samedi 18 novembre 2017

Georgette Blaquière sur la jalousie

Georgette Blaquière sur la jalousie

Je crois profondément au « kairos », mot grec signifiant le « moment favorable ». J’y crois encore plus en tant que chrétien. Pour un chrétien, le temps est toujours le temps de Dieu et l’être humain cherche à s’adapter au temps de Dieu, à faire entrer le temps de Dieu dans sa vie. « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le  jour du salut » (2 Co 6,2).

Un bel anniversaire est à nos portes: demain, le 19 novembre, nous célébrerons la cinquième anniversaire du décès de madame Georgette Blaquière et, je le crois, son entrée dans la béatitude éternelle. Cet anniversaire m’aurait échappé si Martine, la fille de madame Blaquière ne m’avait écrit un mot dernièrement (voir deux de mes récents blogues). Cet anniversaire est pour moi l’occasion de me replonger un peu dans la pensée et les écrits de madame Blaquière.

Hier, en lisant quelques pages du livre de Georgette Blaquière intitulé « Prêtre pour l’Amour de Jésus et de l’Évangile », j’ai fait une découverte qui me laisse un peu bouche bée. Madame Blaquière est à mes yeux une spécialiste des Écritures Saintes. Pour moi, un ou une spécialiste des Saintes Écritures, ce n’est pas d’abord quelqu’un qui connaît le texte sacré grâce à l’exégèse. C’est cela aussi, bien sûr, mais ce n’est pas d’abord cela à mes yeux. Le spécialiste de la Bible est pour moi quelqu’un qui saisit le sens profond d’un texte biblique et qui sait l’adapter à la vie courante et ce, de façon universelle.

En lisant hier ce qu’a écrit madame Blaquière sur la parabole du Père Miséricordieux, aussi appelée la parabole des deux fils ou la parabole du fils prodigue, j’ai finalement appris à nommer spécifiquement en quoi consiste le péché du fils aîné de la parabole. J’ai toujours été scandalisé du peu d’amour qu’avait ce fils aîné pour son père et pour son frère, mais étrangement, je n’avais jamais réellement mis le doigt sur son « péché capital » qui est la JALOUSIE. Comme c’est étrange, n’est-ce pas, qu’un prêtre ordonné il y a de cela trente-quatre ans, n’ait jamais découvert par lui-même ou grâce à d’autres personnes, que le péché principal, capital du fils aîné de la parabole est la jalousie. Or il a suffi que je lise quelques lignes de Georgette Blaquière, pour faire cette heureuse et douloureuse découverte. Heureuse parce que c’est toute une lumière dans ma vie, mais douloureuse à cause du fait que chaque être humain est tantôt le fils cadet et tantôt le fils aîné. Le but de la parabole étant bien sûr que nous devenions de plus en plus ici-bas, comme notre Père des cieux. Voici quelques lignes de madame Blaquière:

Note: c’est moi qui ai inventé et mis les sous-titres en caractères gras; il y a des sous-titres dans le livre de madame Blaquière, mais ils sont différents et placés à des endroits différents.

La jalousie du fils aîné:

« Le fils aîné est un bon serviteur, dur à la tâche, un jeune homme sérieux qui n’a jamais le temps de se distraire et de s’amuser et, comme il arrive souvent dans ce cas, il ne supporte pas que les autres le fassent. Cela nous arrive parfois, ainsi l’algarade de Marthe et Marie. Le plus grave n’est pas dans les paroles mais dans le cœur: en réalité, « on était bien tranquille depuis que le petit était parti. Alors, pourquoi faire tant d’histoires pour son retour? » Ce qui est au cœur, c’est la jalousie.

La jalousie spirituelle est certainement le poison de beaucoup de nos communautés chrétiennes et la racine d’une sorte d’autodestruction des chrétiens par eux-mêmes: jalousie entre laïcs et prêtres, entre hommes et femmes, entre paroisses, entre mouvements … Chacun cherche à défendre son territoire et supporte mal la différence de l’autre. C’est qu’en réalité, chacun voudrait être préféré, pas seulement aimé. Chacun voudrait être approuvé et pas seulement reconnu. Comme s’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde sous le soleil de Dieu, comme si la moisson n’était pas assez abondante pour que Pierre, Paul et Apollos trouvent chacun leur place.

La jalousie spirituelle s’enracine en de profondes blessures, dans beaucoup de souffrances, de déceptions, dans une vie qui aurait voulu être tout entière donnée: « J’ai fait ce que j’ai pu, je t’ai servi fidèlement. Alors, pourquoi lui et pas moi? »

Or, dans le Corps du Christ, nous sommes tous dépendants les uns des autres. … Chacun de nous reçoit de son frère ce qui lui manque, …

Notre Père:

La pointe de la parabole, le but de cette parabole, est de nous révéler quelle sorte de Père nous avons dans les cieux. Madame Blaquière continue ainsi :

Son père sortit l’en prier.

