mardi 22 mars 2016

La " Colline aux Croix " en Lituanie

La « Colline aux Croix » en Lituanie
 

Nous nous apprêtons, dans quelques jours, à célébrer, honorer et baiser la croix de notre Seigneur Jésus Christ. Saint Paul avait tellement bien intégré et fait sien le mystère de la croix, qu’il s’est exclamé un jour:

« Pour moi, non, jamais d’autre titre de gloire que la croix de notre Seigneur Jésus Christ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour monde. » (Gal 6,14)

 Autre traduction:   

« Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. » (Gal 6,14)

Malheureusement, ce n’est pas toujours ce que nous expérimentons. Nous nous comportons souvent en ennemis de la croix du Christ. Ici, au Québec, plusieurs personnes ne voient plus la croix comme un signe de fierté. Au contraire, la croix est perçue comme un obstacle à la liberté et au bonheur. De sorte que le reproche de saint Paul dans sa Lettre aux Philippiens, peut souvent s’appliquer à nous:

« Je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant: beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux. » (Phil 3, 18-20)

Il y a un peuple qui a connu ce que c’était que de ne pas être libres; il s’agit des Lituaniens. Pendant des décennies, ils ont été sous le joug communiste soviétique. Pour eux, c’était la société athée prônée par le régime soviétique qui leur enlevait leurs libertés fondamentales, dont le droit de croire en Dieu le Père, manifesté par son Fils Jésus-Christ. Les Lituaniens ont fait d’une colline située aux environs de la ville de Siauliai, un lieu de contestation du régime communiste et de profession de leur foi. Des milliers de Lituaniens sont venus au fil des ans planter une croix en ce lieu, pour montrer clairement à la Russie, et au monde entier, qu’ils sont fiers d’être catholiques. Voilà où devrait résider la véritable fierté. Les Russes ont détruit à trois reprises ce site religieux, brûlant les croix de bois et détruisant les croix de fer et de bronze.  


« La Lituanie compte parmi les nombreux pays qui sont restés pendant cinq décennies sous la poigne de fer de l’Union soviétique. Il y a, au Nord-Est du pays, un endroit précis qui a particulièrement souffert de la brutalité de l’idéologie soviétique, marquée par l’absolutisme antireligieux.  

Il s’agit d’une simple colline, toute proche de la ville de Siauliai, haut lieu de la nation lituanienne. Au XIVe siècle, alors que la région appartenait à l’Empire russe, la population locale s’était révoltée contre le tsar qui empêchait les familles d’honorer leurs défunts. Le peuple planta alors des croix sur la colline en mémoire de ses morts. 


Rasée trois fois par les soviétiques, toujours reconstruite

En 1960, le KGB décréta la fin de cette pratique. Mais, en avril 1961, les croix sur la colline étaient encore plus nombreuses : à travers elles, les Lituaniens n’honoraient pas seulement la mémoire de leurs défunts, mais aussi celle de leurs concitoyens déportés en Sibérie sur ordre de Staline. Les soviétiques brûlèrent les croix en bois et détruisirent celles en métal et en pierre. Il n’en resta pas une seule intacte. Mais, dès le lendemain, la Colline des Croix renaissait, à nouveau recouverte de croix : la nuit, les chrétiens les replantaient. L’Union soviétique, s’acharnant sur ce symbole, détruira le site par trois fois, mais les catholiques de Lituanie ne renoncèrent pas à témoigner de leur foi, malgré la présence de l’armée rouge.  

Le gouvernement bloqua les accès à la colline et alla jusqu’à lancer de fausses alertes d’épidémies dans la région. Rien n’y fera. Les Lituaniens ne se rendirent pas : chaque fois que les croix étaient détruites ou retirées, ils recommençaient et en dressaient à nouveau sur la colline. En 1979, un prêtre particulièrement courageux organisa une procession de sa paroisse jusqu’à la colline. Le KGB ne put rien faire pour l’en empêcher, comprenant que ce serait même pire. Et, à partir de 1985, les autorités renoncèrent et laissèrent les croix en paix et en place. Lors de l’effondrement de l’Union soviétique, la Colline des Croix comptait plus de 100 000 crucifix et icônes sacrées. 


