Je me nomme Guy Simard. Je suis un Père Oblat de la Vierge Marie, Congrégation religieuse fondée en Italie par le Père Bruno Lantéri en 1826. J'exerce mon ministère presbytéral dans le diocèse de Montréal. Si un thème vous intéresse et que vous désirez savoir si je l'ai traité, allez sur Google et écrivez Dieu ma joie et le thème désiré. Exemples : Dieu ma joie Eucharistie ;Dieu ma joie adoration eucharistique; Dieu ma joie Vierge Marie; Dieu ma joie La joie de Marie; Dieu ma joie sainteté.
samedi 31 janvier 2026
Joseph Scriven : "Heureux ceux qui pleurent"
Joseph Scriven :"Heureux ceux qui pleurent"
Joseph M. Scriven
Nous sommes parvenus au quatrième dimanche du temps ordinaire. Nous lisons en ce moment l'évangile selon saint Matthieu et nous sommes rendus au chapitre 5. Jusqu'à maintenant, la voix de Jésus s'est faite entendre. Il a répondu au diable lors des tentations dans le désert et dimanche dernier Jésus a commencé son ministère en reprenant presque textuellement les mots de son cousin Jean le Baptiste : "Convertissez-vous car le royaume des Cieux est tout proche". Et l'évangile se terminait ainsi : "Jésus parcourait toute la Galilée; il enseignait dans les synagogues, proclamait l'Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple."
Mais nous ne savons pas ce que Jésus enseignait lors de ses nombreux déplacements au tout début de son ministère public. Le premier véritable enseignement de Jésus que nous entendons dans l'évangile selon saint Matthieu, commence par le mot HEUREUX prononcé huit fois. Nous entendons en ce dimanche les huit sublimes béatitudes prononcées par Jésus. Quelle entrée en matière ! Quel message sublime et insurpassable ! Jésus nous invite au bonheur et il nous donne huit secrets pour y arriver.
J'aimerais aujourd'hui offrir un commentaire de la deuxième béatitude proclamée par Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui. Parmi les huit béatitudes, c'est une des plus surprenantes :"HEUREUX CEUX QUI PLEURENT, CAR ILS SERONT CONSOLÉS". Évidemment, Jésus ne nous dit pas que nous sommes heureux parce que nous pleurons. Il est vrai qu'il existe des pleurs qui sont des consolations, mais ce n'est pas de cela dont parle Jésus dans l'évangile de ce dimanche. C'est le fait d'être consolé durant notre peine qui nous procure du bonheur. Mais consolé par qui ? Il est clair, dans le contexte, que c'est Dieu qui va nous consoler. J'imagine que vous avez déjà fait l'expérience d'être consolés par Dieu. Pour ma part, je me souviens clairement d'avoir pleuré de chagrin un jour dans une chapelle et d'avoir immédiatement été consolé par Dieu. Ce fut un réel bonheur.
J'ai lu hier un texte biographique qui m'a beaucoup touché. J'ai pour la première fois entendu parler de M. Joseph Scriven. Je considère que la vie et la poésie de cet homme sont un vibrant hommage à la béatitude proclamée par Jésus : "Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés" (Mt 5, 4).
Joseph Medlicott Scriven (1819-1886) naquit à Seapatrick, en Irlande, et mourut en Ontario, au Canada. Homme aisé, il avait un cœur généreux et dévoué. Naturellement altruiste, il cherchait toujours à rendre service. On le voyait souvent arpenter les rues de Lake Rice, au Canada, une scie et un tréteau à la main. Certains tentaient de l'embaucher pour couper du bois, mais il offrait ses services gratuitement, uniquement à ceux qui n'en avaient pas les moyens.
Né le 10 septembre 1819 en Irlande, il était issu d'une famille suffisamment aisée pour financer ses études au Trinity College de Dublin. Il y suivit des cours avant de s'engager dans l'armée et de se préparer à servir en Inde. Sa santé fragile l'obligea à renoncer à ses ambitions militaires et à retourner au Trinity College, où il obtint sa licence en 1842.
Très jeune, Joseph Scriven tomba amoureux. De cette idylle naquit une demande en mariage, qu'il accepta avec joie. Les préparatifs de la cérémonie furent entrepris et tout était prêt. La veille de son mariage, sa fiancée traversait un pont sur la rivière Bann.
