jeudi 22 octobre 2020

600 médecins canadiens contre l'euthanasie

 600 médecins canadiens contre l'euthanasie

Nous devons nous réjouir quand nous voyons plusieurs de nos concitoyens réagir sur la place publique quand le gouvernement veut introduire des lois qui sont contraires au bien public. 

De nombreux médecins canadiens s'inquiètent de l'élargissement de l'accès à l'aide médical à mourir (AMM) tel que proposé par le gouvernement fédéral dans le projet de loi C-7 et des risques de décès prématurés auxquels il exposerait les Canadiens vulnérables. 
 
Un groupe de médecins préoccupés par la situation a préparé une déclaration (ci-jointe) en réponse à C-7: 

Le projet de loi C‑7, de l’AMM à la MAM :
l’aide médicale à mourir devient la mort administrée par un médecin


Cette déclaration sera communiquée aujourd'hui aux députés fédéraux et aux sénateurs. 

La déclaration est cosignée par des médecins de tout le pays et de toutes les disciplines médicales. Les noms de plus de 600 signataires sont actuellement publiés sur notre site web: www.AMMdevientMAM.ca.

Plusieurs d'entre eux sont disponibles aujourd'hui pour discuter avec vous de cette importante question.

CONTACT MÉDIAS

Pour tout commentaire ou entrevue avec les auteurs de cette déclaration, de partout au Canada

Dr. Ramona Coelho
drramonacoelho@gmail.com
(548) 388-7560

 

texte de la déclaration:

 

Le projet de loi C-7, de l’AMM à la MAM : l’aide médicale à mourir 

devient la mort administrée par un médecin 

Plus besoin d’être mourant pour que votre médecin mette fin à votre vie 

 

Alors que le Canada et le monde ont peur de mourir de la pandémie de la COVID-19, nous voyons jusqu’où les autorités peuvent, et doivent, aller pour prévenir la mort et protéger le bien commun. Nous considérons comme normale et nécessaire la restriction de certaines libertés individuelles dans le but de protéger les citoyens et citoyennes contre la propagation de la maladie. Ainsi, il nous est rappelé que l’exercice de l’autonomie personnelle, loin d’être la valeur suprême dans la société, doit être limité quand il peut causer du tort aux autres. 

Ces observations sont parfaitement pertinentes au sujet d’un autre grand débat social, alors qu’une nouvelle menace à la vie des malades, des personnes handicapées et des Canadiennes et Canadiens âgés passe presque inaperçue. Plusieurs Canadiens et Canadiennes ne sont même pas au courant du projet de loi C-7, qui a été redéposé le 5 octobre au Parlement fédéral. Ce projet de loi, qui élargit l’« aide médicale à mourir » (AMM) pour inclure pratiquement tous ceux et celles qui sont malades et qui souffrent au Canada, s’il est adopté dans sa forme actuelle, fera de notre pays le leader du monde dans l’administration de la mort. 

En tant que médecins, nous sommes obligés d’exprimer notre stupéfaction en voyant comment des personnes, qui ont peu d’expérience vécue des réalités en jeu dans la pratique quotidienne de la médecine, ont subitement et fondamentalement changé la nature de la médecine en décriminalisant l’euthanasie et le suicide assisté. 

La médecine, considérée à travers les siècles comme une profession qui ne cause jamais de tort intentionnel, mais plutôt guérit, réconforte et défend la vie de ceux et celles qui sont malades et vulnérables, serait transformée en une entreprise technocratique qui permettrait aux médecins de mettre fin délibérément à la vie de leurs patients et patientes qui souffrent. La participation forcée pour arranger et faciliter l’administration de l’euthanasie et du suicide assisté est maintenant exigée par certains organismes de réglementation. 

Malheureusement, nos patientes et patients sont ceux qui souffrent le plus des conséquences de ce plan malavisé. Le choc d’une maladie soudaine, ou d’un accident entraînant une invalidité, peut inspirer aux patients et patientes des sentiments de colère et de dépression, et ils peuvent se sentir coupables d’avoir besoin de soins; mais ces émotions, avec le soutien et l’attention nécessaires, peuvent se dissiper avec le temps. Le soin et l’encouragement offerts par les médecins peuvent être le facteur le plus puissant pour surmonter le désespoir et ranimer l’espérance. Malheureusement, les patients et patientes ne peuvent plus avoir une confiance inconditionnelle en leur professionnel de la médecine pour défendre leur vie quand ils sont à leur état le plus faible et le plus vulnérable. Subitement, une injection mortelle fait partie du répertoire des interventions offertes pour mettre fin à leurs douleurs et à leurs souffrances. 