Comment pouvons-nous entendre cette phrase sans avoir « le cœur transpercé » par l’humilité de la miséricorde de Dieu! Le Père est toujours dehors … sur le pas de la porte à attendre le retour du petit, hors de la salle du festin pour aller chercher l’aîné drapé dans sa dignité et sa colère. Le Père est un père humilié parce qu’Il est l’Amour. Il vient nous prier …
     Est-ce que j’écoute la prière de Dieu vers moi? Depuis le commencement du monde, Dieu « sort » pour chercher et prier l’homme.
     Je crois toujours que c’est moi qui le prie. Le bruit de mes paroles ne risque-t-il pas d’étouffer la voix de Dieu au cœur de mon cœur?

Le Père dit au fils aîné : …  « Tu voulais un chevreau? Mais c’est ridicule, prends tout, prends tout l’héritage, agis en fils, tu es ici chez toi. »

Jésus le vrai Fils aîné:

« Si le fils aîné avait aimé le père, il lui aurait dit: « Père, les moissons attendront. Tu es trop malheureux. Le petit, je vais aller « te » le chercher et je le ramènerai. » Et il serait parti.
     Voilà ce qu’a fait Jésus, le vrai Fils aîné qui aimait parfaitement le Père. Toute la théologie de l’Incarnation rédemptrice est révélée là comme en creux. …
     Jésus est parti chercher et sauver celui qui était perdu. Il est allé sur tous les chemins des hommes et quand Il l’a retrouvé, Il lui dit: « Souviens-toi du Père, Il t’aime, tu lui manques, Il ne se console pas de ton départ. Il faut revenir à la maison. »
     Le petit a répondu: « Après ce que j’ai fait, Il ne peut plus m’aimer. » Jésus a repris: « Il t’aime toujours comme on aime quelqu’un d’un « amour d’absence ». Il m’a envoyé te chercher. » Le petit a répondu: « Je ne puis plus revenir. Je suis devenu, ici, esclave pour garder les porcs. » Alors l’aîné lui a répondu: « Je vais te racheter à ton maître, je vais prendre sur moi ce contrat, je me ferai esclave à ta place. »
     Jésus a payé la cédule de notre dette … (Col 2, 14). Il nous a arrachés à l’empire des ténèbres (Col 1, 13). Jésus n’a pas craint de prendre sur lui l’odeur des porcs (c’est moi qui ai mis ces mots en caractères gras). Lui qui était innocent, Il a pris sur Lui le poids et la souillure de nos péchés: « Il a été transpercé à cause de nos péchés, écrasés à cause de nos crimes, le châtiment qui nous rend la paix est sur Lui, et c’est grâce à ses plaies que nous sommes guéris » (Is 53, 5). (Georgette Blaquière, Prêtre pour l'Amour de Jésus et de l'Évangile, Éditions du Lion de Juda, 1990, pp. 36-41)

Nous voyons ici à quel point Georgette Blaquière est de notre temps et même avant son temps. Elle écrivait ces phrases en 1990, il y a 27 ans. Or, on croirait entendre et lire le pape François. Le pape François n’arrête pas de nous dire et ne se fatigue pas de nous dire que nous devons être des chrétiens de « sortie », à l’image du Dieu des sorties.

Une des images les plus fortes que j’ai reçue à date du pape François, est celle-ci: le prêtre, le pasteur doit avoir l’odeur des brebis. Cette expression est magnifique. Comme prêtre de paroisse, j’applique surtout cette phrase à mes paroissiens. Je me dois de connaître mes paroissiens; je me dois de me faire proche d’eux, au point d’avoir leur odeur et de prendre sur moi leur odeur. Voilà ce qu’est un amour de proximité. Notre cher pape en employant cette expression, veut sûrement dire aussi que le pasteur doit également prendre l’odeur des personnes qui sont loin de Dieu, loin de la foi. Mais cela n’est pas dit aussi clairement que ne le fait madame Blaquière. Georgette Blaquière, en disant que « Jésus n’a pas craint de prendre sur lui l’odeur des porcs », va au maximum de l’amour. Le porc était l’animal impur par excellence. Jésus n’a cessé de côtoyer les impurs de son temps et ne cesse de côtoyer les impurs de notre temps. Il est allé loger chez Lévi (futur Matthieu) et Zachée, deux publicains notoires. Jésus a été considéré impur pour cela et a même été crucifié pour avoir fait cela. De même, les pasteurs de notre temps ne doivent pas craindre de prendre l’odeur des porcs, des personnes qui nient Dieu et se vautrent dans le péché, de les côtoyer, de les aimer et si possible, avec la grâce de Dieu, de les sauver. 

