Demain : conférence très importante
Mme Michèle Boulva
Michèle BoulvaPassionnée par toutes les questions et
les débats entourant la vie, l’éducation et la famille, Michèle Boulva a fait
carrière comme journaliste, relationniste et gestionnaire. Détentrice d’un
baccalauréat en pédagogie familiale, elle est mère de trois enfants et
grand-maman de 10 petits-enfants. Elle a à cœur la construction d’une société
respectueuse de la vie humaine jusqu’à la mort naturelle. Associée de près à
Vivre dans la Dignité dès la fondation du réseau, elle a depuis huit ans le
privilège d’agir comme aidante naturelle auprès de sa mère.
Chers amis,
Je sais que je m'y prends très tard pour vous inviter à une conférence qui aura lieu demain soir à 19h, ici à l'église Notre-Dame-des-Champs, siutée au 187 Boulevard Iberville à Repentigny. Vu l'importance à mes yeux de cette conférence, je m'empresse de vous inviter chaleureusement.
Comme prêtre, je suis TRÈS ATTRISTÉ de constater que non seulement des personnes qui semblent avoir perdu le sens du religieux, mais aussi des paroissiens qui fréquentent régulièrement la messe dominicale, en viennent à demander l'aide médicale à mourir.
Je sais que je ne dois pas juger ces gens. Je ne peux absolument pas juger leur conscience mais je peux juger que l'action en elle-même qu'ils posent, est immorale et contraire à la volonté de Dieu. De cela je suis certain car la Parole de Dieu est catégorique quand elle nous dit : "Tu ne tueras pas". Et tous les papes que j'ai connus de mon vivant insistent pour dire que la vie est sacrée parce qu'elle est un don de Dieu et que, par conséquent, elle doit être respectée et protégée de la conception à la mort naturelle.
Un des grands péchés de notre époque, selon moi, parmi certaines personnes qui se disent catholiques et qui sont de plus "pratiquantes" au sens où elles vont à la messe régulièrement le dimanche, est l'IRRÉFLEXION, le manque de réflexion. On suit le courant sans trop se poser de questions et surtout sans RÉFLÉCHIR.
Aux personnes âgées qui disent croire en Dieu et qui songent à demander l'AMM (Aide Médicale à Mourir), j'aimerais poser quatre questions :
1) Êtes-vous au courant que l'enseignement de l'Église et particulièrement des tout derniers papes a été que la vie humaine est un don de Dieu inaliénable. Dieu nous a donné la vie et il est le Maître de la vie. "Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur" ( Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 14, verset 8). Seul Dieu a un droit de vie ou de mort sur nous.
2) Est-ce que vous consentiriez à vous suicider ? Est-ce que vous vous suicideriez ? Si la réponse est un NON catégorique, pourquoi dites-vous "NON" ? Je pense personnellement que si vous dites NON, c'est parce que vous savez instinctivement que s'enlever la vie est mal ; que c'est un geste immoral grave que Dieu ne veut pas.
3) Alors, pourquoi acceptez-vous que quelqu'un vous enlève la vie ? Pourquoi acceptez-vous que l'on vous tue ? Car l'aide médicale à mourir est un meurtre. Un médecin, délibérément vous enlève la vie. Certains médecins doivent au moins inconsciemment se trouver très puissants puisqu'ils ont le pouvoir de vie ou de mort sur des individus.
Donner le pouvoir à quelqu'un de nous tuer, c'est un geste libre de notre part. En faisant cela, je suis responsable du meurtre qu'une personne commet à mon endroit. C'est moi qui lui donne le pouvoir de me tuer. Je devrai rendre compte de cette décision devant Dieu.
La personne va me dire : "Mais je n'ai jamais pensé à cela ?" Voilà jutement le fond du problème : l'IRRÉFLEXION ; le manque chronique de réflexion.