Le projet de loi C-7 permettrait à ceux et celles qui ne sont pas mourants de mettre fin à leur vie par injection mortelle administrée par un médecin ou une infirmière praticienne. Il est scandaleux que la plupart des protections que le Parlement avait estimées nécessaires en 2016 pour protéger les personnes vulnérables contre une mort injustifiée soient en voie d’être supprimées. En vertu du nouveau projet de loi, une personne dont la mort naturelle est considérée comme « raisonnablement prévisible » pourrait être diagnostiquée, évaluée et euthanasiée en une seule journée. Nous sommes très inquiets que la suppression de la période de réflexion de 10 jours et d’autres mesures de protection ne fassent qu’augmenter le nombre de morts par contrainte ou par manque de réflexion adéquate. 

 

La suppression imprudente des mesures de protection précédemment jugées essentielles mettra les patients et patientes vulnérables directement en danger, et pourrait même leur coûter la vie. 

Bien que les auteurs du projet de loi C-7 estiment suffisant d’offrir aux patients et patientes de l’information sur les autres moyens possibles d’atténuer leurs souffrances, il n’est pas obligatoire que le service leur soit accessible. Nous vivons dans un pays où le délai d’attente dans certaines régions pour voir un psychiatre est de 4 à 8 fois plus long que la période de réflexion de 90 jours proposée dans le projet de loi pour les personnes dont la mort naturelle n’est pas considérée comme « raisonnablement prévisible », et où 70 % des citoyens et citoyennes dont la vie tire à sa fin n’ont toujours pas accès à des services de base en soins palliatifs. Pourtant, l’AMM est considérée comme un service essentiel aux termes de la Loi canadienne de la santé, alors que les soins palliatifs ne le sont pas. Ce projet de loi crée les conditions requises pour une mort facile et à bon marché par euthanasie ou suicide assisté. 

Ce n’est pas le genre de médecine que nous avons consacré notre vie à pratiquer. Notre intention est de guérir et de diminuer les souffrances, pas de mettre fin délibérément à la vie. Nous luttons pour la vie de nos patients et patientes, pas pour leur mort. Nous croyons à l’obtention de soutiens adéquats pour tous nos patients et patientes, afin qu’ils aient les services de base nécessaires pour vivre; nous ne sanctionnons pas et ne facilitons pas leur mort comme solution de leurs souffrances. 

Notre profession a été forcée de faciliter le suicide au lieu de le prévenir, et ce, pour un nombre toujours croissant de personnes. Nous observons avec consternation et horreur la façon dont la nature de notre profession médicale a été si rapidement détruite par la création de lois malavisées. Nous, soussignés, déclarons que l’adoption du projet de loi C-7, si rien n’est fait, contribuera à la destruction de bien plus que notre profession médicale, mais fondamentalement, d’une société canadienne qui apprécie véritablement et qui prend soin de ses membres les plus vulnérables. Les Canadiens et Canadiennes méritent mieux. 

Les Auteurs: 

Ramona Coelho, MDCM, CCFP 
Family Physician 
London, Ontario 

Catherine Ferrier, MD, CCFP (COE), FCFP 
Family physician 
Division of Geriatric Medicine, McGill University Health Centre 
Assistant Professor of Family Medicine, McGill University 
Montreal, Quebec 

Sheila Rutledge Harding, MD, MA, FRCPC 
Hematologist, Saskatchewan Health Authority 
Professor, College of Medicine, 
University of Saskatchewan 
Saskatoon, Saskatchewan 

Dr. Leonie Herx MD PhD CCFP (PC) FCFP 
Associate Professor & Chair, Division of Palliative Medicine 
Department of Medicine, Queen’s University 
Kingston, Ontario 

Dr. Timothy Lau MD MSc FRCPC 
Associate Professor, Division of Geriatric Psychiatry, 
Department of Psychiatry, University of Ottawa 
Ottawa, Ontario 

Sephora Tang, MD FRCPC 
Staff Psychiatrist, Clinical Lecturer 
Department of Psychiatry, University of Ottawa 
Ottawa, Ontario 

Lucas Vivas, MD MHSc FRCPC 
General Internal Medicine 
Brampton, Ontario 

 Voici ci-dessous une des modifications proposées par le projet de loi C-7 :

PROJET DE LOI C-7
Loi modifiant le Code criminel (aide médicale à mourir)
PREMIÈRE LECTURE LE 24 FÉVRIER 2020
MINISTRE DE LA JUSTICE
90913



SOMMAIRE

Le texte modifie le Code criminel afin, notamment :
a) d’abroger la disposition exigeant que la mort naturelle soit raisonnablement prévisible pour être admissible à l’aide médicale à mourir; (1)

Je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous, pour lire le manifeste que 600 médecins ont déjà signé. 

