dimanche 5 septembre 2021

Églises jumelles à Rome : Santa Maria di Loreto et Santissimo Nome di Maria

 Églises jumelles à Rome : 

Santa Maria di Loreto 

et 

Santissimo Nome di Maria

Dans les blogues précédents, j'ai parlé du Sanctuaire marial de Loreto (Lorette). J'ai dédié ces blogues à mes confrères Oblats de la Vierge Marie en vue de la fête patronale de notre Congrégation qui a lieu à chaque année le 12 septembre, en la fête du Saint Nom de Marie. J'ai indiqué dans ces blogues que le 12 septembre est aussi une date importante pour la dévotion à la Vierge de Loreto. 

Un de mes confrères Oblats de la Vierge Marie, nommé John Wykes, à qui j'ai envoyé mes blogues sur Loreto, m'a dit que cela lui a permis de découvrir qu'il y a une église dédiée à Notre-Dame de Loreto à Rome. Je viens de vérifier cette information grâce à l'internet, et j'ai fait une autre découverte intéressante: l'église de Notre-Dame de Lorette et l'église du Très Saint Nom de Marie, sont des églises jumelles à Rome. 

Église Notre-Dame de Lorette à gauche 
et église Saint-Nom de Marie à droite

 Chiesa Santa Maria di Loreto al Foro Traiano a Roma

Église Sainte Marie de Lorette, au Forum de Trajan à Rome

Chiesa del Santissimo Nome di Maria al Foro Traiano a Roma
Église du Très Saint Nom de Marie au Forum de Trajan à Rome


 
Intérieur de l'église du Très Saint Nom de Marie, à Rome





 

vendredi 3 septembre 2021

Loreto : maison de la Sainte Famille (5)

  Loreto: maison de la SainteFamille (5) 

Conclusion

Vous vous êtes peut-être demandés pourquoi j'ai donné aux cinq derniers blogues, le titre suivant : "Loreto : maison de la Sainte Famille". Car jusqu'à maintenant, nous n'avons parlé que de la présence de la Vierge Marie dans cette maison. Mais nous avons toutes les raisons de croire que Marie et Joseph ont vécu dans cette maison qui appartenait, avant qu'ils ne l'habitent, à Joachin et Anne, les parents de Marie. Il est tout à fait normal que la Vierge Marie ait voulu habiter dans le lieu où elle est devenue la Mère de Dieu. Dans cette maison a grandi Jésus. qui y a vécu une vie cachée durant trente ans. On peut aussi imaginer que Saint Joseph est mort dans cette maison. 

Le pape Jean-Paul II est allé cinq fois à Lorette durant son pontificat. Sa première visite a eu lieu en 1979. Voici quelques extraits de l'homélie qu'il a prononcée le jour de la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre 1979 :  

VISITE AU SANCTUAIRE DE LORETTE

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

8 septembre 1979

"Ta naissance, ô Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie au monde entier !".

Voilà, c'est aujourd'hui le jour de cette joie. Le 8 septembre, neuf mois après la fête de l'Immaculée Conception de la Mère du Fils de Dieu, l'Église commémore le souvenir de sa naissance... 

Dès le début de mon pontificat j'ai éprouvé ardemment le désir de venir en ce lieu ; j'ai toutefois préféré attendre ce jour, celui de la présente fête. 

Le culte rendu en cette terre à la Mère de Dieu est. selon une antique et vivante tradition, lié à la Maison de Nazareth. La maison où, comme rappelle aujourd'hui 1'Evangile, Marie vécut après son mariage avec Joseph. La maison de la Sainte Famille... Toutefois, comme nous le savons, la maison de Nazareth ne fut pas le lieu où naquit le Fils de Marie et Fils de Dieu. Tous les prédécesseurs de Jésus qui figurent dans la généalogie présentée dans 1'Evangile selon saint Mathieu lu aujourd'hui sont vraisemblablement venus au monde sous un toit. A lui, cela n'a pas été donné. Il est né à Bethléem, comme un exilé, dans une étable. Et il lui fut impossible de venir dans la maison de Nazareth, à cause de la cruauté d'Hérode. Pour cela il dut fuir de Bethléem pour gagner l'Égypte ; ce n'est qu'après la mort du roi que Joseph osa ramener Marie et l'Enfant dans la maison de Nazareth.

Et depuis ce moment cette maison fut centre de la vie quotidienne, le lieu où se déroula la vie cachée du Messie, la maison de la Sainte Famille. Elle fut le premier temple, la première église sur laquelle, avec sa maternité, la Mère de Dieu fit rayonner sa lumière. Elle l'illumina de la lumière émanant du grand mystère de l'Incarnation ; du mystère de son Fils.

