lundi 9 avril 2018

Doris Lussier: "La tombe est un berceau"


Doris Lussier: « La tombe est un berceau »
 
Doris Lussier, 1918- 1993

Samedi dernier, j’ai présidé les funérailles de mon bon ami, monsieur Florent Daneau. Avant de mourir, il a exprimé le désir que quelqu’un lise lors de ses funérailles, un texte écrit par monsieur Doris Lussier, intitulé: « La mort est un berceau ». Le fils aîné de M. Daneau, Yvon, a donc lu ce texte aux funérailles de son papa. J'ai ajouté un autre texte de Doris Lussier sur la mort, où il reprend les mêmes idées mais avec quelques différences. 


Écrivain et humoriste québécois, Doris Lussier (15 juillet 1918-28 octobre 1993), créa un personnage comique, "le père Gédéon", qu'il interpréta tout au long de sa vie et qui fut adopté par l'écrivain Roger Lemelin dans son feuilleton célèbre « Les Plouffe » en 1954. Doris Lussier fut également au milieu des années 1940 secrétaire du père Georges-Henri Lévesque, fondateur de la faculté des sciences sociales de l'Université Laval de Québec.

Doris Lussier a longuement et profondément médité sur la mort, en lien direct avec la vie. La vie, voyage du berceau  au tombeau, ne termine pas avec la mort, croit-il  et espère-t-il. La mort n'est que prélude à une vie éternelle. Voici comment il envisageait la mort en général et sa propre mort : 


La tombe est un berceau

Je n'ai qu'une toute petite foi naturelle,
fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.
Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu'à une certitude.

Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison,
il m'apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire
que la vie humaine ne soit qu'un insignifiant passage
de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.
Il me semble impensable que la vie, une fois commencée,
se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière,
et que l'âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant
après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections.
Il me parait répugner à la raison de l'homme autant qu'à la providence de Dieu que l'existence ne soit que temporelle et qu'un être humain n'ait pas plus de valeur et d'autre destin qu'un caillou.

J'ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie;
je sais que je suis sur l'autre versant des cimes et que j'ai plus de passé que d'avenir.
Alors j'ai sagement apprivoisé l'idée de ma mort.
Je l'ai domestiquée et j'en ai fait ma compagne si quotidienne qu'elle ne m'effraie plus…ou presque.

Au contraire, elle va jusqu'à m'inspirer des pensées de joie.
On dirait que la mort m'apprend à vivre.
Si bien que j'en suis venu à penser que la vraie mort, ce n'est pas mourir,
c'est perdre sa raison de vivre.
Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l'autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre.
Pas avant.

Mourir, c'est savoir, enfin.
Sans l'espérance, non seulement la mort n'a plus de sens,
mais la vie non plus n'en a pas.
Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté,
c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement.
Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit,
c’est un immortel qui commence.
La tombe est un berceau.
Mourir au monde, c'est naître à l'éternité.

Car la mort n'est que la porte noire qui s'ouvre sur la lumière.
La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle.
Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort…. C’est l’immortalité.
Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître.
Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?
Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?
Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie,
pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse
de devenir heureux ?

La plus jolie chose que j'ai lue sur la mort, c'est Victor Hugo qui l'a écrite. C'est un admirable chant d'espérance en même temps qu'un poème d'immortalité.

"Je dis que le tombeau
 qui sur la mort se ferme
Ouvre le firmament,
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement."

Doris Lussier  


Mourir

Il m'apparaît impossible que la vie humaine,
une fois commencée,
se termine bêtement;
et que l'âme, comme une splendeur éphémère,
sombre dans le néant,
après avoir inutilement été le lieu spirituel
de si riches expériences
et de si douces affections.

Pour moi, mourir ce n'est pas finir,
mais continuer autrement.
Un être humain qui s'éteint,
ce n'est pas un mortel qui finit,
mais un immortel qui commence.
La tombe est un berceau.

La mort n'est pas une chute dans le vide,
mais une montée dans la lumière.
Quand on a la vie,
ce ne peut être que pour toujours.
Mourir, c'est aussi beau que naître.
Est-ce que le soleil couchant n'est pas aussi beau
que le soleil levant ?

Si naître est une façon douloureuse d'accéder à la vie,
mourir ne serait-il pas une façon douloureuse
de devenir heureux ?