Elle tomba de cheval et se noya accidentellement. Joseph se trouvait sur l'autre rive et fut témoin de l'accident, impuissant.
Accablé de chagrin, il se mit à errer. Vers l'âge de 25 ans, il arriva à Woodstock, dans le Canada-Ouest (Ontario). Aux alentours de 1844, Joseph donnait des cours particuliers, prêchait et œuvrait auprès des plus démunis. Il se dévouait sans compter et refusait toute rémunération. Il était considéré comme un membre précieux et apprécié de sa communauté. En 1857, il s'installa à Bewdley, où il rencontra Elisa Catherine Roche et tomba amoureux d'elle . Leur relation s'approfondit et ils projetèrent de se marier. Malheureusement, en 1860, Elisa mourut d'une pneumonie avant qu'ils ne puissent s'unir.
La vie de Joseph Scriven fut marquée par la tragédie.
Il connaissait l'amour et la perte, mais il entretenait une relation profonde avec Jésus. Un jour, Joseph tomba malade et, lors d'une visite à son chevet, un de ses amis découvrit un poème. Lorsque son ami lui demanda qui l'avait écrit, Joseph répondit : « Le Seigneur et moi l'avons fait ensemble. » Joseph n'avait jamais eu l'intention que quiconque d'autre que sa mère voie ce poème. Il l'avait écrit sous l'effet de la douleur et du chagrin liés à ses expériences passées, et il comptait l'envoyer à sa mère, qui vivait encore en Irlande, pour la réconforter dans sa propre peine.
On ignore comment le cantique « Quel ami nous avons en Jésus » (Priez sans cesse) a été publié pour la première fois. Pendant de nombreuses années, il a été imprimé sans que l'auteur soit connu, ou attribué à tort au Dr Horatius Bonar . Quoi qu'il en soit, il s'est fait connaître et a gagné en popularité.
Samuel Caswell (1861-1938) a publié une première version manuscrite signée par Scriven.
Caswell a déclaré à propos de ce cantique qu'il s'agissait « incontestablement de l'œuvre littéraire canadienne la plus connue »(Macpherson, « Scriven », s.d.).
L’hymnologue Fred Gealy a découvert une strophe supplémentaire, publiée dans le recueil de cantiques de Hastings, *Songs of Pilgrimage: A Hymnal for the Churches of Christ* (Boston, 1886 ; deuxième édition, 1888) , avec une quatrième strophe que je présente ci-dessous :
Jésus béni, tu as promis de porter tous nos fardeaux. Puissions-nous toujours, Seigneur, tout te présenter dans une prière fervente. Bientôt, dans la gloire, radieuse et sans nuages, il n'y aura plus besoin de prier. L'extase, la louange et l'adoration éternelle seront notre douce part là-bas.
Joseph Scriven est décédé en octobre 1886. Le Dictionnaire biographique du Canada décrit tout ce que nous savons des circonstances de sa mort :
Ses derniers jours furent assombris par la maladie et le désespoir. James Sackville, son ami et coreligionnaire, le trouva malade et le ramena chez lui. Par une chaude nuit de 1886, Scriven quitta son lit sans déranger personne, probablement pour aller boire à une source voisine : quelques heures plus tard, vraisemblablement après s’être évanoui ou avoir chuté, on le retrouva mort dans le déversoir du moulin à grains de Sackville, à quelques mètres de la source. Il fut enterré dans le cimetière Pengelly, dans une tombe anonyme entre Eliza Roach et le commandant Pengelly. (Macpherson, « Scriven », s.d.).
Quelques jours seulement avant la mort de Scriven, Sackville le rencontra, profondément abattu. Lors de cette rencontre, Scriven confia à son ami : « Je souhaite que le Seigneur me rappelle à lui. »(Cleland, 1895, p. 17) On n’a jamais su avec certitude si la mort de Scriven était naturelle, accidentelle ou un suicide.
Jésus était un ami de Joseph Scriven, et il était évident qu'au cours de sa vie au service de Dieu, Scriven avait connu une profonde tragédie. Si les dernières pensées de sa vie sont fidèlement retranscrites par son ami, alors Jésus est bien venu le chercher.
