mercredi 17 janvier 2018

Pour construire, il faut se déconstruire

Pour construire, il faut se déconstruire

Si vous lisez de façon assidue et de façon régulière mon blogue, vous savez probablement qu’il y a une question pastorale qui me hante depuis quelques années. Je l’exprimerais ainsi: doit-on, oui ou non, consacrer beaucoup de temps à préparer de jeunes adultes à la confirmation lorsque le but de ces personnes est de devenir parrain ou marraine et qu’elles n’ont pratiquement aucune connaissance de la religion catholique? J’ai toujours su que les sacrements sont les sacrements de la foi. Or si la foi catholique (spécialement le fait de savoir et de croire que Jésus est Dieu) fait défaut, doit-on entreprendre un long parcours dans l’espoir que Dieu donnera la foi à ces jeunes qui demandent à confirmer leur baptême tout en ne sachant pas ce qu’est le baptême.

Dans un bloque précédent, j’avais décidé que je ne consacrerais plus de temps à faire cela (1). Mais j’ai changé d’idée suite à une rencontre avec une catéchète d’expérience. J’ai donc offert une fois de plus cette année une telle formation en ma paroisse, du mois d’octobre jusqu’à maintenant, à raison d’une rencontre de 90 minutes à chaque lundi soir. J’ai quand même fait un changement important. Suite à la recommandation d’un de mes confrères Oblat de la Vierge Marie qui vit avec moi, je ne donne plus cette formation seul, mais avec Christiane, une dame de la paroisse âgée de 81 ans, pleine de feu et d’Esprit Saint. C’est important, je pense, de suivre la recommandation de Jésus, d’annoncer le Royaume des cieux deux par deux.

Le Seigneur, probablement pour m’encourager, a permis que 10 jeunes adultes s’inscrivent à cette formation cette année. Jamais je n’avais eu un groupe aussi nombreux. Et jamais je n’avais eu un groupe aussi bien disposé. Ces jeunes adultes ont très bien participé aux 11 rencontres. On ne pouvait guère demander mieux de leur part. Voici ce que je crois avoir appris de cette expérience.

« Autre temps, autres mœurs »  

Ce dicton, il faut aussi l’appliquer à la vie en Église, au Québec, au 21ème siècle. Des gens demandent un service ou une faveur à l’Église, tout en n’ayant pas, sans aucune faute ou sans grande faute de leur part, les dispositions requises. Ou on ferme la porte, pour des raisons qui peuvent nous sembler très bonnes, ou on ouvre la porte, mais en ayant conscience qu’on devra se déconstruire. Il est fini le temps où les jeunes dans la vingtaine, savaient que Dieu existait, qu’il y avait des péchés et certains péchés plus graves que d’autres, etc. Pour plusieurs jeunes adultes aujourd’hui, il n’y a plus de péchés ou du moins, ils ne s’en font pas un problème. Ce qui manque, c’est la première annonce: Dieu nous aime, Dieu a envoyé son Fils pour nous sauver. Jésus nous aime À MORT et nous veut véritablement heureux. C’est cette expérience-là qu’il faut faire vivre aux jeunes. Et si pour cela il faut sauter des étapes, même importantes, et donner des sacrements un peu à bon marché, il faut le faire, selon moi. C’est cela que j’appelle « se déconstruire »; il nous faut abandonner nos schèmes mentaux et cela peut être très souffrant et culpabilisant car souvent on ne sait pas si on fait bien ou non. Et pourtant, c’est selon moi la seule façon dont Jésus pourra toucher les jeunes d'aujourd’hui: en se donnant à eux Corps et Âme. Plusieurs de nos jeunes adultes feront leur première communion le 28 janvier prochain. Nous leur avons parlé de l’Eucharistie, du grand don qu’est l’Eucharistie. Les jeunes nous ont écoutés attentivement et sérieusement. Je les ai invités à faire de courtes prières à Jésus d’ici au 28 janvier, du genre de celles-ci: « Jésus, aide-moi à croire en toi »; « Jésus prépare mon cœur à te recevoir »; « Jésus, aide-moi à croire en ta Parole », etc. Le reste appartient à Jésus. Ce sera à Jésus de se manifester SAUVEUR, AMI et ÉPOUX le 28 janvier prochain. C’est Lui qui tient le gros bout du manche.

DES RÉPONSES DE DIEU:

Je considère avoir reçu ces derniers temps des réponses de la part de Dieu à mes interrogations.

