dimanche 28 décembre 2014

Le Père Cantalamessa, apôtre de la joie

Le Père Cantalamessa, apôtre de la joie


Nous vivons en ce moment, l’Année de la vie Consacrée. Elle a débuté le 30 novembre dernier, lors du premier dimanche de l’Avent, et se terminera le 2 février 2016, par la célébration de la Journée mondiale de la vie consacrée. Le cardinal Joao Braz de Aviz, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, a écrit à cette occasion, une lettre circulaire intitulée: « Réjouissez-vous ». La phrase suivante du pape François, a été mise en exergue dès le début du document : « Je voulais vous dire un mot, et ce mot, c’est la joie. Partout où il y a les consacrés, il y a toujours de la joie » (pape François). Quelle phrase enthousiasmante pour les religieux du monde entier, provenant d’un pape qui est lui-même religieux jésuite!

Un des religieux qui m’impressionnent le plus en ce monde, par sa joie de vivre et son sourire constant et franc, est le Père Raniero Cantalamesssa, capucin. Tout son être, toute sa personne, prêche la joie de croire en Jésus. Quelle belle façon de témoigner de sa foi! Le Père Cantalamessa est le prédicateur de la Maison pontificale depuis 1980. Ce Père est chargé de donner des moments de ressourcement au pape et aux membres de la Curie romaine, durant les temps forts de l’année: l’Avent et le Carême. Il a prêché à Jean-Paul II, à Benoît XVI, et maintenant au pape François. Il est le seul prêtre autorisé à prêcher devant le pape.

Le Père Cantalamessa, prêchant au pape et à la curie romaine

Voici pour vous deux vidéos où le Père Cantalamessa s'exprime en français. La première vidéo est une interview récente et la deuxième, un enseignement sur le Notre Père



  1. Père Raniero Cantalamessa, Prédicateur de la Maison ...

    www.youtube.com/watch?v=33Kaz0VEjlU
    12 déc. 2014 - Ajouté par KTOTV
    Capucin italien, théologien et historien, le père Raniero Cantalamessa est prédicateur de la Maison ... Les 15 ans de KTO du 12/12/2014.
    1. Notre Père

      • il y a 1 an
      • 1 758 vues
      Enseignement vidéo du site http://www.2jesus.info. Auteur: Père Cantalamessa Raniero.








samedi 27 décembre 2014

L'Église et la famille

 L’Église et la famille

Aujourd’hui et demain, l’Église célèbre et honore la Sainte Famille: Jésus Marie et Joseph. Je désire profiter de l’occasion pour parler de l’Église et de la famille. J’imagine que vous savez tous qu’il y a eu cet automne un synode important à Rome sur la famille; et que ce synode se terminera dans un an. D’ici à l’automne prochain, moment où le synode sera reconduit, nous sommes tous invités à poursuivre nos réflexions sur le thème essentiel de la famille.

Voici où en est ma réflexion en ce moment: beaucoup de gens, même parmi les catholiques, ont espéré que le synode précipite les choses et aide à faire en sorte que la hiérarchie de l’Église change sa théologie en matière de mariage, ou, à tout le moins, sa pastorale. Personnellement, je pense que ce n’est pas à la hiérarchie de l’Église de changer sa conception du mariage, mais à une très grande partie du peuple de Dieu, de faire cette démarche. Car l’Église hiérarchique, en la matière, a fait son devoir, et l’a très bien fait. L’Église hiérarchique que je connais depuis que j’existe (environ soixante ans), ne cesse de réfléchir sur le mariage et d’émettre des documents extraordinaires que personne ou presque, dans le peuple de Dieu, se permet de consulter. Voilà pour ma part, ce qui me scandalise le plus et ce qui doit absolument changer. Avant de critiquer quoi que ce soit, il faut d’abord l’avoir étudié et compris. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours été impressionné par un homme tel que monsieur Claude Ryan. Claude Ryan, alors qu’il était rédacteur en chef du journal Le Devoir, ou alors qu’il était ministre ou premier ministre du gouvernement, faisait son devoir: il lisait ses dossiers. Jamais cet homme n’a parlé au travers de son chapeau, comme on dit. Toujours il étudiait les questions et les dossiers, avant de se prononcer, même si pour cela, il devait rester debout tard dans la nuit. Quel exemple pour tous les chrétiens! Et, soit dit en passant, M. Ryan était un très bon catholique. Il aimait aller partager sa foi avec les étudiants du Centre Newman de l'Université McGill, à Montréal. 