Lire le manifeste du Collectif des médecins contre l’euthanasie.

Vous pouvez vous aussi manifester votre appui à ce manifeste en cliquant sur les mots ci-dessous: J'APPUIE LE MANIFESTE. 

JE SUIS UN(E) CITOYEN(NE) CONCERNÉ(E)

Vous pouvez appuyer l’initiative du Collectif des médecins contre l’euthanasie. Merci à l’avance de votre appui solidaire!

J’APPUIE LE MANIFESTE.

(1) https://www.parl.ca/DocumentViewer/fr/43-1/projet-loi/C-7/premiere-lecture

mercredi 21 octobre 2020

Jésus le sans-abri

 Jésus le sans-abri

On sait que c'est Jésus qui est représenté sur ce banc, à cause de la marque des clous sur ses pieds.

Claude Paradis et Arlen John Bonnar posent à côté de la statue 'Homeless Jesus' installée devant l'Église Unie St. James, à Montréal.   (Présence/Yves Casgrain) 

Le présent blogue est tiré d'un article de la revue Présence et est signé: Yves Casgrain. Voir la référence au bas du blogue. 

Un exemplaire de la célèbre statue, connue internationalement sous le nom de Homeless Jesus (Jésus le sans-abri), est maintenant installé sur la place de l’Église Unie St. James à Montréal. Située sur la rue Sainte-Catherine, en plein centre-ville, elle attire le regard des passants qui n’hésitent pas à s’arrêter pour l’examiner de plus près.

Créée par le sculpteur canadien Timothy Schmalz, la statue en bronze représente un homme allongé sur un banc et recouvert d’une simple couverture. Seuls ses pieds qui portent des marques de clous sont visibles. Son visage est enfoui sous la couverture. Pourtant, ceux qui s’en approchent comprennent rapidement qu’ils ont devant eux Jésus représenté comme un sans-abri.

Profondément catholique, l’artiste s’est inspiré d’un passage de l’Évangile selon Matthieu afin de sensibiliser les curieux au sort des marginaux.

Lors d’une rencontre initiée par Présence, le pasteur de l’Église Unie St. James, le révérend Arlen John Bonnar et l’abbé Claude Paradis, fondateur de l’organisme diocésain Notre-Dame-de-la-rue, se sont montrés tous deux très touchés par la symbolique de l’œuvre d’art.

«Depuis sa fondation en 1887, notre église a toujours œuvré pour une plus grande justice sociale. Le symbole de cette statue est très fort. Elle va conscientiser les visiteurs à la réalité de l’itinérance à Montréal», souligne le pasteur Bonnar.

Pour sa part l’abbé Paradis, reconnu pour son ministère auprès des itinérants, affirme que la statue évoque l’évangile: «J’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais étranger, j’étais en prison. Aujourd’hui les gens vont vous dire: ‘J’ai faim d’être reconnu. Je veux être habillé de dignité. Je veux être quelqu’un pour quelqu’un. Est-ce qu’il va y avoir quelqu’un pour moi demain?’»

«Cette image du Christ souffrant n’est pas juste pour les chrétiens», assure le pasteur Bonnar. «Elle est pour tout le monde. Nous travaillons avec d’autres groupes chrétiens et même avec d’autres religions, y compris avec les musulmans. Pour eux, Jésus est très important. Lors du dévoilement, des réfugiées syriennes musulmanes qui suivent une formation en vue de devenir traiteuses ont servi de la soupe et du pain. Elles sont membres de notre projet Women living their dreams (trad.: «femmes vivant leurs rêves »).»

L’abbé Claude Paradis abonde dans le même sens: «Il faut arrêter de travailler seuls dans notre coin. Il faut travailler ensemble. C’est le même Christ. L’œcuménisme, il ne faut pas seulement en parler, il faut en vivre! Cela me plaît que la statue soit ici. La rue Sainte-Catherine est la meilleure place. Je suis vraiment content! Cela ne me choque pas, bien au contraire. C’est un petit clin d’œil également. Il faut travailler en équipe, sinon on n’arrivera pas à soulager la misère.»

Aux marges de la société

Pour les deux hommes d’Église, l’œuvre d’art de Timothy Schmalz évoque l’ensemble des pauvretés présentes à Montréal.

