mardi 13 juillet 2021

"Le plan du Seigneur demeure" (Psaume 32)

 "Le plan du Seigneur demeure" (Psaume 32)

Cette semaine, c'est l'histoire de Moïse qui nous est présentée en première lecture, aux messes de la semaine. Cette histoire est une très belle illustration du fait que c'est Dieu qui gouverne l'histoire, malgré les erreurs humaines et les prétentions des grands de ce monde. Elles sont bien vraies les phrases du psalmiste qui dit que "le plan du Seigneur demeure pour toujours et que les projets de son coeur subsistent d'âge en âge". 

Hier, la première lecture de la messe finissait ainsi: Et voici la lecture 

Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Tous les fils qui naîtront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. » (Livre de l'Exode, chapitre 1, verset 22)

Et voici la lecture d'aujourd'hui : 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

 

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là,
    un homme de la tribu de Lévi
avait épousé une femme de la même tribu.
    Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils.
Voyant qu’il était beau,
elle le cacha durant trois mois.
    Lorsqu’il lui fut impossible
de le tenir caché plus longtemps,
elle prit une corbeille de jonc,
qu’elle enduisit de bitume et de goudron.
Elle y plaça l’enfant,
et déposa la corbeille au bord du Nil,
au milieu des roseaux.
    La sœur de l’enfant se tenait à distance
pour voir ce qui allait arriver.

    La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner,
tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive.
Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux
et envoya sa servante pour la prendre.
    Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant.
C’était un petit garçon, il pleurait.
Elle en eut pitié et dit :
« C’est un enfant des Hébreux. »
    La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon :
« Veux-tu que j’aille te chercher,
parmi les femmes des Hébreux,
une nourrice qui, pour toi, nourrira l’enfant ? »
    La fille de Pharaon lui répondit :
« Va. »
La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant.
    La fille de Pharaon dit à celle-ci :
« Emmène cet enfant et nourris-le pour moi.
C’est moi qui te donnerai ton salaire. »
Alors la femme emporta l’enfant et le nourrit.

    Lorsque l’enfant eut grandi,
elle le ramena à la fille de Pharaon
qui le traita comme son propre fils ;
elle lui donna le nom de Moïse, en disant :
« Je l’ai tiré des eaux. »
     

            – Parole du Seigneur.

C'est tout simplement extraordinaire, cette histoire. La mère de Moïse confie son fils à la Providence divine. Elle le dépose dans une corbeille qui vogue sur le Nil. La fille de Pharaon, voit la corbeille et demande à une servante d'aller la chercher. Elle ouvre la corbeille et voit l'enfant. Elle reconnaît immédiatement qu'il s'agit d'un enfant des Hébreux. Elle n'est pas sans connaître l'ordre de son père, et pourtant elle n'hésite pas à y contrevenir. Oui, comme le dit le psaume 32, "le Seigneur a déjoué les plans des nations" (Ps 32, 10). L'eau deviendra dans le Nouveau Testament, le symbole du baptême : Pharaon et les Égyptiens ont péri dans la mer, mais Moïse et le peuple hébreux tout entier ont été sauvés des eaux. Oui, comme le dit le psaume 32 : 

Le Seigneur a déjoué les plans des nations, anéanti les projets des peuples."   (Psaume 32, verset 10) 

et

Le salut d'un roi n'est pas dans son armée, ni la victoire d'un guerrier, dans sa force. Illusion que des chevaux pour la victoire : une armée ne donne pas le salut." (Psaume 32, versets 16 et 17) 

La Vierge Marie reprendra cette idée dans son Magnificat: "Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles " (Lc 1, 52). Il renverse le pharaon de son trône et il élève Moïse, le plus humble des enfants des hommes : "Or, Moïse était très humble, l'homme le plus humble que la terre ait porté " (Livre des Nombres, chapitre 12, verset 3).  

Voici, ci-dessous, le psaume qui est à l'origine de ce blogue. On donne généralement à ce psaume le titre suivant : "Hymne à la Providence divine". 

HYMNE À LA PROVIDENCE DIVINE

PSAUME 32

01 Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange !

02 Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

03 Chantez-lui le cantique nouveau, de tout votre art soutenez l'ovation.

04 Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu'il fait.

05 Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour.

06 Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l'univers, par le souffle de sa bouche.