Un témoignage et un avertissement

Dans les années 1990, un sanctuaire s’éleva sur la colline, qui attira des foules du monde entier. Parmi les pèlerins, et non des moindres, le pape saint Jean Paul II qui, en 1993, déclara : « Après cette visite, la vérité exprimée par le Concile Vatican II nous apparaît plus clairement à nous tous : l’homme ne peut se comprendre profondément sans le Christ et sans sa Croix. La Colline des Croix est un témoignage éloquent de cela et aussi un avertissement. L’éloquence de ce sanctuaire est universelle: c’est une parole écrite dans l’histoire de l’Europe du XXe siècle ». 

La Colline des Croix, qui résista aux pouvoirs tyranniques de ce monde, est encore debout. Il est aujourd’hui impossible de dire combien de millions de croix de toutes tailles il y a sur le site, des centaines s’ajoutant quotidiennement. C’est la raison pour laquelle la Lituanie est parfois appelée « le pays des croix ». (1)

 
Pape Jean-Paul II. Colline des Croix, 7 septembre 1993


    

(1) 

Lituanie : La Colline des Croix qui a défié et fait ... - Aleteia

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dimanche 20 mars 2016

Semaine Sainte 2016

Semaine Sainte 2016
 
Chers amis,

Nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte, la grande et sublime semaine de l’année pour nous les chrétiens. La Semaine Sainte de cette année revêt un caractère unique et une importance hors du commun: nous vivons la Semaine Sainte du grand Jubilé de la Miséricorde. Je ne pense pas que durant notre vie, nous aurons l’occasion de vivre à nouveau un tel moment de grâce. Ce qui ressort avec évidence des événements que nous allons célébrer durant la présente semaine, c’est la MISÉRICORDE DE DIEU. Et le dimanche qui suit la solennité de Pâques est désormais la fête de la MISÉRICORDE DIVINE. Il est évident à mes yeux que Dieu, grâce au pape François qui a voulu le jubilé que nous vivons cette année et grâce au pape Jean-Paul II qui a obéi au désir de Jésus manifesté à Sœur Faustine de faire du dimanche « in albis » le Dimanche de la Miséricorde divine, sera plus que jamais RICHE EN MISÉRICORDE pour notre monde. Voilà une raison supplémentaire de vivre au mieux la présente semaine.

Je demande à Dieu pour moi et pour vous, la grâce de comprendre et de goûter encore mieux durant la Semaine Sainte 2016, à quel point notre Dieu nous aime. Dieu aime infiniment toutes les générations d’êtres humains qui voient le jour à chaque époque de l’histoire humaine, générations de personnes aux cœurs inconstants. C’est le message essentiel, selon moi, qui se dégage du dimanche que nous vivons aujourd’hui: le « dimanche des rameaux ». Nous sommes tous les enfants de nos pères dans la foi, qui un jour acclament Dieu avec allégresse et le jour suivant le trahissent, le renient et le mettent à mort par leurs péchés. Et pourtant, Dieu nous aime. Dieu nous aime tout le temps. C’est le message qu’a très bien exprimé l’auteur-compositeur-interprète québécois Robert Lebel, dans son magnifique chant intitulé: « Pendant ce temps » :

Pendant que je m'en fais pour rien, 
Que mon âme s'inquiète pour demain, 
Qu'à ma porte, ton amour attend dehors 
Et qu'il frappe chaque jour un peu plus fort 
Plus grand que toutes mes questions 
Et plus vaste que tous mes horizons, 
Que mes plans, mes rêves et mes plus beaux projets, 
Ô mon Dieu, Tu es, Tu seras, Tu étais! 

Pendant ce temps, Toi tu es Dieu. 
Pendant ce temps, Toi tu es là. 
Et tout ce temps, Tu es l'Amour 
Et tout ce temps, je crois!

La deuxième grâce que je demande à Dieu pour moi et pour vous, c’est de croire de plus en plus que nous pouvons faire énormément de bien pour le Royaume de Dieu et le salut des âmes durant la semaine qui commence aujourd’hui. Dieu s’est toujours servi d’un petit groupe de personnes pour sauver toute l’humanité. C’est le mystère du « petit reste d’Israël » qui reste fidèle à son Dieu au fil des siècles; c’est le mystère aussi des chrétiens de Montréal et de toute ville qui existe aujourd’hui dans le monde. Dieu veut se servir de nous pour sauver le monde. Quel cadeau, quelle grâce, quelle responsabilité! Nous sauvons le monde quand nous sommes unis à Dieu et que nous l’aimons du mieux que nous pouvons. Or aucune semaine de l’année ne nous permet d’être aussi conscient de l’Amour de Dieu, que celle qui commence aujourd’hui même. Les jours saints, les jours du Triduum pascal sont chargés d’Amour et de puissance pour le salut du monde. C’est surtout durant ces trois jours vécus il y  deux mille ans, que Dieu a sauvé le monde. Et ces trois jours, Dieu les réactualisent à chaque année, à chaque génération.

