samedi 31 janvier 2026

Joseph Scriven : "Heureux ceux qui pleurent"

 Joseph Scriven :"Heureux ceux qui pleurent"

Joseph M. Scriven 

Nous sommes parvenus au quatrième dimanche du temps ordinaire. Nous lisons en ce moment l'évangile selon saint Matthieu et nous sommes rendus au chapitre 5. Jusqu'à maintenant, la voix de Jésus s'est faite entendre. Il a répondu au diable lors des tentations dans le désert et dimanche dernier Jésus a commencé son ministère en reprenant presque textuellement les mots de son cousin Jean le Baptiste : "Convertissez-vous car le royaume des Cieux est tout proche". Et l'évangile se terminait ainsi : "Jésus parcourait toute la Galilée; il enseignait dans les synagogues, proclamait l'Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple."

Mais nous ne savons pas ce que Jésus enseignait lors de ses nombreux déplacements au tout début de son ministère public. Le premier véritable enseignement de Jésus que nous entendons dans l'évangile selon saint Matthieu, commence par le mot HEUREUX prononcé huit fois. Nous entendons en ce dimanche les huit sublimes béatitudes prononcées par Jésus. Quelle entrée en matière ! Quel message sublime et insurpassable ! Jésus nous invite au bonheur et il nous donne huit secrets pour y arriver. 

J'aimerais aujourd'hui offrir un commentaire de la deuxième béatitude proclamée par Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui. Parmi les huit béatitudes, c'est une des plus surprenantes : "HEUREUX CEUX QUI PLEURENT, CAR ILS SERONT CONSOLÉS". Évidemment, Jésus ne nous dit pas que nous sommes heureux parce que nous pleurons. Il est vrai qu'il existe des pleurs qui sont des consolations, mais ce n'est pas de cela dont parle Jésus dans l'évangile de ce dimanche. C'est le fait d'être consolé durant notre peine qui nous procure du bonheur. Mais consolé par qui ? Il est clair, dans le contexte, que c'est Dieu qui va nous consoler. J'imagine que vous avez déjà fait l'expérience d'être consolés par Dieu. Pour ma part, je me souviens clairement d'avoir pleuré de chagrin un jour dans une chapelle et d'avoir immédiatement été consolé par Dieu. Ce fut un réel bonheur. 

J'ai lu hier un texte biographique qui m'a beaucoup touché. J'ai pour la première fois entendu parler de M. Joseph Scriven. Je considère que la vie et la poésie de cet homme sont un vibrant hommage à la béatitude proclamée par Jésus : "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés" (Mt 5, 4).

Une histoire d'amitié sous forme d'hymne 

Joseph Medlicott Scriven (1819-1886) naquit à Seapatrick, en Irlande, et mourut en Ontario, au Canada. Homme aisé, il avait un cœur généreux et dévoué. Naturellement altruiste, il cherchait toujours à rendre service. On le voyait souvent arpenter les rues de Lake Rice, au Canada, une scie et un tréteau à la main. Certains tentaient de l'embaucher pour couper du bois, mais il offrait ses services gratuitement, uniquement à ceux qui n'en avaient pas les moyens.

Né le 10 septembre 1819 en Irlande, il était issu d'une famille suffisamment aisée pour financer ses études au Trinity College de Dublin. Il y suivit des cours avant de s'engager dans l'armée et de se préparer à servir en Inde. Sa santé fragile l'obligea à renoncer à ses ambitions militaires et à retourner au Trinity College, où il obtint sa licence en 1842. 

Très jeune, Joseph Scriven tomba amoureux. De cette idylle naquit une demande en mariage, qu'il accepta avec joie. Les préparatifs de la cérémonie furent entrepris et tout était prêt. La veille de son mariage, sa fiancée traversait un pont sur la rivière Bann. 
Elle tomba de cheval et se noya accidentellement. Joseph se trouvait sur l'autre rive et fut témoin de l'accident, impuissant.

