vendredi 11 juillet 2014

Le regard

Le regard

Tout passe par le regard. Si vous suivez mon blogue depuis ses débuts, c’est-à-dire depuis trois ans, vous savez que je suis fasciné par les regards (1). Ce n’est pas pour rien que mon testament spirituel se nomme : Les Yeux de l’Amour  (2). Dans mon testament spirituel, je dis dès le début que la scène évangélique qui m’impressionne le plus, c’est le regard que Jésus posa sur Pierre, immédiatement après que ce dernier l’eut renié trois fois (voir l’évangile de Luc, chapitre 22, verset 61). Je dis aussi que si j’étais peintre, c’est la scène biblique que j’aimerais peindre. Or, en ce moment même (ces jours-ci), une amie et paroissienne, madame Anne Marie Forest est en train de faire cette peinture pour moi. Quelle grâce! Anne Marie est très talentueuse et très spirituelle. Je ne pouvais trouver meilleure artiste pour exécuter un des rêves de ma vie. Et le Seigneur a conduit Anne Marie à moi, comme ça, sans bruit et dans la plus entière discrétion. À pareille époque, l’an dernier, je devais trouver une remplaçante pour coordonner la catéchèse des enfants de notre paroisse. Je n’ai fait qu’une seule entrevue à cet effet : celle d’Anne Marie qui désirait l’emploi. Depuis ce temps, Anne Marie est devenue paroissienne et voici qu’elle met son grand talent au service des Yeux de l’Amour, au service du regard de Jésus. Si jamais en lisant ces lignes, vous aviez l’inspiration de faire une prière pour que l’Esprit Saint guide le cœur, les mains et les yeux d’Anne Marie, qui peint pour moi ces jours-ci, je vous en serais éternellement reconnaissant.

Grâce à une paroissienne qui, elle aussi, est fascinée par les regards, j’ai découvert aujourd’hui un très beau texte sur ce sujet, un texte écrit par un Salésien qui vit en Afrique; le voici :  

« L’Évangile souligne que tout se joue et se situe dans la manière de regarder. « Il y a voir et voir. Dieu pose sur nous un regard d’amour qui ne juge pas et ne condamne pas. Tel est le regard de Jésus. Parce qu’il regarde l’homme avec amour, avec son cœur, son regard est capable de susciter la vie, de faire naître l’amour et de récréer l’homme. Il a suffi d’un regard d’amour pour que la Samaritaine reconnaisse son péché et que, de son cœur desséché, jaillisse le désir de Dieu, l’eau vive qui fait d’elle l’apôtre de son village (Jn 4, 1-42). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Zachée, bouleversé dans son cœur, s’ouvre au partage et à l’espérance (Lc 19, 1-10). Il a suffi d’un regard d’amour pour que la femme adultère reçoive la lumière qui la relève, la libère du péché et de sa honte (Jn 8, 1-11). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Marie-Madeleine renaisse à la tendresse et à l’amour vrai (Lc 7, 36-50). Il a suffi d’un regard pour que l’aveugle-né prenne sa vie en mains (Jn 9, 1-41). Il a suffit d’un regard pour que les disciples quittent tout et suivent Jésus (Jn 1, 35-48). Il a suffi d’un regard d’amour pour que Marie, Mère de Jésus devienne Mère de l’Église (Jn 19, 26-27). Il a suffi d’un regard pour que Pierre ose à nouveau dire au Seigneur : « Tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jn 21, 15-19). Parce que Jésus regarde avec son cœur, il voit ce que personne ne peut voir. Dans la piécette de la veuve, il a reconnu la générosité d’un cœur qui aime Dieu plus que tout (Lc 21, 1-4). Dans le parfum de Marie-Madeleine, dans son geste de tendresse, il a saisi et pris la défense d’un grand amour (Lc 7, 36-49).

Le regard est la fenêtre du cœur. Par lui le cœur voit, s’éprend, s’émeut, s’ouvre ou se ferme. Le regard est premier et décisif. Il est créateur de vie ou destructeur d’espérance. Tout peut exister par un seul regard comme tout peut être détruit. Le regard est important. En hébreu, le même mot signifie le regard et la source. Le regard est la source de l’homme. Jésus dira : « L’œil est la lampe du corps » (Lc 11, 34), c'est-à-dire la source de la lumière. Par ce regard, l’homme se remplit de beauté ou de laideur, d’amour ou de haine. Le regard est vraiment une source pour l’homme et, par lui, l’homme peut être une source pour les autres.
Par le regard, nous avons le pouvoir de devenir « entrailles de mère » qui donnent la vie ou la refusent, la font naître ou avorter. Nous accueillons l’autre et le laissons entrer en nous par le regard avant même que nous lui avons ouvert les bras. Le prêtre et le Lévite ont vu l’homme étendu à terre avec le regard de la loi. Le Samaritain l’a vu avec le regard de la miséricorde, avec, dans son cœur, le regard de Dieu. Le miracle de la miséricorde s’est alors produit (Lc 10, 29-37). Se faire le prochain de Dieu ou de l’homme, c’est l’accueillir en notre cœur et avec notre cœur par le regard, un regard éclairé par l’Esprit jailli du cœur du Christ. Regarder avec le cœur, c’est découvrir en l’homme cet « essentiel invisible aux yeux », cette part de beauté, de noble, de pur, de bon qu’il y a en chaque être malgré des apparences contraires. C’est voir l’homme d’abord, et non son péché ou sa faiblesse. Regarder avec le cœur, c’est voir en chacun ce qu’il a de meilleur, ce en quoi il est « à l’image de Dieu ». Regard de miséricorde, né de l’amour, celui-ci est porteur de vie, créateur de vie, de joie et d’espérance. Il est capable de faire exister ce qui n’était pas et de donner vie à ce qui était mort.

