dimanche 23 septembre 2018

Les sources de l'accueil


Les sources de l’accueil

Voici un extrait de l’évangile qui est proclamé aujourd’hui en Église, en ce 25ème dimanche du temps ordinaire:

« Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda: « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit: « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit: « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » (Mc 9, 33-37)

L’accueil de l’autre est certainement une des plus grandes œuvres à laquelle l’être humain est appelé. Or les sources de l’accueil, sont l’humilité et l’amour. Il faut être humble pour accueillir l’autre. Il faut être habité par la conviction profonde que l’autre est sur un point et probablement sur plusieurs autres points, supérieur à nous et par conséquent, qu’il peut nous enrichir.

L’être humain qui ne sait pas accueillir l’autre, c’est l’être humain qui se suffit à lui-même, l’être humain qui se juge supérieur aux autres. Remarquez la façon dont vous vous comportez dans une soirée entre amis. Je prends comme exemple une soirée entre amis car c’est moins intimidant. Allez-vous vers l’autre le sourire aux lèvres, très heureux de les rencontrer; ou bien attendez-vous que les autres vous sourient pour sourire à votre tour? Les personnes les plus accueillantes que je connaisse, sont tout sourire quand elles nous rencontrent. La raison en est qu’elle voient en nous nos qualités, qu’elles nous apprécient. Elles voient en nous quelque chose d’unique. Cela n’est peut-être pas fait de façon consciente, mais je suis certain qu’il y a quelque chose de cela dans la personne qui est accueillante.

Au temps de Jésus, dans la société dans laquelle notre Maître vivait, les enfants et les femmes étaient loin d’avoir l’importance que nous leur reconnaissons aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien que lorsqu’on décrit une foule dans les évangiles, on spécifie ceci: « sans compter les femmes et les enfants ». Jésus a fait énormément pour valoriser les femmes et les enfants. Nous en avons une preuve dans l’évangile de ce dimanche. Jésus donne toute une leçon de vie à ses disciples. Il leur dit que si quelqu’un veut être le premier, il lui faut être le dernier de tous et le serviteur de tous. Et pour ancrer davantage cette conviction dans le cœur des disciples, Jésus prend un enfant qui se trouvait à ce moment-là près de lui, l’embrasse, le place AU MILIEU de ses disciples et dit: « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille ». Quelle révolution ! Quel prophétisme en actes !  

Jean Vanier, qui vient de fêter ses 90 ans, a donné dernièrement une interview mise sur le site internet Aleteia. Voici un des faits qu’il raconte dans cette interview :
« Nous rencontrons parfois des fragilités qui font très peur. Certaines personnes rejettent toute forme de relation et nous ne savons pas comment les rejoindre. Il faut alors des gens qui sachent de quelle manière les approcher. Lors d’un voyage à Calcutta, on m’a présenté un malade mental qui criait tout le temps. Les infirmiers se cachaient un peu de lui. Avec mon peu d’expérience, je suis allé vers lui, les mains ouvertes (il écarte les mains). Il est ensuite venu et il a posé ses deux mains dans les miennes. On peut voir cela avec la Samaritaine. Jésus l’a touchée parce qu’il avait besoin d’elle. Quand on peut commencer une relation en ayant besoin de l’autre, il change. Si Jésus avait commencé à prêcher, elle aurait fui. Mais il est venu humblement en disant « j’ai besoin de toi ». (1)
Saint Luc, dans son évangile, nous rapporte un fait qui est très touchant. Il nous rapporte les gestes qu’a posés une pécheresse publique venue rencontrer Jésus lors d’un repas donné chez un pharisien nommé Simon. Nous pouvons imaginer cette femme, entrant toute craintive dans une maison où elle n’aurait jamais dû entrer vu son état de pécheresse, aller vers Jésus, s’agenouiller derrière lui, lui mouiller les pieds de ses larmes, les essuyer de ses cheveux, les embrasser et leur répandre un parfum. Simon n’en revient pas et se scandalise du fait que Jésus se laisse toucher ainsi par une pécheresse publique. Il se dit en lui-même : « Si cet homme (Jésus) était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ».
Jésus donna une très bonne leçon à ce cher pharisien :
« Simon, j’ai quelque chose à te dire :  … Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » (Lc 9, 40. 44-47)

Cette femme a accueilli Jésus pour ce qu’Il est vraiment: une personne extraordinaire. Jésus a accueilli cette femme pour ce qu’elle est: une femme extraordinaire. Cette pécheresse publique, si mal jugée par les gens de son village, est réellement extraordinaire, tellement extraordinaire, qu’on saura jusqu’à la fin des temps ce qu’elle a fait pour Jésus.