Première réponse: Lundi le 8 janvier dernier, nous vivions notre avant-dernière rencontre de formation avec nos jeunes adultes. Depuis quelque temps, j’avais toujours la même interrogation dans la tête et dans le cœur: « Est-ce que ce que Christiane et moi faisons a du sens, est-bien ce que Dieu veut? » Or ce même jour, à la messe, nous entendions le prophète Isaïe nous dire ceci:

« La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission. »
(Isaïe 55, 10-11)


Deuxième réponse: Le lendemain matin, le mardi 9 janvier, je me suis levé en ayant les phrases suivantes de saint Paul dans l’esprit et dans le cœur:

« « Mais qui donc est Apollos? qui est Paul? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose; seul importe celui qui donne la croissance: Dieu. » (1 Co 3, 5-7)

Troisième réponse: Je suis en train de traduire durant mes temps libres, ou à temps perdu, la conférence qu’a donnée l’acteur américain Jim Caviezel à Chicago à de jeunes universitaires catholiques, le 3 janvier dernier à Chicago. Caviezel est un catholique convaincu. Il a été profondément marqué par le fait d’avoir interprété le rôle de Jésus dans le film de Mel Gibson intitulé: La Passion du Christ. Voici un extrait de sa conférence, qui est à mes yeux une réponse à mon fameux questionnement:

« Au printemps de l’an 2000, on m’a offert le rôle de Edmond Dantes dans « La vengeance de Monte Cristo ». C’était une nouvelle adaptation du classique d’Alexandre Dumas. Ce fut une période de grand stress. C’était la première fois que je devais porter un film sur mes épaules (être l’acteur principal du film) et malgré le fait que c’était ce que j’avais toujours voulu, je n’étais pas en paix. Tout dans le film avait rapport avec ce que je suis. Mon personnage. Edmond Dantes est injustement emprisonné. Malgré le fait que toutes les chances soient tournées contre lui, cet homme solitaire prend la décision de se libérer en détruisant le mal, même le mal au-dedans de lui. Il y a une merveilleuse scène entre Edmond et un compagnon de prison, un prêtre, joué par le grand Richard Harris. Au comble de la tristesse, dans un moment de grand désespoir, alors que le prêtre est sur le sol en train de mourir, il se tourne vers Edmond et lui dit: « Voici ta dernière leçon: ne commets pas le crime pour lequel tu es en train de vivre ta sentence. Souviens-toi que Dieu a dit: « La vengeance est mienne ». Je me tourne alors vers lui et je lui dis: « Mais je ne crois pas en Dieu ». Et le prêtre me dit: « Cela n’a pas d’importance Edmond; Il croit en toi ». Et c’est vrai; Dieu croit en nous. Dieu aime chacun de nous personnellement; et Il est avec nous, même dans nos pires moments de désespoir. 

Le message le plus important à inculquer à nos jeunes, c’est que DIEU CROIT EN EUX. Cela aussi fait partie de la PREMIÈRE ANNONCE, du KÉRYGME: « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, dit saint Jean, c’est Lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 10)


Quatrième réponse: J’ai eu ces dernières années un confesseur dont le prénom est Jacques. Le Père Jacques m’a souvent pardonné mes péchés au nom de Dieu et il me connaît très bien. Il y a environ un an, ce cher ami qui est âgé de plus de 80 ans, a eu de très graves problèmes de santé et a frôlé la mort. Depuis ce temps, il n’exerce plus de ministère public. Je vais toutefois le rencontrer de temps en temps car j’aime beaucoup ce prêtre. Lors de notre dernière rencontre, il y a de cela environ trois semaines, je lui ai partagé mon malaise face au fait que nos jeunes adultes n’étaient pas tellement prêts à recevoir les sacrements de la foi. À cela, il a répondu: « J’aurais le goût de te dire quelque chose: « C’est pas d’tes affaires! » (en français correct: « Ce n’est pas de tes affaires »). J’ai souri devant ce langage cru qui ne laisse aucune ambiguïté sur le sens des paroles.


Cinquième réponse: J’ai écouté dernièrement une entrevue qu’a donnée le théologien orthodoxe Olivier Clément sur son parcours de foi. Il a dit ceci à la personne qui l’interviewait:

« J’ai lu les grands romanciers russes du 19ème siècle et j’ai été très frappé par le caractère prophétique des grandes œuvres de Dostoïevski. Là je me suis senti chez moi. C’est une chose extrêmement curieuse. Je me souviens que quand j’ai lu cette scène de Crime et Châtiment, où l’on voit un assassin et une prostituée qui lisent ensemble l’évangile de la résurrection de Lazare, j’ai eu l’impression que là, il y avait un autre christianisme. J’avais une certaine idée du christianisme qu’on m’avait donnée à travers cette éducation laïque et socialiste qui disait qu’au fond le christianisme c’était tout simplement la morale n’est-ce pas? Et là, je découvrais tout à fait autre chose: le mystère du salut par l’amour apporté à des gens qui ne prétendaient à aucun mérite dans l’ordre de la morale. » (2)      

Voilà où j’en suis en ce moment.


