mercredi 8 avril 2015

Résister à la tentation

Résister à la tentation

Aujourd’hui, aux Laudes, la Parole de Dieu nous disait ceci:« Si nous sommes passés par la mort avec le Chirst, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet: ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Car il est mort, et c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même vous aussi: pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ. » (Rm 6, 8-11)

Jésus, dans le Jardin des Oliviers, nous a donné un des plus grands enseignements de sa vie; Il nous a appris comment résister à la tentation. Le seul et grand moyen que Jésus nous a donné pour lutter contre la tentation, le soir où Il fut livré (car il nous a aussi conseillé le jeûne durant sa vie publique, en Matthieu 17, 21), c’est l’arme de la prière. Plus il était tenté, plus Jésus priait intensément, nous dit l’évangéliste Luc (Lc 22, 44). Nous, nous faisons souvent le contraire: plus c’est dur, moins nous prions. Jésus nous a enseigné le combat de la prière: « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation: l’esprit est ardent, mais la chair est faible » (Mt 26, 41). Saint Pierre a entendu cette phrase et il en a expérimenté la vérité, lui qui a dit à Jésus, lors du dernier repas qu’il a pris avec le Maître, qu’il l’aimait tellement qu’il serait prêt à mourir pour Lui. Voilà l’ardeur de l’esprit. Mais cette même nuit, il reniera le Maître trois fois. Voilà la faiblesse de la chair.

Dans le film de Mel Gibson, La Passion du Christ (vous pourrez visionner le film, si vous le désirez, en cliquant sur la vidéo mise ci-dessous), deux passages nous rappellent le protévangile, cette annonce de l’évangile qui se trouve au tout début du premier livre de la Genèse. Immédiatement après le premier péché, Dieu dit au serpent (qui représente le démon) qu’Il met l’inimitié entre lui et la Femme, entre la descendance du serpent et la descendance de la Femme; celle-ci (la descendance de la femme) écrasera la tête du serpent, et le serpent meurtrira au talon la descendance de la Femme. C’est ce qu’on appelle le protévangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle de notre salut, annoncée à l’avance:

Dieu dit au serpent: « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. » (Gn 3, 15)

Premier passage du film, faisant référence au protévangile: Jésus écrase le serpent dans le Jardin des Oliviers. J’ai vu le film de Mel Gibson au cinéma. Cette scène, au cinéma, est très marquante. Quand Jésus écrase le serpent, Il le fait de façon tellement énergique, que la salle du cinéma a tremblé. J’ai sursauté sur ma chaise à ce moment précis. C’est une des scènes qui m’a le plus frappé de tout le film. Si vous regardez la vidéo mise ci-dessous, à la huitième minute et quarante-sixième seconde (8:46), vous verrez cette scène. Il est très facile de vous rendre en quelques secondes à cette scène du film, à l’aide de votre curseur. Vous n’avez qu’à avancer dans le film, à l’aide de votre souris. Malheureusement, cette scène, à votre ordinateur, n’aura pas du tout l’impact voulu. Vous ne pourrez pas goûter toute la force du geste de Jésus. J’imagine qu’il faut la puissance des haut-parleurs des salles de cinéma, pour pouvoir éprouver la véritable sensation. Depuis que j’ai vu cette scène au cinéma, je sais à quel point nous devons être énergiques dans notre lutte contre le péché.

