samedi 19 octobre 2019

" La mamé "

 « La mamé »
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Odette Jouve

Odette Jouve (décédée en 2016 à 91 ans) était une mamie de 87 ans qui s’était présentée à une émission de télévision (sur la chaîne M6 en 2009) appelée “La France a un incroyable talent”. Son talent était de réciter des poèmes. 


Comme il est beau l'accent provençal !!!  

1 sept. 2009 - Téléversé par sweet drone
odette jouve super mamie paca 2009 récite l accent finaliste la france a un incroyable talent 2010 http://www .

21 nov. 2013 - Téléversé par zayene tayssir
Elle se tenait au bout de la table et nous impressionnait par sa lenteur. On la voyait si vieille, toute ridée ...


La mamé

"Elle se tenait au bout de la table et nous impressionnait par sa lenteur. On la voyait si vieille, toute ridée, misérable, que l'amour peu à peu fit place à la rancœur. Elle gênait notre vie. Elle gênait nos projets la mamé. A quelque temps de là, prétextant des vacances, je l'emmenais là-haut, au flanc du Lubéron.
- Tu seras bien mamé. Tu verras la Durance du haut de la terrasse de la grande maison. Ces maisons-là sont faites pour les vieux ! Regarde ! Ils ont l'air bienheureux !
- Comme tu veux petite !
Je la laissais toute seule. L'air était encore chaud ; pourtant je frissonnais. Et le chant des oiseaux voletant dans le lierre disait à mes oreilles :
- "Qu'as-tu fait de mamé ? "
Chaque brin d'herbe, de thym, de lavande, de romarin semblait me dire :
-"Mais qu'as-tu fait de mamé ?"
Même le chant des sources dans ma tête criait :
- "Mais qu'as-tu fait de mamé ?"
Lentement, le remords me prenait. Au fil des souvenirs, mon coeur s'est apaisé. Alors, j'ai repris le chemin qui mène à la grande maison retrouver la mamé, lui demander pardon !
J'ai pris tout simplement ses mains sans rien lui dire. Une larme brillait au milieu d'un sourire. Une mamé c'est précieux ! C'est tant de souvenirs ! Si vous en avez une, jusqu'au bout de ses jours, gardez-la près de vous. Et quand elle devra mourir, vous lui fermerez les yeux dans un geste d'amour. Si aujourd'hui, le chant des cigales me pose la question tant de fois redoutée. Je peux, le coeur joyeux en digne provençale, répondre fièrement : "Elle est là, la mamé !"  

Post scriptum en date du 10 septembre 2023 : Je remercie la personne qui a écrit le premier commentaire ci-dessous. Il est vrai que les dates mentionnées sur mon blogue ne font pas de sens; elles sont inexactes. Je viens de regarder sur la toile (le "web") et des erreurs circulent sur l'année de son décès et l'âge qu'elle avait au moment de sa mort. Il semble qu'elle soit décédée en 2011. L'important cependant est la trace que cette chère dame a laissée dans la vie de ceux et celles qui l'on connue, même si cette connaissance pour plusieurs n'a eu lieu que via les médias sociaux. 

Homélie 29ème dimanche: La primauté de la prière

 Homélie, temps ordinaire, 29ème dimanche (C)


Le 22 octobre chez nous

Le 22 octobre chez nous

Chers amis,

Il y a une vérité qui parfois nous saute aux yeux mais qui, malheureusement, nous échappe trop souvent et nous passe sous les yeux sans qu’on s’en aperçoive. Cette vérité est que « Dieu nous devance toujours par son AMOUR BIENVEILLANT ». Nous formons des projets, nous essayons de plaire à Dieu par notre créativité et notre recherche de nouveaux moyens pour évangéliser, pour porter la BONNE NOUVELLE qu’est Jésus Christ pour notre monde, mais nous oublions trop facilement que c'est Dieu qui est à la source de tout cela. Quand nous nous efforçons de trouver de nouvelles façons de proposer Jésus Christ aux gens de notre époque, il est certain que c’est Dieu qui, par son Esprit, nous presse d’agir ainsi : « Caritas Christi urget nos »; « la charité du Christ nous presse » dit le grand saint Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (2 Co 5, 14). 