Voici aussi, ci-dessous un très beau texte du pape Benoît XVI, lors de sa venue à Lorette en 2012. Le pape parle du fait qu'à Lorette, la Sainte Maison s'est posée au beau milieu d'une rue :  

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Place Madonna di Loreto
Jeudi 4 octobre 2012

La foi nous fait habiter, demeurer, mais nous fait aussi marcher sur le chemin de la vie. À ce propos aussi, la Sainte Maison de Lorette nous donne un enseignement important. Comme nous le savons, elle était située sur une route. La chose pourrait apparaître plutôt étrange : de notre point de vue en effet, la maison et la route semblent s’exclure. En réalité, justement sur cet aspect particulier, un message singulier est gardé dans cette maison. Elle n’est pas une maison privée, elle n’appartient pas à une personne ou à une famille, mais elle est au contraire une habitation ouverte à tous, qui est, pourrait-on dire, sur notre chemin à tous. Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l’humanité rachetée. (cf. Ap 21, 3).

Je n'ai pas beaucoup parlé de la translation effectuée par des anges. Or les papes et les documents de l'Église, ont toujours cru à ce fait miraculeux. Ce n'est pas pour rien que le pape Benoît XV, en 1920, a déclaré la Vierge de Lorette "Patronne des aviateurs et de toutes les personnes qui voyagent en avion". Et le pape François, l'an dernier, en 2020, a décrété une année jubilaire pour le Sanctuaire de la Sainte Maison, en l'honneur du centenaire de la proclamation de la Vierge de Lorette comme patronne des aviateurs et des voyageurs en avion. 

J'ai commencé ces cinq blogues sur "Lorette : Maison de la Sainte Famille ", en disant que je les dédiais en particulier à mes confrères Oblats de la Vierge Marie, en prévision de notre fête patronale du 12 septembre : la fête du Saint Nom de Marie. Or le 12 septembre est une date importante pour la dévotion à la Vierge de Lorette. Plusieurs personnes savent que la prière du Rosaire a obtenu une victoire capitale contre les Turcs (Musulmans) à Lepante, en 1571. Sans cette victoire, l'Europe n'aurait plus été de confession chrétienne, mais musulmane. Mais peu nombreux sont les gens qui savent qu'une victoire semblable a été gagnée un siècle plus tard, à Vienne, le 12 septembre 1683. Une fois de plus, l'Europe fut menacée par l'invasion des Turcs et la victoire a été remportée grâce à la dévotion envers la Vierge de Lorette. 

Les deux grands responsables de la victoire contre les Turcs, sont le roi de Pologne, Jean Sobieski et le Capucin Marc d'Aviano. Une fois l'armée polonaise victorieuse, le peuple s'est rassemblé dans l'église de la Vierge de Lorette à Vienne. Une messe fut dite, durant laquelle Sobieski resta à genoux, comme absorbé. 

À la fin de la messe, les gens ne savaient pas trop par quel chant ou par quelle invocation conclure. Sobieski s'écria alors d'une voix forte : "Non nobis, Domine, non nobis " ("Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous") et les prêtres de répondre en pleurant : "Sed nomini tuo da gloriam" ("Mais à ton nom donne la gloire") (1). Ces phrases sont tirées de la Bible : 

"Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire" (Psaume 113b, verset 1). 

À l'approche de notre fête patronale du 12 septembre, fête du Saint Nom de Marie, je désire dire aussi à notre Mère du ciel :  

"Non pas à nous, Vierge Marie, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire." 

Quand le pape Innocent XI apprit le siège de Vienne qui avait commencé en juillet 1683, sachant que si Vienne tombait aux mains des Turcs, ce serait au tour de Rome d'être assiégée, il institua un jubilé extraordinaire pour implorer de Dieu le salut. Entre le 11 et 12 septembre, l'armée européenne, en nombre très réduit comparativement à l'armée des Turcs, donna l'attaque au front ottoman. Les nombreuses prières adressées à la Vierge Marie ont fait en sorte que la Ligue Sainte a réussi à vaincre l'énorme armée ottomane. Le pape Innocent XI, pour remercier la très Sainte Vierge Marie, proclama la fête du Très Saint Nom de Marie. (2)

 

(1) Federico Catani, Il Miracolo della Santa Casa di Loreto, Éditions Luci sull'Est, p. 115.

(2)https://www.diocesidiroma.it/alla-scoperta-della-chiesa-del-santissimo-nome-di-maria-al-foro-traiano/ 


mercredi 1 septembre 2021

Loreto : maison de la Sainte Famille (4)

   Loreto : maison de la Sainte Famille (4)

Maison de la Sainte Famille à Loreto, en Italie

Miracles survenus dans la Maison de la Sainte Famille : 

Le livre de Federico Catani rapporte de nombreux miracles qui sont survenus dans la Maison de la Sainte Famille. Je vais en rapporter quelques uns. 

