lundi 5 février 2018

Annoncer l'Évangile: une nécessité

Annoncer l’Évangile: une nécessité

La deuxième lecture de la Parole de Dieu d’hier, lors du cinquième dimanche du temps ordinaire de l’année B, nous présentait des paroles très fortes de l’apôtre Paul:

« Annoncer l’Évangile, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! ». (1 Co 9, 16)

Cette phrase de saint Paul, elle s’adresse à tous les baptisés. Rares sont les catholiques qui, jusqu’à maintenant, ont pris au sérieux leur rôle de prophètes qui leur vient de leur baptême. Et on se demande comment il se fait que la Personne de Jésus et ses Paroles de Vie, ne sont pas davantage connues.

Voici mon homélie d’hier: 

samedi 3 février 2018

" Mon Père, je n'irai plus à l'église ! "

« Mon Père, je n’irai plus à l’église ! »
 Résultats de recherche d'images pour « C'est fini ! »

La petite histoire que vous allez lire est tiré du site internet Aleteia. Je l’ai adaptée quelque peu à ma façon. Pour en connaître l’origine et voir le texte tel que reproduit sur Aleteia, voir la référence en bas de page (1).

« Un jeune homme va trouver un prêtre et lui dit :
– Mon Père, je n’irai plus à l’église !

Le prêtre lui demande :
– Ah ? Tu peux me dire pourquoi ?

Le jeune homme répond : –
Oh, mon Dieu. Ici Je vois une sœur qui parle mal d’une autre sœur ; et là un frère qui ne lit pas bien ; la chorale est divisée et chante faux ; les gens pendant les messes regardent leur téléphone, sans parler de leur comportement égoïste et hautain en dehors de l’église…

Le prêtre lui dit :
– Tu as raison. Mais avant de quitter définitivement l’Église j’aimerais que tu me fasses une faveur : à la prochaine messe où tu viendras, prends un verre, remplis-le d’eau et marche trois fois de long en large, à la largeur de l’église derrière les derniers bancs, sans renverser une goutte d’eau par terre. Puis viens-me voir, on en reparlera et ensuite tu pourras quitter l’église pour de bon, si tu le désires.   
Le jeune homme se dit: trop facile ! Et il fait ce que le prêtre lui a demandé. Quand il a fini, il revient dire : «  C’est fait mon père ».
Et le prêtre lui demande :
– Quand tu étais en train de marcher avec ton verre d’eau, as tu remarqué qu’une personne parlait mal de quelqu’un d’autre ?
Le jeune :
– Non.

As-tu vu des gens être indifférents aux autres dans l’église ?
Le jeune :
– Non.

As-tu vu que certains étaient fixés sur leurs téléphones intelligents ?
Le jeune :
– Non.

– Tu sais pourquoi?  C’est parce que tu étais concentré sur le verre pour ne pas renverser d’eau. Tu sais… c’est pareil dans notre vie : quand notre cœur se focalise sur Jésus-Christ, nous n’avons pas le temps de voir les erreurs des gens. Qui sort de l’église à cause des chrétiens hypocrites n’y est sans doute jamais vraiment entré à cause de Jésus ».


J’aime beaucoup la dernière phrase de cette histoire, qui est en quelque sorte la morale de l’histoire. Cette conclusion vaut aussi selon moi pour toutes les personnes qui, pour s’excuser de ne plus croire en Dieu ou de ne plus fréquenter l’église bâtiment ou l’Église institution, donnent comme raison le fait que les chrétiens ne soient pas meilleurs qu’eux. La religion ne se mesure pas d’abord par la qualité de ses membres, mais par la qualité de sa Tête qui est le Christ Jésus, le Saint de Dieu.


(1) « Mon père, je n'irai plus à l'église ! » - Aleteia

https://fr.aleteia.org/2018/01/31/mon-pere-je-nirai-plus-a-leglise




Jésus Christ est-il vraiment ressuscité ?

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Mon ami Simon-Pierre Lessard, membre de la communauté des Missionnaires de l’Évangile, a fait une vidéo où il pose la question suivante: Jésus est-il vraiment ressucité? C’est un thème crucial car comme le dit saint Paul, « si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi chrétienne est VAINE » (1 Co 15, 14) et donc sans consistance et sans contenu.