Dernièrement, j’ai rencontré deux frères de sang qui venaient de perdre leur mère. Ces deux hommes ont mon àge, et j’ai été agréablement surpris d’apprendre que tous les deux étaient des chrétiens pratiquants. Au cours de la conversation que j’ai eue avec eux, un des deux s’est mis à critiquer le pape Paul VI et sa lettre encyclique Humanae vitae (1). Avant que cet homme aille trop loin dans sa critique, je lui ai demandé s’il avait lu l’encyclique. Il m’a répondu que non. Et pourtant, ce texte est un des écrits les plus beaux et les plus importants qui soient sortis du cœur d’un pape. J’ai encouragé fortement cet homme à lire Humanae vitae; en ajoutant qu’après, on en reparlerait. Il est triste de constater que plusieurs journalistes athées ou agnostiques, se permettent de critiquer à pleines pages l’Église catholique sans jamais lire l’original de ses textes. Mais il est encore plus désolant de prendre conscience du fait que la grande majorité des catholiques pratiquants ne jettent jamais les yeux sur les documents provenant de la papauté. C’est là, à mon humble avis, que le bât blesse; c’est là que les choses doivent commencer par changer. Pour apprécier la doctrine de l’Église, pour la juger à sa juste valeur, l’aimer et la faire aimer, il faut d’abord la connaître. Je pense que c’est à cela que sont appelés tout spécialement les laïcs, en ce 21ème siècle. L’immense richesse doctrinale de l’Église ne peut pas rester lettre morte et inerte, alors qu’on peut y accéder par un simple « clic » de souris. Mettons les priorités à la bonne place, et tout ira mieux. On me dira que je rêve en couleurs. Peu m’importe. Si une seule personne prend la résolution aujourd’hui de lire davantage les documents principaux issus de la papauté, ce sera cela de gagné.

Je sais très bien que les gens n’ont supposément plus de temps pour rien; surtout pour les choses sérieuses. Mais du temps, on en trouve pour faire ce qui nous plaît vraiment. Il est plus facile que jamais de lire les documents de l’Église. En un « clic », vous pouvez avoir accès à l’encyclique Humanae vitae, et la lire sur votre ordinateur, ou l’imprimer pour une lecture plus agréable.

Plusieurs catholiques pratiquants sont sous l’impression qu’une personne divorcée ne peut pas recevoir la communion. Comme c’est triste de constater cela! Comme c’est triste de voir que la pensée de l’Église ne rejoint même pas les personnes qui fréquentent l’église à chaque dimanche! Le curé de la paroisse a une responsabilité dans cela, mais chaque baptisé a la responsabilité de former sa conscience de chrétien catholique. Et former implique souvent s’informer. Le pape Benoît XVI, s’adressant un jour aux jeunes du monde entier, leur a dit qu’ils devaient connaître leur religion beaucoup mieux que leurs parents, pour pouvoir faire face aux défis du monde moderne.

Une personne divorcée qui vit seule et s’efforce de suivre le Christ et ses commandements, peut recevoir Jésus eucharistie. Les personnes qui ne devraient pas recevoir la communion, d’après l’enseignement de l’Église, sont les personnes qui vivent « en situation de péché ». Cela veut dire les personnes qui vivent sous un même toit, comme maris et femmes, sans être mariés aux yeux de l’Église. C’est le cas, entre autres,  des personnes qui vivent en concubinage, c’est le cas aussi des divorcés remariés. Par divorcés remariés, l’Église entend les personnes qui ont été mariées validement à l’Église catholique, ont vécu un divorce, et ont contracté par la suite un mariage civil. Ces personnes vivent comme maris et femmes, sans être mariés aux yeux de Dieu et de l’Église. L’Église respecte les décisions prises par ces gens; les graves décisions prises par ces gens; mais l’Église s’attend à ce que les baptisés respectent aussi ses décisions. L’Église sait très bien que certaines personnes posent parfois des gestes importants sans trop y penser, ou encore regrettent des gestes posés alors qu’elles avaient une autre façon de voir. Mais tout adulte doit porter la responsabilité de ses actes, et vivre avec leurs conséquences.

Supposons qu’un homme et une femme se marient validement à l’Église catholique, se séparent et divorcent. Après un certain temps, la femme rencontre un autre homme, dont elle devient amoureuse. Elle marie cet homme au civil. Tous les deux fondent une famille, ont des enfants, etc. Soudain, cette femme qui s’était éloignée de Dieu et de l’Église pendant un certain temps, retrouve en quelque sorte la foi, et s’approche de Dieu. Qu’est-ce que l’Église lui demande? L’Église lui demande d’approfondir sa foi en Dieu, de pratiquer sa religion en participant avec ses frères et sœurs chrétiens à la messe dominicale, mais en s’abstenant de recevoir la communion. Voici un texte important de l'Église, qui traite de cette question:  

e) Les divorcés remariés

84. L'expérience quotidienne montre, malheureusement, que ceux qui ont recours au divorce envisagent presque toujours de passer à une nouvelle union, évidemment sans cérémonie religieuse catholique. Et comme il s'agit là d'un fléau qui, comme les autres, s'attaque de plus en plus largement aux milieux catholiques eux-mêmes, il faut d'urgence affronter ce problème avec la plus grande sollicitude. Les Pères du Synode l'ont expressément étudié. L'Église, en effet, instituée pour mener au salut tous les hommes, et en particulier les baptisés, ne peut pas abandonner à eux-mêmes ceux qui - déjà unis dans les liens du sacrement de mariage - ont voulu passer à d'autres noces. Elle doit donc s'efforcer, sans se lasser, de mettre à leur disposition les moyens de salut qui sont les siens.

Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l'obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canoniquement valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l'éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n'avait jamais été valide.

