mercredi 13 novembre 2013

Athéisme et foi

Athéisme et foi

Il devient de plus en plus clair dans mon esprit, que deux visions s'affrontent au Québec, dans les choix de société. Alors que dans les années 1950, la grande majorité des Québécois étaient croyants catholiques, la grande majorité des Québécois en 2013, ne le sont plus. Nombreux sont peut-être les catholiques de nom au Québec, ou les catholiques baptisés, mais de moins en moins nombreux sont les catholiques qui croient que Jésus est Dieu et qui, pour cette raison, sont très fiers d’être chrétiens catholiques. Par contre, de plus en plus de gens se disent athées et sont très fiers de l’être. C’est le cas de plusieurs personnalités connues. Il semble même, à entendre certaines d’entre elles, que ce soit une gloire que d’être athée en ce 21ème siècle. Voilà tout un changement dans la société. Et nous ne pouvons qu’entrevoir les contrecoups d’une telle situation.

Comme je le laissais entendre dans le précédent paragraphe, ce qui caractérise un ou une catholique, ce n’est pas d’abord et avant tout d’adhérer à un système de valeurs, mais bien plutôt d’adhérer à une Personne.  Le fondement de la foi catholique, c’est la croyance en Jésus Fils de Dieu et Dieu lui-même. On pourrait aussi dire que le fondement de la foi catholique, c’est de croire au Dieu que nous a révélé Jésus le Christ : à savoir que le seul et vrai Dieu est en trois Personnes : le Père (Dieu le Père), le Fils (Dieu le Fils, qui, depuis deux mille ans, se nomme : Jésus) et l’Esprit Saint (Dieu le Saint Esprit). Quand je prépare les jeunes parents au baptême de leurs enfants, je suis toujours surpris de constater que la grande majorité d’entre eux ne savent pas que Jésus est Dieu. Et ils sont très étonnés d’apprendre que, pour ma part, je crois que Jésus est Dieu. Ici, en paroisse, on demande aux jeunes parents de venir présenter leurs bébés à la communauté chrétienne, un dimanche. Je leur dis que lorsqu’ils viendront à la messe, qu’ils ne se gênent pas pour demander aux paroissiens s’ils croient que Jésus est Dieu. Et je leur dis de prêter attention aux prières que le prêtre fait durant la messe. Le prêtre s’adresse  à Dieu le Père « par Jésus Christ son Fils, Notre Seigneur et notre Dieu, dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».

Être catholique, n’est pas une sinécure. Ce n’est pas une piqûre de morphine qui nous permet de nous évader de ce monde, de rêver à un monde meilleur. Je vous encourage fortement à lire le texte de Didier Decoin que j’ai déjà mis sur mon blogue et dont je vous donnerai la référence au bas du présent message. M. Decoin était athée. Il a été surpris par la grâce et est devenu chrétien catholique. Il avoue bien honnêtement et bien franchement qu’il est beaucoup plus facile de vivre et de se conduire en athée, que de vivre et de se conduire en chrétien. Je n’ai aucune difficulté à croire cela. L’évangile est divin; l’évangile invite sans cesse l’être humain à se dépasser, à vaincre son égoïsme.

Être catholique ne résout pas tous les problèmes et toutes les interrogations. Quand j’ai vu ces jours-ci les terribles images de la dévastation causée par le typhon Haiyan aux Philippines, je n’ai pu m’empêcher de me demander comment un Dieu Père peut permettre de telles tragédies humaines. En regardant le téléjournal, je m’imaginais plusieurs de mes concitoyens athées qui, regardant les mêmes images, devaient se dire : « Et dire que certaines personnes croient quand même à un Dieu, à un Dieu bon, infiniment bon. » Voilà en effet, qui est tout un mystère. Mais nous devons aussi avoir l’honnêteté de nous dire que de telles tragédies qui, aux dires de nombreux scientifiques, deviendront de plus en plus fréquentes, sont souvent en grande partie dues à l’homme. Vous avez peut-être vu à la télé ces jours-ci, monsieur Naderev "Yeb" Sano, le délégué des Philippines pour les conférences de l’ONU sur le climat, en pleurs, accuser l’égoïsme humain pour une telle tragédie. Aux membres du sommet qui a lieu en ce moment à Varsovie sur le climat, monsieur Sano a dit ceci:

« À quiconque continue de nier la réalité des changements climatiques, j’ose vous demander de sortir de votre tour d’ivoire et de vous éloigner de votre confortable fauteuil. Je vous somme d’aller aux îles du Pacifique, aux îles des Caraïbes et aux îles de l’Océan Indien, et de voir les impacts de l’augmentation des niveaux d’eau;   …   Et si cela ne suffit pas, vous pouvez rendre visite aux Philippines en ce moment. »

Ce cher monsieur a même entrepris une grève de la faim " jusqu’à ce qu'une évolution significative se dessine " dans le but de mieux lutter contre le réchauffement de la planète. Cet homme a raison, c’est certainement le réchauffement de la planète qui cause en ce moment, et causera dans le futur de nombreuses catastrophes dites « naturelles ». Les gouvernements des pays du premier monde sont bien prêts à donner des millions et même des milliards de dollars, pour reconstruire des pays dévastés par des cataclysmes, mais ils ne veulent pas mette de milliards pour combattre la cause de ces dévastations : le réchauffement climatique. De même pour la faim dans le monde. Il est prouvé scientifiquement, que si l’être humain n’était pas aussi égoïste, belliqueux et avide d’argent, il n’y aurait personne qui mourrait de faim de nos jours. Ceci étant dit, je ne nie pas que des cataclysmes vraiment naturels se soient produits dans le passé et même, aussi, probablement maintenant, mais une grande part des maux qui affligent l’être humain, sont dus à l’homme, et non pas à Dieu. Dieu a le dos large, mais il ne faut pas quand même pas exagérer et tout lui mettre sur le dos.

J’ai interrompu l’écriture de ce texte, pour aller célébrer l’eucharistie avec mes paroissiens. J’ai été émerveillé de constater que la première lecture de la messe d’aujourd’hui est tirée du livre de la Sagesse et consiste en une mise en garde envers les puissants et les grands de ce monde. En voici un extrait :

« Écoutez donc, ô rois, et comprenez ; instruisez-vous, souverains de toute la terre.
Soyez attentifs, vous qui commandez aux foules, qui vous vantez de la multitude de vos peuples. Car la domination vous a été donnée de la part du Seigneur, et le pouvoir de la part du Très-Haut, lui qui examinera votre conduite et scrutera vos intentions.
En effet, vous étiez les serviteurs de sa royauté, et vous n'avez pas rendu la justice avec droiture, ni observé la loi, ni vécu selon les intentions de Dieu. Terrifiant et rapide il fondra sur vous, car un jugement implacable s'exerce sur les grands; le petit obtient le pardon et la miséricorde, mais les puissants seront jugés avec puissance.
Le Souverain de l'univers ne reculera devant personne, il ne se laissera influencer par aucune grandeur ; car les petits comme les grands, c'est lui qui les a faits, et il prend soin de tous pareillement. Les puissants seront soumis à une enquête rigoureuse. » (Sg 6, 1-11)

Pour ma part, en tant que croyant, devant le mystère de la vie et de la mort, j’aime à faire des actes de foi. Mes sentiments à cet égard, sont très bien rendus par le chant de Robert Lebel, que voici :

Pendant ce temps  (tiré de l’album : À Toi Mes Hymnes)

Pendant que dansent dans le ciel
Les étoiles, la lune et le soleil,
Que nos jours s'en vont comme la paille au vent,
Qu'un vieillard fait place... à ses petits enfants.


Pendant que grondent des volcans,
Des tornades, de violents ouragans,
Que la terre tremble et glisse sous nos pieds,
Qu'un torrent dévale emportant le passé...

Pendant ce temps, Toi tu es Dieu.
Pendant ce temps, Toi tu es là.
Et tout ce temps, Tu es l'Amour.
Et tout ce temps, je crois!

Pendant que s'endort l'occident,
Que des peuples se lèvent à l'orient,
Qu'un petit va naître... et qu'un autre se meurt,
Qu'une mère pleure... quand l'autre a du bonheur.


Pendant que passent les saisons,
Que la neige étale sa toison,
Qu'aux moissons succède le temps des labours,
Qu'un printemps s'éveille éveillant nos amours...

Pendant que je m'en fais pour rien,
Que mon âme s'inquiète pour demain,
Qu'à ma porte, ton amour attend dehors
Et qu'il frappe chaque jour un peu plus fort.


