lundi 12 mai 2014

Bruno Lantéri et Colossiens 3, 3

Bruno Lantéri et Colossiens 3, 3 

« Vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,3)

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Pour employer une expression chère à la compagnie Google, dans les logos qu’elle met à chaque jour sur son moteur de recherche : « Il y a 255 ans, naissait Bruno Lantéri ». Le Père Lantéri, comme vous le savez désormais, est le fondateur de la Congrégation religieuse à laquelle j’appartiens : Les Oblats de la Vierge Marie. Quelle grâce cette naissance de Bruno Lantéri a été pour moi. Grâce à cet homme, je vois mieux et je comprends mieux quel est le plan de Dieu dans ma vie. Grâce à lui, je connais davantage les dons et charismes que Dieu a mis en moi.

Aujourd’hui aussi se termine la neuvaine de prières que plusieurs d’entre vous ont fait monter vers Dieu pour la guérison de notre confrère Gregory Staab et pour la glorification de notre fondateur, c’est-à-dire, pour permettre qu’il soit reconnu un jour officiellement, comme étant un saint. Je remercie bien sincèrement toutes les personnes qui ont fait la neuvaine à cette intention. En octobre dernier, j’ai été à Boston pour quelques jours de réunion. J’ai eu la grâce de concélébrer une eucharistie aux côtés du Père Greg. Je entendu très clairement les râlements de Greg, dus à sa maladie. Déjà je le sentais souffrant physiquement et psychologiquement. J’imagine dans quel état il doit être maintenant, sept mois plus tard.

Ayant prié de tout notre cœur, pour la guérison de Greg, nous avons fait tout notre possible. L’impossible n’est possible qu’à Dieu. S’il y a une phrase de l’archange Gabriel que Marie a retenue, c’est bien celle-ci : « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Ceci étant dit, Dieu restera toujours le Souverain libre. Sa liberté souveraine sera toujours respectée. La réponse qu’il donnera à notre neuvaine, sera la plus belle des réponses, la meilleure des réponses. Le silence apparent de Dieu, est souvent la meilleure des réponses. La gloire de Dieu, chez l’évangéliste saint Jean, c’est la croix de Jésus. Jamais Dieu n’a été aussi glorifié que par l’amour et l’obéissance de son Fils sur la croix. Heureusement que Jésus n’est pas descendu miraculeusement de la croix, et que sa mort atroce ne Lui a pas été épargnée; il en allait de notre salut.

J’avoue que durant la dernière semaine, je trouvais un peu ironique et presque comique, de prier pour la glorification sur cette terre, de notre vénérable fondateur. Premièrement, parce que tout Oblat de la Vierge Marie, sait très bien que Bruno Lantéri n’a jamais cherché les honneurs. Au contraire, il les fuyait comme la peste. Vous pourrez lire par vous-mêmes dans un instant, ce qu’il pense des honneurs humains. Très souvent, notre fondateur ne signait pas les textes qu’il écrivait; ou il les écrivait sous un pseudonyme. Il le faisait peut-être par prudence, pour ne pas être accusé et mis en exil, mais il le faisait surtout par humilité.

Je désire vous présenter aujourd’hui un commentaire biblique de notre fondateur. Je considère ce commentaire comme étant très important pour connaître la figure et la spiritualité de Bruno Lantéri. Je n’ai même pas eu à traduire ce texte, car le Père Lantéri l’a écrit en français, dans la langue de Molière qu’il connaissait très bien.

Commentaire de Bruno Lantéri sur la phrase suivante de saint Paul, dans sa lettre aux Colossiens : « Vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. » (Col 3,3)

Vous êtes morts et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ. Quand Jésus-Christ qui est votre vie apparaîtra, alors vous apparaîtrez en gloire avec Lui (Aux Col.).

Vous êtes morts; à quoi? Au péché. Vous y êtes morts par le baptême, par la pénitence, par la profession de la vie chrétienne, de la vie religieuse vous êtes morts au péché; et comment pourriez-vous donc maintenant y vivre? Mourez-y donc à jamais, et sans retour; mais pour mourir parfaitement au péché, il faudrait mourir à toutes nos mauvaises inclinations, à toute la flatterie des sens et de l'orgueil: car tout cela dans l'Écriture s'appelle péché, parce qu'il ne nous permet pas d'être entièrement sans péché.

Quand est-ce donc que s'accomplira cette parole de S. Paul: Vous êtes morts? Dans quel bienheureux endroit de notre vie? Quand serons-nous sans péché? Jamais dans le cours de cette vie puisque nous avons toujours besoin de dire: pardonnez-nous nos péchés. À qui donc parle S. Paul, quand il dit: Vous êtes morts: est-ce aux esprits bienheureux? Sont-ils morts, et ne sont-ils pas au contraire dans la terre des vivants? Sans doute; ce n'est point à eux à qui S. Paul dit: Vous êtes morts. C'est à nous, parce qu'encore qu'il y ait en nous quelque reste de péché, le péché a reçu le coup mortel. La convoitise du mal reste en nous, et nous avons à la combattre toute notre vie. Mais la tenons-nous atterrée, abattue, et anéantie? Nous le devrions, nous le pouvons avec la grâce de Dieu; et alors elle reçoit le coup mortel. Et si pendant le combat, elle nous donnait quelque atteinte, nous ne cesserions de gémir, de nous humilier, de dire avec S. Paul: qui me délivrera de ce corps de mort? Vous en êtes donc délivrées, âmes chrétiennes! Vous en êtes délivrées en espérance, et en vœu: vous êtes morts. Il ne vous faut plus qu'un drap mortuaire, un voile sur votre tête, un sac sur votre corps, d'où soient bannies à jamais toutes les marques du siècle, toutes les enseignes de la vanité. Il ne vous faut qu'une impénétrable retraite pour vous servir de tombeau. Cela est fait: vous êtes morts, et votre vie est cachée; ce n'est donc pas une mort entière; c'est ce que disait S. Paul: Si Jésus-Christ est en vous, votre corps est mort à cause du péché qui y a régné, et dont les restes y sont encore; mais votre esprit est vivant à cause de la justice qui a été répandue dans vos cœurs avec la charité. C'est à raison de cette vie de la justice que S. Paul nous dit aujourd'hui: et votre vie est cachée en Dieu

