jeudi 19 janvier 2017

" Silence", le film de Martin Scorsese

« Silence », le film de Martin Scorsese
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Hier, en ma journée de congé, je suis allé voir le film de Martin Scorsese, intitulé « Silence ». Il m’a fallu aller à l’autre bout de la ville pour voir le film, qui passe sur très peu d’écrans à Montréal: deux salles pour le film en langue originale anglaise; trois ou quatre salles pour le film en français. J’avais hâte de voir ce film et je regrettais qu’il ne soit pas projeté dans plusieurs salles ce cinéma. Maintenant, je me réjouis de ce fait. Car, selon moi, le film n’est pas du tout fait pour le « grand public », en particulier dans une société aussi sécularisée que la nôtre.

Je crains qu’une personne sans trop d’éducation religieuse, interprète très mal ce film. Et je pense que les personnes qui sont ou se considèrent très religieuses, ne sortent du cinéma avec un goût amer. Ce fut mon cas.

Quelques réflexions sur ce film:

J’ai trouvé ce film d’une grande beauté au point de vue de la cinématographie. C’est un film très long (2h40), mais qui passe rapidement, selon moi. Pas de musique de fond. Dès la première minute du film (et la fin du film est semblable), un bruit un peu strident et déplaisant se fait entendre. Quand le bruit cesse, le silence règne, prélude au film dans lequel nous entrons.

L’histoire en abrégé: nous sommes au Japon, au 17ème siècle. La persécution fait rage contre le christianisme. Un seul prêtre demeure sur l'île, mais il a apostasié et travaille maintenant pour le régime en place. Deux Pères Jésuites ayant eu le prêtre en question comme maître des novices, ne croient pas qu’un homme de cette trempe, ait pu apostasier. Ils vont au Japon pour découvrir la vérité. Un des deux mourra en voulant sauver la vie de chrétiens en train de se faire assassiner; l’autre apostasiera lui aussi et deviendra en quelque sorte le successeur du Père qui l’avait formé et qu’il admirait.

Un des dangers du film, selon moi, est de considérer la religion avec les yeux de l’homme et non avec les yeux de Dieu. Devant la souffrance et le « silence » de Dieu devant cette souffrance, les deux Pères Jésuites préfèrent faire ce qu’ils peuvent pour sauver des vies: apostasier. La prière ne donne rien pour sauver les vies, mais en apostasiant, on peut sauver des vies. C’est le grand problème ou la grande question de l’être humain face à la souffrance. On voit ce qu’une telle façon de voir produit chez nous: plusieurs de nos concitoyens considèrent qu’il est plus « charitable » de donner la mort à quelqu’un qui souffre, plutôt que de le laisser souffrir.

Le but des autorités japonaises est clair: pour tuer le christianisme au Japon, il faut arriver à faire apostasier ceux qui ont apporté cette foi en leur pays. Le seul moyen de faire en sorte qu’une multitude de nouveaux chrétiens puissent disparaître, c’est de corrompre les modèles, les hommes de Dieu. Et malheureusement, ces dirigeants japonais réussiront à atteindre leur but.

Ce que, personnellement, j’ai retiré de positif du film:

Même si les deux Pères Jésuites ont succombé à la tentation de voir l’apostasie comme étant une simple « formalité » (piétiner le crucifix n’est après tout qu’un geste extérieur qui peut sauver des vies, car si les prêtres piétinent le crucifié, les dirigeants japonais promettent de sauver les vies des chrétiens martyrisés), dans les faits, on voit bien que cela n’est pas vrai. À peine les prêtres ont-ils posé le geste sacrilège, qu’ils s’affaissent et pleurent (le Jésuite recherché, à tout le moins, exprime sa douleur d’avoir posé le geste).

Pour moi, la grande leçon du film, se joue dans les yeux des personnages. Les chrétiens qui vivent leur foi en secret et dans la peur d’être tués, ont une lumière qui brillent dans les yeux. Tant que le jeune Jésuite résiste à la tentation de renier sa foi, il a de la lumière dans les yeux. Dès que la foi est reniée, cette lumière disparaît. Quel visage triste, que le visage de ce Père Ferreira, l’ancien maître des novices Jésuites! Et quelle tristesse par la suite, dans les yeux de son successeur, le Père Rodrigues (bien sûr, à ce moment là, ils ne sont plus "Pères")! Voilà pour moi la grande et unique leçon du film: le Christ Jésus, en sa Mort et sa Résurrection, est la seule LUMIÈRE DU MONDE.  








2 commentaires:

  1. Donc, nous le conseilleriez-vous?
    Ne serait-ce que comme vous mentionnez nous y voyons la persécution insidieuse, réelle "active et maligne" exercée contre ces chrétiens ! au Japon ?

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    1. Chère Colette, je n'encouragerais pas une personne de foi comme vous à aller voir le film. Mais en tenant compte de ce que j'ai dit dans mon blogue, j'imagine que vous pourriez aller le voir. Voir des chrétiens mourir pour le Christ, c'est quand même édifiant. Mais la fin du film risque de vous laisser un goût amer.

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