Plus grand que toutes mes questions
Et plus vaste que tous mes horizons,
Que mes plans, mes rêves et mes plus beaux projets,
Ô mon Dieu, Tu es, Tu seras, Tu étais!

Pendant que l'Humain est Humain,
Que la terre se maintient dans ta main,
Que se mêlent à nos prières et nos chansons
Ceux qui luttent à leur manière pour ton nom.

Pendant ce temps, Toi tu es Dieu.
Pendant ce temps, Toi tu es là.
Et tout ce temps, Tu es l'Amour
Et tout ce temps, je crois!


Pour lire des écrits qui ont rapport à ce thème, et qui ont déjà parus sur mon blogue, veuillez cliquer sur les liens suivants :

Dieu ma joie: Didier Decoin: à contre-courant


 


 








  

lundi 11 novembre 2013

Mattie Stepanek: artisan de paix

Mattie Stepanek : artisan de paix
Mattie J.T. Stepanek

En ce jour du 11 novembre 2013, où nous commémorons l’armistice, je désire faire connaître un jeune garçon décédé à l’âge de 14 ans, en 2004. Avant-hier, je n’avais jamais entendu parler de ce jeune homme (je suis conscient que j’ai, en une seconde, fait vieillir le jeune garçon, mais il a une telle maturité pour son âge, que je le considère comme un adulte) dont le nom est Mattie Stepanek (Matthew est son véritable prénom). C’est grâce à la chaîne télévisée EWTN que j’ai fait  la connaissance du jeune Mattie, hier soir. La mère de Mattie parlait de son fils et j’ai vu une vidéo très impressionnante où Mattie donnait les trois conditions pour devenir, selon lui, un artisan de paix (a peacemaker) et pour construire un monde où règne la paix. Si vous allez sur Wikipedia et que vous écrivez le nom de Mattie, vous lirez des lignes qui sont très surprenantes. En lisant ces lignes, je me disais : « Comment se fait-il que je n’aie jamais entendu parler de ce jeune prodige? » Voici les premières lignes du texte que l’on retrouve dans Wikipedia. Malheureusement, je n’ai pas trouvé le texte en français. J’en donnerai une traduction, mais il vaut toujours mieux lire l’original.

Matthew Joseph Thaddeus Stepanek (July 17, 1990 – June 22, 2004), known as Mattie Stepanek, was an American poet, who published five books of poetry and one book of essays. His volume Hartsongs (ici, il y a une erreur car le vrai titre est Heartsongs; je me suis permis de faire la correction) reached The New York Times bestsellers list.[1] He became a peace advocate and motivational speaker, and lobbied on Capitol Hill on behalf of peace[neutrality is disputed], people with disabilities, and children with life-threatening conditions. He has also won numerous awards.
Stepanek suffered from a rare form of muscular dystrophy, dysautonomic mitochondrial myopathy, that resulted in his death a month before his 14th birthday. His sister and two brothers also died from the disease during early childhood, and his mother has the adult form, diagnosed only after all four of her children were born.

Matthieu Joseph Thaddée Stepanek (17 juillet, 1990 -  22 juin, 2004), connu sous le nom de Mattie Stepanek, était un poète américain, qui a publié cinq livres de poésie et un livre d’essais. Son livre Heartsongs, est parvenu à atteindre la liste des bestsellers du New York Times. Il est devenu un avocat pour la paix et un conférencier motivateur. Il a milité sur la colline du Capitole, en faveur de la paix et pour les gens qui ont des handicaps, dont les enfants qui vivent des conditions qui menacent leur vie. Il a aussi gagné de nombreux prix.
Stepanek souffrait d’une rare forme de dystrophie musculaire (dont vous pouvez trouver le nom ci-dessus), qui l’a conduit à la mort un mois avant d’atteindre ses 14 ans. Sa sœur et deux de ses frères sont aussi décédés de la même maladie en bas âge, et sa mère souffre, à l’âge adulte, de la même maladie qui a été diagnostiquée uniquement après que ses enfants soient nés.

Je suis tout à fait conscient que ma traduction n’est pas parfaite ; et je m’en excuse.

