jeudi 27 juillet 2017

Il y a 15 ans Jean-Paul II nous invitait à la joie

Il y a 15 ans Jean-Paul II nous invitait à la joie
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Jean-Paul II saluant les jeunes à Toronto

Ce soir, à la chaîne de télévision Sel et Lumière, on faisait mémoire de la visite du pape Jean-Paul II en sol canadien pour les Journées mondiales de la jeunesse qui ont eu lieu à Toronto du 25 au 28 juillet 2012. Nous célébrons donc ces jours-ci, le 15ème anniversaire de cette visite historique et de cet événement international.

Le thème des JMJ de Toronto était constitué de deux phrases du Sermon sur la montagne : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14). C’est d’ailleurs à cette occasion que fut créée la chaîne de télévision « Sel et Lumière ».

J’ai aimé ce soir voir celui qu’on appelle désormais « saint Jean-Paul II », qui déjà très malade et visiblement souffrant, invitait les jeunes au bonheur et à la joie avec les paroles mêmes de Jésus. Voici, ci-dessous, certaines des phrases qui m’ont touché en écoutant le pape commenter le texte biblique des béatitudes qui venait d’être proclamé et chanté par un jeune homme et une jeune femme.

VOYAGE APOSTOLIQUE À TORONTO
XVIIème JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE
FÊTE D'ACCUEIL DES JEUNES
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
Toronto - Exhibition Place, jeudi 25 juillet 2002

Chers Jeunes,

La page des Béatitudes que nous venons d’entendre est la grande charte du christianisme.  

Ce soir, nous sommes nous aussi rassemblés pour nous mettre à l’écoute du Seigneur. Je vous regarde avec une grande affection: vous venez de diverses régions du Canada, des États-Unis, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie. J’ai écouté vos voix joyeuses, vos cris, vos chants, et j’ai perçu l’attente profonde de vos cœurs: vous voulez être heureux!

Chers jeunes, les propositions qui vous sollicitent de toute part sont nombreuses et séduisantes: beaucoup vous parlent d’une joie qui pourrait s’obtenir par l’argent, par le succès, par le pouvoir. Surtout, ils vous parlent d’une joie qui coïnciderait avec le plaisir superficiel et éphémère des sens.

Chers amis, à votre envie de jeunes désirant être heureux, le vieux Pape, chargé d’années mais encore jeune de cœur, répond par une parole qui n’est pas la sienne. C’est une parole qui a résonné il y a deux mille ans. Nous l’avons de nouveau entendue ce soir: «Heureux...». La parole clé de l’enseignement de Jésus est une annonce de joie: «Heureux...»

L’homme est fait pour le bonheur. Votre soif de bonheur est donc légitime. Le Christ a la réponse à votre attente. Il vous demande donc de lui faire confiance. La joie véritable est une conquête, qui ne s’obtient pas sans une lutte longue et difficile. Le Christ possède le secret de la victoire.

Le «Discours sur la Montagne» trace la carte de ce chemin. Les huit Béatitudes sont les panneaux signalétiques qui indiquent la direction à suivre. C’est un chemin qui monte, mais Jésus l’a parcouru le premier. Et il est prêt à le parcourir de nouveau avec vous. Il déclara un jour: «Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres» (Jn 8, 12). Et dans une autre circonstance il ajouta: «Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie» (Jn 15,11).

C’est en marchant avec le Christ que l’on peut conquérir la joie, la vraie joie! C’est précisément pour cette raison qu’il vous lance aujourd’hui encore un appel à la joie: «Heureux...».

Accueillant maintenant sa Croix glorieuse, cette Croix qui a parcouru avec les jeunes les routes du monde, laissez résonner dans le silence de votre cœur cette parole consolante et exigeante: «Heureux...».

