dimanche 27 septembre 2026

Le pape Léon IV en France

 Le pape Léon IV en France


J'aime les commentaires de M. Philippe De Villiers. 

Philippe De Villiers

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YouTube · Europe 1 · Il y a 1 jour




Stéphane Roy : "L'Amour n'est pas aimé"

Stéphane Roy : "L'Amour n'est pas aimé"

Cher ami/chère amie
de La Victoire de l’Amour,

En ce mois d’octobre, j’aimerais m’attarder avec toi sur une parole qui m’habite tout particulièrement.

Il y a huit cents ans, le 3 octobre 1226, François d’Assise achevait son pèlerinage sur cette terre. Huit siècles sont passés et pourtant, peu de figures chrétiennes demeurent aussi vivantes que la sienne. François continue de toucher des croyant(e)s comme des non-croyant(e)s, peut-être parce qu’en le regardant vivre, quelque chose de l’Évangile redevient soudainement simple, lumineux, presque évident.

Une parole que la tradition lui attribue résume pour moi quelque chose d’essentiel de son expérience de Dieu. On raconte que François pouvait pleurer en répétant : « L’Amour n’est pas aimé. »

Ces quelques mots me bouleversent. Parce qu’avant de parler de nous, ils parlent de Dieu.

François ne dit pas d’abord : « Nous n’aimons pas assez Dieu. » Il donne à Dieu un nom : l’Amour.

Et si c’était cela, au fond, la grande découverte à refaire sans cesse dans notre vie chrétienne?

Nous parlons beaucoup de Dieu. Nous le prions, nous cherchons sa volonté, nous essayons de lui être fidèles. Mais lorsque nous prononçons le mot « Dieu », quel visage mettons-nous derrière ce mot?

Il est si facile de nous fabriquer un Dieu à notre image : un Dieu qui juge comme nous, qui épouse nos colères, qui confirme nos opinions et prend le parti de notre camp contre celui des autres. Dans notre monde où le religieux peut encore être utilisé pour opposer, exclure et parfois même justifier la violence, la parole de François me semble d’une étonnante actualité.

L’Amour n’est pas aimé.

Si tu veux savoir qui est Dieu, regarde Jésus. Regarde-le à Bethléem, petit et désarmé. Regarde-le s’approcher du lépreux et du pécheur. Regarde-le s’agenouiller devant ses disciples pour leur laver les pieds. Regarde-le sur la croix, les bras ouverts. Regarde-le enfin dans l’Eucharistie, se faisant si humble qu’il consent à se remettre entre nos mains. Voilà Dieu!

Et peut-être devons-nous même revoir notre manière de comprendre sa toute-puissance. Nous l’imaginons parfois à la manière des puissances de ce monde : une puissance qui s’impose, qui domine, qui contraint. Mais la puissance que Jésus nous révèle est celle de l’Amour. Et l’amour ne s’impose jamais.

Dieu ne force pas la porte de notre cœur. Il frappe. Il attend. Il se propose à notre liberté avec cette infinie délicatesse qui est peut-être la forme la plus bouleversante de sa pauvreté.

Dieu accepte même de ne pas être aimé.

Alors je comprends un peu mieux les larmes de François. Elles ne sont pas celles d’un homme scandalisé par un monde qui ne serait pas assez religieux. Elles sont les larmes d’un homme qui a entrevu l’immensité de l’Amour de Dieu et qui voudrait crier à chacun et à chacune : « Si seulement tu savais combien tu es aimé! »

Et cet Amour avait tellement saisi François qu’il avait changé son regard : le lépreux qu’il fuyait est devenu un frère et le pauvre est devenu un frère. Le soleil, la lune, l’eau, la terre : tout est devenu fraternel.

François n’a pas simplement décidé d’aimer davantage. Il a permis à l’Amour de Dieu de trouver en lui un chemin vers les autres.

Et tu comprendras, cher ami, chère amie, pourquoi cette parole résonne particulièrement pour nous qui aimons ces mots : La Victoire de l’Amour.

Peut-être que cette victoire commence précisément là. Non pas lorsque nous réussissons enfin à aimer parfaitement, mais lorsque nous offrons à Dieu un espace en nous où son Amour peut prendre chair.