Qu'on est heureux! Qu'on est tranquille! Affranchi des jugements humains, on ne compte plus pour véritable que ce que Dieu voit en nous, ce qu'il en sait, ce qu'il en juge. Dieu ne juge pas comme l'homme; l'homme ne voit que le visage, que l'extérieur; Dieu pénètre le fond des cœurs; Dieu ne change pas comme l'homme; son jugement n'a point d'inconstance; c'est le seul sur lequel il faut s'appuyer. Qu'on est heureux alors! Qu'on est tranquille! On n'est plus ébloui des apparences, on a secoué le joug des opinions; on est uni à la vérité, et on ne dépend que d'elle. On me loue, on me blâme; on me tient pour indifférent, on me méprise; on ne me connaît pas, ou l'on m'oublie: tout cela ne me touche pas, je n'en suis pas moins ce que je suis, l'homme se veut mêler d'être Créateur; il me veut donner un être dans son opinion, ou dans celle des autres: mais cet être qu'il me veut donner (et qui néanmoins n'est pas en moi) est un néant: car qu'est ce qu'un être qu'on me veut donner, sinon une illusion, une ombre, une apparence; c'est-à-dire dans le fond un néant. Qu'est-ce que mon ombre qui me suit toujours, tantôt derrière, tantôt à côté? Est-ce mon être? Rien de tout cela. Mais cette ombre semble marcher et se remuer avec moi? Ce n'est pas plus mon être.

Ainsi en est-il du jugement des hommes qui veut me suivre partout, me peindre, me figurer, me faire mouvoir à sa fantaisie; et il croit par là me donner une sorte d'être, mais au fond, je le sens bien, ce n'est qu'une ombre, une lumière changeante, qui me perd tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, allonge, apetisse, augmente, diminue cette ombre qui me suit, la fait paraître en diverses sortes en ma présence, et la fait aussi disparaître en se retirant tout à fait, sans que je perde rien du mien. Et qu'est-ce que cette image de moi-même que je vois encore plus expresse, et en apparence plus vive dans cette eau courante? Elle se brouille et souvent elle s'efface elle-même, elle disparaît quand cette eau est trouble! Qu'ai-je perdu? Rien du tout qu'un amusement inutile. Ainsi en est-il des opinions, des bruits, des jugements fixes si vous voulez, où les hommes avaient voulu me donner un être à leur mode. Cependant non seulement je m'y amusais comme à un jeu, mais encore je m'y arrêtais comme à une chose sérieuse et véritable: et cette ombre et cette image fragile me troublaient et m'inquiétaient en se changeant; et je crois perdre quelque chose. Désabusé maintenant d'une erreur dont je ne devais jamais me laisser surprendre, et encore moins m'entêter, je me contente d'une vie cachée, et je consens que le monde me laisse tel que je suis. Qu'on est tranquille alors! Encore une fois, qu'on est heureux!
Que me profitent ces louanges qu'on me donne? Elles achèvent de m'enivrer, de me séduire. Si le monde loue le bien que je lui fais, tant mieux pour lui: “Mes frères, disait un grand saint, ce serait vous porter envie de ne vouloir pas que vous louassiez les discours où je vous annonce la vérité. Louez-les donc, car il faut bien que vous les estimiez et les louiez afin qu'ils vous profitent. Je veux donc bien vos louanges parce que sans elles je ne puis vous être utile. Mais pour moi qu'en ai-je à faire? Ma vie et ma conscience me suffisent. L'approbation que vous me donnez vous est utile à vous, mais pour moi elle m'est dangereuse. Je la crains, je vous la renvoie, je ne la veux que pour vous; et pour moi, ma vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ; c'est là ma sûreté, c'est là mon repos”.

Pour moi, disait saint Paul, je me mets fort peu en peine d'être jugé par les hommes, ou par le jugement humain. Les hommes me veulent juger et ils m'ajournent, pour ainsi dire, devant leur tribunal pour subir leur jugement, mais je ne reconnais pas ce tribunal, et le jour qu'ils ont marqué, comme on fait dans les jugements, pour prononcer leur sentence, ne m'est rien. Qu'on me mette devant ou après celui-ci, ou celui-là, au-dessus, ou au-dessous: qu'on me mette en pièces, qu'on m'anéantisse comme par un jugement dernier: je me laisse juger sans m'émouvoir, ou si je m'en émeus, je plains ma faiblesse, car ce n'est pas aux hommes à me juger: je ne me juge même pas moi-même. Le premier des jugements humains, dont je suis désabusé, c'est le mien propre, car encore que ma conscience ne me reproche rien, je ne me tiens pas justifié pour cela. C'est le Seigneur seul qui me juge.