Vous pourrez voir la vidéo de Simon-Pierre, en cliquant sur le lien mis ci-dessous. Je remercie mon confrère Gérald Lajeunesse, Oblat de la Vierge Marie, d'avoir pris le temps de mettre sur papier l'enseignement de Simon-Pierre. Il y a un grand avantage à avoir ce genre d'enseignement sous deux formes: la forme la plus vivante qu'est la vidéo et la forme plus propice à la réflexion qu'est le texte écrit. Quand on regarde une vidéo, on est souvent impressionné par la qualité des arguments énoncés, mais il est très facile d'en oublier la teneur. Un texte écrit nous permet plus facilement de revenir sur les arguments qui nous ont le plus marqués. Voici donc pour vous, la transcription de la vidéo faite par le Père Gérald pour le site internet Évangéliser.net dont il a la responsabilité: 


Jésus Christ est-il vraiment ressuscité ?
par Simon-Pierre Lessard (cf. Vidéo)

Transcription de la vidéo :

« Y'a jamais eu personne qui est revenu des morts pour nous dire comment c’était de l’autre côté. »

Mais, oui. Jésus.

« Tu crois à cette histoire-là, toi ? »

« Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est sans valeur. » (saint Paul)

Il faut alors se poser la question: est-ce que Jésus Christ est vraiment ressuscité, oui ou non? La résurrection de Jésus est-elle un fait historique à la manière d’une grande victoire militaire, ou d'une grande découverte scientifique? Ou est-ce que nous ne sommes pas devant le plus grand complot de tous les temps? Faut-il croire sans preuve que cela est arrivé ainsi? Non, absolument pas! Il ne faut pas croire sans preuve. La crédulité naïve, tout comme l’incrédulité sceptique d’ailleurs, est indigne de notre intelligence. Contrairement à l’opinion répandue de nos jours, la foi ne consiste pas à croire sans raison. La foi serait irrationnelle si elle n’était pas fondée sur des motifs de croire qui montrent que l’adhésion de notre foi n’est nullement un mouvement aveugle de notre esprit. Mais la foi est au contraire l’attitude la plus rationnelle quand la raison lui montre des raisons incontestables de croire.

Dis-moi, es-tu déjà allé au Sri-Lanka? Non, mais est-ce que tu crois à l’existence du Sri-Lanka? J’espère que oui. Parce que les preuves qui montrent l’existence du Sri-Lanka sont irréfutables. Elles sont si nombreuses et convergentes que quiconque remet en doute l’existence du Sri-Lanka serait irrationnel. Mais la résurrection, est-ce que cela peut être étudié scientifiquement avec des preuves? Si par « scientifique », on pense à des microscopes et à des éprouvettes, alors non. Mais la science, ce n’est pas seulement dans les laboratoires. Pense aux mathématiques. La science est avant tout une réflexion logique, critique et argumentée. L’histoire est aussi une science avec sa propre méthode qui permet d’arriver à des certitudes. On peut prouver que Jules César, la victoire de Lépante ou les massacres nazis ont vraiment existé, même si on ne les voit pas aujourd’hui avec nos yeux. Un historien qui refuserait de croire à la mort héroïque de Socrate serait indigne de sa propre méthode scientifique, même si tout cela a eu lieu 500 ans avant Jésus-Christ. Or, les témoins et les documents qui nous rapportent la résurrection de Jésus-Christ sont bien plus nombreux que ceux qui témoignent de la mort de Socrate. Mais pourtant, on admet le premier fait avec la même facilité que l’on rejette le second. L’historien sérieux ne doit rien accepter ou rejeter à priori. Mais face à des documents ou des personnes qui nous rapportent des événements, l’historien sérieux doit toujours se demander s’ils sont crédibles ou pas. Autrement dit, s’ils sont dignes de foi.

Mais qu’est-ce qui me dit que les disciples de Jésus ne sont pas des manipulateurs? Que leurs écrits qui rapportent la résurrection de Jésus ne sont pas juste un ramassis de mensonges pour convaincre des foules ignorantes et naïves?