Doris Lussier (1) 


(1) Encyclopédie sur la mort | Mourir (et La tombe est un berceau)

agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/mourir_et_la_tombe_est_un_berceau

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas le personnage coloré du Père Gédéon, créé par Doris Lussier, voici une vidéo de circonstance puisqu'il y est question du temps des sucres, du sirop d'érable et du pape. Nous vivons en ce moment au Québec, le "temps des sucres", où plusieurs personnes fréquentent les "cabanes à sucre", pour y déguster le sirop d'érable. 

Le père Gédéon, Pierre Marcotte à Montréal en direct.1985 - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=n9yjZlOxTFw
26 mars 2017 - Téléversé par forget andre
Le père Gédéon ( Doris Lussier) Pierre Marcotte à Montréal en direct.1985.



dimanche 8 avril 2018

Miséricorde: " Paul Apostle of Christ "

Miséricorde: “Paul Apostle of Christ”
Résultats de recherche d'images pour « Paul Apostle of Christ » 

Nous vivons aujourd’hui le Dimanche de la Miséricorde divine, institué par le pape Jean-Paul II lors du Grand Jubilé de l’an 2000, alors qu’il canonisait Sœur Faustine lors du deuxième dimanche de Pâques. Jean-Paul II est lui-même décédé lors du Dimanche de la Miséricorde Divine de l’année 2005. Comment ne pas voir en cela une délicatesse de Jésus Ressuscité à l’endroit de son représentant sur terre dans le but de le remercier d’avoir exaucé son désir que le deuxième dimanche de Pâques devienne le Dimanche de la Miséricorde divine, désir que Jésus avait explicitement révélé à Sœur Faustine. Je pense que Jésus est venu chercher son digne serviteur en la vigile de la fête de la Miséricorde divine pour le remercier aussi d’avoir écrit une merveilleuse encyclique sur le plus beau des attributs divins: l’encyclique « Dives in Misericordia » (« Riche en Miséricorde »). L’encyclique, en français, s’intitule: La Miséricorde divine (1).

L'évangile qui est proclamé en ce jour est le même durant le cycle des trois années (années A, B et C). Il s'agit de deux apparitions du Ressucité. La  première de ces apparitions a lieu le soir même de Pâques alors que Jésus institue le sacrement de la réconciiation pour la rémission des péchés. La deuxième apparition a lieu huit jours plus tard, un dimanche là aussi. Ce jour-là, Jésus a  exercé de façon merveilleuse sa Miséricorde envers l'apôtre Thomas qui ne croyait pas ses amis qui lui avaient dit avoir vu Jésus Ressucité. Ce soir-là, Jésus, dans sa Miséricorde, a obéi aux exigences très claires que Thomas avait posées s'il devait croire en la résurrection de son Maître. Ces exigences sont les suivantes: il lui fallait voir la marque des clous et metttre ses doigts à l'endroit des clous et sa main dans le côté de Jésus transpercé par la lance. Ayant vu les marques des blessures du Ressuscité, il s'exclama: "Mon Seigneur et mon Dieu ". 
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Il est bon de découvrir comment Dieu prépare à chaque année notre coeur à  vivre le Dimanche de la Miséricorde divine. Pour ma part, cette année, Dieu a préparé mon coeur à ce grand jour de fête, en permettant que je puisse aller voir le film d'Andrew Hyatt: "Paul Apostle of Christ". Si j'avais à résumer en un mot le coeur de ce film, j'emploierais le mot: "Miséricorde". Le film a déconcerté certaines personnes qui s'attendaient à voir un film d'action, puisque Paul fut avant tout un missionnaire. Or Andrew Hyatt  a surtout voulu nous révéler le coeur de l'apôtre Paul, l'élément central de sa spiritualité et de sa vie. Or, ce qui a toujours mû et fait agir Paul, c'est la rencontre Miséricordieuse qu'il a vécue un jour sur le chemin de Damas. Ce jour-là, Saul a fait l'expérience éblouissante de la Miséricorde divine, expérience qui l'a littéralement jeté à terre et transformé. 

Une des scènes les plus touchantes du film, est la rencontre de Saul avec Ananie qui permettra au percécuteur de l'Église de recouvrer la vue après l'expérience de sa conversion. Lorsque Ananie frotte les yeux de Saul, il le fait avec tellement de douceur et de miséricorde que cela ne peut que nous toucher nous aussi. Voir la grandeur de la Miséricorde de Dieu qui a appelé le persécuteur de l'Église à devenir apôtre, ne peut que nous consoler et nous réjouir. 