Hier, à la télévision, je voyais Jeni, la mère de Mattie, affectée désormais par la terrible maladie. Elle est dans une chaise spéciale et a un tube à quelques centimètres de sa bouche. À toutes les deux phrases, elle doit aller puiser de l’air dans ce tube. Dans la vidéo que vous pourrez regarder dans un instant, M. Aroyo, qui conduit l’interview, demande à madame Stepanek : « Chère madame, vous avez dit en quelque part, que vous avez un jour atteint ce qu’on appelle « le fond du baril » (c’est moi qui paraphrase) ; que vous êtes allée aussi bas qu’il est possible d’aller dans notre condition humaine. Qu’est-ce qui vous a permis de sortir de là ? » Et madame Stepanek, d’avouer bien candidement, que son fils Mattie l’a grandement aidé, en lui disant ceci : « Maman, ne respire pas seulement pour vivre, comme automatiquement ; choisis de respirer ». Dans un autre interview, madame Stepanek dit que cela lui a pris des mois avant de comprendre le message que son fils lui a donné alors qu’il était sur son lit de mort. Mais un jour, elle a compris et elle a trouvé plusieurs raisons de vivre.

En écoutant le jeune Mattie hier, dans une vidéo où il donne les trois conditions pour atteindre la paix, ce qui m'a le plus impressionné, c’est ceci : ce jeune n’arrête pas de nous dire de façon très convaincante, que nous avons toujours le choix de nos actes. Il faut choisir, il faut décider. Il n’arrête pas de dire que tout dépend de nos décisions. Comme il fait bon entendre ce message, alors que tout le monde semble vouloir décider à notre place, ou mettre en doute la liberté humaine.

Le jeune Mattie parle souvent des chansons qu’il entend dans son cœur. Le titre de son livre, Heartsongs, signifie d’ailleurs cela. Dans une des vidéos mises sur internet, celle du 22 octobre 2010, nous entendons Mattie nous dire que quand il s’arrête, qu’il fait silence, il entend clairement une voix qui chante dans son cœur et qui lui dit : " Je t'aime, je t'aime. "

Mattie n’était pas supposé vivre après 2001. Il avait écrit pratiquement tous ses poèmes avant la fin de l’année 2001. En 2003, Mattie est devenu très malade et il perdait beaucoup de sang. Tout le monde pensait que c’était la fin. Un jour, un homme a donné à Jeni (la mère de Mattie) pour Mattie, une relique du Frère André Bessette. Mattie a « appliqué » la relique sur lui et il a prié. Après sa prière, il a dit qu’il était prêt à poursuivre la mission qui lui était confiée aussi longtemps que Dieu le voudrait. L’hémorragie de sang s’est arrêtée, sans que les médecins ne comprennent pourquoi. Dans les mois qui suivirent, le jeune Mattie est passé à la télévision, à l’émission d’Oprah Winfrey, ce qui lui a permis d'être connu par un large public. Il s’est ensuite lié d’amitié avec Jimmy Carter (l’ancien président des Etats-Unis) et a été interviewé plusieurs fois à la télévision. Tout cela, dans les deux dernières années de sa vie. On peut donc dire que c’est grâce à l’intercession du saint Frère André, que le message de Mattie est maintenant connu dans le monde entier.

Voici quelques uns de ses poèmes: 

Heartsong
By Mattie J. Stepanek (1990-2004)
I have a song, deep in my heart,
and only I can hear it.
If I close my eyes and sit very still
it is so easy to listen to my song
When my eyes are open
and I am so busy and moving and
busy, if I take time and listen very hard, I can still hear my heartsong.
It makes me feel happy.
Happier than ever.
Happier than everywhere,
and everything and everyone in the whole wide world.
Happy like thinking about
Going to Heaven when I die.
My heartsong sounds like this-
I love you! I love you!
How happy can you be!
How happy can you make this whole world be!
And sometimes it’s other
Tunes and words, too.
But it always sings the same special song.
But do you know what?
All people have a special song inside their hearts!
Everyone in the whole wide world has a special heartsong.
If you believe in magical, musical hearts.
And if you believe you can be happy
Then you, too, will hear your song. 

Pour entendre Mattie réciter lui-même ce poème, veuillez cliquer sur le lien suivant, et vous rendre à la 37ème minute, 26ème seconde: 
  1. World Over - Suffering - Raymond Arroyo with Jeni Stepanek, Ph.D ...

    www.youtube.com/watch?v=zK2mQJKwhFU
    22 oct. 2010 - Ajouté par EWTN
    EWTN Global Catholic Television Network: World Over - Raymond Arroyo - Jeni Stepanek, Ph.D. and ...   