Nous n’avons aucun mérite d'avoir été choisis comme instruments de salut pour notre monde. C’est par pure miséricorde que Dieu a choisi chacun de nous pour ce ministère (service) exceptionnel. Nos actes d’amour n’ont aucune valeur de salut par eux-mêmes; de cela nous devons être très conscients. Nos actes d’amour, nos prières et nos sacrifices, n’ont de valeur de rédemption que dans la mesure où ils sont unis au mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. C’est notre union à Jésus, le Sauveur du monde, qui nous fait produire des fruits de salut. Jésus nous l’a dit très clairement: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Cette phrase de Jésus est vraie en tout temps et en toutes choses. Sans Jésus, sans Dieu, nous ne pourrions même pas lever le petit doigt; sans l'aide de Dieu, je n’aurais pu peser ce matin sur aucune des touches de mon clavier d’ordinateur. C’est Dieu qui me crée à chaque instant, qui me permet d’être et de me mouvoir (Actes 17, 28). Mais les mots de Jésus à peine cités, sont surtout vrais pour notre participation au Royaume de Dieu et au salut du monde. Le salut du monde est la tâche de Dieu; et nous pouvons y participer uniquement en étant unis à Dieu. C’est ce qu’avait très bien compris ma sainte préférée, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Vous connaissez probablement l’amour qu’avait Thérèse pour les fleurs. Elle aimait « jeter des fleurs à Jésus », ce qui voulait dire pour elle, offrir des sacrifices à Jésus. Mais elle savait très bien que ses sacrifices ne portaient aucun fruit, s’ils n’étaient pas unis à Jésus, touchés par Jésus. C’est pourquoi toutes les fleurs qu’elle lançait à Jésus, devait Le toucher, même physiquement en quelque sorte:

Jésus, quand je te vois soutenu par ta Mère
Quitter ses bras
Essayer en tremblant sur notre triste terre
Tes premiers pas
Devant toi je voudrais effeuiller une rose
En sa fraîcheur
Pour que ton petit pied bien doucement repose
Sur une fleur !...
   
                                                                                (Une rose effeuillée, poésie de Thérèse)  



Questions pour un partagedans les récits de la Passion du Seigneur, quel est le passage ou l’événement qui te touche le plus, et pourquoi? Que feras-tu cette semaine pour prouver à Jésus ton amour?  Passage biblique: « Jésus ayant aimé les siens, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1)

samedi 19 mars 2016

Prière du cardinal Newman au Sacré-Coeur

Prière du cardinal Newman au Sacré-Coeur: 
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Le bienheureux cardinal John Henry Newman (1801 – 1890)

Prière du cardinal Newman au Sacré-Coeur:

« Vous êtes le cœur du Très-Haut fait homme. En Vous adorant, j'adore mon Dieu incarné, Emmanuel. Je Vous adore dans le rôle que Vous avez eu dans cette Passion qui est ma vie, car Vous Vous êtes rompu et brisé dans l'agonie au jardin de Gethsémani, où votre précieux sang, filtrant par les veines et les pores de la peau, coula jusqu'à terre. Et Vous avez été épuisé presque jusqu'à être desséché sur la Croix; et, après la mort, vous fûtes percé par la lance pour nous abandonner les derniers restes de ce trésor inestimable qui est notre rédemption.

Mon Dieu, mon Sauveur, j'adore votre Cœur sacré, car ce cœur est le siège et la source de toutes vos plus tendres affections pour nous, pécheurs. Il est l'instrument et l'organe de votre amour; Il a battu pour nous; Il a soupiré d'un grand désir de notre amour; Il a souffert douloureusement pour nous et pour notre salut. Le zèle l'enflamma, pour que la gloire de Dieu fût manifestée en nous et par nous. Il est le canal par lequel votre affection humaine débordante est venue à nous, par lequel est venue à nous toute votre divine charité. Toute votre incompréhensible compassion pour nous, comme Dieu et comme homme, comme notre Créateur, notre Rédempteur, et notre Juge, est venue à nous et y vient toujours, par ce Sacré Cœur, en un fleuve aux courants mêlés inséparablement. Ô Symbole très sacré, et Sacrement de l'amour divin et humain dans sa plénitude, Vous m'avez sauvé par votre force divine et par votre affection humaine, et enfin par ce sang miraculeux dont vous débordiez!