Un petit conte d’Henri Nouwen, théologien hollandais, illustre admirablement ce que le regard du cœur est capable de réaliser. « Un jour, écrit-il, un sculpteur était en train de travailler un grand bloc de marbre. Un enfant le regardait et voyait des morceaux qui tombaient par terre. Ne comprenant pas, il s’en va. Au bout de quelques semaines, il repasse chez le sculpteur. Et voilà qu’à la place du bloc de marbre il aperçoit la statue d’un superbe lion. Tout surpris, il demande au sculpteur : comment as-tu su qu’il y avait un lion dans le marbre ? Parce que mon cœur savait qu’il y était, répondit le sculpteur ». N’est-ce pas le regard de Jésus ? Regarder l’autre avec le cœur comme le sculpteur, c’est lui permettre d’exister, c’est faire apparaître ce qu’il y a de meilleur en lui. En chacun de nous, en chaque homme, il y a un « lion », une « merveille » à découvrir ou à faire naître. Dieu sait dans son cœur qu’en tout homme, il y a un fils. Saurons-nous, en regardant cet homme, y reconnaître un frère à aimer et à faire exister selon l’admirable parabole de ce rabbin qui, pour mettre à l’épreuve ses disciples, leur posa un jour cette question : « - À votre avis, à quoi peut-on distinguer le jour de la nuit ? Comment peut-on reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour commence ? – C’est dit l’un, quand on peut distinguer un chien d’un mouton. – Non ! dit le rabbin. – C’est, enchaîna un autre, quand on peut reconnaître la différence entre un figuier et un dattier. – Non ! dit le rabbin. – C’est peut être, se hasarda un troisième, quand on peut, à distance, différencier un homme d’une femme ? – Pas du tout ! répondit le rabbin. Puis il ajouta après un long moment de silence : Tant que tu n’as pas encore reconnu dans le visage de tout homme un frère à aimer, il fait encore nuit dans ton cœur. » (Grégoire Marie KIFUAYI, sdb, tiré de: Le regard poétique de Don Bosco - Salésiens de Don Bosco ...)

(1)  Dieu ma joie: Jésus fixa son regard sur lui et l'aima (Mc 10, 21)

 (2) Les Yeux de l'Amour - YouTube

www.youtube.com/watch?v=C4hTSQkji7o8 nov. 2012 - 15 min - Ajouté par Guy Simard
Ma seule raison de vivre est que j'ai un jour rencontré les Yeux de l'Amour, comme dans un ...



jeudi 10 juillet 2014

L'amour gratuit de Dieu

L’amour gratuit de Dieu

Certaines vérités sur Dieu, sont plus importantes que d’autres. C’est le cas de l’amour gratuit de Dieu. L’amour gratuit de Dieu est dans mon esprit presque l’équivalent de l’amour inconditionnel de Dieu. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes bons, gentils, beaux ou fins. Dieu nous aime parce que nous sommes ses enfants.

Aujourd’hui à la messe, nous entendons un des plus beaux textes de la Bible, tiré du prophète Osée : Osée 11, 1.3-4.8c-9. Rarement a-t-on décrit aussi bien et de façon aussi tendre, l’amour de Dieu pour nous. Pour lire ce texte, veuillez cliquer sur les mots suivants : Dieu ma joie: Dieu sur le réfrigérateur.

J’ai regardé ce matin un témoignage et j’ai éprouvé le désir de vous le partager. Laurent, dont le nom de famille ne nous est pas révélé, a toujours cru en Dieu, mais un jour, il a désiré et décidé de mettre Dieu dans sa vie. C’est en disant les premières phrases du Notre Père, que Laurent a ressenti tout l'amour que Dieu a pour lui. Cette rencontre amoureuse qu’il a vécue avec son Dieu, Laurent la compare volontiers avec ce qu’il a ressenti le jour où il est « tombé amoureux » de sa conjointe (ou de son épouse). Ce témoignage est très important à mes yeux, et il est tout à fait dans la ligne de ce que j’ai essayé de décrire dans mon texte sur les Apôtres saint Pierre et saint Paul (voir: Dieu ma joie: Solennité des saints Pierre et Paul).