(Procession avec la Croix de l’Année sainte)





Chant: "Ô Marie" de Robert Lebel

Chant: « Ô Marie » de Robert Lebel
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Album de Robert Lebel: "Vêtue de lumière"

Depuis deux jours, le chant « Ô Marie » de Robert Lebel, me revient continuellement à l’esprit. Je le fredonne sans cesse. Je pense en connaître la cause. Dimanche dernier, en entrant dans une de nos deux églises, j’ai entendu ce chant. Une paroissienne avait mis un CD avant la messe et c’était ce chant qui jouait. C’est sûrement pour cela que le chant m’est resté dans la tête et le cœur ces jours-ci. Je connais ce chant depuis longtemps, depuis de fait qu’il est sorti en 1992. Mais c’est seulement aujourd’hui que j’en apprécie toute la valeur.

Ce chant fait référence aux noces de Cana telles que décrites dans l’évangile selon saint Jean au chapitre 2. Marie, par sa prière tranquille, a fait faire à Jésus son premier miracle: Il a changé l’eau en vin pour la joie des convives.

J’aime que l’on demande à Marie de parler à Jésus de nos difficultés. À cause de cela j'aime davantage les strophes du chant que le refrain. Car dans les strophes, on demande à Marie uniquement de parler à Jésus de nos vides. C’est ce que Marie a fait à Cana de Galilée: elle a seulement dit à Jésus que les gens n'avaient plus de vin, que les réserves étaient vides. Dans la deuxième partie du refrain, on dit à Marie de demander à Jésus de transformer notre cœur. C’est très bien cela aussi; mais je préfère la prière tranquille de Marie à Cana, qui ne fait que parler de nos problèmes, sans rien demander. Il est vrai cependant que Jésus a très bien compris que sa Mère lui demandait de faire un miracle. Mais tout est dans la manière de dire les choses ou de demander.

J’aime aussi que Robert Lebel parle de nos « vides ». Tout péché est l’indice d’un vide en nous. Au moins deux confesseurs m’ont déjà dit que le péché que j’accusais était un signe d’un manque dans ma vie. Un manque, donc un vide. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais on n’aime pas normalement se faire dire qu’il nous manque quelque chose. Or c’est la condition de la très grande majorité des personnes qui vivent sur cette terre: ils expérimentent au niveau de leur coeur, des manques, des vides, qu'ils cherchent à remplir du mieux qu'ils peuvent. Seuls quelques saint et saintes sont parvenus, semble-t-il, à avoir un cœur rempli de Dieu déjà sur terre.

On attribue au philosophe Aristote la phrase suivante: « La nature ne supporte pas le vide ». De fait, dans la nature, il n’y a pas de vide. Entre les objets qui sont autour de nous, il y a de l’air. Cet air est invisible, mais il est bel et bien là. Il n’y a pas de vide autour de nous. On peut aussi dire, en quelque sorte, que le cœur humain ne supporte pas le vide. S’il y a un vide en nous, notre coeur voudra le remplir. La véritable question est donc celle-ci: Avec quoi remplir nos vides, avec quoi remplir notre coeur? La seule réponse chrétienne valable, durable, et louable est celle-ci: « Je dois remplir les vides de mon cœur avec Dieu et par Dieu ». Notre cœur est fait pour Dieu, comme le disait si bien saint Augustin, et seul un cœur rempli de Dieu sera parfaitement heureux ici-bas et dans l'au-delà. C’est d’ailleurs en cela que consistera la vie éternelle, la béatitude éternelle. Certains saints et saintes sont parvenus dès ici-bas à avoir le cœur rempli de Dieu. La chose est donc possible. Je vous la souhaite; je vous souhaite cette grâce.

Pour entendre le chant, allez sur le lien ci-dessous et écoutez la plage numéro 11.

Vêtue De Lumière by Robert Lebel Et Mannick on Apple Music

https://itunes.apple.com/ca/album/vetue-de-lumiere/id394732654

Et voici les mots du chant: 

Ô Marie (Robert Lebel)

Ô Marie, toi la Mère du Sauveur
Parle-lui de nos rêves de bonheur
Et dis-lui qu'il transforme notre cœur
Comme l'eau pour le vin de la noce.