Ô très sacré et très aimant Cœur de Jésus, Vous êtes caché dans la sainte Eucharistie, et Vous y battez toujours pour nous. Maintenant comme jadis, Vous dites: Desiderio desideravi, - « J'ai désiré avec désir ». - Je vous adore donc avec tout mon amour le meilleur et toute ma vénération, avec mon affection fervente et ma volonté la plus soumise et la plus résolue. Ô mon Dieu, quand Vous condescendez à souffrir que je Vous reçoive, et que je Vous mange et Vous boive, et que, pour un moment, Vous faites votre demeure en moi, oh! Faites battre mon cœur avec Votre Cœur! Purifiez-le de tout ce qui est terrestre, de tout ce qui est orgueilleux et sensuel, de tout ce qui est dur et cruel, de toute perversité, de tout désordre, de toute langueur! Remplissez-le tellement de Vous que ni les événements du jour, ni les circonstances quelconques n'aient le pouvoir de le troubler; mais qu'en votre crainte et votre amour il puisse trouver la paix. Amen.  »  (1)

(1) 

John-Henry Newman (1801-1890) : Le Sacré Coeur

www.spiritualite-chretienne.com/livres/newman.html




vendredi 18 mars 2016

" Il en sortit du sang et de l'eau " (Jn 19, 34)

« Il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34)
Peinture sur bois d'Anne-Marie Forest

La plaie du côté de Jésus que lui a infligée le soldat romain qui se tenait au pied de la croix, demeure à jamais ouverte pour nous, afin que nous contemplions l’Amour infini de Jésus pour chacun de nous. La dévotion au Cœur de Jésus nous vient de cet événement historique. Les papes qui ont mis en valeur la dévotion au Sacré-Cœur, ont tous affirmé que la lance du soldat avait non seulement ouvert le côté de Jésus, mais avait aussi pénétré son cœur. Le Cœur ouvert de Jésus sur la croix est un des symboles de l’Amour divin les puissants qui soient.  

J’ai toujours été fasciné par la plaie du côté de Jésus. Quand j’ai réalisé à quel point cette plaie était large et profonde, cela m’a beaucoup touché. Le fait que Jésus ait dit à l’apôtre Thomas de mettre sa « main » dans son côté (Jn 20, 27), est très impressionnant. C’est sûrement une des raisons pour lesquelles j’ai voulu me procurer la peinture sur bois que j’ai mise au début de ce blogue. Cette peinture représente Jésus ressuscité montrant ses plaies à ses disciples. La plaie du côté est très évidente et très impressionnante. Il est malheureux toutefois, que la plaie ne se trouve pas du côté droit du thorax, ce qui aurait été plus fidèle à la réalité, si on en croit le Saint Suaire de Turin. Ceci étant dit, je sais très bien que l'art religieux n'a pas pour but de représenter exactement la réalité, mais d'ouvrir une fenêtre sur le mystère.  

Je ne sais pas si vous croyez ou non à la véracité du Saint Suaire de Turin, qui est selon de nombreux croyants, le linceul qui a recouvert le corps de Jésus une fois mort et sur le point d’être enseveli. Comme catholiques, nous ne sommes pas tenus de croire à la véracité du Saint Suaire. Personnellement, je crois que le Suaire de Turin est un des grands signes que Dieu donne à notre temps, et surtout aux scientifiques de notre temps, de la vérité des évangiles et de la vérité sur le seul et vrai Dieu. Un médecin, le docteur Pierre Barbet, a décrit en détail la passion de Jésus d’après le Saint Suaire. Rendu au coup de lance, il écrit ceci:

« Il a levé la hampe de la lance et d'un seul coup oblique au côté droit, il l'enfonce profondément. » Lui-même a répété l'expérience sur plusieurs corps d'autopsie, puis il a disséqué : « Jean l'a bien vu et moi aussi, et nous ne saurions mentir : un large flot de sang liquide et noir, qui a jailli sur le soldat et peu à peu coule en bavant sur la poitrine, en se coagulant par couches successives. Mais en même temps, surtout visible sur les bords, a coulé un liquide clair et limpide comme de l'eau. Voyons, la plaie est au-dessous et en dehors du mamelon (5e espace), le coup oblique. C'est donc le sang de l'oreillette droite et l'eau sort de son péricarde. Mais alors, mon pauvre Jésus, votre Cœur était comprimé par ce liquide et Vous aviez, en plus de tout, cette douleur angoissante et cruelle du cœur serré dans un étau. » (1)

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Sur l'image en haut à gauche, la plaie du côté est de couleur noire et se trouve immédiatement à droite du grand losange qui se trouve en plein milieu du thorax de Jésus. La dernière image, celle mise en dessous, nous fait voir la plaie telle qu'elle figure sur le Saint-Suaire, sur le côté droit de la poitrine de Jésus. 