Une des scènes principales du film, se passe dans la prison romaine où se trouve Paul. Luc (le futur évangéliste) va souvent  rendre visite au prisonnier. Lors d'une de ces visites, Luc dit à Paul: "Je n'ai jamais rencontré le Christ en personne, mais quand je t'ai vu prêcher, j'ai vu le Christ en toi ". Cette phrase est très importante car elle montre que Paul est celui qui a réussi à montrer à Luc qui est Jésus. Or Jésus est la Miséricorde incarnée. Grâce à Paul, Luc deviendra l'évangéliste de la Miséricorde. Mais pour cela, il fallait qu'il se passe quelque chose dans le coeur de Luc. Le film, selon moi, nous présente le moment où Luc a vécu son "chemin de Damas", tout comme Saul l'avait vécu avant lui. Luc va visiter Paul en prison. Luc a le coeur lourd ce jour-là, lourd de toutes les injustices et tous les sévices dont sont victimes ses frères et soeurs chrétiens persécutés. Luc laisse alors entrevoir la rage et en quelque sorte le désir de vengeance qui habitent le coeur des chrétiens. Paul lui dit alors: "On ne peut pas rendre le mal pour le mal. Le mal peut seulement être vaincu  par le bien". Luc répond: "Considérant ce qu'ils ont supporté, est-ce qu'on peut les blâmer, Paul?"  C'est alors que Paul lui demande: "Et qu'est-ce que tu leur as dit? " Luc répond: " L'amour est le seul chemin." Paul réplique: "Et après tout ce que tu vois, tu ne crois pas encore à cela! ". Autrement dit: "tu ne crois pas que l'amour soit le seul chemin?". C'est alors que Luc se fâche et montre toute son indignation face à la situation. Paul le laisse se défouler et prononce par la suite les mots que l'on retrouve dans sa première lettre aux Corithiens, au chapitre 13, mots que l'on qualifie désormais d'hymne à la charité:  

"L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout." (1Co 13, 4-7)

Je vous encourage à regarder la vidéo ci-dessous, même si vous ne connaissez pas l'anglais. Vous verrez alors pourquoi je considère cette scène comme étant le "chemin de Damas" de Luc selon Andrew Hyatt. Luc est comme foudroyé ou subjugué par les mots de MISÉRICORDE qui sortent de la bouche de Paul. Il éprouve alors une grande crainte religieuse, une crainte révérencieuse envers la Parole de Dieu prononcée par Paul. Il est comme jeté à terre par cette révélation de Dieu. Le pape Benoît XVI dit dans son deuxième tome sur Jésus de Nazareth, que l'expérience de Saul sur le chemin de Damas comprend deux éléments: une grande lumière et des paroles qui sont prononcées par Jésus et entendues par Saul. On retrouve en quelque sorte ces deux éléments dans la scène que vous pourrez voir à l'instant: une grande lumière et des paroles prononcées par Paul. Voilà, selon moi et, je pense, selon Andrew Hyatt, le moment dans le film où saint Luc a été transformé en évangéliste de la MISÉRICORDE.  

Write It Down | Now Playing - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=ROnwz7A1zoo
23 mars 2018 - Téléversé par AFFIRM Films
Paul, Apostle of Christ Scene: Write It Down Now Playing in theaters Nationwide  


samedi 7 avril 2018

Smiley


Smiley

Chers amis,

Je savais jusqu’à maintenant que le symbole : ) ou :-), signifie la joie. Ce symbole veut dire que la personne qui nous écrit est heureuse de ce qu’elle nous communique et qu’elle nous invite nous aussi à nous réjouir. Mais je n’avais jamais vraiment fait l’association suivante :  

: ) =ou encore mieux, avec un nez : :-)



Smiley
Un smiley, une frimousse, utilisé en français correct et admis à l'Académie française ou une binette, est un dessin extrêmement stylisé de visage souriant coloré en jaune, exprimant l’amitié. Wikipédia

Je me doute bien que la plupart d’entre vous étiez déjà au courant de cela, mais pour ma part, je suis souvent en retard dans les nouvelles.

mardi 3 avril 2018

Préparation au baptême, 3 avril 2018


Préparation au baptême, 3 avril 2018
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« Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ. » (1 Pi, 3, 21)

Chers lecteurs et lectrices de ce blogue intitulé Dieu ma joie,

Si vous lisez régulièrement ce blogue, vous savez que j’aime à vous partager, de temps à autre, mes impressions et mes interrogations concernant l’évangélisation que nous devons vivre au Québec, de nos jours. Le présent blogue est tout à fait dans cette ligne.