Soyez donc cachés aux hommes sous les yeux de Dieu, comme inconnus, disait le même S. Paul, et toutefois bien connus, puisque nous le sommes de Dieu; comme morts à l'égard du monde, où nous ne sommes plus rien et toutefois nous vivons et notre vie est cachée en Dieu; la balayure du monde, mais précieux devant Dieu, pourvu que nous soyons humbles et que nous sachions tirer avantage du mépris qu'on fait de nous; tranquilles, indifférents à tout ce que le monde dit et fait de nous; soit qu'il nous mette à droite ou à gauche, du bon ou du mauvais côté, dans la gloire ou dans l'ignominie, dans la bonne ou dans la mauvaise réputation, nous allons toujours le même train, comme tristes par la gravité et le sérieux de notre vie, par la tristesse apparente de notre retraite et de nos humiliations et néanmoins toujours dans la joie par une douce espérance qui se nourrit dans le fond de notre cœur, comme pauvre et enrichissant le monde par notre exemple, si nous avons le courage de lui montrer qu'on se peut passer de lui, comme n'ayant rien et possédant tout et parce que moins nous avons des biens que le monde donne, plus nous possédons Dieu qui est tout. Fuyons, fuyons le monde et tout ce qui est dans le monde car ce n'est que corruption: vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités et tout est vanité. Crains Dieu et garde ses commandements car c'est là tout l'homme, ou comme d'autres traduisent: c'est le tout de l'homme.

Cachée en Dieu; quel mystère…

Et ma vie est cachée en Dieu: cachée en Dieu; quel mystère? Cachée dans le sein de la lumière, dans le principe de voir. Oui, cette haute et inaccessible lumière me cache le monde, me cache au monde et à moi-même. Je ne vois que Dieu. Je ne suis vu que de Dieu. Je m'enfonce si intimement dans son sein, que les yeux mortels ne m'y peuvent suivre. De mon côté, je ne puis me détourner d'un si digne, d'un si doux objet; attaché à la vérité même, je n'ai plus d'yeux pour la vanité; c'est ainsi que je devrais être, s'il y a en moi quelque chose de chrétien, c'est ainsi que je veux être. Ô Dieu, mes yeux s'affaiblissent, se confondent à force de regarder en haut; mes yeux défaillent, ô Seigneur, pendant que j'espère en vous. Ô Seigneur, soutenez ces yeux défaillants, arrêtez mes regards en vous, et détournez-les des vanités, des illusions, des biens trompeurs et de tout l'éclat de la terre, afin que je ne le voie seulement pas et qu'un tel néant ne tire pas seulement de moi un coup d'œil. Averte oculos meos ne videant vanitatem. Ajoutez ce qui suit: in via tua vivifica me, donnez-moi la vie en m'attachant à vos voies, que je ne voie pas les vanités, que j'en retire tout jusqu'à mes yeux; c'est par là que, m'attachant à vos voies, vous me donnerez la vie et ma vie sera cachée en vous.

Celui qui aime Dieu, disait S. Paul, en est connu. Maintenant que vous connaissez Dieu, ou plutôt que vous en êtes connus, comment pouvez-vous retourner à ces faibles et stériles observances, ou vous voulez vous assujettir de nouveau? C'est ce que disait S. Paul, en parlant des observances de la loi, et on le peut dire de même de tous les stériles attachements de la terre, et de toute la gloire du monde; maintenant que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous êtes connu de Lui, que votre vie est cachée en Lui, que vous ne voyez que Lui, et qu'il est, pour ainsi parler, attentif à vous regarder, comme s'il n'avait que vous à voir. Comment pouvez-vous voir autre chose? Comment pouvez-vous souffrir d'autres yeux que les siens? Et votre vie est cachée en Dieu. Je vous vois donc Seigneur et vous me voyez et plût à Dieu que vous me vissiez de cette tendre et bienheureuse manière dont vous privez justement ceux à qui vous dites: “je ne vous connais pas”: plût à Dieu que vous me vissiez de cette manière dont vous voyiez votre serviteur Moïse, en lui disant: “Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce devant moi”; et un peu après: “Je ferai ce que tu demandes, parce que tu plais à mes yeux, et je te connais par ton nom”, c'est-à-dire: “Je t'aime, je t'approuve”; mon Dieu, si Vous me connaissiez de cette sorte, si Vous m'honoriez de tels regards, qu'ai-je à désirer davantage?

Si Vous m'aimez, si Vous m'approuvez, qui serait assez insensé pour ne se pas contenter de votre approbation, de vos yeux, de votre faveur? Je ne veux donc autre chose; content de vous voir, ou plutôt d'être vu de Vous, je Vous dis avec le même Moïse: “Montrez-moi votre gloire, montrez-Vous Vous-même”. Et si Vous me répondez comme à lui: “Je te montrerai tout le bien, tout le bien qui est en moi, et toute ma perfection, tout mon être, et je prononcerai mon nom devant ta face, et tu sauras que je suis le Seigneur, qui ai pitié de qui je veux, et qui fais miséricorde à qui il me plaît”. Que me faut-il de plus pour être heureux autant qu'on le peut être sur la terre? Et quand Vous me direz comme à Moïse: “Tu ne verras pas maintenant ma face: tu la verras un jour; mais ce n'est pas ici le temps: car nul mortel ne la peut voir; mais je te mettrai sur la pierre; je t'établirai sur la foi, comme sur un immuable fondement. Et je te laisserai une petite ouverture, par laquelle tu pourras voir mon incompréhensible lumière: et je mettrai ma main devant toi. Moi-même je me couvrirai des ouvrages de ma puissance: et je passerai devant toi, et je retirerai ma main en un moment, et je ferai outrepasser tout ce que j'ai fait et tu me verras par derrière: obscurément, imparfaitement, par mes grâces, par une réflexion, et un rejaillissement de ma lumière comme le soleil qui se retire, qui se couche, est vu par quelques rayons qui restent sur les montagnes à l'opposite”. N'est-ce pas de quoi me contenter, en attendant que je voie la beauté de votre face désirable que Vous me faites espérer?






