lundi 29 août 2011

Edith Stein

Edith Stein
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(1891- 1942)
Edith Stein est très certainement une des plus grandes personnalités féminines du siècle dernier. Ce n’est pas sans raison que le pape Jean-Paul II, le 1er octobre 1999,  a fait de cette femme à l’intelligence remarquable et à la charité exemplaire la co-patronne de l’Europe en compagnie de Sainte Brigitte de Suède et de Sainte Catherine de Sienne. Edith est née le 12 octobre 1891 à Breslau en territoire allemand, au sein d’une famille juive, le jour du Grand Pardon. Le jour du Grand Pardon (le Yom Kippour) est considéré comme la fête juive la plus sainte de l’année. Autrefois, en ce jour, le grand prêtre entrait dans le saint des saints pour offrir le sacrifice de réconciliation et d’expiation pour lui-même et pour tout le peuple. C’était le seul jour de l’année où le grand prêtre pouvait entrer dans le saint des saints. Maintenant que nous savons que Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix (nom d’Edith Stein devenue carmélite) est morte dans une chambre à gaz dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, le fait de savoir que cette sainte est née le jour du Grand Pardon revêt une grande signification symbolique. Le jour du Yom Kippour 1891 est née la sainte qui allait mourir victime de la Shoah (le mot Shoah qui signifie « catastrophe » doit être préféré au mot « Holocauste » qui a une connotation spirituelle). La mort d’Edith Stein a sûrement été vue par notre Père du ciel comme un sacrifice d’expiation et une demande de pardon pour les crimes abominables de la Shoah.
Avant d’entrer au carmel, Edith était avant tout une intellectuelle. Elle fit des études en psychologie, en lettres, en histoire et en philosophie. Elle obtint un doctorat en philosophie avec la mention « summa cum laude » et fut l’assistante du père de la phénoménologie moderne, Edmund Husserl. Elle fut une professeure estimée et une conférencière renommée. Seuls les préjugés de l’époque l’ont empêchée d’avoir une chaire à l’université. Née juive de parents très croyants, elle vécut un athéisme radical à l’adolescence et comme jeune adulte. Elle se convertit au catholicisme  et reçut le baptême le 1er janvier 1922, à l’âge de 31 ans. Elle entra au carmel de Cologne-Lindenthal le 14 octobre 1933, en la veille de la fête de Sainte Thérèse d’Avila qui a joué un rôle déterminant dans sa conversion. Elle est arrêtée par la Gestapo le 2 août 1942 et conduite au camp de Westerbork en Hollande. Le 7 août 1942, elle est déportée au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau et tuée dans une chambre à gaz deux jours plus tard : le 9 août 1942. C’est pour cette raison que nous fêtons la mémoire de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix le 9 août. J’avoue ne pas tellement aimer la façon dont on traduit en français le nom qu’Edith Stein a choisi en entrant en religion: Teresia Benedicta a Cruce. La vraie traduction de son nom de carmélite devrait être le suivant: Thérèse bénie par la croix.
 Le but du présent article n’est pas tellement de faire connaître la riche personnalité d’Edith Stein mais plutôt de lui donner la parole. Les citations de la sainte que vous trouverez ci-dessous, sont toutes tirées d’une magnifique revue qu’une de mes paroissiennes m’a prêtée dernièrement. Cette paroissienne, dont le prénom est Lise, a achetée cette revue en Allemagne lors d’un séjour en ce pays et l’a conservée précieusement. Cette revue, intitulée « Edith Stein, la folie de la croix » a pour auteures Sœur Waltraud Herbstrith et Mme Marie-Dominique Richard et fut publiée aux Éditions du Signe en 1997.
Voici quelques citations d’Édith tirées de la revue ci-haut mentionnée :
Ce que nous connaissons de nous-mêmes n’est que la surface. La profondeur nous reste en très grande partie cachée. Dieu seul la connaît.  
Ce qui ne se trouvait pas dans mon projet était inscrit dans le projet de Dieu. Plus se présentent de tels événements, plus vive se fait en moi cette conviction dictée par la foi que, dans la perspective de Dieu, il n’existe pas de hasard, que ma vie entière est déjà tracée jusque dans ses détails par les plans de la providence divine et qu’elle est un enchaînement logique parfait aux yeux de Dieu qui voit tout. 
Le chemin de la foi nous mène plus loin que celui de la connaissance philosophique : au Dieu personnel et proche, à Celui qui est le tout aimant, le miséricordieux, à une certitude que nulle connaissance naturelle ne peut donner.
Du point de vue juridique et politique, les femmes avaient au tournant du siècle le même statut que les mineurs, c’est-à-dire que les enfants et les malades mentaux. La constitution du Reich de 1919 établit l’égalité de principe qui en fit des citoyens à part entière. Grâce à l’obtention du droit de vote actif, elles devinrent une force politique dont il fallut tenir compte dès lors.
Parce que l’on était d’avis il y a quelques décennies encore que la femme avait sa place à la maison et qu’elle n’était bonne à rien d’autre, il a fallu de longs et difficiles combats pour parvenir à élargir un terrain d’action devenu par trop étroit … Contre ce système se sont consciemment insurgées bon nombre de femmes courageuses et décidées.