Parle-lui de ce vide en nos regards
Qui sans voir
N'osent plus s'émerveiller.

Parle-lui de ce vide entre nos mains
Qui n'ont rien
A force d'être fermées

Parle-lui de ce vide en notre cœur
Qui a peur
De s'ouvrir pour mieux aimer

Parle-lui de ce vide en nos amours
Qui sont lourds
De leurs fausses libertés.

Parle-lui de ce vide en nos passions
Qui s'en vont
Sans jamais être comblées

Parle-lui de ce vide en notre vie
Ô Marie
Qui peux tout lui demander.


« C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen. » 
(Saint Paul, Lettre aux Éphésiens, chapitre 3, versets 14 à 21)

P.S.  Je dédie ce blogue à Nicole grâce à qui j'ai entendu ce chant dimanche dernier en entrant dans l'église. 





mardi 18 juillet 2017

La souffrance au sein de la Trinité

La souffrance au sein de la Trinité
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Peinture de Jean-Georges Cornelius (1880 - 1963)
Jésus sur la croix

Note: J’aime cette peinture de Cornelius car elle laisse suggérer que Dieu le Père souffrait en même temps que son Fils quand celui-ci était sur la croix. Il est beau de voir le bras gauche de Jésus et le bras gauche du Père, attachés ensemble. 

Post scriptum, écrit le 21 juillet 2017: Je suis allé visiter hier à son domicile, un paroissien qui est malade. Son épouse en a profité pour me partager une de ses préoccupations existentielles:

« J’aimerais connaître votre opinion sur ceci. Quand je participe à des funérailles, j’entends souvent dire que le défunt ou la défunte est désormais dans la paix, que ses souffrances sont finies. Si tel est le cas, alors je ne pense pas que les gens qui sont au ciel savent ce qui se passe sur la terre. Je ne pense plus qu’ils soient unis à nous autant qu’on le dit. Je pense qu’il y a un fossé en quelque sorte entre eux et nous. Car s’ils voyaient ce qui se passe ici-bas, ils seraient souvent très préoccupés et même tristes et inquiets; ils ne pourraient pas être parfaitement heureux et en paix. »

Je n’en revenais pas que cette dame me parle ainsi, deux jours seulement après que j’aie écrit le blogue que vous lirez ci-dessous. Cela montre que la question que pose le présent blogue n’est pas seulement une question spéculative ou théorique, mais vraiment existentielle, qui peut avoir des incidences dans notre vie. Imaginons que cette dame en vienne à croire résolument à ce qu’elle m’a dit; il en résulterait qu’elle cesserait de croire en grande partie au pouvoir d’intercession des saints et des saintes. Et, au pire, je ne vois pas trop comment elle pourrait même prier Dieu. Car Dieu aussi se trouve de l’autre côté de l’énorme fossé qui nous séparerait et qui ferait en sorte qu’on ignorerait ce qui se passe de part et d’autre.

Les questions philosophiques et théologiques, quoi qu'elles puissent parfois sembler planer dans les airs, guident vraiment nos vies et les influencent grandement.    


Dans mon blogue du 23 juin dernier, je vous disais qu’il y a un problème avec lequel je me bats depuis des années:

« Si Dieu et les saints et saintes qui sont au ciel, sont parfaitement heureux, comment ce que nous vivons ici-bas peut-il les attrister, les inquiéter ou même les blesser? J'aborderai ce problème dans un futur blogue, sans avoir la prétention toutefois de le résoudre. » (1)

J’ai abordé cette question dans quelques blogues, dont celui du 15 février 2013, intitulé: « Peut-on causer de la peine à Dieu? » (2) 

Il ne s’agit pas de savoir si Dieu a déjà souffert. Car la réponse à cette question est pour moi évidente: oui Dieu a souffert pour nous en Jésus Christ son Fils, pour nous sauver. Mais le Père et l’Esprit Saint souffraient-ils quand Jésus souffrait sur terre? Et en ce moment, Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit Saint souffre-t-il (je pense que le verbe au singulier est de mise ici) de voir ses enfants souffrir sur notre belle planète?

