dimanche 18 janvier 2015

La liberté d'expression selon le pape François

La liberté d’expression selon le pape François
pape françois dans l'avion entre le sri lanka et les philippines 

Le pape François n’est pas du genre à se dérober aux questions des journalistes. C’est souvent alors qu’il voyage en avion, lors d’un voyage apostolique, que les journalistes en profitent pour lui poser les questions les plus directes ou les plus connectées à l’actualité. Nous pouvons alors remarqué que le pape s’exprime librement et sans " mettre des gants blancs ". Il dit alors parfois des phrases chocs qui nécessitent une interprétation bienveillante. Car il n'est pas rare que le pape utilise des exemples frappants pour illustrer son propos et pour manifester une vérité qui devrait sauter aux yeux.

Le 15 janvier dernier, au cours des six heures de vol qu’il y a entre le Sri Lanka et les Philippines, le pape est allé au devant des journalistes et il a répondu à leurs questions. On lui a bien sûr demandé ce qu’il pensait de la liberté d’expression et des événements relatifs à Charlie Hebdo. Le pape a dit très clairement qu’il existe une limite ou des limites à la liberté d’expression. Et le pape a employé un exemple assez « frappant ». Il a dit ceci :

« Il est vrai qu’on ne peut pas réagir violemment. Mais si le docteur Gasparri, qui est un grand ami, dit une parole mauvaise (le mot « parolaccia » en italien veut dire un « gros mot », ou un « mot sale ») à l’endroit de ma mère, c’est un  coup de poing qui l’attend. Mais c’est normal. »

Quelqu’un pourrait dire: « Mais ce n’est pas très chrétien, ce que le pape dit là ». Je ne suis pas dans la tête du pape, mais il me semble évident que le pape veut montrer ici, que la réaction normale dans une telle circonstance, est une réaction violente. Si de fait, le docteur Gasparri, agissait un jour ainsi envers le pape, je suis pas mal sûr qu’il ne recevrait pas un coup de poing. C’est en tout cas mon opinion. Notre cher pape pose un problème pour certaines personnes par ce qu’il dit, ou par ce qu’il ne dit pas. Les gens aimeraient qu’il explique un peu mieux ce qu’il affirme. Personnellement, j’aime que notre pape s’exprime comme il le fait, et qu’il ne se sente pas toujours obligé d’expliquer ses propos. Un peu comme Jésus qui a dit plus d’une fois: « Que ceux  qui ont des oreilles pour entendre, qu’ils entendent ». Autrement dit: servons-nous de notre jugement. 

Voici le verbatim des déclarations du Pape François sur cette question (avec Agence I.Media)

Question du journaliste: Hier matin, durant la messe, vous avez parlé de la liberté religieuse comme d’un droit humain fondamental. Dans le respect des différentes religions, jusqu’à quel point peut-on aller en termes de liberté d’expression qui, elle aussi, est un droit humain fondamental ?
Merci pour cette question intelligente ! Je crois que ce sont toutes les deux des droits humains fondamentaux : la liberté religieuse et la liberté d’expression. On ne peut pas… Vous êtes français non ? Alors allons Paris, parlons clairement ! On ne peut pas cacher une vérité aujourd’hui : chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement, et nous voulons tous faire ainsi.
Deuxièmement, on ne peut pas offenser, faire la guerre, tuer au nom de sa religion, c’est-à-dire au nom de Dieu.
Ce qui se passe maintenant nous surprend, mais pensons toujours à notre histoire : Combien de guerres de religion avons-nous connu ! Pensez seulement à la nuit de la saint Barthélémy ! Comment comprendre cela ? Nous aussi nous avons été pécheurs sur cela, mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une aberration. Tuer au nom de Dieu est une aberration. Je crois que c’est le principal, sur la liberté religieuse : on doit le faire avec la liberté, sans offenser, mais sans imposer ni tuer.
La liberté d’expression… Non seulement chacun a la liberté, le droit et aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun : l’obligation ! Si nous pensons que ce que dit un député ou un sénateur – et pas seulement eux mais tant d’autres - n’est pas la bonne voie, qu’il ne collabore pas au bien commun, nous avons l’obligation de le dire ouvertement. Il faut avoir cette liberté, mais sans offenser. Car il est vrai qu’il ne faut pas réagir violemment, mais si M. Gasbarri (responsable du voyage, debout à ses côtés, ndlr) qui est un grand ami dit un gros mot sur ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! C’est normal… On ne peut pas provoquer, on ne peut pas insulter la foi des autres, on ne peut pas se moquer de la foi !
Le pape Benoît, dans un discours dont je ne me souviens pas bien (en fait, le fameux discours de Ratisbonne, ndlr) avait parlé de cette mentalité post-positiviste, de cette métaphysique post-positiviste qui menait au final à croire que les religions ou les expressions religieuses sont un espèce de sous-culture : elles sont tolérées mais elles sont peu de chose, elles ne sont pas dans la culture des Lumières. C’est un héritage des Lumières.
Il y a tant de gens qui parlent mal des religions, qui s’en moquent, qui jouent avec la religion des autres. Ceux-là provoquent… et il peut se passer ce qui arriverait à M. Gasbarri s’il disait quelque chose contre ma mère. Il y a une limite ! Chaque religion a de la dignité, chaque religion qui respecte la vie humaine et l’homme, et je ne peux pas me moquer d’elle… c’est une limite. J’ai pris exemple de la limite pour dire qu’en matière de liberté d’expression il y a des limites, comme pour l’histoire de ma mère.»   (Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)  (1)
Si vous désirez un court résumé sous-titré en français de la réponse du pape aux journalistes concernant les événements de Charlie Hebdo, veuillez cliquer sur le lien suivant: Conférence de presse en vol vers Manille - Kto www.ktotv.com/

