mais dans toute la maison, on n'en trouva pas un seul de ceux qu'il avait coutume de lire ; on lui apporta donc une Vie du Christ et un livre sur la vie des saints en espagnol. Il y faisait de fréquentes lectures et éprouvait un certain attrait pour ce qu'on y racontait. Quand il s'interrompait, il réfléchissait tantôt à ce qu'il avait lu, tantôt aux choses du monde qui, auparavant, retenaient habituellement sa pensée. ~

    Notre Seigneur cependant venait à son secours et, à ces pensées, en faisait succéder d'autres, nées de ses lectures. En effet, en lisant la vie de Notre Seigneur et des saints, il se prenait à penser et à se dire en lui-même : « Et si je faisais ce que fit saint François et ce que fit saint Dominique ? » Il songeait aussi à bien des choses qui lui paraissaient bonnes, et il envisageait toujours des entreprises difficiles et pénibles. À se les proposer, il avait le sentiment qu'il lui serait facile de les réaliser. Toutes ces réflexions revenaient à se dire : « Saint Dominique a fait ceci, donc je dois le faire ; saint François a fait cela, donc je dois le faire. » (Tiré de : https://www.aelf.org/2026-07-31/romain/lectures)

    En lisant les faits et gestes de saint François d'Assise et de saint Dominique, Ignace éprouvait un désir de les imiter et il lui semblait qu'il serait facile de le faire. C'est cela le grand bienfait que nous retirons de la lecture de la vie des saints : nous désirons les imiter, En les imitant, nous nous rapprochons immanquablement de Jésus. 

    Saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars, avait une dévotion extraordinaire envers une sainte appelée Philomène.  

    Aperçu généré par IA

    Le saint Curé d'Ars (Jean-Marie Vianney) vouait une dévotion extraordinaire à sainte Philomène, qu'il appelait affectueusement sa « chère petite sainte » et sa «grand'avocate ».

    Tout comme saint Ignace de Loyola, le saint curé avait une grande admiration envers les saints et les saintes. Voici, ci-dessous, ce qu'il nous dit dans un extrait du texte que l'Église nous présente dans l'office des lectures du 4 août, jour de la fête liturgique de ce grand saint:

    "On en voit qui se perdent dans la prière comme le poisson dans l'eau, parce qu'ils sont tout au bon Dieu. Dans leur cœur, il n'y a pas d'entre-deux. Oh ! que j'aime ces âmes généreuses !... Saint François d'Assise et sainte Colette voyaient notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlons." (Tiré de : . https://www.aelf.org/2026-08-04/romain/lectures)

    Voilà l'élément fondamental pour lequel la connaissance de la vie des saints est si importante: nous voyons ce que Dieu a fait dans la vie du saint et de la sainte et nous nous en émerveillons. On se dit que cette personne ne pouvait pas avoir acccompli ce qu'elle a fait sans la puissance divine qui l'habitait. Et dans notre émerveillement, nous nous disons que nous aussi nous pouvons, avec l'aide de Dieu, accomplir des choses semblables. Mais ce n'est pas tout : nombreuses sont les personnes qui ont expérimenté avoir été changées intérieurement après avoir invoqué, prié ou côtoyé un saint. Personnelement, le pèlerinage que j'ai vécu en 2024 sur les pas du jeune saint Carlo Acutis, a changé des choses dans ma vie. Je ne suis plus le même depuis que la prière de ce jeune saint a transformé ma vie.

    Depuis mon retour de vacances, je dis à nos paroissiens et paroissiennes que mon grand désir pour l'année qui vient, c'est qu'ils soient très nombreux à venir à la messe à chaque jour et à prier tous les jours le chapelet. Je leur dis que les deux jeunes saints que nous avons devant les yeux dans nos églises, ne sont pas des décorations mais des exemples et des modèles. Tous les deux sont alllés à la messe tous les jours de leur vie pour recevoir Jésus Eucharistie et tous les deux priaient le chapelet à chaque jour et même parfois plus d'un chapelet. En sachant cela, qui n'aurait pas honte de ne pas avoir la générosité d'en faire autant 

    Photo du haut : Pier Giorgio en haut à gauche et Carlo en haut à droite, dans notre église. Une silhouette grandeur nature de Carlo est même à droite de l'autel, en bleu.

                 

    Je termine ce blogue en citant saint Bernard. Non seulement l'Église consacre des journées entières aux saints et aux saintes durant l'année liturgique, mais elle célèbre tous les saints et les saintes lors d'une journée spéciale qui a lieu à chaque année le premier novembre. Cette solennité est appelée la Toussaint ou la solennité de Tous les saints. Dans l'office des lectures de cette journée, notre mère l'Église nous offre un magnifique texte de saint Bernard qui nous montre à quel point la dévotion envers les saints et saintes est importante

    HOMÉLIE DE S. BERNARD POUR LA TOUSSAINT

    Dans la communion des saints

    Pourquoi notre louange à l'égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n'ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c'est pour nous que cela importe, non pour eux. ~ Pour ma part, je l'avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir. ~

    Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici : nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d'être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d'être mêlés à l'assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d'être associés à la joie et à la communion de tous les saints. Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n'en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n'en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions !

    Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d'en haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu'ils comptent sur nous, accourons avec nos désirs spirituels. ~ Ce qu'il nous faut souhaiter, ce n'est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu'en désirant leur présence, nous ayons l'ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l'ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n'a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire. ~

    Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire. Jusque-là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu'il s'est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés. ~ Il serait honteux que, sous cette tête couronnée d'épines, un membre choisisse une vie facile, car toute la pourpre qui le couvre doit être encore non pas tant celle de l'honneur que celle de la dérision. Viendra le jour de l'avènement du Christ : alors on n'annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elle les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d'humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c'est lui la Tête.

    Cette gloire, il nous faut la convoiter d'une absolue et ferme ambition. ~ Et vraiment, pour qu'il nous soit permis de l'espérer, et d'aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher aussi, avec le plus grand soin, l'aide et la prière des saints, afin que leur intercession nous obtienne ce qui demeure hors de nos propres possibilités.

    (1)

    Aperçu généré par IA
    Dans le calendrier liturgique romain général (le calendrier officiel de l'Église catholique), environ 150 à 180 jours par an sont explicitement dédiés à la célébration d'un ou plusieurs saints en tant que mémoire, fête ou solennité universelle.

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