Pourquoi ces interrogations ont-elles surgi en moi ces jours-ci? C’est en raison d’un livre de madame Odile Haumonté dont je viens tout juste de terminer la lecture. Il s’agit du livre intitulé: Élisabeth de la Trinité et sa sœur Guite. Dans ce livre, il est question d’une trinité humaine, d’un trio de personnes: Marie Rolland Catez et ses deux filles Élisabeth et Marguerite, surnommée Guite. Ces trois personnes occupent une grande place dans le livre car Marie la mère, a toujours été opposée au fait que sa fille aînée Sabeth (diminutif d’Élisabeth) désire entrer au Carmel. Cette opposition ferme et durable a été un grand motif de souffrance dans la famille, et en particulier pour les deux sœurs qui s’aimaient tellement. Mais un jour la mère a cédé, quoique à grand-peine. Voici comment l’auteure décrit la veille du départ de Sabeth pour le Carmel :

« Le 1er août, veille du départ, est la plus horrible journée. Élisabeth redouble de tendresse envers sa mère et sa sœur. Guite s’efforce de montrer un visage heureux, au moment où sa sœur va réaliser son plus grand désir, mais elle se cache pour pleurer. Marie, elle, ne se cache pas et sa souffrance devient plus aiguë quand elle voit le chagrin marquer le visage de Guite. Petite trinité d’amour où chacune saigne de voir souffrir les deux autres ! » (3)  

Une fois Élisabeth entrée au couvent, Marie Catez met au courant du départ de sa fille un ami de la famille, le chanoine Angles, qui s’empresse d’écrire ceci à madame Catez:

« J’étais ahuri de désolation quand je me figurais la terrible agonie que vous enduriez toutes les trois, l’affreux déchirement de ces trois cœurs qui n’en formaient qu’un. » (4)  

Vous comprendrez assez facilement, je pense, pourquoi de telles phrases m’ont touché et ont fait se réveiller en moi un combat qui m’agite toujours. Ce combat consiste en l’opposition qui existe entre une vision traditionnelle de Dieu qui fait de lui un Être impassible, c’est-à-dire incapable de souffrir et une vision assez moderne de Dieu (cette vision existait depuis longtemps, mais je l’appelle moderne parce que davantage de théologiens de nos jours, prônent cette façon de voir) selon laquelle Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit Saint souffrent en ce moment au ciel.

Il est vrai que des auteurs tels que l’abbé Pierre Descouvemont prônent simultanément les deux visions: ils croient que Dieu est à la fois impassible et compatissant: « Les chrétiens n’oublient jamais en effet que, pour respecter le mystère de Dieu, il faut affirmer simultanément que Dieu est infiniment heureux et infiniment compatissant. » (5) 


L’abbé Descouvemont base sa vision des choses sur une phrase de saint Bernard: « Impassiblis est Deus, sed non incompassibilis (Sermon 26, 5). Dieu est impassible mais non incompassible. » Le pape Benoît XVI, dans son encyclique sur l’espérance, intitulée « Spe salvi », au numéro 39, nous dit qu’il aime beaucoup cette phrase de saint Bernard: « Bernard de Clairvaux a forgé l’expression merveilleuse: Impassibilis est Deus, sed non incompassibilis, Dieu ne peut pas souffrir, mais il peut compatir. »

J’avoue pour ma part, que j’ai beaucoup de difficulté avec cette affirmation de saint Bernard. J'aime la façon dont saint Anselme pose le problème dans les premières phrases du chapitre VIII de son Proslogion:

« Mais comment êtes-vous à la fois miséricordieux (Benoît XVI dirait: compatissant) et impassible? Car si vous êtes impassible, vous n’êtes point compatissant; si vous n’êtes point compatissant, votre cœur n’éprouve point de pitié pour ceux qui souffrent; vous n'êtes donc point miséricordieux. Mais si vous n'êtes point miséricordieuxd’où nous viennent tant de consolations dans nos souffrances? » (7)   

J'aime moins cependant la façon dont saint Anselme résout la question dans ce même chapitre VIII. 