Si vous désirez un compte-rendu plus complet sur le sujet, avec sous-titre en français, veuillez cliquer sur la vidéo suivante:   


  1. Il y a des limites à la liberté d'expression - Vidéo Dailymotion

    www.dailymotion.com/.../x2esnzn_il-y-a-des-limites-a...
    Il y a 3 jours
    Le Pape François a donné une conférence de presse à bord de l'avion qui le menait de Colombo (Sri Lanka) à Manille(Philippines) ce jeudi  ...

Sur le même sujet, vous pouvez lire le blogue que j’ai écrit le 12 janvier dernier: " Je ne suis pas 


www.news.va/fr/.../le-pape-on-ne-peut-provoquer-ou-insulter-la-foi-de




lundi 12 janvier 2015

" Je ne suis pas Charlie "

« Je ne suis pas Charlie »

Tant de personnes ces jours-ci se réclament de Charlie. Pour ma part, je veux dire haut et fort, que je ne suis pas Charlie. Dans la phrase précédente, le mot « suis » est en fait deux mots. C’est le verbe « être » et le verbe « suivre » à la première personne de l’indicatif présent. Mon être, entendu comme étant la conscience que j’ai de moi-même, est essentiellement différent de ce que sont ou étaient les dessinateurs de Charlie Hebdo. Et je n’entends pas du tout suivre leurs traces ou suivre leur exemple. La raison en est bien simple: Cabu, un des dessinateurs de Charlie Hebdo sauvagement et injustement assassiné le 7 janvier dernier, a dit clairement que les membres de l’équipe de Charlie Hebdo, étaient tous des athées militants. Je respecte les athées, en tant que personnes, mais je considère que les athées militants emploient parfois des moyens non démocratiques pour défendre leurs idées.

La revue Paris Match, le 7 janvier dernier, commençait ainsi un de ses articles:

« Athée convaincu, mais surtout anticlérical cinglant, Cabu se défiait de toutes les religions, qu’il soupçonnait d’être, potentiellement, autant de foyers d’intolérance et de haine. Dès ses premiers dessins dans « Hara Kiri », au début des années 60, il avait raillé l’intégrisme catholique avec « Le journal de Catherine », une BD dont la jeune héroïne était pensionnaire du couvent des Oiseaux. » 
(Tiré de: Mort de Cabu - Un dessinateur contre tous les fanatismes)
www.parismatch.com/.../Mort-de-Cabu-Un-dessinateur-contre-tous-les-fanatismes)

Je considère qu’il est anti-démocratique de ridiculiser de façon outrancière les religions; toutes les religions. Je pense qu’il est assez facile de comprendre que pour toute personne qui a la foi, sa croyance en Dieu est ce qu’il y a de plus sacré. Lorsqu’on touche à ce qu’il y a de plus sacré pour un être humain, on risque de faire naître des frustrations qui peuvent aller jusqu'à des gestes de quasi démence. Qui ne se souvient pas du coup de tête irréfléchi, absurde et violent posé par Zinédine Zidane à l’endroit de Marco Materazzi, lors de la coupe du monde de soccer 2006? Quelle est la raison de ce geste insensé? Nous approchons de la fin du match, Materazzi s’agrippe un peu trop au maillot de Zidane. Le Français lui lance la phrase suivante : « Si tu veux mon maillot, je te le donnerai après le match ». Materazzi répond par cette phrase incendiaire: « Je préfère ta pute de sœur ». Et nous connaissons tous la suite. Si une parole offensante envers le membre d’une famille, peut provoquer de telles réactions, comment ne pas imaginer les réactions que peut produire un humour offensant envers les religions.