«Les pauvres selon Matthieu ce sont ceux qui sont dans les marges de la société. Ce sont les LGBTQ et l’ensemble des personnes qui ont été jugées. Je leur dis: ‘Vous avez une place dans la société. Venez au centre. Ne restez pas dans les marges’», lance le pasteur Bonnar.

«La statue me fait aussi penser à toutes les personnes qui ont une problématique en santé mentale», confie l’abbé Paradis. « Il y en a beaucoup à Montréal. Nous en rencontrons tous les soirs. La statue me parle de cette réalité. La solitude est également une autre pauvreté. Il y a plein de formes de pauvretés à Montréal. La statue représente tout cela. »

L’abbé Claude Paradis remarque également que le Christ représenté par la statue n’est pas un Christ glorieux. «Il est couché sur un banc comme un itinérant.» «C’est un Christ incarné», ajoute le pasteur Bonnar.

Pour le fondateur de Notre-Dame-de-la-rue «les premiers qui sont venus adorer le Christ, ce sont les bergers. Ils étaient des itinérants. Le Christ a été un itinérant à sa façon. Il n’avait pas de place pour reposer sa tête. Tout cela me parle énormément!»

«L’image qui me touche c’est ce corps recouvert d’un drap. Il me fait penser à la souffrance. Les pieds qui portent les marques des clous sont pour moi un rappel que la divinité et l’humanité vont de pair. Nous souffrons et le Christ souffre également», ajoute le pasteur de l’église St. James.

Approché par un jésuite montréalais, le pasteur Bonnar a immédiatement accepté d’exposer la statue devant son église. «Lorsque je parle d’elle, je dis toujours que nous en sommes les gardiens. Elle ne nous appartient pas. Nous avons la responsabilité d’en prendre soin. Cette statue appartient à Montréal.»

Selon nos informations, les jésuites de Montréal ont été approchés par un donateur anonyme. Ce dernier a exigé que l’œuvre d’art soit exposée au centre-ville dans un endroit très fréquenté. Après quelques recherches, la communauté religieuse a contacté le pasteur Bonnar dont l’église est visitée par des milliers de touristes chaque année.

L’Église Unie St. James entend bien profiter de la présence de cette statue pour éduquer les passants à la réalité des itinérants et des marginaux. «L’été, la place devant l’église est pleine. Nous voulons mettre des panneaux qui expliqueraient l’origine de la statue et qui présenteraient la situation des personnes pauvres et isolées à Montréal. Nous aimerions aussi y publier le nom et l’adresse de quelques ressources pour ceux et celles qui cherchent de l’aide. »

Plus de soixante répliques de la statue Homeless Jesus sont installées dans de nombreux pays. Le pape François en a même béni une en 2013 alors que l’artiste Timothy Schmalz visitait le Vatican. 

Tiré de: http://presence-info.ca/article/un-homeless-jesus-sensibilise-a-l-itinerance-a-montreal 


Dieu ou le hasard ?

 Dieu ou le hasard ?

J'ai mis cette image uniquement pour son lien avec ce blogue

Pour expliquer l'existence de notre monde, il n'y a que deux solutions possibles: ou c'est Dieu qui a créé le monde, ou c'est le hasard qui est responsable de toutes les beautés qui nous entourent. Mon ami Simon Lessard, qui est un des collaborateurs du magazine Le Verbe, a écrit un très beau texte sur ce sujet. Il me fait grand plaisir de l'offrir à votre réflexion. 

Simon Lessard

Dieu existe-t-il ?

 

Un jour, j’ai demandé à un vieux monsieur : « Comment savez-vous si Dieu existe ou pas ? » Avec un sourire en coin il a pris entre ses doigts un petit brin de gazon et il m’a dit : « Regarde ça ! Tous les scientifiques de la terre ne sont même pas capables de faire ça ! » Pas bête le vieux monsieur ! 

Avoir une première connaissance de l’existence de Dieu n’est pas très difficile.

Quelle attitude est la plus rationnelle ?

Imaginons qu’on découvre sur la face cachée de la lune une usine entièrement automatisée de téléphones « intelligents ». Est-ce qu’on va soudainement s’exclamer :

« Wow ! C’est incroyable ce que le hasard a fait ! » Surement pas ! D’une manière beaucoup plus rationnelle, on se dirait : « Hmm, j’imagine que des hommes sont venus ici construire cette usine. »

Ou encore, si on marche sur la plage et qu’on tombe soudainement sur un merveilleux château de sable. Allons-nous nous dire : « C’est incroyable ce que le hasard a fait avec le vent et l’eau » ? Eh bien non ! On va plutôt dire qu’une personne très intelligente et habile est surement passée par là.