Post scriptum: Je suis heureux d’avoir écrit ce blogue aujourd’hui car je vis une espèce de libération. Je viens de répondre à deux personnes qui m’ont envoyé un commentaire et en leur répondant, il est devenu clair pour moi que la question que je pose, quoique étant importante, ne devrait pas me faire dépenser autant d’énergie. Je me sens un peu comme Job qui, après avoir cherché à comprendre sa situation, s’est incliné devant la majesté de Dieu et le mystère qui entoure son agir.  

dieumajoie.blogspot.com/2017/06/consolons-le-coeur-de-jesus.html

dieumajoie.blogspot.com/2013/02/peut-on-causer-de-la-peine-dieu.html

(3) Odile Haumonté, Élisabeth de la Trinité et sa soeur Guite, Éditions des Béatiudes, 2016, p. 58. 

(4) Ibid, p. 66. 

www.totus-tuus.fr/article-31244927.html

(6) Pierre Descouvemont, Dieu souffre-t-il ?, Éditions de l'Emmanuel, Paris, 2008, pp. 176 -177. 

(7) Saint Anselme - Proslogion, prologue sur l'existence de dieu
mecaniqueuniverselle.net/textes-philosophiques/saint-Anselme-1.php Voir le chapitre VIII




 

lundi 17 juillet 2017

Le talent, c'est le talent !

Le talent, c’est le talent !
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Décidément, je dois être en mode pré-vacance car je viens de mettre deux blogues de suite sur des performances artistiques. Hier, deux de mes confrères qui eux sont en vacance, ont regardé à la télévision le film Soleil de minuit (White Nights). Passant par hasard devant le téléviseur, je me suis arrêté quelques instants devant l’écran, juste le temps de voir la scène que vous pourrez visionner dans un instant.

Le film raconte l’histoire d’un danseur de ballet soviétique qui a déserté son pays. Lors d’un voyage en avion au dessus de la Russie, l’avion éprouve des difficultés techniques et doit se poser en sol soviétique. Cauchemar pour le danseur.

Dans la vidéo ci-jointe, le danseur à court d’argent accepte un pari. Son ami lui demande de faire 11 pirouettes sur lui-même. Le danseur commence par répondre que c'est impossible car ce n'est pas du patinage sur glace. Mais puisqu'on lui offre un rouble (unité monétaire russe) par pirouette, il accepte le défi. Il enlève son veston, se met en position et demande: "Est-ce que tu peux compter?" L'autre lui répond: "Ne t'inquiète pas; tourne seulement!"

J’avoue que je me suis demandé pour un moment comment l’acteur-danseur pourrait bien exécuter une telle prouesse. Et pourtant … 
   

"White Nights" - 11 pirouettes - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=02EvsGal-Wc

16 avr. 2009 - Ajouté par FunnyDancerAnn
This film still is taking the very special place in my heart. Excellent dance on the masterly level and amazing ...

Si cela vous intéresse de savoir comment une telle prouesse est possible, voici une vidéo qui nous montre ce que Baryshnikov a dû faire: 

11pirouettes-Slo-mo analysis of Baryshnikov in White Nights - YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=UZ2tD4PLcOM

6 mai 2014 - Ajouté par Dancesanity
Nathan Prevost walks us through Baryshnikov's brilliant pirouettes in the filmWhite Nights for DanceSanity ...



samedi 15 juillet 2017

Un peu d'humour avec Andy Serkis

Un peu d’humour avec Andy Serkis
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Andy Serkis