Merci madame Blaquière, de jeter une telle lumière sur mon rôle et ma mission de prêtre.








jeudi 16 novembre 2017

Pourquoi un pape devient-il pape?

Pourquoi un pape devient-il pape?

Voilà une question un peu étrange, n’est-ce pas? Pas si étrange que cela, à vrai dire, car quiconque sait ce qu’est un pape, s’est probablement déjà posé cette question. Je vais donner une réponse vraie, mais non exhaustive, évidemment. Ma réponse aujourd’hui est celle-ci: un pape devient pape parce qu’il aime Jésus plus que d’autres personnes qui aiment Jésus. Un pape devient pape parce qu’il aime beaucoup Jésus. Car parmi les gens qui aiment Jésus, il y a ceux et celles qui l’aiment beaucoup, ceux et celles qui l’aiment moyennement, et ceux et celles qui l’aiment peu ou pas du tout.

Jésus a confirmé le choix de Pierre comme premier pape, quelques jours après sa résurrection. Lorsque Jésus ressuscité est apparu à ses apôtres sur le bord du lac de Tibériade, il a demandé à Pierre à trois reprises: « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? ». Chacune de ces trois questions posées à Pierre, était un peu différente. Je veux insister ici sur la première des trois questions:

« Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre: « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond: « Oui, Seigneur! Toi, tu le sais: je t’aime. » Jésus lui dit: « Sois le berger de mes agneaux. » (Jn 21, 15)

La question de Jésus est très intéressante. Elle montre que pour être pape, il faut aimer Jésus d’une façon très spéciale; il faut aimer Jésus plus que la grande majorité des gens. Je remercie les papes que j’ai connus d’avoir tant aimé Jésus. Nous allons lire dans un instant un texte du pape Paul VI qui nous montre l’amour immense qu’il avait pour Jésus. Voilà le premier exemple que je désire recevoir de chaque pape: l’exemple de quelqu’un qui est amoureux de Jésus.

À première vue, on pourrait penser que ces trois questions sur l’amour, ont dû être très éprouvante pour l’apôtre Pierre. Mais comme le dit le cardinal Carlo Maria Martini, décédé en 2012, c’est mystérieusement le moyen que Jésus a choisi pour que Pierre retrouve confiance en lui et qu’il ne puisse plus douter de la confiance que Jésus a en lui:

« Comment Jésus lui restitue la confiance? Non pas par à un interrogatoire sur les faits, mais grâce à interrogatoire sur l’amour. Ainsi Jésus l’interroge sur la réalité qui est la plus profonde et la plus vraie chez Pierre; il va creuser dans le fond de cet homme et y chercher ce qu’il y a en lui de meilleur.

S’il l’avait interrogé sur la constance, sur la cohérence, sur la maîtrise de soi, sur la prudence, sur toutes ces choses, Pierre aurait peut-être dit: « Oui, j’ai failli; je ne mérite plus confiance, je ne suis plus digne d’être appelé ton vicaire, fais de moi le dernier de tes employés ». Au lieu de cela, Jésus l’interroge sur l’amour et voilà que nous nous scandalisons quasiment de cela, ou encore nous sommes si aveugles que nous ne nous étonnons même pas de l’étrangeté de cette interrogation.

Il m’est arrivé quelques fois de lire les questionnaires qui se font lorsque quelqu’un doit être examiné en vue d’un poste de responsabilité dans l’Église : on demande s’il sait prêcher, s’il sait administrer, s’il sait organiser, s’il sait se débrouiller dans des situations difficiles. Il n’y a aucune question sur l’amour; je n’ai jamais vu dans ces questionnaires la demande « s’il sait aimer ».   

Mais Jésus, au contraire, demande l’amour: « Sais-tu aimer? ». Et puisque Jésus sait ce qu’il fait, cela veut dire que c’est elle la question la plus importante, la demande fondamentale adressée à l’homme, celle où se joue non seulement le destin de l’homme, mais aussi celui de l’Église.

Voyons un peu comment Jésus interroge Pierre sur l’amour. Il l’interroge trois fois, comme pour dire : « Non, non, non, …  c’est cela la question; je n’en ai pas d’autres » (1)

Je suis très heureux d'avoir redécouvert ce texte du cardinal Martini. Les mots de ce cardinal m'ont réconcilié avec le dialogue entre Jésus ressuscité et saint Pierre. Jusqu'à maintenant, je considérais que ce dialogue avait dû être une terrible épreuve pour le premier des apôtres. Quelles questions embarrassantes après son triple reniement! Mais maintenant je comprends que l'intention de Jésus n'était pas d'embarrasser son bon ami, mais de lui redonner confiance. Car Jésus sait que Pierre l'aime et l'a toujours aimé. Jésus sait aussi que Pierre a pleuré amèrement son triple reniement et que cela aussi est un signe de son amour. Ces pleurs ont mystérieusement fait croître l'amour de Pierre envers Jésus. D'autant plus que Pierre a croisé le regard de Jésus immédiatement après l'avoir renié pour la troisième fois, comme le relate saint Luc (Lc 22, 61). Le regard d'amour qu'a posé Jésus sur son apôtre à ce moment précis et crucial, a été à jamais gravé dans la mémoire de saint Pierre et a contribué à faire grandir énormément l'amour du disciple pour son Maître et Ami. C'est cet amour que Jésus a voulu faire ressortir par ses trois questions. Comme c'est beau, n'est-ce pas?