Deuxième passage du film, faisant référence au protévangile:

À la 71ème minute et 26ème seconde (71:26), nous voyons la Sainte Vierge, d’un côté de la Via Dolorosa (le chemin qui mène au Calvaire), qui regarde le démon qui se tient de l’autre côté du chemin et qui la dévisage. Les deux ennemis ne se quittent pas des yeux pendant plusieurs secondes. Ces regards sont remplis d’inimitié. Oui Dieu a mis une redoutable inimitié entre le démon et la Femme. Cela est très bien représenté à ce moment précis du film. Voici le commentaire que je viens de lire à ce sujet sur internet:

« Pendant le chemin de croix, le regard de la Vierge Marie croise un moment celui de Satan, alors qu'ils marchent dans la foule; comme s'ils se jaugeaient des siècles avant leur grand combat, comme si le démon avait la prescience que cette Femme allait être sa grande ennemie. Il y a des tas de détails comme cela, d’une grande puissance, dans la film. Vraiment inspiré, ce Mel Gibson. »

Dans la vidéo ci-dessous, vous pourrez voir le film en entier, mais malheureusement, il y a de nombreux messages publicitaires, ce qui brise le rythme du film. J’imagine que c’est le prix à payer pour voir gratuitement sur un ordinateur, un film d’une telle qualité. C’est un film très dur à regarder, mais il a le mérite, selon moi, d’être très fidèle à ce qui s’est passé, il y a deux mille ans. Je crois même, pour ma part, que ce film est en deçà de la réalité; je crois que Jésus a souffert autant que ce qui est représenté dans le film, et même plus.

Je sais très bien qu’il y a des gens qui n’aiment pas du tout ce film. Ils ont parfaitement le droit de ne pas apprécier une telle représentation graphique des souffrances horribles qu’on a infligées à Jésus. Personnellement, cela me fait du bien de voir de mes yeux, ce que Jésus a dû souffrir pour moi et à cause de moi.



  1. La Passion Du Christ French (Le Vrai) - vidéo dailymotion

    www.dailymotion.com/.../xeylz7_la-passion-du-chri...

    26 sept. 2010
    Mise en ligne le Dimanche 26 septembre 2010 à 11h30la passion Du Crist French ... La Passion du Christ de Mel Gibson (bande annonce).
Je vous recommande fortement la lecture de deux de mes blogues sur le film de Mel Gibson.

Premièrement, le témoignage de Jim Caviezel, qui a joué le rôle de Jésus dans ce film. C’est tout simplement incroyable ce qu’il a vécu durant le tournage:

Dieu ma joie: Témoignage de Jim Caviezel

dieumajoie.blogspot.com/2014/04/temoignage-de-jim-caviezel.html

Deuxièmement, le témoignage de Pedro Sarubbi, qui joue le rôle de Barabbas. Il s’est converti durant le tournage du film:  

Dieu ma joie: Conversion de Pedro Sarubbi

dieumajoie.blogspot.com/2014/04/conversion-de-pedro-sarubbi.html




dimanche 5 avril 2015

La Résurrection de Jésus

La Résurrection de Jésus

En ce jour de Pâques 2015, je vous souhaite du fond du cœur:
JOYEUSES PÂQUES ! 
Cette année, ce qui me frappe et me touche, c’est la façon dont l’Église, par sa liturgie de la Parole, nous introduit dans le mystère de la résurrection de Jésus. Pour fêter Pâques, l’Église nous présente trois textes. En la grande Vigile Pascale, la nuit de Pâques, l’Église nous offre comme évangile, Mc 16, 1-8. Dans cet évangile, trois femmes amies et disciples de Jésus, se rendent au tombeau, en apportant des parfums pour embaumer le corps de Jésus. Leur espérance est grande et étonnante car elles savent qu’une énorme pierre ronde bloque l’entrée du tombeau. Elles se demandent d’ailleurs qui roulera la pierre pour elles. Au premier regard, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre. Entrant dans le tombeau, elles virent un jeune homme vêtu de blanc qui leur dit de ne pas avoir peur car Jésus est ressuscité. Elles sortent du tombeau en s’enfuyant, toutes tremblantes, et ne disent rien à personne, car elles avaient peur.

