samedi 11 avril 2015

Dieu de Miséricorde infinie

Dieu de Miséricorde infinie

12 avril 2015: Dimanche de la Miséricorde divine.

Depuis le grand jubilé de l’an 2000, le dimanche qui suit le grand jour de Pâques, se nomme le dimanche de la Miséricorde divine. Nous devons ce fait au Sacré Cœur de Jésus, à Sœur Faustine (la première sainte de l’an 2000, canonisée le 30 avril 2000) et à saint Jean-Paul II. La prière d’ouverture à la messe du présent dimanche, commence ainsi : « Dieu de Miséricorde infinie ». Voilà ce sur quoi je nous invite à méditer en ce jour: à l’infinie Miséricorde de Dieu : une Miséricorde sans fin, une Miséricorde sans fond.

Deux textes me portent à penser aujourd’hui à l’infinie Miséricorde de Dieu. Le premier texte me vient de notre cher pape François, quelques jours à peine après son élection comme successeur de Pierre. Dimanche le 17 mars 2013, le pape disait ceci juste avant de réciter l’Angelus:

« Je me souviens, à peine devenu évêque, en l’année 1992, est arrivée à Buenos Aires la Vierge de Fatima et l’on a fait une grande messe pour les malades. Je suis allé confesser, lors de cette messe. Et presque à la fin de la messe, je me suis levé, je devais administrer une confirmation. Est venue à moi une femme âgée, humble, très humble, elle avait plus de quatre-vingts ans. Je l’ai regardée et je lui ai dit: « Grand-mère — parce que chez nous, nous appelons ainsi les personnes âgées: grand-mère — vous voulez vous confesser? ». « Oui !», m’a-t-elle dit. « Mais si vous n’avez pas péché... ». Et elle m’a dit: « Nous avons tous péché... ! ». « Mais peut-être le Seigneur ne les pardonne pas... ». « Le Seigneur pardonne tout!», m’a-t-elle dit : sûre d’elle. « Mais comment le savez-vous, vous, Madame?». « Si le Seigneur ne pardonnait pas tout, le monde n’existerait pas ». Il m’est venue l’envie de lui demander : « Dites-moi, Madame, vous avez étudié à la Grégorienne? », parce que cela est la sagesse que donne l’Esprit Saint; la sagesse intérieure vers la miséricorde de Dieu. N’oublions pas cette parole: Dieu ne se fatigue jamais de nous pardonner, jamais! « Eh, mon père, quel est le problème? ». Eh, le problème est que nous, nous nous fatiguons ! Nous ne voulons pas ! Nous nous fatiguons de demander pardon ! Lui ne se fatigue pas de pardonner, mais nous, parfois, nous nous fatiguons de demander pardon. Ne nous fatiguons jamais, ne nous fatiguons jamais ! Lui est le Père plein d’amour qui toujours pardonne, qui a ce cœur de miséricorde pour nous tous. Et nous aussi apprenons à être miséricordieux avec tous. Invoquons l’intercession de la Vierge qui a eu entre ses bras la Miséricorde de Dieu fait homme. À présent prions tous ensemble l’Angélus»  (Angelus du 17 mars 2013)

Le deuxième texte est tiré d’un film de Denys Arcand. Denys Arcand est un des cinéastes québécois les plus connus. Il écrit normalement les scénarios de ses films. Quoique fasciné par la personne de Jésus, Denys Arcand n’a pas la foi catholique, du moins à ce que je sache. Or nous, chrétiens, savons que l’Esprit Saint souffle où Il veut (Jn 3, 8; dans ce texte, Jésus dit que le vent souffle où il veut; mais le vent et l’Esprit sont souvent interchangeables dans la Bible). Il arrive même que des opposants à l’Évangile, disent des vérités et des prophéties malgré eux. Ce fut le cas par exemple de Caïphe le grand prêtre, qui souhaitait la mort de Jésus et qui a tout de même fait une très belle prophétie lorsqu'il a dit: « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. Or cela, il ne le dit pas de lui-même ; mais étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation » (Jn 11, 50 - 51).

Dans une scène du film Les Invasions barbares de Denys Arcand, le personnage principal, nommé Rémy, est dans sa chambre d’hôpital et condamné à une mort certaine. Une religieuse nommée Constance Lazure, vient le visiter régulièrement. Un jour, Rémy profite du passage de Sœur Constance dans sa chambre, pour cracher son venin contre la religion catholique qui serait responsable, selon ses dires, du meurtre de cent cinquante millions d’Indiens, en Amérique du Sud, au 16ème siècle. Et en Amérique du Nord, les Français, les Anglais, les Hollandais et les Américains auraient tué cinquante millions d’Indiens. Cela fait en tout deux cents millions d’Indiens tués, avec l’approbation ou le concours de l’Église, selon les dires du personnage principal du film. Et Rémy de terminer en disant une phrase semblable à celle-ci: « Et vous, ma sœur, après tout cela, vous croyez en Dieu; vous croyez en l'existence de Dieu? » Vous trouverez ci-dessous, une vidéo qui rapporte une partie de la conversation entre Rémy et Soeur Constance. Malheureusement, la conversation n'est pas reproduite en entier. On y retrouve pas la question de Rémy que je viens de citer, concernant l'existence de Dieu et la réplique magnifique de Soeur Consatnce que je citerai dans un instant de mémoire et à l'aide d'un texte que j'ai lu aujourd'hui,  


  1. Invasions barbares Denys Arcand histoire de l ... - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=RBO4dEfqw-M

    22 juil. 2011 - Ajouté par Louis Lawrence
    Rémy (interprété par Rémy Girard) évoque l'histoire cruelle de l'humanité à travers le génocide des Amérindiens.
Sœur Constance écoute patiemment et sans broncher Rémy déblatérer son venin contre  l’Église et contre Dieu. Quand le malade en colère a fini de s’emporter et d’accuser Dieu, la sœur lui répond avec douceur: « Si ce que vous dites est vrai, alors, à plus forte raison, il faut que Quelqu’un existe qui puisse pardonner tout cela. »

Cette réponse de Soeur Constance, est vraiment admirable. J'aime le début de sa réponse: « Si ce que vous dites est vrai, … »   Encore faut-il commencer par vérifier si toutes les informations données par Rémy, sont vraies.

