mercredi 10 décembre 2014

L'existence de Dieu est une évidence

L’existence de Dieu est une évidence



Pour plusieurs personnes, dont moi, l’existence de Dieu, est une évidence. Une évidence peut être immédiate et sauter aux yeux sans raisonnement ou sans réflexion. Une évidence peut venir après très peu de réflexion, ou après beaucoup de réflexion. Pour moi et pour plusieurs personnes que je connais, la croyance en Dieu naît de très peu de réflexion et pour ainsi dire d'une simple contemplation des beautés de la nature. Un de mes amis demandait un jour à sa mère pourquoi elle croyait en Dieu. Sa maman lui a répondu: "Mais tu n'as qu'à regarder cette rose". Lorsque je considère l'univers et tout le monde créé, l'existence d'un Dieu me saute aux yeux. Je n'ai pratiquement pas besoin de raisonner; ou si peu. Devant tant de beauté et d'ordre, mon intelligence me dit clairement que Dieu existe. En ce sens, l'existence de Dieu n'est même pas pour moi une question de foi. C'est une évidence qui s'impose à moi. J’ai un ami d’enfance qui est athée. Selon lui, Dieu n’existe pas. Cet ami est professeur d’université en physique et chercheur. Voici le message que je lui ai envoyé, il y a de cela quelques semaines: 

Cher ... , 

J'espère que tu vas bien. 

Voici une citation que j'ai lue dernièrement et que j'ai trouvée très belle:   

« La probabilité que notre univers soit issu du hasard est comparable à celle d'un archer réussissant à planter sa flèche au milieu d'une cible carrée de 1 cm de côté et située à l'autre bout de l'univers. » Trinh Xuan Thuan (Astrophysicien)
Pour moi, et pour plusieurs de mes amis et connaissances, l'athéisme est un très grand mystère. Car pour nous, le fait que Dieu existe, est en quelque sorte une évidence. On ne peut même pas dire, en un sens, que l'on croit que Dieu existe. L'existence de Dieu, n'est même pas une question de foi, pour nous. Cela relève de l'évidence. Et cette évidence provient du fait qu'il y ait de l'ordre dans l'univers; qu'il y ait tant d'ordre dans l'univers. Qui dit ordre, dit intelligence, selon nous. 

La question pour nous n'est donc pas de savoir si Dieu existe, mais de savoir qui est ce Dieu qui existe. Voilà la véritable recherche. Voilà aussi où se trouve la foi. Je crois que Jésus est Dieu. Pour cela, il faut la foi, même si j'ai de très bonnes raisons de croire que Jésus est Dieu et qu'en ce sens, croire en la divinité de Jésus, est aussi " raisonnable ". 

Une dame Française que j'aime beaucoup et qui est décédée maintenant, madame Georgette Blaquière, disait cette phrase admirable: "Croire en Dieu, ce n'est pas croire que Dieu existe, mais croire que j'existe pour Dieu." Autrement dit, croire que Dieu ne m'a pas jeté là dans l'univers, sans se soucier de moi, sans m'aimer. Dans mon esprit, si Dieu existe, il faut qu'Il soit AMOUR. Or c'est précisément ce que saint Jean nous dit:" DIEU EST AMOUR ". 

Ciao !

Guy, omv

Pour moi, et pour beaucoup d’autres personnes, le fait qu’il y ait autant d’ordre dans l’univers, ne peut que provenir d’un être intelligent. Il nous est inconcevable que tant d’ordre soit le fruit du hasard. Penser cela, répugne à notre intelligence. Qui dit intelligence, dit ordre; et qui dit ordre, dit intelligence. Il me semble évident que toute chose sur cette terre est ordonnée et orientée à une fin. Quiconque examine un organe du corps humain, voit bien que cet organe est orienté vers une fin. L’œil humain, dans son extraordinaire complexité, est fait pour voir. Un entomologiste fameux, nommé Jean-Henri Fabre, a montré à l’évidence que tout était minutieusement ordonné dans le monde des insectes. Or ce qui est vrai pour le monde des insectes, est vrai aussi pour tout le monde animal et, de façon générale, pour toute la création. Voici une célèbre citation de Jean-Henri Fabre:

" Le monde est régi par une intelligence infinie. Plus j'observe, plus je vois cette intelligence qui rayonne derrière le mystère des choses. Je sais qu'on ne manquera pas de m'en railler; je m'en soucie très peu. On m'arracherait plutôt la peau que la croyance en Dieu. Dieu. Je n'y crois pas: je le vois." 

Qui dit ordre, dit intelligence. Et qui dit ordre dans le domaine de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, dit Dieu, selon moi. Or une fois que l’existence de Dieu ne fait aucun doute, la question qui demeure, est la suivante: "Qui est ce Dieu?" C’est là que, normalement, devrait commencer la recherche. Je considère qu'il est illogique, enfantin et non raisonnable, de croire en l’existence de Dieu, et ne pas chercher à connaître qui Il est. Malheureux les êtres humains qui croient en l’existence de Dieu, et qui ne cherchent pas à Le connaître. Je ne peux absolument pas comprendre une telle attitude.

Quand je contemple la création, quand je contemple l’univers, je ne peux croire qu’en un Dieu qui soit bon et grand. Or personne mieux que Jésus Christ ne me montre à quel point Dieu est bon et grand. C’est une des raisons pour lesquelles je crois que Jésus est Dieu. Et je crois en la Trinité parce que Jésus nous a révélé le mystère d'un Dieu en trois Personnes. Voici 

Deux de mes meilleurs amis ont enseigné la philosophie au niveau collégial, pendant de nombreuses années. Ils ont donné un cours sur l’existence de Dieu. L’existence de Dieu est une question éminemment philosophique; ce n’est pas en premier lieu une question théologique. Dès le premier cours, un de mes amis faisait faire une expérience à ses élèves: il leur demandait de fermer leurs yeux et d’imaginer que rien, absolument rien n’existe. Rien, pas même Dieu. Si cette condition avait prévalu, si rien « un jour », n’avait existé, est-ce que quelque chose aurait pu surgir de ce rien? Il semble assez évident que si un jour rien n’avait existé; que si un jour, il n’existait rien, rien, absolument rien n’aurait pu sortir de ce rien. Il fallait donc ce que les Grecs appelaient un « premier moteur »; et que nous nommons Dieu. Voilà une façon simple mais convaincante de prouver que Dieu existe. Il est vrai qu'ici, il faut quelque peu "raisonner" pour en arriver à la conclusion que Dieu existe, mais le raisonnement est, somme toute, très simple et facile à faire. 