Vers la fin de la vidéo, lorsque Laurent parle de la gratuité de l’amour de Dieu, son visage s’illumine. Nous pouvons percevoir la joie qui l’anime en pensant que Dieu l’aime gratuitement. Mais, comme le dit si bien Laurent, l’amour absolument gratuit de Dieu peut aussi être cause de souffrance; il est souffrant de constater que nous aimons si peu ou si mal, Quelqu’un qui nous aime avec autant de gratuité. Il y a une phrase de la Bible, dans le livre du Cantique des cantiques, qui peut nous surprendre, à première vue : « Si quelqu’un offrait toutes les richesses de sa maison  pour acheter l’amour, tout ce qu’il obtiendrait, c’est un profond mépris. » (Ct 8,7). Comment comprendre cette phrase? Je pense que l’auteur sacré veut exprimer le fait que l’amour, s’il est véritable, doit être gratuit. L’amour ne se commande pas; l’amour ne s’achète pas, l’amour ne se vend pas. C’était l’erreur des pharisiens, au temps de Jésus, de croire qu’ils pouvaient en quelque sorte, acheter l’amour de Dieu par leurs prières et leurs sacrifices. On ne peut pas forcer quelqu’un à nous aimer.

Mon confrère Oblat de la Vierge Marie, Georges Pelletier, qui vit présentement en France, m’a raconté un rêve qu’il a fait lorsqu’il avait une trentaine d’années. Dans son rêve, il a vu un homme assis à une table, dans ce qui semblait être un restaurant ou un bar. L'homme avait l’aspect d’un clochard. Georges a immédiatement su qu’il s’agissait de Jésus. Georges s’approche du Maître, qui lui dit : « Georges, c’est très bien les sacrifices et les mortifications; mais ne va pas croire que c’est cela qui va te sauver. Seul l’amour que j’ai pour toi, te sauvera. » 

Le témoignage de LaurentLe témoignage de Laurent
Laurent raconte comment il a redécouvert le sens de sa vie en faisant l’expérience de l’amour gratuit de Dieu. Voir son témoignage



lundi 7 juillet 2014

Les 9 actes

Les 9 actes

Une amie qui a lu mon précédent blogue, intitulé « Jésus doux et humble de cœur » m’a confié qu’elle a été très impressionnée par les premiers mots de la prière de conclusion du cardinal Merry del Val : « Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière ». Voici ce que cette amie m’a écrit :

« Litanies sur l'humilité
Je les ai imprimées pour les prier chaque jour.
Avec l'aide de Dieu, j'espère un changement en profondeur.
La phrase que j'aime le plus, c'est celle-ci:
"Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière"
Je trouve cette phrase tellement libératrice!
Je ne peux m'empêcher de penser à Saint-François qui a choisi de rendre son dernier souffle nu, couché sur le sol.

J'avais lu qu'un jour, Saint-François devait prêcher chez les sœurs de Sainte-Claire.
Elles avaient tellement hâte d'entendre Saint-François (je les comprends).
Lorsque le jour "J" est arrivé, il s'est tenu debout devant elles, et n'a dit aucun mot. Il a pris une grosse poche de cendres et il l'a déversée sur sa tête et sur son corps, puis il est parti sans rien dire.

Bref, sans rien dire, il a tout dit! »

Voici ce que j’ai répondu à cette amie :

Les mots " Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière ... ", sont le début de " l'acte d'humilité " que nous récitions après le chapelet en famille, quand j'étais jeune. Cet acte d'humilité fait partie d'un groupe de 9 actes que la plupart des catholiques qui vivaient au Québec dans les années 1960, connaissaient par coeur. Le cardinal Merry del Val, n'a fait que reproduire, en quelque sorte, cet acte d'humilité, en ajoutant quelques mots: "Par Jésus, doux et humble de coeur. Amen". C'était la coutume, dans ma famille, de réciter les "9 actes" après avoir prié le chapelet. 

Les 9 actes - Église St-Joseph

www.paroissestjoseph.org/prieres1/Toutes-prieres/actes.htm
ACTE D'ADORATION. Mon Dieu, je vous adore et vous ... ACTE DE FOI. Mon 
Dieu, je crois fermement tout ce ... ACTE D'AMOUR OU DE CHARITÉ. Mon Dieu ...

Ce court échange via internet, m'a fait réaliser une fois de plus que certains trésors de notre foi et de notre patrimoine religieux risquent facilement de se perdre au cours des âges. J'ai toujours été impressionné par la concision et la justesse des mots que l'auteur (ou les auteurs) des " actes " a employés. Je suis donc heureux de reproduire aujourd'hui pour vous, ces petits chefs-d'oeuvre de prières: 

Les 9 actes

ACTE D'ADORATION

Mon Dieu, je vous adore et vous reconnais pour mon Créateur, mon souverain Seigneur et pour le Maître absolu de toutes choses.


ACTE DE FOI

Mon Dieu, je crois fermement tout ce que la sainte Église catholique croit et enseigne, parce que c'est vous qui l'avez dit, et que vous êtes la vérité même.

