jeudi 11 février 2016

Péguy et la Vierge Marie

Péguy et la Vierge Marie

  

Chers amis, si vous êtes des habitués de mon blogue, vous aurez peut-être trouvé étrange que je sois si silencieux depuis quelques jours. Il y a bien sûr des raisons à cela, mais il ne serait pas d’une grande utilité de vous exposer ces raisons.

 

En ce 11 février, nous nous rappelons la première apparition de Notre-Dame à Lourdes, en 1858. En 1992, le pape Jean-Paul II a fait du 11 février la « journée mondiale des malades ». Depuis plus de 150 ans, la Vierge Marie vient au secours des millions de pèlerins qui viennent la prier et demander son secours maternel, au pied des Pyrénées, à Lourdes. Il était donc logique et normal de faire de la fête de Notre-Dame de Lourdes, la Journée Mondiale des Malades.

 

En cette journée mariale, je désirais honorer à ma façon la Mère de Dieu et notre Mère. J’ai décidé de le faire en citant un merveilleux texte de Charles Péguy sur la Vierge Marie. Dans l’œuvre admirable de Péguy, intitulée « Le porche du mystère de la deuxième vertu », Péguy s’exprime ainsi:

 

« Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.   … Et où il faut monter, monter encore, monter toujours, toujours plus haut, aller encore. Jusqu’à la dernière sainteté, la dernière pureté, la dernière beauté, le patronage dernier.  …

 

Alors il faut prendre son courage à deux mains. Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.

 

Être hardi. Une fois. S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle. Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.

 

À celle qui intercède. La seule qui puisse parler avec l’autorité d’une mère.

 

S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure. Parce qu’aussi elle est infiniment douce.

 

À celle qui est infiniment noble. Parce qu’aussi elle est infiniment courtoise. Infiniment accueillante. Accueillante comme le prêtre qui au seuil de l’église, va au-devant du nouveau-né jusqu’au seuil. Au jour de son baptême. Pour l’introduire dans la maison de Dieu.

 

À celle qui est infiniment riche. Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.

 

À celle qui est infiniment haute. Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.

 

À celle qui est infiniment grande. Parce qu’aussi elle est infiniment petite. Infiniment humble. Une jeune mère.

 

À celle qui est infiniment jeune. Parce qu’aussi elle est infiniment mère.

 

À celle qui est infiniment droite. Parce qu’aussi elle est infiniment penchée.

 

À celle qui est infiniment joyeuse. Parce qu’aussi elle est infiniment douloureuse.

 

Septante et sept fois septante fois douloureuse.

À celle qui est infiniment touchante. Parce qu’aussi elle est infiniment touchée.

 

À celle qui est toute Grandeur et toute Foi. Parce qu’aussi elle est toute Charité.

 

À celle qui est tout Foi et toute Charité. Parce qu’aussi elle est toute Espérance. » (1)

 

 

(1) Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu, dans Péguy Oeuvres poétiques complètes, Éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, pp. 566 -569.

 


 

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