"On ne peut se mesurer à Dieu."
Oh que j'aime cette phrase !!! Elle est tirée de la biographie de Cristina Siccardi sur Pier Giorgio Frassati. Dans son livre, madame Siccardi parle de la relation ambivalente qu'Alfredo Frassati entretient avec Pier Giorgio son fils. Alfredo était un homme droit, acharné, travaillant. Dans sa jeunesse, Alfredo avait un grand idéal de pureté. Mais son fils Pier Giorgio, tout en ayant les mêmes valeurs que son père, n'avait pas les mêmes intérêts. Alfredo aurait voulu un fils à son image et il a tout essayé pour que son fils lui ressemble en tout point. Mais il a compris trop tard, une fois que son fils fut décédé, que c'est Dieu qui l'a modelé et l'a rendu pur comme lui-même, Alfredo aurait aimé être. Et Cristina Siccardi de conclure par ces phrases :
"Le trésor incompris de sa maison (NDLR : l'auteure parle ici de Pier Giorgio qui était vraiment le trésor de la maison des Frassati), voilà l'idéal splendide de pureté auquel il (Alfredo) a rêvé dans sa jeunesse. Mais lorsqu'il le comprend, la partie est désormais terminée. On ne peut se mesurer à Dieu." (Cristina Siccardi, Pier Giorgio Frassati, p. 142)
La phrase "On ne peut se mesurer à Dieu" peut avoir de multiples interprétations et applications.
C'est ce message que Jésus a fait entendre dans sa langue maternelle, l'araméen, à Saul de Tarse sur le chemin de Damas
Actes des apôtres, chapitre 26, versets 9 à 18
09 Pour moi (NDLR : c'est Paul qui parle), j’ai pensé qu’il fallait combattre très activement le nom de Jésus le Nazaréen.
10 C’est ce que j’ai fait à Jérusalem : j’ai moi-même emprisonné beaucoup de fidèles, en vertu des pouvoirs reçus des grands prêtres ; et quand on les mettait à mort, j’avais apporté mon suffrage.
11 Souvent, je passais de synagogue en synagogue et je les forçais à blasphémer en leur faisant subir des sévices ; au comble de la fureur, je les persécutais jusque dans les villes hors de Judée.
12 C’est ainsi que j’allais à Damas muni d’un pouvoir et d’une procuration des grands prêtres ;
13 en plein midi, sur la route, ô roi, j’ai vu, venant du ciel, une lumière plus éclatante que le soleil, qui m’enveloppa, moi et ceux qui m’accompagnaient.
14 Tous, nous sommes tombés à terre, et j’ai entendu une voix qui me disait en araméen : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Il est dur pour toi de résister à l’aiguillon.”
15 Et moi je dis : “Qui es-tu, Seigneur ?” Le Seigneur répondit : “Je suis Jésus, celui que tu persécutes.
16 Mais relève-toi, et tiens-toi debout ; voici pourquoi je te suis apparu : c’est pour te destiner à être serviteur et témoin de ce moment où tu m’as vu, et des moments où je t’apparaîtrai encore,
17 pour te délivrer de ton peuple et des non-Juifs. Moi, je t’envoie vers eux,
18 pour leur ouvrir les yeux, pour les ramener des ténèbres vers la lumière et du pouvoir de Satan vers Dieu, afin qu’ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et une part d’héritage avec ceux qui ont été sanctifiés.” (Actes des apôtres, chapitre 26, versets 9 à 18)
"Il es dur pour toi de résister à l'aiguillon."
Voici comment, pour ma part, je comprends cette phrase prononcée par Jésus ressuscité : je suis convaincu que Dieu notre Père ne cesse de parler par son Esprit au coeur de chaque être humain. Ce Père tout aimant fait certainement tout ce qu'il peut pour entrer en relation avec ses enfants et spécialement quand ses créatures font la sourde oreille. Les gens peuvent ne pas porter attention à la Parole de Dieu pour toutes sortes de raisons : à cause de blessures reçues, à cause de conviction ou de préjugés acquis depuis un bon moment, à cause de scandales effectués par des personnes supposément très croyantes, et quoi encore. Mais de toute façon, la Bible nous enseigne que Dieu va continuellement à la recherche de ses enfants.
Saint Augustin a très bien décrit l'attitude de Dieu et de l'être humain en ce domaine :
Bien tard, je t’ai aimée,
ô beauté si ancienne
et si nouvelle, bien tard,
je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans,
et moi au-dehors,
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses
que tu as faites,
pauvre disgracié,
je me ruais !
Tu étais avec moi
et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi,
ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi,
n’existeraient pas !
Tu as appelé, tu as crié
et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi
et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré
et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché
et je me suis enflammé
pour ta paix.
Quiconque désire se mesurer à Dieu en paiera tôt ou tard le prix. Ceci n'est pas une menace mais plutôt un avertissement salutaire et charitable.
La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf
Une Grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
— Nenni. — M'y voici donc ? — Point du tout. — M'y voilà ?
— Vous n'en approchez point. La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs,
Tout petit Prince a des Ambassadeurs,
Tout Marquis veut avoir des Pages.
Tirée des fables de Jean de La Fontaine
J'ai entendu à deux reprises des humoristes rire de la croyance en Dieu. Tous les deux ont fait rire leur auditoire en tenant des propos comme ceux-ci : "Il paraît qu'il existe un grand manitou la haut dans le ciel, qui voit à chaque instant tout ce que les gens font sur la planète et qui connaît les pensées qui sont dans le cerveau de chaque personne." RIRE GÉNÉRAL.
Quelle mesquinerie que de vouloir rabaisser Dieu à l'être humain ou au plus puissant ordinateur qu'il y ait sur le marché ! Si Dieu existe, et il existe, je n'ai aucune difficulté à imaginer qu'il puisse un jour juger la vie entière de chaque individu. Dieu est Dieu et ceux et celles qui le rabaissent manquent manifestement d'imagination et même d'intelligence.