(1) Dieu ma joie: Pourquoi confirmer des non croyants?

dieumajoie.blogspot.com/2016/06/pourquoi-confirmer-des-non-croyants.html



(2) Cet extrait de l'interview se trouve à la troisième minute et cinquante-quatrième seconde (3:54) de la vidéo que vous pourrez voir et entendre sur le site ci-dessous (en descendant un peu votre curseur)

Olivier Clément (auteur de Les Quatre évangiles) - Babelio

https://www.babelio.com/auteur/Olivier-Clement/16835



lundi 15 janvier 2018

Se laisser séduire par Dieu

Se laisser séduire par Dieu 
Peinture d'Anne-Marie Forest, 2014

« Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit; » (Jérémie 20, 7)

La religion catholique est à mes yeux la plus belle de toutes les religions et aussi la seule vraie religion, en ce qu’elle nous apprend tout ce que Dieu a désiré nous communiquer. Il y a du vrai dans les autres religions, et même parfois beaucoup de vrai, mais seule la religion catholique peut prétendre à la vérité tout entière.

Ce que j’aime dans notre religion, c’est que c’est une religion éminemment personnelle. Nous seulement nous croyons en un Dieu personnel, un Dieu en trois Personnes, mais nous croyons que ces Personnes divines cherchent par tous les moyens à venir à notre rencontre pour y vivre une relation amoureuse. Oui, Dieu veut établir une relation amoureuse avec nous et rien de moins. Toute la Bible veut être une lettre d’amour adressée par Dieu à ses enfants.

Il y a trois ans environ, j’ai invité le Père Thierry Joseph, Carme, à venir prêcher notre retraite paroissiale annuelle. Le Père Joseph est un excellent évangélisateur. Il nous a dit, au terme de la retraite, que si nous désirions lire des pages merveilleuses sur ce qu’est l’évangélisation, nous n’avions qu’à aller lire le chapitre 5 de l’exhortation apostolique du pape François, intitulée: La joie de l’Évangile.

J’ai décidé, finalement, ces jours-ci, d’obéir à cette recommandation du Père Joseph. Il était temps, me direz-vous. Oui, certes, mais mieux vaut tard que jamais.

Le pape, au début du chapitre 5 de l’exhortation, nous dit ceci :

En ce dernier chapitre, je ne ferai pas une synthèse de la spiritualité chrétienne, ni ne développerai de grands thèmes comme l’oraison, l’adoration eucharistique ou la célébration de la foi, sur lesquels il y a déjà des textes magistériels de valeur, ainsi que des écrits connus de grands auteurs. Je ne prétends pas remplacer ni dépasser tant de richesses. Je proposerai simplement quelques réflexions sur l’esprit de la nouvelle évangélisation. (La joie de l'Évangile, no. 260)

Voici une première réflexion du pape: pour être évangélisateur et évangélisatrice, il faut devenir des hommes et des femmes de prière, qui se laissent « séduire » par Dieu. C’est moi qui ai mis certains mots en caractères gras.

262. Évangélisateurs avec esprit signifie évangélisateurs qui prient et travaillent.  …    Il faut toujours cultiver un espace intérieur qui donne un sens chrétien à l’engagement et à l’activité. Sans des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, les tâches se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint. L’Église ne peut vivre sans le poumon de la prière, et je me réjouis beaucoup que se multiplient dans toutes les institutions ecclésiales les groupes de prière, d’intercession, de lecture priante de la Parole, les adorations perpétuelles de l’Eucharistie.


264. La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montrer, de le faire connaître? Si nous ne ressentons pas l’intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu’il vienne nous séduire. Nous avons besoin d’implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède et superficielle. Placés devant lui, le cœur ouvert, nous laissant contempler par lui, nous reconnaissons ce regard d’amour que découvrit Nathanaël, le jour où Jésus se fit présent et lui dit : « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » (Jn 1, 48). Qu’il est doux d’être devant un crucifix, ou à genoux devant le Saint-Sacrement, et être simplement sous son regard ! Quel bien cela nous fait qu’il vienne toucher notre existence et nous pousse à communiquer sa vie nouvelle ! Par conséquent, ce qui arrive, en définitive, c’est que « ce que nous avons vu et entendu, nous l’annonçons » (1 Jn 1, 3). La meilleure motivation pour se décider à communiquer l’Évangile est de le contempler avec amour, de s’attarder en ses pages et de le lire avec le cœur. Si nous l’abordons de cette manière, sa beauté nous surprend, et nous séduit chaque fois. Donc, il est urgent de retrouver un esprit contemplatif, qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres.


Question pour un partage en Cellules paroissiales d’évangélisation:

Chers amis et paroissiens qui faites partie de nos deux cellules paroissiales d’évangélisation, nous reprenons cette semaine nos rencontres hebdomadaires; vous en vous réunissant au nom du Seigneur, moi en essayant de vous nourrir au nom du Seigneur. Qu’en est-il de votre union intime avec le Seigneur? Depuis que vous vous êtes quittés à la fin de l’année 2017, quel temps avez-vous accordé à la lecture priante de la Parole de Dieu et à l’adoration eucharistique?







