mercredi 24 juin 2015

Nativité de saint Jean Baptiste

Nativité de saint Jean Baptiste

Rogier van der Weyden
Nativité de Jean le Baptiste

Aujourd’hui, 24 juin 2015, c’est Solennité dans l’Église universelle, en l’honneur de saint Jean le Baptiste, celui que Jésus a décrit comme étant « le plus grand des enfants des hommes »; ce qui n’est pas rien. Les francophones du Canada ont une raison particulière de se réjouir aujourd’hui car saint Jean le Baptiste est leur patron. Ce géant de la sainteté est le patron des Canadiens français.

Les Canadiens français se retrouvent surtout dans la province de Québec. Or, malheureusement, les citoyens du Québec ne semblent plus apprécier le don que Dieu leur a fait d’avoir pour patron le plus grand des enfants des hommes. Les responsables de la vie civile au Québec, ont changé le nom de la fête nationale qui a toujours été célébrée en grande pompe le 24 juin. On ne parle plus désormais de célébrer « la Saint-Jean », comme on l’a toujours fait; on célèbre maintenant « la fête nationale des Québécois ». C’est pour moi un signe évident que la grande majorité des Québécois de l’an 2000, est davantage fière de sa langue, que de sa religion. On semble oublier ainsi que si la langue française est parlée en Amérique, c'est grâce aux premiers colons venus de France, dont plusieurs sont des saints canonisés par l'Église catholique. Comme il est triste de constater que la nation québécoise est davantage fière de parler français que d’être chrétienne! Voilà, pour moi, une raison d’être triste, en ce jour de notre fête nationale. Heureusement que notre Mère l’Église nous recentre aujourd’hui sur l’essentiel et nous invite à la JOIE; grâce à Elle, je me réjouis aujourd’hui. La prière d’ouverture à la messe que je célébrerai fièrement en paroisse ce matin à 11hres, nous invite d’ailleurs à demander à Dieu le don de la « joie spirituelle »:

« Tu as voulu, Seigneur, que saint Jean Baptiste prépare ton peuple à la venue du Messie; accorde à ton Église le don de la joie spirituelle, et guide l’esprit de tous les croyants dans la voie du salut et de la paix. » (Prière d’ouverture de la messe de la Nativité de saint Jean Baptiste).

Un des signes que l’Église accorde une très grande importance à notre saint patron, est le fait que nous célébrons sa naissance en ce monde. Normalement, l’Église, lorsqu’elle célèbre la sainteté d’un de ses enfants, se réjouit de sa naissance dans l’autre monde: sa naissance au ciel. C’est pourquoi un saint est toujours célébré le jour de sa mort, ou le jour le plus près de sa mort. Car c’est au jour de sa mort que le saint est entré au ciel. Lorsqu’un pape canonise un saint, il engage son infaillibilité pour nous assurer que ce saint est au ciel. D’ailleurs, chacun et chacune de nous, n’entrera au ciel, qu’une fois « saint et immaculé dans l’amour » (Éphésiens 1, 4). Or, pour Jean le Baptiste, tout comme pour Jésus et la Vierge Marie, l’Église célèbre au cours de l’année, et sa naissance sur terre, et sa naissance au ciel. (1)

Je suis le curé de la paroisse Saint-Enfant-Jésus à la Pointe-aux-Trembles de Montréal. Le patron de notre paroisse a un lien tout à fait spécial avec Jean le Baptiste. Jésus et Jean se sont connus et rencontrés avant leur naissance. Et cette rencontre fut miraculeuse à plusieurs égards. Premièrement, la rencontre entre les deux n’auraient jamais eu lieu avant leur naissance, sans l’intervention directe de Dieu. C’est parce que la Vierge Marie a été mise au courant par un ange, de la conception miraculeuse de sa cousine Élisabeth, qu’elle s’est mise en marche (« en hâte », nous dit l’Évangile) pour un long voyage vers la région de Juda. Et lorsque Marie salua Élisabeth, un autre miracle se produisit: Jean a bondi de joie dans le sein de sa mère, et au même moment, celle-ci fut inspirée et reconnut en Marie la Mère de son Seigneur. Cette sanctification opérée pas Jésus à peine conçu, à l’endroit de Jean conçu six mois auparavant, est tout simplement extraordinaire et révélatrice pour qui quiconque a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Quand l’homme et la femme moderne affirment que l’embryon et même le foetus, ne sont qu’un amas de tissus sans personnalité, ils font une grossière erreur. L’embryon de quelques jours, est déjà une personne humaine. Ce que le monde moderne a bien de la misère à voir ou à croire, la Parole de Dieu l’annonce et le proclame avec force. Et cette vérité nous a été révélée grâce à la rencontre entre Jésus et son précurseur, aux premiers jours de leur existence intra-utérine.

Puisque nous célébrons aujourd’hui Jean le Baptiste enfant, je ne vais m’arrêter qu’aux évangiles de l’enfance. Huit jours après la naissance de Jean, se sont produits d’autres événements miraculeux pleins d’enseignements. Le jour de la circoncision de l’enfant, le père donnait un nom à son enfant. Zacharie, son père, qui était devenu miraculeusement muet neuf mois auparavant, retrouve la parole au moment de donner le nom à son fils, nom que l’ange lui avait indiqué. Voici comment saint Luc raconte l’événement:

« Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara: « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit: « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit: « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia: il parlait et il bénissait Dieu. » (Lc 1, 59-64)
Zacharie écrit sur une tablette que son fils s’appellera Jean  

C’est alors que Zacharie prononça un cantique merveilleux; tellement merveilleux que le peuple de Dieu à travers le monde, prie ce cantique tous les matins, aux Laudes (l'office liturgique du matin). Ce cantique se nomme le Benedictus, en raison du premier mot du cantique, qui commence ainsi: « Béni soit le Seigneur ».

Les derniers mots de la prière d’ouverture de la messe d’aujourd’hui (que nous avons cités ci-dessus), font clairement référence, selon moi, au cantique de Zacharie. Car Zacharie fait clairement référence à l’avènement de Jésus qui seul, peur conduire l’humanité sur le chemin du salut et de la paix. J’ai mis en bleu les paroles qui se rapportent plus spécifiquement à Jean le Baptiste.

CANTIQUE DE ZACHARIE (BENEDICTUS)

L’Église reprend le Cantique de Zacharie (Lc 1, 68-79) chaque matin à l’office de Laudes, au moment où le soleil se lève à l’Orient ; elle se dispose ainsi à « connaître le temps de sa visite » et à profiter de la puissance de salut que Dieu ne cesse de mettre à sa disposition tout au long de ses jours.

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël
qui visite et rachète son peuple.


Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,


comme il l’avait dit par la bouche de Saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens:


salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,


amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,


serment juré à notre père Abraham,
de nous rendre sans crainte,


afin que délivrés de la main des ennemis
nous le servions, dans la justice et la sainteté
en sa présence, tout au long de nos jours.

Et toi, petit enfant, tu seras appelé 
prophète du Très-Haut :
tu marcheras devant, à la face du Seigneur, 

et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,


grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,


pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas 
au chemin de la paix.

(1) L’Église célèbre la naissance de Jésus le 25 décembre et son retour au ciel, à Pâques ou à l’Ascension. La naissance de la Vierge Marie en ce monde, est célébrée le 8 septembre et sa naissance au ciel, le 15 août. Quant à saint Jean-Baptiste, sa naissance en ce monde, est célébrée le 24 juin et sa naissance au ciel, le 29 août (fête du martyr de Jean le Baptiste). 

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