Chaque personne que nous rencontrons est EXTRAORDINAIRE et souvent nous n'en prenons pas conscience. Jean Vanier est un maître en la matière. Chaque personne est extraordinaire en elle-même mais aussi parce que lorsque nous la rencontrons, nous rencontrons Jésus. Voilà le message essentiel que Jésus nous livre dans l’évangile d’aujourd’hui.

Chers amis, soignons notre accueil de l'autre. 

(1) 

Jean Vanier : « Le monde est à l'envers, l'Évangile c'est le monde à l 'endroit




  

mercredi 19 septembre 2018

" Les cieux proclament la gloire de Dieu " (Ps 18)

« Les cieux proclament la gloire de Dieu » (Ps 18)

02 Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l'ouvrage de ses mains.
03 Le jour au jour en livre le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance.
04 Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende;
05 mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde. 
                                                                                                        (Psaume 18, 2-5)


Le firmament m’a toujours impressionné et ébloui. En ce 19 septembre, je suis allé en soirée recevoir le sacrement de la réconciliation au Sanctuaire du Sacré-Cœur et de Saint Padre Pio qui se trouve tout près de chez nous et qui est tenu par mes amis Capucins. En sortant de la chapelle du Sacré-Cœur, vers 19h25, mes yeux se sont posés sur la lune et sur cette chère planète Mars qui a fait la joie de mes vacances. Si vous regardez l'image mise au bas du présent blogue, vous verrez la carte du ciel tel qu'on peut le contempler à Montréal ce soir. Vous constaterez que la planète mars est juste en dessous de la lune. Avant l'arrivée de la noirceur et l'apparition des étoiles, nous pouvons facilement voir deux planètes dans le ciel de Montréal: Mars et Vénus. Mais, pour être plus précis, selon le site qui suit cette phrase, au crépuscule, nous pouvons voir quatre planètes dans le ciel de Montréal ces jours-ci; nous pouvons voir Vénus, Jupiter, Saturne et Mars. 

Planètes visibles à l'oeil nu | Espace pour la vie


Durant mes vacances estivales, je me suis plu à regarder la fameuse planète rouge à l'aide de jumelles. En août, la couleur rouge de la planète est passée au jaune, mais on pouvait quand même l'imaginer toute brûlante. 
Si je vous posais la question suivante: laquelle de la planète terre ou de la planète Mars, est la plus grosse? Dans mon ignorance, j'ai mal répondu à cette question. Pour avoir la réponse, jetez un coup d'oeil sur le tableau ci-dessous qui est TRÈS IMPRESSIONNANT. Oui, « LES CIEUX PROCLAMENT LA GLOIRE DE DIEU !!!! »
   
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L'image ci-dessus est tirée du site: http://www.ca-se-passe-la-haut.fr/2014/03/la-taille-des-etoiles.html. 

L'image ci-dessous, est tirée du site: 
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lundi 17 septembre 2018

Homélie 24ème dimanche, année B

Homélie 24ème dimanche, année B

Aujourd’hui, après l’homélie, j’ai laissé du temps à mesdames Marie-Bernard Desrouleaux et Jocelyne Galipeau, pour inviter les gens à se joindre à la magnifique Aventure de l’Évangile qui existe dans notre paroisse depuis six ans.

Dans la deuxième vidéo mise ci-dessous, vous entendrez madame Desrouleaux renseigner les gens sur cette très belle Aventure et les inviter à en faire partie. 




 

samedi 15 septembre 2018

Pourquoi j'aime les CPÉ


Pourquoi j’aime les CPÉ

Depuis deux ans, les Cellules Paroissiales d’Évangélisation existent en notre paroisse. Je vais vous dire en quelques mots pourquoi j’aime cette initiative des temps modernes. Je ne vous donnerai pas toutes les raisons de mon amour et de mon attachement pour cette manière d’évangéliser, mais je vais insister sur deux points.