Le matin de Pâques (alors que je vous écris ces lignes), l’Église nous présente comme évangile de la messe: Jn 20, 1-9. Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court annoncer à Pierre et Jean, celui que Jésus aimait, qu’on a enlevé le Seigneur du tombeau et qu’on ne sait pas où on l’a mis. Pierre et Jean arrivent au tombeau. Jean, sûrement le plus jeune et le plus en forme, arrive au tombeau le premier, mais attend Pierre avant d’entrer. Pierre entre et voit le linceul (le linge qui recouvrait le corps de Jésus) posé à terre. C’est alors que Jean entre. Il voit et il croit. Jean n’a pas vu le Seigneur. Il n’a vu que les linges qui ont recouvert le corps inanimé du Seigneur. Il voit et il croit. Dans la liturgie du jour de Pâques, le premier à croire en la résurrection, est le disciple que Jésus aimait. Cette expression « le disciple que Jésus aimait », peut nous mettre sur une fausse piste. Jésus aime infiniment chacun de nous. Il est mort pour chacun de nous. La théologie nous enseigne que si vous ou moi étions le seul être humain à avoir vécu sur la terre et à avoir péché contre Dieu, Jésus se serait incarné et serait mort et ressuscité pour cette unique personne. Évidemment, tout cela est purement hypothétique. Mais c’est quand même fort. Car dans ce cas, cette unique personne, est celle qui aurait tué le Seigneur. Cela est tout à fait théologique: c’est chacun de nous, par notre péché, qui avons tué le Seigneur.

Mais revenons à Jean. Jean est celui des apôtres qui a le mieux compris à quel point Jésus l’aimait. C’est l’apôtre qui a pénétré le plus profondément dans le cœur du Seigneur. N’a-t-il pas posé sa tête sur la poitrine de Jésus quelques heures avant la mort du Maître, et n’a-t-il pas entendu battre d’amour ce cœur qui se donnait en nourriture à ses amis, avant de mourir? Si Jean a tant aimé Jésus, c’est parce qu’il se savait tellement aimé par Lui. Et si Jésus a tant aimé Jean, c’est parce Jésus savait que Jean avait réussi à pénétrer le Cœur de son Maître et ami. Or, chez quelqu’un qui aime, de simples signes conduisent à la personne aimée. Celui qui aime voit dans de petits signes, la présence de l’être aimé. Il n’est pas étonnant que Jean ait été le premier apôtre a croire à la résurrection. Et il n’est pas étonnant qu’il ait cru sans avoir vu le Ressuscité. Il vit le linceul, et il crut.

Il faut attendre la messe du soir de Pâques, pour entendre le récit de deux personnes qui ont vu le Ressuscité. Au soir de Pâques, l’Église nous présente comme évangile: Lc 24, 13-35. Deux disciples font route vers un village nommé Emmaüs. Un « étranger » se joint à eux sur la route, les écoute et les instruit. Cet étranger se fera reconnaître comme étant le Ressuscité, à la fin du jour, à la fraction du pain. Dès que les deux voyageurs réalisent qu’ils sont en présence du Ressuscité, Jésus disparaît de leurs yeux.

Il me semble que l’Église veut nous donner l’enseignement suivant: normalement, la croyance en la résurrection de Jésus advient en nous peu à peu, et comme graduellement. Le ressuscité aime se révéler peu à peu, à l’aide de signes. Et des signes, il nous en donne par milliers, comme le dit si bien un chant de Jo Akepsimas:   

Signes par milliers

Refrain: Signes par milliers, traces de ta gloire,
Signes par milliers, Dieu dans notre histoire. 
Signes par milliers, traces de ta gloire,
Signes par milliers, Dieu dans notre histoire.

1 - Ta main, Seigneur, nous a donné des signes;
Des signes par milliers, DES SIGNES PAR MILLIERS:
Le chant de l'univers, le souffle de la mer,
La flamme des vivants: Dieu à l'œuvre dans nos temps!