Chaque fois qu’une personne est accueillie plutôt que jugée, chaque fois qu’une blessure rencontre le pardon, chaque fois qu’un pauvre retrouve sa dignité dans notre regard, chaque fois qu’une solitude rencontre une présence, l’Amour trouve en ce monde un visage.

Huit cents ans après François, l’Amour cherche encore des cœurs qui consentent à l’accueillir. Et si, aujourd’hui, c’était le mien? Le tien?

Alors, très humblement, prendraient forme en moi, en toi, autour de moi et autour de toi, les prémices de cette mystérieuse Victoire de l’Amour.

Par l’intercession de François d’Assise, que cet Amour te chérisse.

Je te bénis,

Stéphane Roy
Prêtre-aumônier
Établissement de détention de Montréal

samedi 26 septembre 2026

Formation à l'évangélisation et à la catéchèse

 Formation à l'évangélisation et à la catéchèse

Journée de formation à l'École Marie-Clarac

J'ai participé aujourd'hui à une journée de formation sur l'évangélisation et la catéchèse organisée par Mission Jeunesse pour le diocèse de Montréal. J'ai été surpris par le grand nombre de participants : 250. Un tel degré de participation est en lui-même un signe d'espérance.

Le lieu était très bien choisi. La formation se donnait à l'École Marie-Clarac tenue par les Soeurs de la Charité de Sainte-Marie, fondée par Mère Marie-Louise-Angélique Clarac. Ce lieu, tout comme toutes les résidences tenues par des religieuses, était impeccable de propreté. J'ai été prier quelques minutes dans la chapelle de cette école et j'ai été éblouie par la beauté de ses vitraux et la luminosité qui les traversait. 
 
  


jeudi 24 septembre 2026

Mère Gamelin et la campagne électorale

 Mère Gamelin et la campagne électorale

Bienheureuse Émilie Tavernier Gamelin
Fête : 24 septembre 
née le 19 février 1800, décédée le 23 septembre 1851

Invitée : Denise Robillard, historienne et biographe Résumé de la rencontre : Émilie Tavernier est née à Montréal en 1800, à cette période ...

Nous fêtons aujourd'hui la Bienheureuse Émilie Tavernier Gamelin. À l'occasion du 375ème anniversaire de la fondation de Montréal, la série télévisée "Les figures marquantes de notre histoire" a débuté sa saison dédiée à l'histoire de Montréal, en présentant la figure d'Émilie Tavernier Gamalin. 

Je vous invite à écouter au moins le début de la vidéo ci-dessus. Vous verrez à combien de deuils Émilie a dû faire face. À un moment donné, la foule qui participe à l'enregistrement de l'émission, émet un soupir d'étonnement devant la quantité de deuils qu'a vécus cette Montréalaise. 

Comme tout le monde le sait au Québec, nous sommes en pleine campagne électorale. Un des plus gros problèmes qui existent à Montréal, est le phénomènène de l'itinérance et des camps de fortune où les gens vivent sous des tentes. 

Nous aurions besoin de femmes comme Émilie pour trouver des solutions à ce douloureux phénomène. Cette femme marquée par la souffrance a su puiser sa force et ses inspirations dans sa foi en la Providence et dans sa grande dévotion à Marie au pied de la Croix, la Vierge des douleurs. On dit d'elle qu'elle a multiplié les refuges pour les personnes vivant dans l'indigence. 

Si nous avions davantage de foi, nous pourrions au moins nous tourner vers elle pour lui demander son aide. Ce serait à mes yeux le moins qu'on puisse faire. 

BIENHEUREUSE ÉMILIE TAVERNIER GAMELIN, PRIEZ POUR NOUS !


mardi 22 septembre 2026

C. S. Lewis : Voir Dieu dans l'espace

 C. S. Lewis : Voir Dieu dans l'espace 

Clive Staples Lewis

En 1961, Youri Gagarine fut le premier astronaute à avoir effectué un voyage dans l'espace. De retour sur terre, il aurait affirmé ceci : " J'étais dans le ciel et j'ai bien regardé partout: je n'ai pas vu Dieu." J'étais jeune à l'époque et j'ai entendu parler de cela. J'ai toujours été fâché qu'un astronaute ait dit cela. Mais j'ai appris, bien des années plus tard que Youri Gagarine n'avait pas prononcé ces paraoles. D'ailleurs, ce cosmonaute était chrétien orthodoxe. C'est Nikita Khrouchtchev, chef du gouvernement soviétique à l'époque, qui a insinué que Gagarine avait dit cela et qui a parti la rumeur. 