Ce soir, je vais animer une préparation au baptême. Deux couples ont demandé que leurs enfants reçoivent le baptême. Je suis chargé, en notre paroisse, d’animer dans de tels cas la première rencontre.

Comment est-ce que je me sens ce matin? Je dois avouer que je ne me sens pas très bien. Je ne suis pas en paix ou à l’aise avec la rencontre que je dois vivre ce soir. Cela peut paraître étrange à certains d’entre vous, mais c’est la réalité. C’est ainsi que je me sens. Et surtout, ne pensez pas que cette souffrance en moi soit nouvelle. Non; elle date depuis quelques années déjà. Vous avez certainement remarqué qu’une des plus grandes souffrances que l’être humain puisse vivre, c’est de faire des choses qui n’ont pas de sens. C’est le sens qui donne de la saveur et du goût à ce qu’on fait. Malheureux sommes-nous si nous posons des gestes ou des actions uniquement parce qu’on a toujours fait ainsi, alors que cela n’a plus de sens pour nous. Un prêtre qui ne croirait plus en la présence réelle du corps et du sang de Jésus dans l’eucharistie et qui continuerait de célébrer la messe parce qu’il s’y sent obligé pour diverses raisons, risquerait de faire à plus ou moins grande échéance, une dépression sévère. Quand des actes que nous posons ne font plus de sens, il vaut mieux ne plus les poser, pour notre bien-être psychologique et spirituel.

Dans le Québec d’aujourd’hui, et particulièrement dans la ville de Montréal où j’habite, rencontrer de jeunes chrétiens est pratiquement un miracle. Je sais qu’il y a deux façons de comprendre l’expression: jeunes chrétiens. On peut dire, en un sens, qu’une personne est chrétienne, si elle est baptisée. Mais on peut dire aussi, et on doit dire selon moi, qu’une personne est chrétienne si elle vit sa vie en disciple de Jésus, si elle VIT son BAPTÊME. En cette octave de Pâques, nous lisons dans le bréviaire, la première lettre de Pierre, qui se trouve dans le Nouveau Testament, après les épitres de saint Paul. J’aime beaucoup l’introduction que l’on a mise dans le bréviaire au début des passages de la lettre de Pierre que nous lirons cette semaine. Voici quelques extraits de cette introduction:

« L’intérêt que présente cette lettre pour nous tient avant tout à ce qu’elle fonde entièrement le comportement chrétien sur le baptême, à tel point qu’on a vu en elle l’abrégé d’une catéchèse ou d’une homélie baptismale. C’est, nous dit Pierre, en gardant en mémoire la grâce de son baptême, que le chrétien trouvera la force de persévérer dans la foi, de supporter courageusement les épreuves, avec le Christ pour modèle, de se réjouir même de ses tribulations. Mais Pierre n’exhorte pas seulement les chrétiens à la patience et à la sainteté de vie, il les invite aussi, et avec non moins de force, à annoncer l’Évangile: c’est pour cela, assure-t-il, qu’ils sont devenus une race élue, un sacerdoce royal. À cause de sa richesse doctrinale, de son équilibre parfait, cette lettre, plus que toute autre, mériterait d’être assidûment méditée par les chrétiens d’aujourd’hui. » (Bréviaire, volume 2, pp. 417- 418)

Ce texte parle de l’équilibre de la lettre. Et il emploie le mot « équilibre » après avoir insisté sur deux attitudes essentielles du chrétien:  

1-   L’appel à la sainteté de vie. Dès le début de la lettre, Pierre nous dit : « Comme des enfants obéissants, ne vous conformez pas aux convoitises d’autrefois, du temps de votre ignorance; mais de même que celui qui vous a appelés est saint, vous aussi devenez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : Soyez saints, car je suis saint. »  (1 Pi 1, 14-16)

2-  Le devoir d’annoncer l’Évangile. Au chapitre 2 de sa lettre, Paul rappelle aux baptisés leur immense dignité et leur devoir d’annoncer Jésus : « Vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. (1 Pi 2, 9)

Le baptême est donc un engagement à devenir saint et à annoncer les merveilles de Dieu qui nous a sortis des ténèbres pour nous faire entrer dans la lumière.