Excellente question! Avant de croire quelqu’un en effet, il faut s’assurer que cette personne ne peut pas et ne veut pas nous mentir. La première chose à se demander dans le cas qui nous intéresse, c’est: à quoi ressembleraient des hommes et des femmes déterminés à mentir et surtout à mentir sur Dieu? Il s’agirait probablement de femmes et d’hommes qui n’ont vraiment pas peur de Dieu pour mentir ainsi sur lui. Pour mentir à ce point sur Dieu, il faudrait pratiquement que ces témoins soient des athées. Mais il y a un petit problème avec cela. Lequel? L’athéisme. L’athéisme est une attitude inexistante dans l’antiquité. Autant pour les juifs que pour les romains, croire qu’il n’y ait pas de Dieu est une absurdité. Tout le monde croyait en Dieu, en un ou l’autre dieu. Ces prétendus manipulateurs devraient en outre être sans scrupules moraux pour induire dans le mensonge des foules entières. Pourtant, dans le cas des disciples du Christ, leur vie morale est généralement reconnue même par les incroyants et leurs adversaires comme étant exemplaire. Les persécuteurs des apôtres ne les ont pas accusés sur leurs mœurs mais sur leurs enseignements avec lesquels ils n’étaient pas d’accord. Ils auraient ainsi pratiqué toutes les plus grandes vertus mais auraient passé leur vie à mentir? Notre expérience nous montre que les charlatans et les manipulateurs cachent généralement d’autres vices pires encore. Mais les apôtres, eux, ont donné la doctrine morale la plus stricte et la plus sainte et l’exemple de vie la plus édifiante de toute l’histoire, mais ils auraient basé tout cela sur un tissu de mensonges? Quelle schizophrénie? Quel manque de stratégie aussi!

Le premier soin d’un imposteur, c’est de faire perdre la trace de sa fraude. L’histoire qu’il invente, il la place généralement dans un temps ou une région vraiment éloignée afin que personne ne puisse le contredire. Mais les apôtres ont fait exactement l’inverse. Ils ont enseigné avoir vu le Christ ressuscité à de nombreuses reprises, au cœur de Jérusalem et à des hommes vivants en ces mêmes temps et lieux. Ils ont aussi prétendu avoir accompli des miracles devant des foules entières en plein centre-ville. Le plus étonnant dans tout cela, c’est que, comme pour Jésus, leurs ennemis ne niaient jamais ces miracles puisque tout le monde pouvait les voir. Mais ils se contentaient d’affirmer qu’ils accomplissaient tous ces miracles par la puissance des démons.

OK. Mais même si on admet qu’il était très peu probable que les disciples aient été des imposteurs, est-ce que ce n’est pas un peu possible, que quelqu’un arrive à monter une fausse histoire ?

C’est possible. Même que deux personnes se mettent d’accord pour inventer un mythe, c’est possible. Mais est-ce que c’est vraiment possible que des dizaines de femmes et d’hommes se mettent d’accord pour mentir ainsi jusqu’à leur mort, sans qu’aucun ne se soit jamais rétracté, sans que jamais le témoignage d’un seul ne contredise celui d’un autre ? Cela, c’est il me semble la théorie du complot poussé jusqu’à son paroxysme. Si nous sommes le plus souvent enclins à rejeter les théories du complot, encore très à la mode aujourd’hui, comme celle des extra-terrestres ou des hommes-lézards qui gouvernent le monde, c’est justement parce que notre raison nous dit que de tels complots dépassent les limites du crédible. Il ne faudrait pas diminuer notre rigueur intellectuelle lorsqu’il est question des débuts du christianisme. Si l’on croit vraiment en la raison et la science, alors il faut avoir l’honnêteté de repousser les hypothèses irrationnelles; et plus encore, chercher la vérité et l’embrasser quand la raison la découvre. N’ayons pas peur de la vérité. La vérité nous rendra libres.

« Simon-Pierre, cela ne me convainc pas vraiment ton affaire ! »

Ne t’en fais pas, on s’en reparle bientôt.


Pour voir la vidéo de Simon-Pierre, veuillez cliquer sur le lien suivant: 

Jésus Christ est-il vraiment ressuscité? - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=4d8nPuQoOs8
Il y a 5 jours - Téléversé par Webtélé ECDQ
Sans la résurrection notre foi est vaine! Mais Jésus est-il vraiment revenu d'entre les morts? Fr. Simon-Pierre ... 


Dans un de mes blogues, j’ai abordé cette question sous un autre angle, sous l’angle de la vérité des évangiles. Dans de blogue, saint Jean Chrysostome donne un argument très fort, selon moi, pour montrer qu’il est tout à fait raisonnable de croire que Jésus est ressuscité. Cet argument est à ajouter, selon moi, aux arguments fournis par Simon-Pierre. Voir le blogue suivant: 

Dieu ma joie: La véracité des évangiles

dieumajoie.blogspot.com/2011/08/la-veracite-des-evangiles.html




vendredi 2 février 2018

Autre réponse: Guillaume et Charles de Foucauld

Autre réponse: Guillaume et Charles de Foucauld 
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                   Guillaume Hue                                                                Charles de Foucauld

À la question suivante: « doit-on aujourd’hui donner des sacrements à des personnes baptisées qui ne connaissent pas du tout la foi catholique ou si peu et pour qui le baptême qu’elles ont reçu, ne signifie pas grand-chose? », Dieu semble se plaire à me donner des réponses, après deux ans d’hésitations et de souffrance.