Avec tout ce que nous savons sur le monde, les galaxies, l’infiniment grand et l’infiniment petit, etc., je me demande comment il se fait que le psalmiste qui vivait des siècles avant la venue de Jésus, pouvait voir plus clair que plusieurs de nos savants contemporains:

« Les cieux proclament la gloire de Dieu,
Le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
Et la nuit à la nuit en donne connaissance.

Pas de paroles dans ce récit,
Pas de voix qui s’entende;
Mais sur toute la terre en paraît le message
Et la nouvelle, aux limites du monde. »
(Psaume 19, ou 18, versets 2 à 5)

Je suis d’ailleurs de plus en plus convaincu que la non croyance en Dieu qui nous aime et qui se manifeste à nous de bien des manières, n’est pas affaire d’intelligence, mais de volonté. C’est même une question de pureté de cœur. Jésus a dit: « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » (Mt 5, 8). Le plus bel exemple de cœur pur dans l’histoire de l’Église, est, selon moi, saint François d’Assise. Il avait tellement le cœur pur, qu’il voyait Dieu en toute chose : en son frère le soleil, en sa sœur la pluie, en son frère le froid, en sa sœur la mort. Je pense que les personnes qui ne croient pas en l’existence de Dieu, ne veulent pas croire en Dieu, pour toutes sortes de raison.

C’est la volonté qui est affectée quand on ne croit pas en Dieu. Et c’est souvent l’attachement au mal moral, qui fait obstacle à l’évidence de Dieu. C’est un peu, je pense, ce que saint Paul veut nous dire dès le début de sa Lettre aux Romains, au chapitre 1, versets 18 à 25:

18 Or la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui, par leur injustice, font obstacle à la vérité.
19 En effet, ce que l’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, car Dieu le leur a montré clairement.
20 Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. Ils n’ont donc pas d’excuse,
21 puisque, malgré leur connaissance de Dieu, ils ne lui ont pas rendu la gloire et l’action de grâce que l’on doit à Dieu. Ils se sont laissés aller à des raisonnements sans valeur, et les ténèbres ont rempli leurs cœurs privés d’intelligence.
22 Ces soi-disant sages sont devenus fous ;
23 ils ont échangé la gloire du Dieu impérissable contre des idoles représentant l’être humain périssable ou bien des volatiles, des quadrupèdes et des reptiles.
24 Voilà pourquoi, à cause des convoitises de leurs cœurs, Dieu les a livrés à l’impureté, de sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leur corps.
25 Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge ; ils ont vénéré la création et lui ont rendu un culte plutôt qu’à son Créateur, lui qui est béni éternellement. Amen. (Rm 1, 18-25)

La croyance en l’existence de Dieu est d’ailleurs une caractéristique de l’être humain de tous les temps. Depuis que l’être humain est sur la terre, il a cru comme « naturellement » en l’existence de Dieu. C’est naturel pour l’homme de croire en Dieu. Notre époque est caractérisée par une augmentation significative du nombre des athées. Pour ceux et celles qui se disent athées, cela semble être une gloire de se déclarer athée. Souvent ces personnes semblent fières de s’être libérées d’une façon archaïque de penser ou de préjugés religieux. Les personnes athées attribuent souvent leur incroyance à une évolution de l’humanité. Mais de fait, c’est le contraire: l’athéisme est une régression de l’humanité. L’être humain s’éloigne significativement de sa condition humaine, en refusant de croire en Dieu; il s’éloigne de ce pourquoi et en vue de quoi il a été créé. Et il risque de passer complètement à côté du but de sa vie en ce monde et pour l’éternité.

En terminant , je veux céder la parole à une sainte que j’admire beaucoup: sainte Jéséphine Bakhita. Voici un extrait de mon blogue intitulé: Le 8 février: sainte Joséphine Bakhita. Pour lire ce blogue, vous n'avez qu'à cliquer sur les mots mis en couleur dans la phrase précédente. 

Joséphine Bakhita est la première sainte soudanaise. Elle disait : « Les Sœurs firent mon instruction avec beaucoup de patience et me firent connaître ce Dieu que tout enfant je sentais dans mon cœur sans savoir qui il était. Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même: qui donc est le maître de ces belles choses? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages ». Et encore: «Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Voyez comme est grande la grâce de connaître Dieu!». Cette grande dame me rappelle un des textes dont la lecture m'a le plus bouleversé : la leçon du lépreux. J’ai mis ce texte sur mon blogue, en date du 17 septembre 2011. Vous pouvez le lire en cliquant sur les mots suivants: La leçon du lépreux.

Post scriptum : Un des  mes deux amis dont je parle dans le présent blogue, m’a envoyé un message électronique après avoir lu mon texte. Voici la fin de son message:

« Il faut être aveugle pour être athée. Mais, au cours de ma carrière, j'ai vu bien des aveugles recouvrer la vue.

P.S. Je pense qu'il est purement et simplement impossible que le hasard ait produit l'univers. Ce n'est pas qu'il y a une chance sur des milliards de milliards. Il n'y a aucune chance que cela soit arrivé. Pas plus qu'il n'y a de chance que le hasard ait constitué la ville de New York.

