lundi 25 mai 2026

Alfredo Frassati : son opinion sur la guerre

 Alfredo Frassati : son opinion sur la guerre

Alfredo Frassati et son fils, saint Pier Giorgio Frassati

Je suis en train de lire le magnifique livre de Cristina Siccardi sur Pier Giorgio Frassati. Ce livre nous montre que tout n'est pas blanc ou noir dans la vie. Jusqu'à maintenant, j'avais eu l'impression qu'Alfredo Frassati n'avait jamais vraiment eu d'affection pour son fils et je croyais même qu'il le méprisait. Mais cela est faux. Il est vrai que Pier Giorgio et sa soeur Luciana ont vécu dans une famille disfonctionnelle en compagnie de parents qui ne s'entendaient pas et qui vivaient chacun pour ses ambitions personnelles. L'atmosphère à la maison était froide. Mais Pier Giorgio a toujours voué une grande admiration pour son père qui était très sévère mais qui avait un grand sens de la justice. 

"Pier Giorgio prend souvent le parti de sa mère, pour la protéger probablement du comportement autoritaire et parfois despotique du sénateur. Mais en réalité, il nourrit pour lui un grand amour et une immense estime, et il est très fier de lui." (1) 

Alfredo Frassati aimait aussi beaucoup son fils, contrairement à ce que j'ai pensé pendant de nombreuses années. Il est vrai qu'il vouait plus d'admiration pour sa fille Luciana qui réusissait facilement dans ses études alors que Pier Giorgio avait beaucoup de difficulté dans ce domaine. 

Alfredo Frassati a fondé le journal La Stampa, qui existe encore aujourd'hui. Déjà du vivant d'Alfredo, ce journal jouissait d'une grande réputation et d'un grand tirage. Le sénateur Frassati (car il était aussi sénateur)  ne se gênait pas pour exprimer clairement ses positions dans son journal. Lors de la guerre 14-18, il a souvent exprimé son désaccord avec la guerre. Voici un extrait du texte qu'il a écrit le 12 novembre 1918, au lendemain de la signature de la fin de la guerre 

"Toute la vie des hommes d'aujourd'hui ne suffira pas à assécher les larmes versées pendant les nuits d'insomnie de millions et de millions de mères et de veuves... Ne pas l'avoir compris, et avoir cru pouvoir arriver, en passant par-dessus tant de douleurs, jusqu'à l'hégémonie sur le monde, avoir pensé que, pour des intérêts économiques, on pouvait rompre les barrières des nations sans respecter les nationalités, est la faute que l'histoire ne pardonnera pas aux dirigeants de l'Allemagne. Ceux-ci ont cru pouvoir passer par-dessus l'histoire moderne, qui a pour fondement le travail des générations passées pour la conquête des libertés nationales et pour conséquence logique l'aspiration à rejoindre totalement une telle liberté dans toute l'Europe. L'expansion économique ne peut pas dépasser les frontières nationales et lier les hommes dans la communauté du travail et du commerce, sinon lorsque les nations sont non seulement respectées mais réinstallées dans leur plene liberté. Les Allemands qui, sur le champ de bataille de Leipzig, avaient affirmé ce concept, égarés par une vision matérialiste, ont cru que la valeur écononmique avait dépassé toutes les autres valeurs." (2)

Quiconque lit ces lignes aujourd'hui peut facilement constater que d'autres pays de nos jours, tombent dans la même erreur. 

La grande majorité des pays du monde entier semblent faire de l'économie leur priorité, alors que leur premier souci et leur première finalité devrait être la JUSTICE


(1) 
p. 56. 

(2) Ibid, pp. 79-80

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