Une plaie post-mortem

Une coulée de sang importante est très visible sur le corps de l'homme du linceul. Il s'agit d'une plaie ouverte, en partie détruite par l'incendie de 1532, mais dont il reste assez pour pouvoir l’étudier.

Cette plaie ouverte se situe sous le pectoral droit entre la 4ème et la 5ème côte. 
De forme ovale, elle mesure 4,5 sur 1,5 centimètres. Cette perforation a été faite post-mortem sinon les tissus de la poitrine se seraient rétractés. C’est un objet perforant qui a pénétré à droite du thorax de façon légèrement oblique en direction du cœur.

Sous la plaie on trouve une grande coulé de sang mêlée à une matière séreuse, elle coule vers le bas du corps, ce qui prouve que la blessure a été faite alors que le corps était à la verticale. Cette même coulée semble se prolonger sur le dos de l'homme du linceul au niveau de ses reins, preuve que la blessure béante continuait à saigner alors que l'homme était cette fois-ci à l'horizontale dans son linceul.Cette blessure a le mérite d’être claire. Elle indique que l’homme du linceul était mort au moment où la lance a pénétré son côté.

Référence :
1- Sur la notion de droite et gauche : Lorsque l
ʼon regarde le linceul le côté droit de lʼimage est vraiment le côté droit de lʼhomme du linceul. Cʼest un peu comme si lʼimage que lʼon voit sur ce linceul était le reflet dans le miroir de lʼhomme du linceul.. (2)


Voir ou plutôt imaginer la plaie du côté de Jésus me fait du bien. Il s’agit maintenant d’entrer dans cette plaie et de m’y réfugier en toute confiance. Je laisse au pape François la tâche de vous indiquer ce chemin. Le jour où le pape François a pris possession de la Chaire de l’évêque de Rome, le 7 avril 2013, il a dit ceci:

« Je voudrais souligner un autre élément: la patience de Dieu doit trouver en nous le courage de revenir à lui, quelle que soit l’erreur, quel que soit le péché qui est dans notre vie. Jésus invite Thomas à mettre la main dans les plaies de ses mains et de ses pieds, et dans la blessure de son côté. Nous aussi nous pouvons entrer dans les plaies de Jésus, nous pouvons le toucher réellement ; et cela arrive chaque fois que nous recevons avec foi les Sacrements. Dans une belle homélie saint Bernard disait : « Par les plaies [de Jésus], je puis goûter le miel de ce roc et l’huile qui coule de la pierre très dure (cf. Dt 32, 13), c’est-à-dire goûter et voir combien le Seigneur est bon » (Homélie sur le Cantique des Cantiques 61, 4). C’est justement dans les plaies de Jésus que nous sommes assurés, c’est là que se manifeste l’immense amour de son cœur. Thomas l’avait compris. Saint Bernard se demande: mais sur quoi puis-je compter? Sur mes mérites? Mais « mon mérite, c’est (…) la miséricorde du Seigneur, et je ne manquerai pas de mérite tant que la miséricorde ne lui fera pas défaut. Si les miséricordes de Dieu se multiplient, mes mérites seront nombreux » (Id., 5). Ceci est important : le courage de m’en remettre à la miséricorde de Jésus, de compter sur sa patience, de me réfugier toujours dans les plaies de son amour. Saint Bernard arrive à affirmer: « Mais qu’arrivera-t-il si j’ai à me reprocher quantité de fautes? Là où le péché s’était multiplié, la grâce à surabondé” (Rm 5, 20) » (Ibid.). Quelqu’un parmi nous peut peut-être penser: mon péché est tellement grand, mon éloignement de Dieu est comme celui du plus jeune fils de la parabole, mon incrédulité est comme celle de Thomas; je n’ai pas le courage de retourner, de penser que Dieu puisse m’accueillir et qu’il m’attende, moi. Mais Dieu t’attend, toi, il te demande seulement le courage de venir à lui. Combien de fois dans mon ministère pastoral on m’a répété: « Père, j’ai beaucoup de péchés » ; et l’invitation que j’ai toujours faite est: « Ne crains pas, va chez lui, il t’attend, Lui fera tout ». Que de propositions mondaines entendons-nous autour de nous, mais laissons-nous saisir par la proposition de Dieu, la sienne est une caresse d’amour. Pour Dieu, nous ne sommes pas des numéros, nous sommes importants, ou mieux, nous sommes le plus important de ce qu’il a; même pécheurs, nous sommes ce qui lui tient le plus à cœur.

