dimanche 30 mars 2025

Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

 Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur


Nous vivons aujourd'hui le dimanche de la mi-Carême, que nous appelons aussi le DIMANCHE DE LA JOIE. Ce dimanche est appelé dimanche LAETARE, mot latin qui signifie RÉJOUIS-TOI, Ce sont les tout premiers mots de la messe d'aujourd'hui dans l'antienne d'ouverture : " Réjouis-toi Jérusalem" (Is 66, 10)

Pour signifier cette joie, les prêtres sont invités à revêtir les vêtements liturgiques de couleur rose. Nous pouvons être vêtus de cette couleur liturgique deux jours par année. Au milieu de la période de l'Avent pour le dimanche "GAUDETE" (Réjouissez-vous) et au milieu du Carême comme c'est le cas aujourd'hui. À chaque fois que je porte ma chasuble rose et mon étole de même couleur, les gens qui entrent à l'église ont le sourire aux lèvres et trouvent cela très beau. Ils entrent dès cet instant dans la JOIE promise par ce dimanche. 


L'évangile de ce dimanche est la parabole du Père Miséricordieux, autrefois appelée "la parabole de l'enfant prodigue" (Luc 15, 1-3.11-32). On dit parfois que cet évangile est la "BONNE NOUVELLE dans la BONNE NOUVELLE." Jésus par cette parabole nous a vraiment révélé quelle sorte de Père nous avons dans les cieux. QUELLE BONTÉ, QUELLE TENDRESSE, QUELLE MISÉRICORDE nous sont révélées par le père de la parabole ! Le père court au-devant de son fils qui revient après avoir mené une vie de désordre. Il se jette à son cou et le couvre de baisers. Il ne laisse pas à son fils le temps de dire le fond de sa pensée, mais ordonne aux serviteurs d'apporter le plus beau vêtement pour l'habiller, de lui mettre l'anneau au doigt, signe qu'il est toujours un membre de la famille, et aller tuer le veau gras pour que tous se réjouissent et fassent la fête car son fils était mort et il est revenu à la vie. Le fils aîné, apprenant la chose, ne veut pas participer à la fête. Le père sort pour le supplier d'entrer et de festoyer avec tous les autres. Mais le fils aîné refuse. Ce fils ingrat ne veut pardonner ni à son frère ni à son père car les deux sont fautifs à ses yeux. 

Le prophète Ézéchiel avait prédit les temps messianiques quand il nous rapportait ces paroles de Yahvé : "Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'öterai de votre chair le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair" (Ézéchiel 36, 26) 

À la fin de la parabole, deux des personnages de la parabole ont un coeur de chair et le troisième personnage conserve malheureusement son coeur de pierre. 

Le psaume 31 commence ainsi : "Heureux l'homme dont la faute est enlevée et le péché remis ! Heureux l'homme dont le Seigneur ne retient pas l'offense." 

C'est une très grande JOIE que d'expérimenter le pardon inconditionnel de Dieu : c'est peut-être même ici-bas la plus grande joie qu'un être humain puisse éprouver. 

"Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur" (Ps 33, 9) Tel était le refrain du psaume d'aujourd'hui à la messe. C'est probablement la phrase biblique qui résume le mieux la liturgie de la Parole de ce quatrième dimanche du Carême. 

Psaume

(33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)

R/ Goûtez et voyez 
comme est bon le Seigneur !

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe à l’entour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge 

Jésus nous a révélé que ce qui rend son Père le plus heureux, c'est lorsqu'il pardonne : "Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance." (Lc 15, 7) 