07 Il amasse, il retient l'eau des mers ; les océans, il les garde en réserve.

08 Que la crainte du Seigneur saisisse la terre, que tremblent devant lui les habitants du monde !

09 Il parla, et ce qu'il dit exista ; il commanda, et ce qu'il dit survint.

10 Le Seigneur a déjoué les plans des nations, anéanti les projets des peuples.

11 Le plan du Seigneur demeure pour toujours, les projets de son coeur subsistent d'âge en âge.

12 Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu'il s'est choisie pour domaine !

13 Du haut des cieux, le Seigneur regarde : il voit la race des hommes.

14 Du lieu qu'il habite, il observe tous les habitants de la terre,

15 lui qui forme le coeur de chacun, qui pénètre toutes leurs actions.

16 Le salut d'un roi n'est pas dans son armée, ni la victoire d'un guerrier, dans sa force.

17 Illusion que des chevaux pour la victoire : une armée ne donne pas le salut.

18 Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour,

19 pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine.

20 Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier.

21 La joie de notre coeur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint.

22 Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi !


Ce blogue est une invitation à nous remettre entre les mains miséricordieuses de Jésus et de Marie. Pourquoi craindre aux jours de malheur ? Le Seigneur est avec nous et il est le Maître de l'histoire.

C'est une invitation à nous en remettre à la Providence divine. 

Disons avec le psalmiste: 

"La joie de notre coeur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi" ! (Ps 32, versets 21 et 22)


MON LOGO

 MON LOGO 

Je vous partage ci-dessous, le logo que je viens de créer pour mon blogue et autres occasions. 

Le logo fait référence aux initiales de mon nom : GS   (Guy Simard) 

J'ai voulu un jour trouver des mots qui comporteraient mes initiales et qui feraient référence à la joie. Ne trouvant pas ce que je cherchais dans ma langue maternelle, je me suis tourné vers l'anglais. Et j'ai trouvé ceci :  

God Smiles

Ces deux mots anglais m'ont inspiré le logo suivant:

C'est Rosa Maria, une amie de l'Argentine, qui m'a donné l'idée de créer ce logo. Elle vient de lire un blogue que j'ai écrit en 2015, intitulé: "God Smiles". Voici ce que j'ai écrit en 2015 :  

Comme vous le savez, mon nom est Guy Simard. Il m’arrive de signer mes courriels de la façon suivante: GS. Ce sont bien sûr les initiales de mon nom; mais dans mon esprit, je pense à Quelqu’un d’autre quand j’emploie cette façon abrégée de signer mon nom. Dans mon esprit, GS fait référence à Dieu et à son amour pour nous, à la façon dont Dieu regarde chacun de ses enfants. Quand Dieu regarde chacun et chacune de nous, j’aime à imaginer que la première chose qu’Il fait, est ceci: Il nous sourit. Il sourit parce qu’il est heureux de nous voir et de nous regarder. Il sourit parce qu’Il nous aime. GS, pour moi, veut d’abord dire : God Smiles (Dieu sourit)


J’aime beaucoup la photo que vous voyez ci-dessus. Je ne sais pas s’il s’agit d’un « montage »; mais c’est très beau.

Je demande à Dieu de nous faire expérimenter son Amour à chaque jour; de nous rendre conscients du fait qu’Il nous sourit à tout instant.  

 

dimanche 11 juillet 2021

"Deux par deux" (Mc 6, 7)

 "Deux par deux" (Mc 6, 7) 

11 JUILLET 2021

 dimanche, 15ème Semaine du Temps Ordinaire — Année B

ÉVANGILE

« Il commença à les envoyer » (Mc 6,7-13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus appela les Douze ; 
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, 
    et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, 
mais seulement un bâton ; 
pas de pain, pas de sac, 
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. 
    « Mettez des sandales, 
ne prenez pas de tunique de rechange. » 
    Il leur disait encore : 
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, 
restez-y jusqu’à votre départ. 
    Si, dans une localité, 
on refuse de vous accueillir et de vous écouter, 
partez et secouez la poussière de vos pieds : 
ce sera pour eux un témoignage. » 
    Ils partirent, 
et proclamèrent qu’il fallait se convertir. 
    Ils expulsaient beaucoup de démons, 
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, 
et les guérissaient.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

L'évangile d'aujourd'hui nous présente le premier envoi des apôtres en mission dans l'évangile selon saint Marc. La première caractéristique de l'envoi en mission qui est mentionnée dans ce texte, est celle-ci: "IL LES ENVOYA DEUX PAR DEUX". Ce n'est sûrement pas pour rien que ce soit la première caractéristique qui est mentionnée. 

