"Convertissez-vous ?" Quelle conversion ?
dimanche, 3ème Semaine du Temps Ordinaire — Année A
Lectures de la messe
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 12-17)
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père,
ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
– Acclamons la Parole de Dieu.
La première lecture de la messe de ce dimanche nous présente la prophétie du prophète Isaïe qui est reprise dans l'évangile et selon laquelle le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, dont les peuples étaient dans les ténèbres, ont vu se lever une grande lumière. Oui, grande fut cette lumière puisque le Messie attendu allait y faire sa demeure. Jésus alla habiter à Capharnaüm qui, comme on le voit sur la carte ci-dessous, se situe en plein milieu des territoires de Zabulon et de Nephtali. Depuis notre baptême, Dieu nous a partagé cette lumière et depuis ce temps, elle illumine nos vies. Comme nous sommes privilégiés !
Quand Jésus apprend l'arrestation de Jean le Baptiste, il prend le relais de son cousin et commence à proclamer le même message que Jean : "Convertissez-vous car le royaume des Cieux est tout proche". Mais de quelle conversion parle-t-il ? Il y a plusieurs sortes de conversion. La Bible des peuples, lorqu'elle commente ce passage, écrit ceci en bas de page:
"Convertissez-vous. Le verbe utilisé par la Bible signifie "prendre un autre chemin", mais cela peut se comprendre de bien des manières. Dans la bouche de Jean-Baptiste, il voulait dire: se détourner de ses péchés. Pour Jésus la "conversion" est le début d'une vie nouvelle à partir d'un changement intérieur : elle est l'oeuvre de l'Esprit en nous."
Dans la vie spirituelle, il est prouvé que pour faire advenir le royaume des Cieux en nous, on peut focusser sur le négatif en nous efforçant d'éradiquer le péché en nous, mais on peut aussi mettre toute notre énergie sur le positif en essayant d'acquérir une vertu qui nous manque. Et la théologie morale nous dit que lorsque nous faisons du progrès dans une vertu, toute notre vie morale s'améliore.
J'aimerais aujourd'hui nous inviter à vivre une conversion qui est essentielle en ce moment pour la vie de nos communautés chrétiennes ; je veux parler de la CONVERSION PASTORALE. Le moteur de recherche que j'utilise régulièrement est Google. Depuis des mois, lorsque je fais une recherche sur Google, on me met en tout premier lieu comme réponse à ma demande, ce que l'IA (l'intelligence artificielle) dit sur le sujet. Je sais personnellement ce qu'on entend aujourd'hui par les mots CONVERSION PASTORALE ; mais j'ai voulu voir si l'IA est à jour dans sa façon de voir la vie ecclésiale. J'ai donc mis les mots "conversion pastorale" sur le moteur de recherche Google et je me suis rendu compte que l'IA a magnifiquement décrit ce qu'est la CONVERSION PASTORALE :
Aperçu généré par IA
La conversion pastorale est un processus de transformation profonde de l'Église, passant d'une logique de maintenance à une dynamique missionnaire centrée sur le Christ et l'évangélisation. Elle implique une coresponsabilité accrue des laïcs, une réorganisation des paroisses, et un renouveau des attitudes pour rejoindre les personnes éloignées de la foi.
Si vous allez vérifier sur Google pour voir ce que l'IA dit de la conversion pastorale, vous trouverez probablement un texte un peu différent de celui que je viens de mettre ci-dessus. Il semble que Google se plaît à changer le texte tout en étant fidèle à la réalité.
La "Conversion Pastorale" consite donc à ne plus se contenter du "statu quo" car il est évident que si nous continuons à faire les choses comme on les a toujours faites, nous allons frapper un mur et la foi catholique va mourir au Québec. Il faut donc aller vers les gens et proposer Jésus Christ à tous. FACILE À DIRE, MAIS PAS FACILE À FAIRE.
En pensant à cela, je me suis rappelé la prière que j'ai composée en décembre 2024 pour notre paroisse. Je vois maintenant clairement que j'ai écrit cette prière pour m'aider à entrer dans la mouvance de la conversion pastorale. Voici la prière :
Dieu notre Père, donne-nous la passion du Royaume des cieux. Enflamme-nous d’amour pour Toi et pour ton Règne.
Je pense vraiment que la conversion pastorale ne peut s'obtenir que par la prière. Nous devrions demander tous les jours à Dieu de nous aider à aller vers les gens pour leur parler de Jésus. Il est certain que si notre Père du ciel nous donne la passion du Royaume des cieux (ce sont les premiers mots de la prière), le péché aura beaucoup moins d'emprise sur notre vie.