Accablé de chagrin, il se mit à errer. Vers l'âge de 25 ans, il arriva à Woodstock, dans le Canada-Ouest (Ontario). Aux alentours de 1844, Joseph donnait des cours particuliers, prêchait et œuvrait auprès des plus démunis. Il se dévouait sans compter et refusait toute rémunération. Il était considéré comme un membre précieux et apprécié de sa communauté. En 1857, il s'installa à Bewdley, où il rencontra Elisa Catherine Roche et tomba amoureux d'elle . Leur relation s'approfondit et ils projetèrent de se marier. Malheureusement, en 1860, Elisa mourut d'une pneumonie avant qu'ils ne puissent s'unir.

La vie de Joseph Scriven fut marquée par la tragédie.  

Il connaissait l'amour et la perte, mais il entretenait une relation profonde avec Jésus. Un jour, Joseph tomba malade et, lors d'une visite à son chevet, un de ses amis découvrit un poème. Lorsque son ami lui demanda qui l'avait écrit, Joseph répondit : « Le Seigneur et moi l'avons fait ensemble. »   Joseph n'avait jamais eu l'intention que quiconque d'autre que sa mère voie ce poème. Il l'avait écrit sous l'effet de la douleur et du chagrin liés à ses expériences passées, et il comptait l'envoyer à sa mère, qui vivait encore en Irlande, pour la réconforter dans sa propre peine.

On ignore comment le cantique « Quel ami nous avons en Jésus »  (Priez sans cesse) a été publié pour la première fois. Pendant de nombreuses années, il a été imprimé sans que l'auteur soit connu, ou attribué à tort au Dr Horatius Bonar . Quoi qu'il en soit, il s'est fait connaître et a gagné en popularité. 

Samuel Caswell (1861-1938) a publié une première version manuscrite signée par Scriven.  

Caswell a déclaré à propos de ce cantique qu'il s'agissait « incontestablement de l'œuvre littéraire canadienne la plus connue » (Macpherson, « Scriven », s.d.).

L’hymnologue Fred Gealy a découvert une strophe supplémentaire, publiée dans le recueil de cantiques de Hastings, *Songs of Pilgrimage: A Hymnal for the Churches of Christ* (Boston, 1886 ; deuxième édition, 1888) , avec une quatrième strophe que je présente ci-dessous :
Jésus béni, tu as promis
de porter tous nos fardeaux.
Puissions-nous toujours, Seigneur, tout te présenter
dans une prière fervente.
Bientôt, dans la gloire, radieuse et sans nuages,
il n'y aura plus besoin de prier.
L'extase, la louange et l'adoration éternelle
seront notre douce part là-bas.

Joseph Scriven est décédé en octobre 1886. Le Dictionnaire biographique du Canada décrit tout ce que nous savons des circonstances de sa mort :

Ses derniers jours furent assombris par la maladie et le désespoir. James Sackville, son ami et coreligionnaire, le trouva malade et le ramena chez lui. Par une chaude nuit de 1886, Scriven quitta son lit sans déranger personne, probablement pour aller boire à une source voisine : quelques heures plus tard, vraisemblablement après s’être évanoui ou avoir chuté, on le retrouva mort dans le déversoir du moulin à grains de Sackville, à quelques mètres de la source. Il fut enterré dans le cimetière Pengelly, dans une tombe anonyme entre Eliza Roach et le commandant Pengelly.   (Macpherson, « Scriven », s.d.).

Quelques jours seulement avant la mort de Scriven, Sackville le rencontra, profondément abattu. Lors de cette rencontre, Scriven confia à son ami : « Je souhaite que le Seigneur me rappelle à lui. » (Cleland, 1895, p. 17) On n’a jamais su avec certitude si la mort de Scriven était naturelle, accidentelle ou un suicide.  
Jésus était un ami de Joseph Scriven, et il était évident qu'au cours de sa vie au service de Dieu, Scriven avait connu une profonde tragédie. Si les dernières pensées de sa vie sont fidèlement retranscrites par son ami, alors Jésus est bien venu le chercher.  