Deux futurs papes et un pape, guéris miraculeusement :  

"Le futur pape Paul II, Pietro Barbo, alors qu'il était cardinal et qu'il assistait le pape Pie II dans sa maladie, fut frappé par la peste. Alors qu'il priait entre les murs de la Sainte Maison, la Madone lui apparut et le grérit. Elle lui annonça à l'avance son élection prochaine au trône pontifical ; cela survint et même au premier tour de scrutin du conclave, le 30 août 1464. Paul II, en signe de gratitude et pour attester explicitement le miracle, dédia sa première encyclique justement à la Vierge de Lorette.  

Jules II qui, le 21 octobre 1507, émit une bulle dans laquelle il confirma les indulgences concédées par ses prédécesseurs et confirma les miraculeuses translations d'abord en Dalmatie et ensuite en Italie, fut miraculé par la Vierge de Loreto, qui lui sauva la vie durant la bataille de Mirandola. Le pape visita le sanctuaire et célébra la messe au jour de la Nativité de Marie en 1510. Il donna en outre comme ex voto, le boulet de canon dont il fut sauvé. Se référant à l'insigne relique, le pape Della Rovere (NDLR: le pape Jules II) écrivit entre autres "que non seulement l'image de la Bienheureuse Vierge se trouve dans cette église, ut pie creditur et fama est", conformément à la tradition, mais ici aussi se trouve la chambre où la Bienheureuse Vierge fut conçue, a grandi, fut saluée par l'Ange, conçut du Saint Esprit le Sauveur du monde, nourrit et éleva le divin Fils, et où ravie par les choses célestes, elle se tenait en prière, et que cette chambre fut transformée par les apôtres en chapelle dédiée à la Bienheureuse Vierge, où fut célébrée la première messe.(1)

Giovanni Maria Mastai Ferretti (qui deviendra le pape Pie IX en 1846) aurait voulu devenir prêtre mais le fait de souffrir d'épilepsie l'empêchait de choisir cet état de vie. Le pape Pie VII aimait beaucoup le jeune homme et lui a dit qu'il guérirait s'il décidait de consacrer sa vie totalement à Dieu. Encouragé par ces paroles, Giovanni Maria se rendit à Loreto pour demander sa guérison à la Vierge et fit le voeu d'embrasser la vie ecclésiastique s'il guérissait. Et la Vierge de Loreto l'a guéri. Une fois devenu pape, il prit le nom de Pie IX et il écrivit en 1852, une bulle pour honorer la Vierge de Loreto. La bulle a pour titre: "Inter Omnia". Ce sont les tous premiers mots de la Bulle. Les mots "inter omnia" signifient : "Entre tous". Voici des extraits de cette bulle : 

"Parmi tous les sanctuaires consacrés à la Mère de Dieu, la Vierge Immaculée, un occupe le premier rang et brille d'un éclat incomparable: la vénérée et très auguste Maison de Lorette ...  À Lorette en effet, on vénère cette Maison de Nazareth, si chère au Coeur de Dieu, qui fut fabriquée en Galilée, et qui fut plus tard arrachée de ses fondations et, par la puissance divine, fut transportée très loin, outre mer, d'abord en Dalmatie, puis en Italie. Et précisément dans cette Maison, la Très Sainte Vierge, par une disposition divine et éternelle, demeura parfaitement épargnée de la faute originelle, a été conçue, est née, a grandi, et le messager céleste l'a saluée comblée de grâce, et bénie entre toutes les femmes. Et précisément dans cette maison... elle est devenue la Mère du Fils unique de Dieu." (2)

Un exorcisme nous renseigne

"Est digne de mention l'exorcisme grâce auquel il fut possible de savoir où étaient exactement la Très Sainte Vierge et l'Ange Gabriel au moment de l'Annonciation. En 1489, le noble Pierre Orgentorix, de Grenoble, fit une tentative pour libérer son épouse Anna, possédée de sept démons. En France, malgré les exorcismes, il n'eut aucun succès. La famille est donc descendue in Italie, en particulier dans la Cité Sainte de Rome, mais sans résultat. Ils se sont alors dirigés vers le sanctuaire de Loreto. Eh bien, les exorcismes pratiqués dans la Sainte Maison, furent efficaces - aux dires même des démons - grâce à la Madone, particulièrement puissante en ce lieu, qui fut vraiment sa demeure. Non seulement cela, mais le prêtre exorciste obligea le dernier démon qui sortit du corps de la pauvre femme, de dévoiler l'endroit exact où étaient Marie et l'ange au moment de l'Incarnation. Le démon déclara que la Très Sainte Vierge se trouvait un peu plus loin que l'autel, du côté gauche, alors que Gabriel, s'est arrêté du côté droit de la fenêtre, en maintenant une certaine distance par respect pour la pureté immaculée de la Madone." (3)  

Visites extraordinaires du Père Pio de Pietrelcina 

"En parlant des miracles, on ne peut pas ne pas faire allusion à saint Pio de Pietrelcina, qui fut durant toute son existence un véritable "miracle vivant". 