Justin Trudeau bafoue la charte canadienne

Justin Trudeau bafoue la charte canadienne

Chers amis, je ne vous apprends rien en vous disant qu’au Canada, nous sommes gouvernés par un premier ministre qui ne respecte pas les valeurs chrétiennes. Justin Trudeau a dit publiquement lors de la campagne électorale, qu’une des conditions pour être un candidat ou une candidate de son parti en vue des élections, était d’être « pro-choix en matière d’avortement » et donc en faveur de l’avortement. Par conséquent, quiconque était contre l'avortement, ne pouvait pas se présenter aux élections fédérales comme candidat du parti libéral. Une telle condition bafoue clairement les droits et libertés de nombreux citoyens et aurait dû être suffisante pour qu’un tel homme ne soit jamais élu premier ministre. Mais de nos jours, on fait dire impunément et ce, même en très haut lieu, ce qu'on veut à la Constitution canadienne et à la Charte des droits et libertés. À preuve, le blogue qui précède celui-ci, intitulé: Évangile de la vie ou culture de la mort
 
Voici, à ma connaissance, la dernière bourde du gouvernement Trudeau, telle que rapportée par la Conférence des évêques catholiques du Canada. C’est moi qui ai mis certains mots en caractères gras.  

Résultats de recherche d'images pour « sigle de la conférence des évèques catholiques du Canada »

Déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Canada sur les changements récents apportés par le gouvernement au programme « Emplois d’été Canada »

Emploi et Développement social Canada a affiché de l’information sur son site web, en date du 19 décembre 2017, annonçant un changement majeur dans ses exigences concernant les demandes de financement fédéral dans le cadre de son programme Emplois d’été Canada pour les jeunes. Il faut maintenant y inclure une attestation assurant que « l’emploi et le mandat principal de l’organisme sont conformes aux droits de la personne au Canada, y compris les valeurs sous-jacentes à la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que d’autres droits. Ceux-ci incluent les droits en matière de procréation et le droit de ne pas faire l’objet de discrimination fondée sur le sexe, la religion, la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, les déficiences mentales ou physiques, l’orientation sexuelle ou l'identité ou l’expression de genre. »

Selon le ministère, l’insistance sur les droits en matière de procréation (qui incluent expressément « l’accès à des avortements sûrs et légaux »), l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre se veut pour que les jeunes « âgés d’à peine 15 ans, ne soient pas exposés à des organismes dont les emplois vont à l’encontre des valeurs contenues dans la Charte des droits et libertés et la jurisprudence qui en découle. »

Les communautés religieuses considèrent l’avortement, l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre comme des questions majeures ayant des incidences éthiques, morales, sociales et personnelles, lesquelles déterminent notre compréhension de la dignité humaine et donc notre appréciation du sens et de l’importance de chaque vie humaine. Cette nouvelle politique entre directement en conflit avec le droit à la liberté de religion et de conscience, qui est, lui aussi, consacré par la Charte des droits et libertés et la jurisprudence qui en découle. Elle compromet gravement le droit à la liberté religieuse, puisque le gouvernement du Canada limite directement le droit des traditions religieuses de publiquement garder, enseigner et pratiquer leurs principes et leurs valeurs.

En plus de la violation évidente et regrettable de la liberté de conscience et de religion engendrée par la nouvelle politique, il y aura d’autres conséquences concrètes et malheureuses : des camps d’été seront forcés de fermer; des services de nombreux organismes sans but lucratif seront réduits; de précieuses occasions d’apprentissage seront perdues. Ce ne sont là que quelques-uns des effets qui seront sentis dans les diocèses et organismes catholiques ainsi que dans de nombreuses autres communautés religieuses dans tout le Canada.

De plus, la politique récemment annoncée constitue une tentative d’étouffer la voix des communautés religieuses dans la démocratie canadienne et de limiter leur participation sur la scène publique. D’ailleurs, elle va à l’encontre des recommandations publiées à la fin de mars 2017 par le Groupe de consultation sur les activités politiques des organismes de bienfaisance, qui avait été formé par la ministre du Revenu national. Ces recommandations veulent notamment que les organismes de bienfaisance soient autorisés à fournir des renseignements en vue d’alimenter et d’influencer l’opinion publique, et de défendre le maintien ou la modification des lois ou des politiques, au Canada (à tous les niveaux de gouvernement) ou à l’étranger.


Le 11 janvier 2018





samedi 13 janvier 2018

Évangile de la vie ou culture de la mort

Évangile de la vie ou culture de la mort

Voici deux phrases que beaucoup de nos contemporains pourraient malheureusement signer:

« La vie n’a pas de sens parce que la mort n’a pas de sens ».