2 - Nos yeux Seigneur, se ferment sur tes signes,
Les signes de la joie, LES SIGNES DE LA JOIE:
Tristesse est notre nuit, la guerre avec ses cris,
Le froid de nos maisons: Dieu, tu brises nos prisons!

3 - Jésus ton Fils, nous a donné des signes,
Des signes de clarté, DES SIGNES DE CLARTÉ:
Par lui l'aveugle voit, le sourd entend sa voix,
Zachée partage grand: Dieu, parole qui surprend!

4 - La croix levée, voici le nouveau signe:
Le signe du pardon, LE SIGNE DU PARDON:
Scandale de la mort, faiblesse du Dieu fort,
La Pâque libérée: Dieu, printemps ressuscité.

5 - Pour nous, Seigneur, tu as choisi des signes,
Des signes d'unité, DES SIGNES D'UNITÉ:
Le pain de nos travaux, le vin des renouveaux,
La table partagée: Dieu, la fête réveillée.

6 - Témoins choisis, que nous soyons des signes!
Des signes d'avenir, DES SIGNES D'AVENIR:
Un peuple de croyants, disciples du Vivant,
L'Église à découvert: Dieu, soleil sur nos hivers.

7 - Par ton Esprit, tout homme soit un signe!
Un signe de l'amour, UN SIGNE DE L'AMOUR:
La source pour la soif, le rire d'un espoir,
La paix à fleur de vie: Dieu, lumière d'aujourd'hui!

(Jo Akepsimas, Signes par milliers)


  1. Signes par milliers ( Chant Catholique ) - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=LzrqouvRjBs

    12 janv. 2013 - Ajouté par catholique de france
    ... Signes par milliers, traces de ta gloire, Signes par milliers, Dieu dans notre histoire. Signes par milliers ...

   


jeudi 2 avril 2015

À bas la culpabilité! Vive la reconnaissance!

À bas la culpabilité ! Vive la reconnaissance !

Chers amis, quelle est la meilleure façon de vivre le Triduum Pascal? Je pense que Jésus désire que l’on pense à Lui, à ce qu’Il a fait pour nous et que nous ne cessions de nous en émerveiller. Je ne crois pas que Jésus désire que l’on s’apitoie sur notre sort, que l’on se regarde soi-même avec tristesse et culpabilité. Je sais que sur le chemin qui l’a conduit au Calvaire, Jésus a dit aux femmes de Jérusalem de ne pas pleurer sur Lui, mais sur elles et leurs enfants. Mais il a dit cela, semble-t-il, en pensant à la destruction de Jérusalem, qui allait avoir lieu quelques années plus tard. 

Quand Jésus ressuscité apparaîtra à ses apôtres et à ses disciples, le soir de Pâques, il ne leur reprochera aucunement de l’avoir abandonné et de l’avoir laissé seul lors de sa douloureuse Passion. Il avait d’ailleurs lui-même demandé aux gardes, lors de son arrestation dans le jardin des oliviers, de laisser partir ses amis, de les laisser tranquilles. Ce que Jésus ressuscité souhaite pour ses amis, c’est la Paix. Il leur souhaite d’ailleurs cette paix plus d’une fois dans ses premières paroles comme Ressuscité. Il ne veut pas que les apôtres se sentent mal de l’avoir abandonné, mais Il désire plutôt qu’ils se réjouissent avec Lui de sa victoire sur le mal et sur la mort.

Voici, en ce sens, un très beau texte de Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran, en France :  


Serait-ce moi, Seigneur?