En pensant à cela, il m'est venu une lumière sur le déclin de la vie chrétienne au Québec et, d'une façon, plus générale en Amérique. On se demande souvent pourquoi le christianisme est en déclin chez nous. Il y a sûrement plusieurs raisons à cela. Mais une des raisons qui m'a sauté aux yeux en réfléchissant sur l'évangile d'aujourd'hui, est celle-ci: un des plus grands obstacles à la religion catholique, c'est l'individualisme. Or l'individualisme à outrance est une des caractéristiques principales de l'Occident. Ce n'est pas pour rien que l'évangile est beaucoup plus vivant en Afrique et en Amérique du Sud, par exemple. Le peuple Africain est un peuple communautaire. Il y a des exceptions en Amérique. Le peuple Haïtien est communautaire. Regardez dans nos églises; plusieurs personnes qui les fréquentent, viennent d'Haïti ou d'Afrique. Et ce n'est pas sans raison. Le peuple Haïtien et le peuple Africain sont des peuples qui ont l'esprit communautaire à commencer par l'esprit familial. Ils sont souvent pauvres, mais ils n'ont pas peur de mettre au monde des enfants car ils savent que la vie de famille est une des plus grandes joies qu'il y ait sur cette terre. 

Ici, si on prend l'expérience des gens de soixante-dix ans et plus, quelle expérience ont-ils de la vie ecclésiale, de la vie de l'Église ? Les gens de cette génération ont l'habitude de voir leur curé faire tout. La participation active des laïcs à la vie de l'église, est très récente chez nous. Elle date d'une cinquantaine d'années. 

Prenons un exemple très actuel. Cet après-midi, dans une de nos deux églises, l'église des Saints Simon-et-Jude, je vais baptiser un enfant. Je serai tout seul pour représenter la communauté chrétienne. La célébration du baptême commence par l'accueil. Nous sommes invités à commencer la célébration à l'arrière de l'église, à l'entrée de l'église. Pour signifier l'entrée dans l'Église avec un grand É, on se tient à l'entrée de l'église avec un petit "é". L'Église avec un grand É, c'est le peuple de Dieu. Cette première étape de la célébration du baptême s'appelle l'accueil. Le prêtre dit à la famille et à leurs parents et amis cette phrase: "Cher ... (nom de l'enfant), la communauté chrétienne des Saints-Simon-et-Jude est heureuse de t'accueillir." Et je suis seul pour représenter la communauté. Quelle incongruité! On me dit que je devrais célébrer les baptêmes durant la messe dominicale. C'est vrai, mais je ne peux quand même pas célébrer tous les baptêmes qui sont à venir, aux messes dominicales. Je craindrais d'abuser de la patience de nos paroissiens. 

J'ai dit à nos chers paroissiens que la prière que nous récitons à chaque messe, immédiatement après la communion (cliquer surPrière pour revitaliser la paroisse), ne doit pas être de simples paroles. On doit y croire et cela doit changer quelque chose dans notre manière d'agir. Nous demandons à l'Esprit Saint de faire vivre à notre paroisse une nouvelle Pentecôte; rien de moins. Or il faut que ça commence quelque part. Dieu n'est pas dupe. Il sait si nous désirons ou non ce que nous demandons. J'ai aussi dit aux paroissiens que le dimanche, comme tous les autres jours, dure 24 heures. Plusieurs personnes considèrent qu'elles ont sanctifié le dimanche une fois qu'elle sont allées à la messe. Or la messe ne dure qu'une heure. Jésus, le jour du sabbat, allait à la synagogue, mais il profitait du jour du Seigneur pour faire le plus de bien possible. Ils faisaient beaucoup de miracles le jour du sabbat, même si cela lui attirait de graves ennuis. C'était sa façon habituelle de sanctifier le jour du Seigneur. J'ai dit aux paroissiens que venir aux baptêmes pour montrer leur joie d'accueillir un nouveau membre dans la communauté, est une des plus belles actions qu'ils puissent poser le dimanche (le dimanche étant le "jour du Seigneur" depuis la Résurrection de Jésus).  