Le célèbre apologiste chrétien C.S. Lewis, ayant entendu parler de cela, écrivit un texte l'année de sa mort, intitulé "The Seeing Eye" (L'oeil qui voit). Voici ce texte :   

 L'oeil qui voit

Les Russes, paraît-il, affirment n'avoir trouvé aucun dieu dans l'espace… Chercher Dieu – ou le Paradis – en explorant l'espace revient à lire ou voir toutes les pièces de Shakespeare en espérant y trouver un personnage ou Stratford un lieu. Shakespeare est, d'une certaine manière, présent à chaque instant de chaque pièce. Mais sa présence n'est jamais comparable à celle de Falstaff ou de Lady Macbeth. Il n'est pas non plus diffus dans la pièce comme un gaz…  

Bien sûr, il ne s'agit que d'une analogie. Je ne prétends absolument pas que l'existence de Dieu soit aussi facile à établir que celle de Shakespeare. Mon propos est que, si Dieu existe, sa relation à l'univers est davantage comparable à celle d'un auteur à sa pièce qu'à celle d'un objet de l'univers à un autre.

Si Dieu a créé l'univers, il a créé l'espace-temps, qui est à l'univers ce que le mètre est à un poème ou la tonalité à une œuvre musicale. Le chercher comme un élément parmi d'autres dans le cadre qu'il a lui-même inventé est absurde.

Comment, dès lors, peut-on se demander, pouvons-nous l'atteindre ou l'éviter ?… À notre époque et dans notre lieu, [éviter Dieu] est extrêmement facile. Fuyez le silence, fuyez la solitude, fuyez toute pensée qui s'écarte des sentiers battus. Concentrez-vous sur l'argent, le sexe, le statut social, la santé et (surtout) sur vos propres griefs. Laissez la radio allumée. Fréquentez la foule. Consommez beaucoup de sédatifs. Si vous tenez absolument à lire des livres, choisissez-les avec le plus grand soin. Mais il serait plus prudent de s'en tenir aux journaux. Vous trouverez les publicités utiles ; surtout celles qui ont un attrait séduisant ou snob.

Concernant la recherche de Dieu, je suis un guide bien moins fiable. En effet, je n'ai jamais cherché Dieu. C'était plutôt l'inverse : il était le chasseur (du moins, c'est ce que je croyais) et j'étais la proie…

Les voyages spatiaux n'ont en réalité rien à voir avec la question. Pour certains, Dieu est perceptible partout ; pour d'autres, nulle part. Ceux qui ne le trouvent pas sur terre ont peu de chances de le trouver dans l'espace. (Après tout, nous y sommes déjà ; chaque année, nous effectuons un immense tour de l'espace.) Mais envoyez un saint dans l'espace et il trouvera Dieu dans l'espace comme il l'a trouvé sur terre. Tout dépend du regard .

Si nous sommes chrétiens, nous connaissons le Dieu créateur de l'univers et sommes connus de lui ; nous avons donc de nombreuses raisons de lui rendre grâce. Cependant, il convient de souligner que l'observation de Lewis sur la facilité avec laquelle on peut se détourner de Dieu s'applique aussi bien aux chrétiens qu'aux non-croyants. Les chrétiens peuvent s'éloigner de Dieu en concentrant leur vie sur l'argent, le sexe, le statut social et autres choses similaires, et par conséquent demeurer spirituellement immatures et ne pas expérimenter pleinement la puissance transformatrice du Christ. Gardons les yeux fixés sur Jésus, notre Seigneur et Sauveur, et recherchons une vie de sainteté et de justice. (1)

 Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains. »

Psaume 19:1 (ESV)