Au fil des ans, plusieurs personnes ayant la foi, ont été blessées par les caricatures des dessinateurs de Charlie Hebdo. Pour réagir comme l’ont fait les assassins du 7 janvier dernier, il ne faut pas être normal. Il faut que le jugement ait été faussé. Ce genre de meurtre frôle la démence. Cela, les dessinateurs de Charlie Hebdo le savaient très bien. Une de leurs plus fameuses caricatures, montre Mahomet qui se bouche les yeux et qui s’exclame: « C’est dur d’être aimé par des cons ».  Voilà le nœud du problème, selon moi. Toute personne normale, à travers le monde, considère les terroristes islamistes comme des personnes dérangées, des personnes qui ont subi un lavage de cerveau et qui peuvent commettre les pires atrocités s’ils se sentent menacés. Cela, tout le monde le sait. Alors dites-moi: à quoi sert dans ce cas, la plume d’un écrivain ou d’un dessinateur? Si tout le monde admet une chose et est d’accord avec une chose, à quoi cela sert-il d’enfoncer le clou? Il y a un proverbe qui dit: « On ne réveille pas quelqu’un qui ne dort pas ». S’il est certain et prouvé qu’un écrit ou un dessin n’aura aucun effet sur la mentalité des gens normaux, à quoi sert-il? Et qui plus est, si nous sommes assurés que cet écrit ou ce dessin risque d’avoir comme unique conséquence de mettre le feu aux poudres et de provoquer des gestes insensés, je juge pour ma part, qu’il est immoral de le publier.






dimanche 11 janvier 2015

Est-ce que vous priez " Dieu " ?

Est-ce que vous priez « Dieu »?


La Trinité de Roublev

Aujourd’hui, en ce 11 janvier 2015, nous concluons le temps de Noël, par la fête du Baptême de Jésus. Le pape François a profité de cette fête pour baptiser trente deux enfants, dans la chapelle Sixtine. Le baptême est selon moi le plus beau jour de la vie d’un chrétien. Le fait d’être baptisé par le vicaire de Jésus sur terre, en la chapelle où a lieu l’élection des papes, ajoute certainement à la splendeur de la journée.

Dans son homélie, que j’ai pu visionner et entendre via la télévision, le pape a dit quelque chose qui m’a frappé. Je pense qu’il a voulu nous faire comprendre que ce n’est pas l’idéal pour un catholique, de dire qu’il prie Dieu. Pourquoi? Parce que le mot « Dieu », est un mot trop général. Nous, les catholiques (ou les chrétiens), nous savons que Dieu est en trois Personnes, et nous avons une façon de nommer chacune de ces Personnes. Nous pouvons prier le Père, ou Jésus, ou l’Esprit Saint. Quand nous prions, nous devrions nous adresser à une de ces personnes, ou aux trois. Nous devrions prier le Père, le Fils ou l’Esprit Saint ou les trois Personnes divines. Voici, ci-dessous,  le passage qui m’a frappé, tel que rapporté par le site internet du Saint Siège. Malheureusement, le texte est seulement en italien. Vous le trouverez dans la langue originale au bas du présent blogue, mais voici pour le moment, ma traduction:

« Madame, vous priez? » - « Oui »  - « Vous priez qui? »  -  « Je prie Dieu »  -  « Mais Dieu, comme ça, n’existe pas : Dieu est une personne et en tant que personne, existe le Père, le Fils et l’Esprit Saint. »  -  « Toi, qui pries-tu? »  -  « Le Père, le Fils, l’Esprit Saint. » D’habitude, nous prions Jésus. Lorsque nous prions le « Notre Père », nous prions le Père. Mais l’Esprit Saint, nous ne le prions pas tellement. C’est si important de prier l’Esprit Saint, parce qu’il nous enseigne à faire progresser la famille, les enfants, pour que ces enfants croissent dans l’atmosphère de la Sainte Trinité. C’est précisément l’Esprit Saint qui les fait avancer. Pour cette raison, n’oubliez pas d’invoquer souvent l’Esprit Saint, tous les jours. Vous pouvez le faire, par exemple, par cette simple prière : « Viens, Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles, et allume en eux le feu de ton amour ». Vous pouvez faire cette prière pour vos enfants, et pour vous aussi, naturellement.