The Language of God

 Do you know what
Language God speaks?
God speaks Every-Language.
That's because God made
Everyone and Gave
Everyone different Languages.
And God understands all of them.
And do you know what is God's
Favorite Language?
God's favorite language is
Not grown-ups's language,
But the Language of Children.
That's because children
Are special to God.
Children know how to share,
And they never lose
Their Heart-Songs.

Et voici maintenant, ce qui est considéré comme étant le poème le plus fameux, ou le plus connu, qu'ait écrit le jeune Mattie. Il a écrit ce poème le jour du terrible attentat aux tours du World Trade Center , le 11 septembre 2001,  " pour notre monde ". 

For Our World

We need to stop.
Just stop.
Stop for a moment.
Before anybody
Says or does anything
That may hurt anyone else.


We need to be silent.
Just silent.
Silent for a moment.
Before we forever lose
The blessing of songs
That grow in our hearts.


We need to notice.
Just notice.
Notice for a moment.
Before the future slips away
Into ashes and dust of humility.
Stop, be silent, and notice.
In so many ways, we are the same.
Our differences are unique treasures.
We have, we are, a mosaic of gifts
To nurture, to offer, to accept.


We need to be.
Just be.
Be for a moment.
Kind and gentle, innocent and trusting,
Like children and lambs,
Never judging or vengeful
Like the judging and vengeful.
And now, let us pray,
Differently, yet together,
Before there is no earth, no life,
No chance for peace.

September 11, 2001
© Matthew Joseph Thaddeus Stepanek 1990 -2004
from Hope Through Heartsongs, Hyperion, 2002
Mattie Stepanek was 11 years old when he wrote this poem on the day of 9-11.

 Et si vous désirez entendre Mattie réciter lui-même le poème, veuillez cliquer ici : 
  1. For Our World by Mattie J.T. Stepanek - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=q29fkAO4uro
    16 avr. 2013 - Ajouté par Jeni Stepanek
    One of Mattie J.T. Stepanek's most popular (and needed) poems. Mattie wrote this poem on September 11, 2001 as an international passage  ...





vendredi 8 novembre 2013

La fameuse " charte "

La  fameuse « charte »

Voici le mot que je viens d'écrire à mes paroissiens et qui paraîtra dans dix jours, dans le semainier paroissial.

Chers paroissiens,

Nous vivons des événements très importants dans notre société en ce moment et les prises de position du gouvernement actuel au Québec, menacent de façon drastique ce que l’Église catholique appelle « la liberté religieuse ». Il est de plus en plus clair que certains québécois se sentent menacés par la montée de l’islam. Il est aussi clair qu’une grande partie de la communauté musulmane au Québec, se sent menacée par le projet de loi qui fait les manchettes ces jours-ci. Mais je tiens à ce que mes paroissiens sachent que Guy Simard, omv, pasteur catholique ici à la Pointe-aux-Trembles, se sent aussi menacé par ce projet de loi. Je me sens menacé dans mes valeurs profondes, dans ce en quoi je crois de tout mon cœur : ma foi en Jésus Christ, Notre Seigneur.

Il y a de cela quelques semaines, j’ai parlé fortement contre la « Charte » durant mon homélie dominicale, à l’église Saint-Enfant-Jésus. Certaines personnes sont sorties durant mon homélie et certaines autres personnes (nombreuses, d’après ce que m’a fait savoir le bureau de notre députée et ministre Mme Nicole Léger) se sont plaintes de mes propos au bureau de circonscription de notre députée à l’assemblée nationale. Il y a de mes paroissiens qui, manifestement, croient que je ne dois pas parler de ces choses à l’église. Ils ont tout à fait le droit de penser cela. Mais je veux qu’ils sachent que j’ai parfaitement le droit de parler haut et fort contre la Charte. Je suis prêtre catholique et, en plus, curé de paroisse. J’ai la charge d’âmes et je me dois de transmettre à mes paroissiens la pensée de l’Église en particulier sur ce qu’Elle entend par la « liberté religieuse ». Un chrétien a tout à fait le droit de montrer en public de façon visible et évidente, sa foi religieuse. En faisant cela, il ne veut pas convertir les gens à sa cause, mais montrer que lui (ou elle) croit en Dieu et en tel Dieu. Cela est tout à fait normal et c’est loin d’être un crime. Vous me direz que personne ne juge que cela soit un crime. Mais un projet de loi aussi contraignant et oppressif que celui qui vient d’être déposé en chambre ces jours-ci, laisse presque sous-entendre qu’il s’agit d’un crime, que cela ne se fait pas en « société ». Vous avez peut-être remarqué le crucifix que je porte au cou de façon visible lors de mes jours de congé, pour montrer que je suis croyant. Je n’aurais pas le droit de porter un tel crucifix au travail, si je travaillais pour l’État. Le projet de loi va jusque là.