ACTE D'AMOUR OU
DE CHARITÉ

Mon Dieu, qui êtes digne de tout amour, à cause de vos perfections infinies, je vous aime de tout mon coeur, et j'aime mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous.

ACTE D'OFFRANDE

Mon Dieu, j'ai tout reçu de vous; je vous offre mes pensées, mes paroles, mes actions, ma vie et tout ce que je possède, et je ne veux l'employer qu'à votre divin service.


ACTE D'ESPÉRANCE

Mon Dieu, appuyé sur vos promesses et sur les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur, j'espère avec une ferme confiance que vous me ferez la grâce d'observer vos commandements en ce monde, et d'obtenir par ce moyen la vie éternelle.



ACTE DE CONTRITION

Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît;  pardonnez-moi par les mérites de Jésus-Christ mon Sauveur:  je me propose, moyennant votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence.

ACTE D'HUMILITÉ (1)

Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière;  réprimez les mouvements d'orgueil qui s'élèvent dans mon âme, et apprenez-moi à me mépriser moi-même, vous qui résistez aux superbes et qui donnez votre grâce aux humbles.


ACTE DE DEMANDE

Mon Dieu, source infinie de tous les biens, donnez-moi tout ce qui m'est nécessaire pour la vie et la santé de mon corps, mais surtout la grâce de faire en toutes choses votre sainte volonté.  Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.  Amen.

ACTE DE
REMERCIEMENT

Mon Dieu, je vous remercie de tous les biens que j'ai reçus de vous, principalement de m'avoir créé, racheté par votre Fils et fait enfant de votre Église.


(1) Cette note est de moi, Guy Simard: pour quelqu'un vivant en 2014, le fait de demander à Dieu de se mépriser soi-même, peut sembler ne pas convenir. Il faut donc se replacer dans le contexte où les "actes" ont été composés. 




samedi 5 juillet 2014

Jésus doux et humble de coeur

Jésus doux et humble de cœur

En ce 14ème dimanche du temps ordinaire, nous entendons Jésus nous parler de son cœur. C’est l’unique endroit, dans tout l’Évangile, où Jésus décrit son cœur :
« En ce temps-là, Jésus prit la parole : «Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11, 28-30)
Jésus a de la suite dans les idées. Quand Il nous a donné la charte du bonheur, ce que nous appelons communément les « béatitudes », Jésus a mis en tout premier lieu : l’humilité et la douceur :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux! Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise. » (Mt 5, 3 et 4)
Parfois, les bibles mettent comme deuxième béatitude, « heureux ceux qui pleurent », et relèguent au troisième rang la béatitude réservée aux doux. Personnellement, je trouve que le fait de mettre la pauvreté de cœur (l’humilité) et la douceur, au tout début des béatitudes, reflète davantage la pensée de Jésus. Du moins, pour moi, cela fait du sens.
La pauvreté en esprit ou la pauvreté de coeur, c’est l'équivalent de l’humilité. En quoi consiste l’humilité? La philosophie nous dit que l’humilité s’ancre dans la vérité. L’être humain qui se connaît en vérité, est nécessairement humble. Quelle est la vérité sur l’être humain. L’être humain, selon ce que nous enseigne la Bible, est une créature de Dieu. Toute créature est limitée. L'être humain qui se considère dans sa vérité par rapport à Dieu, ne peut qu’être humble, en voyant la distance ou la différence infinie qu’il y a entre lui et Dieu. La Bible nous apprend aussi que tout être humain est pécheur : tout être humain (sauf Jésus notre Sauveur et la Vierge Marie) naît pécheur et commet des péchés durant sa vie. Voilà la vérité sur l’être humain. Saint Jean nous dit que si quelqu’un prétend ne pas pécher, c’est un menteur :
« Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est point en nous. » (1 Jn 1, 8-10)
La personne qui se reconnaît créature et qui se reconnaît pécheresse, trouvera le repos en Jésus son Sauveur. Cette personne ne cherchera pas à montrer aux autres une image meilleure que celle qu’elle a à ses propres yeux. Se sachant pécheresse, et ayant toujours son péché devant les yeux, elle ne pourra jamais se gonfler d’orgueil et essayer d’épater faussement la galerie. Voici ce que dit à ce propos la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta :
« Si tu es humble, rien ne te portera atteinte; ni la louange, ni la disgrâce, car tu sauras alors ce que tu es. Si l’on te fait des reproches, tu n’en seras pas découragé; et si quelqu’un te dit saint, tu ne te mettras pas sur un piédestal. » (Mère Teresa, tiré de : Pas de plus grand amour)
D’autre part, si la personne a su développer la véritable douceur, c’est-à-dire la véritable bonté envers elle-même, elle ne se découragera pas devant ses fautes et ses manquements. Elle ne sera pas surprise de ses faiblesses. Et surtout, elle saura où aller pour trouver le repos; elle saura à qui s’adresser pour trouver le repos. En allant à Jésus, qui seul peut pardonner les péchés, elle trouvera le repos et une paix à nulle autre pareille.
Voilà l’invitation que Jésus nous fait, dans l’évangile d’aujourd’hui :
« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le poids du fardeau, et moi, je vous soulagerai » (Mt 11, 28).
Robert Lebel, prêtre auteur-compositeur-interprète québécois, a composé un magnifique chant sur l’invitation de Jésus à aller à Lui, quand nous ployons sous le poids du fardeau. Le chant s’intitule : « Venez à moi, vous qui peinez ». Vous trouverez ci-dessous les paroles du chant. À la fin du présent blogue, une vidéo vous permettra d’entendre le chant. Ce n’est pas Robert Lebel qui chante sur la vidéo, mais vous aurez une bonne idée de l'allure du chant. 
Venez à moi, vous qui peinez

