lundi 16 mars 2015

Le courage d'Anna Clendening

Le courage d’Anna Clendening
 

Un de mes confrères Oblat de la Vierge Marie, qui connaît assez bien mes goûts, m’a envoyé la vidéo mise au bas du présent blogue. Je lui ai répondu ceci :

Cher Patrice, 

Merci beaucoup de m'avoir partagé ce moment de grâce. Car c'est vraiment un moment de grâce. Que c'est beau ! 

Alors que je t'écris ces lignes, j'ai encore les larmes aux yeux. 

C'est assez spécial de constater qu'en l'espace de quelques minutes seulement, on puisse être aussi touché par une personne que l'on ne connaissait pas et qui apparaît devant nous sur un petit écran. L'expérience humaine peut être si merveilleuse parfois. Merci mon Dieu ! 

Inutile de te dire que si cette vidéo m'a autant touché, c’est probablement  à cause de la dépression sévère que j'ai vécue en 1997-1998, et qui, à date, est l'épreuve de ma vie.

Guy

Vous qui lisez ces lignes en ce moment sur mon blogue, je vous invite à lire le témoignage que j'ai mis sur mon blogue sur l'épreuve de ma vie. Ce témoignage s'intitule: Guéri par le Frère André. Le titre le plus exact aurait dû être: " Guéri par Saint Joseph et le Frère André "; mais j'ai coupé au plus court. Pour lire mon témoignage, veuillez cliquer sur les mots suivants: 


La vidéo dont il est question en ce moment sur ce blogue, provient de l’émission America’s Got Talent. Une candidate se présente à l’émission. Elle se nomme Anna Clendening; elle a 20 ans. La première scène nous la montre en compagnie de ses parents. On sent la jeune fille très nerveuse, et pour cause.

La vidéo en son entier nous montre ce que c’est que la « charité en actes ». L’animateur de l’émission, Nick Cannon, dit à Anna que si quelque chose va mal, elle n’aura qu’à le regarder et il sera là pour elle. Voyant qu’elle est très nerveuse, il va même jusqu’à l’accompagner durant quelques pas sur la scène. Cet animateur ne fait jamais cela, car cela risque de ne pas être très bien vu des juges. Mais là, il sent qu’il doit le faire, que cette jeune femme a besoin d’aide. On nous montre alors les juges qui semblent étonnés de voir Anna accompagnée de Nick Cannon.

Le premier animateur à l’accueillir et à lui adresser la parole, est Howie Mandel. Et il le fait avec un très large sourire, comme pour donner confiance à la jeune femme. Mandel lui demande ce qu’elle fait dans la vie, en quoi consiste son travail. Anna répond qu’elle est sans emploi en ce moment, et que cela est dû à sa situation actuelle. Howie Mandel lui demande alors: « Quelle est cette situation ». J’avoue avoir été assez embarrassé en entendant cette question. Je trouvais la question déplacée et beaucoup trop intrusive et indiscrète. Mais la suite a démontré que cette question a permis à tous de vivre un moment de grâce. Anna, en toute humilité, a avoué souffrir de troubles d’anxiété et de dépression. Elle a dit qu’il y a deux ou trois mois, elle était confinée au lit, refusant de sortir de la maison et même de sa chambre.

On apprend qu’elle souffre d'anxiété et d’attaques de panique depuis l’âge de 14 ans. Elle ne voyait aucun futur pour elle-même et ne voulait plus vivre. Avec de la thérapie, elle s’est sentie un peu mieux, mais quatre mois avant d’aller à la compétition, elle a vécu ses moment les plus difficiles et pénibles. Elle se sentait tellement mal, elle ne s’aimait pas et n’entrevoyait pas du tout comment elle allait s’en sortir. Elle dit: « Être ici aujourd’hui est incroyable. Il y a de cela quelques mois, je ne voulais voir personne, je restais dans mon lit, et là, je vais faire face à des milliers de personnes ». C’est alors que Mandel lui avoue que lui aussi  souffre de troubles d’anxiété et d’OCD (obsessive-compulsive disorder) et il lui dit : « Les gens ne peuvent pas imaginer la souffrance et tout ce que ça prend pour que vous veniez ici ce soir. Votre présence ici ce soir est si EXTRAORDINAIRE. Tout le monde a besoin d’aide un jour.  …  On veut vous entendre. Prétendez que vous êtes dans votre chambre et que personne ne vous voit. » Il est évident, en voyant la vidéo, que ces paroles de réconfort ont apaisé Anna. À la fin de la chanson, Mandel s’est levé pour aller embrasser Anna. Je pense que la télévision et les médias existent spécialement pour nous faire vivre de tels moments de tendresse. C’est sûrement là un des cadeaux les plus beaux que puisse nous offrir le monde de l’audio-visuel.   


