lundi 16 avril 2018

Faire l'expérience du RESSUSCITÉ

Faire l’expérience du RESSUSCITÉRésultats de recherche d'images pour « Apparizione a Tommaso »
Gerard van Honthorst, L'incrédulité de Thomas

Note: Ce blogue est l’enseignement que recevront cette semaine les Cellules paroissiales d’évangélisation qui sont dans notre paroisse.

Le Temps pascal est le temps le plus beau de toute l'année liturgique. Chaque moment fort de l'année nous invite à demander une grâce particulière. L'Avent et le Carême nous invitent à demander la grâce de la conversion et de l'intériorité. Le temps de Pâques nous invite à demander la grâce de vivre une expérience forte du RESSUSCITÉ qui nous aidera à nous mettre en mode de sortie, pour aller annoncer Jésus à nos concitoyens. 


Paroles de Dieu: 

"Je suis le Pain de la vie" (Jn 6, 48). 

" Ils le reconnurent à la fraction du pain" (Lc 24, 31 et Lc 24, 35)

Commençons par la première Parole de Dieu citée ci-dessus: "Je suis le Pain de la vie". Nous pouvons inverser la contruction de la phrase et dire: "Le Pain de la vie, c'est Jésus". Pour nous qui vivons au 21e siècle, la façon privilégiée et la façon la plus extraordinaire de rencontrer le Ressuscité, c'est le Pain de vie, le Pain eucharistique. C'est là que se trouve ce qu'on a coutume d'appeler la PRÉSENCE RÉELLE de Jésus. Toute présence de Jésus est réelle. Mais la présence réelle par excellence de Jésus sur cette terre, c'est l'EUCHARISTIE. 

Pour deux des disciples de Jésus, ceux qu'on appelle communément les "disciples d'Emmaüs", l'eucharistie fut la façon de rencontrer le Ressuscité, ou du moins la façon de se rendre compte qu'ils étaient en sa présence du Ressuscité: ils RECONNURENT Jésus au moment de la fraction du pain. Ce n'est pas pour rien que le deuxième pillier des CPÉ ( Cellules paroissiales d’évangélisation) est "l'ADORATION EUCHARISTIQUE"; le premier pillier étant l'ESPRIT SAINT. Nous savons tous cela, mais en tirons-nous des conséquences pratiques pour notre vie?

Expérience en la Présence: 

Les premiers disciples ont fait une expérience extraordinaire de la présence de Jésus ressuscité au milieu d'eux. Ils l'ont vu, ils l'ont touché et ont même mangé en sa compagnie une fois qu'il fut ressuscité d'entre les morts. 

Mais Saul (le futur saint Paul), lorsqu'il a rencontré le Ressuscité pour la première fois, n'a pas vu Jésus; il l'a seulement entendu. Et la lumière qu'est Jésus ressuscité fut si éblouissante, qu'elle rendit Saul aveugle. Quant à nous, nous n'entendons pas la voix de Jésus comme Saul l'a entendue au moyen de ses oreilles charnelles, mais nous pouvons à chaque jour ENTENDRE SA PAROLE et en être éblouis. Ce n'est pas tant la voix qui convertit le coeur, mais la Parole, le message. La Parole de Dieu écoutée et méditée est aussi une façon extraordinaire de rencontrer le Ressuscité. Pourquoi ne pas écouter de temps à autre ou même souvent les Paroles de Jésus, au pied de sa présence eucharistique? 

Expérience en l'absence apparente: 

Je lis ces jours-ci le second tome de l'oeuvre du pape Benoît XVI intitulée Jésus de Nazareth. Vers la fin de ce second tome, le pape commente l'évangile de Luc, au chapire 24. Le pape s'étonne des dernières paroles dans l'évangile de Luc: 

"Or, tandis que Jésus les bénissait, il se sépara d'eux et il était emporté au ciel. Il se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu." (Lc 24, 51-53).