Jésus déclara : « Amen je vous le dis, l’un de vous va me livrer. »

Profondément attristés, les apôtres se mirent à lui demander l’un après l’autre : « Serait-ce moi Seigneur ? »   Mt 26, 22
-- « Serait-ce moi Seigneur qui m’assoupirai tout à l’heure au lieu de rester à tes côtés lorsque tu auras besoin de ma présence et de ma prière au jardin de Gethsémani ?
-- Serait-ce moi qui ferai comme si je ne te connaissais pas lorsque tu seras soumis à la question dans la maison du Grand Prêtre ?
-- Serait-ce moi qui vais te vendre pour une trentaine de pièces d’argent ?
-- Serait-ce moi Seigneur qui aujourd’hui encore m’assoupis au lieu de veiller, qui vis ma foi dans la faible mesure où mes occupations quotidiennes m’en laissent le loisir.
-- Serait-ce moi qui, peut-être, te trahis sans même en avoir véritablement conscience ?
C’est toi…
C’est possible, mais
-- C’est aussi toi qui as quitté tes filets, ta sécurité, ta respectabilité pour me suivre.
-- C’est toi qui as risqué ta vie et surmonté ta peur pour m’accompagner au plus loin que tu pouvais.
-- C’est toi qui as marché avec moi sur les routes de Galilée et dans ma montée vers Jérusalem sans savoir où nous allions. Et
-- C’est toi qui, aujourd’hui encore, là où tu es, là où tu en es, entretiens la petite flamme de la foi sur ton lieu de travail, au sein de ta famille, parmi tes amis pour qui je ne suis pas forcément grand-chose.
-- C’est toi qui as le courage parfois d’être, en mon nom, signe de contradiction.
Vis pleinement ces instants d’intimité
Alors, laisse donc cette question avec son poids de culpabilité et d’angoisse que tu n’as pas à porter. Vis pleinement ces instants d’intimité ensemble, ce dernier moment d’amitié auquel je tiens plus que tout.
D’accord Seigneur, mais laisse-moi reposer ma question: serait-ce pour moi Seigneur qu’aujourd’hui, aujourd’hui encore, tu t’apprêtes à donner ta vie? Serait-ce pour moi? (Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran,  Retraite dans la ville 1 avril 2015)
Ce court texte m’a fait pensé aux paroles que m’a dites mon frère Luc, ces jours-ci. Luc est prêtre dans le diocèse de Québec. Il est allé recevoir le sacrement de la réconciliation ces jours-ci. Son confesseur lui a dit que nous, quand nous allons nous « confesser », nous regardons la tache noire sur le drap blanc. Mais Dieu regarde toute notre personne. Il n’oublie pas, Lui, l’ensemble de notre vie. Il n’oublie pas tout le bien que nous faisons.
Je vous souhaite un saint et fructueux Triduum.





mercredi 1 avril 2015

Vidéo à regarder en vue du Triduum Pascal

Vidéo à regarder en vue du Triduum Pascal

Pour vous disposer à vivre plus intensément le Triduum Pascal, je vous invite à visionner la vidéo intitulée: Marie au soir du Jeudi Saint.

Voici ce que j’ai écrit à ce sujet sur mon blogue, en date du 20 novembre 2012:

Bonjour à vous !


Voici une vidéo qu'un de mes bons amis de Québec nommé Jean Lortie, a réalisée en 1987. Cela ne nous rajeunit pas. Je viens tout juste d’apprendre que cette vidéo a été mise sur le web. Quelle bonne idée, car certains moments de cette vidéo sont tout simplement magnifiques. Jean Lortie travaille depuis plusieurs années aux Services Diocésains de la ville de Québec en tant que directeur d’ECDQtv (ECDQ: abréviation de: 
Église Catholique de Québec). 


L'actrice qui joue le rôle de Marie est jeune pour représenter la Vierge Marie âgée de 48 ans environ. Mais je n’ai pas trop de difficulté avec cela car la Vierge Marie a toujours été jeune à mes yeux.  


Celui qui a composé le texte de ce magnifique monologue est l'abbé Denis Veilleux de Québec. Denis Veilleux est le fondateur de la station radiophonique « Radio Galilée » à Québec. Cette station est en quelque sorte le pendant de la station radiophonique « Radio Ville-Marie », à Montréal.