Comme beaucoup d'autres disciples du Christ qui nous ont précédés, y compris mon propre père il y a quelques mois seulement, Scriven comprend désormais plus profondément l'amitié de Jésus et du magnifique « Précieux Sauveur » qui est « notre refuge ». Et, comme le suggère la quatrième strophe, en grande partie inédite, ils sont tous unis dans la « louange et l'adoration sans fin », qui est « notre douce part là-bas ». 
Auteur : Keith Beatty (1)

Comme je l' ai dit plus haut, j'ai été profondément touché par la vie de Joseph Scriven et par le poème qu'il a écrit et qu'il a envoyé à sa mère en Irlande, alors qu'elle vivait de grandes difficultés. Il a en effet effectivement envoyé son poème à sa mère contrairement à ce que pouvait laisser entendre le texte ci-dessus de M. Beatty. Mais j'ai été profondément déçu en prenant conscience du fait qu'il existe deux versions différentes de ce poème : une version qui existe en anglais et une version qui existe en français. Je me suis demandé quelle version était la bonne, même si je penchais évidemment vers la version en anglais. Pour en avoir le coeur net, j'ai consulté l'intelligence artificielle. Je comprends maintenant que c'est la version anglaise qui est la vraie et que la version française veut être une adaptation de ce poème. Mais la version en français n'aurait jamais dû, selon moi, exister. D'ailleurs, le poème original en anglais est écrit de façon beaucoup plus poétique que le texte en français. Je désire ajouter ici que personnellement je ne crois pas que ce cher monsieur Scriven se soit suicidé.  

Aperçu généré par IA

« What a Friend We Have in Jesus » (Quel ami fidèle et tendre) est un cantique chrétien classique, originellement écrit par Joseph M. Scriven en 1855. Deux versions notables incluent la version traditionnelle en hymne et des interprétations modernes (ex : Alan Jackson, Hugh Laurie). Il est également largement chanté en français sous le titre « Quel Ami fidèle et tendre ». 
Voici deux versions couramment reconnues :
  • Version Traditionnelle (Hymne) : Axée sur la méditation, cette version insiste sur le privilège de porter tout à Dieu dans la prière. Elle met en avant Jésus comme un ami fidèle qui partage nos douleurs et nos tentations.
  • Version Française (Cantique) : Traduit, ce cantique, souvent titré « Quel Ami fidèle et tendre», souligne la défense de Jésus contre l'ennemi et son soutien dans la mêlée.
  • Versions Modernes/Artistiques : Des artistes comme Alan Jackson et Hugh Laurie ont proposé des réinterprétations, allant du country au blues, tout en conservant la mélodie réconfortante. 
Le cantique est réputé pour son refrain : « What a friend we have in Jesus, All our sins and griefs to bear! ». 

"Pray without ceasing"

What a Friend we have in Jesus,
All our sins and griefs to bear!
What a privilege to carry
Every thing to God in prayer!

Oh! What peace we often forfeit;
Oh what needless pain we bear!
All, because we do not carry
Everything to God in prayer.

Have we trials, and temptations?
Is there trouble everywhere?
We should never be discouraged:
Take it to the Lord in prayer?

Are we cold and unbelieving,
Cumbered with a load of care?
Here the Lord is still our refuge:
Take it to the Lord in prayer.



Joseph Scriven.


 "Priez sans cesse"

Quel ami nous avons en Jésus,
  qui porte tous nos péchés et nos peines !
Quel privilège c'est de
  tout apporter cela à Dieu dans la prière !

Oh ! quelle paix nous perdons souvent,
  oh ! quelles souffrances inutiles nous endurons,
simplement parce que nous n'apportons pas
  tout cela à Dieu dans la prière !
   

Avons-nous des épreuves et des tentations ?
  Y a-t-il des difficultés partout ?
Ne nous décourageons jamais,
   porte cela au Seigneur dans la prière.
 


Sommes-nous froids et incrédules
  croulant sous le poids des soucis ?
Ici le Seigneur est encore notre refuge:
Porte cela au Seigneur dans la prière

Vous avez sûrement remarqué que dans le texte écrit à la main par Joseph Scriven, le titre du poème n'est pas "Quel ami nous avons en Jésus" mais plutôt : "Priez sans cesse" qui est une recommandation de saint Paul dans sa Première lettre aux Thessaloniciens (1 Th 5, 17).  