Le pape François a composé une prière pour le "mois missionnaire extraordinaire" que nous vivons en ce moment. Un de mes paroissiens prie cette prière chaque jour depuis des mois et il m'a dit que les mots qui le frappent le plus sont les suivants: nous demandons à Dieu que son Esprit nous aide à "trouver des expressions nouvelles et efficaces qui apportent au monde la vie et la lumière". 
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Ce paroissien, dont le prénom est Yvon, a vraiment mis le doigt sur la partie la plus originale de cette prière. Nous demandons à Dieu de nous aider à être créatifs. Ici à Montréal, nous évangélisons de la même façon depuis 50 ans. Et nous semblons ne pas nous rendre compte que nos méthodes sont inefficaces. Aucune entreprise humaine fermerait les yeux sur un tel constat, sur une telle non productivité. "Les fils des ténèbres sont plus astucieux que les fils de la lumière" nous dit Jésus en Luc 16, 8). 

Dans notre paroisse, nous avons le mérite, je pense, de chercher de nouvelles façons d'évangéliser. Nous ne sommes pas la seule paroisse à Montréal à agir ainsi, heureusement. Nous avons mis en place depuis des années les formes d'évangélisation suivantes: l'Aventure de l'Évangile, les Cellules Paroissiales d'Évangélisation (CPÉ), l'Adoration Eucharistique en continu de jour, l'École d'Évangélisation Saint André (ÉÉSA). Et nous nous apprêtons le 22 octobre prochain, à commencer une nouvelle forme d'évangélisation (nouvelle, oui et non, car elle existe depuis trente-cinq ans environ) appelée "Parcours Alpha".  Mes confrères et moi avons déjà donné le Parcours Alpha dans le passé, mais ce parcours n'a pas produit chez nous les fruits désirés parce que nous n'avons pas été fidèles à un moment très important du parcours: la fin de semaine de l'Esprit Saint. Un bon ami, le Père Jean Hubert Thieffry m'a dit un jour: "Vous avez mis la table sans servir le plat principal". Nous ne ferons plus cette grave erreur dorénavant. Pourquoi avons-nous omis de vivre la fin de semaine de l'Esprit Saint ? C'est en raison d'une errreur très courante de nos jours et cette erreur est la suivante: sous prétexte que l'on dit continuellement que les gens d'aujourd'hui sont super occupés et n'ont plus de temps, nous coupons dans l'évangélisation. Or s'il est vrai que certains de nos concitoyens n'ont pas de temps pour eux, il est tout aussi vrai de dire que nombreuses sont les personnes  qui ont du temps pour faire ce qui leur plaît et ce qu'ils jugent important pour elles-mêmes et leurs enfants. Tout est une question de priorité. Nous, comme Église, nous devrions donner au monde le témoignage de personnes qui jugent que DIEU EST IMPORTANT. Si nous offrons toujours le minimum de temps aux gens pour leur formation chrétienne, ils en déduiront qu'être chrétien, ce n'est pas si important que cela. Les premiers chrétiens "ÉTAIENT ASSIDUS À L'ENSEIGNEMENT DES APPÔTRES, À LA COMMUNION FRATERNELLE, À L'EUCHARISTIE ("à la "fraction du pain") ET AUX PRIÈRES" (Actes 2, 42). Qui dit "assiduité" dit "temps". Pour devenir chrétien, il faut y mettre du temps. Et la première assiduité que saint Paul mentionne, c'est l'assiduité à l'ENSEIGNEMENT. 

Et maintenant venons-en au sujet principal de ce blogue: au fait que Dieu nous devance. Nous avons choisi depuis plusieurs semaines la date du 22 octobre pour le début du Parcours Alpha. Or je me suis aperçu hier que le 22 octobre est la fête liturgique de saint Jean-Paul II. Je trouve cela EXTRAORDINAIRE. Le pape Jean Paul II a ordonné prêtre mon confrère Gérald Lajeunesse, omv, (qui est le nouveau curé de la paroisse) le 31 mai 1984 et ce même pape et géant du christianisme m'a ordonné prêtre moi aussi le 12 juin 1983. Le pape Jean-Paul II a évidemment les yeux sur notre paroisse. Il ne peut que veiller d'une façon spéciale sur les prêtres qu'il a ordonnés durant son séjour sur terre. Ce même pape est celui qui a mis l'Église entière sur le chemin de la NOUVELLE ÉVANGÉLISATION. Il nous a spécifiquement demandé de trouver de nouvelles façons d'évangéliser. Il veut une évangélisation NOUVELLE EN SES MÉTHODES. 

Après cela, comment douter du fait que DIEU NOUS DEVANCE ???

De plus, nous avons reçu tout dernièrement en notre paroisse une relique extraordinaire de saint Jean-Paul II, que nous avons vénérée avec ferveur. Voir les blogues ci-dessous. Pour atteindre les blogues directement, cliquez sur les mots écrits en bleu: 

Pour la relique de Jean-Paul II: cliquez sur: Reliques de saint Jean-Paul II et de saint Padre P...