  1. Anna Clendening: Nervous Singer Delivers Stunning ...

    www.youtube.com/watch?v=XO-abUhL_Ws
    10 juin 2014 - Ajouté par America's Got Talent
    Anna Clendening, a 20-year-old singer overcomes her anxiety disorder to connect with the judges and ...

samedi 14 mars 2015

Pèlerinage en Estrie pour les jeunes

Pèlerinage en Estrie pour les jeunes

Sacré-Coeur de Beauvoir

Chers lecteurs et lectrices de ce blogue,

Je viens d’apprendre une heureuse nouvelle, qui nous concerne tous. Vous savez comme moi que les jeunes qui ont la foi, se sentent parfois isolés et vraiment « à part » dans notre monde. Mais Dieu leur conserve la foi et ne demande pas mieux que de l’augmenter en eux. Pour cela, Dieu veut se servir de nous. Si vous connaissez des jeunes hommes de 18 à 35 ans, qui sont attirés par Dieu, voici une expérience qui les marquera et les aidera pour le reste de leurs jours.

Cinq de mes amis, Michel, Jonathan, Simon, Philipp et Michaël, viennent de fonder une communauté religieuse à Sherbrooke, spécialement pour l’évangélisation des jeunes. Tous ces jeunes ont vécu lors des dernières années le pèlerinage à Compostelle, désormais fameux dans le monde. Je pense que ces cinq jeunes ont vécu ce pèlerinage plus d’une fois. Tous ont expérimenté le bienfait de la marche à pieds durant plusieurs jours, à la manière de Jésus, sur les route de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. La marche à pieds, avec ses longs moments de silence, permet une expérience très forte de Dieu. Et si le pèlerinage se vit avec d’autres personnes croyantes, cela permet de vivre une expérience très forte de vie communautaire.

Ces cinq religieux veulent permettre au plus grand nombre possible de jeunes de vivre une telle expérience. Pas besoin ici de ramasser de l’argent pour payer un billet d’avion dispendieux, seulement pour se rendre sur les lieux du pèlerinage. Ce pèlerinage d’une durée de trois semaines (un temps long et prolongé est nécessaire pour faire une expérience forte de Dieu et de la vie communautaire), ne coûtera que 10$ par jour, aux jeunes. C’est vraiment une aubaine. Les dates choisies sont aussi idéales: plusieurs jeunes auront fini leurs cours et sentiront le besoin de s’évader un peu du train-train quotidien.

Voici des informations sur le pèlerinage, telles que fournies par le Frère Michaël: 





Cher ami!

je t'invite au pèlerinage à pied que nous organisons ce printemps!

En effet, nous organisons un pèlerinage à pied d’environ 450 kilomètres, du 24 mai au 13 juin prochains (3 semaines), en Estrie!
Nous ferons le tour du diocèse de Sherbrooke, du dimanche de la Pentecôte (24 mai) jusqu'aux fêtes du Sacré-Coeur et du Coeur Immaculé de Marie (12 et 13 juin)!

Un pèlerinage à pied est un excellent moyen d'entrer en soi. On y apprend à passer de la vie courante à la vie marchante, on y redécouvre le vrai rythme de la vie humaine. Plusieurs heures pour réfléchir et méditer, dans le silence et la paix, sans mille soucis. Un temps surtout pour s’approcher davantage de Dieu et goûter la richesse du Christ et de son Église. Une vie chrétienne intensive, comme en condensé, pour progresser dans l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Une occasion pour nouer de fortes amitiés, enracinées dans la foi, l’espérance et la charité. Un pèlerinage à pied: une véritable école de bonheur!