Nous sommes en droit de nous demander ce qu’il y a derrière cette volonté de légiférer de l’État. La majorité des intervenants dans le débat, ces jours-ci, disent clairement que jusqu’à maintenant, cela ne posait aucun problème que des employés de l’État affichent clairement leur croyance. Et c’est un fait. Si c’est un fait, il y a une raison pour laquelle certains membres du gouvernement tiennent tant à légiférer. Je soupçonne, pour ma part, que le gouvernement souhaite une société athée. Je pense personnellement, en me basant sur des déclarations entendues ici et là ces jours-ci par des personnalités très fortes au Québec, que c’est l’athéisme grandissant et militant (on peut militer de façon camouflée), qui pousse le gouvernement à légiférer en la matière. On veut lancer clairement le message suivant : toutes les religions sont une menace à la paix dans le monde et à la paix civile, car toutes les religions asservissent l’être humain, en particulier la femme. On veut une société sans Dieu et on légifère en ce sens. Plusieurs croiront que j’exagère. Mais c’est mon opinion; et comme curé de paroisse, je me dois de l’émettre. 

Guy Simard, omv, curé.
  


jeudi 7 novembre 2013

Heureux anniversaire

Heureux anniversaire

Demain, 8 novembre, je célébrerai un heureux anniversaire. Cela fera un an que mon testament spirituel aura été mis sur YouTube, grâce à mon bon ami et paroissien Mathieu Binette. Ce testament spirituel porte sur un sujet unique : le regard que Jésus, Notre Seigneur, posa sur l’apôtre Pierre, aussitôt après que celui-ci ait renié son Maître. Cette scène évangélique est celle qui m’émeut le plus et sur laquelle je veux fonder le reste de mes jours. Si vous et moi réussissions à comprendre ne serait-ce que d’une infime manière, tout l’amour, toute la compassion et la confiance qu’il y avait dans ce regard de Jésus, nous vivrions heureux sur terre à chaque instant et heureux infiniment pour l’éternité.

Ce qui nous rend le plus malheureux sur terre, c’est le péché. Comme le dit si bien l’auteur de la Lettre aux Hébreux : « Débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d’abord du péché, qui nous entrave si bien » (Heb 12, 1)  Le péché consiste, en quelque sorte, à perdre Dieu de vue; à perdre Jésus de vue : « Quiconque demeure en Lui, ne pèche pas. Quiconque pèche, ne l’a pas vu ni connu. » (1 Jn 3, 6)  Si nous vivions constamment sous le regard de Dieu, nous ne pécherions jamais, nous ne nous égarerions jamais. Un peu comme le même saint Pierre qui, tant qu’il regardait Jésus dans les yeux, était capable de marcher sur les eaux. Mais dès que Pierre a détourné son regard de Jésus, pour regarder aux alentours, la peur s’est emparée de lui et il s’est mis à s’enfoncer dans les eaux. Mais la main secourable de Jésus a une fois de plus sauvé l’apôtre.

Grâce à la magie de l’électronique, je puis savoir qu’en un an, mon testament spirituel a été visionné 728 fois. Je remercie le Seigneur d’avoir attiré des centaines de personnes à visionner mon testament spirituel. Comme je voudrais que tous les enfants de Dieu puissent méditer sur le regard de Jésus! Le regard que pose Jésus sur nous, voilà ce qui nous sauve, voilà ce qui nous donne de l'espérance et du dynamisme. Essayons de vivre le plus possible sous ce regard. Si vous avez déjà vu la vidéo de mon testament spirituel, ne vous gênez pas pour la regarder à nouveau. Un de mes meilleurs amis m'a dit un jour que l'on devrait regarder cette vidéo à chaque semaine. J'ai trouvé très beau que mon ami me dise une telle chose. Nous avons la fâcheuse habitude, lorsque nous avons vu une fois une chose qui nous a fait du bien, de penser qu'il faille passer à autre chose. Nous ne pensons pas à " presser le citron " pour en extraire tout le jus. Saint Ignace de Loyola nous dit que ce qui nous fait grandir dans la vie spirituelle, ce n'est pas de voir beaucoup de choses, mais de "goûter les choses intérieurement", comme le faisait si bien Marie de Nazareth, la Mère de Dieu et notre Mère (Lc 2, 51b).