Ton ami,

Michel »





La spiritualité de Jean Béliveau


La spiritualité de Jean Béliveau


Lors d'un événement tenu à l'Assemblée nationale, Jean Béliveau avait discuté pendant une trentaine de minutes de sa spiritualité, rappelle l'auteur. PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La presse / Débats

Publié le 10 décembre 2014 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

LA SPIRITUALITÉ DE JEAN BÉLIVEAU

RAYMOND GARNEAU, EX-DÉPUTÉ DE LA CIRCONSCRIPTION DE JEAN-TALON

Tout, ou presque, a été dit sur Jean Béliveau. Cependant, il y a un aspect de sa personnalité dont on n’a pas beaucoup parlé, celui de sa spiritualité.
J’aimerais témoigner d’une expérience bien spéciale que j’ai vécue à ce sujet avec monsieur Jean Béliveau. C’était au début des années 70. À cette époque, il existait une tradition qui avait pris naissance à Washington, au Congrès américain, et qui s’était répandue dans plusieurs Parlements du monde, dont la Chambre des communes à Ottawa et l’Assemblée nationale à Québec : le petit déjeuner de la prière.
Cette activité multiconfessionnelle, sans couverture médiatique, réunissait pour un moment de recueillement et de prière les députés, les maires, les échevins et les dirigeants d’organismes communautaires ou du milieu des affaires de la grande région de la ville de Québec et se tenait au restaurant parlementaire de l’Assemblée nationale.
La tradition voulait que ce petit déjeuner soit organisé par le premier ministre ou un de ses ministres. Cette année-là, le premier ministre Bourassa m’avait confié l’organisation du déjeuner de la prière et la tâche de trouver une personnalité de marque qui accepterait de venir témoigner de sa foi et comment il ou elle avait réussi à conjuguer sa spiritualité avec son travail ou ses activités professionnelles.
J’entrepris donc des consultations pour trouver une personnalité qui accepterait de venir s’adresser aux participants du déjeuner de la prière. J’appris que Jean Béliveau avait accepté de participer à une activité de prière qu’un groupe restreint d’une dizaine de personnes du milieu des affaires avait tenue, quelques mois auparavant, au Club Saint-Denis de Montréal.
Je communiquai avec Jean Béliveau pour lui parler du petit déjeuner de la prière de l’Assemblée nationale et savoir s’il accepterait d’être notre invité d’honneur. Notre conversation fut très amicale et monsieur Béliveau me promit de réfléchir à l’invitation et qu’il me donnerait une réponse rapidement. Deux jours plus tard, il me rappelait pour me dire qu’il acceptait.
Le jour venu, devant un restaurant parlementaire rempli au maximum de sa capacité, monsieur Jean Béliveau se leva de son siège et, calmement, entreprit de s’adresser aux quelque 200 participants.
On aurait entendu une mouche voler, tellement le moment était empreint de dignité.
Presque tous les convives avaient vu évoluer Jean Béliveau sur la glace du Colisée de Québec ou du Forum de Montréal, mais personne n’avait jamais pensé qu’un jour il verrait ce virtuose du hockey parler simplement, mais avec conviction et franchise, de sa spiritualité et de ses croyances religieuses.
Jean Béliveau se tenait droit et de ses 6 pieds, 3 pouces, sans texte, sauf quelques notes manuscrites, il parla pendant près de 30 minutes de son enfance et des valeurs que lui avaient inculquées ses parents. Il parla des voyages par train que l’équipe devait effectuer après la partie du samedi soir au Forum pour se rendre à Toronto, Boston, New York, Detroit et même Chicago, et expliqua comment durant sa carrière de hockeyeur il s’arrangeait pour assister à la messe le dimanche.
Sa prestation faite avec dignité et sans aucun dessein ostentatoire fut remarquable et, sans vouloir déprécier les témoignages des autres personnalités qui se présentèrent les années suivantes à la tribune du petit déjeuner de la prière, monsieur Béliveau laissa dans l’esprit et le cœur de son auditoire un sentiment de respect au point où, plusieurs années après, on me disait encore combien son témoignage avait marqué et influencé dans leur spiritualité personnelle les invités de cet événement.
Les funérailles de monsieur Jean Béliveau auront lieu cet après-midi à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal. La messe sera célébrée par l’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine. Je trouve très beau qu’une messe de funérailles soit célébrée dans la cathédrale de Montréal pour ce grand homme et ce grand chrétien qu’est Jean Béliveau. L’eucharistie dominicale a toujours été d’une première importance pour monsieur Béliveau, comme l’a si bien mentionné monsieur Raymond Garneau dans le témoignage ci-dessus. Mais ce que les gens ignorent peut-être aussi, pour la plupart, c’est que monsieur Jean Béliveau priait son chapelet à chaque jour. C’est Mgr Christian Lépine lui-même, qui a témoigné de ce fait hier, devant un groupe de prêtres du diocèse de Montréal. Mgr Lépine, qui a rencontré ces jours-ci la famille de monsieur Béliveau, en vue des funérailles de cet après-midi, a pu en apprendre davantage sur la vie chrétienne qu’a menée notre numéro 4 national. Ce numéro 4 était en quelque sorte très bien choisi pour le chrétien qu'est Jean Béliveau, car ce chiffre témoigne bien de la spiritualité de ce grand homme, qui vouait un grand amour aux trois Personnes divines et la Sainte Vierge Marie. Je suis heureux que les funérailles de monsieur Béliveau aient lieu dans une cathédrale dédiée à la Vierge Marie (Cathédrale Marie Reine du Monde), en une semaine où la Vierge Marie est particulièrement honorée dans la liturgie catholique. Les funérailles d’aujourd’hui ont lieu en plein milieu d’uns semaine mariale: il y a deux jours, nous célébrions l’Immaculée Conception de la Vierge Marie (le 8 décembre), et dans deux jours (le 12 décembre), nous célébrerons Notre-Dame-de-Guadalupe, la Patronne et la Mère des Amériques. C'est le pape Pie XII, en 1946, qui déclara Notre-Dame-de-Guadalupe Patronne des Amériques, et c'est le pape Jean XXIII  qui, en 1961, lui donna les titres de Mère des Amériques et Éducatrice de la foi des peuples d'Amérique.   