Quand vous faites cette prière, vous sentez la présence maternelle de la Vierge Marie. C’est elle qui nous enseigne a prier l’Esprit Saint, et à vivre selon l’Esprit, comme Jésus. Que la Madone, notre mère, accompagne toujours le chemin de vos enfants et de vos familles. Amen. (Chapelle Sixtine, dimanche le 11 janvier 2015)

“Lei prega, Signora?” – “Sì” - “Chi prega?” – “Io prego Dio” - Ma “Dio”, così, non esiste: Dio è persona e in quanto persona esiste il Padre, il Figlio e lo Spirito Santo. “Tu chi preghi?” – “Il Padre, il Figlio, lo Spirito Santo”. Di solito preghiamo Gesù. Quando preghiamo il “Padre Nostro”, preghiamo il Padre. Ma lo Spirito Santo non lo preghiamo tanto. E’ tanto importante pregare lo Spirito Santo, perché ci insegna a portare avanti la famiglia, i bambini, perché questi bambini crescano nell’atmosfera della Trinità Santa. E’ proprio lo Spirito che li porta avanti. Per questo non dimenticate di invocare spesso lo Spirito Santo, tutti i giorni. Potete farlo, per esempio, con questa semplice preghiera: “Vieni, Santo Spirito, riempi i cuori dei tuoi fedeli e accendi in essi il fuoco del tuo amore”. Potete fare questa preghiera per i vostri bambini, oltre che naturalmente per voi stessi!
Quando fate questa preghiera, sentite la presenza materna della Vergine Maria. Lei ci insegna a pregare lo Spirito Santo, e a vivere secondo lo Spirito, come Gesù. La Madonna, nostra madre, accompagni sempre il cammino dei vostri bambini e delle vostre famiglie. Così sia.” (Cappella Sistina, Domenica. 11 gennaio 2015) 

lundi 5 janvier 2015

"Le miracle de l'unité des chrétiens est déjà commencé " - Pape François

« Le miracle de l’unité des chrétiens
est déjà commencé »  - Pape François

L'évêque anglican Tony Palmer et le pape François

Notre cher pape François prêche la Bonne Nouvelle surtout par ses actions et ses gestes. C’est ce que l’on dit souvent de lui. Voilà une belle façon de décrire l’apostolat du pape. Notre pape actuel n’est pas ce qu'on appelle communément un « théologien »; il est essentiellement un « pasteur ». Jésus a dit : « Ce que vous aurez dit à l'oreille dans les chambres sera prêché sur les toits » (Lc 12, 3). Alors la gloire qui revient à chacun, lui sera donnée. Nous connaissons assez bien les gestes que le pape François pose publiquement. Mais les merveilles qu’il opère dans le secret, nous parviennent par bribes; elles n’en sont que plus édifiantes.

Nous allons bientôt vivre la grande semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier. Cette semaine extraordinaire, que l’on vit à chaque début d’année, montre à elle seule l’importance que l’Église catholique accorde à l’unité des chrétiens. Que tous les chrétiens soient UN, voilà le plus cher désir de Jésus, exprimé dans sa « prière sacerdotale », au terme du dernier repas qu’Il a pris avec ses apôtres (Jn 17, 21).

Quelques jours après le Noël 2013, le pape a fait un appel téléphonique à l’évêque anglican Tony Palmer, lui demandant s’il pensait venir à Rome bientôt car il désirait le rencontrer. Tony Palmer et le cardinal Jose Mario Bergoglio, se connaissaient déjà à l'époque où Mgr Bergoglio était archevêque de Buenos Aires. Voici comment l'auteur Austen Ivereigh, (auteur du livre The Great Reformer, consacré au pape François)  décrit M. Tony Palmer:

Palmer, un sud-africain décontracté, jovial, au parler clair, dans la petite cinquantaine, avec un penchant pour les vêtements ecclésiastiques excentriques, n'avait ni l'air ni le langage d'un évêque anglican classique. Quand je l'ai rencontré en mai, à un café de Bath, près de l'endroit où il vivait avec sa famille, il m'a expliqué qu'il avait été ordonné par la Communion of Evangelical Episcopal Churches (CEEC), dont l'évêque-président est en Floride.

