Importance historique de Bruno Lantéri
Comme je l'ai mentionné dans mon blogue précédent, notre Congrégation religieuse célèbre cette année le deuxième centenaire de sa fondation. Je pense sincèrement que notre Seigneur Jésus Christ veut que les Oblats de la Vierge Marie profitent de cette occasion pour mieux faire connaître au monde entier cet exceptionnel serviteur de Dieu.
Bruno Lantéri est sûrement un intercesseur puissant pour notre époque qui connaît un déclin dramatique des vocations sacerdotales et religieuses. Le Père Lantéri a été un précurseur dans plusieurs domaines. En premier lieu, il a consacré toute sa vie à former des laïcs engagés. On le considère à juste titre comme le précurseur de l'Action catholique. Il a continué l'oeuvre accomplie par son mentor le Père Nicolas Diessbach, un Jésuite, qui avait fondé les "Amitiés chrétiennes", ces groupes de laïcs qui se formaient intellectuellement à la vie chrétienne et qui étaient animés par un grand zèle pour les âmes à une époque caractérisée par un refroidissement au niveau religieux : l'époque qui suivit immédiatement la Révolution française. Le plus sûr moyen de faire naître des vocations religieuses et sacerdotales, est de contribuer à créer un tissu social chrétien. Et cela commence par la formation de laïcs catholiques engagés.
Le Père Lantéri est aussi à mes yeux le précurseur de l'ère médiatique. Bruno Lantéri a dédié toute sa vie à faire connaître les bons livres. Malgré une maladie aux yeux dont il a souffert toute sa vie, il a été un lecteur acharné et il avait une connaissance extraordinaire de la littérature catholique. Il savait donner à chaque personne qu'il rencontrait le livre qu'il lui fallait pour la faire grandir dans l'amour de Dieu. Dans les Amitiées chrétiennes, il encourageait les laïcs à approfondir leur foi et à distribuer autour d'eux les bons livres. Si notre fondateur avait vécu de nos jours, nul doute qu'il se serait servi de l'internet et des médias sociaux pour répandre la Bonne Nouvelle qu'est Jésus Christ notre Seigneur.
Bruno Lantéri vouait un amour inconditionnel au magistère de l'Église. En 1782, à peine ordonné diacre, il accompagna le Père Diessbach à Vienne pour préparer la venue du pape Pie VI en Autriche car l'empereur Joseph II gouvernait ce pays sans respecter la souveraineté du pape en matière religieuse. Le Père Diessbach était absolument convaincu qu'il fallait préparer les coeurs à la venue du souverain pontife. Alors que Bruno avait une cinquantaine d'années, il a risqué sa vie pour permettre au pape emprisonné par Napoléon, de recevoir les documents nécessaires à sa défense. Par une chaîne secrète de laïcs engagés, il a fait parvenir au pape les documents dont il avait besoin pour se défendre et ce, malgré les grands risques qu'il encourrait. Il fut d'ailleurs soupçonné par la police de Napoléon qui le mit sous haute surveillance durant trois ans dans sa maison de campagne, sans permission de sortir pour accomplir un quelconque apostolat.
Enfin, Bruno Lantéri a été un apôtre extraordinaire de la Miséricorde Divine pour contrer l'erreur janséniste qui faisait rage à son époque. Toute sa vie il a prêché un Dieu Miséricordieux et ami des hommes et il a fondé une Congrégation religieuse qui allait témoigner au fil des siècles de la bonté et de la tendresse de Dieu.
Notre fondateur a vécu tout cela sous le patronage et la protection de notre Mère du ciel à laquelle il avait consacré sa vie à l'âge de 22 ans. Alors qu'il n'avait que quatre ans, il devint orphelin de mère. Son père l'emmena alors dans une église pour lui présenter la Vierge Marie et lui dire que désormais c'est elle qui serait sa Mère. Bruno au terme de sa vie dira : "Je n'ai presque pas eu d'autre Mère que la Très Sainte Vierge Marie et je n'ai jamais reçu que des caresses d'une si bonne Mère."
Je vous invite à regarder le magnifique film-documentaire sur notre fondateur, intitulé "Nunc Coepi", Ces deux mots latins signifient "Maintenant je commence". Ce sont les deux mots qu'on associe le plus souvent au Père Lantéri qui était essentiellement un homme d'espérance. Il ne veut pas qu'on s'attriste ou qu'on se décourage à cause de nos erreurs et de nos péchés. Au contraire, il nous invite à dire immédiatement après nos chutes : "Maintenant je commence". Notez qu'il ne dit pas "maintenant je recommence" car si on disait cela, ce serait le signe qu'on se souvient de notre erreur ou de notre péché. Notre fondateur nous invite à oublier même ce passé le plus récent.
Le film "Nunc Coepi" réalisé grâce à notre confrère Fr John Wykes, omv, a reçu plusieurs prix.
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