Avec le Synode, j'exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu'ils ne se sentent pas séparés de l'Église, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie. On les invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux oeuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l'Église prie pour eux, qu'elle les encourage et se montre à leur égard une mère miséricordieuse, et qu'ainsi elle les maintienne dans la foi et l'espérance!

L'Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. Ils se sont rendus eux-mêmes incapables d'y être admis car leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Église, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie. Il y a par ailleurs un autre motif pastoral particulier: si l'on admettait ces personnes à l'Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l'Église concernant l'indissolubilité du mariage.

La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui se sont repentis d'avoir violé le signe de l'Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l'indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l'homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs - par l'exemple l'éducation des enfants -, remplir l'obligation de la séparation, «ils prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux»(180).

De la même manière, le respect dû au sacrement de mariage, aux conjoints eux-mêmes et à leurs proches, et aussi à la communauté des fidèles, interdit à tous les pasteurs, pour quelque motif ou sous quelque prétexte que ce soit, même d'ordre pastoral, de célébrer, en faveur de divorcés qui se remarient, des cérémonies d'aucune sorte. Elles donneraient en effet l'impression d'une célébration sacramentelle de nouvelles noces valides, et induiraient donc en erreur à propos de l'indissolubilité du mariage contracté validement.

En agissant ainsi, l'Église professe sa propre fidélité au Christ et à sa vérité; et en même temps elle se penche avec un cœur maternel vers ses enfants, en particulier vers ceux qui, sans faute de leur part, ont été abandonnés par leur conjoint légitime.

Et avec une ferme confiance, elle croit que même ceux qui se sont éloignés du commandement du Seigneur et continuent de vivre dans cet état pourront obtenir de Dieu la grâce de la conversion et du salut, s'ils persévèrent dans la prière, la pénitence et la charité. (Jean-Paul II, Famililaris consortio, no. 84). (2)

Je ne sais pas comment vous recevez ces paroles venant de notre Mère l’Église. Je pense personnellement, qu’elles sont pleines de tendresse, de sollicitude et d’espérance. L’Église, qui est Mère, sait très bien que le cœur humain est « compliqué et malade », comme le dit si justement le prophète Jérémie (Jr 17, 9); elle sait que tout ne peut pas se vivre ou se faire du jour au lendemain. Mais l’Église, tout comme Marie, le modèle de toutes les mères, croit surtout en la parole de l’ange Gabriel, au jour de l’Annonciation : « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37) . Il pourra sembler à un homme et une femme divorcés remariés, qu’il ne pourront jamais réussir à vivre comme « frère et sœur », sans relations sexuelles. Mais je suis convaincu, que si ces personnes sont fidèles à ce que l’Église demande d’elles; si elles suivent les conseils et les recommandations que leur propose notre Mère l’Église, il y a de fortes chances pour que l’impossible devienne possible, par la grâce de Dieu. 

Les lectures de la messe d’aujourd’hui, en l’honneur de la Sainte Famille, sont particulièrement éloquentes pour le thème que j’aborde aujourd’hui avec vous. Les deux premières lectures nous présentent la figure d’Abraham, notre « père dans la foi ». Nous sommes ici au tout début de notre religion, au tout début de la vraie religion. L’acte de foi qui est demandé à notre père Abraham dans la première lecture, regarde sa progéniture. Dieu promet à Abraham et Sara, un couple âgé et infertile, qu’ils auront une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. « Abraham eut foi dans le Seigneur, et le Seigneur estima qu’il était juste. » (Gn 15, 6). À notre père Abraham, il est demandé non seulement d’avoir une confiance inébranlable en la vie, mais aussi en la toute puissance de Dieu. Il appartient vraiment à la foi de déplacer des montagnes. Tout, finalement, dans notre religion, est une question de foi. La question qui demeurera toujours est celle-ci: « Avons-nous assez la foi? Avons-nous suffisamment la foi? ». Tout est là. Dans la deuxième lecture, Dieu demande à Abraham de lui sacrifier son fils unique, le fils de la promesse. Abraham est prêt à accorder à Dieu ce sacrifice, car il croyait que Dieu est assez puissant pour ressusciter Isaac (He 11, 19). Quelle foi !

En 2008, à l’occasion du 40ème anniversaire de la parution de l’encyclique Humanae Vitae, l’archevêque d’Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, a écrit un très beau texte, dont voici quelques extraits :  

Les trois "non à la vie" qui ont marqué notre histoire depuis quarante ans: 
L'Europe a dit "non à la vie" une première fois il y a quarante ans en refusant l'encyclique "Humanae Vitae". Elle s'est fermée à la vie une deuxième fois en 1975 avec les lois sur l'avortement. Elle s'apprête à dire un troisième non à la vie avec les menaces qui pèsent sur la famille. Le Cardinal Christoph Schönborn déclarait récemment à la télévision autrichienne «L'Europe a dit trois fois non à son propre futur» et il ajoutait : « Ceci n'est pas d'abord une chose morale; c'est une question de faits: l'Europe meurt pour avoir dit "non à la vie ».


