mardi 20 janvier 2015

20 janvier: apparition de la Vierge Marie

 20 janvier: apparition de la Vierge Marie

Apparition de la Vierge Marie à Alphonse Ratisbonne, le 20 janvier 1842

Chers amis, en ce 20 janvier, il me fait grand plaisir de porter à votre connaissance, ou de vous remémorer, une des apparitions de la Vierge Marie sur cette terre. Si vous êtes catholiques, j’imagine que vous croyez aux apparitions de la Vierge Marie qui ont été reconnues par l’Église. Ces apparitions ne sont pas comme telles des dogmes de foi, mais il est normal d’y croire, en tant que catholiques. Le 20 janvier 1842, notre bonne Mère du ciel est apparue à un homme du nom d’Alphonse Ratisbonne. Cet homme était juif de naissance, mais de fait, il ne croyait pas en Dieu. De son propre aveu, il détestait un membre de sa famille: Théodore, son frère aîné, parce que ce dernier était devenu croyant, et, comble de malheur, il était devenu prêtre catholique. Quelques unes des lettres haineuses qu’Alphonse Ratisbonne a écrites à son frère, ont été conservées. S’il existait un homme, au 19ème siècle, qui n’était pas disposé à croire à l’existence de Dieu, et en particulier à la religion catholique, c’était bien Alphonse Ratisbonne. Mais rien n’est impossible à la Mère de Dieu. Le miracle de la conversion d’Alphonse Ratisbonne, est dû à la Médaille miraculeuse, cette médaille que la Vierge Marie elle-même a demandé à sainte Catherine Labouré, de faire frapper.

Si un jour vous allez à Paris, je vous encourage à aller à la rue du Bac, à la chapelle des apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré. C’est un endroit magnifique et tellement paisible. Dès que nous entrons sur le terrain du monastère, dans l’enceinte murée, nous avons l’impression de quitter ce monde qui passe et de rejoindre l’invisible. Sur votre gauche, sculptée dans la pierre, vous pouvez voir diverses scènes représentant la vie de sainte Catherine Labouré. La dernière fresque représente le plus grand des miracles attribués à la médaille miraculeuse: la conversion d’Alphonse Ratisbonne. Cela nous montre que pour l’Église, les plus grands miracles sont les guérisons spirituelles, les conversions.

Alphonse Ratisbonne est né le 1er mai 1814, à Strasbourg, en France. Né de parents juifs, il n’adhère à aucune religion et est résolument athée. Il développe assez tôt une aversion envers la religion catholique. Alphonse était fiancé à une jeune fille de 16 ans qu’il désirait épouser. Ne pouvant se marier immédiatement à cause de l’âge précoce de sa fiancée, Ratisbonne décide de faire un voyage qui le conduirait en Orient. Avant de partir, sa fiancée lui fait promettre de ne pas passer par Rome. Ratisbonne en fait la promesse. Une fois à Naples, Ratisbonne se trompe de train et le voilà en route, bien malgré lui, pour Rome où la Vierge Immaculée l’attendait. Une fois rendu à Rome, Alphonse se met à la recherche d’un des amis de son frère Théodore, le baron Gustave de Buissière qui était un fin connaisseur de l’Orient. Par erreur, il est plutôt conduit chez un certain Théodore de Buissière, un catholique convaincu et très apostolique. Monsieur Théodore de Buissière ne mit pas beaucoup de temps à s’apercevoir quel genre de personne était Alphonse Ratisbonne : un libre penseur aux idées très libérales. N’est-il pas étonnant de constater à quel point les « libres penseurs »  sont très souvent « esclaves » de leurs préjugés? M. de Buissière eut l’audace de demander à Alphonse Ratisbonne de porter à son cou la médaille miraculeuse. Dans un premier temps, Ratisbonne se fâcha à l’idée de poser un geste aussi ridicule mais, la grâce agissant, il accepta et passa la médaille à son cou. Il s’exclama alors, par moquerie: « Me voilà maintenant catholique romain. ». M. de Buissière ne s’arrêta pas là. Il poussa l’audace jusqu’à tendre un bout de papier à Ratisbonne en lui disant: « J’aimerais aussi que vous récitiez à chaque jour cette prière mariale qu’on appelle le Memorare. Je vous prierais de la copier chez vous et de me la remettre car c’est l’unique exemplaire que j’ai. » Ratisbonne se fâcha à nouveau en disant qu’il était temps d’en finir avec ces bêtises. Mais la grâce continuant d’agir, il accepta ce défi supplémentaire. Ce soir-là, Alphonse Ratisbonne alla au théâtre pour se changer les idées. De retour chez lui, en se dévêtant, il prend conscience qu’il porte désormais une médaille à son cou et se souvient de la prière qu’on lui a prêtée. Il s’assit pour transcrire le Memorare. Le lendemain matin, cette prière mariale qui est quand même assez longue et que j’ai toujours personnellement de la difficulté à mémoriser, s’était totalement imprégnée dans l’esprit de Ratisbonne sans que ce dernier soit capable d’en donner la raison.