Quoi?
Dimanche 24 mai: Sherbrooke – Magog (26,9 km) Solennité de la Pentecôte
Lundi 25 mai : Magog - St-Benoit-du-Lac (19,8 km)
Mardi 26 mai : St-Benoit-du-Lac - Ayer’s Cliff (traversée + environ 22 km)
Mercredi 27 mai : Ayer’s Cliff - North Hatley (17,3 km)
Jeudi 28 mai : North Hatley – Coaticook (27,6 km)
Vendredi 29 mai : Coaticook - St-Malo (30,5 km)
Samedi 30 mai : St-Malo – Sawyerville (20,1 km)
Dimanche 31 mai : Sawyerville - La Patrie (29,8 km) Solennité de la Sainte Trinité
Lundi 1er juin : La Patrie - Notre-Dame-des-Bois (14,3 km)
Mardi 2 juin : Mont Saint-Joseph (journée de montagne)
Mercredi 3 juin : Notre-Dame-des-Bois – Piopolis (24,1 km)
Jeudi 4 juin : Piopolis - Lac-Mégantic (19,7 km)
Vendredi 5 juin : Lac-Mégantic – Stornoway (26,4 km)
Samedi 6 juin : Stornoway – Disraeli (29,0 km)
Dimanche 7 juin : Disraeli - Sts-Martyrs-Canadiens (Frères du Sacré-Coeur) (19,3 km) Solennité du Saint-Sacrement
Lundi 8 juin : Sts-Martyrs-Canadiens - St-Adrien (23,8 km)
Mardi 9 juin : St-Adrien – Asbestos (22,5 km)
Mercredi 10 juin : Asbestos – Richmond (26,4 km)
Jeudi 11 juin: Richmond – Windsor (16,8 km)
Vendredi 12 juin : Windsor – Sherbrooke (Sanctuaire du Sacré-Coeur de Beauvoir) (17,8 km) Fête du Sacré-Coeur
Samedi 13 juin : Sanctuaire de Beauvoir – Église Immaculée-Conception (9,4 km) Mémoire du Coeur immaculé de Marie

Qui?
Environ 20 jeunes hommes entre 18 et 35 ans.

Combien?
seulement 200$! (ou 10$ par jour)

Laisse-nous savoir rapidement si tu es partant; les places sont limitées! Tu peux rejoindre le frère Michaël, à l’adresse internet suivante: mick_pm007@hotmail.com 

N'hésite pas à en parler à tes amis!

Au plaisir de marcher ensemble,
Frère Michel Grenier, Jonathan Landry, Simon Lessard, Michaël Poirier-Martin et Philipp Dugas

P.S. Voici ci-dessous, quelques photos en guise d'avant-goût!



Chapelle au Mont Saint-Joseph




Abbaye Saint-Benoît-du-Lac 





Chapelle au sommet du Mont-Saint-Joseph

Vue aérienne de Disraeli   




 Sanctuaire du Sacré-Coeur de Beauvoir





Sanctuaire du Sacré-Coeur de Beauvoir







  

  

















    

" Monsieur Vincent ": le film

« Monsieur Vincent » : le film

Hier soir, 13 mars 2015, comme tous les vendredis soirs aux quinze jours, nous avons vécu notre « soirée-cinéma ». J’ai présenté le film Monsieur Vincent, relatant la vie de saint Vincent de Paul. Ce film, réalisé en 1947 en noir et blanc, mettant en vedette Pierre Fresnay, a remporté de nombreux prix.

Vous pourrez, si vous le voulez, visionner ce magnifique film, en cliquant sur la vidéo mise ci-dessous. Ne vous laissez pas tromper par les mots mis en espagnol sur le lien. En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir le film au complet en français, mais il y aura des sous-titres en langue espagnole.

J’ai été ému aux larmes hier soir, en voyant la scène finale de ce film magistral. La scène raconte le fait suivant: Monsieur Vincent sait que l’heure de sa mort est imminente. Il demande à voir la Sœur de la Charité qui est la dernière à être entrée dans la Congrégation, et qui s’apprête à aller SERVIR LES PAUVRES pour la première fois, le lendemain matin. Monsieur Vincent dit à la jeune religieuse, qu’il est très rare qu’il pose un tel geste (de fait, je crois que c’est la première fois), mais qu’il se doit de le faire en ce jour. Il lui laissera, en quelque sorte, son « testament spirituel ». 