Pour voir ou revoir mon testament spirituel, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous, intitulé Les Yeux de l'Amour. Dans la même ligne, je vous encourage aussi à écouter le magnifique chant de Noël Colombier, intitulé: "Le regard de Jésus", ainsi que le chant intitulé: "N'aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ", composé par Georges Lefebvre (un chant qui évoque sans la nommer l'expérience de l'apôtre Pierre et invite à ne pas avoir peur de se laisser regarder par le Christ, Dieu de tendresse et de miséricorde).
  1. Les Yeux de l'Amour - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=C4hTSQkji7o
    8 nov. 2012 - Ajouté par Guy Simard
    Ce que vous allez voir, est la chose la plus importante que je laisserai en ce monde. De tout ce que j'aurai fait ...


    1. Le regard de Jésus de Noel Colombier - YouTube

      www.youtube.com/watch?v=YYqSclWXB9s
      24 mars 2012 - Ajouté par Jacques Gagne
      Le regard de Jésus de Noel Colombier -  
    1. Chant "N'aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ" - YouTube

      www.youtube.com/watch?v=SjVCih5OyG8
      11 mai 2012 - Ajouté par chantliturgique
      Chant liturgique G 249 pour une animation de célébration liturgique.



mardi 5 novembre 2013

Le pape François: image du Père et disciple de Jésus

Le pape François : image du Père et disciple de Jésus

« Laissez les petits enfants venir à moi, ne les empêchez pas », dit Jésus (Lc 18, 16).

Le 26 octobre dernier, le pape François a célébré une messe à Saint-Pierre de Rome, en l’honneur des familles. Il s’est alors produit un évènement merveilleux. Un petit garçon d’environ six ans, s’est approché du pape, alors que ce dernier écoutait les messages que lui adressaient certains parents. Le pape a semblé accorder plus d’attention à l’enfant qui gravitait autour de lui, qu’aux messages des adultes. Selon ce que l'on sait des évangiles, je crois que Jésus aurait fait la même chose.


Le pape a même laissé l’enfant baiser sa croix pectorale, qui représente Jésus le Bon Pasteur. Les bonbons des gardes du corps du pape, n’ont pas réussi à attirer l’enfant loin de son nouvel ami vêtu de blanc. Le garçon s’est tellement senti chez lui aux côtés du pape et dans un décor aussi grandiose, qu’il s’est même permis de s’asseoir sur la chaire de Pierre. Voir la vidéo ci-dessous.  


  1. VIDEO. Un enfant enlace le pape François en pleine messe - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=j8zddGRwi60
    Le pape François célébrait une messe à la gloire de la famille, samedi 26 octobre, place Saint-Pierre au Vatican ...

samedi 2 novembre 2013

" Zachée, descends vite "

« Zachée, descends vite »

L’évangile de la messe dominicale de ce dimanche, nous présente l’épisode si attachant de Zachée, le publicain :

« Jésus traversait la ville de Jéricho.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »
Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham.
En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
(Lc 19, 1-10)

Zachée monte sur un sycomore pour voir Jésus passer, parce que le collecteur d’impôt était de petite taille. Ce fut la grâce de Zachée, d’être petit. Dans un monde où la grandeur, même physique, est non seulement appréciée, mais adulée, la Bible ne cesse de faire l’éloge de la petitesse. Thérèse de l’Enfant-Jésus, ma sainte préférée, était grande et de forte stature. Elle mesurait un mètre soixante-deux. Céline, la sœur de Thérèse, lui demanda un jour : « Si on vous avait fait choisir, qu’auriez-vous préféré : être grande ou petite? » Thérèse répondit : « J’aurais choisi d’être petite, pour être petite en tout ». Un jour, on demanda à Thérèse sous quel nom on devrait la prier quand elle serait au ciel. Elle répondit humblement: "Vous m'appellerez " petite Thérèse "."