Le mot « engagement » est ici très important. Ce mot engagement, on le retrouve dans cette même lettre de Pierre, au chapitre 3, alors qu’il est question précisément du baptême. Voir la citation mise au début de ce blogue.

Pour se faire baptiser ou pour demander le baptême pour un enfant, il faut s’engager à devenir saint et à annoncer Jésus Christ. Pour cela, il faut connaître Jésus, l’aimer et l’aimer tellement qu’on veuille parler de Lui aux autres. Est-ce que c’est votre cas chers parents? Le jour du baptême, le ministre du sacrement va vous demander explicitement devant tout le monde si vous croyiez que Dieu le Père a créé le monde visible et invisible. Il va vous demander explicitement si vous croyez que Jésus Christ notre Seigneur a été conçu dans le sein de la Vierge Marie par Dieu lui-même, par la troisième Personne de la Trinité qui est l’Esprit Saint; c’est pourquoi Jésus est Dieu et non seulement homme. Le ministre du sacrement va vous demander explicitement si vous croyez que Jésus a été crucifié sous Ponce Pilate et qu’Il est ressuscité d’entre les morts. Votre réponse doit être vraie. C’est cela qu’on appelle dans la Bible avoir la « conscience droite ». Si jamais vous ne croyez pas à TOUT cela, seriez-vous prêts à mentir devant Dieu et devant les autres ce jour-là? C’est cela la vraie question. Pour moi, la religion c’est sérieux et ce devrait l’être aussi pour vous. La religion, ce n’est pas une mascarade. C’est très sérieux. Comme chrétiens, nous devrions être prêts à donner notre vie pour affirmer qu’on croit à tout cela.

Si la religion catholique au Québec se porte aussi mal, c’est parce qu’on baptise depuis des années des personnes qui ne devraient pas être baptisées. L’Église enseigne que si le prêtre ou le diacre n’a pas la conviction que l’enfant qui sera baptisé va être éduqué dans la foi chrétienne, il ne doit pas baptiser cet enfant.

Question: « Pouvons-nous faire baptiser notre enfant si nous n’avons pas l’intention de l’éduquer chrétiennement? »

Que veut dire cette question, selon vous?

Et quelle est la réponse de l’Église?

Réponse: NON. Des parents qui n’auraient pas l’intention d’éduquer l’enfant dans la foi catholique, devraient être amenés à différer le baptême. L’Église accepte de baptiser des petits enfants dans l’espérance que ce sacrement porte des fruits un jour. (1)

On parle beaucoup de « nouvelle évangélisation » dans l’Église. On nous dit que cette évangélisation doit être nouvelle dans ses méthodes. Je réfléchis beaucoup là-dessus depuis des années. Et selon moi, certaines méthodes que nous avons adoptées depuis des années dans l’Église, sont néfastes pour le salut du monde. On administre souvent les sacrements avec désinvolture et sans aucun sérieux concernant ce qui se vit et ce qui se dit lors des célébrations. Et cela est vrai en particulier du baptême. Je veux seulement qu’on soit vrai ce soir. Dieu mérite bien cela.

Un jour deux des apôtres de Jésus, Jacques et Jean, se sont approchés de Jésus pour lui faire une demande. Voici comment on raconte cela dans les évangiles:  

« Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent: « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. Jésus leur dit: « Que voulez-vous que je fasse pour vous? » Ils lui répondirent: « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit: « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Il ne m’appartient pas d’accorder de siéger à ma droite ou à ma gauche; il y a ceux pour qui cela est préparé. » (Mc 10, 35-40)

Parfois, on demande une chose, mais on ne sait pas exactement ce qu’on demande. Ce soir, j’ai voulu vous éclairer sur votre demande du baptême pour votre enfant. Je vous demande de réfléchir à ce que j’ai dit et à vous demander s’il convient toujours de faire baptiser votre enfant. Quant à moi, je vais prier l’Esprit Saint (qui est une des trois Personnes divines) pour vous, afin qu’Il vous éclaire et qu’Il vous conduise à la foi chrétienne. Car on peut être baptisé et ne pas avoir la foi chrétienne. Si une personne ne vit pas selon les exigences de son baptême, il aurait mieux valu pour elle qu’elle ne soit pas baptisée. Mais, heureusement, en cela comme en beaucoup d’autres choses, on peut se reprendre et faire mieux.

