lundi 13 octobre 2014

La conversion de Jean-Paul Sartre

La conversion de Jean-Paul Sartre

Chers amis, j’ai déjà traité ce sujet, sur mon blogue en date du 30 décembre 2012, dans mon texte intitulé : La Sainte Famille (Dieu ma joie: La Sainte Famille). Mais je crains que plusieurs d’entre vous n’aient jamais eu l’occasion d’entendre une telle « nouvelle »; une telle « bonne nouvelle ». Et puisque j’ai mis à date 285 textes sur mon blogue, il est très possible que parmi les personnes qui fréquentent sporadiquement mon blogue, plusieurs n’aient jamais lu le texte intitulé: La Sainte Famille. Je vais donc reprendre aujourd’hui certaines des informations données sur mon blogue du 30 décembre 2012. Ce genre de répétition est exceptionnel. Mais vu l’importance du sujet, il convient d’y revenir. Je crois personnellement que monsieur Jean-Paul Sartre s’est converti à Dieu avant de mourir. Une telle nouvelle a bien sûre été tenue cachée, surtout en France. Imaginons la bombe médiatique que cela produirait si le Figaro ou L’Express titrait demain, en première page de son journal: « Jean-Paul Sartre s’est tourné vers Dieu ».

La première fois que j’ai entendu parler de la conversion de Jean-Paul Sartre, cela fait environ trente ans. J’ai entendu cette nouvelle de la bouche du  Père Benedict Groeschel, cfr. Le Père Groeschel, qui est décédé le 3 octobre dernier, était un des prêtres catholiques les plus connus au monde et appréciés pour son « orthodoxie », si je puis m’exprimer ainsi. C’est en écoutant sur vidéo-cassettes les enseignements de ce prêtre sur le sujet suivant : Psychological Growth and Spiritual Development, que j’ai entendu pour la première fois que Jean-Paul Sartre s’était converti avant sa mort. J’ai été vraiment étonné d’entendre cela pour la première fois. Et je me suis dit : « Si quelqu’un de la trempe du Père Benedict Groeschel affirme publiquement une telle chose, cela doit être fondé. » En 2012, regardant les émissions du Père Groeschel sur la chaîne de télévision EWTN, j’ai repensé à ce qu’avait affirmé ce prêtre à propos de Jean-Paul Sartre, et j’ai écrit un mot au Père Groeschel, via la chaîne de télévision, pour connaître la référence exacte d’une telle « nouvelle ». Je ne sais pas si ma lettre s’est rendue à ce cher Père, car je n’ai jamais reçu de réponse. Cependant, dans les semaines qui suivirent, j’ai fait des recherches sur internet, et j’ai enfin trouvé des éléments de réponse à ma fameuse interrogation. J’ai mis ces éléments sur mon blogue, le 30 décembre 2012. Voici quelques extraits du blogue qui traite de cette question et dont le titre est : La Sainte Famille :

Au printemps de 1980, un mois avant la mort de Sartre, Le Nouvel Observateur publie une série d’interviews de Sartre avec un de ses amis : Pierre Victor (Benny Levy) Sartre y dit ceci : « Je ne pense pas être le résultat d’un pur hasard de simple poussière de l’univers, mais plutôt quelqu’un qui était attendu, préparé, en bref, un être que seulement un créateur aurait pu créer et cette idée d’une main créatrice se réfère à Dieu. »  Là encore, les amis et les proches de l’écrivain ont cherché à nier que ce soit le véritable Sartre qui ait tenu de tels propos. Ils ont prétendu que c’était son ami et secrétaire Pierre Victor, un juif convaincu, qui l’avait influencé et poussé en quelque sorte à croire. Toutefois, Simone de Beauvoir, la conjointe et compagne de Sartre, a osé mettre une citation analogue dans le livre intitulé La cérémonie des adieux; suivi de Entretiens avec Jean-Paul Sartre, à la page 551 (1). Sartre a confirmé que les propos qu'il a tenus étaient bel et bien vrais. Un des endroits où la conversion de Jean-Paul Sartre est mentionnée, se trouve sur le site internet mentionné ci-dessous (2). Sur ce site, il est question des philosophes qui sont devenus croyants. Si vous descendez votre curseur au 13/01/2014, vous trouverez un texte qui raconte la conversion de Sartre. J'ose croire, pour ma part, que Jean-Paul Sartre a reçu des mains de Dieu, avant de quitter ce monde, le don de la foi, grâce à l’intercession et l’intervention de notre Mère Immaculée. Libre à vous de croire ce que vous voulez sur ce point. Peu de gens ont écrit sur ce sujet. Il semble que le philosophe Jean Guitton ait cru lui aussi en la conversion de Jean-Paul Sartre peu avant de mourir. Une chose est certaine, s’il était prouvé que le père de l’existentialisme athée français se soit converti peu de temps avant sa mort, cela provoquerait toute une onde de choc dans l’intelligentsia française. Ce n’est pas pour rien que vous entendez peut-être pour la première fois de votre vie, une telle interprétation.