La personne qui m'a enseigné au mieux à ne pas agir seul comme chrétien, est Henri Nouwen, un de mes auteurs préférés. Nouwen, prêtre catholique né aux Pays-Bas en 1932 et décédé en 1996, est un savant. Il a passé la majeure partie de sa vie à enseigner dans les plus grandes universités américaines. Il a enseigné diverses matières et a écrit de nombreux livres. Quelques années avant sa mort, il a vécu une conversion étonnante. Il existe diverses types de conversion. La conversion dont je parle, je la qualifierais d'ontologique. Nouwen a été changé dans son être profond, dans sa vision de la vie chrétienne et dans l'actualisation de sa vie chrétienne. Il est allé vivre à Daybreak, en banlieue de Toronto, à l'Arche de Jean Vanier. Il vivait tous les jours en compagnie de personnes lourdement handicapées intellectuellement. Ces personnes ne savaient pas que Nouwen était connu internationalement et elles ne pourraient jamais lire un de ses livres. Mais ces personnes handicapées lui ont beaucoup appris à être chrétien. Je vous invite à visionner la vidéo ci-dessous, intitulée : "What Adam Taught Me" ("Ce qu'Adam m'a appris"). Adam était une des personnes les plus handicapées qu'il y avait à Daybreak

C'est la maison d'édition Novalis qui a fait connaître Nouwen au Québec, en publiant le magnifique petit livre intitulé "Au nom de Jésus "(1). Dans ce petit livre, Nouwen raconte comment il en est venu à aller vivre à Daybreak. Il nous montre surtout comment le fait de voyager toujours en compagnie d'une personne handicapée a produit des merveilles dans son apostolat. Lorsque Nouwen était invité à donner des conférences il y allait toujours avec une personne handicapée. On devine qu'il faisait cela, à l'origine, pour obéir au commandement de Jésus d'aller porter l'évangile deux par deux. Nouwen avoue qu'au début, il n'attendait vraiment rien de positif de la part de son compagnon de route. Ce fut le cas le jour où on l'invita à Washington, D.C., pour donner une conférence sur le leadership chrétien à l'aube du XXIème siècle. Pour cela, Nouwen a amené Bill avec lui, une personne handicapée de Daybreak. Bill était tout fier de cela et il ne cessait de dire à Henri: "Nous faisons cela ensemble". Henri acquiesçait mais sans vraiment y croire. Or, de fait, la présence de Bill à la conférence a changé complètement l'atmosphère. Par ses remarques durant la conférence, il a détendu l'atmosphère, il a fait rire les gens et ceux-ci se sentaient comme en famille, dans leur salon. 

À la fin de la conférence, Bill a demandé à Henri s'il pouvait dire quelque chose aux gens. Henri a accepté tout en craignant ce qu'il pourrait dire. Bill dit aux participants: 

"La dernière fois, quand Henri est allé à Boston, il a amené John Smeltzer avec lui. Cette fois-ci, il a voulu que ce soit moi qui vienne avec lui à Washington. et je suis très heureux d'être ici avec vous. Merci beaucoup." Et c'était tout, et tout le monde s'est levé et l'a applaudi chaleureusement." 

Le lendemain matin, au déjeuner dans l'hôtel, Bill se promenait de table en table avec son café à la main pour saluer les gens. Henri l'a perdu de vue pendant une heure. 

Voici, ci-dessous, deux vidéos très intéressantes. Dans la première, à 49:08, Nouwen présente à quelqu'un quatre personnes handicapées qui ont beaucoup voyagé avec lui. À 49:32, Nouwen demande à l'un d'entre eux s'il se souvient du jour où tous les deux ont rencontré le premier ministre du Canada, Brian Mulroney. 

Nouwen: "Tu lui a dit: "Qu'est-ce que tu fais ?" ("What do you do?") Et il t'a répondu: "Je suis le premier ministre du Canada" Et tu lui a demandé : "Pourquoi ? " ("Why") 

À bien y penser, cette question de la personne handicapée dont j'ignore malheureusement le nom, est probablement la question la plus importante qu'une personne ait posée à monsieur Mulroney durant son mandat de premier ministre : "Pourquoi êtes-vous premier ministre?". Est-ce pour la gloire ? Est-ce pour le pouvoir ? Est-ce vraiment pour servir ?