Pour vous disposer au mieux à goûter cet extrait du film, si jamais vous n'avez pas le temps de visionner le film en entier, je vous suggère ceci: faites glisser le curseur à l’aide de votre souris, jusqu’à ce que l’heure indique: 1h47 (1:47). Vous serez alors rendus à la 107ème minute du film. Vous verrez Monsieur Vincent, au soir de sa vie, qui quitte en titubant une « grande dame de ce monde », et retourne chez lui. Alors qu'il est dans la voiture à cheval qui le conduit en sa demeure, Monsieur Vincent voit un pauvre qui gît sur le sol, mort de faim. Le cœur du saint est à nouveau touché par la misère humaine. Il fait arrêter la voiture, descend, et emmène chez lui le nécessiteux. Ce sera son dernier geste concret de charité. De fait, ceci n’est pas tout à fait exact, car le geste de charité qu’il posera immédiatement après, éclaire tous ceux qu’il a accomplis durant sa vie: il laissera à une jeune religieuse, sa vision du pauvre et de celui ou celle qui les sert.


P.S.  C’est mon confrère Oblat de la Vierge Marie, Georges Pelletier, qui m’a pour la première fois, il y a de cela quelques années, parlé de la scène finale du film Monsieur Vincent. Je me souviens à quel point il avait été touché par cette scène. Georges exerce maintenant son apostolat à Fontenay-aux-Roses, en banlieue de Paris, où nous avons la responsabilité d’une résidence universitaire et d’une chapelle ouverte au public (la Chapelle Sainte Rita). Ce matin, après avoir écrit le présent blogue, j’ai envoyé un mot à Georges, pour lui rappeler qu’il m’avait touché, lui aussi, par ses propos concernant le film « Monsieur Vincent ». Voici la réponse de Georges, que je viens tout juste de recevoir :

Merci Guy,

Je viens tout juste de regarder à nouveau la scène en question: moi aussi j'ai senti que les larmes me montaient aux yeux en la revoyant, mais c'est plutôt un rire d'admiration qui est sorti de ma bouche sans que je puisse le retenir celui-là: j'ai été impressionné (moi qui le suis rarement): comme il est surprenant en effet de constater que la logique des saints diffère et dépasse tellement la logique des gens en général !!!  Elle a vraiment reçu en cadeau un sacré bijou de vérité et de spiritualité la petite soeur de la Charité  !!  Dieu soit loué éternellement !!  En tout cas, ça donne une sacrée envie de devenir vraiment des fils de Dieu, n'est-ce pas?  C'est-à-dire des fils de la Charité: du vrai monde.

Espérons que l'année sainte de la Miséricorde nous y attirera encore davantage.

Merci encore,

Georges de la jungle


  1. San Vicente de Paúl película completa - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=hZpk3uZr3DM
    2 mars 2014 - Ajouté par Cuau J Reyes
    Nació en Pouy, cerca de Dax, en el sudoeste de Francia, el 5 de abril de 1580. El 23 de septiembre de 1600 ...



vendredi 13 mars 2015

13 mars 2015: le pape ouvre son coeur

13 mars 2015: le pape ouvre son cœur
 
Il y a deux ans, le pape François était élu vicaire du Christ. Aujourd’hui, le pape a fait une annonce très solennelle, qui est passée presque inaperçue, mais qui est très significative. Le souverain pontife a annoncé aujourd’hui une année sainte extraordinaire, commençant le 8 décembre 2015, en la Solennité de l’Immaculée Conception, et se terminant en la Solennité du Christ-Roi, le 20 novembre 2016. Le pape a choisi de donner à cette année de grâce, le nom de « JUBILÉ DE LA MISÉRICORDE ». Ce thème est tiré de la lettre de saint Paul aux Éphésiens, dans laquelle l’apôtre des nations nous dit que « DIEU EST RICHE EN MISÉRICORDE » (Éphésiens 2, 4). L’annonce solennelle de l’Année Sainte, sera faite près de la Porte Sainte de Saint-Pierre, le dimanche 12 avril, dimanche de la Miséricorde divine, fête instituée par saint Jean-Paul II lors du Jubilé de l’an 2000, et célébrée le dimanche après Pâques. Dans la ville de Québec, la Porte Sainte sera ouverte à nouveau, beaucoup plus tôt que prévu. Voir l'annonce de cette réouverture, en cliquant sur les mot suivants: 

Réouverture de la Porte sainte de Notre-Dame de Québec le 8 décembre 2015.


La MISÉRICORDE est au cœur du ministère du pape François. On retrouve cet attribut divin par excellence au sein même de la devise du pape: « Miserando atque eligendo » («En faisant Miséricorde et en choisissant »). 

