Fête de la Sainte Famille
Il y a trois jours, l'Église fêtait la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph.
La Sainte Famille nous est donnée en exemple. Oui, toutes les familles de monde ont un modèle à imiter. Je désire vous parler ce matin d'un des exemples que la Sainte Famille nous donne : l'exemple de la prière. Mais de quelle prière s'agit-il ? Comment la Sainte Famille priait-elle ? Pour imiter, il faut d'abord connaître.
La prière d'adoration : adorer ce Dieu si grand qui se fait si petit
Lorsque nous contemplons Marie, Joseph et Jésus dans la crèche, il est évident que nous y voyons un exemple d'adoration. Marie et Joseph, devant leur enfant nouveau-né et incapable de parler, ont dû passer des heures à l'adorer puiqu'ils savaient que ce petit enfant est Dieu en personne, habitant notre terre.
C'est la petitesse de Jésus qui nous porte à l'adorer. Quand Jésus était plus grand, adolescent ou même adulte, j'ai de la difficulté à imaginer Marie et Joseph en train de l'adorer. Ils vivaient avec lui de façon normale, en quelque sorte.
Or cette leçon d'adoration que nous donne la Sainte Famille lors des premiers jours de la vie de notre Rédempteur, nous avons la chance et la grâce de la mettre en pratique dans notre vie ici à Repentigny. Car nous avons une chapelle d'adoration eucharistique dans une de nos églises paroissiales, où nous pouvons nous aussi adorer notre Créateur et Seigneur dans sa petitesse. Il est encore plus petit sur l'autel de notre chapelle d'adoration qu'il ne l'était dans la mangeoire après sa naissance. Comme Marie et Joseph, nous avons l'immense privilège de pouvoir adorer Jésus tout petit et silencieux.
Je prie aujourd'hui la Vierge Marie et Saint Joseph d'inspirer plusieurs de nos paroissiens et paroissiennes de consacrer une heure par semaine à Dieu pour adorer son divin Fils. Comme disait Carlo Acutis, ce jeune saint de notre époque : "Quand nous nous mettons devant le soleil, nous bronzons. Lorsque nous nous mettons devant Jésus-Eucharistie, nous devenons saints."
La première lecture de la messe de la Sainte Famille nous commandait d'honorer notre père et notre mère. Cela est vrai pour nos parents de la terre, mais c'est aussi vrai de notre Père et notre Mère du ciel. Une des meilleures façons d'honorer notre Père du ciel, est de consacrer du temps à l'adoration eucharistique car la Trinité Sainte est dans l'hostie consacrée. En 1917, la Vierge Marie est apparue à six reprises aux enfants de Fatima : Lucie, Jacinthe et François. Ces apparition mariales ont été précédées et préparées par l'Ange de la Paix qui est apparu aux enfants à trois reprises en 1916. Voici le récit de la troisième apparition de l'Ange de la Paix :
Troisième apparition de l’Ange
Lieu: Loca do Cabeço
Date: en automne 1916
«[...] tenant dans ses mains un calice et, au-dessus de lui, une Hostie d’où tombait dans le calice quelques gouttes de sang. Laissant le calice et l’Hostie suspendus dans l’air, il se prosterna jusqu’à terre et répéta trois fois cette prière : – Très Sainte Trinité, Père, Fils, Saint-Esprit, je Vous adore profondément, et Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont il est Lui-même offensé et, par les mérites infinis de son très Saint Cœur, et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.
Puis, se relevant, il prit de nouveau dans ses mains le calice et l’Hostie, me donna l’Hostie, et donna le contenu du calice à Jacinthe et à François, en disant en même temps:
– Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. Il se prosterna de nouveau jusqu’à terre et répéta avec nous encore trois fois la même prière : « Très Sainte Trinité, … etc. »
Mémoires de Sœur Lucie I. 14e édition. Fátima: Secretariado dos Pastorinhos, 2010, p. 176-177 (IV Mémoire). (1)
La prière en famille :
La Sainte Famille devait certainement prier en famille et je suis sûr qu'elle le faisait à chaque jour. Non seulement quand Jésus était enfant, mais aussi, j'en suis sûr, quand il était adolescent et adulte. Et alors, qu'attendons-nous pour imiter cette prière en famille ?
J'ai fait plus d'une fois l'expérience suivante : il m'arrivait de rencontrer des gens pour la première fois de ma vie. Après quelques moments passés ensemble, je demandais à la personne : "Accepteriez-vous que nous priions ensemble ?" Et à chaque fois ma requête était exaucée. Il se passait alors immanquablement le phénomène suivant : une fois la prière terminée, je sentais qu'il s'était passé quelque chose d'extraordinaire entre nous ; je sentais que la prière nous avait unis d'une façon très spéciale. Vivre cela avec une personne que je connaissais à peine, m'a toujours surpris et émerveillé. C'était pour moi la preuve du grand pouvoir qu'a la prière d'unir les gens. Je suis sûr que la prière en famille produit le même effet, même si mystérieusement et sans que j'en connaisse la raison, nous percevons moins le le changement qu'opère en nous la prière en famille. Mais si la prière faite entre personnes qui se connaissent à peine produit un sentiment de profonde union, on ne peut pas douter que cette même action vécue en famille produise le même effet.
Le Vénérable Père Patrick Peyton a été l'apôtre de la prière en famille et tout spécialement du chapelet en famille. Sa phrase la plus fameuse est celle-ci : "The family that prays together, stays together." "La famille qui prie ensemble, reste ensemble." Cette phrase est magnifique en anglais à cause des deux verbes : prays et stays qui non seulement contiennent le même nombre de lettres, mais ont aussi la même consonance. C'est le genre de phrase qui nous reste facilement dans la mémoire.
Mais cette phrase est surtout belle parce qu'elle est vraie. Par cette seule phrase, le Père Peyton a été un prophète de notre temps qui a indiqué à ses frères et soeurs en humanité la route à suivre. On dirait que le Père Peyton, décédé en 1992 a entrevu à l'avance le grand nombre de divorces qui auraient lieu de son vivant. C'est peut-être pour cette raison qu'il formulé son fameux slogan. En encourageant les familles du monde entier à prier ensemble, il leur indiquait le moyen presque infaillible de rester ensemble.
Lors de son dernier rassemblement du Rosaire, en 1985, à Manille, le père Peyton a transmis un message tout particulier aux pères de famille. « N’ayez pas peur de vous agenouiller aux côtés de votre épouse et de laisser ces enfants innocents entendre votre voix, tout comme j’ai entendu la voix de mon père », dit-il. « Soyez le chef de votre famille et faites de ce petit foyer une petite église. » (2)
"Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais." (Évangile selon saint Jean, chapitre 17, versets 11 à 15)