Et je disais dans ce blogue, que s’il est vrai que Jean-Paul Sartre s’est tourné vers Dieu avant de mourir, il doit (selon moi) cette insigne grâce à l’intercession de la Vierge Marie, notre Mère Immaculée. Car Jean-Paul Sartre a écrit le plus beau texte que j’aie lu durant ma vie, sur la Vierge Marie. Voici ce que j'ai écrit en 2012, sur mon blogue:

" Un des plus beaux textes que j’aie lus jusqu’à maintenant sur la Sainte Famille, a été écrit par une personne athée, et athée militant: Jean-Paul Sartre, le fondateur de l’existentialisme français. Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français. Sartre a trente-cinq ans. Des prêtres demandent à Sartre qui est prisonnier avec eux depuis quelques mois et qui a un réel talent d'écrivain, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l'athée, accepte et leur fait cadeau des merveilleuses lignes que voici :

« Mais comme c’est aujourd’hui Noël, vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « Mon petit » !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toute les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères. Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « Ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».
 
Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie. "

 

Et Joseph. Joseph? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Ce texte est tellement beau et en même temps tellement déconcertant lorsqu’on en connaît l’auteur, que même la conjointe de Sartre, Simone de Beauvoir a essayé de réfuter l’origine de cet écrit. Mais Sartre lui-même, en 1962, confirmera qu’il en est bel et bien l’auteur :


"Si j'ai pris mon sujet dans la mythologie du Christianisme, cela ne signifie pas que la direction de ma pensée ait changé, fût-ce un moment pendant la captivité. Il s'agissait simplement, d'accord avec les prêtres prisonniers, de trouver un sujet qui pût réaliser, ce soir de Noël, l'union la plus large des chrétiens et des incroyants."
 (Extrait de "Baronia ou le Fils du tonnerre", le texte se trouve intégralement dans le livre "Les écrits de Sartre" de M Contat et M Rybalka, NRF 1970 )


En 1964, Jean-Paul Sartre a refusé le prix Nobel de littérature. La justification qu’il a donnée ce jour-là, me semble assez prophétique :

Florian Bernadat : Pourquoi avez-vous refusé le prix Nobel de littérature en 1964?
          
Jean-Paul Sartre :

Bonjour,


J'ai refusé le Prix Nobel de littérature parce que je refusais que l'on consacre Sartre avant sa mort. Aucun artiste, aucun écrivain, aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant, parce qu'il a le pouvoir et la liberté de tout changer. Le Prix Nobel m'aurait élevé sur un piédestal alors que je n'avais pas fini d'accomplir des choses, de prendre ma liberté et d'agir, de m'engager. Tout acte aurait été futile après, puisque déjà reconnu de façon rétrospective. Imaginez: un écrivain pourrait recevoir ce prix et se laisser aller à la déchéance, tandis qu'un autre pourrait devenir encore meilleur. Lequel des deux méritait son prix? Celui qui était au sommet et qui a redescendu la pente ou celui qui fut consacré avant d'atteindre le sommet? J'aurais pu être l'un des deux, et jamais personne n'aurait pu prédire ce que je ferais. On est ce que l'on fait. Je ne serai jamais récipiendaire du Prix Nobel, tant et aussi longtemps que je pourrai encore agir en le refusant. (3) 


(1)

« J.-P. S. - Même si on ne croit pas en Dieu, il y a des éléments de l'idée de Dieu qui demeurent en nous, et qui nous font voir le monde avec des aspects divins.
S. de B. - Quoi par exemple?

J.-P. S. - Ça varie selon les gens.

S. de B. - Mais pour vous?
J.-P. S. - Moi, je me sens non pas comme une poussière apparue dans le monde, mais comme un être attendu, provoqué, préfiguré. Bref, comme un être qui ne semble pouvoir venir que d'un créateur, et cette idée d'une main créatrice qui m'aurait créé me renvoie à Dieu. Naturellement ça n'est pas une idée claire et précise que je mets en œuvre chaque fois que je pense à moi; elle contredit beaucoup d'autres de mes idées; mais elle est là, vague. Et quand je pense à moi, je pense souvent un peu comme ça, faute de pouvoir penser autrement. » 

BEAUVOIR, Simone de (1981) La cérémonie des adieux; suivi de Entretiens avec Jean-Paul Sartre, août-septembre 1974. [Paris]: Gallimard, p. 551.

  

(2) Les Chroniques De Rorschach: Jean Paul Sartre ...


Voir aussi:  Testimonianze di persone speciali [3] - CREDENTI

           





 






 



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