Pour voir la vidéo, veuillez cliquer sur le lien suivant:


  1. Marie au soir du Jeudi Saint - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=XMs3MA-jtTA

    14 nov. 2012 - Ajouté par portafideitv
    Monologue illustrant l'état d'âme de Marie le soir du Jeudi saint. Production: l'Institut Apostolique ...




Comment cela se fera, puisque je suis vierge?

« Comment cela se fera, puisque je suis vierge? »

Une dame qui lit assez assidûment mon blogue, et qui a visionné la première capsule vidéo de mes enseignements (1), m’a écrit ceci: 

« Une petite remarque: vous dites que Marie était vierge parce qu'elle s'était consacrée corps et âme au Seigneur. En fait, ce que je comprends, c'est qu'elle était vierge comme toutes les jeunes filles du temps avant de se marier et qu'elle était destinée à la vie conjugale puisque fiancée à Joseph! » 

Cette chère dame a mis le doigt sur l’affirmation la plus problématique de ma première capsule ou de mon premier clip vidéo. J’ai affirmé, dans la vidéo, que Marie avait exclu d’être mère car elle avait l’intention de demeurer vierge. Je ne l’ai pas dit ainsi, mais j’ai dit quelque chose d’équivalent. Or telle est ma pensée, et, d’après ce que je comprends, la pensée de l’Église. Si cela est vrai, certaines questions très importantes nous viennent immédiatement à l’esprit, dont celle-ci: comment, dans un tel cas, Marie a-t-elle accepté d’épouser Joseph, si elle désirait demeurer vierge et si, par le fait même, elle n’envisageait aucunement de devenir mère? Voilà toute une question en effet.

Que Marie ait désiré, dès son jeune âge, se consacrer totalement à Dieu, corps et âme, il me semble qu’on puisse le déduire de la fête de la Présentation de Marie, célébrée chaque année le 21 novembre. D'après ce que je comprends, la fête de la Présentation de Marie, nous invite à faire mémoire du jour où Marie, à l’aube de sa vie consciente, s’est donnée corps et âme à Dieu. En un sens, Marie a été la première « religieuse », la première consacrée, du moins en désir. Tel était son désir profond.

À l’Annonciation, quand l’ange lui apprend qu’elle sera enceinte et qu’elle donnera la vie à un fils qui sera le Fils du Très-Haut, Marie demande: « Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme » (Lc 1, 34). L’Église a toujours compris cette réponse de Marie à l’ange Gabriel, comme étant le signe évident qu’elle désirait demeurer vierge. Qu’un ange apparaisse à Marie et lui parle, cela a dû étonner énormément Marie. Mais que cet ange lui annonce qu’elle serait enceinte et qu'elle donnerait naissance à un enfant, cela n’aurait pas dû, normalement, la surprendre, puisque elle s’était engagée dans la voie du mariage. Mais de fait, cela l’a énormément surprise. Pourquoi? Parce qu’elle désirait demeurer vierge dans le mariage.  

Ici, nous nageons dans le mystère. Et devant le mystère, nous ne pouvons que nous incliner et adorer. Il n’est pas facile de trouver des textes du magistère de l’Église qui nous éclairent sur le sujet. Un des textes qui lèvent le voile sur cette question, est un texte assez peu connu; il s’agit de l’exhortation apostolique de saint Jean-Paul II, sur Saint Joseph, intitulée « Redemptoris custos », publiée en 1989. Ce texte lève le voile sur le mystère, mais ne l’élucide pas. Dans ce texte, le pape affirme clairement qu’en se mariant à Joseph, Marie désirait rester vierge:

« Tout en affirmant clairement que Jésus a été conçu par le fait de l'Esprit Saint et que dans ce mariage la virginité a été préservée (cf.Mt 1. 18-25; Lc 1, 26-38), les évangélistes appellent Joseph l'époux de Marie et Marie l'épouse de Joseph (cf. Mt 1, 16. 18-20. 24; Lc1, 27; 2, 5) (Redemptoris Custos, no. 7).