Après son péché, Adam éprouve de la honte, il se sent nu, il ressent le poids de ce qu’il a fait; et pourtant Dieu ne l’abandonne pas: si à ce moment-là, avec le péché, commence l’exil de chez Dieu, il y a déjà la promesse du retour, la possibilité de retourner à Dieu. Dieu demande immédiatement: «Adam, où es-tu?», il le cherche. Jésus est devenu nu pour nous, il a pris sur lui la honte d’Adam, la nudité de son péché pour laver notre péché: par ses plaies nous avons été guéris. Rappelez-vous celui de saint Paul: de quoi je me vanterai, sinon de ma faiblesse, de ma pauvreté ? C’est vraiment dans le fait de ressentir mon péché, dans le fait de regarder mon péché que je peux voir et rencontrer la miséricorde de Dieu, son amour et aller à lui pour en recevoir le pardon.

Dans ma vie personnelle, j’ai vu bien des fois le visage miséricordieux de Dieu, sa patience; j’ai vu aussi en de nombreuses personnes le courage d’entrer dans les plaies de Jésus en lui disant: "Seigneur, me voici, accepte ma pauvreté, cache dans tes plaies mon péché, lave-le avec ton sang ". Et j’ai toujours vu que Dieu l’a fait, a accueilli, consolé, lavé, aimé.

Chers frères et sœurs, laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu; comptons sur sa patience qui nous donne toujours du temps; ayons le courage de retourner dans sa maison, de demeurer dans les blessures de son amour, en nous laissant aimer par lui, de rencontrer sa miséricorde dans les sacrements. Nous éprouverons sa tendresse, si belle, nous sentirons qu’il nous embrasse et nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon, d’amour. » (3)



(1) 

La Passion du Christ, selon le Saint Suaire

saintespritdeverite.e-monsite.com/.../la-passion-du-christ-selon-le-saint-su...

 

(2) 

Les blessures de l'homme du linceul - Le Linceul de Turin

www.linceul-turin.com › Médecine

(3) 

7 avril 2013 : Prise de possession de la Chaire d'Évêque de ...

w2.vatican.va/.../papa-francesco_20130407_omelia-possesso-cattedra-lat...


jeudi 17 mars 2016

La prière nous fait gagner du temps

La prière nous fait gagner du temps
 
Pourquoi prions-nous? Quel est le but recherché dans la prière? À cela, on peut donner diverses réponses. Nous prions pour aimer; nous prions pour penser comme Dieu pense; nous prions pour avoir l’amour nécessaire pour accomplir la Volonté de Dieu. Ces premières réponses sont selon moi quelques unes des « vraies réponses », pour ainsi dire, car elles vont à l’essentiel. Mais tout acte humain ayant une finalité, a aussi des « effets secondaires », des « effets collatéraux ». La prière produit en nous des effets tels que la paix, la joie, la sérénité, la patience. Je ne pense pas qu’on doive prier d’abord pour les effets collatéraux, mais il est bon que ces effets viennent aussi avec la prière, en priant.

Voici un autre effet « collatéral » à la prière, qui ne devrait pas être recherché pour lui-même, mais qui se passe réellement lorsqu’on prie régulièrement: la prière nous fait gagner du temps. Voilà, selon moi un grand mystère. Comment se fait-il que le fait de donner du temps prolongé à Dieu, nous aide par la suite à exécuter davantage de tâches? Cela est tellement mystérieux, que l’être humain a beaucoup de difficulté à admettre cette vérité. Humainement parlant, je sais que si je passe du temps à faire quelque chose, cela m’enlève du temps pour faire autre chose. Or il n’en est pas ainsi avec la prière. Le temps donné à la prière fait en sorte que j’utiliserai mieux mon temps durant le reste de la journée. Dire que la prière nous fait "gagner du temps", est une façon de parler qui veut d’abord étonner et surprendre. Mais à proprement parler, cela n'est pas exact. De fait, nous n’aurons pas plus de temps durant le reste de la journée, mais nous emploierons mieux ce temps et, par conséquent, nous serons plus efficaces. C’est un peu, il me semble, comme pour la sieste de 15 minutes qui est presque devenue obligatoire en certains endroits du Japon dans les édifices à bureau. On s’est rendu compte que ces 15 minutes qui semblent perdues, sont très productives. Les gens qui font une courte sieste après le repas, sont beaucoup plus productifs que ceux qui n’en font pas. Cette comparaison n’est pas la meilleure qui soit, j’en conviens, mais elle fait un peu comprendre ce que je veux dire.

