jeudi 1 octobre 2026

Chant de Richard Vidal : "Pourquoi Thérèse..."

 Chant de Richard Vidal : "Pourquoi Thérèse..."


En ce premier jour du mois d'octobre, l'Église célèbre la mémoire de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face. Thérèse a dit qu'elle était entrée au Carmel "surtout pour prier pour les prêtres. Je remercie Richard Vidal d'avoir composé un chant qui répond assez bien selon moi à la question qu'on peut se poser : "Pourquoi Thérèse, as-tu tant désiré prier pour les prêtres ?" Dans ce chant, Richard Vidal fait un clin d'oeil au Mouvement des Marguerites dont le but principal est de prier pour les prêtres. 

Pour entendre le chant, cliquez sur le lien ci-dessous :

La première phrase du chant m'impressionne beaucoup : "Pourquoi Thérèse, as-tu tant désiré prier pour les prêtres ?" À quinze ans, Thérèse est allée à Rome accompagnée par son cher papa, pour demander au pape une dispense pour entrer au Carmel à un si jeune âge. Durant ce voyage, Thérèse a été très déçue de l'attitude et des façons de faire des prêtres qu'elle a rencontrés durant ce voyage. Qu'a fait Thérèse de cette déception? Elle a converti sa déception en intercession. Elle a choisi la vie de Carmélite spécialement dans le but de prier pour les prêtres. Oui, Thérèse a vu les prêtres "dans leur faiblesse", comme le dit la première strophe du chant de Richard Vidal, mais elle les a vus aussi au cours de sa vie "dans leur tendresse " (deuxième strophe du chant). 

Voici, ci-dessous, un texte intéressant qui montre pourquoi Thérèse a tant désiré prier pour les prêtres: toute jeune, elle les voyait de façon idéalisée, contemplant en eux la grandeur de leur fonction de représentants du Christ; avec les années, elle les verra faibles et pécheurs, contemplant en eux leur humanité et leur appartenance au peuple des pécheurs. 

« Le 2 septembre 1890, au carmel de Lisieux, sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte Face, dix-sept ans et demi, sort de clôture pour se présenter au supérieur du monastère, afin de passer l’examen canonique précédant sa profession solennelle. A la question du prêtre lui demandant sa motivation, elle répond : « Je suis venue [au Carmel] pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres » (Ms A, 69 v°).
     Ce « surtout » mérite attention. Pour en arriver là Thérèse Martin (1873-1897) a vécu toute une évolution.
     L’idée qu’on se faisait des prêtres dans sa famille était très élevée. L’enfant ne les avait vus qu’à l’autel, au confessionnal et au catéchisme dans son école tenue par des Bénédictines.
     Avait-elle jamais vu un prêtre invité à déjeuner aux Buissonnets ?
     Aussi, ces hommes séparés, signes du Sacré, elle les considérait comme des anges. Quant à son aînée, Céline, elle dira qu’elle les considérait « comme des dieux » !
     D’où la réflexion de Thérèse (à sept ans), se préparant à sa première confession à l’abbé Ducellier, trente ans, vicaire à la Cathédrale Saint Pierre, sa paroisse : « Je lui dirai que je l’aime ! » Sa sœur Marie qui la préparait à cet acte important l’en dissuada.
   Mais la logique de la petite fille s’avérait rigoureuse : puisqu’on lui disait que l’abbé représentait Jésus lui pardonnant ses péchés, elle aimait Jésus et donc l’abbé Ducellier. Il fallait le lui dire !

« J’AI COMPRIS MA VOCATION EN ITALIE »
             
     Thérèse savait qu’une des raisons de la Réforme carmélitaine opérée par sa Mère Teresa de Jésus d’Avila au XVI° siècle espagnol, était de prier pour les prêtres, les missionnaires, les théologiens. La Madre avait expérimenté assez tôt combien les prêtres ont besoin de prières.
     Thérèse ne comprenait pas qu’il faille prier pour des « anges ». Mais la voilà partie en pèlerinage vers Rome. Sur les 197 pèlerins, on compte 75 prêtres des diocèses de Bayeux-Lisieux et de Coutances. Pendant presque un mois (7 novembre-2 décembre 1887), elle va vivre au quotidien avec eux.
     « N'ayant jamais vécu dans leur intimité, je ne pouvais comprendre le but principal de la réforme du Carmel. Prier pour les pécheurs me ravissait, mais prier pour les âmes des prêtres, que je croyais plus pures que le cristal, me semblait étonnant !...
     Ah ! j'ai compris ma vocation en Italie, ce n'était pas aller chercher trop loin une si utile connaissance...
     Pendant un mois j'ai vécu avec beaucoup de saints prêtres et j'ai vu que, si leur sublime dignité les élève au-dessus des anges, ils n'en sont pas moins des hommes faibles et fragiles... Si de saints prêtres que Jésus appelle dans son Evangile : « Le sel de la terre » montrent dans leur conduite qu'ils ont un extrême besoin de prières, que faut-il dire de ceux qui sont tièdes ? Jésus n'a-t-Il pas dit encore : « Si le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? »
     O ma Mère ! qu'elle est belle la vocation ayant pour but de conserver le sel destiné aux âmes ! Cette vocation est celle du Carmel, puisque l'unique fin de nos prières et de nos sacrifices est d'être l'apôtre des apôtres, priant pour eux pendant qu'ils évangélisent les âmes par leurs paroles et surtout par leurs exemples... » (Ms A, 56 r°)
     Texte fondamental à scruter de près.
     Ne cherchons pas ce qui a pu la choquer. Tout simplement elle a constaté que les prêtres sont des hommes ayant leurs défauts, leurs travers, leurs petites manies. Elle les avait idéalisés ; elle les voit maintenant tels qu’ils sont. Elle tombe de haut.
     Dès lors, tout au long des neuf années qu’elle vivra au carmel, sa prière pour les prêtres sera sa priorité. Sa correspondance reste ponctuée par de nombreuses exclamations de celle qui se veut « apôtre des apôtres. »

PRIER POUR LES PRÊTRES

     On ne peut nier une certaine déception vis à vis des prêtres rencontrés. Aucune critique personnalisée mais cette jeune femme qui a donné sa vie à Jésus avec passion, son « Unique Amour », son « Bien-Aimé », son « Epoux », son « Ami », etc. a du mal à concevoir que des prêtres soient « tièdes ».
     « Vivons pour les âmes… soyons apôtres… sauvons surtout [on retrouve le mot] les âmes des Prêtres, ces âmes devraient être plus transparentes que le cristal… Hélas ! Combien de mauvais prêtres, des prêtres qui ne sont pas assez saints… Prions, souffrons pour eux… » (LT 94, 14/7/1889). « Ah ! prions pour les prêtres. Chaque jour montre combien les amis de Jésus sont rares… » (LT 122, 14/10/1890).
     Sur son lit de mort, elle confiera à sœur Agnès de Jésus : « Oh ! que le bon Dieu est peu aimé sur la terre ! Même des prêtres et des religieuses ! » (CJ 7.8.2)


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