Le pape dit qu'on se serait plutôt attendus à de la tristesse de la part des apôtres et des disciples, alors que Jésus les quitte pour monter vers le Père. Or les disciples éprouvent plutôt de la joie. Comment expliquer cette joie? Voici ce qu'écrit Benoît XVI: 

"Ce qu'en tout cas on peut en déduire, c'est que les disciples ne se sentent pas abandonnés; ils ne retiennent pas que Jésus, se soit comme évanoui dans un ciel inaccessible et loin d'eux. Évidemment ils sont certains d'une présence nouvelle de Jésus. Justement, ils sont sûrs que le Ressuscité (comme selon Matthieu, il l'avait aussi dit) est maintenant présent au milieu d'eux d'une manière nouvelle et puissante. Ils savent que "la droite de Dieu", où il est maintenant "élevé", implique un nouveau mode de sa présence, qu'on ne peut plus perdre - le mode par lequel seul Dieu peut nous être proche. 

La joie des disciples après l'ascension, corrige notre image de cet événement. L'ascension n'est pas un départ dans une région lointaine du cosmos, mais elle est la proximité permanente dont les disciples font si fortement l'expérience qu'ils en tirent une joie durable." (Benoît XVI, Jésus de Nazareth, De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection, Librairie éditrice vaticane, 2011, p. 318)

À la toute fin du livre, le pape revient sur cette dernière bénédiction qu'a donnée Jésus à ses amis, au jour de l'Ascension, en saint Luc. Les paragraphes que vous allez maintenant lire, sont les toutes dernières phrases du livre de Benoît XVI:  

" Retournons encore une fois à la conclusion de l'Évangile de Luc. Jésus a conduit les siens près de Béthanie, nous est-il dit. "Et levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu'il se sépara d'eux et fut emporté au ciel" (24,50s.). Jésus part en les bénissant. En bénissant il s'en va et dans la bénédiction il demeure. Ses mains restent étendues sur le monde. Les mains du Christ qui bénissent sont comme un toit qui nous protège. Mais elles sont en même temps un geste d'ouverture qui déchire le monde afin que le ciel pénètre en lui et puisse y devenir une présence. 

Dans le geste des mains qui bénissent s'exprime la relation durable de Jésus avec ses disciples, avec le monde. Dans le fait de s'en aller il vient pour nous élever au-dessus de nous-mêmes et ouvrir le monde à Dieu. Pour cela les disciples ont pu se réjouir, quand de Béthanie ils sont retournés chez eux. 

Dans la foi, nous savons que Jésus, en bénissant, tient ses mains étendues sur nous. Voilà la raison permanente de la joie chrétienne." (Ibid, pp. 329-330)

Les disciples après l'Ascension de Jésus, n'ont plus vu leur maître et ne l'ont plus entendu de leurs oreilles charnelles. En cela, ils étaient comme nous et nous sommes comme eux. Il est vrai que les Apôtres ont joui d'une expérience du Ressuscité qui est UNIQUE et EXCEPTIONNELLE. Mais une fois que Jésus est retourné vers le Père (dans le sens explicité par Benoît XVI), leur relation à Jésus était très semblable à la nôtre. Ils ont dû, comme nous, croire que Jésus était toujours avec eux, auprès d'eux, mais d'une façon nouvelle. Ils ont dû vivre de foi. C'est la foi en la Parole de Jésus qui nous a promis d'être avec nous jusqu'à la fin du monde (Mt 28, 20), qui est pour nous comme pour les disciples après l'Ascension de Jésus, notre motif d'espérance, la cause de notre joie et de notre agir apostolique. 

Chers amis "cellulaires", je suis certain qu'en lisant ce que le pape Benoît XVI a écrit concernant les mains de Jésus qui nous bénissent et qui bénissent le monde, vous avez immédiatement pensé au moment qui conclut la rencontre en cellule à chaque semaine: le moment de la prière fraternelle. Ne dit-on pas que les mains que nous tendons alors vers notre frère ou notre soeur qui nous a demandé de prier sur elle ou sur lui, sont dans notre esprit le "prolongement des mains que Jésus pose sur nous"? 


Questions pour un partage: 

Puisque l'expérience du Ressuscité se vit essentiellement lorsque nous sommes conscients de la présence de Jésus en nous ou à nos côtés, quels moyens est-ce que je prends pour faciliter cette prise de conscience. Est-ce que je consacre du temps à l'adoration eucharistique ou à la méditation quotidienne? Quels sont les temps, les lieux ou les moments que je consacre à la proximité avec Jésus dans la foi et en toute conscience? 





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