samedi 10 mai 2014

Jésus: " Je suis la porte " (Jn 10, 9)

Jésus : « Je suis la porte » (Jn 10, 9)
 Je suis la porte - Diocèse de Cayenne

Nous sommes déjà parvenus au quatrième dimanche de Pâques. Le quatrième dimanche de Pâques est le dimanche du Bon Pasteur. À chaque année, il en est ainsi. Tous les ans, en ce dimanche, nous entendons une partie du chapitre 10 de saint Jean. L’évangile de cette année, nous présente une phrase de Jésus qui m’a toujours intrigué, et que je n’ai jamais vraiment comprise. Ce n’est que cette année que cette phrase prend pour moi tout son sens. Jésus dit : « Moi, je suis la porte. » Dorénavant, j’espère que lorsque j’entrerai chez nous, dans la maison où j’habite, je penserai souvent au fait que Jésus est la porte. Quand je franchirai la porte de mon domicile, je demanderai à Jésus de la franchir avec moi, pour que ce lieu qui est le lieu par excellence de mon intimité, soit toujours sous sa protection; sous la protection du Bon Pasteur. Car les loups peuvent parfois s’infiltrer dans la bergerie. À preuve : cette petite histoire qui circule sur l’internet :

L'étranger 

Quelques années avant ma naissance, mon père connut un étranger 
récemment arrivé dans notre village.
Depuis le début, mon père fut subjugué par ce personnage, si bien que
nous en arrivâmes à l'inviter à demeurer chez nous.

L'étranger accepta et depuis lors il fit partie de la famille.
Moi je grandissais, je n'ai jamais demandé d'où il venait, tout me
paraissait évident. Mes parents étaient enseignants : ma maman m'apprit ce qu'était le bien
et ce qu'était le mal et mon père m'apprit l'obéissance.

Mais l'étranger c'était un conteur, un enjôleur. Il nous maintenait pendant des heures,
fascinés par ses histoires mystérieuses ou rigolotes.
Il avait la réponse à tout ce qui concernait la politique, l'histoire ou les sciences. 
Il connaissait tout du passé, du présent, il aurait presque pu parler du futur !
Il fit même assister ma famille à une partie de football pour la première fois.
Il me faisait rire et il me faisait pleurer.

L'étranger n'arrêtait jamais de parler, ça ne dérangeait pas ma Maman.
Parfois elle se levait, sans prévenir, pendant que  nous continuions à boire ses paroles.
Je pense qu'en réalité, elle partait à la cuisine pour avoir un peu de tranquillité. 
(Maintenant je me demande si elle n'espérait pas avec impatience qu'il s'en aille) 
Mon père avait ses convictions morales, mais l'étranger ne semblait pas en être concerné.
Les blasphèmes, les mauvaises paroles, par exemple, personne chez nous, ni voisins, ni amis, 
s'y seraient permis. Ce n'était pas le cas de l'étranger qui se permettait tout, offusquant mon père 
et faisant rougir ma maman.

Mon père nous avait totalement interdit l'alcool.
Lui, l'étranger il nous incitait à en boire souvent.
Il nous affirmait que les cigarettes étaient fraîches et inoffensives,
et que pipes et cigares faisaient distingué. Il parlait librement (peut-être trop) du sexe.
Ses commentaires étaient évidents, suggestifs, et souvent dévergondés.

Maintenant je sais que mes relations ont été grandement influencées
par cet étranger pendant mon adolescence.
Nous le critiquions, il ne faisait aucun cas de la valeur de mes
parents, et malgré cela, il était toujours là !

Cinquante ans sont passés depuis notre départ du foyer paternel.
Et depuis lors beaucoup de choses ont changé: nous n'avons plus cette
fascination. Il n'empêche que, si vous pouviez pénétrer chez mes parents, vous le
retrouveriez quand même dans un coin, attendant que quelqu'un vienne écouter ses
parlottes ou lui consacrer son temps libre....

Voulez-vous connaître son nom?
Nous, nous l'appelons ....... Téléviseur !

Cette histoire, tellement bien racontée, donne à réfléchir n’est-ce pas? Depuis ce temps, d’autres intrus ont franchi le seuil de notre domicile et de notre intimité: internet, téléphones intelligents, etc. Quand nous franchissons la porte de notre domicile, demandons à Jésus de la franchir avec nous et d’être notre Pasteur et notre guide, dans notre « chez nous ».

Demandons aussi à Jésus, et à plus forte raison, d’être notre guide et notre Pasteur, lorsque nous franchissons la porte de notre domicile, pour rejoindre le monde extérieur. Que Jésus marche devant nous et soit notre guide et notre protecteur : « Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus » (Jn 10, 3-4). 

En acceptant et en décidant que Jésus soit la Porte, nous pourrons entrer et sortir en toute sécurité. Bien sûr, avant d'être la porte de notre domicile, Jésus est la porte de notre coeur.  

vendredi 9 mai 2014

Le Père Lantéri et la mansuétude de Jésus

Le Père Lantéri et la mansuétude de Jésus

Fr Pio Bruno Lanteri

Chers amis, dans trois jours, le 12 mai, cela fera 255 ans que le Père Bruno Lantéri, fondateur de notre Congrégation religieuse (les Oblats de la Vierge Marie) est né. Bruno Lantéri est né le 12 mai 1759, à Cunéo, en Italie. Je profite du fait que nous célébrerons dans quelques jours l’anniversaire de naissance de Bruno Lantéri, pour vous faire connaître un peu son cœur.