Même s'il ne s'est jamais rendu à Loreto, le Père Pio a toujours eu une très grande dévotion envers la Sainte Maison, et il recommandait à plusieurs de s'y rendre pour prier. 

Il dit à un de ses fils spirituels : "Si tu entrais un seul instant dans cette Maison, tu mourrais à cause de la grande émotion que tu éprouverais." Et à un autre, le Père expliqua : "À Lourdes, la Madone est apparue ; à Lorette, elle s'y promène."

Toutefois, comme en a témoigné le Père Capucin Remigio da Cavedine, qui a été pendant quelques années le gardien de la Sainte Maison de Lorette, le stigmatisé de Gargano avait l'habitude d'arriver dans la demeure de la Madone de manière tout à fait extraordinaire : quand, à 21 heure de chaque jour, le Père Remigio récitait le Rosaire dans la Sainte Maison, il voyait arriver le Père Pio, qui restait là tout le temps de la prière. Quelqu'un lui demanda : "Père Remigio, comment pourrais-je voir le Père Pio ?" Et celui-ci répondit : "Je ne sais pas si le Seigneur permettra que tu le vois, mais regarde les chaînes posées sur les côtés des barrières, tu les verra bouger sur son passage."

Et quand en 1958, un membre de la fraternité des Capucins de Loreto alla en pèlerinage à San Giovanni Rotondo, il dit au Père Pio : "Père, continuez à venir nous visiter dans la Sainte Maison". Le saint se mit à sourire et à acquiescer d'un geste de la tête." (4)


(1) Federico Catani, Il Miracolo della Santa Casa di Loreto, Éditions Luci sull'Est, pp. 86-87. 

(2) Ibid, p. 90-91.

(3) Ibid, pp. 43-44

(4) Ibid, p. 46


Loreto : maison de la Sainte Famille (3)

  Loreto : maison de la Sainte Famille (3)

Translation de la Sainte Maison, Annibale Carracci (1605),

Les cinq translations : 

Avant d'arriver à Lorette, la sainte demeure s'est posée à quatre endroits. Pour cette raison, on parle des cinq translations de la Maison de Lorette. Voici les cinq lieux où s'est posée la maison de la Sainte Famille: 

1- À Trsat, en Croatie de la nuit du 10 mai 1291 à la nuit du 10 décembre 1294.

2- La Sainte Maison arrive en Italie à Ancône, dans la région des Marches. C'est dans cette région qu'ont eu lieu les quatre dernières translations. À cette époque, Ancône était le port le plus important de l'État Pontifical. La maison serait arrivée dans la nuit du 10 décembre 1294 et sa présence en ce lieu aurait duré neuf mois en l'année 1295. Tout cela a été attesté par un document signé par don Matteo, recteur et chanoine de l'Église de saint Onufre. 

3- Toujours en 1295, la maison serait apparue dans un bois situé dans la zone de Recanati et derrière la station ferroviaire actuelle de Lorette. Ce bois appartenait à une dame appelée Loreta. La maison y est restée quelques mois. Donc, elle fut présente en ce lieu en 1295 et 1296. 

4- En 1296, les trois murs arrivèrent sur le mont Prodo, face au lieu où se trouve actuellement le Sanctuaire, sur un terrain appartenant à deux frères : Simon et Stéphane Rinaldi. Beaucoup de pèlerins affluèrent et les deux frères en profitèrent pour faire de l'argent, Par avidité, ils entrèrent en litige. La situation devint si dramatique que la commune de Recanati se tourna vers le pape Boniface VIII pour résoudre le problème. Il fut question d'exproprier le terrain appartenant aux deux frères et d'en faire un terrain public, mais ce ne fut pas nécessaire car la Sainte Maison, durant le mois de décembre de l'année 1296, quitta ce lieu pour se poser à l'endroit où on peut la vénérer aujourd'hui. 

5- À la fin de l'année 1296, la Sainte Maison, par le ministère des anges, vint se poser au milieu d'un chemin public qui reliait Recanati avec Ancône et Porto Recanati (1).Les trois murs sans fondation, se sont posés sur une route. C'est là que se trouve actuellement la maison, sous la coupole de la basilique actuelle. 

Il est important d'avoir souligné ces cinq translations car elles sont attestées historiquement. Les endroits où la maison est restée pendant une période assez prolongée, ont tous un ou des églises en l'honneur de celle que nous nommons désormais la Vierge de Lorette. C'est le cas en particulier du premier lieu où la maison s'est posée : à Trsat, en Croatie. Les gens de cette région ont toujours pleuré le départ de la Sainte Maison. Presque trois siècles après son départ, en 1559, un pèlerinage de 500 personnes s'est rendu à Lorette. Tous ces gens, à genoux, un cierge allumé en mains, répétaient à voix haute: "Retournez, retournez chez nous, Marie, retournez, pourquoi nous abandonnez-vous ?(2)

Le rappel de ces cinq translations est important aussi pour la raison suivante : si, à première vue, ces cinq déplacements de la maison semblent incroyables et peuvent représenter un obstacle majeur à adhérer à la vérité de l'existence toujours actuelle de la Maison de la Sainte Famille, à y regarder avec plus d'attention, ces cinq translations constituent un signe très fort en sa faveur. Car si les mêmes murs, ayant la même superficie et sans fondations, sont disparus en un instant d'un lieu pour apparaître en un autre lieu, il ne peut s'agir que d'événements miraculeux. Et que ce soit des anges qui aient rendu ce service au Dieu Tout-Puissant, cela me semble tout à fait normal. Tout déplacement de maison, suppose un transport. Il me semble normal que Dieu ait respecté cette façon de faire.  