Dans la vidéo ci-dessous, seules les trois premières strophes de l'hymne sont conformes au texte original.

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YouTube · GaitherVEVO · 25 août 2017

jeudi 29 janvier 2026

"Convertissez-vous ?" Quelle conversion ?

 "Convertissez-vous ?" Quelle conversion ?

 dimanche, 3ème Semaine du Temps Ordinaire — Année A

Lectures de la messe

Évangile

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 12-17)

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
    Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
    C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
    Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
    Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.

    À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »

Comme il marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
    Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
    Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
    Aussitôt, laissant la barque et leur père,
ils le suivirent.

    Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

La première lecture de la messe de ce dimanche nous présente la prophétie du prophète Isaïe qui est reprise dans l'évangile et selon laquelle le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, dont les peuples étaient dans les ténèbres, ont vu se lever une grande lumière. Oui, grande fut cette lumière puisque le Messie attendu allait y faire sa demeure. Jésus alla habiter à Capharnaüm qui, comme on le voit sur la carte ci-dessous, se situe en plein milieu des territoires de Zabulon et de Nephtali. Depuis notre baptême, Dieu nous a partagé cette lumière et depuis ce temps, elle illumine nos vies. Comme nous sommes privilégiés ! 

Quand Jésus apprend l'arrestation de Jean le Baptiste, il prend le relais de son cousin et commence à proclamer le même message que Jean : "Convertissez-vous car le royaume des Cieux est tout proche". Mais de quelle conversion parle-t-il ? Il y a plusieurs sortes de conversion. La Bible des peuples, lorqu'elle commente ce passage, écrit ceci en bas de page:

"Convertissez-vous. Le verbe utilisé par la Bible signifie "prendre un autre chemin", mais cela peut se comprendre de bien des manières. Dans la bouche de Jean-Baptiste, il voulait dire: se détourner de ses péchés. Pour Jésus la "conversion" est le début d'une vie nouvelle à partir d'un changement intérieur : elle est l'oeuvre de l'Esprit en nous." 

Dans la vie spirituelle, il est prouvé que pour faire advenir le royaume des Cieux en nous, on peut focusser sur le négatif en nous efforçant d'éradiquer le péché en nous, mais on peut aussi mettre toute notre énergie sur le positif en essayant d'acquérir une vertu qui nous manque. Et la théologie morale nous dit que lorsque nous faisons du progrès dans une vertu, toute notre vie morale s'améliore. 

J'aimerais aujourd'hui nous inviter à vivre une conversion qui est essentielle en ce moment pour la vie de nos communautés chrétiennes ; je veux parler de la CONVERSION PASTORALE. Le moteur de recherche que j'utilise régulièrement est Google. Depuis des mois, lorsque je fais une recherche sur Google, on me met en tout premier lieu comme réponse à ma demande, ce que l'IA (l'intelligence artificielle) dit sur le sujet. Je sais personnellement ce qu'on entend aujourd'hui par les mots CONVERSION PASTORALE ; mais j'ai voulu voir si l'IA est à jour dans sa façon de voir la vie ecclésiale. J'ai donc mis les mots "conversion pastorale" sur le moteur de recherche Google et je me suis rendu compte que l'IA a magnifiquement décrit ce qu'est la CONVERSION PASTORALE :   

Aperçu généré par IA

La conversion pastorale est un processus de transformation profonde de l'Église, passant d'une logique de maintenance à une dynamique missionnaire centrée sur le Christ et l'évangélisation. Elle implique une coresponsabilité accrue des laïcs, une réorganisation des paroisses, et un renouveau des attitudes pour rejoindre les personnes éloignées de la foi.  

Si vous allez vérifier sur Google pour voir ce que l'IA dit de la conversion pastorale, vous trouverez probablement un texte un peu différent de celui que je viens de mettre ci-dessus. Il semble que Google se plaît à changer le texte tout en étant fidèle à la réalité. 

La "Conversion Pastorale" consite donc à ne plus se contenter du "statu quo" car il est évident que si nous continuons à faire les choses comme on les a toujours faites, nous allons frapper un mur et la foi catholique va mourir au Québec. Il faut donc aller vers les gens et proposer Jésus Christ à tous. FACILE À DIRE, MAIS PAS FACILE À FAIRE. 