« L’organisation de ce Jubilée extraordinaire a été confiée au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Son ouverture coïncidera avec le cinquantenaire de la conclusion du Concile Vatican II en 1965. Le dernier Jubilé extraordinaire, l’Année Sainte de la Rédemption, s’était déroulé en 1983, pendant le pontificat de Jean-Paul II. La Miséricorde est un thème particulièrement cher au Pape François. Dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium, le mot miséricorde figure 31 fois. 

Pour expliquer son choix, le Pape a expliqué qu’il avait souvent pensé à « comment l’Eglise pouvait rendre plus évidente sa mission d’être témoin de la miséricorde. C’est un chemin qui commence comme une conversion spirituelle. » Il a ainsi invité tous les fidèles à être miséricordieux, insistant tout particulièrement sur les confesseurs.

C’est même l’Eglise dans son entier qui est appelée à la miséricorde : « toute l’Eglise, qui a besoin de recevoir la miséricorde, parce que nous sommes pécheurs, pourra trouver dans ce jubilé la joie de retrouver et de rendre féconde la miséricorde de Dieu avec laquelle nous sommes tous appelés à donner la consolation à chaque homme et à chaque femme de notre temps. »

Dans son homélie, le Pape François est revenu sur l’évangile de Luc et la parabole de la pécheresse et du pharisien pour expliquer le parcours que chacun d’entre nous doit entreprendre pour faire preuve de miséricorde et être objet de la miséricorde de Dieu.

« Chaque geste de cette femme parle d’amour et exprime son désir d’avoir une certitude inébranlable dans sa vie : celle d’être  pardonnée. Cette certitude est très belle. Et Jésus lui donne cette certitude. En l’accueillant, il lui montre l’amour de Dieu pour elle, une pécheresse publique ! ». Et d’ajouter : « il est grand l’amour de Dieu ».

Si cette femme a parlé avec son cœur, ce n’est pas le cas du pharisien, Simon qui « reste fermé au seuil de la formalité. C’est une mauvaise chose, l’amour formel ». Le Pape explique alors que Simon n’invoque que la justice et qu’il se trompe en faisant ainsi. « Il s’est arrêté à la surface, à la formalité, il n’a pas été capable de regarder le cœur. »

Or, rappelle le Pape, Jésus nous pousse « à ne jamais s’arrêter à la surface des choses surtout quand nous sommes face à une personne. » « Plus le péché est grand et plus l’Église doit exprimer son amour envers ceux qui se convertissent ». 




Le Pape François: " J'ai la sensation que mon 

pontificat va être bref ".


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Le Pape s'est récemment confié à une chaîne de télévision mexicaine. Découvrez ses .




Deux ans de pontificat: Le Pape se confie à la 

télévision mexicaine

13 mars 2015 by Sel et Lumiere 


(Radio Vatican) Pour le deuxième anniversaire de son pontificat, le Pape François a accordé une interview à la télévision mexicaine Televisa. Il s’est exprimé très librement sur les deux premières années de son pontificat, son lien avec l’Amérique latine, ses relations avec son prédécesseur Benoît XVI, mais aussi son état d’esprit le 13 mars 2013, jour de son élection au trône de Pierre. Morceaux choisis.

Il était venu à Rome avec seulement une petite valise, convaincu de retourner à Buenos Aires pour le dimanche des Rameaux, il avait déjà préparé l’homélie. « Je n’étais pas dans la liste des papabili, ça ne me venait pas à l’esprit, d’ailleurs à Londres les bookmakers ne me situaient qu’à la 42e ou 46e place, rappelle-t-il avec humour. Les journalistes ne me considéraient que comme un potentiel grand électeur, qui, au plus, aurait pu indiquer un nom, et ils étaient tranquilles. » François a par ailleurs sèchement réfuté les propos de la journaliste sur le fait qu’il aurait obtenu 40 voix lors du conclave de 2005.

