vendredi 6 mars 2015

Prier devant la Sainte Face

Prier devant la Sainte Face
  

Chacun de nous est unique aux yeux de Dieu. Voilà qui est très beau et très consolant. Chacun de nous a aussi sa spiritualité propre, c’est-à-dire sa façon propre de voir et comprendre le message de Jésus. Cela prend parfois de nombreuses années à découvrir sa spiritualité propre. Souvent Dieu nous renseigne sur ce point, par bribes, au cours du temps. Et soudain, un éclairage nouveau nous parvient, ou plutôt l’Esprit Saint fait en sorte que les pièces du tableau qui constituent notre spiritualité, se mettent en place, et on commence à voir notre physionomie spirituelle dans mon ensemble.

Les personnes qui lisent fréquemment mon blogue, ont une bonne idée de ma spiritualité. En voici quelques traits:

Mon désir le plus profond est la joie. C’est pour cette raison que mon blogue a pour titre: Dieu ma joie. Pour connaître la façon dont j’ai découvert mon désir le plus profond, je vous encourage à lire le premier long blogue que j’ai écrit, en date du 18 juin 2011.

Mon testament spirituel a pour titre: Les Yeux de l’Amour. Si vous allez sur Google et que vous écrivez Dieu ma joie, les Yeux de l’Amour, vous aurez accès à plusieurs de mes textes qui parlent du regard que Jésus pose sur nous.

Ma sainte préférée est sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Quiconque lit mon blogue depuis le début de son existence, sait cela. En lisant les très belles pensées de l’abbé Pierre Descouvemont reproduites dans la Revue Sainte Rita (revue publiée par mes confrères Oblats de la Vierge Marie à Nice, en France) du mois de mars 2015, certaines pièces de ma physionomie spirituelle se sont mises spontanément en place. Le texte de l’abbé Descouvemont a pour titre: « Avec Thérèse, contempler la Sainte Face ».

Les réflexions de l’abbé Descouvemont m’ont permis de faire les rapprochements suivants: ce n’est pas pour rien que j’ai mis la Sainte Face dans mon testament spirituel, intitulé : Les Yeux de l’Amour (1). Mon désir le plus profond, c’est la joie. Mais où et comment trouver cette joie? Je la trouverai en contemplant le regard que Jésus pose sur moi. Et mystérieusement, c’est en contemplant la Sainte Face de Jésus, alors que les yeux de Jésus sont clos et tuméfiés, que je pourrai goûter en plénitude la joie qui vient du fait d’être regardé par Lui avec amour.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a toujours été fascinée par la Sainte Face. Ce n’est pas pour rien qu’elle a inclus la Sainte Face dans son nom de religieuse. Elle avait toujours une reproduction de la Sainte Face à portée de la main, ou à portée des yeux :

« L’icône de Thérèse, c’était la Sainte Face: elle l’avait toujours devant elle dans son livre d’office et dans sa stalle pendant l’oraison; à l’infirmerie, elle la fit suspendre aux rideaux de son lit. » (Pierre Descouvemont, Avec Thérèse, contempler la Sainte Face, Revue Sainte Rita, mars 2015, p. 15).

Image de la Sainte Face diffusée par le Carmel de Tours
Image de la Sainte Face contemplée par la petite Thérèse

Et pourtant, la petite Thérèse ne savait pas ce que nous savons de la Sainte Face. Thérèse n’a pas joui de l’immense faveur que nous avons de pouvoir avoir devant nos yeux, la figure imprégnée sur le Saint Suaire de Turin. Cette découverte n’avait pas encore était faite lorsque Thérèse vivait sur cette terre. Ce n’est qu’un an après la mort de Thérèse, en 1898, que le visage de Jésus imprégné sur le Saint Suaire de Turin, a pu être contemplé pour la première fois par un être humain. Combien Thérèse aurait été impressionnée et émue de contempler le visage imprégné sur le Saint Suaire! Elle aurait prononcé avec encore plus de ferveur et d’amour, les paroles suivantes:

« Jésus brûle d’amour pour nous (lettre écrite à sa sœur Céline, le 4 avril 1889). Regarde sa Face adorable! Regarde ses yeux éteints et baissés! Regarde ces plaies! Regarde Jésus dans sa Face  …  Là tu verras comme il nous aime » (LT 87). « La douceur qui rayonne de ce Visage lui donne une très grande beauté : La Face de Jésus est lumineuse » (LT 95). (Ibid, p. 15).

Comme le dit si bien l’abbé Descouvemont : « Le visage paisible que nous contemplons en regardant la Sainte Face de Jésus nous rappelle surtout qu’Il continue à nous aimer alors que nous Le crucifions. » (Ibid, p. 15).

Le pape François nous disait ceci, il y a deux ans :

« Laissons-nous donc rejoindre par ce regard, qui ne cherche pas nos yeux mais notre cœur. Écoutons ce qu’il veut nous dire, dans le silence, en passant au-delà de la mort- même. À travers le Saint Suaire nous parvient la Parole unique et ultime de Dieu : l’Amour fait homme, incarné dans notre histoire; l’Amour miséricordieux de Dieu qui a pris sur lui tout le mal du monde pour nous libérer de sa domination. Ce Visage défiguré ressemble à tant de visages d’hommes et de femmes blessés par une vie qui ne respecte pas leur dignité, par des guerres et des violences qui frappent les plus faibles… Pourtant le Visage du Suaire communique une grande paix; ce Corps torturé exprime une souveraine majesté. C’est comme s’il laissait transparaître une énergie contenue mais puissante, c’est comme s’il nous disait : aies confiance, ne perd pas l’espérance; la force de l’amour de Dieu, la force du Ressuscité vainc tout. »  (Pape François, Rome, le 30 mars 2013)