Un blogue intitulé Dieu ma joie, se doit de mettre de temps en temps un peu d’humour dans la vie des gens. John Wykes, un de mes confrères OMV des États-Unis, est diplômé dans le domaine des mass-média et de la cinématographie. C’est lui qui m’a fait connaître l’acteur Andy Serkis. Plusieurs d’entre vous ont déjà entendu la voix de Serkis, sans savoir qu’il s’agissait de lui. Cet acteur au talent vraiment unique, est responsable presque à lui seul, de l’incroyable succès des trilogies suivantes: Lord of the Rings (Le Seigneur des Anneaux) et du "remake" de Planet of the Apes (La planète des singes). C’est Andy Sirkis qui joue le rôle de Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, et de Caesar dans le remake de La planète des singes

Voici l'acteur, jouant sans "makeup", le rôle de Gollum:  

Lus par la voix officielle de Gollum, Andy Serkis, les tweets de Donald ...

www.huffingtonpost.fr/.../lus-par-la-voix-officielle-de-gollum-andy...
Il y a 3 jours
INSOLITE - Le nom de l'acteur britannique Andy Serkis ne vous dit peut-être pas grand-chose mais vous avez ...






mercredi 12 juillet 2017

Comment toucher les coeurs ?

 Comment toucher les cœurs?
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« L’Église ne grandit pas par le prosélytisme. Elle grandit par attraction. » (Benoît XVI)

Nous prenons de plus en plus conscience que notre monde va à la dérive. De plus en plus de gens disent ne pas croire en un Dieu personnel. Les gens d’Église s’évertuent à trouver des moyens de toucher les gens, de leur donner le goût de Dieu. Nous multiplions les journées de formation, les documents et les rencontres d’équipes pastorales, pour trouver comment rejoindre les gens. Le problème principal, selon moi, est que nous mettons beaucoup trop d’espoir dans le « faire » et pas assez d’insistance sur l’ « être ». Pourtant nous savons tous que c’est la qualité intérieure d’une personne qui touche les gens, qui remue les gens. Seul un cœur épris de Dieu, amoureux de Dieu, assoiffé de Dieu, pourra avoir une chance de communiquer cette soif à une personne qui ne l’a pas. En ce sens, la page suivante écrite par le Père Jacques Loew, est très pertinente:  

Comment faire boire un âne qui n’a pas soif ?
Et comment, toute révérence gardée,
donner la soif et le goût de Dieu aux hommes d’aujourd’hui ?

Des coups de bâton ?
Mais l’âne est plus têtu que nos bâtons…
Lui faire avaler du sel ?
Pire encore et qui relève presque des tortures psychiatriques.
Comment donc faire boire cet âne en respectant sa liberté ?

Une seule réponse : trouver un autre âne qui a soif…
et qui boira longuement,
avec joie et volupté,
au côté de son congénère.
Non pas pour donner le bon exemple,
mais parce qu’il a fondamentalement soif,
vraiment,
simplement soif,
perpétuellement soif.

Un jour, peut-être,
son frère, pris d’envie,
se demandera s’il ne ferait pas bien de plonger, lui aussi,
son museau dans le baquet d’eau fraîche.
Des hommes ayant soif de Dieu sont plus efficaces
que tant d’âneries racontées sur lui.

(Tiré de: Jacques Loew et Jacques Faizant, Paraboles et Fariboles, Fayard, 1978)

Le pape François, s’adressant aux catéchistes le 27 septembre 2013, en pleine année de la foi, a clairement indiqué quel passage biblique il nous faut méditer et appliquer dans notre vie, si nous voulons toucher les cœurs. Ce passage biblique, nous le connaissons tous, je pense, mais très peu de personnes osent en tirer une conséquence pratique pour leur vie. Le pape François, lui, ose au moins nous indiquer une conséquence pratique. Aurons-nous l’amour nécessaire pour mettre en pratique ce qu’il nous suggère? Je l’espère.
Le texte biblique qui résout en quelque sorte la question que pose le présent blogue, est le suivant: « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5)
Mais écoutons notre pape:

Chers catéchistes, bonsoir !