Voici maintenant l’exemple d’un pape de notre époque, qui ne s’est pas gêné de manifester au monde entier à quel point son cœur était épris de Jésus, amoureux de Jésus.

Extraits d’une homélie prononcée par Paul VI à Manille (traduction qui est mienne):    

HOMÉLIE DE PAUL VI À MANILLE (29 NOVEMBRE 1970)

Jésus Christ

Moi, Paul, successeur de saint Pierre, chargé de la mission pastorale pour l’Église entière, je ne serais jamais venu de Rome jusqu’à ce pays extrêmement lointain, si je n’étais fermement persuadé de deux choses fondamentales : la première : du Christ; la deuxième, de votre salut. Du Christ ! Oui, je sens la nécessité de l’annoncer, je ne puis pas le taire : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Cor 9, 16) Je suis envoyé par Lui, par le Christ lui-même, pour cela. Je suis apôtre, je suis témoin.  Plus le but est éloigné, plus la mission est difficile, plus est urgent l’amour qui nous pousse (2 Cor 5, 14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. C'est Lui qui nous a révélé le Dieu invisible; c'est Lui qui est le Premier Né de toute créature; Il est le fondement de toute chose. Il est le maître de l'humanité et son rédempteur; il est né, il est mort, Il est ressuscité pour nous; Il est le centre de l’histoire et du monde; Il est Celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l'ami de notre vie, l'homme de la douleur et de l'espérance; c'est Lui qui doit venir, qui sera finalement notre juge et aussi, nous l’espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre félicité.   

Je n'en finirais jamais de parler de lui ; il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est le chemin, la vérité et la vie. Il est le pain, la source d'eau vive qui comble notre faim et notre soif. Il est notre berger, notre chef, notre modèle, notre réconfort, notre frère. Comme nous et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, opprimé, souffrant. C'est pour nous qu'il a parlé, accompli ses miracles, fondé un royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie commune, où ceux qui ont le coeur pur et ceux qui pleurent sont relevés et consolés, où les affamés de justice sont rassasiés, où les pécheurs peuvent obtenir le pardon, où tous découvrent qu'ils sont frères.

Jésus Christ : vous avez entendu parler de lui; bien plus, pour la majorité d’entre vous, vous lui appartenez déjà, vous êtes chrétiens. Eh bien à vous chrétiens, je répète son nom, et je l'annonce à tous : le Christ Jésus est le principe et la fin, l'alpha et l'oméga, le roi du monde nouveau; Il est le secret de l’histoire; Il est la clef de nos destins; Il est le médiateur et pour ainsi dire le pont entre la terre et le ciel. Il est, de la façon la plus haute et la plus parfaite, le Fils de l'homme, parce qu'il est le Fils de Dieu, éternel, infini ; et il est le fils de Marie, bénie entre toutes les femmes, sa mère selon la chair et notre mère par notre participation à l'Esprit du Corps mystique. Jésus Christ ! Retenez-le bien: c’est notre annonce perpétuelle, c’est la voix que nous faisons retentir par toute la terre (Rom 10, 18), et pour l’éternité des siècles (Rom 9, 5).

Souvenez-vous de ceci et méditez ceci: le pape est venu ici parmi nous, et il a crié : Jésus Christ !  Et ici j’exprime la deuxième idée dynamique qui m’a conduit à vous : nous devons célébrer Jésus Christ non seulement pour ce qu’Il est en lui-même, mais nous devons le louer et l’aimer pour ce qu’Il est pour nous, pour chacun de nous, pour chaque peuple et pour chaque civilisation. Christ est notre Sauveur. Christ est notre bienfaiteur suprême. Christ est notre libérateur. Christ nous est nécessaire pour être des personnes humaines dignes et vraies dans l’ordre temporel, et des personnes sauvées et élevées à l’ordre surnaturel.


(1)   Carlo Maria Martini, « è il Signore! » Gv. 21,7, Cooperativa In Dialogo, 1983, pp. 53-54. J’ai moi-même traduit le texte en français.


Ce blogue est en fait un enseignement pour les cellules paroissiales d’évangélisation qui sont dans notre paroisse. Le but de cet enseignement est de susciter en nous un plus grand amour envers Jésus.
Question pour le partage :
Comment est-ce que je montre à Jésus que je l’aime? De quelles manières concrètes?


mercredi 15 novembre 2017

Qui est Georgette Blaquière pour moi?