« La mort n’a pas de sens parce que la vie n’a pas de sens ».

Dites-moi franchement: « Qu’est-ce qui est le plus beau et le plus grand; la vie ou la mort? » Beaucoup de nos contemporains semblent penser que la mort, c’est plus beau que la vie. Vous allez me dire qu’aucune personne saine d’esprit et en santé pense que la mort est plus belle que la vie. Peut-être, mais comme nous le verrons dans un instant, la tentation sera grande dans l'avenir, de mettre fin à ses jours au moindre coup dur.  

Autre question: « Dites-moi: combien de personnes sur cette terre en ce moment, vivent en pleine santé ou même en bonne santé? » À cette question, je pense qu'on doive répondre en toute vérité: la minorité.  

Autre question: « Comment expliquez-vous que des milliers de personnes en ce moment même, qui manquent du nécessaire pour vivre, qui sont même sur le point de mourir de faim ou qui sont gravement malades, tiennent encore tant à la vie?  »

Avez-vous entendu la dernière nouvelle? La voici:

UN GROUPE D’ACHAT NÉERLANDAIS PROPOSE DES PILULES DE LA MORT « BON MARCHÉ »

 
La « coopérative néerlandaise de la dernière volonté », créé en 2013 et rassemblant 17 000 membres, lance en ce début d’année « Middle X », une sorte de groupe d’achat pour « obtenir des pilules de la mort ». Les membres, belges et néerlandais, veulent « se passer d’intermédiaires médicaux » pour l’euthanasie. Le « produit » est dit « légal et bon marché » ; il sera fourni aux membres après six mois de cotisation. Ceux-ci devront « affirmer qu’ils savent exactement ce qu’ils font et que l’usage sera strictement personnel ». Des « précautions » jugées « légères face aux questions posées lors d’une euthanasie » par les médias belges.

Sources: Sud Info (2/01/2018); RTBF (2/01/2018)  (1)
Le pape Jean-Paul II et les papes successifs n’ont cessé de nous mettre en garde contre la « culture de la mort »Une des premières fois, selon moi, où le pape Jean-Paul II a employé l’expression « culture de la mort », est le 15 août 1993, à Denver Colorado, au terme des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) qui avaient lieu à cet endroit. Le 15 août est une solennité en l'honneur de la Vierge Marie: la solennité de l'Assomption de la Vierge Marie. C'est intéressant à mes yeux, que le pape ait parlé de la « culture de la mort », précisément en cette solennité car il est permis de penser que la Vierge Marie ait été épargnée de la mort physique. Il est permis de croire que Marie a été élevée au ciel avec son corps et son âme, sans avoir connu la mort. Personnellement, je pense que Marie est morte, mais l'Église ne s'est jamais prononcée sur cette question. Donc, la question reste en suspens. Faisant référence à la prière fervente dont les jeunes ont fait preuve durant les JMJ à Denver, le pape a dit ceci avant de quitter cette belle ville du Colorado:  

« Pour les croyants, l’engagement envers le renouveau spirituel et moral dont la société a besoin, est un don de l’Esprit du Seigneur qui remplit l’univers, car c’est l’Esprit qui offre à l’homme la lumière et la force pour répondre à sa très haute vocation » (Cf. Gaudium et Spes, no. 10). Cela a été mis particulièrement en évidence par la prière fervente des jeunes réunis ici. Il en résulte qu’ils repartent avec le désir de s’engager davantage pour faire triompher la culture de la vie sur la culture de la mort. La culture de la vie signifie respecter la nature et protéger l’œuvre créatrice de Dieu. Et tout spécialement, cela signifie le respect de la vie humaine à partir du moment de la conception, jusqu’à sa fin naturelle. » (2)

Cette mauvaise nouvelle concernant non plus une pilule abortive, mais une pilule mortelle pour quiconque souffre sur cette terre, a été l’occasion pour moi d’aller jeter un coup d’œil sur un document papal que je n’avais jamais consulté auparavant: la lettre encyclique du pape Jean-Paul II, intitulée: Evangelium vitae (L’Évangile de la vie). C’est quand même incroyable qu’un prêtre catholique ne jette pas un coup d’œil sur toutes les encycliques issues du Magistère de l’Église. Car une encyclique est le document le plus fort qu’un pape puisse écrire en son Magistère ordinaire. Une encyclique est un document plus important qu’une « Exhortation apostolique ». J’ai trouvé des perles dans ce document. Je vous partage maintenant deux de ces perles.