Nous avons dit non à l’encyclique « Humanae Vitae » il y a quarante ans, dans la tourmente de mai 68, nous n'avons pas eu le courage de dire "oui" à "Humanae Vitae", une encyclique qui, à de rares exceptions, a été jugée décevante, inadmissible, irrecevable, insupportable et pratiquement inacceptable.

Or Paul VI nous invitait à avoir confiance, à croire à la vie et il nous rappelait la grandeur de l'amour humain et du don de la vie. L'union d'amour qui unit deux personnes est inséparable de l'ouverture au don de la vie. L'amour comme tel ne saurait trouver sa finalité en lui-même, il a besoin de se donner, de se communiquer. Un amour qui exclurait l'ouverture à la vie, au don de soi, est contraire à la réalité même de l'amour et porte en lui un germe de mort. Dès lors, Paul VI écartait l'utilisation de toute méthode artificielle de régulation des naissances comme contraire à la grandeur même de l'amour qui unit l'homme et la femme jusqu'à ne faire plus qu'un, car de telles méthodes excluaient l’ouverture au don de la vie. Paul VI invitait les hommes et les femmes de notre temps à ne pas se laisser prendre par les mirages qu'offrent la technique et la culture hédoniste environnante, mais à vivre un amour véritable qui tout à la fois unit deux êtres dans un don total l'un à l'autre et s'ouvre au don de la vie qui est toujours reçu comme un don de Dieu.
  
Jean-Paul II et Benoît XVI à la suite de Paul VI auront le courage de rappeler cette vision merveilleuse de l'amour humain dans sa grandeur et sa beauté. Certes, une telle conception de l'amour et de l'acte sexuel est à des années lumière de l'ambiance dans laquelle nous vivons, de la vision de l'amour que nos écrans de télévision ou nos ordinateurs nous renvoient continuellement. 

Paul VI a eu l'audace des prophètes en affirmant la grandeur de l'amour humain et en refusant toute division entre l'amour qui unit deux êtres et l'ouverture au don de la vie, écartant par avance toute marchandisation du corps humain et toute dérive bioéthique. Paul VI a eu l'audace du visionnaire pour refuser au nom de la grandeur de l'amour humain toute utilisation des pilules et des préservatifs qui ouvriraient la voie à un véritable tsunami du consumérisme des corps pour un plaisir éphémère sans lien avec la grandeur et la beauté de l'amour.


Aujourd'hui, n'ayons pas peur de dire un oui vrai à "Humanae Vitae", ayons le courage de dire oui à l'amour humain et au don de la vie. Ayons confiance, croyons à la vie. 

Je voudrais remercier toutes les familles qui disent oui à la vie, leur témoignage est sans prix et portera du fruit. Quelle joie de rencontrer de telles familles où les enfants sont autant de dons de Dieu accueillis comme fruits de l'amour qui unit les parents. Sans la famille, sans le "oui à la vie", il n'y a de futur ni pour la société, ni pour l'Église.

N'ayons pas peur de demander pardon pour tous nos manques de courage, pour tous nos manques de confiance dans la vie. Que le Seigneur nous donne à tous de nous convertir et de croire à l'Évangile de la Vie ! Qu'il nous donne à tous le courage de dire "oui à la vie".

Avignon, le 24 juin 2008, en la fête de Saint Jean Baptiste  (3)

Le pape Jean-Paul II a aussi été un grand défenseur de la vie sous toutes ses formes. Il a lui aussi écrit une magnifique encyclique pour défendre la vie: Evangelium vitae (L’Évangile de la vie). Voici deux extraits de cette encyclique:
«Revendiquer le droit à l'avortement, à l'infanticide, à l'euthanasie, et le reconnaître légalement, cela revient à attribuer à la liberté humaine un sens pervers et injuste, celui d'un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres. Mais c'est la mort de la vraie liberté : « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché » (Jn 8, 34). (Evangelium vitae,  nº 20).

«L'éclipse du sens de Dieu et de l'homme conduit inévitablement au matérialisme pratique qui fait se répandre l'individualisme, l'utilitarisme et l'hédonisme [...]. C'est ainsi que les valeurs de l'être sont remplacées par celles de l'avoir. La seule fin qui compte est la recherche du bien-être matériel personnel. La prétendue "Qualité de la vie" se comprend essentiellement ou exclusivement comme l'efficacité économique, la consommation désordonnée, la beauté et la jouissance de la vie physique, en oubliant les dimensions les plus profondes de l'existence, d'ordre relationnel, spirituel et religieux». (Evangelium vitae,  nº 23).

Au lendemain de Noël, il fait bon se rappeler les mots que le pape François a prononcés à Bethléem, lors de son voyage en Terre Sainte en mai dernier :
Place de la Mangeoire (Bethléem)
Dimanche 25 mai 2014
« Et voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12).
Aujourd’hui également les enfants sont un signe. Signe d’espérance, signe de vie, mais aussi signe “diagnostic” pour comprendre l’état de santé d’une famille, d’une société, du monde entier. Quand les enfants sont accueillis, aimés, défendus, protégés dans leurs droits, la famille est saine, la société est meilleure, le monde est plus humain. Pensons à l’œuvre que réalise l’Institut Effetà Paolo VI en faveur des enfants palestiniens sourds-muets: c’est un signe concret de la bonté de Dieu. C’est un signe concret que la société s’améliore.