Venez à moi
Vous qui peinez
Vous qui ployez sous le fardeau
Et moi, je vous soulagerai.


Vous qui portez tant de blessures
Au fond du cœur et dans vos corps
Vous que le passé défigure
Et qu'on accable de remords

Vous qui n'avez plus de courage
À force d'être confrontés
Aux combats de vos esclavages
Et aux frontières du péché.

Vous qui tombez de lassitude
À bout de souffle avant le soir
Vous que l'on tient en servitude
Afin d'en tirer son pouvoir.

Vous dont on gère l’existence
À coups de règles et de lois
Vous que l’on charge d’exigences
En alourdissant le sabbat.

Trouvez repos dans ma Parole
En ne le cherchant plus ailleurs
Et mettez-vous à mon école.
Je suis doux et humble de cœur.
(Robert Lebel, Argile)
Litanies de l’humilité du cardinal Merry del Val (1865-1930)
V. Ô Jésus, doux et humble de cœur,
R. Rendez mon cœur semblable au vôtre.
De ma volonté propre, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être estimé, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être affectionné, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être recherché, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être honoré, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être loué, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être préféré, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être consulté, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être approuvé, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d ‘être compris, délivrez-moi, Seigneur
Du désir d’être visité, délivrez-moi, Seigneur.
De la crainte d’être humilié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être oublié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être raillé, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être injurié, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi, Seigneur
De la crainte d’être refusé, délivrez-moi, Seigneur

Que d’autres soient plus aimés que moi,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient plus estimés que moi,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient loués et que je sois oublié,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient préférés en tout,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
Que d’autres soient plus saints que moi,
Pourvu que je le sois autant que je puis l’être,
Accordez-moi, Seigneur, de le désirer.

D’être inconnu et pauvre,
Seigneur, je veux me réjouir,
D’être dépourvu des perfections naturelles du corps et de l’esprit,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne pense pas à moi,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on m’occupe aux emplois les plus bas,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne daigne même pas se servir de moi,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne me demande jamais mon avis,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on me laisse à la dernière place,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on ne me fasse jamais de compliment,
Seigneur, je veux me réjouir,
Qu’on me blâme à temps et à contretemps,
Seigneur, je veux me réjouir.

V. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice,
R. Car le Royaume des Cieux est à eux.

Prions

Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière. Réprimez les mouvements d’orgueil qui s’élèvent dans mon âme. Apprenez-moi à me mépriser moi-même, vous qui résistez aux superbes et qui donnez votre grâce aux humbles. Par Jésus, doux et humble de Cœur. Ainsi soit-il.

(Récitées chaque jour par le Cardinal Merry del Val après la célébration de la Sainte Messe.)

Venez à moi, vous qui peinez. 727 - YouTube

www.youtube.com/watch?v=tRiuRLdelM016 févr. 2013 - 3 min - Ajouté par Sylvain Caron
Venez à moi, vous qui peinez. 727 ....  par Robert Lebel.      




dimanche 29 juin 2014

Solennité des saints Pierre et Paul

Solennité des saints Pierre et Paul
                                 
         À gauche: Martyr de saint Pierre, détail d'une fresque de Masaccio
 chapelle Brancacci, Florence. À droite: icône des saints Pierre et Paul. 

File:Decapitación de San Pablo - Simonet - 1887.jpg
Décapitation de saint Paul par Enrique Simonet, 1887 

Une fois le Temps Pascal terminé, ce temps le plus beau de l’année, l’Église agit comme quelqu’un qui, au terme d’une course effrénée, est dans l’impossibilité de s’arrêter tout d’un coup, et doit continuer sur son élan. Après la joie immense de Pâques, nous vivons la joie des Solennités. Ce fut d’abord la Solennité de la très Sainte Trinité; ensuite, ce fut la Solennité du Corps et du sang de Jésus; puis, ce fut la Solennité du Sacré-Cœur de Jésus; et aujourd’hui, nous vivons la Solennité des saints apôtres Pierre et Paul. Pour montrer avec évidence que nous célébrons aujourd’hui une solennité, c’est la liturgie en l’honneur des saints Pierre et Paul que nous adoptons, en ce dimanche 29 juin. La liturgie des dimanches revêt une telle importance dans la vie de l’Église, que cela prend une occasion grandiose, en quelque sorte, pour qu'elle cède sa place. C'est ce qui se produit aujourd'hui : la solennité du 29 juin, en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul, a préséance sur la liturgie du 13ème dimanche du temps ordinaire.  