Quelques jours plus tard, Ratisbonne se trouve sur la place d’Espagne à Rome, dans un café. Au sortir du café, il rencontre M. de Buissière qui l’invite à monter dans sa voiture et lui dit: « Je vais m’arrêter quelques instants à l’église Saint-André delle Fratte car un bon ami est décédé et je dois faire les préparatifs des funérailles. Vous pourrez m’attendre dans la voiture et nous irons passer un moment ensemble par la suite ». Ratisbonne monte dans la voiture. Alors que M. de Buissière est dans l’église, Ratisbonne décide d’aller jeter un coup d’œil dans ce lieu de culte. Plus tard, racontant cette journée mémorable, il écrira que ce jour-là devant l’église, il y avait un chien noir qui bondissait devant lui comme pour l’empêcher d’entrer. Une fois à l’intérieur de l’église, rien d’extraordinaire n’a attiré l’attention du visiteur. Soudain, tout devint sombre et un faisceau de lumière se dirigea vers un autel latéral, situé à l’extrémité opposée de l’endroit où était entré Alphonse Ratisbonne. Ce dernier ne se rappelle pas avoir franchi la distance entre l’entrée et l’autel latéral situé à l’extrémité opposée. Soudain, la Vierge Immaculée lui apparut, dans la même position que la Vierge de la médaille miraculeuse. Seul l’index de sa main droite pointait vers le bas, comme pour indiquer à Ratisbonne de venir s’agenouiller à ses pieds. Alphonse fut complètement bouleversé par cette apparition. Voici un texte écrit de sa main : 

« J’étais depuis un instant dans l’église lorsque tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille ; elle m’a fait signe de la main de m’agenouiller, une force irrésistible m’a poussée vers elle, la Vierge a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris. »

C’était le 20 janvier 1842. Dans un autre texte, parlant de cette expérience inoubliable, Alphonse Ratisbonne nous dit ceci: « Je la regardai et immédiatement je baissai les yeux, réalisant mon indignité et comprenant intérieurement à quel point le péché originel est quelque chose de grave. J’essayai par la suite de regarder à nouveau le visage de la Vierge mais mes yeux ne pouvaient monter plus haut que ses mains pleines de miséricorde ». (Ces dernières phrases de Ratisbonne, je les cite de mémoire, les ayant lues il y a de cela quelques années). 

Lorsque M. de Buissière sort de la sacristie, il voit Ratisbonne agenouillé et tout en pleurs. Il s’informe et demande ce qui s’est passé. Ratisbonne dit qu’il veut d’abord en parler à un prêtre. M. de Buissière le conduit à l’église du Gesù à Rome où Alphonse rencontre un Père jésuite. Durant quelques jours, Ratisbonne recevra des instructions sur la religion catholique et il admettra que tout ce qu’il a appris sur la religion lui avait déjà été donné comme en germe, au moment de l’apparition de la Vierge. Alphonse Ratisbonne fut baptisé à la fin du mois de janvier. Il devint prêtre, entra dans la Compagnie de Jésus et se fera appeler dorénavant: le Père Marie. Il alla en Terre Sainte aider son frère Théodore qui avait fondé une Congrégation religieuse dans le but d’aider ses frères et sœurs juifs à se convertir au christianisme. Le Père Marie fut renommé  pour sa joie de vivre et sa gaieté. Il mourut le 6 mai 1884 et voulut être enterré à Aïn-Karim, là où a vécu Élisabeth, la cousine de la Vierge Marie. Le mystère de la Visitation de Marie à Élisabeth est d’ailleurs un des mystères les plus joyeux du rosaire.

 
Alphonse Ratisbonne, debout,
et son frère Théodore, assis. 

La " Médaille Miraculeuse "




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