Il a rappelé les propos de son ami, le cardinal Claudio Hummes, actuellement délégué de la conférence épiscopale brésilienne pour l’Amazonie. « Il m’a dit ‘ne t’inquiète pas, ainsi l’Esprit Saint fera son œuvre’.  Lorsque les deux tiers ont été atteints, le cardinal m’a embrassé et m’a dit de ne pas oublier les pauvres, cette phrase a commencé à tourner dans ma tête et c’est cela qui m’a porté au choix de ce nom. Durant le vote je priais le Rosaire et je me sentais très en paix, presque jusqu’à l’inconscience. Cette paix, pour moi c’était un signe que ce vote était ce que Dieu voulait. Depuis ce jour je ne l’ai pas perdue, cette paix. C’est quelque chose comme un cadeau. »

Le Pape a précisé ses souvenirs des instants qui suivirent l’élection. «  Ensuite qu’est-ce que j’ai fait, je ne le sais pas, Ils m’ont fait me mettre debout, ils m’ont demandé si j’acceptais, j’ai dit que oui, Je ne sais plus s’il m’ont fait jurer quelque chose ou pas, je ne me souviens pas. J’étais en paix. Je suis allé changer la soutane, je suis sorti pour saluer d’abord le cardinal Diaz, qui était en chaise roulante, puis j’ai salué les autres cardinaux. Ensuite, j’ai demandé au vicaire de Rome et au cardinal Hummes de m’accompagner, ce qui n’était pas prévu dans le protocole. Nous sommes allés prier dans la chapelle Pauline, pendant que le cardinal Tauran annonçait mon nom. Ensuite je suis sorti, et je ne savais pas quoi dire. Et le reste vous en avez été les témoins, c’est sorti spontanément, j’ai dit simplement : priez pour moi pour que Dieu, à travers vous, me bénisse. Tout est sorti spontanément, comme le fait de prier pour Benoît. »

Dans cette interview, le Pape François n’a pas nié que les contraintes pratiques liées à sa charge lui pèsent parfois… « Ça ne plait pas d’être Pape. Ce qui me ferait plaisir, ce serait de pouvoir sortir un jour, sans être reconnu est d’aller dans une pizzeria, manger une pizza ! À Buenos Aires je sortais beaucoup, ici je trouve d’autres façons de sortir, au téléphone, ou d’une autre façon. »

« Moi, j’ai la sensation que mon pontificat sera bref, 4 ou 5 ans, peut-être 2 ou 3. Deux sont déjà passés. C’est comme une sensation un peu vague, peut-être que c’est comme la psychologie du joueur de hasard qui se convainc qu’il perdra, de façon à ne pas se faire d’illusions, et à être content s’il gagne. Je ne sais pas… Mais j’ai la sensation que le Seigneur m’a mis ici pour une chose brève, et rien de plus. Mais c’est une sensation. Je laisse toujours ouverte la possibilité. »

L’exemple de Benoît XVI

Dans cet entretien, François redit aussi que la renonciation de Benoît XVI a créé un précédent, et peut-être une nouvelle tradition: « il y a certains cardinaux au pré-conclave, aux congrégations générales, qui se sont interrogés sur ce problème théologique, très intéressant. Je crois que ce qu’a fait le Pape Benoit ouvre une porte. Il y a 60 ans, il n’y avait pas d’évêques émérites, aujourd’hui il y en a 1400. Est venue l’idée qu’un homme de plus de 75 ans ne pouvait plus porter le poids d’une Eglise particulière. De même, je crois que ce qu’a fait le Pape Benoit, avec tant de courage, a ouvert une porte institutionnelle pour la notion de ‘papes émérites’ ».

Pas question toutefois de créer un âge de retraite systématique:«  Je n’aime pas trop l’idée d’une limite d’âge, car la Papauté est une grâce spéciale, mais je partage l’idée de ce qu’a fait Benoît. Je l’ai vu l’autre jour au Consistoire. Il était heureux, content, respecté par tous. Je suis allé le retrouver, je lui parle souvent au téléphone. C’est comme un grand-père sage à la maison, un homme loyal jusqu’à la mort, un homme de Dieu. »

Chantiers en cours : la réforme de le Curie et le Synode sur la famille

L’interview aborde également les chantiers lancés par le pontife argentin. Sur la réforme de la Curie, le Pape François s’est montré incisif : « Je crois que c’est la seule cour qui reste en Europe. Les autres se sont démocratisées, même les plus classiques.  Il y a quelque chose dans la cour pontificale  qui maintient une tradition un peu atavique. Je ne le dis pas de manière péjorative, c’est une question de culture. Mais ceci est en train de changer, la Curie peut garder l’aspect d’une cour mais être un groupe de travail au service de l’Église et des évêques. »