Maison de la Sainte Famille, dans la basilique de Lorette

La première chose qui saute aux yeux, quand nous entrons dans la grande basilique de Lorette, et que nous posons les yeux sur la maison de la Sainte Famille, c'est de la voir recouverte de marbre. Il y a là un choc à coup sûr. Telle n'est pas l'idée que nous nous faisons tous de la maison de Jésus, Marie et Joseph. La raison en est que la maison a été entourée d'une structure de marbre dessinée par un artiste nommé Donato Bramante, que le pape Jules II a envoyé à Lorette pour donner de la splendeur à la maison de Nazareth. Il est à noter que les murs de la maison de la Sainte Famille, ne touchent pas à ce revêtement de marbre. 


(1) Federico Catani, Il Miracolo della Santa Casa di Loreto, Éditions Luci sull'Est, pp 64-65. 

(2) Ibid, p. 58. 

mardi 31 août 2021

Loreto : maison de la Sainte Famille (2)

 Loreto : maison de la Sainte Famille (2)

Je suis du nombre de ceux et celles qui croient que la Vierge Marie est apparue à plusieurs reprises sur terre depuis son Assomption au ciel. Je crois à toutes les apparitions mariales qui ont eu lieu au cours des siècles : Guadalupe (1531), La rue du Bac (1830), La Salette (1846), Lourdes (1858), Fatima (1917), pour ne nommer que celles-là. Pourquoi la Vierge Marie est-elle apparue à ces endroits. Elle est apparue à chaque fois par obéissance à Dieu qui désirait qu'un sanctuaire marial soit érigé à l'endroit des apparitions pour que que notre Père du ciel puisse combler de faveurs, de grâces et de guérisons ses enfants bien-aimés. Voilà la raison de ces sanctuaires mariaux, de ces Temples, de ces "maisons de prière", selon l'expression que Jésus a employée pour désigner le Temple de Jérusalem (Lc 19, 46). 

Pourquoi Dieu a-t-il voulu que les murs dans lesquels a vécu la Sainte Famille ne soient jamais détruits ? Il faut admettre que c'est pour la même raison : pour combler de grâces les gens qui iront prier en leur sein. Que répondriez-vous à la question suivante : "Quel est le sanctuaire marial le plus important sur la planète ? " Je pense que la réponse de chacun de vous risquerait d'être subjective. Vous pourrez lire dans un instant, la réponse de saint Jean-Paul II à cette question. 

Le livre de Federico Catani, intitulé "Le Miracle de la Sainte Maison de Lorette" (dont vous avez au début de ce blogue, l'image de la page couverture du livre), commence ainsi : 

"Le 15 août 1993, dans la lettre qu'il a envoyée à l'occasion du VIIème centenaire du Sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette, le pape Jean-Paul II l'a définie comme étant le "premier Sanctuaire de portée internationale dédiée à la Vierge et, durant plusieurs siècles, le vrai coeur marial de la Chrétienté." (1)

Ce sont des paroles très fortes de Jean-Paul II. J'ai été voir ce texte sur le web et je m'étonne que monsieur Catani n'ait pas mis aussi dans son livre, la phrase qui suit immédiatement celle qu'il a reproduite. Le pape y dit :  

"La Sainte Maison de Lorette n'est pas seulement une "relique", mais aussi une précieuse "icône" concrète.(1)

Cette dernière phrase de saint Jean-Paul II, est encore plus forte que les précédentes. Jean-Paul II n'hésite pas à dire que la Sainte Maison de Lorette, est une "relique". Les papes n'ont jamais voulu dire publiquement que le Saint Suaire de Turin est une "relique", c'est-à-dire qu'il a réellement touché le corps inerte de Jésus ; mais Jean-Paul II n'hésite pas à dire que la Sainte Maison de Lorette "EST UNE RELIQUE".

Pourquoi la maison de la Sainte Famille a-t-elle été déplacée ?