Qui est Georgette Blaquière pour moi?
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Georgette Blaquière

Tôt ce matin, j’ai répondu à une invitation de madame Martine Blaquière, une des filles de madame Georgette Blaquière:

De : asso les amis de G.Blaquière <lesamisdegb@gmail.com>
Envoyé : 13 novembre 2017 04:53
À : Guy Simard
Objet : Anniversaire du 19 novembre et site

Père Guy, accepteriez-vous de nous donner un court témoignage personnel sur ce que vous a apporté Georgette Blaquière, à vous en tant que prêtre, pour la rubrique "Témoignages" de notre site? Cela serait très intéressant. 

En fraternelle union de prière,

Martine Blaquière

Secrétaire de l'association Les Amis de Georgette Blaquière

De : Guy Simard <guy.simard3@hotmail.com>
Envoyé : 13 novembre 2017 15:47
À : asso les amis de G.Blaquière
Objet : RE: Anniversaire du 19 novembre et site

Bonjour à vous !

Je retiens cette invitation. Il me fera plaisir d'écrire ce témoignage. 

Guy, omv


Voici ce témoignage: 



Chers amis, j’ai appris avec joie que dans quelques jours, le 19 novembre, nous allons célébrer l’entrée au ciel de madame Georgette Blaquière. Je sais très bien que cette première phrase pourra sembler prétentieuse à certaines personnes. J’ai quand même décidé de commencer mon témoignage ainsi. Car pour moi, madame Blaquière est une sainte. Seul un saint peut entrer au ciel directement. En disant cela, je ne veux pas du tout préjuger ou influencer le jugement de l’Église sur cette chère dame. Je veux simplement exprimer comment je me sens. Un témoignage est toujours subjectif mais aussi éminemment objectif, ce qui peut sembler à première vue contradictoire. Après tout,  qu’est-ce qu’un saint ou une sainte? On sait très bien que c’est une personne qui a aimé Dieu de tout son cœur ou de son mieux et son prochain comme Jésus l’aime. Or à mes yeux, telle fut la vie de Georgette Blaquière.

J’ai été tellement heureux d’apprendre qu’une association est née pour faire connaître et aimer madame Blaquière. J’ai été aussi très touché du fait que Martine, une des filles de madame Blaquière me contacte pour me mettre au courant de cette heureuse nouvelle. Et ces jours-ci Martine m’a demandé si je pouvais écrire un témoignage sur ce que représente sa mère pour moi. C’est ce que je fais ce matin avec joie. Je mettrai sur papier, ou plutôt sur mon ordinateur les pensées comme elles me viennent spontanément.

Je crois que ma première rencontre avec madame Blaquière a été au moyen d’une cassette audio. Vous savez, ces cassettes que « jadis » nous mettions dans un lecteur CD et qui nous permettaient d’entendre la voix de la personne. La cassette en question avait pour thème la Vierge Marie et a donné par la suite naissance au magnifique livre de Georgette (veuillez excuser cette manière familière de parler d’une des grandes dames qui ont influencé ma vie, mais c’est ainsi que je la nommerai dans les lignes qui suivent. Notre nom de famille est commun à plusieurs personnes, mais notre prénom est ce qui nous caractérise le mieux, selon moi) intitulé L’Évangile de Marie. J’ai été tellement heureux d’apprendre ces jours-ci  qu’on peut toujours se procurer ces enregistrements. Je le ferai, soyez-en certains. Sur un de ces enregistrements, on trouve un témoignage extraordinaire de Georgette. Elle nous raconte la grâce insigne qu’elle a reçue le jour où elle a participé pour la première fois et assez à contrecœur à une assemblée de prière ou à un congrès « charismatique ». À un certain moment, la dame sise à côté d’elle et qu’elle ne connaissait pas, s’est mise à « chanter en langue » et cette langue était le grec, langue que Georgette connaissait très bien (heureuse est-elle d’avoir connu la langue dans laquelle furent écrits les évangiles). Cette dame a prononcé en grec les premiers mots de l’ange Gabriel à la Vierge Marie mais en faisant une légère faute de grec. Cette « erreur » a fait en sorte que Georgette s’est mise à réfléchir aux mots de l’ange et elle a au même moment reçu une grâce extraordinaire dans sa vie. Elle a compris dans tout son être et je dirais dans ses tripes, les mots de saint Paul: « les dons de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29). Elle a compris et goûté que Dieu ne se repent jamais d’avoir donné quelque chose à quelqu’un. Si la personne qui a reçu ce don semble l’oublier ou le renier, Dieu le lui donnera d’une autre façon. Quelle belle image de Dieu! Quelle belle image vraie de Dieu! Quelle belle image du vrai Dieu! Cette grâce qu’a reçue madame Blaquière ce jour-là et qui l’a profondément apaisée, elle est aussi pour moi et pour vous; voilà ce qui est extraordinaire. J’ai raconté cet événement de mémoire (car je n’ai plus en ma possession la cassette audio dont je vous ai parlé) et en long et en large dans un de mes blogues intitulé: « Kairé kékaritoménè » (tels sont les deux premiers mots de l’ange Gabriel adressés à Marie) (1).