Heureuses les personnes qui ont assez de foi pour croire que le temps donné à Dieu gratuitement (surtout selon moi, dans une prière de contemplation, d’adoration eucharistique ou de méditation) leur sera comme redonné au centuple. Il faut d’abord avoir assez de foi pour l’essayer. Et l’expérience prouvera que c’est bel et bien vrai. Cette expérience, des milliers et des milliers de personnes l’ont vécue et éprouvée. Voici, ci-dessous, ce qu’a dit à ce sujet le Père Raniero Cantalamessa, en ce mois de mars 2016, lors de la troisième prédication du Carême, qu’il a donné à la Curie romaine. Le thème dont je viens de parler, se retrouve surtout dans ce que j’ai nommé la PREMIÈRE PARTIE. De fait, dans sa prédication, le Père Cantalamessa a d’abord développé ce que j’ai mis dans la DEUXIÈME PARTIE. C’est moi qui ai inversé l’ordre qu’avait choisi le Père Cantalamessa. Je trouvais qu’on inversant ces deux parties, l’idée maîtresse devenait plus claire et plus lumineuse. Les paragraphes cités ci-dessous ne sont d'ailleurs qu'une partie de la prédication du Père Cantalamessa donnée ce jour-là.   

PREMIÈRE PARTIE :