Il me plaît qu’il y ait, durant l’Année de la foi, cette rencontre pour vous : la catéchèse est un pilier pour l’éducation de la foi, et nous voulons de bons catéchistes ! Merci de ce service à l’Église et dans l’Église. Même si parfois ça peut être difficile, si on travaille beaucoup, si on s’engage et qu’on ne voit pas les résultats voulus, éduquer dans la foi c’est beau ! C’est peut-être le meilleur héritage que nous pouvons donner : la foi ! Éduquer dans la foi pour qu’elle grandisse. Aider les enfants, les jeunes, les adultes à connaître et à aimer toujours plus le Seigneur est une des plus belles aventures éducatives, on construit l’Église ! “Être” catéchiste ! Non pas travailler comme catéchistes : cela ne va pas ! Je travaille comme catéchiste parce que j’aime enseigner… Mais si tu n’es pas catéchiste cela ne va pas ! Tu ne seras pas fécond, tu ne seras pas fécond ! Catéchiste c’est une vocation : “être catéchiste”, c’est cela la vocation, non travailler comme catéchiste. Attention, je n’ai pas dit “faire” le catéchiste, mais “l’être”, parce que cela engage la vie. On conduit à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. Rappelez-vous ce que Benoît XVI nous a dit : « L’Église ne grandit pas par le prosélytisme. Elle grandit par attraction ». Et ce qui attire, c’est le témoignage. Être catéchiste signifie donner le témoignage de la foi ; être cohérent dans sa vie. Et ce n’est pas facile. Ce n’est pas facile ! Nous aidons, nous conduisons à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. J’aime rappeler ce que saint François d’Assise disait à ses frères : « Prêchez toujours l’Évangile, et, si c’est nécessaire aussi par les paroles ». Les paroles viennent… mais d’abord le témoignage : que les gens voient l’Évangile dans notre vie, qu’ils puissent lire l’Évangile. Et “être” catéchiste demande de l’amour, un amour toujours plus fort pour le Christ, un amour pour son peuple saint. Et cet amour ne s’achète pas dans les commerces, il ne s’achète pas non plus ici à Rome. Cet amour vient du Christ ! C’est un cadeau du Christ ! C’est un cadeau du Christ ! Et s’il vient du Christ, il part du Christ et nous devons repartir du Christ, de cet amour que Lui nous donne.

Que signifie ce repartir du Christ pour un catéchiste, pour vous, pour moi aussi, parce que moi aussi je suis catéchiste ? Qu’est-ce-que cela signifie ?

Je parlerai de trois choses : un, deux, trois comme faisaient les vieux jésuites… un, deux et trois !

1. Avant tout, repartir du Christ signifie avoir une familiarité avec Lui, avoir cette familiarité avec Jésus : à la dernière Cène, Jésus le recommande instamment aux disciples, quand il était en passe de vivre le plus grand don d’amour, le sacrifice de la Croix. Jésus utilise l’image de la vigne et des sarments et dit : demeurez dans mon amour, demeurez attachés à moi, comme le sarment est attaché à la vigne. Si nous sommes unis à Lui, nous pouvons porter du fruit, et c’est cela la familiarité avec le Christ. Demeurer en Jésus ! C’est demeurer attachés à Lui, à l’intérieur de Lui, avec Lui, parlant avec Lui : demeurer en Jésus.