Nous savons maintenant que la foi catholique était très importante dans la vie du « grand Jean ». Cette foi vécue avait aussi un impact sur les jeunes joueurs du Canadien de Montréal qui côtoyaient leur capitaine sur la patinoire et en dehors de la glace. Réjean Houle, ancien joueur du Canadien de Montréal, dans une interview donnée au journal The Montreal Gazette, témoigne de cela :

« Houle se mit à sourire en se rappelant les jours et les soirées qu’il a vécues lors de sa saison en tant que recrue. Il se rappelle que M. Béliveau avait une grande influence sur lui et sur les autres jeunes joueurs de l’équipe.

« Lorsque nous étions en présence de Jean, il n’y avait pas d’écart de langage, et nous ne prenions pas beaucoup de boisson. On « sacrait » moins et on buvait moins, à cause de lui », disait Houle, en riant.

Il se rappela les soirs où M. Béliveau et les autres joueurs se rendaient, après les parties jouées à Chicago, dans un bar de musique country appelé: Bar Double-R Ranch.

« Quand le grand Jean venait avec nous, les gars ne se conduisaient pas de la même façon. On faisait attention aux paroles qui sortaient de nos bouches, et on buvait moins de bières. On essayait de se comporter comme lui; nous étions plus respectueux de nous-mêmes et des gens autour de nous. »
(Habs' Réjean Houle an anchor in Béliveau family's lives, not ...montrealgazette.com)                            
  

lundi 8 décembre 2014

" Le Maître de la terre " de Benson

« Le Maître de la terre » de Benson
 
Il est assez rare qu’on puisse connaître le titre des romans qu’ont appréciés les papes. Or nous savons qu’un roman a plu à Joseph Ratzinger et à Jorge Bergoglio. Il s’agit du roman de Robert Hugh Benson, intitulé: Le Maître de la terre. Robert Hugh Benson (1871 -1914) était le fils de l'archevêque de Canterbury. Ordonné prêtre par son père dans l'Église anglicane, Robert Hugh joignit l'Église catholique le 11 septembre 1903. En cette année 2014, nous commémorons le centième anniversaire de son décès. Le pape François a fait allusion à ce roman, lors de son homélie du 18 novembre 2013. Voici comment l’Osservatore Romano a rapporté les propos du pape:

« Il existe une menace qui parcourt le monde. C’est celle de la « mondialisation de l’uniformité hégémonique » caractérisée par la « pensée unique », à travers laquelle, au nom d’un progressisme qui se révèle ensuite infantile, on n’hésite pas à renier ses propres traditions et sa propre identité. Ce qui doit nous consoler est cependant que devant nous, il y a toujours le Seigneur fidèle à sa promesse, qui nous attend, nous aime et nous protège. Entre ses mains, nous avancerons en étant en sécurité sur tous les chemins.  …  . Le Pape a entamé sa réflexion en commentant la lecture tirée du premier livre des Macchabées (1, 10-15 ; 41-43 ; 54-57 ; 62-64) « l’une des pages les plus tristes de la Bible » a-t-il commenté, où l’on parle d’« une bonne partie du peuple de Dieu qui préfère s’éloigner du Seigneur devant une proposition de mondanité ».  …  Se référant au récit biblique, le Pape a rappelé que ces personnes prirent « les habitudes des païens » et acceptèrent l’ordre du roi qui « prescrivit que dans son royaume tous ne forment qu’un seul peuple et que chacun abandonne ses propres coutumes ». Et il ne s’agissait certainement pas d’une « belle mondialisation » qui s’exprime « dans l’unité de toutes les nations », qui conservent cependant leurs usages. Ce dont on parle dans le récit est, en revanche, la « mondialisation de l’uniformité hégémonique ». La « pensée unique fruit de la mondanité ».  …   Négocier sa fidélité à Dieu est comme négocier sa propre identité. Et à ce propos, le Pape a rappelé le livre « Le Maître de la terre » de Robert Hugh Benson, fils de l’archevêque de Canterbury, Edward White Benson, dans lequel l’auteur parle de l’esprit du monde et « presque comme s’il s’agissait d’une prophétie, il imagine ce qui se passera. Cet homme, s’appelait Benson, il se convertit ensuite au catholicisme et il a très bien fait. Il a précisément vu cet esprit de la mondanité qui nous conduit à l’apostasie ».

Le pape Benoît XVI a aussi admis avoir été impressionné par ce roman. C’est ce que nous révèle Monseigneur Luigi Negri, archevêque de Ferrara-Comacchio, dans la préface qu’il a faite de ce roman pour les Éditions Foi et Culture, en 2011 :  

« Chers amis, je suis heureux d’accompagner de quelques paroles la réédition du livre « Le Maître de la terre », qui est un des livres qui a influencé le plus profondément ma personnalité. De plus, de façon confidentielle, je puis vous dire que lors d’une conversation que j’ai eue avec notre Saint Père le pape Benoît XVI, ce dernier m’a dit que la lecture du livre « Le Maître de la terre », lors de sa première parution en allemand, a été d’une grande importance pour lui. » (1) 

On peut se procurer le livre chez Téqui, ou le lire gratuitement sur internet en cliquant sur le lien suivant: http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/HughBenson/livre.html

Sur la couverture du livre que vous pouvez voir ci-dessous, la maison d'édition a même mis cette phrase du pape François: "Le Maître de la terre" de R.H. Benson, est une de mes lectures préférées." 