Pour le Parcours Alpha, cliquez sur: Proposer Jésus Christ à tous les âges de la vie

 


jeudi 17 octobre 2019

Le regard plein d'amour de Jésus

Le regard plein d’amour de Jésus




















Note: Je ne connais pas le nom de l'artiste génial(e) qui a fait ce dessin. Si vous le connaissez, je vous prierais de communiquer avec moi pour que je puisse écrire son nom sous la photo. Vous pouvez me rejoindre au numéro de téléphone suivant: 514 645-9822, poste 229. 


Aujourd’hui je célèbre mon anniversaire de naissance. J’ai soixante-huit ans. Voici, ci-dessus un des cadeaux que j’ai reçu ce matin.

C’est ma bonne amie Sœur Isabelle, religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, qui m’a fait ce cadeau.

Voici les mots qui accompagnaient le cadeau :

Bonjour.   

J'ai choisi volontairement cette image pour votre fête.  Elle m'a tant impressionnée que je crois qu'elle vous dira aussi combien le regard plein de tendresse du Père se porte sur tout le monde, les plus proches comme les plus égarés. 
Toute cette journée chargée de vent et de pluie pourtant sera belle.  Je prie pour vous spécialement.  

Mon amie parle du regard plein de tendresse du Père. Cela m’a un peu étonné car l’image représente le visage de Jésus. Mais il est vrai que Jésus a dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » (Jn 14, 9)  

Cette image me touche beaucoup car ce sont les yeux de Jésus posés sur moi qui sont la cause de ma plus grande joie. Même quand je suis infidèle à Jésus, Il me regarde avec amour. C’est ce dont j’ai voulu témoigner dans mon testament spirituel intitulé « Les Yeux de l’Amour » (1).

Je trouve extraordinaire que l’artiste qui a peint ce dessin ait pu montrer tant de bonté et de douceur dans le regard de Jésus, surtout en voyant la technique que cette personne a employée: de nombreuses figurines représentant l’humanité : certaines personnes se dirigeant vers Jésus et d'autres lui tournant le dos. Oui, Jésus aime tous ces gens-là ; même ceux et celles qui ne l'aiment pas. 

Ce cadeau m'est donc cher parce qu'il me rappelle en mon anniversaire de naissance, la Vérité la plus importante dans ma vie: Jésus m'aime de toute éternité comme Verbe de Dieu; Il m'aime en ce moment et Il m'aimera toujours. 

Voici, en reprise, mon testament spirituel: 


8 nov. 2012 - Téléversé par Guy Simard
Ce que vous allez voir, est la chose la plus importante que je laisserai en ce monde. De tout ce que j'aurai fait ...


  

lundi 14 octobre 2019

Beauté d'automne

Beauté d'automne 
























La photo ci-dessus a été prise hier, le 14 octobre, jour de l'Action de grâce au Canada. J'ai photographié la nature devant notre demeure, à mon moment préféré de la journée. Il était environ 17h45. Le soleil se couchait dernière moi et éclairait les arbres de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent. Le soleil se plaisait à revêtir les arbres de sa propre couleur: la couleur or. 

Merci Seigneur pour la nature qui change d'aspect selon l'heure du jour et qui nous réjouit par tous ses feux. 

Rosa Maria, un amie qui habite l'Argentine, en voyant la photo ci-dessus, a fait le montage ci-dessous et a écrit (en italien) : "Ah quelle beauté ! Vous aussi, comme le Petit Prince, vous aimez regarder les couchers de soleil." Cette référence au Petit Prince de Saint-Exupéry m'a réjoui car j'aime tellement ce Petit Prince qui est pour moi la personnification par excellence de l'esprit d'enfance. J'ai justement parlé du Petit Prince aujourd'hui à quelqu'un qui ne connaît pas ce chef-d'oeuvre littéraire. Je ne suis pas surpris que Rosa Maria aime aussi le Petit Prince car celui-ci aimait surtout " la sua rosa " (sa rose).  





