Premier point : Le premier pilier des CPÉ : l’Esprit Saint

Les CPÉ ont vu le jour vers le début des années 80, à Séoul (Corée du Sud) dans l’église Pentecôtiste du pasteur Paul Yonggi Cho. Nos frères et sœurs protestants sont les premiers à avoir mis l’Esprit Saint au cœur de la vie des chrétiens. Ce sont eux qui sont aussi à l’origine du Mouvement charismatique. Nous, les catholiques, nous devons une grande reconnaissance aux chrétiens protestants d’avoir mis l’emphase sur l’Esprit Saint, le grand oublié parmi les Personnes divines et qui est pourtant Celui que Jésus a promis à son Église pour poursuivre son œuvre d’évangélisation. Comment avons-nous pu passer à côté de cette vérité pendant si longtemps. Une fois que Jésus eut terminé sa vie terrestre et fut monté au ciel, ce fut le rôle de l’Esprit Saint de prendre le relais de l’évangélisation; et avec quelle force et quelle puissance !!! Les Actes des Apôtres, le livre biblique qui suit immédiatement les évangiles, en sont le témoin et la preuve on ne peut plus convaincante. Il faut absolument se convaincre du fait que l’évangélisation du monde moderne soit confiée en tout premier lieu à l’Esprit Saint. Ce fut d’ailleurs toujours le cas, mais cette vérité a été souvent oubliée ou négligée. Développons un amour, une révérence, une confiance et un attachement à l’Esprit Saint; Il fera des merveilles en nous et chez les autres. Soyons-en sûrs.

Les Cellules Paroissiales d’Évangélisation ont ensuite été adaptées et mises en place dans la paroisse catholique de Saint-Boniface, à Pembroke-Pines, en Floride, par un prêtre irlandais, le Père Michael J. Eivers en 1983

Deuxième point : Le deuxième pilier des CPÉ : l’adoration eucharistique

Quand le Père Eivers a été visiter les cellules en Corée, il est revenu aux États-Unis plein d’espérance et a introduit les CPÉ dans sa paroisse. Il a voulu leur donner un caractère résolument catholique. Il a fait de l’adoration eucharistique le deuxième pilier des CPÉ. Quelle audace !!! Quelle vision !!!  Alors que le but premier des CPÉ, est clairement l’ÉVANGÉLISATION, l’abbé a très bien su où mettre les priorités. Pas d’évangélisation sans prière !!! Et c’est aux pieds de Jésus dans l’EUCHARISTIE que nous recevons en abondance l’ESPRIT SAINT, l’Esprit d’évangélisation, l’ESPRIT de l’évangélisateur.

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5)

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » (Jn 15, 5)

« Une seule chose est NÉCESSAIRE, Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10, 42)

C’est tellement vrai que Marie a choisi la meilleure part et qu’elle ne lui sera jamais enlevée, que la prière, la louange, l’adoration, dureront toute l’éternité. L’apostolat, l’évangélisation, cesseront, mais la prière est ÉTERNELLE.

Et quelle est cette unique chose nécessaire ???  C’est l’union à Dieu, l’union au Christ.

Ce qui rendait la Parole de Jésus aussi efficace et pénétrante, c’est l’union à son Père, union qu’il alimentait dans la prière, parfois des nuits entières. Telle est la clef de l’apostolat; mais comme il est difficile de s’en convaincre !


Voilà en quelques mots, ce que j’aime surtout des Cellules Paroissiales d’Évangélisation: c’est qu’elles mettent l’accent sur les priorités ou plutôt sur la priorité: l’union à Dieu, la rencontre avec Dieu. Jésus passait souvent, à ce qu’on comprend des évangiles, des nuits entières en prière, pour écouter ce que son Père avait à lui dire et pour nourrir le feu apostolique qui l’animait. Pas de feu sans foyer, pas de mission sans buisson ardent, pas d’évangélisation sans être plongé longuement dans la Parole de Dieu.

L’envoi vers les autres doit être précédé d’une présence prolongée avec le Maître. C’est ce que saint Marc a voulu nous faire comprendre dans son récit du choix par Jésus de ses Apôtres :

« Il gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle. » (Mc 3, 13-14).