Cet événement a été déterminant dans la vie de Georgette pour une autre raison. Georgette quand elle reçoit une grâce, tient non seulement compte de la grâce qu’elle a reçue, mais aussi de la façon dont Dieu s’est servi pour lui communiquer la grâce. Alors qu’elle était allée ce jour-là à reculons à un rassemblement charismatique, elle a réalisé que le « mouvement charismatique », assez récent à l’époque chez les catholiques, pouvait être une réelle grâce pour le peuple de Dieu. Elle a donc dédié beaucoup d’énergies par la suite pour connaître ce mouvement et le faire connaître. Voilà ce que j’appelle « faire fructifier jusqu’au bout les grâces reçues ». Voilà une autre très belle qualité de Georgette: quand elle est convaincue, elle est convaincue et elle passe à l’action avec toute l’énergie dont elle est capable.

Je crois que ma deuxième « rencontre » avec Georgette a été à travers son livre intitulé « Prêtre pour l’amour de Jésus et de l’Évangile ». À l’époque où j’ai lu ce livre, je n’en revenais pas de constater qu’une laïque puisse écrire un livre aussi touchant, aussi profond et aussi personnel sur le sacerdoce ministériel. Comme il est beau cet amour du sacerdoce ministériel chez Georgette! Cet amour chez Georgette est aussi très révélateur. Cette grande dame me plaît en particulier pour son amour de l’Église et en particulier de l’Église hiérarchique et magistérielle. Jamais je n’ai lu une seule critique de madame Blaquière à l’endroit des décisions fermes de l’Église sur certaines questions d’ordre moral ou de l’ordre de la foi. Jamais Georgette n’a revendiqué une place qu’on ne lui offrait pas dans l’Église, mais elle a toujours pris au maximum la place qui lui revenait. Et la place qui revient au plus haut point à la femme dans l’Église, c’est la prophétie. Le livre de madame Blaquière intitulée La grâce d’être femme, est sublime à ce point de vue. Dans ce livre, Georgette montre très bien que le rôle de la femme dans l’Église est d’abord et avant tout d’être prophète. Et Georgette a été une « TRÈS GRANDE PROHÈTE ».

Je termine ce témoignage en soulignant l’amour de Georgette pour les jeunes. En cela, elle me fait penser beaucoup au saint pape Jean-Paul II. Georgette a sillonné les lycées et les écoles pour annoncer et proclamer aux jeunes de notre temps la beauté de « L’amour humain selon le cœur de Dieu ». Georgette s’est nourrie de la Parole de Dieu et de la pensée de l’Église pour se faire une idée exacte de l’amour humain et de la vie de couple. Par la suite, elle est allée porter partout cette BONNE NOUVELLE. Georgette a vu de ses yeux l’effet que cela produit chez des jeunes de notre temps, d’entendre un témoin parler de l’amour humain selon le Cœur de Dieu. Et plus d’une fois un ou une jeune s’est approché d’elle après sa conférence et lui a dit: « Pourquoi personne jusqu’à maintenant ne nous a dit cela? » Je remercie Georgette d’avoir osé être la prophète de l’amour humain selon le cœur de Dieu, pour les jeunes et chez les jeunes de notre temps. Quelle belle grâce ces jeunes ont reçue! J’ai regardé, il y a de cela plusieurs années une vidéocassette où Georgette aborde ce thème. C’est là que j’ai entendu pour la première fois Georgette dire cette phrase lumineuse: « Croire en Dieu, ce n’est pas croire que Dieu existe, mais croire que j’existe pour Dieu ». Comme c’est beau! 

Sur cette vidéocassette, Georgette nous raconte aussi le fait suivant: au terme d’une conférence qu’elle avait donnée, un jeune homme est venu lui dire: « Moi, madame, je suis né d’un viol. Vous pensez que Dieu a voulu cela? ». Georgette fut très touchée par ce cri du cœur du jeune homme et elle lui a répondu avec toute la douceur qu’on lui connaît: « Non, Dieu n’a pas voulu cela, mais Il t’a voulu toi. » Elle a voulu ainsi faire comprendre à ce jeune homme que Dieu s’était servi de cet acte ignoble et monstrueux pour lui donner la vie, pour qu’il  puisse voir le jour et même le contempler un jour pour l’éternité. Seule une personne remplie de l’Esprit Saint peut, à brûle pour point, donner une réponse aussi éclairante et profonde à une remarque aussi bouleversante. Oui madame Blaquière (ici, à la fin de mon témoignage, je veux de nouveau m’adresser à elle comme étant madame Blaquière), vous avez été un grand prophète pour notre temps. Je vous remercie pour tout ce que vous m’avez appris et tout ce que vous m’avez donné. Le 19 novembre prochain, je louerai Dieu et je le remercierai de vous avoir donné la vie et d’avoir permis que je vous connaisse. Et merci à toi, Martine, de m’avoir permis de mettre un peu d’ordre dans mes idées pour dire au monde entier pourquoi ta maman m’est si chère.