Alors, pourquoi, quand on observe une cellule, un arbre, un œil ou un homme, qui sont tous infiniment plus complexes qu’un château de sable ou un téléphone, dit-on que là c’est complètement différent et que le hasard seul explique tout cela sans aucune intelligence ? Or, il est évident que la nature n’est pas une invention des hommes. D’où vient alors le monde qui nous entoure ? D’où venons-nous ?

Croire au hasard

Croire au hasard comme cause de tout ce qu’il y a de beau et d’organisé dans le monde, c’est au fond moins rationnel que penser qu’un être puissant et intelligent qu’on appelle « Dieu » soit derrière tout ça. Pourquoi ? Parce que tout ce qui possède un ordre complexe vient toujours d’une intelligence. Que ce soit un château, un téléphone, un roman ou un brin de gazon ! 

Par hasard, si je brasse un paquet de quatre cartes à jouer, il est possible qu’elles tombent en ordre : valet, dame, roi, as. Mais c’est là un ordre très simple. J’ai une chance sur 24 que cela arrive. Mais si je prends un paquet de cartes au complet, quelles sont les chances que toutes les 52 cartes tombent par hasard en ordre ? 

C’est si peu probable que même si on arrivait à brasser très vite, disons une fois par seconde, il faudrait au minimum non pas 14 milliards d’années, mais 1 suivit de 50 zéros fois 14 milliards d’années pour en moyenne arriver à cette combinaison !

Mais saviez-vous qu’un seul code d’ADN est comme un jeu composé de milliards de cartes ? Or, les scientifiques estiment à environ 14 milliards d’années l’existence de notre univers. C’est très, très, très peu de temps pour expliquer que le hasard puisse produire des ordres d’une telle complexité. 

C’est au fond mathématiquement si peu probable qu’il est beaucoup plus rationnel de penser qu’il y a une autre cause à l’origine de toutes ces choses si belles que nous voyons. 

En plus, selon les lois de la physique, mélanger augmente l’entropie et favorise la désorganisation. Bref, plus on brasse, moins on construit, plus on détruit !

Combien de temps nous faudrait-il pour mettre en ordre un jeu de cartes ? À peu près deux minutes si nous sommes assez rapides. Une intelligence peut faire en deux minutes ce que le hasard ne peut pas faire en 14 milliards d’années. En fait, on ne peut même pas être certain que cela se réalise en un nombre d’années impossible à imaginer, tellement il est plus grand que celui de l’âge approximatif de l’univers !

Le plus ne sort pas du moins

Si un adolescent laisse sa chambre à coucher dans le plus grand désordre le matin et qu’en arrivant de l’école il la retrouve parfaitement propre et ordonnée, il ne se dira pas : « Comme je suis chanceux, j’ai laissé la fenêtre de ma chambre ouverte et le vent a tout plié mon linge et rangé mes livres en ordre alphabétique dans ma bibliothèque ! » Il va plutôt logiquement penser que sa mère qui l’aime beaucoup est passée par là, non ?

Tous ces exemples sont fondés sur une vérité à la base de toutes les sciences : tout effet doit nécessairement avoir une cause plus parfaite. C’est-à-dire que le plus parfait ne peut pas être produit par le moins parfait, ou dit plus simplement : le plus ne sort pas du moins.

Prenons d’autres exemples. Si quelqu’un entre dans sa maison et qu’il entend de la musique dans la chambre de son frère, alors il est certain qu’il y a une cause à la musique qu’il entend. Il ne pense pas que la musique apparait par magie. Même s’il ne voit pas de hautparleurs ou de musiciens, il sait qu’ils sont quelque part dans la maison. 

Même chose si on voit un cadre suspendu au mur de la chambre d’un ami : on ne voit peut-être pas ce qui tient ce cadre au mur, mais on est certain qu’il y a quelque chose qui le fixe là. Peut-être un clou, une corde, de la colle, mais certainement quelque chose.

Ou encore, si on voit les aiguilles d’une montre bouger, on peut être certain qu’il y a un petit moteur de caché, car les aiguilles ne bougent pas par elles-mêmes. Enfin, si on voit de la lumière dans une pièce, il doit y avoir une source à cette lumière, une lampe ou le soleil. Bref, à tout effet il doit y avoir une cause, et ce même si nos yeux ou nos autres sens ne voient pas cette cause.

Les lapins ne sortent pas des chapeaux

Mais il faut aller plus loin encore et voir que cette cause doit être supérieure à son effet.