Je viens tout juste de traduire un texte du Père Lantéri sur la mansuétude de Jésus. Jésus a dit un jour cette phrase très forte et très inspirante : « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). C’est la seule fois, dans tout l’évangile, que Jésus qualifie son cœur. Il semble que Jésus veuille avant tout que nous sachions et que nous croyions qu’Il est doux et humble de cœur.

Il est intéressant de voir comment on traduisait certains passages de la Bible, il y a de cela 250 ans. Les connaissances bibliques ont fait des progrès énormes depuis ce temps. Lorsque le Père Lantéri montre à quel point Jésus était plein de douceur envers des personnes qui, d’un point de vue purement humain, auraient normalement dû recevoir des reproches, j’ai jugé bon de mettre entre parenthèses les références bibliques dont parle notre fondateur, et de traduire certaines citations qu’il a mises en latin. J’aime particulièrement la façon dont le Père Lantéri décrit l’attitude de Jésus envers la pécheresse rencontrée chez Simon le pharisien. Le Père Lantéri a souvent abordé la mansuétude de Jésus dans ses écrits; et ce n’est pas sans raison. Le défaut particulier et personnel du Père Lantéri (car chacun de nous a normalement un défaut particulier qu’il doit combattre toute sa vie) était le manque de patience et de douceur. Toute sa vie, Bruno Lantéri a cherché à devenir doux et patient, comme l'est le Bon Pasteur.  

Considérations du Père Lantéri sur la mansuétude de Jésus :

« Il semble que Jésus nous ait tout dit, en nous disant qu’Il ne s’attend de notre part à nulle autre imitation que celle d’être doux comme Lui. Cela devrait nous suffire. Nous connaissons maintenant la leçon la plus importante. Nous devons par conséquent la mettre en pratique, d’autant plus que pour nous faciliter la chose, Jésus a voulu nous l’enseigner par son exemple. Je vous en ferai donc aujourd’hui le portrait, d’après ce que disent les évangiles, pour que nous puissions plus facilement devenir une copie de Jésus. Et je vous démontrerai, si j’en suis capable, comment la vie de Jésus fut tout entière douceur inaltérable, douceur victorieuse, douceur à toute épreuve.

Déjà les prophètes avaient dépeint quels seraient les traits de notre Maître, bien avant qu’Il ne se rende visible. Isaïe disait que son allure n’aurait rien de triste et de mélancolique, que ses manières n’auraient rien de dur ni d’austère, que sa voix ne serait pas criarde, mais qu’au contraire notre Roi et notre Maître se présenterait doux et pacifique, comme un agneau qui n’ouvre pas la bouche devant celui qui le tond ; que sa voix se ferait à peine entendre, que son pas serait si doux et ses déplacements si mesurés, qu’Il serait capable de poser le pied sur un roseau sec sans achever de le rompre, ou sur de la braise sans en éteindre le feu. Salomon disait que sa manière de converser avec les gens n’aurait rien d’âpre ou d’amer, rien d’ennuyeux ou de rebutant, et qu’il répandrait partout un air de mansuétude, de douceur et de joie.

Pour se faire une idée juste du doux portrait de Jésus, il convient de l’examiner de plus près. Ses regards avaient quelque chose de si singulier que même sans parler, Il réussissait par eux, à toucher les cœurs qu’Il voulait et à leur communiquer l’amour, la douleur, la conversion qu’Il désirait. À preuve de quoi, je ne donnerai que l’exemple de saint Pierre. Saint Pierre le renie, non pas une seule fois, mais trois fois et en jurant. On pourrait penser que Jésus aurait dû lui faire quelque vif reproche pour le réveiller et le faire se raviser; mais non, Jésus n’avait pas besoin de cela. Quiconque a compris la douceur pénétrante des regards de Jésus, sait très bien qu’un seul de ceux-ci suffisait pour transpercer le cœur de Pierre, l’instruire et lui faire expérimenter une douleur salutaire. Et de fait, Jésus n’avait pas encore regardé Pierre, que celui-ci, à l’instant même, ouvre les yeux et se confond, sort de la salle et pleure amèrement son manquement. Conversus Dominus respexit Petrum et egressus foras, Petrus flevit amare (Jésus se retournant, regarda Pierre qui sortit et pleura amèrement) (1).   

Quelle joie cela aurait été pour nous, si nous avions eu la chance, chers amis, d’entendre Jésus développer avec tant de grâce, la belle parabole du Bon Pasteur, auquel Il se comparait, afin que nous comprenions que son infinie bonté ne pouvait pas aller plus loin que de ramener sur ses épaules la brebis perdue. Ou encore la parabole du Fils progigue par laquelle Il voulait que tout le monde sache que sa douceur ne pouvait pas être vaincue par tous les désordres de cette vie ; et quand il nous invitait tous à apprendre de Lui à être doux et humble de cœur, pour que tous comprennent bien que la qualité par laquelle il voulait être distingué, était cette même douceur. Et quand Il déclarait être notre ami, notre frère et notre époux.