Le Pape rappelle que le Synode sur la famille a été convoqué «  surtout à cause des graves difficultés que la famille vit dans la société, en particulier pour les jeunes. » De ce constat découlent un certain nombre de dossiers prioritaires : «  la préparation au mariage, l’accompagnement de ceux qui cohabitent, des nouveaux époux, de ceux qui ont échoué et qui donnent vie à de nouvelles unions. L’important est de bien comprendre le sacrement de mariage pour éviter que de nombreux mariages soient plus un évènement social que de foi. »

La lutte contre les abus sexuels

Le Pape précise que la Commission n’a pas été instituée seulement pour régler les cas d’abus mais surtout dans une optique de prévention, pour la protection des mineurs. « Le problème des abus est grave. La plupart adviennent dans le milieu familial et parmi les relations proches. Mais un seul prêtre qui commet un abus, c’est suffisant pour mobiliser toutes les structures de l’Église pour affronter le problème » souligne t-il.

François parle de l’importance de l’écoute des victimes et raconte sa propre expérience au Vatican, lorsqu’ il en a reçu six. « La destruction intérieure qu’ils subissent est dévastatrice, et un seul prêtre qui se rend coupable, c’est suffisant pour nous faire honte, et pour faire tout ce qu’il est possible de faire. » Le Pape François reconnaît à Benoît « le courage d’avoir dit publiquement à quel point c’est un crime de détruire une créature avec ces actions ».

La relation avec les évangéliques

Saluant les évangéliques qui offrent « la proximité, la capacité d’être proches des gens, de les saluer, de les connaître ». Le Pape tient à différencier les « mouvements évangéliques honnêtes et bons et les mouvements sectaires, notamment ceux qui dérivent vers la théologie de la prospérité. »
 
Il pense que les évangéliques ont des choses positives à apporter aux catholiques, notamment sur l’art de la prédication. « Les homélies sont parfois un désastre, ce sont des leçons de théologie qui n’arrivent pas au cœur, alors nous devons nous convertir. Le concept protestant de l’homélie est beaucoup plus fort, c’est presque un sacrement. A la base du départ des catholiques il y a la distance, le cléricalisme, les homélies ennuyeuses, contre la proximité, la travail, l’intégration, la parole de Dieu ardente. »

Le Pape tient ainsi à souligner l’important travail entrepris à Buenos Aires entre l’Eglise et les pasteurs évangéliques. Il met en garde contre une Eglise trop auto-centrée, « il y a le défi d’un fort cléricalisme qui crée une certaine distance des gens. Le cléricalisme en Amérique latine est un des obstacles au développement du laïcat » même si «  la piété populaire a permis aux laïcs d’être créatifs et libres, à travers le culte, la procession. »

Un pape latino et solidaire des migrants

Concernant son voyage de septembre prochain en Amérique du Nord, le Pape François a précisé qu’il pensait entrer aux Etats-Unis en passant par la frontière terrestre avec les Etats-Unis- à Ciudad Juarez, avant de renoncer à ce projet. Mais François promet de consacrer plus tard au moins une semaine de visite au Mexique, visité par Benoît XVI en 2012. Il considère la Vierge de Guadalupe comme une « source d’unité culturelle, une porte vers la sainteté au milieu de tant de péchés, de tant d’injustices, de tant d’abus et de tant de mort. »

Il rappelle que le passage de la frontière avec le Mexique ne concerne pas seulement les Mexicains mais tous les latinos en quête d’un avenir meilleur aux Etats-Unis. « La migration est le fruit d’un mal-être, fruit de la faim. La même chose arrive en Afrique, avec la traversée de la Méditerranée par des gens qui viennent de pays passant des moments difficiles, à cause de la faim, des guerres. Les migrations aujourd’hui sont liées à la faim et au manque de travail, Les gens sont écartés, contraints à chercher du travail ailleurs. »

Il a tenu à souligner les efforts des Européens. « L’Italie a été très généreuse et je tiens à le dire. Le maire de Lampedusa, qui est une femme, s’est activée, quitte à transformer cette île touristique en terre d’hospitalité, C’est une chose  héroïque. Grâce à Dieu, je vois que l’Europe est en train de réviser la situation. Je me réjouis que l’Europe soit en train de réviser sa politique migratoire. »

Le pape veut se faire la voix des migrants, sa sensibilité aux souffrances des migrants « n’est pas de type idéologique, mais elle est spontanée, elle vient de son histoire personnelle et de celle de ses parents », eux-mêmes migrants italiens venus tenter leur chance en Argentine.