Il y a quelques années de cela, les autorités de notre diocèse ont invité des États-Unis l'abbé Michael White et son paroissien Tom Corcoran pour nous dire comment ils avaient redonné vie à leur paroisse. Leur livre intitulé Rebuilt, est désormais un livre de référence pour quiconque veut évangéliser de nos jours. J'ai participé à cette conférence; et dès le début de son exposé, l'abbé Michael White nous a dit que la question qu'il faut se poser, ce n'est pas "Comment?", mais "Pourquoi?". Pourquoi faisons-nous telle ou telle chose? Voilà la question essentielle. Pourquoi faisons-nous des soupers-bénéfice qui demandent beaucoup d'organisation ? Pour faire un peu d'argent ? Mais est-ce que c'est cela qui va redonner vie à la paroisse ? Est-ce qu'on ne devrait pas mettre nos énergies ailleurs ? 

Bill semblait avoir compris cela du premier coup. 

Note: La narratrice de la vidéo ci-dessous est la célèbre actrice Susan Sarandon. Quelle bonne idée de l'avoir choisie pour participer à la production de cette vidéo! Je suis sûr qu'elle a été profondément touchée par la vie et la mort d'Henri Nouwen. 

A thoughtful and intimate documentary about the life of Henri Nouwen. This unassuming, charismatic Dutch ...
30 nov. 2018 · Téléversé par Henri Nouwen Society

FAVOURITE NOUWEN BOOKS (USA Links): “The Return of the Prodigal”: ... “In the Name of Jesus”: https://amzn.to ...
14 juill. 2020 · Téléversé par Henri Nouwen Society

(1) 

vendredi 9 juillet 2021

Bernanos et les pleurs

 Bernanos et les pleurs

Dans le roman Journal d'un curé de campagne, Georges Bernanos dit quelque chose de très intéressant concernant les pleurs. 

Voici un extrait du dialogue entre Séraphita, une jeune fille qui souffre beaucoup et qui est assez délinquante, et le jeune curé d'Ambricourt, qui est le personnage principal du roman :  

La jeune fille : Après avoir parlé à Mlle Chantal, je suis restée là-bas des heures. En rentrant, papa m'a claquée (giflée). J'ai même pleuré, c'est plutôt rare...

Le jeune abbé : Tu ne pleures donc jamais ?

La jeune fille : Non, je trouve ça dégoûtant, sale. Quand on pleure, la tristesse sort de vous, le coeur fond  comme du beurre, pouah ! Ou alors... (elle a cligné de nouveau les paupières) il faudrait trouver une autre... une autre... une autre façon de pleurer, quoi ! Vous trouvez ça bête?

Le jeune abbé : "Non", lui dis-je. J'hésitais à lui répondre, il me semblait que la moindre imprudence allait éloigner de moi, à jamais, cette petite bête farouche. - "Un jour, tu comprendras que la prière est justement cette manière de pleurer, les seules larmes qui ne soient pas lâches."


Je trouve très belles ces phrases de Bernanos. Lorsqu'on connaît le personnage de Séraphita, on ne s'étonne pas qu'elle associe pleurs et lâcheté. Mais nous savons bien qu'il n'y aucune lâcheté à pleurer. Jésus a pleuré au moins trois fois selon la Bible. La première fois eut lieu quand son bon ami Lazare est décédé. La deuxième fois semble avoir eu lieu au Mont des Oliviers. quelques jours avant la Passion, lors de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem : 

"À mesure que Jésus avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, remplie de joie, se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, et ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. ». Lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait." (Évangile selon saint Luc, chapitre 19, versets 36 à48)

On pense que Jésus pleura sur Jérusalem alors qu'il descendait le Mont des Oliviers et qu'il s'arrêta pour contempler la cité sainte. Jésus allait souvent prier au Mont des Oliviers d'où on a une vue imprenable sur Jérusalem. Lors de mon pèlerinage en Terre Sainte en 1999, cet endroit m'a particulièrement touché. On appelle cet endroit : "Dominus flevit" ("Le Seigneur pleura"). 

L'église du Dominus flevit (Le Seigneur pleura)
Remarquez le demi-cercle bleu ci-dessus, vu du bas du Mont des Oliviers 
et le même demi-cercle bleu, ci-dessous, vu de l'intérieur de l'église


Le troisième moment où Jésus a pleuré, selon les Saintes Écritures, a eu lieu aussi au Mont des Oliviers, dans le jardin du même nom, alors que Jésus commençait sa douloureuse Passion. La Lettre aux Hébreux nous apprend que durant son agonie, Jésus pleura :  

"Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect." (Lettre aux Hébreux, chapitre 5, verset 7). 