Quand j’étais jeune, j’ai entendu une phrase qui m’a beaucoup interpellé. Je n’ai jamais vérifié si elle était vraie, mais je pense qu’elle l’est. On m’a dit que quand des évêques, dans le passé (et peut-être encore dans le présent), envoyaient des missionnaires à l’étranger, dans des pays lointains, ils veillaient d’abord à fonder un monastère de contemplatifs dans le pays de mission qu’ils avaient choisi. Cette façon de faire était ancrée dans une conviction intime: pas de fruits pour la mission, qui ne soient arrosés et fécondés par la prière.

Nous devons tenir mordicus à cette échelle des valeurs. Et si certaines personnes ne sentent pas du tout appelées en paroisse à faire partie d’une CPÉ, il est important de les encourager à prier, à prier sans cesse pour le fruit de l’apostolat qui se vit au sein de la communauté. La chapelle d’adoration eucharistique devrait regorger de gens qui prennent à cœur la mission d’évangélisation et qui prient de toute leur âme pour que l’Esprit Saint féconde les efforts des évangélisateurs et évangélisatrices, comme Il a fécondé le sein de la première disciple-missionnaire: la Très Sainte Vierge Marie.



vendredi 14 septembre 2018

14 septembre: La CROIX GLORIEUSE


14 septembre: La CROIX GLORIEUSE

C’est fête aujourd’hui dans l’Église. Quarante jours après la fête de la Transfiguration du Seigneur Jésus, nous célébrons la fête de la CROIX GLORIEUSE. Dans la pensée et le cœur de Jésus, la CROIX est toujours liée intrinsèquement à la RÉSURRECTION et à la GLOIRE. Qu’en est-il pour nous dans notre cœur et dans notre spiritualité?

L’empereur Constantin ayant découvert l’endroit où Jésus fut crucifié, fit ériger sur le lieu du Golgotha, une magnifique basilique appelée Basilique du Saint-Sépulcre ou Basilique de la Résurrection. Le fait que cet édifice porte de façon équivalente un nom qui rappelle la mort de Jésus ou sa résurrection, est un signe du lien intrinsèque qui unit MORT et RÉSURRECTION. La dédicace de cette basilique eut lieu le 13 septembre 335. C’est en souvenir de cette dédicace et au lendemain de cette dédicace (le 14 septembre) que nous fêtons la CROIX GLORIEUSE. Cette première basilique fut détruite.

Je désire partager avec vous aujourd’hui un des textes qui m’ont le plus marqué durant ma vie. Il s’agit d’un texte du cardinal Carlo Maria Martini. Jamais je n’aurais imaginé aller un jour en pèlerinage en Terre Sainte. Mais j’ai eu cette grâce en 1999. Ma Congrégation religieuse cette année-là, a décidé d’envoyer une douzaine de ses membres faire un pèlerinage en Terre Sainte. Je fus un des heureux élus. Il y a un lieu que je désirais particulièrement voir, en raison du texte que vous lirez dans un instant. Quelle ne fut pas ma surprise et mon admiration, en arrivant dans ma chambre, à Jérusalem et en regardant par la fenêtre, de voir à quelques mètres de l’endroit où je logeais, le dôme de la BASILIQUE DE LA RÉSURRECTION. Ce fut une immense joie pour moi. Enfin je pourrais aller prier dans la chapelle qui était si chère au cardinal Martini.    

Le texte du cardinal Carlo Maria Martini:

Le cardinal Martini a donné un jour une retraite à des adolescents d’un Petit Séminaire de la région de Milan. Cette retraite a donné naissance à un livre intitulé: « Tu mi scruti et mi conosci » (« Tu me scrutes et me connais »), qui sont les premiers mots du psaume 138.

La lumière qui vient de la Croix:

« Jérusalem est pour moi le lieu le plus beau et le lieu qui m’est le plus cher au monde. À Jérusalem, il y a la chapelle du Calvaire, dans la Basilique du Saint Sépulcre. Lorsqu’on monte quelques marches, on arrive à une très petite chapelle où il y a un petit autel réservé aux moines grecs et là on peut s’arrêter pour prier (le cardinal Martini fait mention ici de l’endroit où se trouve le Calvaire, à Jérusalem; sous l’autel dont il parle, on peut voir la cime d’un grand rocher qui aurait été le Calvaire).