« Selon la coutume du peuple hébreu, le mariage se concluait en deux étapes: on célébrait d'abord le mariage légal (vrai mariage), et c'est seulement après un certain temps que l'époux faisait venir l'épouse chez lui. Avant de vivre avec Marie, Joseph était donc déjà son « époux »; toutefois, Marie gardait au fond d'elle-même le désir de réserver exclusivement à Dieu le don total de soi. On pourrait se demander de quelle manière ce désir se conciliait avec le « mariage ». La réponse ne vient que du déroulement des événements du salut, c'est-à-dire de l'action spéciale de Dieu même. Depuis l'Annonciation, Marie sait qu elle doit réaliser son désir virginal de se donner à Dieu de façon exclusive et totale précisément en devenant mère du Fils de Dieu. La maternité par le fait de l'Esprit-Saint est la forme de don que Dieu lui-même attend de la Vierge « accordée en mariage» à Joseph. Marie prononce son fiat. Le fait qu'elle est « accordée en mariage » à Joseph est compris dans le dessein même de Dieu. C'est ce qu'indiquent les deux évangélistes cités, mais plus particulièrement Matthieu. Les paroles adressées à Joseph sont très significatives: « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit-Saint. » (Mt 1, 20.) Elles expliquent le mystère de l'épouse de Joseph: Marie est vierge dans sa maternité. En elle, « le Fils du Très-Haut » prend un corps humain et devient « le Fils de l'homme ». En s adressant à Joseph par les paroles de l'Ange, Dieu s'adresse à lui comme a l'époux de la Vierge de Nazareth. Ce qui s'est accompli en elle par le fait de l'Esprit- Saint exprime en même temps une particulière confirmation du lien sponsal qui préexistait déjà entre Joseph et Marie. Le messager dit clairement à Joseph: « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. » Ainsi, ce qui était advenu auparavant - son mariage avec Marie - s'était fait par la volonté de Dieu et devait donc être conservé. Dans sa maternité divine, Marie doit continuer à vivre comme « une vierge, épouse d'un mari » (cf. Lc 1, 27) (Redemptoris Custos, no. 18).

Marie et Joseph, véritables époux:

« Pour l'Église aussi, s'il est important de proclamer la conception virginale de Jésus, il est non moins important de défendre le mariage de Marie avec Joseph car, juridiquement, c'est de lui que dépend la paternité de Joseph. On comprend alors pourquoi les générations ont été énumérées selon la généalogie de Joseph: « Pourquoi - se demande saint Augustin - n'auraient-elles pas dû être celles de Joseph? Joseph n'était-il pas l'époux de Marie? [...] L'Écriture affirme, par la voix autorisée de l'Ange, qu'il était son époux. Ne crains pas, dit-il, de prendre chez toi Marie, ton Épouse.- ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint. Il reçoit l'ordre de donner à l'enfant son nom, bien qu'il ne soit pas né de lui. Elle enfantera un fils, dit-il, auquel tu donneras le nom de Jésus. L'Écriture sait bien que Jésus n'est pas né de Joseph, puisque, alors qu'il était préoccupé au sujet de l'origine de la maternité de Marie, il lui est dit: cela vient de l'Esprit Saint. Et pourtant, l'autorité paternelle ne lui est pas enlevée puisqu'il lui est ordonné de donner à l'enfant son nom. Enfin, la Vierge Marie elle-même, qui a bien conscience de ne pas avoir conçu le Christ par l'union conjugale avec lui, l'appelle cependant père du Christ. » (12) Le fils de Marie est aussi fils de Joseph en vertu du lien matrimonial qui les unit: « En raison de ce mariage fidèle, ils méritèrent tous les deux d'être appelés les parents du Christ, non seulement elle, d'être appelée sa mère, mais lui aussi, d'être appelé son père, de même qu'époux de sa mère, car il était l'un et l'autre par l'esprit et non par la chair. » (13) Dans ce mariage, il ne manqua rien de ce qui était nécessaire pour le constituer: « En ces père et mère du Christ se sont réalisés tous les biens du mariage: la progéniture, la fidélité, le sacrement. Nous connaissons la progéniture, qui est le Seigneur Jésus lui-même; la fidélité, car il n'y a aucun adultère; le sacrement, car il n'y a aucun divorce. » (14)