Le Père Raniero Cantalamessa, prédicateur pontifical, depuis 1981, a écrit ceci :

« Aucune représentation artistique de la Passion n’a toutefois exercé et n’exerce encore une fascination comparable à celle du Saint-Suaire. Peu importe, selon nous, de savoir si le Saint-Suaire est « authentique » ou non, si l’image s’est formée naturellement ou de manière artificielle, s’il ne s’agit que d’une icône ou également d’une relique. Il est certain qu’il s’agit de la représentation la plus solennelle et la plus sublime de la mort que l’œil humain ait jamais contemplée. Si un Dieu peut mourir, ceci est le moyen le moins inadéquat de nous représenter sa mort.

Les paupières et la bouche fermées, les traits composés du visage : plus qu’à un mort, il fait penser à un homme plongé dans une méditation profonde et silencieuse. Il fait penser à la traduction en images de l’antique antienne du Samedi Saint: Caro mea requiescet in spe, « ma chair repose en paix ». L’antique homélie sur le Samedi Saint que l’on lit dans l’Office des lectures acquiert elle aussi une force particulière si on la lit devant le Saint-Suaire. « Qu’est-ce qui s’est produit? Aujourd’hui sur la terre règne un grand silence, un grand silence et la solitude. Un grand silence car le Roi dort… » [1].

La théologie nous dit qu’à la mort du Christ son âme s’est séparée de son corps, comme dans le cas de tout homme qui meurt, mais sa divinité est restée unie aussi bien à son âme qu’à son corps. Le Saint-Suaire est la plus parfaite représentation de ce mystère christologique. Ce corps est séparé de l’âme mais pas de la divinité. Quelque chose de divin se reflète sur le visage martyrisé mais empreint de majesté du Christ du Saint-Suaire. »  (Raniero Cantalamessa, Troisième prédication du Carême 2006).

L’abbé Descouvemont termine ses propos reproduits dans la Revue Sainte Rita, en reprenant une pensée très chère à notre pape François: Jésus ne se lasse jamais de nous et de nos infidélités; même s’Il nous veut saints et qu’Il nous appelle chaque jour à nous dépasser:

« Il y a des soirs où nous ne sommes pas fiers de nous, où nous sommes découragés … Le Seigneur, Lui, n’est jamais découragé, ni dégoûté de nous. Son amour est fidèle, solide, imperturbable. Il nous aime tels que nous sommes, même lorsque nous nous trouvons « au creux de la vague ». Telle est la profondeur de son amour. C’est même à travers la profondeur de notre misère, que nous pouvons découvrir la profondeur de sa Miséricorde. Thérèse aimait très particulièrement ceux et celles qui avaient expérimenté dans le Regard de Jésus lui-même, ce qu’était le Pardon de Dieu : Marie-Madeleine, la femme adultère, Pierre, le bon larron. Des hommes et des femmes qui pouvaient chanter :

« Il a posé sur moi son regard
Et ses yeux en disaient long
Il a posé sur moi son regard
C’était celui du pardon. »

(Tiré du chant: N’aie pas peur, de Georges Lefebvre, prêtre originaire de Lisieux)

Mais par ailleurs, c’est un regard qui ne se résigne jamais à nos médiocrités. Il fait sans cesse retentir dans le fond de notre cœur, son appel au dépassement, et à la sainteté. Telle est la hauteur de son Amour. » (Pierre Descouvemont, Ibid, p. 15).



    1. mon ciel à moi.wmv - YouTube  (2)

      www.youtube.com/watch?v=toKHwPuQX34
      23 janv. 2012 - Ajouté par Pénélope Mavoungou
      paroles de sainte Thérèse: Mon ciel à moi...musique: Patrick Lemoine


    1. Chant "N'aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ ...

      www.youtube.com/watch?v=SjVCih5OyG8

      11 mai 2012 - Ajouté par chantliturgique
      Chant liturgique G 249 pour une animation de célébration liturgique
  1. (1)  Les Yeux de l'Amour - YouTube
  2. www.youtube.com/watch?v=C4hTSQkji7o
    8 nov. 2012 - Ajouté par Guy Simard
    Ma seule raison de vivre est que j'ai un jour rencontré les Yeux de l'Amour, comme dans un miroir et non ...
  3. (2) Voici la première et la dernière strophe de la poésie de Thérèse, intitulée: Mon Ciel à moi:

    Mon Ciel à moi

    Pour supporter l'exil de la vallée des larmes
    Il me faut le regard de mon Divin Sauveur
    Ce regard plein d'amour m'a dévoilé ses charmes
    Il m'a fait pressentir le Céleste bonheur
    Mon Jésus me sourit quand vers Lui je soupire
    Alors je ne sens plus l'épreuve de la foi
    Le Regard de mon Dieu, son ravissant Sourire,
    Voilà mon Ciel à moi !…
     
    Mon Ciel, je l'ai trouvé dans la Trinité Sainte
    Qui réside en mon cœur, prisonnière d'amour
    Là, contemplant mon Dieu, je lui redis sans crainte
    Que je veux le servir et l'aimer sans retour.
    Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j'adore
    Lorsqu'Il veut se cacher pour éprouver ma foi
    Souffrir en attendant qu'Il me regarde encore
    Voilà mon Ciel à moi !...



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