Guillaume:

Une autre réponse m’est venue en écoutant le témoignage de mon ami Guillaume Hue. Guillaume, dans une vidéo que vous pourrez voir dans un instant, nous raconte que de retour en France après un séjour en Indonésie, il est allé voir un prêtre qu’il connaissait pour se confier à lui et voir si ce prêtre pouvait l’aider à répondre à des interrogations qu’il portait dans son cœur. À cette époque, Guillaume était en quelque sorte très loin de la religion catholique en pensée et en actes. Or, le prêtre en question, qui a très bien vu dans quel état se trouvait la brebis qui était devant lui, lui a offert de recevoir un sacrement: le sacrement de la réconciliation. J’ai toujours entendu dire que les sacrements sont les « sacrements de la foi », ce qui veut dire que la foi est normalement présupposée à la réception d’un sacrement. Or dans le cas présent, ce ne fut pas le cas. Guillaume, je pense, avait alors 18 ans.


Charles de Foucauld:

 Il quitte l'Algérie et s'installe près de sa famille à Paris. Il a 28 ans.

« Au commencement d'octobre de cette année 1886, après six mois de vie de famille, pendant que j'étais à Paris, faisant imprimer mon voyage au Maroc, je me suis trouvé avec des personnes très intelligentes, très vertueuses et très chrétiennes; en même temps, une grâce intérieure extrêmement forte me poussait: je me mis à aller à l'église, sans croire, ne me trouvant bien que là et y passant de longues heures à répéter cette étrange prière: "Mon Dieu, si Vous existez, faites que je Vous connaisse !" »

« Oh ! mon Dieu comme Vous aviez la main sur moi, et comme je la sentais peu ! Que vous êtes bon! Que vous êtes bon ! Comme Vous m'avez gardé ! Comme Vous me couviez sous vos ailes lorsque je ne croyais même pas à Votre existence ! »

« Tout cela c'était Votre oeuvre, mon Dieu, Votre oeuvre à vous seul... Une belle âme Vous secondait, mais par son silence, sa douceur, sa bonté, sa perfection... Vous m'avez attiré par la beauté de cette âme. »

« Vous m'avez alors inspiré cette pensée : "Puisque cette âme est si intelligente, la religion qu'elle croit ne saurait être une folie. Étudions donc cette religion : prenons un professeur de religion catholique, un prêtre instruit, et voyons ce qu'il en est, et s'il faut croire ce qu'elle dit." »

« Je me suis alors adressé à l'Abbé Huvelin. Je demandais des leçons de religion : il me fit mettre à genoux et me fit me confesser, et m'envoya communier séance tenante... »

« S'il y a de la joie dans le ciel à la vue d'un pécheur se convertissant, il y en a eu quand je suis entré dans ce confessionnal ! »

« Que vous avez été bon ! Que je suis heureux ! » (1)

Je suis sûr que l’abbé Huvelin a très bien jugé l’homme qui était devant lui, cet homme qui n’avait pas encore la foi. Mais ce cher prêtre a quand même invité Charles à recevoir un sacrement de la foi : le sacrement de la réconciliation; et, en plus, il lui a fait recevoir la communion « séance tenante ». Que pensez-vous de cela? Était-ce une erreur d’agir ainsi? Jésus n’a-t-il pas dit qu’on juge l’arbre à ses fruits?

Voici maintenant la vidéo dans laquelle Guillaume raconte son expérience du sacrement de la réconciliation.

Pourquoi choisir l'Eglise catholique? (Partie 1)


(1) Biographie de Charles de Foucauld

www.charlesdefoucauld.org/fr/biographie.php




La loi de la gradualité

La loi de la gradualité
 Image associée
Ce blogue pourra sembler aride à certains d’entre vous. Il est cependant très important pour moi. Il constitue une réponse supplémentaire à une question qui m’habite fortement depuis deux ans et à laquelle Dieu se plaît depuis quelque temps à me donner des réponses (voir le blogue du 17 janvier 2017) (1). Cette question est la suivante: doit-on aujourd’hui donner des sacrements à des personnes baptisées qui ne connaissent pas du tout la foi catholique ou si peu et pour qui le baptême qu’elles ont reçu, ne signifie pas grand-chose?