Quand ils analysent la nature du mariage, saint Augustin comme saint Thomas considèrent constamment qu'elle réside dans l' « union indivisible des esprits », dans l' « union des coeurs », dans le « consentement » (15), tous éléments qui se sont manifestés d'une manière exemplaire dans ce mariage. Au point culminant de l'histoire du salut, quand Dieu révèle son amour pour l'humanité par le don du Verbe, c'est précisément le mariage de Marie et de Joseph qui réalise en pleine « liberté » le « don sponsal de soi » en accueillant et en exprimant un tel amour. (16) « Dans cette grande entreprise du renouvellement de toutes choses dans le Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la Nouvelle Alliance. Et voici qu'au seuil du Nouveau Testament comme à l'entrée de l'Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d'Adam et Eve fut la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d'où la sainteté se répand sur toute la terre. Le Sauveur a commencé l'oeuvre du salut par cette union virginale et sainte où se manifeste sa toute-puissante volonté de purifier et sanctifier la famille, ce sanctuaire de l'amour et ce berceau de vie. » (17) (Redemptoris Custos, no. 7).

Romano Guardini:
Ce qui fait la grandeur d’un auteur ou d’un écrivain catholique, selon moi, c’est sa capacité de s’ouvrir au mystère. Pour cela, il faut d’abord se rendre compte qu’il y a du mystère, et ne pas vouloir le diminuer ou l’éliminer parce qu’il est un énorme défi pour l’intelligence humaine. Romano Guardini est un écrivain catholique exceptionnel. C’est précisément lorsqu’il aborde le mystère de la "virginité sponsale" de la Vierge Marie, que Romano Guardini me donne la preuve de sa grande qualité d’écrivain catholique:

La persévérance devant l’incompréhensible, par le recours à Dieu. « Marie a conclu ses fiançailles et n’a pu les envisager autrement que comme une démarche qui la conduirait au mariage au sens complet du mot. Cependant elle ne pouvait se comprendre elle-même en une telle situation, car l’orientation la plus profonde de sa vie y contredisait. Lui eût-on demandé quel tour devaient donc prendre les choses, elle eût répondu qu’elle n’en savait rien. Elle savait et ne savait pas: situation qu’elle eût été incapable de définir, attente qu’elle n’eût pu justifier. Marie s’est fiancée, ou plutôt elle a donné son accord aux fiançailles que lui proposait son tuteur, — mais en même temps une conviction intime lui disait que les choses suivraient un cours à part. Dans un état où, tout à la fois, elle sait et ne sait pas, dans cette attente qu’elle ne peut définir, elle vit pour Dieu dans la confiance. C’est l’attitude déjà notée et que j’appellerais proprement ‘mariale’: la persévérance devant l’incompréhensible, par le recours à Dieu. Quand enfin l’Ange apportera son message: Marie doit devenir Mère par la puissance de l’Esprit de Dieu, son âme profonde dira : ‘C’était donc cela ! ‘ » (Romano Guardini, La mère du Seigneur, Cerf, 1961, pp.35-37).

(1) Pour voir cette capsule vidéo, veuillez cliquer sur le lien suivant: 
 http://www.youtube.com/watch?v=gqeLjehxasY

ou sur ceci: 

  1. 1. Quel est le secret de la joie de Marie ? / Guy ... - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=gqeLjehxasY
    27 mars 2015 - Ajouté par Guy Simard, omv
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