Mais que dire des discours de Jésus, alors que ses reproches étaient à ce point remplis d’onction, qu’ils auraient ramolli les cœurs les plus durs. Il parle à une femme prise en flagrant délit d’adultère, et que pensez-vous du fait qu’Il ne lui dise que ceci : « Femme, personne te condamne ? Eh bien, moi non plus, je ne te condamne pas. Va et désormais, ne pèche plus » (Jn 8, 2-11). Marie Madeleine va se jeter à ses pieds dans la maison d’un pharisien, mais Jésus, bien loin de gronder cette pauvre pécheresse, devient au contraire son avocat, et entreprend de la défendre jusqu’à faire son panégyrique (Lc 7, 36-50). Il n’ignorait pas les désordres de la Samaritaine ; et pourtant, avec quelle affabilité, avec quelle habilité Jésus réussit à s’infiltrer dans son esprit et à gagner son cœur! (Jn 4, 1-42). Je dirais encore plus : Judas le traître l’embrasse ; et la prodigieuse douceur de Jésus fait en sorte qu’Il le supporte et qu’Il le qualifie encore une fois d’ami ; et pour seul reproche Il ne lui dira que ceci : « Amice, ad quid venisti ? (« Ami, pourquoi es-tu ici ? » Mt 26,50) Ah ! chers amis, dites-moi si la douceur de Jésus pouvait aller plus loin, et si l’esprit humain peut faire autre chose que de s’émerveiller devant  tant de douceur et de mansuétude? »

(1) Luc 22, 61-62: « et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit :« Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. Et, sortant dehors, il pleura amèrement ». Je suis très touché de constater que notre fondateur, le Père Lantéri, pour parler de la mansuétude de Jésus, consacre tout un paragraphe à l'événement historique qui m'impressionne le plus: le regard qu'a posé Jésus sur l'apôtre Pierre, immédiatement après que ce dernier l'eut renié trois fois. Ce passage des évangiles fait l'objet de ce que j'appelle mon testament spirituel. Si vous n'avez jamais entendu ni vu mon testament spirituel, je vous prie de prendre une quinzaine de minutes de votre temps et de regarder la vidéo suivante: 

Les Yeux de l'Amour - YouTube

www.youtube.com/watch?v=C4hTSQkji7o8 nov. 2012 - 15 min - Ajouté par Guy Simard
Ce que vous allez voir, est la chose la plus importante que je laisserai en ce monde. De tout ce ...

mardi 6 mai 2014

Saint François de Laval

Saint François de Laval
6 mai
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Très belle fresque de Marius Dubois illustrant les visites pastorales de l’immense diocèse de François de Laval et sa proximité avec les autochtones. Cette fresque se trouve dans la chapelle de l’Immaculée Conception du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré près de Québec. (Crédits Photo Daniel Abel)

Aujourd’hui, six mai 2014, est un grand jour pour les habitants du Québec et du Canada. Nous fêtons un de nos deux nouveaux saints : saint François de Laval, premier évêque d’Amérique du Nord. François de Laval et Marie de l’Incarnation, deux des fondateurs de l’Église canadienne, ont été canonisés par le pape François, le 3 avril dernier.
Le 26 avril dernier, j’écrivais sur mon blogue un texte intitulé : « Je nous souhaite d’être missionnaires » (Dieu ma joie: Je nous souhaite d'être missionnaires)Ce n’est pas sans raison que j’ai écrit ce texte à ce moment-ci de l’année. Le Temps Pascal est le temps par excellence pour réfléchir sur notre « être missionnaire ». Chaque baptisé est un missionnaire. Mais peu de baptisés semblent le savoir ou du moins prendre au sérieux cette mission qui leur est confiée. Le Temps Pascal culminera à la Penteçôte qui enverra en mission les premiers apôtres et disciples de Jésus.
S’il y a quelqu’un qui peut nous aider à approfondir notre être missionnaire et nous pousser en mission, c’est bien le saint que l’Église célèbre aujourd’hui : saint François de Laval. Une des meilleures façons d’entrer dans le cœur d’un saint, c’est de méditer la liturgie qui a été choisie par notre Mère l’Église, pour honorer le saint ou la sainte.
La prière d’ouverture, aussi appelée « collecte » de la messe d’aujourd’hui, disait ceci :
« Seigneur Dieu, tu as envoyé le saint évêque François de Laval pour étendre le règne du Christ au Canada; accorde-nous, à son intercession, d’accomplir l’œuvre missionnaire que nous devons faire comme chrétiens. Par Jésus Chirst, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.  Amen. »
Cette oraison est une des plus belles et des plus claires que je connaisse, pour souligner le fait que tout chrétien se doit d’être missionnaire. 

L’évangile qui a été choisi pour honorer notre nouveau saint, est tiré de tiré de saint Jean, chapitre 10, versets 11 à 16. C’est l’évangile du bon Pasteur qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent. Et l’évangile se termine ainsi :
« J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10, 16)
Voilà le cœur missionnaire de Jésus, tout tendu vers les brebis qui ne le connaissent pas, qui « vivotent » sans connaître le véritable Pasteur de leur vie.
À mes yeux, monseigneur François de Laval est avant tout un pasteur et un missionnaire. Il a été formé au fameux Collège de La Flèche, en France, tenu par les Pères Jésuites. On sait très bien que ce collège a formé de grands missionnaires. En 1653, à l’âge de trente ans, François de Laval ne peut accomplir son désir de devenir missionnaire au Tonkin (Vietnam). Le Seigneur le réservait pour nous, au Canada.
Sœur Doris Lamontagne, pfm, que vous pourrez voir et entendre dans la vidéo mise ci-dessous, est une grande spécialiste de Mgr de Laval. En janvier dernier, elle a prêché une retraite aux évêques du Québec sur le futur saint. Elle a écrit un magnifique petit livre, publié dans le collection « Prier 15 jours » : « Prier 15 jours avec François de Laval, Nouvelle Cité, 2007 ». Sœur Lamontagne m’a fait cadeau de son livre et me l'a dédicacé ainsi : « Guy, puisse François de Laval renouveler ton cœur de missionnaire. Bonne route!  S. Doris. »  Ce souhait de Sœur Lamontagne n’est pas tombé dans les oreilles et dans le cœur d’un sourd. Que saint François de Laval m’aide à devenir missionnaire!
Le Temps Pascal est un temps particulièrement béni pour nous, les disciples de Jésus, qui vivons au Québec. Durant ce temps liturgique, nous célébrons la mémoire de sept de nos saints ou bienheureux:

17 avril : Sainte Kateri Tekakwitha
18 avril : Bienheureuse Marie-Anne Blondin
30 avril : Sainte Marie de l’Incarnation
4 mai : Bienheureuse Marie-Léonie Paradis
6 mai : Saint François de Laval
8 mai : Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin
24 mai : Bienheureux Louis-Zéphirin Moreau

Saint François de Laval - ECDQ.tv

www.ecdq.tv/fr/videos/074177d3eb6371e32c16c55a3b8f706b3 avr. 2014
Premier évêque de Québec, Mgr François de Laval a fondé l'Église en Amérique du Nord ...

Troisième semaine de Pâques

Troisième semaine de Pâques

Qui croit en moi n’aura plus jamais faim

La troisième semaine de Pâques est très spéciale et assez exceptionnelle. Tous les jours de la semaine, nous entendons à la messe le discours que Jésus prononça dans sa ville d’adoption, Capharnaüm, dans lequel il proclamait et annonçait qu’Il est le Pain de Vie, la seule nourriture qui puisse satisfaire le cœur de l’être humain.

Personnellement, j’ai donné un nom à la présente semaine liturgique; je la nomme : la « semaine eucharistique ». L’an dernier, j’ai écrit sur ce blogue, mes réflexions sur ce que je pense de cette semaine. Pour avoir directement accès à ce texte, veuillez cliquer sur les mots suivants: Dieu ma joie: La semaine eucharistique.


dimanche 4 mai 2014

La neuvaine commence aujourd'hui

La neuvaine commence aujourd’hui

Fr. Pio Bruno Lanteri, OMV
Le Père Bruno Lantéri 
fondateur des Oblats de la Vierge Marie


Chers amis,

Lundi dernier, sur mon blogue, je vous invitais à faire une neuvaine (qui consiste à faire une prière spécifique durant neuf jours consécutifs) pour obtenir la guérison miraculeuse d’un de mes confrères Oblats de la Vierge Marie : le Père Gregory Staab ( Dieu ma joie: Prions pour un miracle), qui souffre d’une maladie dégénérative grave.

La neuvaine commence aujourd’hui, et se terminera le 12 mai prochain. Je remercie à l’avance toute personne qui aura la charité de faire cette neuvaine.

Voici la prière que vous êtes invités à dire durant neuf jours:

« Ô Père, c'est toi la Source de la vie et de la sainteté. Tu as donné au Père Bruno Lantéri une foi très grande en ton Fils Jésus et une vive espérance. Tu as rempli son cœur de charité pour le salut de ses frères. Tu as fait de lui un prophète de ta Parole et un témoin de ta Miséricorde. Il a aimé tendrement Marie, sa Mère, et il a enseigné, par l'exemple de sa vie, la fidélité à l'Église de ton Fils. Écoute maintenant la prière de ta famille et accorde-nous, par l’intercession du Père Lantéri, la guérison complète de notre frère Gregory Staab,  afin qu'à la louange de ta grâce, le Père Lantéri  puisse être glorifié sur la terre. Par Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur. Amen. »




samedi 3 mai 2014

" Le ciel existe vraiment "

“ Le ciel existe vraiment ”
    Connor Corum
                             Colton Burpo à quatre ans          Connor Corum, acteur qui joue
                                                                               le rôle de Colton

Tout chrétien digne de ce nom, croit et affirme que le ciel existe vraiment. Si j’ai choisi le titre ci-dessus, ce n’est pas tellement parce que je crois que le ciel existe, mais plutôt parce que j’ai été voir le film intitulé : « Heaven Is for Real », que je traduirais en français, précisément comme ceci : « Le ciel existe vraiment ». C’est un très beau film. J’avais annoncé à la fin d'un blogue écrit dernièrement (Dieu ma joie: Résurrection et résurrection) (1)l’arrivée prochaine de ce film; or il est présentement sur nos écrans de cinéma, du moins à Montréal. Le seul « hic », est que ce film, à ma connaissance, n’a pas encore été traduit en français.

(NDLR: on peut désormais se procurer le DVD en français. Le titre est: "Et si le ciel existait?" Je n'aime pas ce titre car il transforme en interrogation l'affirmation du titre original: "Le ciel existe vraiment!")

Le film est basé sur un livre qui a été écrit en 2010 et qui a été pendant 156 semaines consécutives, sur la liste des « bestsellers » du New York Times, dans la catégorie des livres non fictifs. Si vous allez aujourd'hui même sur le site des bestsellers du New York Times, vous constaterez que le livre est en première position ( Best Sellers - The New York Times). Dix millions de copies de ce livre, ont été vendues à ce jour. « Heaven Is for Real », raconte l’expérience qu’a vécue Colton Burpo, à l’âge de trois ans, alors qu’il était en danger de mort, sur une table d’opération. Colton a vécu ce que l’on appelle une EMI, une Expérience de Mort Imminente (NDE, en anglais: Near Death Experience. Le jeune Colton est sorti vivant de l’opération et dans les mois qui suivirent, l'enfant a révélé à ses parents qu'il est allé au ciel alors que son corps était sur la table d'opération. Il leur a raconté ce qu’il y a vu. Il a décrit les personnes qu’il avait rencontrées là-haut, dont Jésus et des personnes de sa famille qu’il n’avait jamais connues. Ses parents ont été bouleversés par ces révélations car Colton ne pouvait pas, humainement parlant, connaître certaines des choses qui lui ont été révélées au ciel. Le jeune dit avoir fait au ciel la connaissance de son grand-père paternel, et de sa sœur décédée avant d'être née. Lorsque le père de Colton, a entendu son fils parler de son grand-père et le décrire, il n’en revenait pas d’entendre ses propos; et quand la mère de Colton a entendu son fils parler de sa sœur, elle n’en croyait pas ses oreilles. Jusqu’à ce jour, la mère de Colton, ne lui avait jamais dit qu’il avait eu une sœur décédée avant de naître. Le jeune Colton témoigne aussi du fait que c’est Jésus qui lui a dit qu’Il le renvoyait sur terre pour exaucer la prière de son père. Lorsque Todd Burpo, le père de Colton, a entendu cela, il a été profondément ébranlé, car la prière qu’il avait faite en ce sens, était une prière hargneuse et pas tellement respectueuse envers Dieu. Que Dieu ait respecté et exaucé sa prière, l’émeut énormément.