 
Post scriptum, écrit le 2 septembre 2015: voici un autre blogue sur ce sujet: L'appel des Derniers Temps
 
 

samedi 6 décembre 2014

Revitaliser la paroisse

Revitaliser la paroisse
 
" Allez par le monde entier; 
faites des disciples "

Depuis quelques mois, des paroissiens et moi-même, sentons le besoin de revitaliser notre paroisse, c’est-à-dire, lui donner plus de vie. La paroisse est d’abord et avant tout un territoire délimité par l’évêque d’un diocèse. Notre paroisse a été agrandie géographiquement en 2011, avec l’annexion du territoire de deux anciennes paroisses: Saint-Marcel et Saint-Octave. La paroisse Saint-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, à Montréal, couvre maintenant un assez grand territoire. Le même territoire logeait trois paroisses, il y a quatre ans.

Il peut sembler bizarre de dire qu’une paroisse est d’abord un territoire. Mais c’est un fait. Je ne veux pas dire par là que ce qui est le plus important pour une paroisse, c’est son territoire. Ce serait une aberration de dire une chose pareille. Le plus important, dans une paroisse, ce sont les paroissiens; ce sont les personnes qui croient en Jésus-Christ, notre Dieu et Sauveur, et qui s’efforcent de vivre ses enseignements.

La paroisse, comme telle, est en crise, en plusieurs lieux. C’est le cas dans une très grande partie du Québec, et aussi aux États-Unis. Ces dernières années, un curé de paroisse du diocèse de Baltimore, l’abbé Michael White, et un de ses paroissiens, monsieur Tom Corcoran, ont écrit un livre très stimulant, ayant pour titre : Rebuilt (que l’on pourrait traduire ainsi : Reconstruite). Ce livre est le fruit de l’expérience que ces deux hommes ont vécue dans leur paroisse. Ils ont littéralement « reconstruit » leur paroisse en quelques années. Cela ne s’est pas fait sans heurts, bien sûr, mais le résultat est assez impressionnant. Ce qui m’a frappé en lisant ce livre, c’est de constater que la souffrance de ces deux chrétiens était tellement grande de voir leur paroisse dépérir, qu’ils ont pris les grands moyens. Ils ont lu plusieurs livres et ils ont visité plusieurs lieux où le Christ est annoncé; en particulier chez nos frères et sœurs Protestants. Et ont agi et se sont laissés interpeller par d'autres communautés chrétiennes.  

L’abbé Michael White et monsieur Tom Corcoran, ont été invités dernièrement par les autorités de notre diocèse, à venir donner une session à Montréal, pour nous partager leur expérience. Je n’en suis pas revenu de voir que les dirigeants de notre diocèse aient eu l’inspiration de faire venir ces deux auteurs. Quelle bonne idée!  Et quel encouragement pour l’avenir de l’Église à Montréal!

J’ai participé, avec vingt de nos paroissiens, à la conférence d’ouverture de cette session. Je veux vous partager quelques unes des réflexions entendues ce soir-là. Monsieur Corcoran, d’emblée, nous a demandé : « Quelle est la mission de l’Église? »; ou encore : « Quelle est sa raison d’être? ». Pour répondre à cette question, M. Corcoran a repris les mots mêmes de Jésus, le jour où il est retourné au ciel :

 « Tout pouvoir m’a été donné au ciel  et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 18-20)  

La mission essentielle de l’Église, et donc de la paroisse, c’est de faire des disciples. Ce n’est rien d’autre que cela, mais c’est tout cela. L’abbé Michael White a pris la relève et a dit à tous les participants : « Dans notre agir, dans notre pastorale, la première question qui devrait nous venir à l’esprit est la suivante : « Pourquoi ? ». Pourquoi faisons-nous telle ou telle activité? C’est bien beau de réunir des gens, de faire des soupers-rencontre, d’organiser des sorties, etc, mais si cela ne contribue pas à « faire des disciples », nous perdons notre temps, en quelque sorte. Voilà le critère essentiel de l’activité pastorale d’une paroisse : « Est-ce que ce que je fais, aide à faire des disciples de Jésus, oui on non ? » Ne perdons pas notre temps à faire autre chose.

Une des expériences déterminantes qu’ont faites l’abbé Michael White et monsieur Corcoran, fut d’aller visiter une église protestante dans le diocèse d’Orange, en Californie. Cette église n’était pas une véritable église; c’était plutôt une grande salle où se réunissaient les chrétiens. Ce qui a frappé d’emblée les deux visiteurs, ce fut l’attitude des chrétiens qu’ils ont rencontrés, et leur accueil. Tout le monde avait le sourire au lèvres, tout le monde était joyeux. Nos deux « éclaireurs » n’en croyaient pas leurs yeux. Ils se demandaient comment une telle chose était possible. Qu’est-ce qui rendait ces gens si heureux et si accueillants? L’abbé White a été tellement impressionné qu’après être entré par une porte de l’église, il est sorti par une autre porte, pour entrer à nouveau par l’endroit où il était passé, juste pour voir si on l’accueillerait avec toujours autant d’enthousiasme. Et ce fut le cas.

Cette expérience a été déterminante pour nos deux voyageurs. Voilà ce qu’il faut faire, pour que notre communauté soit vivante: il faut soigner notre joie, soigner notre accueil. Depuis ce temps, je rêve de voir mes paroissiens arriver le dimanche à l’église, avec la tête et le cœur vides de leurs préoccupations personnelles (familiales, professionnelles, ou autres), et disposées à venir louer joyeusement le Seigneur, en famille, avec leurs frères et sœurs croyants. Oui, dès que nous mettons les pieds sur le stationnement de l’église, disons au Seigneur que durant la prochaine heure, nous ne voulons penser qu’à Lui et à son Royaume; que nous lui donnons entièrement cette heure; sans autre sujet de pensée que Lui. Et manifestons à tous notre joie de croire et notre joie de rencontrer des gens qui partagent la même foi que nous. Quel bonheur nous attend et nous est réservé durant cette halte hebdomadaire!