La culture de la mort: 

1-    Le pape est très déçu du fait que plusieurs pays ne respectent pas la Constitution de leur pays et du fait que les médecins ne respectent pas le serment qu’ils ont prononcé pour avoir le droit de pratiquer la médecine:

« Malheureusement, ce panorama inquiétant, loin de se rétrécir, va plutôt en s'élargissant: avec les nouvelles perspectives ouvertes par le progrès scientifique et technique, on voit naître de nouvelles formes d'attentats à la dignité de l'être humain. En même temps, se dessine et se met en place une nouvelle situation culturelle qui donne aux crimes contre la vie un aspect inédit et — si cela se peut — encore plus injuste, ce qui suscite d'autres graves préoccupations: de larges couches de l'opinion publique justifient certains crimes contre la vie au nom des droits de la liberté individuelle, et, à partir de ce présupposé, elles prétendent avoir non seulement l'impunité, mais même l'autorisation de la part de l'État, afin de les pratiquer dans une liberté absolue et, plus encore, avec l'intervention gratuite des services de santé.

Tout cela provoque un profond changement dans la façon de considérer la vie et les relations entre les hommes. Le fait que les législations de nombreux pays, s'éloignant le cas échéant des principes mêmes qui fondent leurs Constitutions, aient accepté de ne pas punir ou, plus encore, de reconnaître la légitimité totale de ces pratiques contre la vie est tout à la fois un symptôme préoccupant et une cause non négligeable d'un grave effondrement moral: des choix considérés jadis par tous comme criminels et refusés par le sens moral commun deviennent peu à peu socialement respectables. La médecine elle-même, qui a pour vocation de défendre et de soigner la vie humaine, se prête toujours plus largement dans certains secteurs à la réalisation de ces actes contre la personne; ce faisant, elle défigure son visage, se met en contradiction avec elle-même et blesse la dignité de ceux qui l'exercent. Dans un tel contexte culturel et légal, même les graves problèmes démographiques, sociaux ou familiaux, qui pèsent sur de nombreux peuples du monde et qui exigent une attention responsable et active des communautés nationales et internationales, risquent d'être résolus de manière fausse et illusoire, en contradiction avec la vérité et avec le bien des personnes et des nations.

Le résultat auquel on parvient est dramatique: s'il est particulièrement grave et inquiétant de voir le phénomène de l'élimination de tant de vies humaines naissantes ou sur le chemin de leur déclin, il n'est pas moins grave et inquiétant que la conscience elle-même, comme obscurcie par d'aussi profonds conditionnements, ait toujours plus de difficulté à percevoir la distinction entre le bien et le mal sur les points qui concernent la valeur fondamentale de la vie humaine. (Evangelium Vitae, no. 4)

La culture de la vie: 

2-    Le pape donne la raison fondamentale pour laquelle on doit être en faveur de la culture de la vie; cette raison n’est pas théorique, mais personnelle au plus haut point : il s’agit de la deuxième Personne de la Trinité: Jésus-Christ notre Seigneur. Quand j’étais étudiant à l’université Laval, dans les années 70, l’avorteur numéro un au Québec et au Canada, monsieur Henry Morgentaler a été invité par la faculté de médecine (incroyable n’est-ce pas?) à s’adresser aux étudiants. Quelques-uns de mes amis et moi en avons profité pour distribuer à l’entrées de la salle, des pamphlets anti-abortion. J’ai assisté à cette conférence à la fin de laquelle, il y a eu une période de question. À chaque fois qu’une personne posait une question ayant rapport à la défense de la vie de l’enfant à naître, M. Morgentaler donnait automatiquement une réponse comme celle-ci: « Votre intervention se base sur des croyances religieuses. Or les questions religieuses n’entrent pas dans mon argumentation. ». En un sens, cet avorteur public avait raison: la raison ultime pour laquelle nous devons être contre l’avortement, c’est JÉSUS, CHEMIN, VÉRITÉ ET VIE. C’est ce que dit le pape aux numéros 29 et 30 de l’encyclique:

« Face aux menaces innombrables et graves qui pèsent sur la vie dans le monde d'aujourd'hui, on pourrait demeurer comme accablé par le sentiment d'une impuissance insurmontable: le bien ne sera jamais assez fort pour vaincre le mal!

C'est alors que le peuple de Dieu, et en lui tout croyant, est appelé à professer, avec humilité et courage, sa foi en Jésus Christ, « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1). L'Évangile de la vie n'est pas une simple réflexion, même originale et profonde, sur la vie humaine; ce n'est pas non plus seulement un commandement destiné à alerter la conscience et à susciter d'importants changements dans la société; c'est encore moins la promesse illusoire d'un avenir meilleur. L'Évangile de la vie est une réalité concrète et personnelle, car il consiste à annoncer la personne même de Jésus. A l'Apôtre Thomas et, en lui, à tout homme, Jésus se présente par ces paroles: « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). C'est la même identité qu'il affirme devant Marthe, sœur de Lazare: « Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jn 11, 25-26). Jésus est le Fils qui, de toute éternité, reçoit la vie du Père (cf. Jn 5, 26) et qui est venu parmi les hommes pour les faire participer à ce don: « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10, 10).