Il est clair que Dieu a permis le déplacement de cette maison pour qu'elle ne soit jamais détruite car dans cette maison ont eu lieu quelques uns des plus grands mystères de notre foi. Si la maison était restée à Nazareth, elle aurait très probablement été détruite par les Musulmans. En 1291, lors de la dernière croisade, les Turcs ont finalement vaincu les Croisés à la fin du mois de mai 1291. Mais quelques jours avant cette victoire finale, dans la nuit du 10 mai 1291, les murs de la maison de la Sainte Famille ont été arrachés de leur fondation et se sont retrouvés à Trsat, dans la province de l'Istrie, en Croatie, de façon inexplicable. Tout cela est documenté. À Nazareth, la maison de la Sainte Famille était appuyée à un rocher qui constituait en quelque sorte un mur naturel et le quatrième mur de la maison. Ce sont les trois murs de construction humaine qui se sont retrouvés cette nuit-là en Croatie et se sont posés au sol sans être appuyés sur aucune fondation. Les pèlerins qui sont allés à Nazareth après le 10 mai 1291, n'ont jamais pu voir les murs de la maison de la Sainte Famille. Il est donc plus exact de parler de la translation des trois murs de la maison, plutôt que de la maison elle-même, dans son entier. 

La maison de la Sainte Famille aurait ressemblé à ceci

Le témoignage de la Vierge Marie elle-même 

" Selon ce qui a été relaté par le Franciscain Istrien, Francesco Glavinich, dans son Histoire de Trsat, au matin du 10 mai 1291, des bûcherons aperçurent dans la clairière de la forêt qui était présente à cette époque sur ce territoire, un édifice qu'ils n'avaient jamais vus auparavant : il s'agissait d'une petite maison avec un autel à l'intérieur. Ce fait ne passa pas inaperçu et la nouvelle de la découverte fut rapidement répandue jusqu'à arriver au curé de la zone, don Alessandro Giorgiewich, qui était au lit, gravement malade d'hydropisie. Désirant voir de ses propres yeux le petit édifice arrivé mystérieusement sur le territoire de sa paroisse, le prêtre pria la Madonne, qui lui apparut pour le guérir et l'informer du fait que les murs en question, étaient ceux de la demeure de Nazareth, soustraits à la profanation des infidèles. 

"Sache - dit la Très Sainte Vierge Marie - que je suis née dans cette maison et que j'y ai grandi lors de ma petite enfance, Ici, à l'annonce de l'archange Gabriel, j'ai conçu le divin Fils par l'opération du Saint Esprit. Ici, le Verbe s'est fait chair. Les Apôtres ont consacré cette demeure et y ont célébré l'auguste sacrifice... Dieu, à qui rien n'est impossible, est l'auteur de ce prodige, et afin que tu en sois le témoin et l'apôtre, profite de la guérison. Ton retour à la santé de façon imprévue, après une longue maladie, donnera crédibilité à ce miracle." (2)

Vérifications 

Le vice-roi de la zone, Nicolas Frangipani, voulut vérifier les faits : 

"Étant donné le caractère exceptionnel de ce qui venait d'arriver, le vice-roi de la zone, Nicolas Frangipani, envoya à Nazareth une délégation de quatre hommes, parmi lesquels il y avait don Alessandro, pour s'assurer qu'il s'agissait vraiment de la Sainte Maison de la Madonne. Les envoyés purent constater que dans la Basilique de l'Annonciation, les murs de la maison où lieu l'Incarnation, n'étaient plus là ; il ne restait que les seules fondations, dont le périmètre concordait exactement avec celui des murs arrivés à Trsat. Tout fut mis par écrit, avec un acte notarié, et conservé." (3)

(1)https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/letters/1993/documents/hf_jp-ii_let_19930815_mons-macchi.html

(2) Federico Catani, Il Miracolo della Santa Casa di Loreto, Éditions Luci sull'Est, pp. 55-56.

(3) Ibid, p. 56.  


samedi 28 août 2021

Loreto : maison de la Sainte Famille (1)

 Loreto : maison de la Sainte Famille (1)

Maison de la Sainte Famille à Loreto, en Italie

Samedi le 28 août 2021

  En l'année de la Sainte Famille. 


"Les murs de la Sainte Maison vibrent encore du "oui" qui a recréé l'univers." (Le Serviteur de Dieu Enrico Medi, homme de science et homme politique)


Je dédie les cinq prochains blogues d'abord et avant tout à mes confrères Oblats de la Vierge Marie. Je les dédie aussi, bien sûr, à tout être humain qui vit sur notre planète et qui voyagera en Italie durant sa vie.  

Je dédie ce blogue aux Oblats de la Vierge Marie car notre fête patronale approche à grands pas. Notre fête patronale est le "Saint Nom de Marie", célébrée à chaque année le 12 septembre. Or la date du 12 septembre est intimement liée à la dévotion envers la Vierge de Loreto, comme je le montrerai ci-dessous. 

Ce blogue a pour but de vous aider à croire que les trois murs qui se sont posés miraculeusement sur le sol européen, sont véritablement les trois murs de la maison de la Sainte Famille qui vécut à Nazareth. Je sais que cette affirmation peut sembler farfelue et très naïve à plusieurs d'entre vous, sinon à tous. Mais je dois dire qu'aujourd'hui, en cette année dédiée par le pape François à la Sainte Famille, je crois à cet acte de bonté extraordinaire de la part de notre Dieu en trois Personnes. 