4- Il est possible que vous choisissiez de recevoir l'aide médicale à mourir devant vos proches : devant vos frères et soeurs, vos enfants et peut-être même vos petits-enfants. Si tel est le cas, cela ne vous préoccupe pas de poser un tel geste, le dernier geste de votre vie, devant vos enfants et vos petits-enfants ? Surtout si vous êtes chrétiens ou chrétiennes. Quel exemple contradictoire vous donnez à vos enfants et petits-enfants ? Poser un geste grave que Dieu ne veut pas, comme dernier acte de votre vie et cela, devant les personnes qui vous sont les plus chères.
J'ai à l'esprit l'exemple du vieillard Éléazar dans la Bible, qui n'a pas voulu scandaliser les jeunes en posant un geste immoral :
Éléazar était l’un des scribes les plus éminents. C’était un homme très âgé, et de très belle allure. On voulut l’obliger à manger du porc en lui ouvrant la bouche de force. Préférant avoir une mort prestigieuse plutôt qu’une vie abjecte, il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice, après avoir recraché cette viande, comme on doit le faire quand on a le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger, même par amour de la vie. Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège le connaissaient de longue date. Ils le prirent à part et lui conseillèrent de faire apporter des viandes dont l’usage était permis, et qu’il aurait préparées lui-même. Il n’aurait qu’à faire semblant de manger les chairs de la victime pour obéir au roi ; en agissant ainsi, il échapperait à la mort et serait traité avec humanité grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux. Mais il fit un beau raisonnement, bien digne de son âge, du rang que lui donnait sa vieillesse, du respect que lui valaient ses cheveux blancs, de sa conduite irréprochable depuis l’enfance, et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu. Il s’exprima en conséquence, demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts : « Une telle comédie est indigne de mon âge. Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar, à quatre-vingt-dix ans, adopte la manière de vivre des étrangers. À cause de cette comédie, par ma faute, ils se laisseraient égarer eux aussi ; et moi, pour un misérable reste de vie, j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur. Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant. C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage, je me montrerai digne de ma vieillesse et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d’une belle mort. » Sur ces mots, il alla tout droit au supplice. Pour ceux qui le conduisaient, ces propos étaient de la folie ; c’est pourquoi ils passèrent subitement de la bienveillance à l’hostilité. Quant à lui, au moment de mourir sous les coups, il dit en gémissant : « Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien : alors que je pouvais échapper à la mort, j’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. » Telle fut la mort de cet homme. Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu. (Premier livre des martyrs d'Israêl, chapitre 6, versets 18 à 31)
Que Dieu nous accorde sagesse et courage !
Merci Père Guy. J'y serai !
RépondreSupprimerJe pense, même si je ne suis pas pour l’AMM, que c’est grandement exagéré de comparer les médecins à Néron.
RépondreSupprimerVous avez raison en ce sens qu'il n'y a pas ici de mort violente. Mais la ressemblance la plus importante pour moi est de s'arroger le droit de vie ou de mort sur un être humain. Je vais tout de même, grâce à vous, enlever cette comparaison. Merci pour votre commentaire.
SupprimerMerci Père Guy de nous interpeller sur l'incohérence entre cette triste possibilité d'abréger ses jours par la voie de l'euthanasie et le respect de la vie auquel tous ont droit! Le respect de la vie humaine est un devoir primordial pour tous!
RépondreSupprimerJ'assisterai à cette soirée d'information car elle prône le respect de la vie qui, je l'espère, suscitera des réflexions à savoir comment, en tant que chrétien.ne, nous pouvons protéger la dignité des personnes souffrantes. Quelles initiatives peut-on entreprendre pour valoriser la vie dans les temps difficiles de souffrances? Comment accompagner les malades et leurs proches pour les aider à traverser ce temps d'épreuve dans une foi renouvelée qui respecte la vie jusqu'à ce que l'heure de Dieu soit venue?
Merci à tous ceux/celles qui oeuvrent auprès des personnes malades ayant besoin de vivre d'Espérance et recevoir de bons soins!
Merci pour ce beau commentaire. Que Dieu nous éclaire tous !
RépondreSupprimerMerci beaucoup, très bonne réflexion.
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