Nous célébrons aujourd'hui l’amour qu’ont eu Pierre et Paul pour Jésus, jusqu’à la mort. Tous les deux ont aimé Jésus jusqu’à la mort. C’est le martyr de Pierre et de Paul, que l’Église célèbre en ce jour. Le prêtre sera donc vêtu de rouge, ce qui est assez rare durant une liturgie dominicale. Une des seules fois (et peut-être même la seule fois) où un dimanche, le prêtre est  vêtu de rouge, c’est le jour de la Pentecôte, jour où les premiers disciples ont reçu l’Amour de Dieu en abondance dans leurs cœurs : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs, par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom 5, 5). Pour célébrer l’amour, rien de mieux que la couleur rouge, le rouge étant la couleur de prédilection pour représenter l’amour.

Nous savons très bien pourquoi saint Pierre et saint Paul ont tant aimé Jésus. Cet amour pour leur Maître et leur ami, a d’abord été le fruit d’une expérience. Pierre et Paul ont expérimenté d’une manière unique et bouleversante, le plus grand de tous les attributs divins : la MISÉRICORDE. Pierre ne s’est jamais remis d’avoir croisé les YEUX DE L’AMOUR, immédiatement après avoir renié trois fois son meilleur ami (Lc 22, 61) et Paul n’ai jamais oublié ce qu’il a vécu sur le chemin de Damas : alors qu’il était plein de fureur contre les chrétiens et qu’il les faisait prisonniers, une voix lui demande : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9, 4). Animés par l’immense pardon de Jésus et la non moins immense confiance de leur Maître à leur égard, Paul et Pierre sillonneront les routes de l’empire romain, en annonçant le Christ mort et ressuscité pour nos péchés. Voilà la raison qui explique en sa racine, l’amour immense qu’ont eu Pierre et Paul, envers Jésus.

Mais il existe une autre raison, selon moi, qui explique l'amour incommensurable que Pierre et Paul vouent à Jésus. Ces deux apôtres, qui sont les colonnes de l’Église, sont des êtres « passionnés ». C’est la « passion » que l’on célèbre aujourd’hui, dans les deux sens du mot passion. Le mot « passion » vient du verbe latin « patire », qui signifie « souffrir », comme dans : Passion de Notre Seigneur Jésus Christ. En ce sens, nous célébrons aujourd’hui le genre de mort qu’ont subie Pierre et Paul par amour pour Jésus. Tous deux sont morts à Rome: l’un a été crucifié dans le cirque de Néron, l’autre a été décapité aux portes de la ville. Mais nous célébrons aussi, en un sens, un trait de caractère qui était commun aux deux apôtres: le fait d'être des personnes passionnées, des individus qui sont incapables de demi-mesure; qui, lorsqu'ils aiment, se donnent entièrement. 

La grâce que je demande pour moi et pour vous, si vous me le permettez, en cette Solennité des apôtres Pierre et Paul, c'est que Dieu nous accorde un amour passionné pour Jésus. Demandons bien humblement mais sincèrement, d'aimer passionnément Jésus. J'ai lu, il y deux ans le livre de Didier Decoin, intitulé: Il fait Dieu (voir: Dieu ma joie: Didier Decoin: à contre-courant). Ce livre est tout simplement magnifique. Didier Decoin nous relate les circonstances de sa conversion, qui eut lieu dans la nuit du 8 au 9 septembre. À cause d'une certaine pudeur, que j'ai du mal à m'expliquer, monsieur Decoin a toujours tenu secrète l'année de sa conversion. Dans son livre, quand Didier Decoin parle à Dieu, il l'appelle « mon Amour »:

« Mais il n’est pas facile de te dire « oui », mon Amour.  …  Ce « oui », mon Amour, me brûle le cœur avant de me brûler les lèvres : quand le jour viendra, serai-je capable de l’articuler? » (Didier Decoin, Il fait Dieu, Fayard, 1997, pp. 50-51)

J’ai été étonné de voir cela, et de lire cela. C’était la première fois, à ma connaissance, que je voyais un homme (une personne masculine), appeler Dieu « son Amour ». Et je suis pas mal certain que monsieur Decoin n’hésite pas à employer la même expression, pour parler à Jésus. Ce matin, en me rappelant cela, j’ai été chercher dans ma bibliothèque, le livre « Il fait Dieu », et j’y ai fait une belle découverte. Je n’avais pas remarquer, lors de ma première lecture du livre, que c’était en particulier l’âme de Didier Decoin, qui appelait Dieu « son Amour » :