Et messieurs White et Corcoran ont bien mis en évidence que le focus en paroisse, doit être mis sur les gens qui ne viennent jamais loué le Seigneur; sur les " distants " ou les " absents ". Puisqu’il faut faire des disciples, on ne peut se contenter de rester le même nombre de personnes à chaque semaine, pour louer Dieu. Notre mission est d’inviter et d’attirer des gens à venir louer Dieu, se rassasier de sa Parole et de son Pain. Voilà notre mission. Essayons de la prendre au sérieux.

Demain, en paroisse, nous aurons une première rencontre dans le but de revitaliser notre paroisse. À cette occasion, j’ai composé la prière que voici :

Prière pour revitaliser la paroisse

Dieu notre Père, donne-nous la passion du Royaume des cieux. Enflamme-nous d’amour pour Toi et pour ton Règne.

Jésus, notre Sauveur et ami, fais de nous des disciples convaincus et convaincants, qui t’aiment et te servent sans réserve, très désireux de te faire connaître aux autres.

Esprit Saint, notre Défenseur et Consolateur, fais vivre à notre paroisse une nouvelle Pentecôte. Remplis-nous de tes dons et de tes fruits et envoie-nous porter la Bonne Nouvelle à toutes les personnes que nous rencontrons; sans gêne, sans respect humain et sans peur.

Marie, notre Mère et amie, Étoile de la nouvelle évangélisation, sois notre protectrice contre les assauts du Mauvais. Rends-nous sensibles à la présence de Jésus en nous, et aide-nous à le porter aux autres. Prie pour nous, afin  que Jésus transforme l’eau de nos vies en vin du Royaume, c’est-à-dire en son précieux Sang. Amen.

(Prière composée par le Père Guy Simard, omv, en la paroisse Saint-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, le 5 décembre 2014)



vendredi 5 décembre 2014

" Délivre-nous du Mauvais " (prière de Jésus)

« Délivre-nous du Mauvais » (prière de Jésus)



Jésus nous a appris à prier, à la demande d’un de ses apôtres. La plus belle prière qui soit sortie de son cœur, est le Notre Père. Les derniers mots du Notre Père sont les suivants: « Délivre-nous du mal ». Il est malheureux que nous n’ayons jamais osé traduire le dernier mot du Notre Père, par « délivre-nous du Mauvais, ou du diable ». Car c’est de lui dont il est question dans cette dernière demande du Notre Père. Le dernier mot du Notre Père, dans le texte original des évangiles, qui est écrit en grec, est le mot « ponèros », que l’évangéliste Matthieu emploie normalement pour désigner le diable. D’ailleurs, quand Jésus pria à la dernière Cène (prière que l’on appelle communément « la prière sacerdotale »), Il a spécifiquement demandé à son Père de nous garder du Mauvais. C’est ce que note le Catéchisme de l’Église catholique dans l’article qui explique la véritable signification de l’ultime demande du Notre Père :

VII. Mais délivre-nous du Mal

2850 La dernière demande à notre Père est aussi portée dans la prière de Jésus : " Je ne te prie pas de les retirer du monde mais de les garder du Mauvais " (Jn 17, 15). Elle nous concerne, chacun personnellement, mais c’est toujours " nous " qui prions, en communion avec toute l’Église et pour la délivrance de toute la famille humaine. La Prière du Seigneur ne cesse pas de nous ouvrir aux dimensions de l’Economie du salut. Notre interdépendance dans le drame du péché et de la mort est retournée en solidarité dans le Corps du Christ, en " communion des saints " (cf. RP 16).

2851 Dans cette demande, le Mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le " diable " (dia-bolos) est celui qui " se jette en travers " du Dessein de Dieu et de son " œuvre de salut " accomplie dans le Christ.
2852 " Homicide dès l’origine, menteur et père du mensonge " (Jn 8, 44), " le Satan, le séducteur du monde entier " (Ap 12, 9), c’est par lui que le péché et la mort sont entrés dans le monde et c’est par sa défaite définitive que la création toute entière sera " libérée du péché et de la mort " (MR, prière eucharistique IV). " Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche pas, mais l’Engendré de Dieu le garde et le Mauvais n’a pas prise sur lui. Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier gît au pouvoir du Mauvais " (1 Jn 5, 18-19) :

Le Seigneur qui a enlevé votre péché et pardonné vos fautes est à même de vous protéger et de vous garder contre les ruses du Diable qui vous combat, afin que l’ennemi, qui a l’habitude d’engendrer la faute, ne vous surprenne pas. Qui se confie en Dieu ne redoute pas le Démon. " Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? " (Rm 8, 31) (S. Ambroise, sacr. 5, 30 : PL 16, 454AB).

2853 La victoire sur le " prince de ce monde " (Jn 14, 30) est acquise, une fois pour toutes, à l’Heure où Jésus se livre librement à la mort pour nous donner sa Vie. C’est le jugement de ce monde et le prince de ce monde est jeté bas (cf. Jn 12, 31 ; Ap 12, 10). " Il se lance à la poursuite de la Femme " (cf. Ap 12, 13-16), mais il n’a pas de prise sur elle : la nouvelle Eve, " pleine de grâce " de l’Esprit Saint, est préservée du péché et de la corruption de la mort (Conception immaculée et Assomption de la très sainte Mère de Dieu, Marie, toujours vierge). " Alors, furieux de dépit contre la Femme, il s’en va guerroyer contre le reste de ses enfants " (Ap 12, 17). C’est pourquoi l’Esprit et l’Église prient : " Viens, Seigneur Jésus " (Ap 22, 17. 20) puisque sa Venue nous délivrera du Mauvais.