(1) https://www.cslewisinstitute.org/resources/reflections-january-2017/

The Seeing Eye

The Russians, I am told, report that they have not found God in outer space… Looking for God—or Heaven—by exploring space is like reading or seeing all Shakespeare’s plays in the hope that you will find Shakespeare as one of the characters or Stratford as one of the places. Shakespeare is in one sense present at every moment in every play. But he is never present in the same way as Falstaff or Lady Macbeth. Nor is he diffused through the play like a gas…

Now of course this is only an analogy. I am not suggesting at all that the existence of God is as easily established as the existence of Shakespeare. My point it that, if God does exist, He is related to the universe more as an author is related to a play than as one object in the universe is related to another.

If God created the universe, He created space-time, which is to the universe as the metre is to a poem or the key is to music. To look for Him as one item within the framework which He Himself invented is nonsensical…

How, then, it may be asked, can we either reach or avoid Him?…in our own time and place, [avoiding God] is extremely easy. Avoid silence, avoid solitude, avoid any train of thought that leads off the beaten track. Concentrate on money, sex, status, health and (above all) on your own grievances. Keep the radio on. Live in a crowd. Use plenty of sedation. If you must read books, select them very carefully. But you’d be safer to stick to the papers. You’ll find the advertisements helpful; especially those with a sexy or a snobbish appeal.

About the reaching, I am a far less reliable guide. This is because I never had the experience of looking for God. It was the other way round; He was the hunter (or so it seemed to me) and I was the deer…

Space-travel really has nothing to do with the matter. To some, God is discoverable everywhere; to others, nowhere. Those who do not find Him on earth are unlikely to find Him in space. (Hang it all, we’re in space already; every year we go a huge circular tour in space.) But send a saint up in a spaceship and he’ll find God in space as he found God on earth. Much depends on the seeing eye.1

If we are Christians, we know and are known by the God who created the universe and have many reasons to give Him thanks. On a cautionary note, however, Lewis’s insight into how easy it is to avoid God has applicability to Christians as well as non-believers. Christians can avoid God by living their lives concentrating on money, sex, status and the like, and consequently remain spiritually immature and experience little of the transforming power of Christ. Let us keep our focus on Jesus as Lord and Savior, and pursue a life of holiness and righteousness.

“The heavens declare the glory of God, and the sky above proclaims his handiwork.”

PSALM 19:1 (ESV)


1 C.S. Lewis, The Seeing Eye, from Christian Reflections, edited by Walter Hooper, Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1995, pp. 167-169, 171.

dimanche 20 septembre 2026

Les ouvriers de la onzième heure

 Les ouvriers de la onzième heure 

Rembrandt (1606-1669), Les Ouvriers de la onzième heure (1637, huile sur toile, 31 x 42 cm), Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg (Russie). Domaine public.


Je suis toujours étonné de constater le grand nombre de scènes évangéliques que le grand Rembrandt a voulu peindre. Ici deux hommes se lamententent du denier qu'ils ont reçu. Les autres personnages sont satisfaits. Un chien est couché à leurs pieds. 
 

20 sept. 2026

 25ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A

Lectures de la messe

Évangile


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 1-16)

En ce temps-là,
Jésus disait cette parabole à ses disciples :
    « Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
    Et à ceux-là, il dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.’
    Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
‘Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?’
    Ils lui répondirent :
‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
Il leur dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

    Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.’
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
    Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
    En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
    ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?’

    C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Aujourd'hui, l'Église nous propose comme évangile la parabole des ouvriers de la onzième heure. Comme le dit madame Christiane Cloutier Dupuis dans son magnifique commentaire de cette parabole (1), à cette époque, on travaillait douze heures par jour : de 6h du matin à 18h, Les gens qui désiraient travailler se tenaient sur la place publique et attendait que quelqu'un les engage. Les maîtres ou propriétaires d'entreprise, choisissaient d'abord les gens qui semblaient plus robustes et plus forts. 

Madame Cloutier Dupuis souligne aussi que la dernière phrase de cet évangile détonne avec toute la parabole ; elle nous dit que cette phrase est un "logion" c'est-à-dire une parole authentique de Jésus que l'on rencontre à différents endroits dans les évangiles. Mais on explique mal le fait qu'on la retrouve à la fin de cette parabole puisqu'elle ne concorde pas du tout avec ce que Jésus veut nous dire dans la parabole. 