"Pour savoir comment obtenir l’Esprit Saint en nous pour évangéliser, c’est simple. Il suffit de voir comment Jésus l’avait obtenu et comment l’Église l’obtint le jour de la Pentecôte. Luc décrit l’événement du baptême de Jésus en ces termes: « Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit, et l’Esprit Saint descendit sur lui. » (Lc 3,21-22). C’est la prière de Jésus qui a ouvert le ciel et fait descendre l’Esprit Saint. Et ce fut la même chose pour les apôtres. L’Esprit Saint, à la pentecôte, vint sur eux quand « tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1,14).
Les efforts que nous mettons dans ce nouvel engagement missionnaire ont face à eux deux risques à éviter. L’un c’est l’inertie, la paresse, ne rien faire et laisser les autres faire. L’autre c’est se lancer dans un activisme humain fébrile et vide, pour au final perdre peu à peu le contact avec la parole et la source de son efficacité. Ça serait courir à l’échec. Plus le volume des activités augmente plus le volume de la prière doit augmenté, en intensité si non en quantité. On réagit: c’est absurde; le temps est ce qu’il est! D’accord, mais celui qui a multiplié les pains, ne saura-t-il pas multiplier aussi le temps? Du reste, Dieu fait cela continuellement et nous en faisons chaque jour l’expérience. Après avoir prié, on fait les mêmes choses en y mettant moins de la moitié du temps ».
On dit aussi: Mais comment peut-on rester prier tranquillement, comment ne pas courir, quand la maison brûle? C’est vrai aussi. Mais imaginez la scène: une équipe de sapeurs-pompiers a reçu un appel urgent et se précipite, toutes sirènes dehors, sur les lieux de l’incendie; mais, arrivée sur place, ils s’aperçoivent qu’il n’y a plus une goutte d’eau dans les réservoirs. C’est pareil pour nous, quand nous courons prêcher sans prier. Ce n’est pas qu’on ne trouve plus les mots ; au contraire, moins on prie plus on parle, mais ce sont des paroles vides, qui ne touchent personne.
DEUXIÈME PARTIE :
Si l’évangélisation est un engagement à la portée de tous, essayons de voir quels sont les critères et les conditions pour devenir d’authentiques évangélisateurs. La première condition, Dieu nous la suggère en disant à Abraham: « Quitte ton pays et va » (cf. Gn 12, 1). Il ne saurait en effet y avoir de mission ou d’envoi sans sortir. Nous parlons souvent d’une Eglise «  qui sort ». Mais il faut avoir conscience que la première porte dès laquelle il faut sortir n’est pas celle de l’Eglise, de la communauté, d’une institution, d’une sacristie, mais celle de notre «  moi ». Le pape François, un jour, l’a bien expliqué: « Sortir, disait-il, signifie avant tout sortir du centre pour laisser à Dieu la place qui lui revient ». «  Décentre-nous de nous-mêmes et recentre-nous sur le Christ », dirait Teilhard de Chardin.
Plus fort encore que le cri lancé à Abraham, est le cri lancé par Jésus quand il demande à quelqu’un de collaborer avec lui à l’annonce du Royaume: « Pars, sors de toi-même, renie-toi! Ta vie changera, mon visage deviendra le tien. Car ce n’est plus toi qui vit, mais moi en toi ». C’est la seule façon d’arriver à bout de ce fourmillement de jalousies, convoitises, peur de perdre la face, rancœur, ressentiments, situations d’antipathie dont regorge le cœur du vieil homme; pour être «  habités » par l’Évangile et répandre son parfum.
La Bible nous offre une image qui renferme plus de vérité que n’importe quel traité sur la pastorale de l’annonce: le récit du livre mangé qu’on lit dans Ézéchiel:
« Alors j’ai vu : une main tendue vers moi, tenant un livre en forme de rouleau. Elle le déroula devant moi ; ce rouleau était écrit au-dedans et au-dehors, rempli de lamentations, plaintes et clameurs. Et il me dit : « « Fils d’homme, ce qui est devant toi, mange-le, mange ce rouleau ! Puis, va ! Parle à la maison d’Israël. ». J’ouvris la bouche, il me fit manger le rouleau et il me dit : « Fils d’homme, remplis ton ventre, rassasie tes entrailles avec ce rouleau que je te donne. » Je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel. (Ez 2, 9 – 3, 3; cf. aussi Ap. 10, 2).
Il y a une différence énorme entre la parole de Dieu, simplement étudiée et proclamée, et la parole de Dieu d’abord «  mangée » puis assimilée. Dans le premier cas on dit d’un prédicateur qu’il «  parle comme un livre » ; mais ce n’est pas la bonne façon pour arriver au cœur des gens, car n’y arrive que ce qui part du cœur. « Cor ad cor loquitur », était la devise du bienheureux cardinal Newman.
En reprenant l’image d’Ézéchiel, l’auteur de l’Apocalypse apporte une variante, petite mais très significative. Il dit que le livre mangé était, oui, doux comme du miel dans sa bouche, mais amer comme le fiel dans les entrailles (cf. Ap. 10, 10). Oui, car avant de blesser les auditeurs, la parole doit blesser l’annonceur, lui montrer son péché et le pousser à se convertir.
Ce n’est pas le travail d’un jour Mais il y a une chose que l’on peut faire en un jour, aujourd’hui même: accepter cette perspective, prendre la décision irrévocable, de ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur (cf. Rm 14, 7-9). Cela demande à l’homme des efforts d’ascèse mais pas seulement car intervient aussi la grâce, fruit de l’Esprit Saint. Comme dit la Prière eucharistique IV dans la liturgie : « Afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes, mais à lui qui est mort et ressuscité pour nous, il a envoyé d’auprès de toi l’Esprit Saint, comme premier don fait aux croyants »." (1)
Réaction d’une de mes paroissiennes:

Cher Père Guy,

Merci pour votre dernier blogue!

Que de fois, j'ai constaté que les journées où je consacre plus de temps à la prière silencieuse et à l'adoration, j'ai plus de temps! Mystérieux, mais VRAI. La pratique de la concentration et du silence nous aide à nous "ramasser" intérieurement. Quand le calme est là, on est plus productif parce que plus en harmonie avec la Vie qui nous habite et respire en nous. Que de fois, les gens m'ont dit: "Comment arrives-tu à faire autant de choses?". Je n'ai jamais osé dire: "parce que Dieu multiplie mon temps…" Peut-être que maintenant, c'est ce que je dirai.

Les prédications du Carême de Cantalamessa sont des programmes de vie et elles rejoignent l'esprit des CPÉ. Elles reprennent aussi des grandes parties de son livre: "Ta Parole me fait vivre". J'ai reconnu, en particulier, son chapitre "L'Esprit Saint, force de l'annonce". J'apprécie encore plus ce livre.

J'aime bien la nuance entre Ézéchiel et l'Apocalypse "avant de blesser les auditeurs, la parole doit blesser l'annonceur". Une autre invitation à m'approcher plus souvent du sacrement de la Réconciliation.