Autant il n'est pas exact de dire que pleurer est un geste de lâcheté, comme l'insinue Séraphita, autant il est vrai de dire avec le jeune curé que les pleurs vécues dans la prière, ou en priant, est cette "meilleure façon de pleurer" qu'ignorait cette chère Séraphita, mais qu'elle souhaitait inconsciemment connaître : "il faudrait trouver une autre... une autre... une autre façon de pleurer, quoi !"
  
Les pleurs vécues devant Dieu et avec Dieu, sont souvent les seules qui soient vraiment consolantes. Quand Jésus énonce la béatitude suivante: "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés" (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5, verset 4), il est impossible que notre Sauveur pense à une consolation d'origine humaine car nous savons très bien que certaines personnes ne bénéficieront jamais d'une consolation humaine. Pour que cette merveilleuse béatitude revête un caractère universel, il fallait qu'elle ait Dieu pour auteur et pour consolateur. 

Mystérieusement, le premier psaume du premier office du bréviaire que j'ai prié après avoir écrit ce blogue est le suivant: 
 

9 JUILLET 2021

 vendredi, 14ème Semaine du Temps Ordinaire — Année Impaire


OFFICE DES VÊPRES

ANTIENNE

J’éprouvais la tristesse et l’angoisse : le Seigneur m’a sauvé, alléluia !

PSAUME : 114

1 J'aime le Seigneur :
il entend le cri de ma prière ;
2 il incline vers moi son oreille :
toute ma vie, je l'invoquerai.

3 J'étais pris dans les filets de la mort,
   retenu dans les liens de l'abîme, *
j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ;
4 j'ai invoqué le nom du Seigneur :
« Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! »

5 Le Seigneur est justice et pitié,
notre Dieu est tendresse.
6 Le Seigneur défend les petits :
j'étais faible, il m'a sauvé.

7 Retrouve ton repos, mon âme,
car le Seigneur t'a fait du bien.
8 Il a sauvé mon âme de la mort, *
gardé mes yeux des larmes
et mes pieds du faux pas.

9 Je marcherai en présence du Seigneur
sur la terre des vivants.


(1) Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne, Plon, 1974, p. 273. 


mardi 6 juillet 2021

Le baptême : changement de cap

 Le baptême : changement de cap

" Une idée neuve passe d'abord par une idée fausse." (1)   

Bonjour à vous !  

Le 17 juin dernier, j'ai écrit un blogue intitulé "Le baptême, une mascarade ? " Ce blogue était le résultat de nombreuses années de souffrances. Suite à ma décision de faire les choses différemment, j'ai eu de nombreux échanges avec une maman qui désire faire baptiser son enfant. Ces échanges m'ont convaincu que nombreux sont les jeunes d'aujourd'hui au Québec qui croient en Dieu, mais qui ne connaissent pas grand-chose de ce Dieu. Voici la note importante que j'ai mise au bas du blogue du 17 juin dernier: 

 Note importante, ajoutée le 4 juillet 2021:  

Ne tenez pas trop compte de tout ce que vous venez de lire. Ce que vous avez lu a son importance car c'est la souffrance que j'ai vécue depuis de nombreuses années. Mais le Seigneur a permis que je vive une très belle grâce le premier juillet dernier. Après un long échange avec une maman dont l'enfant sera baptisé le 25 juillet prochain, ma façon de voir a complètement changé et la paix est revenue dans mon coeur. 

Je ne vous donnerai pas en détails toutes les circonstances qui sont à l'origine de cette grâce, mais je vais vous donner la conclusion : 

"J’ai compris hier que nos jeunes adultes ne savent rien de nos concepts théologiques. Ils ne savent pas grand-chose de la Trinité. Mais ils croient (dans bien des cas, je pense) en Dieu et le Dieu auquel ils croient, c’est le Dieu dont on leur a parlé : le Dieu des chrétiens. Ils ne savent pas grand-chose de ce Dieu, mais il est sûr dans mon esprit que c’est à ce Dieu qu’ils croient car après tout nous sommes au Québec et la religion catholique est la religion dominante. De plus, le baptême qu’ils ont reçu les aide sûrement dans leur foi. Alors, quand je baptiserai, c’est sur la base de cette foi que je baptiserai." (2)

Si vous avez lu le blogue précédent, vous connaissez un tant soit peu Samy. La vidéo ci-dessous, je l'ai trouvée sur la page Facebook de Samy, providentiellement, je pense, car elle est directement en lien avec le présent blogue et le blogue mis sur le web le 17 juin dernier. 