Jésus veut nous montrer que Dieu est bon et qu'il juge les personnes d'après ce qu'elles sont et ce qu'elles peuvent offrir. Il tient aussi ce que tous ses enfants puissent travailler pour gagner leur vie. À l'heure de l'intelligence artificielle (IA), ce désir de Dieu doit résonner à nos oreilles et à notre coeur. Le pape Léon dans sa magnifique encyclique intitulée "Magnifique Humanité", montre les dangers réels et sérieux d'un monde où la machine remplace l'être humain dans de multiples travaux. Les gouvernements devraient d'abord et avant tout s'assurer que tous les citoyens aient un travail qui les valorise et leur permette de gagner leur vie. 

Mais revenons à la parabole de Jésus et écoutons ce que madame Christiane Cloutier Dupuis nous fait voir : 

"Jésus veut démontrer la façon dont Dieu exerce sa justice envers les humains. Ce Dieu, au-delà et en-deçà des règles terrestres est le Tout Autre qui habite le Royaume des cieux. Il connaît la situation de chaque personne et la juge en conséquence. Le Maître de la vigne, c’est YHWH. Et celui-ci, rappelle Jésus, choisit l’humain en fonction de qui il est et de ce qu’il est capable de faire pour travailler à sa vigne. Pour nous du 21e siècle, la vigne, c’est la planète Terre. Jésus montre que Dieu tient compte de facteurs comme la santé, la fragilité physique ou mentale, la force physique ou psychologique, le degré de résistance face à la vie, aux épreuves, échecs, etc. La parabole montre que Dieu demande seulement ce que l’ être humain est capable de réaliser et ne veut pas l’humilier. Le maître ne voulait pas qu’un de ses ouvriers sorte de sa vigne sur un brancard, incapable d’accomplir sa tâche de 12, 9, 6, ou de 3 heures. D’où le tri. Cette parabole décrit et révèle la délicatesse et la tendresse de Dieu envers les humains.

Quant au salaire égal, Jésus l’explique par la réponse du maître : « Mon ami, je ne te fais pas de tort ; n’as-tu pas convenu avec moi d’une pièce d’argent?... Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien? Ou alors ton œil est-il brisé/fracturé parce que je suis bon? » Le Maître récompense toute personne qui travaille à sa vigne, ne fut-ce qu’une heure si elle est incapable de faire plus, l’important étant de travailler à sa vigne. On doit aussi entendre ce maître qui dit « ton œil est-il fracturé/brisé ». La traduction « œil mauvais » ne respecte pas le terme utilisé en grec et donne un sens moral qui n’a jamais existé. Le maître, en utilisant ce terme trouve une excuse à l’ouvrier choqué et essaie de lui faire comprendre que c’est parce qu’il voit mal à cause d’un problème de vision qu’il n’arrive pas à comprendre son comportement à lui."

Cet évangile m'a permis de retracer dans ma mémoire un événement qui m'a beaucoup marqué. Lorsque je faisais mes études en Italie, j'ai visité une usine où on préparait la vente des endives. Des femmes debout toute la journée devant une sorte de tapis roulant, s'affairaient à retirer des endives qui passaient devant elles, ce qui n'était pas propice à la consommation. Toute le journée ces femmes reproduisaient le même mouvement machinal. Quelle vaillance, quel renoncement, quel courage et quelle persévérance ces femmes avaient chaque jour en se levant du lit et en sachant ce qui les attendait pour la journée. Tout cela dans le but de faire vivre leur famille. Comment Dieu voyait-il ces femmes ? Sûrement qu'il leur réservait un salaire juste là-haut dans le ciel. 

D'autres personnes ont fait de longues études et sont dans un domaine où elles peuvent exercer leur créativité tout en ayant un très bon salaire. Quelle différence de vie !

Le Dieu juste et bon saura donner le juste salaire à ses enfants.  

(1) https://www.interbible.org/interBible/cithare/celebrer/2026/a_ordinaire_25.html