Le Seigneur a permis qu’habité par une si importante question, je jette les yeux ces jours-ci sur la façon dont le pape François parle de la « loi de la gradualité ». C’est le pape Jean-Paul II qui a en premier parlé de la « loi de la gradualité », qui est bonne, par opposition à la « gradualité de la loi », qui est une une notion erronée (cf. Familiaris Consortio, no. 34). La loi divine, c’est la loi divine et dans cette loi, il n’y a pas de gradualité. Le meurtre sera toujours mal, l’adultère, toujours un mal, le vol, toujours un mal, les relations sexuelles hors mariage, toujours un mal. En ce sens la loi n’est pas graduelle, ne connaît pas de « gradualité ». Mais la personne humaine connaît, elle, une loi qui est la loi de la gradualité. L’être humain ne comprend pas tout d’un coup et de façon immédiate toutes les exigences de la loi de Dieu. Et on doit respecter le cheminement de chacun, cheminement qui est parfois très lent. Jésus a dit : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » (Lc 6, 37) et « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » ( Mt 9, 13).

Je vais maintenant citer des passages de l’exhortation apostolique du pape François, intitulée « La joie de l’amour » (« Amoris laetitia »). Comme vous le constaterez dans un instant, si vous n’êtes pas habitués de lire les documents officiels de l’Église, ceux-ci sont denses et nécessitent une plus grande attention que la lecture de journaux ou de romans; mais cette lecture ardue est parfois le prix à payer pour se former comme chrétien et pour devenir un véritable disciple-missionnaire. La vérité catholique nous vient en particulier du pape mais rares sont les personnes qui prennent le temps de lire ce que le vicaire du Christ nous dit dans ses documents officiels. On veut bien lire les homélies du pape car elles nous sont plus abordables; mais la doctrine de l’Église se trouve surtout dans les documents officiels issus du Magistère.

Quand vous lirez des mots ou des phrases écrites en caractères « gras », sachez que c’est moi qui les ai mis ainsi pour exprimer l’importance qu’ils ont à mes yeux.

PAPE FRANÇOIS : « LA JOIE DE L’AMOUR »

295. Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance ».[323] Ce n’est pas une ‘‘gradualité de la loi’’, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme ».[324]
Le discernement des situations dites ‘‘irrégulières’’[325]      
296. Le Synode s’est référé à diverses situations de fragilité ou d’imperfection. À ce sujet, je voudrais rappeler ici quelque chose dont j’ai voulu faire clairement part à toute l’Église pour que nous ne nous trompions pas de chemin : « Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Église: exclure et réintégrer […]. La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus: celle de la miséricorde et de l’intégration […]. La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère […Car] la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite ! »[326] Donc, « il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition ».[327]
297. Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde ‘‘imméritée, inconditionnelle et gratuite’’. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent.
301. Pour comprendre de manière appropriée pourquoi un discernement spécial est possible et nécessaire dans certaines situations dites ‘‘irrégulières’’, il y a une question qui doit toujours être prise en compte, de manière qu’on ne pense jamais qu’on veut diminuer les exigences de l’Évangile. L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les « valeurs comprises dans la norme »

 302. En ce qui concerne ces conditionnements, le Catéchisme de l’Église catholique s’exprime clairement : « L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux ».[343] Dans un autre paragraphe, il se réfère de nouveau aux circonstances qui  atténuent la responsabilité morale, et mentionne, dans une gamme variée, « l’immaturité affective, […] la force des habitudes contractées, […] l’état d’angoisse ou [d’]autres facteurs psychiques ou sociaux ».[344] C’est pourquoi, un jugement négatif sur une situation objective n’implique pas un jugement sur l’imputabilité ou la culpabilité de la personne impliquée. 


305. Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».[349] Dans cette même ligne, s’est exprimée la Commission Théologique Internationale : « La loi naturelle ne saurait donc être présentée comme un ensemble déjà constitué de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour sa démarche, éminemment personnelle, de prise de décision ».[350] À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[351] Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. Rappelons-nous qu’« un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ».[352] La pastorale concrète des ministres et des communautés ne peut cesser de prendre en compte cette réalité.


(1) Dieu ma joie: Pour construire, il faut se déconstruire

dieumajoie.blogspot.com/2018/01/pour-construire-il-faut-se-deconstruire_17.html