J’ai passé dans cette petite chapelle de très nombreuses heures de ma vie et je ne me suis jamais fatigué de m’arrêter là longuement, dans une prière silencieuse, sans réussir à dire rien de spécial. Je restais là et je sentais que c’était ici le centre du monde. Je comprenais que le monde apparaissait dans sa vérité seulement si on arrivait à le regarder du haut de la croix et avec le regard de Jésus.

Encore aujourd’hui je continue cette prière fondamentale qui consiste en la contemplation de la Croix, qui donne le sens et la clef de toute l’histoire humaine. Il n’y a pas une personne humaine, il n’y a pas un événement humain qui n’ait son point de référence dans l’écoute contemplative du message de la croix.

Je demande donc à Jésus cette grâce pour chacun de vous : que vous puissiez contempler toujours plus la LUMIÈRE qui se dégage (« se libère » en italien) ou qui « jaillit » de la CROIX, afin de reporter à elle chaque réalité de votre vie et chaque réalité de l’histoire. » (Carlo Maria Martini, Tu mi scruti e mi conosci; texte traduit par moi, Guy Simard)

J’avoue que je doute que les adolescents auxquels s’adressait le cardinal Martini, aient compris la profondeur de ses propos ce jour-là, mais toute vérité a le pouvoir de se frayer avec le temps un chemin dans le cœur humain.


En vue d’une réflexion personnelle: Faire mémoire d’un moment de votre vie qui a été particulièrement douloureux et éprouvant. Essayer de vous remémorer comment vous vous sentiez à cette époque et essayer de découvrir comment vous jugez cet événement maintenant. Peut-être y découvrirez-vous la LUMIÈRE qui jaillit de la CROIX. 


Voir aussi: 

Dieu ma joie: Pâques 2016: La Gloire de la Croix

dieumajoie.blogspot.com/2016/03/paques-2016-la-gloire-de-la-croix.html





jeudi 13 septembre 2018

13 septembre: saint Jean Chrysostome

13 septembre: saint Jean Chrysostome
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Aujourd’hui, l’Église célèbre la mémoire de saint Jean Chrysostome (né vers 344, mort en 407), évêque et docteur de l’Église, patriarche de Constantinople. Il est un de mes saints préférés. Quel évêque ! Quels enseignements !!! Sa parole était si puissante et bienfaisante qu’on lui donna le surnom de « bouche d’or » (le mot " chrysostome " en grec, signifie: " bouche d'or "). Voici ce qu’il a dit et écrit sur le ministère de la Parole :

« La parole, voilà l'instrument du médecin des âmes. Elle remplace tout: régime, changement d'air, remèdes. C'est elle qui cautérise; c'est elle qui ampute. Quand elle manque, tout manque. C'est elle qui relève l'âme battue, dégonfle la colère, retranche l'inutile, comble les vides, et fait, en un mot, tout ce qui importe à la santé spirituelle. Quand il s'agit de la conduite de la vie, l'exemple est le meilleur des entraînements; mais pour guérir l'âme du poison de l'erreur, il faut la parole, non seulement quand on a à maintenir la foi du troupeau, mais encore quand on a à combattre les ennemis du dehors. Même si nous avions le don des miracles, la parole nous serait utile, même nécessaire. Saint Paul le prouve, saint Pierre aussi, qui dit: « Soyez prêts à répondre à ceux qui vous demandent compte de votre foi » (1 P 3, 15). Et, si tout le collège des Apôtres confia jadis à Etienne la direction des veuves, c'était uniquement pour mieux s'adonner eux-mêmes au ministère de la parole. Toutefois, nous n'aurions pas tant besoin du don de la parole si nous avions le don des miracles. Ne l'ayant pas, il faut nous armer de l'arme qui nous reste. C'est donc à nous de travailler avec acharnement pour nous enrichir de la parole du Christ... Le prêtre doit tout faire pour acquérir le talent de la parole.» (Sur le Sacerdoce, IV, 3; traduction de B. H. Vandenberghe, Saint Jean Chrysostome, Le livre de l'espérance, Namur, 1958, p. 9-10).