Je suis heureux que le 19 novembre cette année soit un dimanche, le jour du Seigneur, un jour de joie. Ce jour-là, notre joie sera doublée.

Fraternellement,


Père Guy Simard, omv 



(1) Dieu ma joie: " Kairé kékaritoménè " (Lc 1, 28)

dieumajoie.blogspot.com/2015/12/kaire-kekaritomene.html





dimanche 12 novembre 2017

Faire mémoire de Mme Georgette Blaquière

 Faire mémoire de Mme Georgette Blaquière

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Georgette Blaquière

Les lecteurs assidus de mon blogue sont au courant que j’ai écrit quelques blogues sur madame Georgette Blaquière. Vous trouverez quelques uns de ces blogues au bas du présent blogue.

Le 19 novembre prochain, cela fera déjà cinq ans que cette chère dame est décédée. Je me suis réjoui d’apprendre qu’une association des amis de Georgette Blaquière a vu le jour. Ainsi la mémoire de cette grande dame et de cette grande chrétienne sera susceptible de perdurer. Pour moi, madame Blaquière est le modèle de la femme-prophète. Nous connaissons les femmes prophètes de la Bible, mais heureux sommes-nous si de nos jours, nous rencontrons ce genre de femme. Madame Blaquière a été très importante dans la formation de mon cœur de prêtre. Le pape François, reconnaissant « la grâce d’être femme » (titre d’un des livres les plus connus de madame Blaquière), tient à ce que l’Église s’ouvre davantage au charisme féminin; et avec raison.  

Je prie l’Esprit Saint de permettre que l’Association Les amis de Georgette Blaquière puisse permettre la diffusion de la pensée et de la spiritualité de celle qui a su toucher le cœur des prêtres, des laïcs et des jeunes de notre temps. 

Le texte ci-dessous paraîtra en France dans le journal La Croix cette semaine: 

Il y a 5 ans, GEORGETTE BLAQUIERE « entrait dans la vie » le 19 novembre 2012.
Sa famille et l'Association Les Amis de Georgette Blaquière feront célébrer des messes à sa mémoire 

dimanche 19 novembre
à 9h à Notre-Dame de Livron (82160),
à 10h30 à l'église Sainte-Thérèse de Montauban (82000) avec la "Fraternité Georgette"
et à 11h à la Cathédrale de Coutances (50200) à l'occasion des 40 ans de la Communauté Réjouis-Toi.

Vous êtes invités à vous associer à leur action de grâces pour tout ce qu'elle a semé de la parole de Dieu au coeur des familles, des prêtres, des jeunes, des communautés nouvelles, et des groupes de prière.

Enfin, je vous informe que notre site www.lesamisdegeorgetteblaquiere.fr sera en ligne à partir du 19 novembre.Parlez-en autour de vous.

En communion de prière,

Martine Blaquière (une des filles de madame Georgette Blaquière)

Secrétaire de l'association Les Amis de Georgette Blaquière


Une soixantaine d'enseignements audio de Georgette Blaquière sont disponibles sur le site Exultet à l'adresse suivante: 
http://www.exultet.net/eshop/pages-main/manufacturers_id-162/index.html?zenid=05c98fbce60671d52e6b504270fb6522

D'autre part, notre association organise un colloque sur Georgette Blaquière à Toulouse les samedi 10 et dimanche 11 mars 2018. 

Il aura lieu au Lycée du Caousou et portera sur le thème “Georgette Blaquière: une parole prophétique sur la femme”avec les intervenant(e)s suivant(e)s: Soeur Claire Patier, Régine Maire, Emmanuelle Pastore, Mgr Michel Santier, Mgr Joseph Boishu et le Père Jean-Miguel Garrigues.

Une journée conviviale à Notre-Dame de Livron, sur les lieux où a vécu Georgette Blaquière, est prévue la veille, vendredi 9 mars 2018 de 10h à 17h.

Réservez dès à présent ces dates sur votre agenda si vous souhaitez venir, nous vous donnerons les renseignements pratiques fin 2017.

