dimanche 22 septembre 2019

Vérité et compassion

Vérité et compassion
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Lorsque je parle avec des personnes que je considère comme de très bons catholiques, j’expérimente parfois un malaise. Certaines de ces personnes semblent penser que parfois il vaut mieux, pour faciliter le contact ou même le retour de personnes baptisées mais qui se sont éloignées de la foi chrétienne, de taire la vérité sur certains points de doctrine concernant la morale. Je suis tout à fait d’accord avec cela. Lorsqu’on invite quelqu’un par exemple à la messe dominicale alors que l’on sait que cette personne vit depuis très longtemps loin de Dieu, on ne doit pas lui dire que si elle vient, elle devrait probablement s'abstenir de communier (de recevoir l’eucharistie). Et si on voit arriver cette personne à l’église un jour, on ne doit pas non plus, selon moi, lui tenir de tels propos. Mais il y a une grande différence entre agir ainsi et dire par exemple à une personne qui agit gravement en contradiction avec la morale chrétienne, qu’elle peut recevoir l’eucharistie sans problème car Dieu l’aime infiniment et l’aime comme elle est. Agir ainsi est, selon moi une erreur grave. Voilà la source du malaise dont je parlais plus haut : quand de bons catholiques se permettent de dire ou d'insinuer que l'Église devrait changer de discours et encourager tout le monde à recevoir l'eucharistie. On peut parfois taire certaines choses mais on ne doit pas en certaines occasions dire certaines choses; surtout si ce que l'on dit n'est pas conforme à la vérité. Il y a une grande différence entre ces deux attitudes.

Le dilemme qui se pose souvent pour un ou une catholique, c’est le rapport qui doit exister entre la vérité divine et la compassion. On craint parfois qu’en disant la vérité, les gens seront heurtés dans leur sensibilité et tourneront le dos à la religion ou même à la foi chrétienne. Il est certain que tout cela est une question délicate. Il faut savoir quand parler et comment parler. J’aimerais aujourd’hui proposer quelques réflexions sur ce sujet.

Sur tous les dossiers chauds qui sont débattus en société depuis les dernières années : avortement, aide médicale à mourir, exercice de la sexualité en dehors du mariage, théorie du genre, etc, etc, il y a une remarque importante à faire : les personnes catholiques ont une autre vision que la plupart des Occidentaux sur ces façons d’exercer leur liberté.

Je ne peux pas généraliser mes propos à toutes les personnes qui vivent en Occident, bien sûr, mais je vais dire ce que je constate ici à Montréal.

Quand j’écoute les réseaux d’information à la télévision ou à la radio, il est très clair pour moi que la tendance générale des journalistes est la suivante : le " relativisme " est généralisé. Qu’est-ce que je veux dire par là : la plupart des personnes que l’on voit dans les chaînes d’information, ont pour principe que nous ne pouvons juger des situations de la vie qu’à l’aide de la raison humaine, sans recevoir aucun éclairage de la part d’un être supérieur qui aurait créé l’être humain. Dieu est absolument absent des débats de société. Et volontairement. Quand on invite une personne catholique à une émission de télévision où on débat d’une question d’ordre moral, c’est souvent pour faire voir que la position de cette personne est rétrograde et ne tient plus la route aujourd’hui.

Mais la question est justement là : nous les catholiques, nous croyons en Dieu et nous croyons que si quelqu’un connaît bien l’être humain, c’est bel et bien Dieu, notre CRÉATEUR. Si quelqu’un crée un robot aujourd’hui, il saura très bien comment ce robot est fait et comment il doit agir.

Notre société est guidée intellectuellement par le relativisme. Il n’y a pas de vérité absolue, bonne pour tous. On doit juger des comportements par ce qui semble le plus « raisonnable », par ce qui semble le plus BIENFAISANT pour les gens. Mais un gros problème persiste : tout le monde ne pense pas la même chose. La société sera alors guidée soit par ce que pense la majorité des gens (démocratie), soit par une élite ou un dictateur.

Or la vérité sur l’être humain et sur son agir, existe. Et la vérité n’est pas d’abord une idée mais une PERSONNE : JÉSUS CHRIST NOTRE SEIGNEUR, DIEU FAIT HOMME ET VIVANT PARMI NOUS.

Jésus a dit devant Pilate pourquoi il est venu sur cette terre :

« Pilate lui dit : « Alors tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? »  (Jn 18, 37-38)

Pilate est l’exemple biblique typique de la personne imbue de relativisme, qui ne croit pas qu’il existe une vérité valable pour tous, une vérité absolue.

Jésus quant à lui, affirme que la vérité existe et qu’il est venu sur terre pour témoigner de la vérité. Et la Vérité, c’est Lui : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Il nous a aussi dit : « La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).

Pour nous les catholiques, la vraie compassion doit toujours être subordonnée à la Vérité, du moins dans notre esprit à nous. Je veux dire par là que nous devons au moins avoir les idées claires sur ce point. En théorie tout au moins et dans la pratique dans la plupart des cas, c’est la Vérité qui est première et la compassion qui vient ensuite. Il existe en quelque sorte une hiérarchie entre vérité et compassion. Si on ne comprend pas cela, on ne peut pas comprendre l’enseignement de l’Église catholique. En pratique, devant des gens qui sont loin de la foi, on peut pendant un certain temps, je pense, taire certaines vérités, mais on devra finir par les dire. Il faut surtout éviter de dire des faussetés.  