Celui qui a réalisé le film et écrit le scénario, est Randall Wallace, un metteur en scène et auteur de scénario très connu à Hollywood. Wallace a été l’auteur du scénario du film « Braveheart » (« Cœur Vailllant »), qui a remporté cinq Oscars, en 1996, dont l’Oscar du meilleur scénario original. Le film raconte l’histoire de William Wallace, héros de l’indépendance écossaise, à la fin du 13ème siècle. Randall Wallace est convaincu d’être un des descendants de William Wallace. Randall Wallace, qui est chrétien, a dit dans une interview concernant son plus récent film, Heaven Is for Real, qu’il a voulu montrer « une expérience » sur pellicule. Voilà le but du film : partager une expérience. Dans cette interview (2), Wallace dit avec sagesse:  :

« Pour moi la foi est une expérience. Les gens qui vont au cinéma (une audience), aiment vivre une expérience. Si tu dis quelque chose à quelqu’un pour le convaincre, cela devient presque un combat. Si vous partagez aux gens quelque chose qui vous a touchés, il y a des chances que cela les touche aussi. Et c’est là la raison d’être de tous les films : faire vivre une expérience. Et je crois que c’est ainsi qu’on transmet la foi, qu’on ouvre une possibilité pour la foi ».

M. Wallace a tout à fait raison. Lorsqu’on aborde un sujet comme la religion, il est bon de partir d’une expérience, car lorsqu’on aborde un sujet religieux d’une façon théorique, tout de suite les interlocuteurs sont sur la défensive et la discussion tourne au vinaigre. Par contre, lorsqu’on part d’une expérience, et qu’on parle d’une expérience, les gens ne peuvent rien dire (car ils ne peuvent nier une expérience) et sont très souvent touchés. Ce cher monsieur touche ici un point très important pour l’annonce de la foi. Depuis le début de la chrétienté, la propagation de la foi a eu lieu surtout par l’annonce de ce qu’on appelle le « kérygme », c’est-à-dire par l’annonce de la mort et de la résurrection de Jésus, faite par des témoins, par des gens qui ont fait une expérience du Ressuscité.

J’invite tous ceux et celles parmi vous qui comprennent l’anglais, à aller voir ce film. Lorsqu’un film qui présente de réelles valeurs, est projeté sur nos écrans de cinéma, il m’arrive d’envoyer mon appréciation du film sur le site internet « CinemaMontréal.com ». En donnant une très bonne note au film, cela peut aider les gens à se faire une haute opinion du film, et les influencer à aller le voir. Je considère ce petit geste comme étant une façon simple mais efficace d’exercer un certain apostolat dans le domaine des arts. Voici quelle a été la « critique » que j’ai envoyée à CinémaMontréal :

I gave a ten for this movie, mainly because of the way Connor Corum, the boy who plays Colton, was directed. The boy really seems to live "in his world", like a four years kid does. Everything Connor does and says seems so real that I would be tempted to call the movie: "Connor Corum as Colton Is for Real".
10/10


simguy51@ - 4 reviews

2.5.2014 - age: 50+

Voici la traduction de cette " critique ":  « J’ai donné un dix à ce film, principalement à cause de la façon dont Connor Corum, le garçon qui joue le rôle de Colton, a été dirigé. Le garçon semble vraiment vivre « dans son monde », comme le fait un garçon de quatre ans. Tout ce que Connor fait et dit, semble tellement réel, que je serais tenté de donner au film le titre de « Connor Corum en tant que Colton, est réel (is for real) ». J'ai ainsi voulu me servir du titre original, pour faire une sorte de jeu de mots. Mais en français, il conviendrait mieux de dire que "Connor, en tant que Colton, est criant de vérité ". 

(1) Voici les vidéos que j'avais mis sur mon blogue, en date du 9 avril 2014:


  1. Un Enfant Voit Jésus et le Paradis - Colton Burpo - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=hzRtRYj-pm8

    22 oct. 2013 - Ajouté par Evrard B.
    Lien du livre http://www.amazon.fr/ciel-existe-pour-vrai-laller-retour/dp/2922405974) En 2003, Colton Burpo ...

Heaven is For Real : le trailer qui vous fera croire au paradis

www.premiere.fr › Cinéma › Vidéos cinéma

15 nov. 2013




(2)  Heaven is for Real: Randall Wallace & Connor Corum - YouTube


https://www.youtube.com/watch?v=pMhG77QvTwk

9 avr. 2014 - Téléversé par Risen Magazine
Based on the bestselling book with the same name, Heaven is for Real hits theatres Wednesday just in time ...