Et voici le texte que l’Église nous présente comme deuxième lecture de l’office des lectures du bréviaire :

HOMÉLIE DE S. JEAN CHRYSOSTOME AVANT SON DÉPART EN EXIL (401)


Les vagues sont violentes, la houle est terrible, mais nous ne craignons pas d'être engloutis par la mer, car nous sommes debout sur le roc. Que la mer soit furieuse, elle ne peut briser ce roc; que les flots se soulèvent, ils sont incapables d'engloutir la barque de Jésus. Que craindrions-nous? Dites-le-moi. La mort? Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir est un avantage. L'exil? La terre appartient au Seigneur, avec tout ce qui la remplit. La confiscation des biens? De même que nous n'avons rien apporté dans ce monde, nous ne pourrons rien emporter. Les menaces du monde, je les méprise; ses faveurs, je m'en moque. Je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse; je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser. C'est à cause de cela que je vous avertis de ce qui se passe, et j'exhorte votre charité à la confiance. ~
N'entendez-vous pas cette parole du Seigneur: Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux? Et là où un peuple aussi nombreux est uni par le lien de la charité, le Seigneur ne sera pas présent? J'ai sa garantie : est-ce à ma propre force que je fais confiance? Je possède sa parole: voilà mon appui, voilà ma sécurité, voilà mon havre de paix. Que l'univers se soulève, je possède cette parole, j'en lis le texte: voilà mon rempart, voilà ma sécurité. Quel texte? Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.
Le Christ est avec moi: que vais-je craindre? Même si les flots de la mer ou la colère des puissants s'élèvent contre moi, tout cela est aussi peu de chose pour moi qu'une toile d'araignée. Et sans l'amour que j'ai pour vous, je n'aurais pas refusé de partir aujourd'hui même. Car je ne cesse de dire: Seigneur, que ta volonté soit faite. Non pas ce que veut un tel ou un tel, mais ce que tu veux. C'est là ma citadelle, c'est là mon roc inébranlable, c'est là mon appui solide. Que la volonté de Dieu se fasse. S'il veut que je reste ici, je rends grâce. Quel que soit le lieu où il me veuille, je le bénis. ~
En quelque lieu que je sois, vous y êtes aussi: le corps ne se sépare pas de la tête, ni la tête du corps. Si nous sommes éloignés par la distance, nous sommes unis par la charité et la mort elle-même ne pourra couper ce lien. Si mon corps vient à mourir, mon âme restera vivante et se souviendra de mon peuple. ~
Vous êtes mes concitoyens, vous êtes mes pères, vous êtes mes frères, vous êtes mes enfants, vous êtes mes membres, vous êtes mon corps, vous êtes ma lumière, et même vous êtes plus doux pour moi que la lumière. En effet, la lumière du soleil ne m'apporte rien de comparable à ce que m'apporte votre charité. Le soleil m'est utile à présent, mais votre charité me prépare une couronne pour l'avenir. 

RÉPONS

R/ Pour moi, vivre, c'est le Christ !
Je suis en captivité pour le Christ,
captif pour défendre l'Évangile.
J'ai le désir de m'en aller
et d'être avec lui.
Je demeurerai près de vous tous
pour la joie de votre foi.

ORAISON

Seigneur, force de ceux qui espèrent en toi, tu as donné à l’évêque saint Jean Chrysostome une merveilleuse éloquence et un grand courage dans les épreuves ; accorde-nous la grâce de suivre ses enseignements pour avoir la force d’imiter sa patience.Seigneur, force de ceux qui espèrent en toi, tu as donné à l’évêque saint Jean Chrysostome une merveilleuse éloquence et un grand courage dans les épreuves; accorde-nous la grâce de suivre ses enseignements pour avoir la force d’imiter sa patience. 
(Tiré de: AELF — Office des lectures 13 septembre 2018 https://www.aelf.org/2018-09-13)

« Aucun Père n'a laissé un héritage littéraire aussi important en volume que Chrysostome... La tragédie de sa vie elle-même, causée par la sincérité et l'intégrité extraordinaires de son caractère, ne fit que rehausser sa gloire et sa renommée. Il reste le plus séduisant des Pères grecs et l'une des figures les plus attachantes de toute l'antiquité chrétienne. » (J. Quasten, Initiation aux Pères de l'Église, p. 6).   