« La supériorité première de Dieu sur les hommes encore prisonniers de la vie, c’est qu’Il sait ce qu’est une âme, de quoi elle se compose, et à quoi (à quelle soif) correspondent ses sursauts. Si Dieu touche l’âme, s’Il la frôle seulement, s’Il décide de se frayer un chemin par cette porte-là, inutile de chercher à résister : tôt ou tard, Dieu aura noué alliance avec la terrible petite fille que nous abritons. Toute frêle, toute neuve et toute nue qu’elle soit (rien de plus impudique qu’une âme), elle gravira nos escaliers intérieurs jusqu’à la lucarne dérobée du grenier. Elle soulèvera le cadre du vasistas, tendra vers Dieu sa main aux doigts longs, laiteux : « Je Vous attendais, mon amour », dira-t-elle. Là où l’intelligence renonce, l’âme commence. » (Ibid, pp. 18 et 19).

Voilà qui est très intéressant, et qui correspond exactement à mon expérience. Lorsque j’aime Dieu, lorsque j’aime Jésus, il est bien vrai que c’est mon âme en moi, qui aime Dieu. Ce n’est pas mon corps. C’est mon âme qui est attirée et éblouie par la Miséricorde de Dieu, par sa bonté et sa générosité envers tous les êtres. Certaines personnes n’aiment pas cette conception dualiste de l’être humain, qui nous vient du monde grec, de la philosophie grecque : cette façon de décrire l’être humain comme étant « corps et âme ». Les personnes qui décrient cette façon de penser, vont même parfois jusqu’à dire que cette façon de voir, est contraire à la pensée du peuple de Dieu, dans la Bible, car pour les auteurs bibliques, l’être humain est un tout qu’on ne doit pas « diviser », en quelque sorte, en « corps et âme ». Pour ma part, j’aime beaucoup la façon dont pensent les Grecs. Cette conception de l’être humain me permettra dorénavant d’affirmer en toute quiétude, que Dieu est mon Amour; que Jésus est mon Amour. C’est la grâce que je demande pour vous et pour moi (à condition, bien sûr, que vous soyez d’accord avec moi, pour faire une telle demande à Dieu).










  

vendredi 27 juin 2014

Chant: " La joie de l'Évangile "

Chant: " La joie de l’Évangile "

Il y a de cela quelques mois, le pape François écrivait à toute l’Église, une magnifique exhortation apostolique, intitulée: La joie de l’Évangile. Richard Vidal, à la demande de l’archevêque de Québec, Mgr Gérald Cyprien Lacroix, a composé un chant inspiré par les propos du pape dans son exhortation.

En vous rendant sur le lien indiqué à la fin du présent paragraphe, vous aurez accès à une vidéo qui explique l'origine du chant, et à des liens vous permettant d'une part d'entendre le chant (en format MP3), et d'autre part, d'avoir les paroles du chant, ainsi que les partitions musicales. Pour avoir accès à tout cela, veuillez cliquer sur les mots suivants: Musique et partitions du chant : La joie de l’Évangile de Richard Vidal.


 La joie de l’Évangile


PORTÉS PAR LA JOIE DE L’ÉVANGILE,
BRÛLÉS PAR LE FEU DE L’ESPRIT SAINT,
SEMONS LA PAROLE QUI FAIT VIVRE,
DONNONS NOTRE AMOUR ET NOTRE PAIN.


Couplet 1 : Évangéliser dans la joie

- Va, je t’envoie
À la croisée des grands chemins,
Marcher tout près des pèlerins,
Offrir tes pas, offrir tes mains.
- Va, je t’envoie,
Que ton sourire et que ta joie
Soient la lumière de ta foi
En Dieu vainqueur de toutes croix.                  
- Va, je t’envoie,  C’est ta mission !

                                  
Couplet 2 : Aller vers les pauvres

- Sors de chez toi,
Pour rencontrer les gens exclus,
Entendre les cris de la rue,
Voir la misère qu’on ne voit plus.
- Sors de chez toi,
Pour dire aux pauvres et aux sans-voix
Que notre Dieu, le Roi des rois,
Comme eux, n’a pas choisi sa croix.
- Sors de chez toi, C’est ta mission


Couplet 3 : Annoncer sans cesse l’Évangile

- Quitte ton confort,
ne cesse pas de proclamer
Jésus, le Christ, le Bon Berger,
Jésus, debout dans la clarté.
- Quitte ton confort
Pour annoncer le Pain de vie,
Crier son nom, parler de Lui,
De son Royaume et de ses fruits.
- Quitte ton confort,  C’est ta mission !


Couplet 4 : Se ressourcer dans la prière

- Prie en silence
pour que les dons de l’Esprit Saint
Te donne audace, force et soutien
Pour être apôtre, pour être saint.
- Prie en silence
pour que Marie, ta douce Mère,
Guide tes pas dans la lumière
En vrai disciple-missionnaire.
- Prie en silence,  C’est ta mission !