La CEEC, formée dans les années 90, est anglicane. Pourtant, contrairement à l'Église épiscopale des États-Unis, elle ne fait pas partie de la Communion anglicane fidèle à l'archevêque de Canterbury. Ses dirigeants se considèrent comme faisant partie d'un mouvement «convergent», cherchant à combiner le christianisme évangélique avec la liturgie et les sacrements typiques du catholicisme. Cette convergence, m'a dit Palmer, «est un précurseur de la pleine unité entre les Églises protestantes et catholiques». (Tiré du texte de Austen Ivereigh sur le site internet suivant: L'oecuménisme selon François (2) - benoit-et-moi).

Monsieur Kenneth Copeland est un prédicateur évangéliste américain. Le 21 janvier 2014, M. Copeland a invité M. Tony Palmer à prendre la parole devant les membres de son organisation réunis au Texas. Ce moment a été filmé par la caméra et vous pouvez le voir à la cinquième minute et trentième seconde (5:30) de la vidéo mise ci-dessous et intitulée: Le miracle de l’unité a déjà commencé. À cette occasion, M. Palmer a relaté la conversation téléphonique qu'il avait eue récemment avec le pape François et la rencontre qui s'ensuivit entre les deux hommes. La description de l’appel téléphonique du pape François à M. Palmer, se trouve à la sixième minute et treizième seconde (6:13) de la vidéo. Voici les mots mêmes de M. Palmer, que j'ai copiés de la vidéo:  

Tony Palmer: J’ai reçu un appel téléphonique juste après Noël, alors que je me détendais avec mon fils, en regardant la télé. J’attrape mon portable et je réponds: « Oui, Tony Palmer à l’appareil ». J’entends: « Hello, ici le pape François ». Je croyais que c’était un de mes amis. Il devait m’observer par la fenêtre. Je dis: « Père Mario! » Il répond: « Oui ». Alors je cours à l’étage, dans mon bureau, qui était calme et lui dit: «Tu m’appelles pourquoi?» Il me dit: «Quand viens-tu à Rome, prochainement?» Je lui réponds : « Je serai à Rome dans deux semaines. Il faut que je visite une de mes paroisses. » Il me dit: « Est-ce que tu peux venir me voir? » (rires) Alors je lui dis: « Je peux le 13 ». Il me répond: « Non, je suis pris. » Je n’invente pas; ça s’est passé comme ça. Ma femme Émi (Émiliana) était derrière la porte à écouter la conversation. Je dis: « Je peux le 14. Je peux rester un jour de plus à Rome. » Il  me répond: « Je vais chercher mon agenda. » « J’ai entendu reposer le combiné sur la table, les bruits de pas, le retour, et il me dit: « Mon cher Tony, le 14 me va; je suis libre. Quelle heure? » Je réponds: « Tu es le pape, et tu me demandes à quelle heure? » Il dit : « Oui, quelle heure t’arrange? » Je pensais, 10 hres, comme ça je peux éviter les encombrements terribles à Rome. Je dis : « Dix heures ». Il me répond : « Entendu pour 10 hres. » Alors je lui dis : « Pape François, je ne peux pas croire que tu m’appelles. Honnêtement, je ne sais pas comment réagir. » Il me répond : « Qu’est-ce que tu veux dire? » Je dis : « Tu es le pape de l’Église universelle, 1,2 milliards de fidèles, et je suis juste un membre ordinaire du clergé, qui fait son bouleau pour le Royaume. » Il me dit : « Tony, nous partageons l’Alliance, nous sommes frères. Rien ne changera notre amitié. Je te bénis. »  Pourquoi est-ce un moment historique? Parce qu'en 1999, l’Église apostolique romaine et l’Église protestante luthérienne, ont signé un accord mettant fin à la protestation. »

À la 10ème minute et 53ème seconde (10:53), M. Tony Palmer introduit la vidéo qu’il a filmée quelques jours plus tôt (le 14 janvier) alors qu’il était à Rome. Voici comment M. Austen Ivereigh, sur le site internet cité ci-dessus, décrit la rencontre qui a eu lieu à Rome le 14 janvier 2014:

Le 14 Janvier, Palmer passa la matinée avec François dans la résidence du Vatican où il vit actuellement, la Domus Santa Marta. Palmer lui dit que la semaine suivante, il s'adresserait à 3000 évangéliques, devant la conférence des leaders internationaux du Kenneth Copeland Ministries, à Fort Worth, au Texas: voudrait-il envoyer un mot de salutation? « Faisons une vidéo », répondit François. «Vous voulez que je sorte mon iPhone et que je vous enregistre? », demanda Palmer, surpris. «Oui, exactement», répondit le pape. (Tiré du site internet suivant: L'oecuménisme selon François (2) - benoit-et-moi).

Voici comment M. Palmer a introduit la vidéo: «C’est un moment historique. C’est un moment d’histoire, que d’avoir un pape qui nous reconnaisse comme frères et sœurs; qui nous parle comme à des frères et sœurs. Il nous envoie un message. Et vous allez voir le contenu du message.» Ce message commence à la onzième minute et quatorzième seconde (11:14). Je vous encourage à regarder la vidéo et à écouter la traduction en français du message du pape. Il vaut la peine d’entendre le pape parler « le langage du cœur », selon sa propre expression. Si vous ne pouvez pas visionner la vidéo, vous pourrez lire ci-dessous, le texte de son message.   


  1. Le miracle de l'unité a déjà commencé Film Net for God juin ...

    www.youtube.com/watch?v=h-8LAUtS3Uo
    14 sept. 2014 - Ajouté par Guy François Olinga
    Le miracle de l'unité a déjà commencé Film Net for God juin 2014 ... du Chemin Neuf via le réseau de international prière « Net for God ».
  2. Voici le texte du message du pape, tel que traduit par l’agence Zenit: (personnellement, je considère que ce texte n'est pas tout à fait conforme à la vidéo, mais il en donne l'essentiel)
  3. Rome, 25 février 2014 (Zenit.org) Anne Kurian 
  4. « Échangeons cette étreinte spirituelle et laissons le Seigneur finir l’œuvre qu’il a commencée... car le miracle de l’unité a commencé », affirme le pape François dans une vidéo-message pour le rassemblement d'une communauté anglicane au Texas.
    « Chers frères et soeurs, excusez-moi parce que je parle en italien et non pas en anglais. En réalité je ne parlerai ni en italien, ni en anglais mais ‘avec le langage du coeur’ » : c'est avec ces paroles, prononcées en anglais, que le pape introduit un discours informel de sept minutes, improvisé et filmé artisanalement sur un… téléphone portable !
    Le pape a en effet été filmé par l’évêque anglican Tony Palmer, membre de la Communion des Églises anglicanes épiscopaliennes (CEEC), qu’il appelle « son ami » – connu à Buenos Aires – et qu’il a rencontré le 14 janvier dernier au Vatican.  
  5. Le message vidéo a été diffusé le 20 février au cours du rassemblement du groupe anglican charismatique «Kenneth Copeland Ministries» (ici, il y a erreur: le message a été livré le 21 janvier 2014) et publié sur la plate-forme de vidéos Youtube.
  6. Le pape y parle d’abondance de cœur, « comme un frère », avec « le langage du cœur, simple et authentique », un langage qui a « une grammaire spéciale », dotée de « deux règles », explique-t-il : « Aime Dieu par-dessus tout et aime l’autre parce qu’il est ton frère et ta sœur. » 
    Avec ces deux règles, le chrétien « avance », ajoute le pape qui adresse aux participants un « salut joyeux et nostalgique ».
    Un salut joyeux, précise-t-il, parce que « cela me donne de la joie que vous soyez réunis pour louer Jésus-Christ, l’unique Seigneur, pour prier le Père et recevoir l’Esprit », c’est un signe que « le Seigneur travaille dans le monde entier ».
    Mais, poursuit le pape, tout comme les familles humaines qui sont parfois divisées, les chrétiens sont « un peu, permettez-moi ce mot, ‘séparés’ », à cause des « péchés » et des « malentendus de l’histoire ».
    Sur cette « longue route de péché communautaire », le pape estime que la faute revient « à tous », car tous les chrétiens sont « pécheurs » et « un seul est Juste: le Seigneur ».
    La « nostalgie » pousse à désirer que « cette séparation finisse et que soit donnée la communion » : le pape exprime la nostalgie de « cette étreinte », dont parle la Bible, « quand les frères de Joseph, affamés, sont allés en Egypte pour pouvoir manger » et « ont trouvé quelque chose de plus que de la nourriture : ils ont trouvé leur frère ».
    Tout comme la famille de Joseph « avait de l’argent, mais ne pouvait se nourrir d’argent », ainsi les chrétiens ont « tous de l’argent, l’argent de la culture, de [leur] histoire et de [leurs] traditions religieuses », mais ils doivent « se retrouver comme frères et pleurer ensemble comme Joseph »: « les larmes de l’amour sont des larmes qui unissent ».
    Le pape invite à « faire grandir la nostalgie » afin qu’elle « nous pousse à nous trouver, à nous embrasser et à louer Jésus Christ, comme unique Seigneur de l’histoire »: « Avançons, nous sommes frères… échangeons cette étreinte spirituelle et laissons le Seigneur finir l’œuvre qu’il a commencée, car c’est un miracle: le miracle de l’unité est déjà commencé ».
    Citant « Les fiancés » de l'écrivain italien Alessandro Manzoni, le pape ajoute: "Je n’ai jamais vu le Seigneur commencer un miracle sans le finir bien". Il finira bien ce miracle de l'unité. (1)
    Il remercie les participants de leur écoute et de l’avoir « laissé parler le langage du cœur » et il demande leur prière: « Je prie pour vous, je le ferai, mais j’ai besoin de vos prières. Prions le Seigneur afin qu’il nous unisse tous. »
    « Je vous demande de me bénir et je vous bénis, de frère à frère. Je vous embrasse, merci », conclut le pape.
    (25 février 2014) © Innovative Media Inc.