C'est donc à partir de la parole, de l'action, de la personne même de Jésus que la possibilité est donnée à l'homme de « connaître » la vérité tout entière sur la valeur de la vie humaine; c'est de cette « source » qu'il reçoit notamment la capacité de « faire » parfaitement la vérité (cf. Jn 3, 21), ou d'assumer et d'exercer pleinement la responsabilité d'aimer et de servir la vie humaine, de la défendre et de la promouvoir.

Dans le Christ, en effet, est définitivement annoncé et pleinement donné cet Évangile de la vie qui, déjà présent dans la Révélation de l'Ancien Testament, et même inscrit en quelque sorte dans le cœur de tout homme et de toute femme, retentit dans chaque conscience « dès le commencement », c'est-à-dire depuis la création elle-même, en sorte que, malgré les conditionnements négatifs du péché, il peut aussi être connu dans ses traits essentiels par la raison humaine. Comme l'écrit le Concile Vatican II, le Christ « par toute sa présence et par la manifestation qu'il fait de lui-même par des paroles et par des œuvres, par des signes et des miracles, et plus particulièrement par sa mort et par sa résurrection glorieuse d'entre les morts, par l'envoi enfin de l'Esprit de vérité, achève la révélation en l'accomplissant, et la confirme encore en attestant divinement que Dieu lui-même est avec nous pour nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort et nous ressusciter pour la vie éternelle ».

C'est donc le regard fixé sur le Seigneur Jésus que nous voulons l'écouter nous redire « les paroles de Dieu » (Jn 3, 34) et méditer à nouveau l'Évangile de la vie. La signification la plus profonde et la plus originale de cette méditation du message révélé sur la vie humaine a été saisie par l'Apôtre Jean, qui écrit au début de sa première lettre: « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie — car la Vie s'est manifestée: nous l'avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue —, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous» (1 Jn 1, 1-3).

En Jésus, « Verbe de vie », est donc annoncée et communiquée la vie divine et éternelle. Grâce à cette annonce et à ce don, la vie physique et spirituelle de l'homme, même dans sa phase terrestre, acquiert sa plénitude de valeur et de signification: la vie divine et éternelle, en effet, est la fin vers laquelle l'homme qui vit dans ce monde est orienté et appelé. L'Évangile de la vie contient ainsi ce que l'expérience même et la raison humaine disent de la valeur de la vie; il l'accueille, l'élève et la porte à son accomplissement. » (Evangelium vitae, nos 29-30)

(1)

 Un groupe d'achat néerlandais propose des pilules de la mort « bon ...

www.genethique.org/.../un-groupe-dachat-neerlandais-propose-des-pilules-de-la-mort..

(2) Voir le troisième item sur le lien suivant: 

Discours 1993 Août | Jean Paul II

https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1993/august.index.html 

(3) Evangelium vitae (25 mars 1995) | Jean Paul II

w2.vatican.va/content/john-paul-ii/.../hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae.html



vendredi 12 janvier 2018

Sainte Marguerite Bourgeoys

Sainte Marguerite Bourgeoys
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Portraits de Marguerite Bourgeoys, Ville-Marie (Montréal), Nouvelle-France (Québec), 1700. Musée Marguerite-Bourgeoys. 

Portrait de gauche: Peu après le décès de Marguerite Bourgeoys, Pierre Le Ber réalise ce tableau qui représente le seul portait authentique de la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame.

Portrait de droite: L'œuvre de Pierre Le Ber connaît de nombreuses modifications entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe, dont un surpeint majeur exécuté pour adoucir l'esthétique qui ne correspond pas aux critères de l'époque. La restauration du tableau effectuée en 1963 et en 1964 permet de mettre à jour l'œuvre originale datant de 1700. 

(Tiré de: Portraits de Marguerite Bourgeoys | Croire et vouloir ww.archivesvirtuelles-cnd.org)

Aujourd’hui l’Église du Canada célèbre la mémoire de sainte Marguerite Bourgeoys, fondatrice des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Marguerite a quitté la France à l'âge de 33 ans pour venir vivre au Canada à la demande de Sieur Paul Chomedey de Maisonneuve, l'un des deux fondateurs de la ville de Montréal (l'autre fondateur, ou plutôt fondatrice, étant Jeanne Mance), qui désirait une institutrice et une éducatrice pour la colonie naissante. Marguerite a entrepris le périlleux voyage en bateau qui l'a conduite en Amérique, avec comme seul bagage, un sac qu'elle transportait sous son bras, mais habitée par une immense charité et une confiance inébranlable en la Providence divine. 