2854 En demandant d’être délivrés du Mauvais, nous prions également pour être libérés de tous les maux, présents, passés et futurs, dont il est l’auteur ou l’instigateur. Dans cette ultime demande, l’Église porte toute la détresse du monde devant le Père. (Catéchisme de l'Église catholique, quatrième partie, deuxième section, numéros 2850 à 2854)

Je sais bien que parler du démon ou du diable, n’est pas très à la mode de nos jours. Plusieurs personnes préfèrent dire et penser que si elles pèchent, ce n’est pas tellement dû au démon, mais à elles-mêmes, à leur propre nature pécheresse. Certaines gens croient qu’on en met trop sur le dos du démon. Je ne suis pas du nombre de ces personnes. Je crois plutôt qu’on n’en met pas assez sur le dos du démon, celui que Jésus appelle le « père du mensonge ». Depuis l’origine, le démon est menteur. De fait, il ne sait que mentir. Dès les premières pages de la Bible, cela est mis tellement bien en évidence. Parmi tous les textes de la Bible, le récit du premier péché, est un de mes textes préférés. La personne qui a écrit ce texte était très intelligente et perspicace. Elle en savait beaucoup plus sur l’être humain que la grande majorité des hommes et des femmes qui vivent en 2014. Pour attirer les premiers êtres humains dans le péché contre Dieu, le diable a utilisé son arme préférée: le mensonge. Il a commencé par interpréter à l’envers les paroles de Dieu. Dieu avait permis à l’être humain de manger du fruit de tous les arbres du jardin sauf un. Le démon commence par dire à la femme : « Alors Dieu vous a défendu de manger de tous les arbres du jardin ». La femme a corrigé l’erreur en disant qu’ils pouvaient manger de tous les arbres du jardin, sauf un. S’ils s’aventuraient à manger de cet arbre, ils mourraient. À cela, le démon répondit: « Pas du tout ! ». Voilà le second mensonge, et le plus insidieux. Le démon nous chuchotera toujours à l’oreille que ce que Dieu nous demande n’est « pas du tout » pour notre véritable bien. Et nous nous laisserons prendre.

Parce que le fruit défendu est beau à voir, attrayant, alléchant, tentant, nous tombons dans le piège. Et quand nous aurons mordu dans le fruit, nous serons malheureux, et nous verrons que nous ne sommes pas faits pour cela. C’est précisément ce sentiment d’avoir trahi Dieu et notre véritable nature, cette tristesse énorme qui suit le péché, que Dieu veut nous éviter. Mais Dieu sait que cette paix continue et inaltérable de l’âme, ne s’acquiert qu’après beaucoup de renoncements et d’efforts; mais surtout avec l’aide de Dieu, obtenue par la prière et les sacrements.

Le roi David, se promenant un jour sur la terrasse de son palais, vit une femme qui se baignait. La femme était très belle à voir, nous dit le texte de la Bible. Trop belle, hélas! Et cette beauté du fruit défendu, à l’instigation du démon, fit tomber David dans l’adultère, et par la suite, dans le meurtre prémédité. Je suis sûr qu’au moment de la tentation, David a entendu en lui, la voix de Dieu qui lui disait : « Attention, tu n’es pas si fort que ça; tu risques de tomber dans un piège ». Car la voix de Dieu précède toujours la voix du diable; c'est très beau et bon qu'il en soit ainsi, n'est-ce pas? Mais une autre voix se fit entendre à l’oreille de David. Et cette voix lui répétait le sempiternel refrain: « Pas du tout ». C’est cette deuxième voix que, malheureusement, David a écoutée. Mais lorsque nous lisons et prions le psaume 50, communément appelé le « Miserere », nous devinons la tristesse que David a éprouvée après avoir offensé son Dieu. Quelle tristesse salutaire, toutefois! Cette tristesse vient de Dieu, comme un grand cadeau.

Saint Ignace de Loyala, nous invite, lorsque nous avons péché, à jeter un regard en arrière, pour débusquer les ruses du démon; pour retracer, en quelque sorte, les premières phrases que le tentateur nous a chuchotées à l’oreille, pour nous faire tomber. Ces premières phrases paraissent habituellement très inoffensives. Si inoffensives, qu’on n’y prête presque pas attention. Et là, est le piège, le grand piège. Si nous nous habituons à repérer les premières suggestions du malin, nous serons mieux en mesure de ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu, et ainsi, être délivrés du mal.

Que la Vierge Marie, la femme sans péché, que nous allons célébrer dans trois jours, sous le vocable de l’Immaculée Conception, nous vienne en aide et nous délivre. J’écoutais ces jours-ci un enseignement de Fabrice Hadjadj. Il mentionnait que sur les représentations de la Vierge Marie écrasant le démon (représenté par un serpent), très souvent la Vierge Marie ne regarde pas le démon. La Vierge regarde vers le haut, ou vers nous, ses enfants.  En compagnie de Marie, disons à Dieu: « Vers toi Seigneur, notre regard ».









mardi 2 décembre 2014

Conservateur ou libéral ?

Conservateur ou libéral ?

Nous venons de commencer une nouvelle année liturgique, avec un nouvel Avent. Toute nouvelle année fait désirer des jours plus heureux. Assez souvent, il n’en tient qu’à nous de favoriser l’avènement de jours plus heureux. Voici une suggestion à cet égard : essayons de nous débarrasser, durant la présente année liturgique, de classifier les catholiques en deux catégories: les conservateurs et les libéraux. Je suis personnellement fatigué d’entendre les gens employer cette dichotomie. Comme si une personne pouvait n’être que conservatrice, ou que libérale. Cela ne fait aucun sens.

On essaie, depuis que le pape François a été élu, de le caser dans une de ces deux catégories. C’est très néfaste de jouer à ce petit jeu. On semble désirer, dans ce cas, que le pape soit le représentant d’une seule branche de la catholicité. Or le pape, justement, est catholique, ce qui veut dire universel. Il représente tous les catholiques. Il n’est ni libéral, ni conservateur, en ce sens qu’il ne peut pas être uniquement libéral, ou uniquement conservateur.