En pensant à cela, je me suis rappelé la prière que j'ai composée en décembre 2024 pour notre paroisse. Je vois maintenant clairement que j'ai écrit cette prière pour m'aider à entrer dans la mouvance de la conversion pastorale. Voici la prière 

Prière pour la paroisse:
                   
Dieu notre Père, donne-nous la passion du Royaume des cieux. Enflamme-nous d’amour pour Toi et pour ton Règne.

Jésus, notre Sauveur et ami, fais de nous des disciples convaincus et convaincants, qui t’aiment et te servent sans réserve, très désireux de te faire connaître aux autres.

Esprit Saint, notre Défenseur et Consolateur, fais vivre à notre paroisse une nouvelle Pentecôte. Remplis-nous de tes dons et de tes fruits et envoie-nous porter la Bonne Nouvelle à toutes les personnes que nous rencontrons, sans gêne et sans peur. 

Marie, notre Mère et amie, Étoile de la nouvelle évangélisation, sois notre protectrice contre les assauts du Mauvais. Rends-nous sensibles à la présence de Jésus en nous, et aide-nous à le porter aux autres. Prie pour nous, afin que Jésus transforme l'eau de nos vies en vin du Royaume, c'est-à-dire en son précieux Sang. Amen. 

(Prière composée par le Père Guy Simard, omv, en la paroisse Saint-Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, le 5 décembre 2014

Je pense vraiment que la conversion pastorale ne peut s'obtenir que par la prière. Nous devrions demander tous les jours à Dieu de nous aider à aller vers les gens pour leur parler de Jésus. Il est certain que si notre Père du ciel nous donne la passion du Royaume des cieux (ce sont les premiers mots de la prière), le péché aura beaucoup moins d'emprise sur notre vie. 

Ce qui nous empêche de témoigner : 

Il faut admettre bien humblement que ce qui nous empêche de témoigner, c'est la peur. Dans la prière, je demande à l'Esprit Saint de nous faire vivre une nouvelle Pentecôte et de nous libérer de toute gêne et de toute peur. Oui nous sommes peureux. 

Mais si nous ne témoignons pas plus de la Bonne Nouvelle, c'est aussi parce que nous ne soommes pas assez conscients et convaincus de la grandeur de la LUMIÈRE QUI NOUS HABITE. Je vais vous donner un exemple personnel. Cela fait des années que je prépare des couples au mariage. Je n'ai jamais osé leur parler de la régulation naturelle des naissances. Je me disais que les jeunes (et les moins jeunes aussi) ne sont pas prêts à entendre de telles choses. Alors je me taisais. Pourtant j'ai entendu suffisamment de témoignages de gens qui ont adpopté cette façon d'espacer les naissances de leurs enfants et qui en ont retiré un très grand bénéfice dans leur vie de couples. Cette façon de vivre leur sexualité permet à des couples d'être encore plus unis en étant plus attentifs à l'autre, plus respectueux de la nature de la femme et de son bien (1)

Désormais j'ai l'intention de parler de cela aux couples qui me demandent de bénir leur mariage. Évidemment, cette façon de faire est plus exigeante que de prendre une pilule chimique, mais c'est surtout plus valorisant. Dans les informations qui existent sur le sujet, il est bien dit qu'il est presque essentiel que les couples qui désirent faire l'expérience des méthodes naturelles de régulation des naissances, devraient se faire accompagner d'un couple qui a l'expérience en ce domaine. Cela représente une difficulté supplémentaire mais nous devons de plus en plus lutter contre les solutions de facilité que nous offrent trop souvent la technologie et la science modernes. Je ne suis pas du tout contre la technologie et la science mais il est clair qu'il faut faire preuve de discernement dans leur usage si nous voulons nous épanouir vraiment.  