Il y a un passage des évangiles qui est très éclairant selon moi pour montrer la hiérarchie des valeurs qui doit exister entre la vérité et la compassion. Lorsque Jésus annonce pour la première fois à ses apôtres qu’il devra souffrir, être tué et le troisième jour ressusciter, Pierre, mû par son amour pour Jésus et certainement aussi par sa compassion, fait de vifs reproches à son Maître et lui dit que cela n’arrivera pas. On devine qu’il a l’intention de voir à ce que cela n’arrive jamais. Jésus, en entendant les propos de son bon ami Pierre, le rabroue et le traite de Satan car ses pensées ne sont pas les pensées de Dieu mais les pensées des hommes.

« Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. 
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. 
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mc 8, 31-33)

Ce passage des évangiles nous enseigne plusieurs choses :

1- Dieu a un plan pour nous en nous créant et en nous envoyant sur cette terre. Il ne nous envoie pas comme ça en disant : « Débrouillez-vous, faites ce que vous voulez, je n’ai pas de but spécifique en vous créant ». Non ! Beaucoup de textes de la Bible nous montre que Dieu a une mission pour chacun de nous. La vie chrétienne et la sainteté consistent à découvrir le plan de Dieu, à le mettre en pratique et à le mener à son achèvement. Ce plan de Dieu est aussi inscrit dans ma vie de tous les jours. VOILÀ LA VÉRITÉ, VOILA CE QU’EST LA VÉRITÉ.

2- Dieu ne pense pas comme les hommes. Cela aussi est une VÉRITÉ qui revient souvent dans la Bible. À partir de ce principe, on peut penser que les êtres humains qui ne croient pas en Dieu, feront facilement fausse route lors des décisions d’ordre moral qu’ils auront à prendre, car ils ne penseront pas de la même façon que le Créateur qui les connaît et les a formés. Dieu sait ce qui est bon pour l’être humain, mais l’être humain laissé à lui-même se trompe facilement sur ce qui le rendra véritablement heureux ou malheureux. On pourrait inverser la phrase mise au début du présent paragraphe et elle serait tout aussi vraie : « Les hommes ne pensent pas comme Dieu. »  

3- Jésus dans la citation ci-dessus, annonce pour la première fois sa mort. Il annonce qu’il souffrira beaucoup avant de mourir mais il sait aussi qu’il doit vivre cela car c’est le plan de Dieu pour le salut du monde. Voilà le plan de son Père sur lui. À son ami qui ne veut pas le voir souffrir, Jésus répond : « Arrière Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. ». Voilà la VÉRITÉ. Voilà aussi un argument très fort contre l’euthanasie, lâchement appelée de nos jours : « l’aide médicale à mourir ». Je crois personnellement que tous les jours de ma vie sont importants pour le salut du monde. Car c’est de cela qu’il s’agit : LE SALUT DU MONDE. Et je suis persuadé que si un jour j’ai à souffrir d’une maladie ou d’un accident, ce sera à ce moment-là que je pourrai par mon amour et ma confiance en Dieu, faire le plus pour le salut du monde. Mais évidemment, pour croire cela il faut la foi; il faut la foi en la bonté de Dieu en toutes choses. C’est aussi la raison pour laquelle l’Église est contre l’euthanasie. On a le droit d’alléger les souffrances de quelqu’un qui souffrent beaucoup, mais on n’a pas le droit de lui enlever la vie délibérément et lui volé ainsi sa mort, la mort que Dieu a prévue pour lui ou pour elle. Tuer quelqu’un, ce ne sera jamais de la véritable compassion, car Dieu ne pourrait jamais vouloir cela. J’espère vraiment pour ma part, qu’on ne me volera pas ma mort. Voilà en quoi la vérité précède la compassion et éclaire ce qu’est vraiment la compassion.

4- Seule la foi, selon moi, peut nous faire voir comment il se fait que la VÉRITÉ précède la compassion. Car seule la foi nous indique notre destinée finale : le salut du corps et de l’âme. Nous sommes tous appelés à aller au ciel. Notre véritable patrie, c’est le ciel, c’est la VIE ÉTERNELLE, cette vie éternelle qu’on appelle aussi souvent le SALUT ÉTERNEL.  

Succinctement, et de manière beaucoup trop succincte, la VÉRITÉ sur les sujets chauds débattus en société est: 

Pour l'avortement: la vérité est que le foetus et l'embryon sont un être humain dès leur conception. Ce ne sont pas un tissu informe, qui d'ailleurs n'est plus un tissu informe après quelques semaines. Il s'agit d'un être de l'espèce humaine, homme ou femme. Et Dieu nous dit: "Tu ne tueras pas" (Deutéronome 5, 17). Évidemment, il est sous-entendu ici qu'il s'agit de l'être humain: "Tu ne tueras pas d'être humain." Tuer un être humain est un meurtre. 

Pour l'euthanasie: la vérité est que nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes; nous appartenons au Seigneur: "Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur." (Rm 14, 7-8). Seul Dieu a le droit de vie ou de mort sur nous. Tuer quelqu'un avant que Dieu le rappelle à Lui, est un meurtre. 

Pour l'exercice de la sexualité avant le mariage: la vérité est que les relations sexuelles, dans le plan de Dieu, ne sont bonnes et légitimes que dans le mariage, quand deux êtres humains ne forment qu'un seul corps, une seule chair. Jésus et les écrits du Nouveau Testament nous enseignent cela. Et cette doctrine a merveilleusement été explicitée par le saint pape Jean-Paul II dans sa "théologie du corps". Dans le mariage, les relations sexuelles sont très bonnes pour l'unité des époux et pour donner à Dieu et au couple des enfants. 

Jésus dit: 

" N'avez-vous pas lu ceci? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit: À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !" (Mt 19, 4-6)





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