Dieu, aujourd’hui, nous répète à nous aussi, hommes et femmes du XXIème siècle: « Voici le signe qui vous est donné », cherchez l’enfant…

Et nous nous demandons: qui sommes-nous devant l’Enfant Jésus? Qui sommes-nous devant les enfants d’aujourd’hui? Sommes-nous comme Marie et Joseph, qui accueillent Jésus et en prennent soin avec amour maternel et paternel? Ou bien sommes-nous comme Hérode, qui veut l’éliminer?  …   Sommes-nous capables de nous tenir à côté d’eux, de « perdre du temps » avec eux? Savons-nous les écouter, les défendre, prier pour eux et avec eux? Ou bien les négligeons-nous, pour nous occuper de nos intérêts?

(1) Lien pour Humanae vitae:

(2) Lien pour Familiaris consortio:

(3) Culture de la Vie : « Aurons-nous le courage… ? », par Mgr ...

www.zenit.org/.../culture-de-la-vie-aurons-nous-le-courage-par-mgr-catt...

 



mercredi 24 décembre 2014

Noël 2014

Noël 2014
 

Nous sommes parvenus à un nouveau Noël, le Noël 2014. Cela fait plus de 2000 ans que notre Seigneur Jésus Christ est né et est mort pour nous. Qu’est-ce que l’on constate aujourd’hui? On remarque que l’athéisme est plus répandu qu’à n’importe quelle époque de l’histoire humaine. Voilà une constatation qui me fascine et me trouble. C’est un peu à cause des progrès énormes de la technologie que l’être humain en est venu à croire que Dieu n’existe pas ou que, à tout le moins, il peut se passer de Dieu. Et pourtant, c’est la même technologie qui devrait nous convaincre de l’existence de Dieu. Avec l’équipement scientifique que nous avons de nos jours, il est tellement plus facile de constater l’ordre extraordinaire qu’il y a dans l’univers. Pouvez-vous m’expliquer comment une sonde nommée Rosetta peut larguer son atterrisseur Philae, sur une comète située à 6,5 milliards de kilomètres, après un périple de dix ans et huit mois? Comment peut-on faire cela, si ce n’est à cause de l’ordre fabuleux qu’il y a dans l’univers? Et comment le hasard peut-il créer tant d’ordre, tant d’harmonie? C’est bien beau de rêver en couleur, mais Dieu s’attend de nous à un peu plus de réalisme. Un de mes meilleurs amis m’écrivait ceci ces jours-ci :

Je pense qu'il est purement et simplement impossible que le hasard ait produit l'univers. Ce n'est pas qu'il y a une chance sur des milliards de milliards. Il n'y a aucune chance que cela soit arrivé. Pas plus qu'il n'y a de chance que le hasard ait constitué la ville de New York. (Voir: Dieu ma joie: L'existence de Dieu est une évidence)

Première constatation: l’athéisme est plus répandu. Deuxième constatation: plusieurs religions existent sur la terre, en ce moment. Personnellement, je n’ai rien contre cela. C’est la preuve évidente que l’être humain est essentiellement un être religieux. Mais je suis contre le fait que l’on prétende que toutes les religions se valent. Cela je ne l’admets pas. Il n’y a qu’un seul Dieu. Et je me dois de chercher à savoir qui Il est en vérité. Le minimum que l’être humain puisse faire, s’il est convaincu que Dieu existe, c’est de chercher à connaître qui Il est. Je suis toujours surpris d’entendre des baptisés catholiques s’indigner de voir autant de personnes musulmanes s’installer dans nos villes et témoigner ouvertement de leur foi. C’est quoi cette indignation là? Je m’indigne de voir des gens qui croient vraiment en leur Dieu? Je pense que ces mêmes musulmans s’indignent de voir tant de catholiques qui tiennent leur religion pour presque rien et qui s’offensent d’avoir devant leurs yeux des croyants.    

Personnellement, je suis tellement fier d’être catholique. Pour moi, la religion catholique est la plus belle, la plus admirable, la plus édifiante et la plus humaine de toutes les religions. La religion catholique est pour moi « la religion ». Notre Dieu s’est fait homme pour nous, par amour pour nous et pour nous redonner la dignité d’enfant de Dieu. Notre Dieu s’est fait enfant, enfant pauvre, enfant démuni, enfant laissé à la merci des caprices et de la méchanceté des hommes. Sur le point de naître en ce monde, il n’y a pas de place pour Lui. À peine né, on veut le tuer et il doit aller vivre en exil. Jésus toute sa vie ne pensera qu’à plaire à son Père et à faire du bien autour de lui. Et il mourra crucifié sur une croix pour chacun d’entre nous. Voilà la preuve suprême que nous sommes tout pour Dieu. Chacun de nous est tout pour Dieu, puisque Dieu, dans son infini amour et dans son infinie tendresse, a voulu quitter le ciel et mourir sur une croix pour nous. Le Fils de Dieu savait très bien ce qu’Il allait faire en venant en ce monde : Il venait mourir de façon ignoble, pour nous. Voilà le Dieu que nous avons, et que nous préférons parfois oublier. Le pape Benoît XVI a dit un jour cette phrase admirable : « Dieu a sauvé le monde non par un acte de puissance, mais par l’humiliation de son fils unique » (1).