Quand je pense que je suis allé voir cette maison et que j'ai prié dans cette maison quand j'étais séminariste, mais en ne croyant pas du tout à la vérité de la translation miraculeuse des trois murs originaux de la maison de la Sainte Famille, j'éprouve une réelle tristesse. Comme j'aurais aimé savoir ce que je sais maintenant ! Comme j'aurais aimé qu'un des religieux qui ont la charge de veiller sur ce lieu béni, vienne me dire au moins quelques mots sur les faits qui se sont passés au cours des siècles, en rapport avec cette maison. Comme j'aurais prié différemment et avec une foi épurée et confiante ! Mais ce n'est pas le cas ; et je ne retournerai probablement pas prier dans cette maison de mon vivant. Mais par les blogues qui suivent, je veux m'assurer que quiconque les lira, mettra sa foi dans cet acte extraordinaire de notre Dieu, de sorte que s'il ou elle se rend un jour en Italie, il ou elle ira prier avec foi dans cette maison pour y recevoir les grâces que Dieu accorde à toute âme qui croit profondément en lui.  

La Tradition enseigne que les murs de la maison de la Sainte Famille ont été transportés par des anges en territoire européen. De nombreux papes et saints de l'Église ont cru à la divine translation de ces murs bénis et saints. Je parlerai de quelques uns d'entre eux dans les prochains blogues. Le transfert des murs de la maison de la Sainte Famille par des anges est la pierre d'achoppement qui fait en sorte que des gens ne croient pas à cette vérité pourtant très bien documentée. Ces anges transporteurs de la sainte maison, sont précisément ce qui m'a empêché de croire que les murs dans lesquels j'ai prié durant les années 70 ou 80, étaient les murs qui ont abrité la Sainte Famille. Quel dommage !

Qu'est-ce qui explique le plus grand de tous les miracles, le miracle qu'est l'Eucharistie ?  

« L’Eucharistie a sa naissance dans l’amour ; c’est le motif qui explique tout… C’est là la meilleure manière de dire d’où vient l’Eucharistie. » (1) 

Je pense qu'il faut donner la même raison pour expliquer la translation de la maison de la Sainte Famille. À partir du moment où l'on croit que Dieu est le meilleur des papas et un papa qui est Tout-Puissant et infiniment bon, toutes les folies amoureuses d'un tel Dieu sont possibles. 

J'ai déjà écrit un blogue sur la maison de Loreto. Vous pouvez lire ce blogue en cliquant sur les mots suivants : Les signes que Dieu nous donne 

Après avoir écrit ce blogue, j'ai désiré me procurer le livre le plus complet, selon moi, sur le sujet : "Il Miracolo della Santa Casa di Loreto, par Federico Catani. Il n'est pas facile de se procurer ce livre au Canada. J'ai donc demander à un confrère qui habite à Rome d'acheter ce livre pour moi et de me l'envoyer par la poste. Je remercie ce confrère d'avoir exaucé ce désir. Ce livre est presque une thèse de doctorat qui a pour but de montrer que la translation de la maison de la Sainte Famille est bien réelle et qu'elle constitue un événement historique extraordinaire. Je viens de terminer la lecture de ce livre et je puis dire en toute vérité que je crois fermement en la translation de la maison de la Sainte Famille par des anges. Pour 

Pour vous aider à croire en la vérité de la translation par des anges des trois murs de la Sainte Maison de Nazareth, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous. Une des sommités internationales concernant la Sainte Maison de Nazareth, le professeur Giorgio Nicolini, répond aux questions d'un journaliste.   

Di Maurizio Socci: La Traslazione Miracolosa della Santa Casa di Loreto, un mistero su cui a distanza di secoli dibattono esperti di livello ...
YouTube · ÈTv Marche · 14 nov. 2012

Voir aussi : 

Note importante : si vous cliquez sur le lien ci-dessous, on vous dira comment obtenir la traduction française de l'article. 

8 déc. 2019 — Nel 1291 la prima delle cinque traslazioni che portarono la Santa Casa da Nazaret a Loreto, dove giunse nel 1296, posta dagli angeli su una ...


(1) Raniero Cantalamessa, L'Eucharistie notre sanctification, Éditions Saint-Augustin, p. 17.

(suite au prochain blogue)

Sainte Monique, patronne des OÏKOS

 Sainte Monique, patronne des OÏKOS

Image : sainte Monique et saint Augustin, peinture d'Ary Scheffer, détail.

Nous fêtons ces jours-ci en Église, une mère et son fils : hier nous fêtions sainte Monique et aujourd'hui nous fêtons saint Augustin, son fils devenu évêque d'Hippone, ville qui se nomme aujourd'hui "Annaba"dans le nord-est de l'Algérie. 