Je m’explique. La lumière dans la pièce ne peut pas être plus lumineuse que la source de lumière. La lampe ou le soleil seront toujours plus lumineux que la pièce qu’ils illuminent. Sinon on retombe dans la magie, dans des effets sans cause. Seul le supérieur peut expliquer l’inférieur. Les lapins ne sortent pas des chapeaux, il y a toujours un truc du magicien !

Si donc je suis dans une pièce extrêmement lumineuse et que je vois seulement une ampoule de 30 watts, ce n’est pas que plus de lumière a jailli de nulle part, c’est certainement qu’il doit y avoir une autre source de lumière que je ne connais pas encore. Sinon le plus sortirait du moins, et c’est aussi stupide que de dire que quelque chose vient de rien, que le lapin sort du chapeau. C’est la destruction de toute logique et de toute science.

Si nous avons parfois l’impression que le plus sort du moins, c’est qu’il y a toujours d’autres causes que nous voyons mal. Un arbre sort d’une graine, mais pas seulement d’une graine ! Et si l’homme vient de la poussière d’étoiles, alors il ne vient certainement pas juste de la poussière d’étoiles non plus, tout comme un téléphone ne vient pas juste d’une machine et d’un peu de métal, mais a eu besoin de nombreux concepteurs, ingénieurs et designers pour que des machines puissent le fabriquer !

Mais quand je regarde la nature qui est si complexe et merveilleusement organisée, quand je regarde l’homme qui est vivant, conscient et intelligent, est-il rationnel de dire que tout ça vient de rien, que tout ça vient seulement du hasard et de la matière ? 

Quoi ? L’ordre viendrait du désordre ? La vie viendrait du non-vivant ? La conscience et l’intelligence seraient issues de la matière qui n’est ni consciente ni intelligente ? N’est-ce pas étrange de penser qu’il aurait fallu moins d’intelligence pour créer l’univers qu’il n’en faut pour le comprendre ?

Plus fou que la magie

Dire une telle chose, c’est là affirmer que le plus viendrait du moins, que quelque chose viendrait de rien, que l’univers apparaitrait sans cause comme par magie, comme un lapin qui sort d’un sac. Plus fou même que la magie, car au moins dans la magie il n’y a pas rien, il y a un magicien !

Parler comme ça, c’est parler de manière irrationnelle et antiscientifique. Encore une fois, seul le supérieur peut pleinement expliquer l’inférieur. On ne le répètera jamais assez.

On peut dire qu’on ne connait pas parfaitement la cause, mais on ne peut pas nier qu’il y ait une cause et que cette cause doit être supérieure à ce qu’elle produit.

Or, Dieu, c’est justement cette cause que l’on connait imparfaitement certes, mais que l’on connait tout de même comme le concepteur à l’origine de tout l’univers, le grand artiste qui est plus vivant, plus conscient, plus intelligent et plus beau que toutes les œuvres qu’il crée.

Il y a plusieurs autres manières de découvrir que Dieu existe et on pourrait prendre le temps de répondre à plusieurs bonnes objections. Mais, à la fin, on revient toujours à ce principe de base : tout effet doit avoir une cause supérieure, le plus ne sort pas du moins ou, comme disent les philosophes : l’être ne vient pas du néant. Et il ne faut pas un doctorat pour comprendre ça !

La position la plus logique

Dire que Dieu existe ce n’est pas antiscientifique ou irrationnel, ce n’est pas une croyance du passé ; c’est au contraire la position la plus logique et intelligente que l’on peut défendre aujourd’hui et toujours. D’une manière, il faut plus de foi pour être athée, il faut accepter de croire l’impossible !

J’ai toujours été émerveillé du fait que, dans l’histoire et encore aujourd’hui, presque tous les plus grands penseurs et scientifiques ont reconnu l’existence de Dieu. Louis Pasteur disait : « Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ! »

Comme l’a dit Albert Einstein un jour : « Tout homme de science doit éprouver une sorte de sentiment religieux, parce qu’il ne peut s’imaginer qu’il est le premier à concevoir les faits incroyablement délicats qu’il observe. Dans l’univers inimaginable se révèle une intelligence infiniment supérieure. »


dimanche 18 octobre 2020

Dieu gouverne le monde

 Dieu gouverne le monde


LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« J’ai pris Cyrus par la main pour lui soumettre les nations » (Is 45, 1.4-6)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus,
qu’il a pris par la main
pour lui soumettre les nations et désarmer les rois,
pour lui ouvrir les portes à deux battants,
car aucune porte ne restera fermée :

    « À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu,
je t’ai appelé par ton nom,
je t’ai donné un titre,
alors que tu ne me connaissais pas.

    Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre :
hors moi, pas de Dieu.
Je t’ai rendu puissant,
alors que tu ne me connaissais pas,
    pour que l’on sache, de l’orient à l’occident,
qu’il n’y a rien en dehors de moi.
Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. »

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 15-21)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège
en le faisant parler.
    Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
    Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
    Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
    Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
    Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
    Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.     

La première lecture d'aujourd'hui, nous présente un moment très important dans la vie du peuple élu. Il s'agit du moment où le peuple juif, en captivité hors de son pays durant presque 50 ans, est sur le point de retourner dans sa patrie. Il est très important de se rappeler ces événements. 

Au sixième siècle avant la venue de Jésus, le peuple juif vivait dans un relâchement moral. Ils avaient en quelque sorte oublié l'alliance avec Dieu et ne vivait plus selon les commandements divins. Les prophètes annoncent qu'une grande épreuve est sur le point de frapper le peuple élu. Et de fait, le roi de Babylone, Nabuchonodosor (en 587 avant notre ère), envahit Israël, détruisit le Temple de Jérusalem et déporta à Babylone la quasi-totalité du peuple élu. Cette épreuve fut en réalité une grâce pour le peuple de Dieu. À Babylone, le peuple élu, privé de son Temple, a redécouvert la force de la Parole de Dieu et la fréquentation de cette Parole contribua à convertir le coeur des exilés. Dieu a donc permis l'épreuve de l'exil, pour que son peuple se convertisse au moyen de sa Parole. Une fois converti, le peuple pouvait désormais retourner chez lui. Mais comment ce retour en Israêl fut-il rendu possible ? 

Dieu, qui gouverne le monde, permit à Cyrus, le roi des Perses et le nouveau maître du monde, de conquérir Babylone. Or ce roi avait une façon très spéciale de gouverner. Il n'empêchait pas le peuple conquis de conserver sa foi et sa pratique religieuse. Non seulement cela, mais voyant qu'à Babylone, le peuple juif était en exil, Cyrus permit au peuple élu de retourner chez lui et lui a même fourni les moyens financiers pour reconstruire le Temple de Jérusalem. Les Juifs qui avaient vécu une conversion à Babylone, souffrirent, de retour chez eux de l'animosité de leurs frères et soeurs juifs demeurés à Jérusalem, car ces derniers, eux, ne s'était pas convertis. 

Cyrus, le roi Perse, un roi païen, est même appelé Messie ou Sauveur dans la première lecture d'aujourd'hui. C'est donc vraiment Dieu qui gouverne le monde. Quand on voit cela, on se rend compte que ce qui semble être un châtiment, est en réalité une grâce. L'exil à Babylone fut une grâce. De même, selon moi, la Covid-19 n'est pas un châtiment divin, mais une grâce à cueillir pour notre conversion. Il y a une différence entre un châtiment et une épreuve. L'épreuve est souvent voulue par Dieu pour notre bien; et ce bien passe normalement par la conversion individuelle ou nationale.  

Commentaire de l'évangile: 

"Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." 

Rares sont les adultes qui ne connaissent pas cette phrase. Mais tous ne savent pas qu'elle est sortie de la bouche de Jésus. Cette phrase, elle est EXTRAORDINAIRE. Il n'y a rien de surprenant en cela puisqu'elle a été prononcée par Dieu lui-même. Des pharisiens ont voulu prendre au piège Jésus pour que, par ses propos, il se condamne lui-même. Ils ont donc envoyé quelques uns de leurs disciples demander à Jésus: "Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à César, l'empereur ?" Jésus n'est pas dupe; il a senti immédiatement le piège et il a qualifié d'hypocrites les disciples des pharisiens car ceux-ci, avant de poser leur question empoisonnée, ont pris le temps de louanger Jésus et sa façon de faire. 

Avant de répondre, Jésus demande qu'on lui montre une pièce de monnaie. On lui montre un denier. Jésus dit: 

« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
    Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Les disciples des pharisiens ont été à leur tour, en quelque sorte, pris au piège. Ils s'attendaient  sûrement à ce que Jésus disent qu'on ne doit pas payer l'impôt à César et ainsi ils auraient pu faire emprisonner Jésus. La réponse de Jésus les a bernés et mis sur une fausse piste. Ils ont cru que Jésus, par sa réponse, admettait l'autorité de César sur le peuple juif. Mais Jésus n'a pas dit cela. Sa réponse était beaucoup plus brillante que cela. Sa réponse montrait clairement qu'il ne considérait pas du tout César comme le considéraient les Romains. Pour les Romains, César était un dieu. Jésus dit clairement que César n'est qu'un homme et qu'il convient de se demander quels droits il a sur les gens. Il se peut que les Juifs aient à obéir à certaines demandes de l'empereur, mais les citoyens doivent d'abord obéissance. à Dieu. 