Je trouve cette vidéo très intéressante, car l'interviewer, Dave-Éric Ouellet (mieux connu sous le pseudonyme MC Gilles), est un des trois animateurs de l'émission Infoman qui se plaît occasionnellement, pour ne pas dire régulièrement, à rire de la religion catholique et de son principal représentant, le pape. La vidéo n'est pas tirée de l'émission Infoman, mais de l'émission Code Québec. Je ne sais pas si je me trompe, mais mon confrère dans le sacerdoce ministériel, l'abbé Alain Mongeau, semble avoir marqué des points dans cette vidéo. Bravo Alain d'avoir accepté que la "périphérie" vienne à toi !


(1) Éric-Emmanuel Schmitt, Mes Évangiles, Éditions Albin Michel, 2004, p. 47. 

(2) https://dieumajoie.blogspot.com/2021/06/le-bapteme-une-mascarade.html

 


lundi 5 juillet 2021

Samy le nouveau converti

 Samy le nouveau converti

Sami Rekik

Chers lecteurs et lectrices, 

C'est avec une très grande joie que je vous présente un ami, qui vit tout près de chez moi, dans la paroisse voisine : Samy Rekik. Il a accepté de donner un témoignage sur sa conversion dans la paroisse où ma communauté religieuse habite, à la Pointe-aux-Trembles. Dans la vidéo que vous pourrez voir en cliquant sur le lien ci-dessous, c'est mon confrère, le Père Gérald Lajeunesse, omv, curé de la paroisse Saint-Enfant-Jésus, qui présente Samy à la communauté chrétienne et le remercie pour le cadeau qu'il nous fait en témoignant de la façon dont il est devenu chrétien. Samy a reçu le baptême en la veillée pascale de cette année, dans la paroisse Sainte Maria Goretti dont le curé est aussi un de mes confrères Oblats de la Vierge Marie.  

La vidéo dont le lien est ci-dessous, est tirée de la page Facebook de la paroisse Saint-Enfant-Jésus. Je ne sais pas si vous pourrez tous regarder la vidéo. Je crains que seules les personnes qui ont un compte Facebook pourront visionner et entendre le témoignage de Samy. Enfin, j'espère vraiment que ce sera le cas pour vous. Je viens tout juste de regarder la vidéo pour la première fois et elle m'a ému. Je me suis même mis à applaudir, tout seul dans ma chambre, en union avec le paroissiens qui ont vécu ce moment en direct (live). 

https://www.facebook.com/angela.sunde.9/videos/281804867033214/

Samy est étudiant en science politique à l'Université McGill. Sur sa page Facebook, il a mis un texte d'Alexis de Tocqueville. Cela m'a rappelé de vieux souvenirs car j'ai étudié cet auteur lorsque j'était au collégial (l'équivalent des cégeps actuels). On raconte que le livre De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville, était le livre de chevet de John Fitzgerald  Kennedy

Voir ci-dessous, un extrait de ce livre. 

Bonjour à tous, voici un petit extrait d'Alexis de Tocqueville "De la démocratie en Amérique" volume II qui pourrait en éclairer certains sur les événements qui bousculent notre époque:

" Quand la religion est détruite chez un peuple, le doute s'empare des portions les plus hautes de l'intelligence et il paralyse à moitié toutes les autres. Chacun s'habitue à n'avoir que des notions confuses et changeantes sur les matières qui intéressent le plus ses semblables et lui-même; on défend mal ses opinions ou on les abandonne , et, comme on désespère de pouvoir, à soi seul, résoudre les plus grands problèmes que la destinée humaine présente, on se réduit lâchement à n'y point songer.
Un tel état ne peut manquer d'énerver les âmes; il détend les ressorts de la volonté et il prépare les citoyens à la servitude.
Non seulement il arrive alors que ceux-ci laissent prendre leur liberté, mais souvent ils la livrent.
Lorsqu'il n'existe plus d'autorité en matière de religion, non plus qu'en matière politique, les hommes s'effrayent bientôt à l'aspect de cette indépendance sans limites. Cette perpétuelle agitation de toutes choses les inquiète et les fatigue.
Comme tout remue dans le monde des intelligences, ils veulent, du moins, que tout soit ferme et stable dans l'ordre matériel, et, ne pouvant plus reprendre leurs anciennes croyances, ils se donnent un maître."