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La Parole de Dieu de la messe d'aujourd'hui (mardi de la vingt-huitième semaine du temps ordinaire) (1) nous dit par la bouche de saint Paul et par l'auteur du psaume 18, que l'être humain n'a aucune excuse de ne pas croire en Dieu devant tant de beautés mises devant nos yeux : 

PREMIÈRE LECTURE 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains
Frères,
En effet, ce que l’on peut connaître de Dieu
est clair pour eux,
car Dieu le leur a montré clairement.
    Depuis la création du monde,
on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu,
ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité.
Ils n’ont donc pas d’excuse,
    puisque, malgré leur connaissance de Dieu,
ils ne lui ont pas rendu la gloire et l’action de grâce
que l’on doit à Dieu.
Ils se sont laissé aller à des raisonnements sans valeur,
et les ténèbres ont rempli leurs cœurs privés d’intelligence.
    Ces soi-disant sages sont devenus fous ;   (Romains 1, 19-22)

PSAUME

(Ps 18a (19), 2-3, 4-5ab)
R/ Les cieux proclament la gloire de Dieu. (Ps 18a, 2a)
Les cieux proclament la gloire de Dieu,
le firmament raconte l’ouvrage de ses mains.
Le jour au jour en livre le récit
et la nuit à la nuit en donne connaissance.
Pas de paroles dans ce récit,
pas de voix qui s’entende ;
mais sur toute la terre en paraît le message
et la nouvelle, aux limites du monde.
Image associée

La voie lactée au-dessus du parc national de Nambung 

en Australie occidentale.  Crédit : ateliers badlands


(1) https://www.aelf.org/2019-10-15/romain/messe


samedi 12 octobre 2019

" Jésus rendit grâce " (Lc 22, 19)

« Jésus rendit grâce » (Lc 22, 19)
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Nous vivons la fin de semaine de l’action de grâce. Et, étonnamment, une fois de plus, le temps de l’Église et le temps de la société civile semblent aller de pair. L’évangile du vingt-huitième dimanche du temps ordinaire qui est proclamé aujourd’hui dans le monde entier est l’évangile des dix lépreux guéris par Jésus dont un seul revient pour REMERCIER son divin bienfaiteur. Un sur dix; comme c’est triste !

Je rencontre rarement des jeunes dans la vingtaine. Je rencontre des jeunes de cette catégorie d’âge quand ils demandent le baptême pour leur enfant ou quand ils demandent le sacrement de la confirmation dans le but de devenir parrains ou marraines. Quand je rencontre ces jeunes, je leur pose souvent la question suivante : « Est-ce qu’il vous arrive de prier ? » Et il n’est pas rare qu’un jeune ou une jeune me réponde : « Je remercie souvent Dieu avant de me coucher pour tout ce qu’il me donne dans la vie : ma conjointe (ou mon conjoint), notre enfant, etc. » Je suis toujours émerveillé d’entendre cela. Car ce qu’il y a de plus beau dans la vie, c’est le REMERCIEMENT. Ce n’est pas pour rien que l’acte de culte le plus grand qu’on puisse rendre à Dieu sur cette terre, c’est l’EUCHARISTIE, mot qui signifie REMERCIEMENT ou ACTION DE GRÂCE.

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut » (Ps 115, 12-13).

Pourquoi avoir choisi le mot « eucharistie » pour décrire le sacrifice de la messe. Certains répondront : « Parce que à la messe, la prière eucharistique commence par les mots : « Vraiment, Père très saint, il est juste et bon de te rendre grâce toujours et en tout lieu … » (Prière eucharistique no.2). Je préfère pour ma part dire que le sacrifice de la messe est appelé eucharistie en raison du moment le plus solennel de la messe, le moment de la consécration : la consécration du pain qui devient le Corps du Christ et la consécration du vin qui devient le Sang du Christ. Pendant ce moment, le prêtre prononce les paroles que Jésus a dites la veille de sa mort alors qu’il était à table avec ses apôtres :

Lc 22, 19 :

« Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »

Mt 26, 27-28 :

« Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. »
Depuis quelques mois, je suis ébloui et extrêmement touché de constater que le premier mouvement de l’âme de Jésus envers son Père au moment d’offrir son corps et son sang en sacrifice et en nourriture, est de REMERCIER SON PÈRE POUR CE MOMENT, ce moment qu’il avait tant attendu durant toute sa vie, et spécialement durant sa vie publique.
Comme c’est extraordinaire! Alors que Jésus s’apprête à souffrir atrocement, à mourir et à ressusciter, le premier sentiment qui l’habite est un sentiment de gratitude envers son Père. Il remercie son Père d’avoir voulu qu’il souffre, qu'il meurt et qu'il ressuscite pour le salut du monde.
Pour moi, voilà l'action de grâce, le remerciement, à son plus haut degré. Remercier Dieu pour les joies de la vie qu’Il nous donne, c’est très beau; mais remercier Dieu du fond du cœur pour tout ce que nous avons à souffrir ou que nous aurons à souffrir pour le salut du monde, c’est EXTRAORDINAIRE ET DIVIN.
Saint Paul, dans la deuxième lecture de la messe d’aujourd’hui, nous montre qu’il a très bien compris cela. Il affirme :
« Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David : voilà mon évangile. C’est pour lui que j’endure la souffrance, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu ! C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle. »  (2 Tm 2, 8-10)
Je ne me souviens presque jamais des rêves que je fais. Mais je me souviens du rêve que j'ai fait hier. Ce matin, j'ai même dit à un de mes confrères que je suis étonné de me souvenir du rêve de la nuit dernière. J'ai rêvé au pape Jean-Paul II. Il était avancé en âge et malade, comme on l'a vu durant les dernières années de sa vie. Il était ici dans notre église, dans la sacristie. Je n'étais pas prêtre dans mon rêve. Je suis allé dans la sacristie pour le voir. Et le seul fait d'être aux côtés de cet homme, remplissait mon coeur de joie. 
C'est étrange que j'aie rêvé la nuit dernière à celui qui m'a ordonné prêtre. Mais il y a peut-être une raison à cela. Car en préparant mon homélie d'aujourd'hui, et en pensant aux idées que j'ai exposées ci-dessus, je me suis mis à chercher un texte de Jean-Paul II qui va dans la ligne de ce que je viens d'écrire. Je n'ai pas trouvé le texte que je cherchais, mais j'ai trouvé ce texte-ci: 
Extrait de l’ANGELUS du dimanche 29 mai 1994

NDLR : Le pape, alors qu’il prononçait cet ANGELUS, sortait à peine d’un séjour de quatre semaines à l’hôpital Gemelli.

Je voudrais que, à travers Marie, soit exprimée aujourd’hui ma gratitude pour ce don de la souffrance nouvellement lié au mois marial qu’est le mois de mai. Je veux remercier pour ce don. J’ai compris que c’est un don nécessaire. Le pape devait se trouver à la Policlinique Gemelli, il devait être absent de cette fenêtre (NDLR : la fenêtre d’où il prononce à chaque dimanche l’Angelus) durant quatre semaines, quatre dimanches. Il devait souffrir. Comme il a dû souffrir il a treize ans (NDLR : en 1981 on a attenté à la vie du pape sur la place Saint-Pierre), ainsi devait-il souffrir cette année.

J’ai médité sur cela et j’ai pensé de nouveau à tout cela durant ma convalescence à l’hôpital. Et j’ai pensé à la grande figure du Cardinal Wyszynski, le Primat de la Pologne qui m’a dit au début de mon pontificat : « Si le Seigneur t’a appelé, tu dois introduire l’Église dans le troisième millénaire. » Et j’ai compris que je dois introduire l’Église du Christ dans ce troisième millénaire par la prière, par diverses initiatives; mais j’ai vu que cela ne suffisait pas : il fallait l’introduire par la souffrance, par l’attentat d’il y a treize ans et par ce nouveau sacrifice.

Pourquoi maintenant, pourquoi cette année, pourquoi durant cette Année de la Famille ? Justement parce que la famille est menacée et agressée. Alors le pape doit être agressé, le pape doit souffrir, pour que chaque famille et le monde entier voient qu’il y a un Évangile, que je dirais « supérieur » : l’Évangile de la souffrance, grâce auquel on doit préparer le futur, le troisième millénaire des familles, de chaque famille et de toutes les familles.  

Je voulais ajouter ces réflexions lors de ma première rencontre avec vous, très chers Romains et pèlerins, au terme de ce mois marial, parce que ce don de la souffrance, je le dois à la Très Sainte Vierge et je la remercie. Je comprends qu’il était important d’avoir cet argument devant les puissants de ce monde. De nouveau je dois rencontrer ces puissants du monde et je dois leur parler. Avec quels arguments? Il ne me reste que l’argument de la souffrance. Et je voudrais leur dire: "Comprenez-le bien, comprenez pourquoi le pape est allé de nouveau à l’hôpital et a connu de nouveau la souffrance, comprenez-le, pensez-y à nouveau !"


Très chers, je vous remercie pour votre attention, je vous remercie pour votre communauté de prière, grâce à laquelle nous pouvons de nouveau réciter l’Angelus Domini. »

Après avoir entendu de telles paroles de saint Jean-Paul II, vous pouvez imaginer ma tristesse en cette période préélectorale où les six candidats au poste de premier ministre du Canada ont affirmé hier soir lors du débat télévisé, qu'ils étaient tous en faveur de l'euthanasie. Oui l'Église devra souffrir jusqu'à la fin du monde pour que l'Évangile qu'est Jésus, l'Évangile de la Vie, puisse pénétrer les coeurs.