De même en est-il pour nous. Nous devons obéissance à nos dirigeants politiques en certaines matières. Mais aux ordres ou commandements de nos dirigeants qui vont contre la Volonté de Dieu, nous devons désobéir. Un gouvernement qui obligerait les médecins à pratiquer l'euthanasie,  devrait être désobéi. Un gouvernement qui obligerait les étudiants en médecine à seconder des médecins qui pratiquent des avortements, devrait être désobéi. C'est un principe qu'a très bien énoncé saint Pierre dans les Actes des Apôtres: "On doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" (Actes des Apôtres, chapitre 5, versets 29). 

La phrase de Jésus semble aussi laisser entendre que l'obéissance que l'on doit à nos dirigeants politiques est aussi grande que l'obéissance que l'on doit à Dieu. Mais il n'en est rien. L'obéissance que l'on doit à Dieu est beaucoup plus grande et beaucoup plus vaste que l'obéissance que l'on qu'on doit à nos gouvernants. 

Remercions Dieu de nous faire confiance et de nous éclairer. Acceptons son invitation au discernement: 

"Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait." (Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 12, verset 2)


samedi 17 octobre 2020

Jesus my joy

Jesus my joy

Jésus ma joie

Aujourd'hui, je célèbre mon anniversaire de naissance. Je veux, en ce jour de joie, célébrer et honorer Jésus qui désire nous partager la joie parfaite qui l'habite: "Je veux que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite." (Jn 15, 11)   

Schultz/Moldenhauer - Jesus, My Joy - YouTube

This arrangement of a new text translation for the classic hymn "Jesus, Priceless Treasure" was ...
13 juin 2018 · Téléversé par Northwestern Publishing House
 
 Jesus, My Joy

Jesus my joy, my soul's rich food, 

My beautiful strength and song: 

When will it end this anxious mood, 

This yearning for you so long ?

 

Pure Lamb of God, you chose to be 

The groom who was crucified; 

Now nothing on earth means more to me

Than being your holy bride. 

 

Under your care, I can't be harmed

As ennemies take their stand. 

Let Satan rage; I'm not alarmed, 

For Jesus is close at hand. 

 

Their charge strikes fear, like sin and hell, 

Like storms lightening up the sky. 

But Jesus protects me; all is well. 

I'm covered and warm and dry. 

 

Dragon of old and jaws of death

I sneer at the fear you bring !

Attack me, world, with my last breath

I'll stand here in peace and sing !

 

Earth's rumbling roars, hell's howling cries

Are destined to fade away. 

My powerful God's all seing eyes 

Are watching me ev'ry day. 

 

Treasures, be gone ! You have no worth, 

For Jesus is my desire. 

You empty honnors of this earth, 

You've nothing that I admire. 

 

No misery, disgrace, or cross, 

No death with its labored gasp,

Though suffering much, no need or loss

Can break me from Jesus' grasp. 

 

(NOTE: J'ai mis les prochaines strophes en caractères gras en pensant à Aloysius et Stanley qui, en tant que prêtres, peuvent libérer de leurs péchés les hommes et les femmes de notre temps. Quel beau ministère que de pouvoir donner le pardon au nom de Dieu, et permettre ainsi aux gens d'entrer dans la joie du Royaume)

 

Listen O life, the wordly crave,

You're nothing to me, good night !

Good night you sins, go find your grave. 

Be gone, and don't come to light. 

 

Good night vain glory, hautaine pride; 

Your sleep is a welcome sight.

O dissolute life, you've lured and lied, 

So once and for all, good night !

 

Sorrow, give way; my joyful Lord, 

Christ Jesus, is ent'ring in !

How sweet are woes for those restored

To love him who bore their sin !

 

When scorn and shame bring grief and pain, 

still gladness and joy are mine, 

For even in suff ' ring you remain, 

Lord Jesus, my joy divine. 


To see the sheet music and the lyrics:

Autre prestation: 
Text: Johann Franck. Translation: Michael D. Schultz, 2011. Tune and setting: Kermit G. Moldenhauer, 2011 ...
2 août 2011 · Téléversé par Timothy Moke