Martine Blaquière
Secrétaire de l'association Les Amis de Georgette Blaquière


Blogues du Père Guy Simard, omv, sur madame Georgette Blaquière

Dieu ma joie: Décès de madame Georgette Blaquière

dieumajoie.blogspot.com/2012/12/deces-de-madame-georgette-blaquiere.html

10 déc. 2012 - J'ai appris hier, grâce à l'internet, la mort de madame Georgette Blaquière. Triste nouvelle? Oui et non. Triste nouvelle parce que l'Église ...

Dieu ma joie: " Kairé kékaritoménè " (Lc 1, 28)

dieumajoie.blogspot.com/2015/12/kaire-kekaritomene.html

8 déc. 2015 - Le plus beau commentaire que j'aie entendu des deux premiers mots de l'ange Gabriel à Marie, est de madame Georgette Blaquière. J'ai déjà ...

Dieu ma joie: Invitation à changer de religion

dieumajoie.blogspot.com/2013/03/invitation-changer-de-religion.html


 




La folie selon Dieu

La folie selon Dieu
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Nous vivons dans une époque que l’on qualifie parfois de post-moderne. L’être humain aime beaucoup se qualifier de « moderne » par opposition à « ancien ». Il en résulte une forme d’orgueil et une façon insidieuse de déformer la réalité. On en vient souvent de nos jours à considérer les personnes qui croient en Dieu comme étant des vestiges du passé, comme des gens qui n’ont pas su s’adapter à la modernité. Nous avons eu un triste exemple de cela ces jours-ci au Canada alors que notre nouvelle gouverneure générale, madame Julie Payette, ancienne astronaute ayant participé à deux missions spatiales, a discrédité publiquement les personnes qui croient en Dieu. Voici les propos qu’elle a tenus le premier novembre dernier à Ottawa, au cours de la Convention sur la science (Canadian Science Policy Convention; je n’ai trouvé aucune traduction française de la CSPC): «Pouvez-vous croire que… nous continuons à débattre et à nous questionner à savoir si la vie proviendrait d’une intervention divine, plutôt que d’un processus naturel ou d’un processus aléatoire?» Certains journaux ont dit que madame Payette s’en est pris ce jour-là au « créationnisme », c’est-à-dire à la façon fondamentaliste d’interpréter la Bible qui porte certaines personnes à croire encore de nos jours que Dieu a créé le monde en six jours. Mais ce n’est pas le cas. Les paroles de madame Payette visent toute personne qui croit en un Dieu qui a créé le monde. Personnellement, je considère ces propos de madame Payette comme étant sa première gaffe monumentale.

De grâce, ne nous laissons pas intimider par les pseudo-scientifiques qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Croyons plutôt fermement à notre Dieu qui nous dit:

« L’Écriture dit en effet: Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai. Où est-il, le sage? Où est-il, le scribe? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle?  Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile. » (1 Co 1, 19-21)
« Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Il est écrit encore : Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur ! » (1 Co 3, 18-20)
Voilà ce que Dieu pense des soi-disant sages qui nient son existence. J’aime beaucoup, pour ma part, cette phrase du psaume 52: « Dans son cœur, le fou déclare: « Pas de Dieu » (Ps 52, 2).

L’évangile de la messe d’aujourd’hui (32ème dimanche, année A), est très intéressant en ce sens. Jésus invente une parabole pour nous dire en quoi consiste le Royaume des cieux. Il nous dit que ce Royaume est comparable à dix jeunes filles qui se préparent à rencontrer l’époux. Cinq d’entre elles sont folles et cinq sont sages. Les folles ne voient pas plus loin que le bout de leur nez; elles apportent leurs lampes, mais sans apporter de provision d’huile. Les sages au contraire, apportent leurs lampes et de l’huile. Toutes s’endorment. Au milieu de la nuit un cri les réveille: « Voici l’époux, sortez à sa rencontre ». Seules les sages réussissent à se rendre jusqu’à l’époux car les lampes des folles n’ont pas suffisamment d’huile (Mt 25, 1-13).

Nous avons un nouveau lectionnaire du dimanche. On a malheureusement remplacé les mots « folles » et « sages » par les mots « insouciantes » et « prévoyantes ». Je trouve malheureux qu’on change certaines traductions pour être davantage, semble-t-il, « politically correct ».

Je doute fort que Jésus aurait traité une personne en chair et en os de « fou ». Mais notre Seigneur ne se gênait pas pour traiter de fous certains personnages de ses paraboles. Un autre exemple de cela se trouve en Luc 12, 16 à 21. Il s’agit encore une fois de quelqu’un qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et qui ne pense qu’aux choses de ce monde, sans se soucier de préparer la vie éternelle qui l’attend. Jésus qualifie à nouveau de « folle » une telle personne:

« Jésus leur dit cette parabole: « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait: “Que vais-je faire? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même: Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit: “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » (Lc 12, 16-21).