Pour lire un autre très beau texte de saint Jean Chrysostome, voir : 

Dieu ma joie: La véracité des évangiles

dieumajoie.blogspot.com/2011/08/la-veracite-des-evangiles.html



mercredi 12 septembre 2018

12 septembre: Fête de notre Congrégation

12 septembre: Fête de notre Congrégation


Aujourd’hui est la fête patronale de notre Congrégation religieuse: les Oblats de la Vierge Marie. Le 12 septembre, l’Église célèbre la fête du SAINT NOM DE MARIE. Puisque notre Congrégation religieuse tient son nom de la Mère de Dieu, notre fête annuelle est le 12 septembre. J’ai fait mes premiers vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance le 12 septembre 1979 à San Vittorino Romano en banlieue de Rome, ce qui fera 40 ans l’an prochain.  

Nous avons reçu un mot aujourd’hui de notre maison généralice à Rome, pour nous souhaiter une bonne et heureuse fête. Dans ce mot, a été intégrée une prière de notre fondateur, le Vénérable Bruno Lantéri. Cette prière est très belle. Chacun et chacune de nous peut, je pense, la faire sienne (ma traduction suit la prière) :

Preghiera del Venerabile Padre Bruno Lanteri :

“Vergine Santa, Madre di Dio e mia Signora, io Vi chiedo due cose, entrambe necessarie:
date a me il Vostro Figlio, Egli è il mio tesoro, senza di Lui io sono povero.
Date me al Vostro Figlio, Egli è la mia speranza e la mia luce, senza di Lui io sono nelle tenebre.”

Prière du Vénérable Père Bruno Lantéri :

« Vierge Sainte, Mère de Dieu et ma Dame (1), je Vous demande deux choses, toutes deux nécessaires :

Donnez-moi Votre Fils ! Il est mon trésor, sans Lui, je suis pauvre.

Donnez-moi à Votre Fils ! Il est mon espérance et ma lumière, sans Lui je suis dans les ténèbres. » 

Que la Vierge Marie vous bénisse et vous garde sous sa constante protection ! 


(1)  Nous sommes tellement habitués de dire « Notre Dame », qu’il fait bon entendre cette expression utilisée de façon plus personnelle. 

Ajout: Je viens tout juste de recevoir un mot de madame Cabrini Pak qui a été engagée par nos confrères Oblats des États-Unis, pour faire connaître et aimer notre fondateur, le Père Bruno Lantéri.  Cette dame est chargée aussi de recueillir des témoignages de personnes qui ont reçu des grâces par l'intercession de notre fondateur. Madame Pak nous relate un événement qui s'est passé aujourd'hui, en ce jour de notre fête patronale. Voici le message qu'elle nous a envoyé, à nous. les Oblats de la Vierge Marie

" ... c'est tout un jour de fête ici à Boston (NDLR: nous avons deux maisons à Boston). Une dame est entrée dans nos bureaux vers midi aujourd'hui (12 Sept) pour me raconter une expérience qu'elle a eue avec le Vénérable Bruno. Son nom est Katherine. Elle a dit que normalement elle ne va jamais à la Chapelle Saint-François dans l'édifice de la Prudentiel (NDLR: cette chapelle est une des oeuvres de notre Congrégation à Boston), mais elle y est allée un jour pour participer à la messe. Elle y a rencontré une dame qui vivait des complications dans sa grossesse. Le bébé ne s'était pas encore retourné et elle était sur le point d'accoucher. Katherine m'a dit qu'elle a prié avec ferveur le Père Lantéri pour le bébé et pour la mère et elle a dit qu'elle a vu dans sa prière le visage du bébé et entendu ces paroles: " Je connais maintenant la façon de m'en sortir " et le bébé lui a souri. Le bébé est né heureux et en santé, il y a un an environ." 

Bonne semaine !

Paix, 
    Cabrini

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Le Père Bruno Lantéri sous la protection amoureuse de la Vierge Marie
Peinture faite d'après l'oeuvre de Musio, 
Église San Rocco, à Buenos Aires