Ce soir, durant cette eucharistie, demandons à Dieu d’augmenter notre foi. Si vous avez la foi, c’est que Dieu l’a mise un jour dans votre cœur. Et seulement Dieu peut l’augmenter. Notre foi ne sera jamais assez grande et robuste. En ces temps difficiles pour l’humanité, Dieu a besoin de témoins convaincus et convaincants. Demandons à Dieu de faire de nous de tels témoins. Si vous n’avez pas la foi, sachez que si vous la désirez vraiment, elle vous sera donnée. Demandez-la sincèrement à Dieu, en cette nuit de Noël 2014, et il vous la donnera. Je ne dis pas qu’Il vous la donnera cette nuit; peut-être le fera-t-il; mais Il vous la donnera sûrement.

En la première nuit de Noël, les anges ont dit cette phrase admirable : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime ». Dans une semaine, le premier janvier 2015, ce sera la journée mondiale de prière pour la paix. Voici un extrait de l’échange qu’il y a eu entre le pape Benoît XVI et les membres d’équipage de la Station spatiale internationale (ISS), le 21 mai 2012 :

Le pape : De la Station spatiale, vous avez une vision très différente de la Terre. Vous survolez plusieurs fois par jour les différents continents et nations. Je pense qu’il doit être évident pour vous que nous vivons tous sur une seule planète et qu’il est absurde de se battre et de s'entretuer. Je sais que la femme de Mark Kelly a été victime d’une grave agression et j’espère que sa santé continue à s’améliorer. Lorsque vous contemplez la Terre de là-haut, vous arrive-t-il de penser à la manière dont les nations et les peuples vivent ensemble ici-bas, ou à la manière dont la science peut contribuer à la cause de la paix ?

Mark Kelly, Etats-Unis: Je vous remercie pour vos aimables paroles, Sainteté, et je vous remercie d’avoir rappelé ma femme Gabby. C’est une très bonne question. En effet, nous survolons le monde et nous ne voyons pas de frontières, …  

(Commentaire de Guy Simard: il semble que le fait de voir notre belle planète de haut, d’extrêmement haut, permette de la voir un peu mieux avec les yeux de Dieu: pour Dieu, il n’y a pas de frontière entre les êtres humains; tous sont égaux et infiniment aimables).

Le pape : L’expérience que vous faites en ce moment est extraordinaire et très importante, même si vous devrez revenir sur la terre comme nous tous. Lorsque vous reviendrez, vous serez regardés avec admiration, vous serez traités comme des héros et votre voix fera autorité. Vous serez invités à raconter vos expériences. Quels seront les messages les plus importants que vous voudrez transmettre, aux jeunes en particulier, qui vivent dans un monde profondément marqué par vos expériences et vos découvertes ?
Mike Fincke, Etats-Unis: Sainteté, comme l’ont dit mes collègues, nous pouvons regarder vers le bas et admirer cette splendide planète qui a été créée par Dieu et qui est la planète la plus belle de tout le système solaire. Toutefois, si nous levons les yeux, nous pouvons voir le reste de l’univers à explorer. La Station spatiale internationale n’est qu’un symbole, un exemple de ce que peuvent faire les êtres humains quand ils travaillent ensemble de façon constructive. Notre message donc – un de nos messages, mais je crois le plus important – est de faire savoir aux enfants, aux jeunes qu’il y a un univers tout entier à explorer et que si nous nous engageons ensemble, il n’y a rien que nous ne puissions obtenir.

En terminant, en cette veille de Noël 2014, je fais mien le vœu que le pape Benoît XVI a formulé un jour :

Soyons confiants que notre engagement dans l’évangélisation aidera à redonner à l’Évangile sa place centrale dans la vie de tant d’hommes et de femmes de notre temps. Et prions pour que tous retrouvent dans le Christ le sens de leur existence et le fondement de la vraie liberté. Sans Dieu, en effet, l’homme s’égare. Les témoignages de ceux qui nous ont précédés et qui ont consacré leur vie à l’Évangile le confirment pour toujours. Il est raisonnable de croire, c’est notre existence qui est en jeu. Cela vaut la peine de se dépenser pour le Christ, lui seul peut satisfaire les désirs de vérité et de bien enracinés dans l’âme de tout homme: à présent, dans le temps qui passe, et dans l’éternité bienheureuse. (2)


(1)   Benoît XVI, audience générale du 21 novembre 2012.  
(2)   Ibid.  

P.S. Je remarque qu’à la télévision cette année, les journalistes n’hésitent pas à nous souhaiter un  « JOYEUX NOËL », alors que par les années passées, on se contentait de nous souhaiter de  « JOYEUSES FÊTES ». Le mot « Noël », « Natale » en italien, fait référence à la naissance, et à la  naissance de Jésus; c’est un mot essentiellement religieux. Serait-ce le signe d’un réveil religieux? Si  tel est le cas, j’en remercie Dieu de tout mon cœur. 