Richard Vidal




mardi 24 juin 2014

Le film " Alleluia " à Radio-Canada, vendredi

Le film « Alleluia » à Radio-Canada, vendredi
Alléluia... (Photo: fournie par les RIDM)

Vendredi prochain, à 21h, à la télé de Radio-Canada, on présentera le documentaire intitulé « Alleluia » dont j’ai déjà parlé sur ce blogue en juin 2012 ( Dieu ma joie: Un vent de fraîcheur). Ce documentaire suit le cheminement de quatre jeunes québécois qui ont senti l’appel à la vie religieuse. Leur cheminement est très impressionnant. Ils sont passés de la non-croyance à la croyance en Dieu, grâce à un prof de philo. Ils ont alors réalisé que foi et raison pouvaient aller de pair. Ce film, présenté à la télévision d’État, en la solennité du Sacré-Cœur, nous prouve que Dieu est toujours agissant dans notre Québec. En la fête nationale des Québécois, que je préfère pour ma part, appeler « la Saint-Jean-Baptiste », il fait bon d’en prendre conscience. Jésus sera toujours le Maître des cœurs; et la puissance de son Amour fera toujours en sorte que des jeunes désirent se consacrer à Lui pour la vie. 

Un article du journal Le Devoir, a annoncé aujourd’hui que le film passerait sur nos ondes vendredi: http://www.ledevoir.com/culture/television/411441/vendredi-27-juin-dominicains-en-devenir?viewType=Print&viewClass=Print

Pour voir la bande annonce du film :  http://vimeo.com/54477946 

Voici une interview que Simon Lessard (un des quatre jeunes) a donnée en décembre 2012 : 

Entrevue : Un cri du coeur !


L'appel à la vie consacrée
Un cri du coeur

Simon, Jonathan, Daniel et Julian sont quatre jeunes qui cheminent pour devenir dominicains. Le long métrage Alleluia, présenté samedi dernier au Festival des rencontres internationales du documentaire de Montréal, met en scène leur parcours spirituel. Simon nous explique en quoi sa vie donnée à Dieu est pour lui une source de joie dont le monde d'aujourd'hui aurait tant besoin. 

Comment avez-vous reçu l'appel de la vie consacrée ?
L'appel n'est pas une sorte de voix mystique intérieure qu'on entend dans sa tête. Je pense que la manière la plus commune que Dieu utilise pour appeler des hommes, c'est par le désir. Il met en effet dans notre cœur un désir étonnant, qui paraît même presque inexplicable, pour une chose qui selon les critères du monde ne devrait pas être désirable. Pourquoi est-ce que je sens en moi une telle passion pour Dieu ? Pour moi, ça signifie que je suis appelé, car Dieu a mis ça dans mon cœur pour me montrer qu'il m'appelait à me donner totalement à lui.

Pourquoi choisir un mode de vie si radical dans la forme ?
La vie consacrée, c'est une passion pour Dieu. Quand on est passionné pour quelque chose, on en délaisse beaucoup d'autres pour faire seulement ce qui nous passionne. Le mot consacré a déjà un sens concret qui veut dire associer une chose à un seul usage. À cause de cette passion pour Dieu, on veut que toute notre vie soit centrée sur lui.

Y a-t-il une chose que vous croyiez avoir perdue en entrant au couvent et que la vie religieuse vous a redonnée ?
On a l'impression en se consacrant à Dieu qu'on renonce à vivre des relations intimes, à avoir une femme et des enfants qui nous rendraient heureux dans le quotidien. Ce qu'on découvre, c'est qu'une famille beaucoup plus grande nous est redonnée. Non seulement des frères qui sont aussi des amis intimes, mais en plus des frères partout dans le monde. Peu importe où je vais, quand j'entre dans un couvent dominicain, j'ai l'impression que j'entre chez moi.

Comment votre cheminement au sein de l'Ordre dominicain vous a-t-il transformé ?
De plus en plus, je m'aime moi-même. En partie, parce que je vois plus ma pauvreté intérieure. Je sens moins que tout dépend de moi et est centré sur moi. Et en même temps, j'accepte plus mes faiblesses. J'ai davantage besoin de Dieu et des autres, mais je pense qu'une pauvreté acceptée permet de mieux s'aimer et elle devient même une richesse, car une fois qu'on accepte, on devient un mendiant. On tend la main aux autres, et cette attitude-là est une richesse.

Qu'est-ce que le témoignage de votre vie religieuse apporte à notre société actuelle ?
La vie religieuse, c'est comme un cri qui dit Dieu. Un cri parce qu'il y a dans le monde tellement de bruit. En soi, tout chrétien témoigne par sa vie. Mais dans un monde où tout est très bruyant, ça prend des signes plus lumineux ou des voix plus fortes qui attirent le regard. Mais on peut aussi attirer l'attention par le silence, l'humilité et la discrétion, qui sont aussi des cris car ils sont à contre-courant d'un monde qui valorise le spectacle ou l'apparence. 
(http://paroleetlumiere.blogspot.ca/2012/12/entrevue-un-cri-du-coeur.html)