Ce n'est pas pour rien, selon moi, que le pape François a institué en 2014 les 24 heures pour le Seigneur et a décidé qu'elles auraient lieu le vendredi qui précède le quatrième dimanche du Carême, le dimanche de la JOIE. Le pape a clairement dit que durant ces 24 heures consécutives de prière et d'adoration, les églises devaient rester ouvertes et des prêtres devaient être disponibles pour permettre aux gens de recevoir le sacrement de la réconciliation s'ils le désiraient et leur donner ainsi l'occasion d'expérimenter la JOIE d'être PARDONNÉS. Nous avons vécu cette année pour la première fois ces 24 heures pour le Seigneur. Ce fut une expérience magnifique. Notre Chapelle d'adoration eucharistique Carlo Acutis (1) a vraiment facilité l'organisation de ces 24 heures. En très peu de temps nous avons trouvé des adorateurs pour le jour et la nuit. Très rares furent les moments où il n'y avait qu'un adorateur ou une adoratrice dans la chapelle. J'ai personnellement été adorer durant trois heures pendant ces 24 heures. Une de mes heures d'adoration était de 23h à minuit le vendredi. Quelle ne fut pas ma surprise de constater à mon arrivée qu'il y avait une dizaine de personnes dans la chapelle. J'ai passé mes cinq premières minutes d'adoration en étant profondément touché de voir tant d'adorateurs et adoratrices en cette heure tardive et en remerciant le Seigneur pour cette chapelle d'adoration. Mon confrère et moi étions disponibles dans l'église durant 9 heures le vendredi pour donner le sacrement de la réconciliation aux personnes qui le désiraient : de 9h à midi, de 14h à 17h et de 19h à 22h. Cela a permis aux personnes qui se sont confessées de pouvoir parler aussi longtemps qu'elles le désiraient   

Dans la deuxième lecture d'aujourd'hui, saint Paul nous disait : 

"Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, Dieu et il nous a donné le ministère de la réconciliation.  Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. (2 Co 5, 18-20

Si j'avais à décrire d'un seul mot le pape François, je dirais qu'il est le pape de la Miséricorde. L'expérience fondatrice de la vie du pape et la raison pour laquelle il est devenu prêtre et pape, remonte à ses 16 ans lorsqu'il est entré dans la basilique Saint-Joseph, dans son quartier de Flores, à Buenos Aires :   

" Dans une lettre écrite en 1990, le futur pape François racontait cette matinée qui a changé sa vie, le jour de la Saint-Matthieu, en 1953.

Approchant de ses 17 ans, il se préparait à fêter le “Jour de l’Étudiant” avec ses amis lorsqu’il ressent le besoin de commencer sa journée en allant à la basilique Saint-Joseph, dans son quartier Flores, à Buenos Aires. “J’ai regardé, il faisait noir, c’était un matin de septembre, peut-être 9 heures, et j’ai vu un prêtre qui marchait, je ne le connaissais pas, il ne faisait pas partie des prêtres de la paroisse. Et il s’assoit dans l’un des confessionnaux, le dernier sur la gauche quand on regarde l’autel. Je ne sais même pas ce qui s’est passé ensuite. J’avais l’impression que quelqu’un m’avait poussé à entrer dans le confessionnal. Évidemment, je lui ai raconté des choses, je me suis confessé… mais je ne sais pas ce qui s’est passé”. Bouleversé par cette confession, Jorge Mario Bergoglio renonce à sortir avec ses amis, et comprend qu’il veut devenir prêtre. " (2)

Il est certain que le jeune Jorge Bergoglio a fait une expérience extraordinaire de la Miséricorde de Dieu le 21 septembre 1953.  

En 2015, le pape François a fait vivre à la terre entière un Jubilé extraordinaire : le JUBILÉ DE LA MISÉRICORDE. Dans la bulle d'indiction de ce Jubilé, le pape  a écrit ceci : 

"L’initiative appelée « 24 heures pour le Seigneur » du vendredi et samedi qui précèdent le IVème dimanche de Carême doit monter en puissance dans les diocèses. Tant de personnes se sont de nouveau approchées du sacrement de Réconciliation, et parmi elles de nombreux jeunes, qui retrouvent ainsi le chemin pour revenir au Seigneur, pour vivre un moment de prière intense, et redécouvrir le sens de leur vie. Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la Réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde. Pour chaque pénitent, ce sera une source d’une véritable paix intérieure." (3)

Chers ami(e)s, si vous désirez "goûter et voir que le Seigneur est bon", approchez-vous régulièrement du sacrement de la réconciliation. 


(1) https://dieumajoie.blogspot.com/2024/03/notre-chapelle-miraculeuse.html

(2) https://fr.aleteia.org/2019/12/13/le-jour-ou-jorge-bergoglio-a-vecu-la-confession-de-sa-vie  

(3) https://www.vatican.va/content/francesco/fr/bulls/documents/papa-francesco_bolla_20150411_misericordiae-vultus.html


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