Je me plais à considérer sainte Monique comme la patronne des OÏKOS. 

Le mot "oïkos" est un mot grec qui signifie "maison". 

Un des signes des temps de notre époque, c'est cette prolifération de nouvelles façons d'évangéliser les gens, de porter la Bonne Nouvelle qu'est Jésus aux hommes et aux femmes de notre temps. L'appel de Jean-Paul II à mettre à exécution une nouvelle évangélisation, a été entendu : une évangélisation "nouvelle dans ses méthodes, dans son ardeur et dans ses expressions".

Les Cellules Paroissiales d'Évangélisation (CPÉ) sont une des nouvelles méthodes d'évangéliser. Une cellule est constituée de huit membres tout au plus. Elle se réunit une fois par semaine. Une des actions de la CPÉ, consiste en ceci : chaque membre de la cellule, est invité à prier à tous les jours pour son OÏKOS, c'est-à-dire pour deux ou trois personnes parmi ses proches, qu'il entend conduire au Christ. La prière est le moyen principal qu'utilise le membre d'une CPÉ pour obtenir la conversion des personnes de son OÏKOS. Rendre service aux personnes de son OÏKOS est aussi un moyen de les attirer éventuellement à Jésus. 

Tout cela est un travail ou plutôt un apostolat de longue haleine. Cela peut durer des années. Et le grand danger, c'est de se décourager quand nous ne voyons pas les fruits de notre prière et de notre service. C'est en cela que sainte Monique est un exemple extraordinaire. Par ses prières, ses sacrifices et son amour, elle a d'abord obtenu la conversion de son mari qui était païen et qui s'est converti à Dieu peu de temps avant de mourir. La conversion de son fils Augustin a nécessité plus de temps. Mais une fois de plus, Monique, grâce à ses prières, a obtenu la conversion de son fils qui, après des années d'égarements, s'est définitivement donné à Dieu et est devenu un des plus grands évêques de l'histoire de l'Église. Mais pour obtenir des grâces aussi insignes, Monique avait prié durant vingt ans. 

27 Août

Sainte Monique

Mère de saint Augustin
(332-388)

Sainte Monique
Sainte Monique

A l'heure où sont trop oubliés les devoirs de la jeune fille, de l'épouse et de la mère chrétiennes, il est utile de rappeler les vertus de cette admirable femme. Ce que nous en savons nous vient de la meilleure des sources, son fils Augustin.

Monique naquit à Tagaste, en Afrique, l'an 332. Grâce aux soins de parents chrétiens, elle eut une enfance pure et pieuse, sous la surveillance sévère d'une vieille et dévouée servante.

Encore toute petite, elle aimait aller à l'église pour y prier, elle cherchait la solitude et le recueillement; parfois elle se levait même la nuit et récitait des prières. Son coeur s'ouvrait à l'amour des pauvres et des malades, elle les visitait, les soignait et leur portait les restes de la table de famille; elle lavait les pieds aux pauvres et aux voyageurs. Toute sa personne reflétait la modestie, la douceur et la paix. A toutes ces grâces et à toutes ces vertus, on aurait pu prévoir que Dieu la réservait à de grandes choses.

Dieu, qui a Ses vues mystérieuses, permit cependant qu'elle fût donnée en mariage, à l'âge de vingt-deux ans, à un jeune homme de noble famille, mais païen, violent, brutal et libertin, presque deux fois plus âgé qu'elle, et dont elle eut beaucoup à souffrir, ainsi que de sa belle-mère.

Dans cette situation difficile, Monique fut un modèle de patience et de douceur; sans se plaindre jamais, elle versait en secret les larmes amères où se trempait sa vertu. C'est par ces beaux exemples qu'elle conquit le coeur de Patrice, son époux, et lui obtint une mort chrétienne, c'est ainsi qu'elle mérita aussi de devenir la mère du grand saint Augustin.

Monique, restée veuve, prit un nouvel essor vers Dieu. Vingt ans elle pria sur les débordements d'Augustin, sans perdre courage et espoir. Un évêque d'Afrique, témoin de sa douleur, lui avait dit: "Courage, il est impossible que le fils de tant de larmes périsse!" Dieu, en effet, la récompensa même au-delà de ses désirs, en faisant d'Augustin, par un miracle de grâce, l'une des plus grandes lumières de l'Église et l'un de ses plus grands Saints.

Monique, après avoir suivi Augustin en Italie, tomba malade à Ostie, au moment de s'embarquer pour l'Afrique, et mourut à l'âge de cinquante-six ans. Augustin pleura longtemps cette mère de son corps et de son âme. Le corps de sainte Monique a été transporté à Rome dans l'église de Saint-Augustin, en 1430. Cette femme illustre a été choisie comme patronne des Mères chrétiennes.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950  

Tiré de :  https://sanctoral.com/fr/saints/sainte_monique.html