    (1)  Dans la vidéo, le pape s’exprime un peu différemment de ce qui est rapporté ici par l’agence Zenit. Le pape dit ceci: « Dans un roman du célèbre écrivain Manzoni, un homme simple du peuple dit la chose suivante: « Je n’ai jamais vu le Seigneur commencer un miracle, qu’Il n’ait pas bien achevé » (Alessandro Manzoni, I promessi sposi, chapitre 24: « non ho mai trovato che il Signore abbia cominciato un miracolo senza finirlo bene »). Lui, achèvera bien ce miracle de l’unité.  
  7. Comme il fait bon de voir le pape citer un roman pour manifester une vérité qu'il juge universelle! C'est bien le signe évident que l'on peut retrouver en tout lieu les plus grandes vérités. 
  8. Les événements mentionnés ci-haut, se sont passés en plein mois de janvier, l'an dernier, quelques jours seulement avant la grande semaine annuelle de prière pour l'unité des chrétiens. Comment ne pas penser que le pape ait fait ces démarches, précisément pour honorer cette semaine qui est d'une importance capitale pour l'avenir de l'Église. 
  9. M. Tony Palmer est malheureusement décédé le 20 juillet dernier, alors que sa motocyclette a été happée par une automobile, sur une petite route de campagne dans le sud de l'Angleterre, laissant dans le deuil son épouse et ses deux enfants.

    « Le Pape François a envoyé un message, qui a été lu par Émiliana Palmer en larmes. Il y disait que lui et Palmer étaient des amis proches, comme père et fils, «Plusieurs fois, nous avons prié dans le même Esprit». Il a salué Palmer comme un homme courageux, passionné et au coeur pur, plein d'amour envers Jésus, qui a laissé un précieux héritage dans sa passion pour l’unité des chrétiens.

    François a créé la forte impression que le travail qu'il avait commencé avec Palmer allait se poursuivre.
      
    «Nous devons être encouragés par son zèle», a déclaré le pape.
     
    (Tiré du texte de Austen Ivereigh sur le site internet suivant: L'oecuménisme selon François (2) - benoit-et-moi).






jeudi 1 janvier 2015

Voeu

Voeu


« Ne pas avoir peur d'abandonner notre main entre ses mains maternelles »
(Pape François, Discours à la Curie romaine, 22/12/2014)


Chers lecteurs de ce blogue,

Que vous souhaiter en ce début d’année 2015?  En la solennité de Marie Mère de Dieu, je vous souhaite de mettre toute votre confiance en notre Mère du ciel. Que Marie soit votre protection, votre refuge, votre consolation à chaque jour de l’année 2015.