À peine Zachée s’élève pour voir  passer Dieu, qu’il reçoit l’ordre de s’abaisser : « Descends vite », lui dit Jésus. On a tous tendance à croire que la sainteté est une « dure montée ». Pourtant, la Bible ne cesse de nous dire que la sainteté est une non moins « dure descente » :

« Le Fils de Dieu, 6 Lui qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, 7 mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points, et tout en lui montrait qu’il était bien un homme. 8 Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix. 9 C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et il lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, 10 pour qu’au nom de Jésus tout être s’agenouille dans les cieux, sur la terre et jusque sous la terre, 11 et que chacun déclare: Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens 2 : 6-11)

Un jour, Céline, la sœur de Thérèse de l’Enfant-Jésus qui vivait dans le même couvent qu’elle, lui confie son inquiétude face à la possibilité de devenir sainte un jour : “ Quand je vous vois, j’ai une certaine tristesse, car je découvre tout ce qui me reste encore à acquérir.”  Thérèse lui répond: “Oh non, ne dites pas acquérir, dites plutôt “ à perdre ”. Et elle ajoute :  Quand accepterez-vous en paix l’épreuve de ne pas vous plaire à vous-même? 

Zachée, un jour, est descendu du sycomore, mais il était loin de se douter que ce jour-là, il allait vivre une descente encore beaucoup plus vertigineuse. Quelques heures plus tard, ce même jour, au contact de Jésus, Zachée a librement accepté de descendre dans les profondeurs de son cœur, dans les eaux troubles de son âme, pour y visiter des endroits qu’il s’était efforcé toute sa vie de tenir cachés aux yeux de Dieu, aux yeux des autres et à ses propres yeux. Le « standing social » auquel il était arrivé, lui permettait en quelque sorte, d’oublier assez aisément sa condition intérieure. Or ce jour-là, il descendit de son piédestal, pour connaître la liberté des enfants de Dieu.

Vous savez, je pense, que je suis religieux. J’ai donc prononcé un jour devant Dieu et devant l’Église (peuple de Dieu),  mes vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Ces vœux, que nous appelons souvent les « conseils évangéliques », sont perçus par plusieurs personnes comme étant un abaissement, tout un abaissement. Or, une personne m’a un jour ouvert les yeux sur une vérité très méconnue. Tous les êtres humains sont, en quelque sorte,  appelés à vivre les conseils évangéliques. La différence entre plusieurs d’entre vous, et moi, c’est que, pour ma part, j’aurai vécu les conseils évangéliques sur une plus longue durée. Mais toute personne qui atteint l’âge de la vieillesse et qui approche de la mort, vivra les conseils évangéliques. Toute personne sera appelée à vivre chaste, pauvre et obéissante : « En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. » (Jn 21, 18)

Zachée, pour voir Jésus, s’est élevé « au-dessus de la mêlée ». Cela me fait penser à un autre passage du livre intitulé Conseils et souvenirs, qui rapporte certaines conversations entre Céline et Thérèse Martin, une fois devenues carmélites. Céline raconte ceci : «Toute découragée, le cœur encore gros d’un combat qui me semblait insurmontable, je vins lui dire: «Cette fois, c’est impossible, je ne puis me mettre au-dessus!». «Cela ne m’étonne pas», me répondit-elle. «Nous sommes trop petites pour nous mettre au-dessus des difficultés, il faut que nous passions par-dessous». Elle me rappela alors un trait de notre enfance que voici: nous nous trouvions chez des voisins, à Alençon; un cheval nous barrait l’entrée du jardin. Tandis que les autres personnes cherchaient un autre accès, notre petite amie ne trouva rien de plus facile que de passer sous l’animal. Elle se glissa la première, me tendit la main; je la suivis en entraînant Thérèse et sans courber beaucoup notre petite taille, nous parvînmes au but. «Voilà ce que l’on gagne à être petit», conclut-elle. «Il n’y a point d’obstacle pour les petits, ils se faufilent partout. Les grandes âmes peuvent passer sur les affaires, tourner les difficultés, arriver par le raisonnement ou la vertu à se mettre au-dessus de tout, mais nous qui sommes toutes petites, nous devons bien nous garder d’essayer cela. Passons dessous! Passer sous les affaires, c’est ne pas les envisager de trop près, ne pas les raisonner» (la sainte s’adressait alors à ses novices, auxquelles elle conseillait de ne pas perdre leur temps à analyser inutilement les difficultés).