BONNE RÉFLEXION !


(1) 25 questions et réponses - Accueil - Église catholique à Montréal

www.diocesemontreal.org/la-foi-au-quotidien/.../id-25-questions-et-reponses.html





lundi 2 avril 2018

Le RESSUSCITÉ à Percé, au Québec

Le RESSUSCITÉ à Percé, au Québec


La ville de Percé en Gaspésie, au Québec, est un des lieux les plus fréquentés par les touristes, à cause de son fameux " Rocher Percé ": 

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Tout comme sur les rives du lac de Tibériade, il y a deux mille ans, le RESSUSCITÉ s'est manifesté à Percé:


Certaines personnes semblent ne voir que la croix dans le reflet de l'eau. Pour ma part, j'y vois la silhouette du RESSUSCITÉ dont la tête remplit le trou du Rocher Percé. N'est-ce pas la tâche de notre Rédempteur, de combler nos carences?
  



dimanche 1 avril 2018

Homélie de Pâques


Homélie de Pâques

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            Joyeuses Pâques!

JOYEUSES PÂQUES 2018


JOYEUSES PÂQUES 2018
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Chers amis,

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ma part, je vis la plus belle Pâques de ma vie, la Pâques la plus "transformante". Et j'en remercie le Seigneur du fond du coeur. Hier j'ai écrit un blogue dans lequel l'acteur britannique James Faulkner avoue que l'expérience qu'il a vécue en personnifiant l'apôtre Paul pour la grand écran, a été pour lui "transformante". Voilà ce que doit produire en nous la RENCONTRE AVEC LE RESSUSCITÉ: cette RENCONTRE DOIT CHANGER NOTRE VIE. La rencontre de Jésus Ressuscité a complètement transformé le persécuteur Saul en APÔTRE PAUL, l'amoureux du Christ et l'évangélisateur. Nul ne peut évangéliser s'il n'est pas d'abord "tombé en amour avec Dieu, en Jésus Christ". On dit souvent que Saul est "tombé" en bas de son cheval sur la route conduisant à Damas, le jour où il a rencontré le Christ. Nous savons maintenant que Saul n'était pas à cheval ce jour-là. Mais pour être "tombé", il est vraiment "tombé". Il est tombé en amour avec son divin Sauveur, le Sauveur qu'il persécutait sans trop le savoir. Car Saul a fait sur la route de Damas, l'expérience de Jésus et l'expérience de l'Église, Corps du Christ. Chaque chrétien, de par son baptême, est incorporé au Christ, est membre du corps du Christ qu'est l'Église. Nous sommes les membres vivants de Jésus. Nous SOMMES JÉSUS POUR LE MONDE, POUR LE SALUT DU MONDE.

"Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l'enveloppa de sa clarté. Il fut précipité à terre; il entendit une voix qui lui disait: " Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il demanda: "Qui es-tu Seigneur?" La voix répondit: "Je suis Jésus, celui que tu persécutes." (Actes 9, 3-5)

Nous devons tous un jour faire l'expérience de blesser Jésus par nos péchés qui sont essentiellement des manques d'amour envers Dieu et envers le prochain. Cette expérience douloureuse, elle ne se fait qu'en rencontrant Jésus le Ressuscité, puisqu'il s'agit de "blesser Jésus". Or le jour où Jésus devient présent et vivant dans notre vie, nous faisons une double expérience: l'expérience d'être pécheur et l'expérience d'être infiniment aimé par Dieu. C'est évidemment cette deuxième expérience qui est la plus fondamentale. Se découvrir et se voir pécheur est décourageant, mais se savoir aimé, même dans notre péché, est une expérience EXTRAORDINAIRE qui normalement nous remplit de DYNAMISME pour annoncer à tous qu'ils ont un SAUVEUR, qu'ils sont aimés, rachetés et sauvés par JÉSUS SAUVEUR.

Voilà une façon de vivre l'expérience de Pâques. C'est en tout cas l'expérience qu je vous souhaite de vivre en cette PÂQUES 2018.

Fraternellement, 

Guy, omv