Voici ce qu’a dit à ce sujet le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1999, alors qu’il déclarait Edith Stein co-patronne de l’Europe : « Son militantisme en faveur de la promotion sociale de la femme fut particulièrement appréciable pour son temps, et les pages dans lesquelles elle explora la richesse de la féminité et la mission de la femme du point de vue humain et religieux sont vraiment pénétrantes (cf. E. Stein, La femme. Sa mission selon la nature et la grâce).   (Jean-Paul II, Lettre apostolique du 1er octobre 1999, no. 8 )  
Qu’il soit possible de mettre la science au service de Dieu, je ne l’ai clairement compris qu’avec saint Thomas; et c’est ce qui m’a décidé à me remettre sérieusement au travail scientifique.
En parlant de sa vie au carmel : Il ne me manque rien de ce qui est à l’extérieur et j’ai tout ce qui me manquait lorsque j’étais à l’extérieur …
Lorsqu’une chose en vue de laquelle on a longtemps prié avec ténacité se réalise, cela m’impressionne davantage encore qu’un accomplissement immédiat. Et je continue de m’extasier devant ce magnifique exaucement.
Cœur divin de mon Sauveur ! Je te promets solennellement de saisir toutes les occasions pour te procurer de la joie. Et chaque fois que je serai placée devant un choix, je choisirai ce qui te réjouira le plus. J’en fais solennellement la promesse pour te prouver mon amour …
L’esprit divin, la vie divine, l’amour divin, seul celui qui accomplit la volonté de Dieu en fait l’expérience.
C’est à la fin de sa vie que « Thérèse bénie par la croix » sut au mieux porter le nom qui lui fut dévolu lors de son entrée dans la vie religieuse. Elle embrassa avec amour la croix et le crucifié jusqu’à son dernier souffle. Lorsque sa sécurité commença à être en danger, elle écrivit :
« Chère Mère, lorsque vous aurez lu la lettre du Père Hirschmann, s.j., vous saurez quel est mon état d’esprit. Je n’ai plus envie maintenant d’effectuer quoi que ce soit pour assurer ma sécurité. Je la mets entre vos mains, vous laissant le soin de décider si vous voulez consulter les sœurs, le père provincial ou l’évêque pour prendre une décision. Je suis en paix à tous points de vue. On ne peut acquérir une scientia crucis (science de la croix) que si l’on commence par souffrir vraiment du poids de la croix. Dès le premier instant, j’en ai eu la conviction intime et j’ai dit du fond du cœur : Ave crux, spes unica ! (Salut croix, notre unique espérance !).
La clé de tout, c’est la croix. Prêcher la croix serait vain, si ce n’était l’expression d’une vie en union avec le crucifié.
Chère Mère, que votre Révérende veuille bien me permettre de m’offrir au cœur de Jésus en sacrifice d’expiation pour la vraie paix : que le règne de l’antéchrist s’effondre, si possible sans une nouvelle guerre mondiale, et qu’un ordre nouveau soit établi. Je voudrais m’offrir aujourd’hui même (26/ 03/ 1939), parce qu’on est à la douzième heure. Je sais que je ne suis rien, mais Jésus le veut, et il ne manquera pas d’adresser en ces jours le même appel à bien d’autres âmes encore.
Dès à présent j’accepte avec joie la mort que Dieu m’a destinée, dans une parfaite soumission à sa très sainte volonté. Je prie le Seigneur d’accepter ma vie et ma mort pour sa gloire et glorification, pour toutes les intentions … de la sainte Église, …  enfin pour mes proches, pour les vivants et les morts, et pour tous ceux que Dieu m’a confiés; pour qu’aucun d’entre eux ne se perde.
Où Dieu nous mène, nous l’ignorons. Nous savons seulement qu’Il nous mène.
Le 2 août 1942, deux officiers S.S. survinrent au carmel de Echt. Ils ordonnèrent à Edith Stein d’ouvrir les grilles du parloir et de quitter le couvent avec eux dans les cinq minutes. Le 2 août était le lendemain d’une fête qu’Edith affectionnait particulièrement, celle de saint Pierre « ad vincula » (dans les chaînes), dont elle disait :
J’aime particulièrement cette fête, non comme jour de commémoration mais en ce qu’elle signifie le détachement des liens par la main de l’ange. Combien de liens ont déjà été défaits ainsi et quelle félicité lorsque les derniers tomberont. Jusque-là, il nous faut tenir en silence dans ceux qui nous échoient encore – plus nous serons dans le silence, moins nous les sentirons.
Plus grande que tout est la paix de l’éternité, où tous les liens et tous les voiles tombent.
Si tu veux trouver le repos, ne te compare pas aux autres.
Bénis le cœur affligé de ceux qui souffrent, la solitude accablante des hommes, l’être sans repos, la souffrance que nul ne s’aviserait de confier à un autre. Jamais encore tu ne m’as ôté la tristesse. Elle pèse parfois lourdement sur moi. M’en donnes-tu la force, j’arrive à la porter. Bénis maintenant mon sommeil. Souviens-toi de ce que ton Fils a enduré dans l’angoisse de la mort. Donne la paix à tous les morts.
L’union nuptiale de l’âme avec Dieu est le but pour lequel celle-ci a été créée, rachetée sur la croix, accomplie sur la croix et scellée pour l’éternité avec la croix.
L’étoile de Bethléem est une étoile dans la nuit obscure, aujourd’hui encore.
Notre amour pour Dieu est à la mesure de notre amour pour les êtres.
En terminant, il est bon de souligner que Thérèse bénie par la croix donnait à l’Esprit-Saint le nom ou le titre d’Éternelle allégresse. (Pentecôte 1942)




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