Ce qui nous empêche de témoigner :
Il faut admettre bien humblement que ce qui nous empêche de témoigner, c'est la peur. Dans la prière, je demande à l'Esprit Saint de nous faire vivre une nouvelle Pentecôte et de nous libérer de toute gêne et de toute peur. Oui nous sommes peureux.
Mais si nous ne témoignons pas plus de la Bonne Nouvelle, c'est aussi parce que nous ne soommes pas assez conscients et convaincus de la grandeur de la LUMIÈRE QUI NOUS HABITE. Je vais vous donner un exemple personnel. Cela fait des années que je prépare des couples au mariage. Je n'ai jamais osé leur parler de la régulation naturelle des naissances. Je me disais que les jeunes (et les moins jeunes aussi) ne sont pas prêts à entendre de telles choses. Alors je me taisais. Pourtant j'ai entendu suffisamment de témoignages de gens qui ont adpopté cette façon d'espacer les naissances de leurs enfants et qui en ont retiré un très grand bénéfice dans leur vie de couples. Cette façon de vivre leur sexualité permet à des couples d'être encore plus unis en étant plus attentifs à l'autre, plus respectueux de la nature de la femme et de son bien (1).
Désormais j'ai l'intention de parler de cela aux couples qui me demandent de bénir leur mariage. Évidemment, cette façon de faire est plus exigeante que de prendre une pilule chimique, mais c'est surtout plus valorisant. Dans les informations qui existent sur le sujet, il est bien dit qu'il est presque essentiel que les couples qui désirent faire l'expérience des méthodes naturelles de régulation des naissances, devraient se faire accompagner d'un couple qui a l'expérience en ce domaine. Cela représente une difficulté supplémentaire mais nous devons de plus en plus lutter contre les solutions de facilité que nous offrent trop souvent la technologie et la science modernes. Je ne suis pas du tout contre la technologie et la science mais il est clair qu'il faut faire preuve de discernement dans leur usage si nous voulons nous épanouir vraiment.
Je suis de plus en plus impressionné et dans l'admiration face à la sagesse dont a fait preuve sainte Bernadette Soubirous à un tout jeune âge. Elle avait 14 ans quand la Vierge Marie lui est apparue. Lorsqu'elle est allée annoncer au curé de sa paroisse que la Sainte Vierge lui apparaissait et que Dieu désirait qu'il y ait à Lourdes un sanctuaire en son honneur, le curé n'a pas voulu la croire. La jeune Bernatdette a alors répondu à son curé : "Je ne suis pas chargée de vous le faire croire ; je suis chargée de vous le dire". Comme c'est beau n'est-ce pas ? Le diocèse de Montréal où j'habite, a émis en 2003 un document très important pour l'évangélisation dont le titre est : "Proposer aujourd'hui Jésus Christ" (2). Ce que Dieu nous demande ce n'est pas d'imposer notre point de vue mais de le proposer. Alors, pourquoi hésitons-nous autant à proposer aux gens ce qui les rendra le plus heureux ? "Vous êtes la lumière du monde", dit Jésus :
"Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux." (Mt 5, 14-16)
L'appel des premiers disciples :
L'évangile de ce dimanche se termine par l'appel des quatre premiers disciples de Jésus : Pierre et André, Jacques et Jean. Jésus les invite à une véritable conversion, c'est-à-dire à un radical changement de vie et ils acceptent. À Pierre et André, Jésus dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Autrement dit : "Devenez mes disciples et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Il est important de noter qu'il s'agit ici de l'appel des premiers "disciples" et non pas de l'appel des apôtres. Nous sommes au chapitre 4 de saint Matthieu. Plus tard, Jésus passera une nuit en prière pour demander à son Père de lui indiquer lesquels parmi ses disciples, il devait appeler comme apôtres. Mais ici il s'agit de l'appel des disciples, et donc de tout baptisé.
C'est en tant que disciples de Jésus que nous sommes "pêcheurs d'hommes". C'est en tant que disciples de Jésus que nous devons amener des gens à lui. Autrement dit, nous ne pouvons pas être disciples sans être missionnaires. C'est pour cette raison que le pape François a inventé un mot dans le plus important document de son pontificat : "La joie de l'Évangile". Il a inventé le mot "disciple-missionnaire" car on ne peut pas être disciple sans être missionnaire, sans annoncer Jésus et attiré des gens à lui. Prions chaque jour pour que nous devenions de meilleurs missionnaires puisque nous nous considérons comme étant des disciples de Jésus.
(1) Aperçu généré par IA :