L’icône que vous avez présentement sous les yeux, est l’icône de Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours. L’original de cette icône se trouve à Rome, dans l’église St-Alphonse-de-Liguori, sur l’Esquilin, tout près de la Basilique Sainte-Marie-Majeure. 

Au haut de l’icône, à droite, nous voyons l’archange Gabriel portant la croix au pied de laquelle nous voyons les clous de la crucifixion. À gauche, l’archange Michel tient en ses mains une éponge et une lance qui rappellent aussi la Passion de Notre Seigneur. L’Enfant-Jésus, regardant vers l’archange Gabriel, et voyant de façon anticipée les instruments du supplice qui le fera mourir, sursaute de peur dans les bras de sa mère. Il en perd même une des ses sandales. De ses deux petites mains, il entoure le pouce de sa mère, qu’il s'apprête sûrement à serrer très fort. Nous avons tous déjà fait l’expérience d’avoir mis un doigt dans les mains d’un nouveau-né, et nous avons alors pu expérimenter la force et la confiance qu’un tout petit enfant peut exprimer en nous serrant le doigt très fort. Jésus nous invite ainsi à mettre toute notre confiance en notre Mère du ciel, surtout dans les moments difficiles de notre vie. Il ne faut pas être grand devin pour savoir que de tels moments ne feront pas défaut dans l’année qui commence.

Aujourd’hui, en ce premier jour de l'an 2015, nous célébrons le plus grand titre de Marie. Nous honorons Marie Mère de Dieu. Ce titre lui a été attribué en 431, lors du Concile d’Éphèse. Le chant marial qui a accompagné ce concile, est le « Sub tuum praesidium », qui est un des chants mariaux les plus anciens.

« Le Sub tuum præsidium constitue probablement la plus ancienne prière chrétienne adressée à la Vierge Marie.  …  le texte ne peut absolument pas être plus tardif que le IIIème siècle, la datation probable se situant entre 250 & 280.  …  Le recours à la Vierge Marie de la communauté chrétienne en danger situe sans doute l’invocation dans un contexte de persécution (celle de Valérien ou celle de Dèce). » (1)


Le texte romain :

Sub tuum
praesidium
confugimus,
sancta Dei Genitrix :
nostras deprecationes
ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa
et benedicta.


Traduction du texte romain :

Sous ta protection
nous nous réfugions
sainte Mère de Dieu ;
nos prières,
ne les méprise pas 

dans les nécessités,
mais de tous les dangers
délivre-nous toujours
Vierge glorieuse
et bénie.

Voici le " Sub tuum praesidium ", chanté en grégorien; il s'agit d'un de mes chants préférés: 


  1. SUB TUUM PRAESIDIUM, antica antifona ... - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=QrK8xn31Ing28 nov. 2008 - Ajouté par vianinigiovanni
    Spartito di canto gregoriano dell'Antica Antifona mariana SUB TUUM PRAESIDIUM nello studio di ...

Voici comment notre cher pape François a terminé son discours, ou, pour parler plus exactement, son exhortation aux membres de la Curie romaine, à l'occasion de Noël:  

Chers frères !

J’ai lu un jour que les prêtres sont comme les avions: on parle d’eux seulement lorsqu’ils tombent, mais il y en a beaucoup qui volent. Beaucoup les critiquent et peu prient pour eux. C’est une phrase très sympathique mais aussi très vraie, parce qu’elle indique l’importance et la délicatesse de notre service sacerdotal et quel mal pourrait causer à tout le corps de l’Église un seul prêtre qui ‘‘tombe’’.

Donc, pour ne pas tomber en ces jours où nous nous préparons à la Confession, demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église, de guérir les blessures du péché que chacun de nous porte dans son cœur, et de soutenir l’Église et la Curie afin qu’elles soient saines et porteuses d’assainissement; saintes et sanctificatrices, à la gloire de son Fils et pour notre salut et celui du monde entier. Demandons-lui de nous faire aimer l’Église comme l’a aimée le Christ, son fils et notre Seigneur, et d’avoir le courage de nous reconnaître pécheurs, d’avoir besoin de sa Miséricorde et de ne pas avoir peur d’abandonner notre main dans ses mains maternelles.

Tous mes vœux de sainte fête de Noël à vous tous, à vos familles et à vos collaborateurs. Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi! Merci de tout cœur! (Pape François, Discours à la Curie romaine, 22 décembre 2014).


(1)  Sub tuum præsidium : la plus ancienne prière à la Très ...
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