Parmi les saints et saintes du Canada, sainte Marguerite Bourgeoys est ma préférée. Le bréviaire ou "La prière du temps présent", nous présente en ce jour, comme deuxième lecture de l’office des lectures, le « testament spirituel de sainte Marguerite Bourgeoys ». Ayant moi-même écrit mon testament spirituel, il y a de cela quelques années (1), je suis heureux de savoir que Marguerite Bourgeoys a aussi eu cette très bonne idée de composer son testament spirituel. Je vous partage aujourd'hui ce document. Vous verrez à quel point la Vierge Marie occupe une place centrale dans la spiritualité de Marguerite.  

DU TESTAMENT SPIRITUEL DE

SAINTE MARGUERITE BOURGEOYS

 

Je fais comparaison du collège des Apôtres avec la Congrégation, à une étoile qui est au firmament et un brin de neige qui tombe en forme d’étoile et qui se fond à la moindre chaleur, et je dis que Notre Seigneur, voulant instruire tout le monde de sa doctrine et de son Évangile, a choisi des hommes grossiers et peu estimés des gens du monde. La Sainte Vierge, ayant reçu de Dieu le domaine de la Nouvelle-France, par les prières qui lui ont été faites par les personnes qui ont été les premières, par sa divine bonté, elle a eu dessein de faire instruire des petites filles en bonnes chrétiennes, pour en faire ensuite de bonnes mères de famille et, pour cela, a choisi de pauvres filles sans esprit, sans conduite, sans talent et sans biens.
Les Apôtres ont été envoyés, au nom de Notre Seigneur, et ils ont fait des merveilles. Les filles de la Congrégation sont envoyées faire école, sous la protection de la sainte Vierge, et elles apprennent aux filles comme si elles étaient bien savantes.
Les Apôtres vont sans bourse ni double robe. Les filles de la Congrégation vont faire l’école sans aucune assurance de leur vie et le moins de hardes qu’elles peuvent.
Les apôtres se sont confiés en Dieu (qui) les a nourris où il n’y avait point de vivres. Les filles de la Congrégation laissent le soin de leurs besoins entre les mains de la Très Sainte Vierge et elles ne manquent jamais du nécessaire.
Les apôtres ont été infidèles en quittant Notre Seigneur, au temps de sa passion, et ont eu besoin du Saint-Esprit pour les fortifier. Les filles de la Congrégation sont timides et lentes à se perfectionner, et elles ont besoin du secours de la très Sainte Vierge pour obtenir le divin Esprit, pour les encourager.
Les apôtres ont été dans tous les quartiers du monde. Les filles de la Congrégation sont prêtes d’aller dans tous les lieux de ce pays où elles seront envoyées.
Les apôtres ont donné leur vie, leurs travaux et tout ce qu’ils pouvaient prétendre au monde, pour faire connaître Dieu. Les filles de la Congrégation abandonnent leur santé, leur satisfaction et leur repos, pour l’instruction des filles à la vie chrétienne et aux bonnes mœurs.
Les apôtres ont attendu le Saint-Esprit en prière et retraite. Les filles de la Congrégation doivent aimer leur chambre après leurs instructions, pour obtenir les grâces du Saint-Esprit.
Les apôtres travaillaient même les nuits pour gagner leur vie et n’être à charge de personne. Les filles de la Congrégation travaillent pour les mêmes fins.
Les apôtres n’ont jamais repris ce qu’ils ont une fois quitté. Les filles de la Congrégation ne retournent jamais à leurs biens quand elles les ont quittés et en laissent la disposition à leur Supérieure.
On demande aux apôtres s’ils boiraient bien le calice. On demande aux filles de la Congrégation si elles peuvent embrasser la pauvreté et le mépris.
Les apôtres instruisaient gratis et, pour cela, ils se contentaient de peu et se privaient de tout. Les filles de la Congrégation sont pauvrement partout.
Les apôtres ont prêché l’Évangile. Les filles de la Congrégation le doivent enseigner en suivant ses maximes et montrer bon exemple de modestie, de prudence et humilité.  

RÉPONS

R/   Ta parole, Seigneur, est lumière dans la nuit.
Vers qui pouvons-nous aller, Seigneur ?
Toi seul nous conduis au Royaume.
Heureux qui suit jusqu’au bout
le chemin que tu lui traces.
Heureux qui médite en son cœur
les voies mystérieuses de l’amour.

ORAISON

Seigneur Dieu, tu as appelé sainte Marguerite Bourgeoys à quitter son pays, au nom de sa foi, pour former la jeunesse à la vie chrétienne ; fais qu’à son exemple et à sa prière, nous puissions, par nos paroles et notre conduite, proclamer, sur toutes les routes qui mènent à toi, la présence et l’amour du Verbe incarné. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.  (2)


(1) Dieu ma joie: Mon testament spirituel

dieumajoie.blogspot.com/2012/11/mon-testament-spirituel_8.html

(2) AELF — Office des lectures — 12 janvier 2018 www.aelf.org/2018-01-12/