JOYEUX NOËL !!!!!


lundi 22 décembre 2014

Interview du P. Pierre Paul, omv, Maître de Chapelle à Saint-Pierre de Rome

Interview du P. Pierre Paul, omv,
Maître de Chapelle à Saint-Pierre de Rome

Un de mes confrères et amis, lui aussi Oblat de la Vierge Marie, exerce un ministère important, au sein de l’Église catholique: il est Maître de Chapelle en la Basilique papale de Saint-Pierre, au Vatican. Un des journalistes de la chaîne de télévision Sel et Lumière, l’a interviewé dernièrement.

Il me fait plaisir, en cette veille de Noël 2015, de vous présenter cette interview.

Quant à toi, cher Pierre, je désire te remercier d’avoir su admirablement concilié sacerdoce et ministère de la beauté. Je me souviens à quel point j’étais touché et réjoui lorsque je t’entendais chanter le psaume aux messes papales, en la Basilique Saint-Pierre, du temps où nous étions tous les deux en formation à Rome. Je désire maintenant faire miennes les paroles du pape Benoît XVI, dans la lettre qu’il a écrite aux artistes en 2009. Je t’offre ces lignes comme un souhait provenant d’un cœur d’ami, en la veille d’un nouveau Noël:

« Chers artistes, m'approchant de la conclusion, je voudrais adresser moi aussi, comme le fit déjà mon prédécesseur, un appel cordial, amical et passionné. Vous êtes les gardiens de la beauté; vous avez, grâce à votre talent, la possibilité de parler au cœur de l'humanité, de toucher la sensibilité individuelle et collective, de susciter des rêves et des espérances, d'élargir les horizons de la connaissance et de l'engagement humain. Soyez donc reconnaissants des dons reçus et pleinement conscients de la grande responsabilité de communiquer la beauté, de faire communiquer dans la beauté et à travers la beauté! Soyez vous aussi, à travers votre art, des annonciateurs et des témoins d'espérance pour l'humanité! Et n'ayez pas peur de vous confronter avec la source première et ultime de la beauté, de dialoguer avec les croyants, avec ceux qui, comme vous, se sentent en pèlerinage dans le monde et dans l'histoire, vers la Beauté infinie! La foi n'ôte rien à votre génie, à votre art, au contraire elle les exalte et les nourrit, elle les encourage à franchir le seuil et à contempler avec des yeux fascinés et émus le but ultime et définitif, le soleil sans crépuscule qui illumine et embellit le présent. » (Benoît XVI, Lettre aux artistes, Chapelle Sixtine, le samedi 21 novembre 2009).

Pour écouter et voir l’interview, veuillez cliquer sur le lien suivant: 

http://seletlumieretv.org/focuscatholique/entrevue-avec-pere-pierre-paul.php

  

dimanche 21 décembre 2014

Marie modèle de vie

Marie modèle de vie


Nous sommes parvenus au quatrième et dernier dimanche de l’Avent. L’évangile est le même que celui du 20 décembre, jour par excellence de l’Avent, en raison du solennel évangile de l’Annonciation, ou de l’Incarnation. Dans cet évangile, nous voyons la Vierge Marie poser l’acte de foi le plus grand qui ait jamais été fait sur cette terre. De tout temps, les membres du peuple de Dieu ont cru aux miracles; aux interventions extraordinaires et surnaturelles de Dieu. Par exemple, dans l’Ancien Testament, des femmes âgées et stériles ont cru aux messagers célestes qui leur annonçaient qu’elles seraient bientôt enceintes. Ces actes de foi sont vraiment admirables. Mais ils ne sont rien en comparaison de l’acte de foi qu’a posé la Vierge Marie à l’aube des temps nouveaux. Marie a cru, grâce aux paroles de l’archange Gabriel, que Dieu lui-même prendrait chair en elle, sans le recours d’un homme; que son sein serait fécondé par la troisième Personne de la Trinité. l’Esprit Saint; et que par conséquent, l’Enfant qui naîtrait d’elle, serait à la fois Dieu et homme. Marie a cru cela, surtout, je pense, grâce à la dernière phrase qu’elle a entendue de la bouche de l’ange Gabriel : « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1,37 ). Ce que nous célébrons aujourd’hui en Église, c’est la foi extraordinaire de Marie, et ce que saint Paul appelle dans la deuxième lecture de la messe d’aujourd’hui : l’obéissance de la foi (Rom 16, 26).