De grâce, laissons ces distinctions entre libéraux et conservateurs, au monde politique. Et même dans le domaine politique, le pape François ne veut pas être étiqueté. Dans l’avion qui le ramenait à Rome, après ses interventions au Parlement européen et au Conseil de l'Europe, un journaliste a voulu « cataloguer » le pape suite à certains propos qu’il avait tenus. Mais le pape ne s’est pas laissé « cataloguer ». Voici un extrait de la conférence de presse que le pape a donnée dans l’avion qui le ramenait à Rome:

Père Lombardi: Nous voilà. Nous sommes déjà de retour de ce voyage, bref, mais intense. Nous sommes impressionnés par les deux discours longs et complexes que vous avez prononcés ; vous avez déjà dit beaucoup de choses. Mais les journalistes ont toujours quelques questions à poser. Nous en avons préparé cinq : voyez si vous voulez répondre aux cinq. Alors, nous avons deux Français — étant donné que nous sommes en France, dans un certain sens — et nous donnons immédiatement la parole à Renaud Bernard qui est de France Télévision.

Renaud Bernard: Votre Sainteté, bonsoir. Je suis heureux de poser cette question au nom des journalistes français. Ce matin, devant le Parlement européen, vous avez prononcé un discours avec des paroles pastorales, mais des paroles qui peuvent être perçues comme des paroles politiques, et qui peuvent se rapprocher, selon moi, d’un sentiment social-démocrate. Je peux donner un bref exemple, lorsque vous dites qu’il faut éviter que la force réelle d’expression des peuples soit éliminée face aux pouvoirs multinationaux. Peut-on dire que vous êtes un Pape social-démocrate ?

Le pape: 
Mon cher, cela est très réducteur ! Je ne me sens pas faire partie d’une collection d’insectes: « Voilà un insecte social-démocrate... ». Non, je dirais que non : je ne sais pas si je suis un Pape social-démocrate ou pas. Je n’ose pas me placer de tel ou tel côté. J’ose dire que cela vient de l’Évangile : c’est le message de l’Évangile, assumé par la doctrine sociale de l’Église. Dans cela, concrètement et dans d’autres choses — sociales ou politiques — que j’ai dites, je ne me suis pas détaché de la doctrine sociale de l’Église. La doctrine sociale de l’Église vient de l’Évangile et de la tradition chrétienne. Ce que j’ai dit — l’identité des peuples — est une valeur évangélique, non ? Je l’ai dit dans ce sens. Mais tu m’as fait rire, merci ! (1)

Si le pape ne désire pas être « classifié » ou mis dans une catégorie en ce qui concerne le domaine politique, il est facile d’imaginer qu’il n’apprécierait pas non plus être « catégorisé » dans le domaine religieux. Sa seule référence, c’est l’Évangile et la doctrine de l’Église. Le pape n’est pas le chef de l’Église catholique pour rien.

J’ai bien aimé ce que le cardinal Francis George a dit ces jours-ci à un journaliste qui lui demandait : « Vous ne vous voyez pas comme un « conservateur ? ». Voici la réponse du cardinal:

« Cette distinction entre « libéral et conservateur », je pense qu’elle détruit la mission de l’Église et sa vie. Je l’ai dit publiquement plusieurs fois. Vous prenez une définition qui vient de nulle part. En ce qui me concerne, c’est une distinction moderne dont on se sert pour juger la vie de l’Église. C’est parce que nous sommes paresseux. On met une étiquette sur les gens et sur les choses, et cela vous évite de faire un effort pour penser. Je pense que comme peuple, nous ne sommes pas habitués à  l’auto critique de notre façon de penser.   …  Pour moi, la catégorie qui importe est celle du vrai et du faux. Je rejette cette déformation de nos vies qui consiste à qualifier quelqu'un de libéral ou de conservateur. Si nous nous limitons à cela, comme la presse le fait parce qu’elle est incapable de parler de la foi dans les termes qui lui sont propres, alors, d’une façon ou d’une autre, nous trahissons notre vocation comme évêque ou prêtre. » (2)


        w2.vatican.va/.../papa-francesco_20141125_strasburgo-conferenza-stam...

       gloria.tv/media/LusBTV3aANS

lundi 24 novembre 2014

Un peu d'humour anglais

Un peu d’humour anglais :

Dans mon blogue précédent, j’ai cité deux des catholiques les plus fameux que l’Angleterre ait connus: Thomas More et G.K. Chesterton. Ces deux personnalités flamboyantes, avaient aussi en commun, dans leurs gènes, ce qu’il est convenu désormais d’appeler: l’humour anglais.

Citations de Thomas More :

On me reproche de mêler boutades, facéties et joyeux propos aux sujets les plus graves. Avec Horace, j’estime qu’on peut dire la vérité en riant. Sans doute aussi convient-il mieux au laïc que je suis de transmettre sa pensée sur un mode allègre et enjoué, plutôt que sur le mode sérieux et solennel, à la façon des prédicateurs. (Saint Thomas More – L’utopie)

Donnez- moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.

Donnez- moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir.

Ne permettez pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle «moi».
Seigneur, donnez- moi le sens de l’humour; donnez-moi la grâce de savoir discerner une plaisanterie pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres.

Alors qu’il montait à l’échafaud, il demanda de l’aide à l’officier qui le conduisait et lui dit: « Pour ce qui est de descendre, je m’en tirerai bien tout seul. » La tête sur le billot, il trouva encore le moyen de faire de l’humour en essayant de sauver la barbe qui lui avait poussé durant sa captivité. Il conseilla au bourreau de bien viser car il avait le cou un peu court, tout en ajoutant : « Celle-ci (la barbe) n’est pas à couper; elle n’a pas commis de trahison. »


Un peu d’humour à propos de Chesterton :

Chesterton était très grand (1,93 m) et de très forte corpulence (plus de 130 kg). George Bernard Shaw, contemporain et ami de Chesterton, était très maigre.

    
                    George Bernard Shaw                                            G.K. Chesterton

Un jour Chesterton fit la remarque suivante à son ami George Bernard Shaw: « À vous voir, tout le monde pourrait penser que la famine règne en Angleterre »; à quoi Shaw aurait rétorqué: « À vous voir, tout le monde pourrait penser que c'est vous qui en êtes la cause » (Cette anecdote est tirée de Wikipedia).