Comme beaucoup d'autres disciples du Christ qui nous ont précédés, y compris mon propre père il y a quelques mois seulement, Scriven comprend désormais plus profondément l'amitié de Jésus et du magnifique « Précieux Sauveur » qui est « notre refuge ». Et, comme le suggère la quatrième strophe, en grande partie inédite, ils sont tous unis dans la « louange et l'adoration sans fin », qui est « notre douce part là-bas ».
Auteur : Keith Beatty (1)
Comme je l' ai dit plus haut, j'ai été profondément touché par la vie de Joseph Scriven et par le poème qu'il a écrit et qu'il a envoyé à sa mère en Irlande, alors qu'elle vivait de grandes difficultés. Il a en effet effectivement envoyé son poème à sa mère contrairement à ce que pouvait laisser entendre le texte ci-dessus de M. Beatty. Mais j'ai été profondément déçu en prenant conscience du fait qu'il existe deux versions différentes de ce poème : une version qui existe en anglais et une version qui existe en français. Je me suis demandé quelle version était la bonne, même si je penchais évidemment vers la version en anglais. Pour en avoir le coeur net, j'ai consulté l'intelligence artificielle. Je comprends maintenant que c'est la version anglaise qui est la vraie et que la version française veut être une adaptation de ce poème. Mais la version en français n'aurait jamais dû, selon moi, exister. D'ailleurs, le poème original en anglais est écrit de façon beaucoup plus poétique que le texte en français. Je désire ajouter ici que personnellement je ne crois pas que ce cher monsieur Scriven se soit suicidé.
Aperçu généré par IA
« What a Friend We Have in Jesus » (Quel ami fidèle et tendre) est un cantique chrétien classique, originellement écrit par Joseph M. Scriven en 1855. Deux versions notables incluent la version traditionnelle en hymne et des interprétations modernes (ex : Alan Jackson, Hugh Laurie). Il est également largement chanté en français sous le titre « Quel Ami fidèle et tendre ».
Voici deux versions couramment reconnues :
Version Traditionnelle (Hymne) : Axée sur la méditation, cette version insiste sur le privilège de porter tout à Dieu dans la prière. Elle met en avant Jésus comme un ami fidèle qui partage nos douleurs et nos tentations.
Version Française (Cantique) : Traduit, ce cantique, souvent titré « Quel Ami fidèle et tendre», souligne la défense de Jésus contre l'ennemi et son soutien dans la mêlée.
Versions Modernes/Artistiques : Des artistes comme Alan Jackson et Hugh Laurie ont proposé des réinterprétations, allant du country au blues, tout en conservant la mélodie réconfortante.
Le cantique est réputé pour son refrain : « What a friend we have in Jesus, All our sins and griefs to bear! ».
"Pray without ceasing"
What a Friend we have in Jesus, All our sins and griefs to bear! What a privilege to carry Every thing to God in prayer!
—
Oh! What peace we often forfeit; Oh what needless pain we bear! All, because we do not carry Everything to God in prayer.
—
Have we trials, and temptations? Is there trouble everywhere? We should never be discouraged: Take it to the Lord in prayer?
—
Are we cold and unbelieving, Cumbered with a load of care? Here the Lord is still our refuge: Take it to the Lord in prayer.
Joseph Scriven.
"Priez sans cesse"
Quel ami nous avons en Jésus,
qui porte tous nos péchés et nos peines !
Quel privilège c'est de
tout apporter cela à Dieu dans la prière !
Oh ! quelle paix nous perdons
souvent,
oh ! quelles souffrances inutiles nous endurons,
simplement parce que nous n'apportons pas
tout cela à Dieu dans la prière !
Avons-nous des épreuves et des
tentations ?
Y a-t-il des difficultés partout ?
Ne nous décourageons jamais, porte cela au Seigneur dans la prière.
Sommes-nous froids et incrédules
croulant sous le poids des soucis ?
Ici le Seigneur est encore notre refuge:
Porte cela au Seigneur dans la prière
Vous avez sûrement remarqué que dans le texte écrit à la main par Joseph Scriven, le titre du poème n'est pas "Quel ami nous avons en Jésus" mais plutôt : "Priez sans cesse" qui est une recommandation de saint Paul dans sa Première lettre aux Thessaloniciens (1 Th 5, 17).
Dans la vidéo ci-dessous, seules les trois premières strophes de l'hymne sont conformes au texte original.
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