Je suis de plus en plus impressionné et dans l'admiration face à la sagesse dont a fait preuve sainte Bernadette Soubirous à un tout jeune âge. Elle avait 14 ans quand la Vierge Marie lui est apparue. Lorsqu'elle est allée annoncer au curé de sa paroisse que la Sainte Vierge lui apparaissait et que Dieu désirait qu'il y ait à Lourdes un sanctuaire en son honneur, le curé n'a pas voulu la croire. La jeune Bernatdette a alors répondu à son curé : "Je ne suis pas chargée de vous le faire croire ; je suis chargée de vous le dire". Comme c'est beau n'est-ce pas ? Le diocèse de Montréal où j'habite, a émis en 2003 un document très important pour l'évangélisation dont le titre est : "Proposer aujourd'hui Jésus Christ" (2). Ce que Dieu nous demande ce n'est pas d'imposer notre point de vue mais de le proposer. Alors, pourquoi hésitons-nous autant à proposer aux gens ce qui les rendra le plus heureux ? "Vous êtes la lumière du monde", dit Jésus :

"Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux." (Mt 5, 14-16)

L'appel des premiers disciples : 

L'évangile de ce dimanche se termine par l'appel des quatre premiers disciples de Jésus : Pierre et André, Jacques et Jean. Jésus les invite à une véritable conversion, c'est-à-dire à un radical changement de vie et ils acceptent. À Pierre et André, Jésus dit : " Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Autrement dit : "Devenez mes disciples et je vous ferai pêcheurs d'hommes." Il est important de noter qu'il s'agit ici de l'appel des premiers "disciples" et non pas de l'appel des apôtres. Nous sommes au chapitre 4 de saint Matthieu. Plus tard, Jésus passera une nuit en prière pour demander à son Père de lui indiquer lesquels parmi ses disciples, il devait appeler comme apôtres. Mais ici il s'agit de l'appel des disciples, et donc de tout baptisé. 

C'est en tant que disciples de Jésus que nous sommes "pêcheurs d'hommes". C'est en tant que disciples de Jésus que nous devons amener des gens à lui. Autrement dit, nous ne pouvons pas être disciples sans être missionnaires. C'est pour cette raison que le pape François a inventé un mot dans le plus important document de son pontificat : "La joie de l'Évangile". Il a inventé le mot "disciple-missionnaire" car on ne peut pas être disciple sans être missionnaire, sans annoncer Jésus et attiré des gens à lui. Prions chaque jour pour que nous devenions de meilleurs missionnaires puisque nous nous considérons comme étant des disciples de Jésus.  


(1) Aperçu généré par IA :

Les témoignages de couples utilisant les méthodes naturelles de régulation des naissances (symptothermie, 
Billings, etc.) soulignent souvent une meilleure communication, une complicité accrue et une connaissance approfondie du corps féminin. Si ces méthodes renforcent l'unité du couple, elles exigent rigueur et coopération pour gérer les périodes de fertilité. 
La sexualité au naturel, maternité et paternité responsables, respect de soi et de l'autre, … Bien plus qu'une "technique" de régulation des ...
YouTube · Diocèse de Vannes · 3 déc. 2018
(2)


 

 

dimanche 25 janvier 2026

Père Nicolas Buttet et l'Eucharistie

 Père Nicolas Buttet et l'Eucharistie 


Ce témoignage, le Père Buttet l'a livré dans ma ville natale de Québec en 2008, lors du Congrés Eucharistique International (CEI) qui s'est tenu dans cette ville pour souligner et célébrer le quatrième centenaire de la fondation de Québec qui a eu lieu le 3 juillet 1608 par Samuel de Champlain. J'ai fait ce lien parce que le Père Buttet a fait allusion lors de son témoignage, au chant-thème du Congrès qui avait pour titre : "Don de Dieu", Vers la fin de la vidéo (à 23:52), il cite des paroles du chant : "L'Eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde, ce n'est pas un slogan frères et soeurs, c'est une réalité."   

Formidable Témoignage du Père Nicolas Buttet sur l'Eucharistie. 2.9K views · 4 years ago ...more. Paroisse Saint-Joseph-des-Quatre-Routes ...




Voici le chant-thème du CEI tenu à Québec en 2008 : 

Provided to YouTube by Les Éditions Pontbriand Don de Dieu · Robert Lebel Une voix pour les sans voix ℗ 2012 Les Éditions Pontbrian