Une recherche sur internet permet de douter des propos émis par Rémy, dans le film de Denys Arcand :

"Beaucoup croient au "génocide" des Indiens d'Amérique par les Français, les Anglais, les Espagnols et, plus tard, les Américains. Mais ce n'est pas du tout avalisé par les historiens. Des massacres furent commis par les deux camps, mais ce sont bien les épidémies qui ont sonné le glas des Indiens d'Amérique.  …  La chute démographique des Indiens d'Amérique est due aux épidémies, la plus connue étant celle de la variole. Comme l'ont écrit les spécialistes des Indiens et auteurs des Indiens des plaines Yves Berger et Daniel Dubois, on ne peut nommer "génocide" le fait qu'une population ait été détruite par une pandémie (une pandémie qui a également touché les Blancs, huit millions d'Européens et Asiatiques tués par la variole pendant que les tribus, bien moins nombreuses, étaient contaminées). " (1) 

Voilà une preuve de plus qu'on ne doit pas accepter comme vrai, tout ce qu'on entend dans les médias, et en particulier au cinéma. Les chiffres et les statistiques employés pour confirmer des dires, nous font souvent croire à la vérité des propos exprimés. Mais c'est souvent un piège tendu à la vérité. 

Il n'en demeure pas moins que la réplique de Soeur Constance, dans le film Les Invasions barbares, est à mes yeux une des plus belles répliques que j’aie entendues au cinéma. Et elle vient d’un cinéaste incroyant, agnostique ou athée.

Ces deux exemples peuvent nous servir de tremplin pour méditer sur l’infinie Miséricorde de Dieu

(1)http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-chute-demographique-des-indiens-32322

Post scriptum: J'ai envoyé ce matin ce blogue à mon confrère québécois Patrice Véraquin, omv, qui habite et travaille dans notre maison à Nice. Lors d'une de ses vacances au pays, j'avais été avec lui voir le film Les Invasions barbares dans une salle de cinéma à Montréal. Voici ce qu'il vient de me répondre:   


Merci, Guy.

C’est vrai. Les injustices jamais reconnues de ce monde sont bien une preuve que Dieu existe. Sinon ce monde serait vraiment absurde et inacceptable.
Vive la juste et infinie miséricorde de Dieu !
Bon dimanche,
Patrice

Ce que dit Patrice, m'a fait penser à un texte que j'ai lu hier, à propos du film de Denys Arcand. L'auteur, nommé Gérald Allard, écrivait ceci: 


"Qu’il y ait du mal dans le monde et même dans le monde de la foi n’est pas une preuve contre la foi: Arcand le sait et le dit. Il fallait quelqu’un de son envergure pour montrer simplement que la rationalisation, voire la raison, ne peut rien contre l’expérience de la révélation. Le personnage qu’il a créé, sœur Constance Lazure (quel autre nom bien choisi!), est une preuve s’il en fallait qu’Arcand a l’esprit plus ouvert que la plupart de ceux qui ne pardonnent pas. Autre preuve de l’ouverture d’esprit du réalisateur, l’ange du pardon, sœur Constance, rétablit le lien entre le père et le fils — “ Dites-lui que vous l’aimez. Dites-le-lui; touchez-le ”, suggère-t-elle à Sébastien. Car si Stéphane (Stéphane Rousseau, qui joue le rôle de Sébastien; NDLR) et Rémy réussissent à se dire des mots d’amour, c’est sans doute grâce à l’intercession de la sœur plutôt que de la mère et de l’épouse. Mais leur pardon réciproque n’est pas religieux. Il est fondé sur le besoin d’être aimé de l’un et de l’autre, sur la pitié du fils pour le père et sur l’angoisse de Rémy."

(Tiré de: Gérald Allard, Variations sur des thèmes invasifs : article - Revue Argument
www.revueargument.ca/)








2 commentaires:

  1. ... Et elle m’a dit: « Nous avons tous péché... ! ». « Mais peut-être le Seigneur ne les pardonne pas... ». « Le Seigneur pardonne tout!», m’a-t-elle dit : sûre d’elle. « Mais comment le savez-vous, vous, Madame?». " ...

    Réflexion de la part de cette vieille grand-maman empreinte de sagesse et d'amour pour le Seigneur...

    J'ai vu ce film Les invasions barbares, une suite, à mon avis, au 1er film de Denys Arcand, Le déclin de l'empire américain!
    Rémy Girard dans ses deux films est particulièrement excellent, mais dans les Invasions il y est excellent...

    À la fin j'y ai découvert aussi la merveilleuse chanson de Françoise Hardy, qui m'est toujours restée au cœur comme une chanson incontournable sur l'amitié humaine, et qui sait certainement divine. Ici interprétée par la chanteuse Isabelle Boulay, tellement belle chanson empreinte de tendresse, de douceurs et de tristesse.
    https://www.youtube.com/watch?v=sb53Loxkks4

    Le texte de l'auteur, Gérald Allard, est fort significatif de pertinence.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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