Pour un disciple, la première chose est de rester avec le Maître, l’écouter, apprendre de Lui. Et cela vaut toujours, c’est un cheminement qui dure toute la vie ! Je me rappelle tant de fois dans le diocèse, dans le diocèse que j’avais auparavant, d’avoir vu à la fin des cours du séminaire catéchétique, les catéchistes qui sortaient en disant : " J’ai le titre de catéchiste ! " Cela ne va pas, tu n’as rien, tu as fait un petit bout de chemin. Qui t’aidera ? Cela vaut toujours ! Ce n’est pas un titre, c’est une attitude : rester avec Lui ; et durant toute la vie ! C’est rester en présence du Seigneur, se laisser regarder par Lui. Je vous demande : comment êtes-vous en présence du Seigneur ? Quand tu vas près du Seigneur, que tu regardes le Tabernacle, que faites-vous ? Sans paroles… Mais je dis, je dis, je pense, je médite, j’écoute… Très bien ! Mais te laisses-tu regarder par le Seigneur ? Nous laisser regarder par le Seigneur. Lui nous regarde et cela, c’est une manière de prier. Te laisses-tu regarder par le Seigneur ? Mais comment fait-on? Regarde le tabernacle et laisse-toi regarder… c’est simple ! C’est un peu ennuyeux, je m’endors… Endors-toi, endors-toi ! Lui te regarderas lui-même, Lui te regarderas lui-même. Mais sois sûr que Lui te regarde ! Et cela est beaucoup plus important que le titre de catéchiste : cela fait partie de l’être catéchiste. Cela réchauffe le cœur, garde allumé le feu de l’amitié avec le Seigneur, te fait sentir que Lui te regarde vraiment, qu’il est proche de toi et qu’il t’aime. 

Dans une des sorties que j’ai faites, ici à Rome, lors d’une Messe, un monsieur relativement jeune s’est approché de moi et m’a dit : "Père je suis heureux de vous connaître, mais moi, je ne crois en rien ! Je n’ai pas le don de la foi ! ". Il comprenait que c’était un don. " Je n’ai pas le don de la foi ! Qu’est-ce que vous me dites ? ". " Ne te décourage pas. Lui t’aime. Laisse-toi regarder par Lui ! Rien de plus". Et cela je vous le dis à vous : laissez-vous regarder par le Seigneur ! Je comprends que pour vous ce n’est pas si simple : particulièrement pour la personne mariée et qui a des enfants, c’est difficile de trouver un long temps de calme. Mais, grâce à Dieu, il n’est pas nécessaire que tous fassent de la même manière ; dans l’Église il y a variété de vocations et variété de formes spirituelles ; ce qui est important c’est de trouver la façon convenable pour rester avec le Seigneur ; et cela est possible, c’est possible dans chaque état de vie. En ce moment, chacun peut se demander : comment je vis “ce fait de rester” avec Jésus ? C’est une question que je vous pose : "Comment est-ce que je vis ce fait de rester avec Jésus, ce fait de demeurer en Jésus ? ". Ai-je des moments durant lesquels je reste en sa présence, en silence, je me laisse regarder par Lui ? Est-ce que je laisse son feu réchauffer mon cœur ? Si dans notre cœur il n’y a pas la chaleur de Dieu, de son amour, de sa tendresse, comment pouvons-nous, nous, pauvres pécheurs, réchauffer le cœur des autres ? Pensez à cela ! (1)

« Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda: « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. » (Lc 11, 1)

« Sa façon de prier (NDLR: on parle ici de Guite, mère de famille et sœur de sainte Élisabeth de la Trinité) est en elle-même un témoignage qui marque ceux qui en sont témoins:

- En la voyant à l’église, plongée dans une méditation profonde, j’étais comme attirée vers le Seigneur », raconte une amie. » (2)

Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. 


Je vous encourage à lire au complet le texte duquel est tiré le long passage ci-dessus 
(1), ainsi que le message que le pape François a envoyé  aujourd'hui même aux personnes réunies pour le Symposium international sur la catéchèse à Buenos Aires, en Argentine. Pour avoir accès directement à ce texte, veuillez cliquer   sur le sigle suivant: [ES - IT].  Le texte sera en espagnol. Pour la traduction en français, cliquer sur l'invitation à traduire le texte, qui se trouve en haut à votre droite. Si cette invitation n'est pas visible, veuillez cliquer à droite sur votre souris et cliquer à nouveau sur les mots: traduire en français

Message du Saint-Père au Symposium international sur la catéchèse [Buenos Aires, 11-14 juillet 2017]
https://w2.vatican.va/.../papa-francesco_20130927_pellegrinaggio-catechisti.htm

(2) Odile Haumonté, Élisabeth de la Trinité et sa sœur Guite, Éditions des Béatitudes, 2016 , p. 118.