mardi 22 septembre 2026

C. S. Lewis : Voir Dieu dans l'espace

 C. S. Lewis : Voir Dieu dans l'espace 

Clive Staples Lewis

En 1961, Youri Gagarine fut le premier astronaute à avoir effectué un voyage dans l'espace. De retour sur terre, il aurait affirmé ceci : " J'étais dans le ciel et j'ai bien regardé partout: je n'ai pas vu Dieu." J'étais jeune à l'époque et j'ai entendu parler de cela. J'ai toujours été fâché qu'un astronaute ait dit cela. Mais j'ai appris, bien des années plus tard que Youri Gagarine n'avait pas prononcé ces paraoles. D'ailleurs, ce cosmonaute était chrétien orthodoxe. C'est Nikita Khrouchtchev, chef du gouvernement soviétique à l'époque, qui a insinué que Gagarine avait dit cela et qui a parti la rumeur. 

Le célèbre apologiste chrétien C.S. Lewis, ayant entendu parler de cela, écrivit un texte l'année de sa mort, intitulé "The Seeing Eye" (L'oeil qui voit). Voici ce texte :   

 L'oeil qui voit

Les Russes, paraît-il, affirment n'avoir trouvé aucun dieu dans l'espace… Chercher Dieu – ou le Paradis – en explorant l'espace revient à lire ou voir toutes les pièces de Shakespeare en espérant y trouver un personnage ou Stratford un lieu. Shakespeare est, d'une certaine manière, présent à chaque instant de chaque pièce. Mais sa présence n'est jamais comparable à celle de Falstaff ou de Lady Macbeth. Il n'est pas non plus diffus dans la pièce comme un gaz…  

Bien sûr, il ne s'agit que d'une analogie. Je ne prétends absolument pas que l'existence de Dieu soit aussi facile à établir que celle de Shakespeare. Mon propos est que, si Dieu existe, sa relation à l'univers est davantage comparable à celle d'un auteur à sa pièce qu'à celle d'un objet de l'univers à un autre.

Si Dieu a créé l'univers, il a créé l'espace-temps, qui est à l'univers ce que le mètre est à un poème ou la tonalité à une œuvre musicale. Le chercher comme un élément parmi d'autres dans le cadre qu'il a lui-même inventé est absurde.

Comment, dès lors, peut-on se demander, pouvons-nous l'atteindre ou l'éviter ?… À notre époque et dans notre lieu, [éviter Dieu] est extrêmement facile. Fuyez le silence, fuyez la solitude, fuyez toute pensée qui s'écarte des sentiers battus. Concentrez-vous sur l'argent, le sexe, le statut social, la santé et (surtout) sur vos propres griefs. Laissez la radio allumée. Fréquentez la foule. Consommez beaucoup de sédatifs. Si vous tenez absolument à lire des livres, choisissez-les avec le plus grand soin. Mais il serait plus prudent de s'en tenir aux journaux. Vous trouverez les publicités utiles ; surtout celles qui ont un attrait séduisant ou snob.

Concernant la recherche de Dieu, je suis un guide bien moins fiable. En effet, je n'ai jamais cherché Dieu. C'était plutôt l'inverse : il était le chasseur (du moins, c'est ce que je croyais) et j'étais la proie…

Les voyages spatiaux n'ont en réalité rien à voir avec la question. Pour certains, Dieu est perceptible partout ; pour d'autres, nulle part. Ceux qui ne le trouvent pas sur terre ont peu de chances de le trouver dans l'espace. (Après tout, nous y sommes déjà ; chaque année, nous effectuons un immense tour de l'espace.) Mais envoyez un saint dans l'espace et il trouvera Dieu dans l'espace comme il l'a trouvé sur terre. Tout dépend du regard .

Si nous sommes chrétiens, nous connaissons le Dieu créateur de l'univers et sommes connus de lui ; nous avons donc de nombreuses raisons de lui rendre grâce. Cependant, il convient de souligner que l'observation de Lewis sur la facilité avec laquelle on peut se détourner de Dieu s'applique aussi bien aux chrétiens qu'aux non-croyants. Les chrétiens peuvent s'éloigner de Dieu en concentrant leur vie sur l'argent, le sexe, le statut social et autres choses similaires, et par conséquent demeurer spirituellement immatures et ne pas expérimenter pleinement la puissance transformatrice du Christ. Gardons les yeux fixés sur Jésus, notre Seigneur et Sauveur, et recherchons une vie de sainteté et de justice. (1)

 Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains. »

Psaume 19:1 (ESV)

(1) https://www.cslewisinstitute.org/resources/reflections-january-2017/

The Seeing Eye

The Russians, I am told, report that they have not found God in outer space… Looking for God—or Heaven—by exploring space is like reading or seeing all Shakespeare’s plays in the hope that you will find Shakespeare as one of the characters or Stratford as one of the places. Shakespeare is in one sense present at every moment in every play. But he is never present in the same way as Falstaff or Lady Macbeth. Nor is he diffused through the play like a gas…

Now of course this is only an analogy. I am not suggesting at all that the existence of God is as easily established as the existence of Shakespeare. My point it that, if God does exist, He is related to the universe more as an author is related to a play than as one object in the universe is related to another.

If God created the universe, He created space-time, which is to the universe as the metre is to a poem or the key is to music. To look for Him as one item within the framework which He Himself invented is nonsensical…

How, then, it may be asked, can we either reach or avoid Him?…in our own time and place, [avoiding God] is extremely easy. Avoid silence, avoid solitude, avoid any train of thought that leads off the beaten track. Concentrate on money, sex, status, health and (above all) on your own grievances. Keep the radio on. Live in a crowd. Use plenty of sedation. If you must read books, select them very carefully. But you’d be safer to stick to the papers. You’ll find the advertisements helpful; especially those with a sexy or a snobbish appeal.

About the reaching, I am a far less reliable guide. This is because I never had the experience of looking for God. It was the other way round; He was the hunter (or so it seemed to me) and I was the deer…

Space-travel really has nothing to do with the matter. To some, God is discoverable everywhere; to others, nowhere. Those who do not find Him on earth are unlikely to find Him in space. (Hang it all, we’re in space already; every year we go a huge circular tour in space.) But send a saint up in a spaceship and he’ll find God in space as he found God on earth. Much depends on the seeing eye.1

If we are Christians, we know and are known by the God who created the universe and have many reasons to give Him thanks. On a cautionary note, however, Lewis’s insight into how easy it is to avoid God has applicability to Christians as well as non-believers. Christians can avoid God by living their lives concentrating on money, sex, status and the like, and consequently remain spiritually immature and experience little of the transforming power of Christ. Let us keep our focus on Jesus as Lord and Savior, and pursue a life of holiness and righteousness.

“The heavens declare the glory of God, and the sky above proclaims his handiwork.”

PSALM 19:1 (ESV)


1 C.S. Lewis, The Seeing Eye, from Christian Reflections, edited by Walter Hooper, Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1995, pp. 167-169, 171.

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