Dans la première lecture de la messe de ce dernier dimanche de l’Avent, nous voyons le roi David qui se sent mal à l’aise du fait que lui, un roi simplement humain, habite dans une maison de cèdre, alors que Dieu habite sous une tente, une misérable tente. Je me demande comment David se serait senti, s’il avait vu Dieu naître dans une étable, couché dans une mangeoire d’animaux. David décide alors qu’il va construire une maison à Dieu, et même un Temple extraordinaire. Mais Dieu lui fait savoir qu’il n’en n’est pas question. Dieu lui dit qu’Il ne s’est jamais plaint à personne d’habiter sous une tente et que c’est lui Dieu, qui a voulu construire une maison à David. C’est lui, Dieu, qui a comblé David de grâces et de biens. C’est Lui, Dieu, qui a béni la maison de ce roi, c’est-à-dire sa personne et sa descendance. Voilà l’essence de la vie chrétienne: admettre que c’est Dieu, le grand bienfaiteur, c’est Lui qui gouverne nos vies, c’est Lui qui aime l’être humain et ne cesse de le combler de ses bienfaits. Nous, les êtres humains, nous sommes heureux de donner, mais nous sommes souvent embarrassés de recevoir. Il nous est beaucoup plus facile de donner, que de recevoir. Je pense que cela est dû au péché qui est à la racine de tous les autres péchés: l’orgueil. Tout péché est un péché d’orgueil.

La Vierge Marie est notre modèle de vie, surtout par son humilité, son extraordinaire humilité. C’est ce qui ressort de l’évangile d’aujourd’hui. Sa seule réponse à l’ange, fut: « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi, selon ta Parole » (Lc 1, 38). Marie a toujours laissé faire Dieu dans sa vie; a toujours été émerveillée des œuvres que Dieu a faites en elle. Dans sa magnifique prière, le Magnificat, elle ne s’attribue aucun mérite; Elle reporte tous ses privilèges et ses grandeurs à Dieu; et Elle se réjouit des bontés divines:

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.
Il s’est penché sur son humble servante; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puisssant fit pour moi des merveilles, saint est son nom. » (Lc 1, 46-49)

Deux images sont souvent utilisées pour représenter ou décrire la Vierge Marie: la lune et le vitrail. La lune car cet astre céleste tire sa splendeur uniquement du soleil. Sans le soleil, nous ne verrions jamais la lune. Qui a déjà contemplé la face cachée de la lune? De même en est-il pour Marie; notre Mère du ciel, ne s’attribue par elle-même aucune beauté, aucune grandeur et aucun mérite. Elle est parfaitement consciente que toute sa beauté et toute sa grandeur, lui viennent de Dieu.

Le vitrail est aussi une belle image de la Vierge Marie. Si vous passez à côté d’une église, vous verrez que les murs extérieurs comportent ce qui ressemble à d’immenses vitres. Mais ces vitres semblent obscures et opaques. Mais entrez dans cette église et regardez ces mêmes « vitres » de l’intérieur. Vous serez éblouis par tant de beautés, tant de luminosité et de couleurs vives. Car ces « vitres » ne sont pas des vitres, mais des « vitraux ». Le vitrail a cette capacité de laisser passer la lumière, de se laisser éclairer de l’intérieur. À l’extérieur, ils ne sont rien; à l’intérieur, ils sont tout. De même en est-il pour Marie; sa grande qualité est de laisser passer Dieu, la Lumière de Dieu; de se laisser pénétrer et traverser par Dieu, sans offrir de résistance. Quelqu’un a déjà décrit la sainteté comme ceci: les saints sont ceux qui n’ont offert aucune résistance à Dieu.  L’extraordinaire beauté de Marie, lui vient surtout de l’intérieur. En ce siècle où nous vivons, où l’être humain est obsédé par la beauté de son physique et de son apparence extérieure, que nos églises et que notre Mère du ciel, nous apprennent que la véritable beauté se trouve au-dedans de nous.


Sortons notre chapelet, à trois jours de Noël, et prions Dieu par Marie. C’est ce que l’Église nous invite à faire, par la prière d’ouverture de la messe d’aujourd’hui. La prière d’ouverture de ce quatrième dimanche de l’Avent, prière qui porte aussi le nom de « collecte », car elle a pour but de recueillir toutes les intentions cachées dans le cœur des fidèles qui participent à l’eucharistie et de les présenter à Dieu, dit ceci:

« Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs: par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé (les mystères joyeux), conduis-nous par sa passion et par sa croix (les mystères douloureux) jusqu’à la gloire de la résurrection (les mystères glorieux). Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen » (Prière d'ouverture, messe du quatrième dimanche de l'Avent)




  

jeudi 18 décembre 2014

" Je perds mon temps en allant à la messe "

« Je perds mon temps en allant à la messe »
 

Un homme écrit une lettre dans le " courrier des lecteurs " d'un grand journal pour montrer qu’il ne sert à rien d’aller à la messe tous les dimanches.

« J’y suis allé durant 30 ans, » écrit-il, « et pendant ce temps, j'ai entendu quelque chose comme 3,000 sermons. Mais, pour dire la vérité, je ne me souviens d’aucun d'entre eux. Je considère donc que je perds mon temps et que les prêtres aussi perdent leur temps en prononçant tous ces sermons. À partir d’aujourd’hui, j’arrête d’aller à la messe. »
Cette courte lettre donna lieu à une véritable polémique dans la rubrique « Courrier des lecteurs », au grand plaisir de l'éditeur du journal. La polémique se poursuivit pendant quelques semaines jusqu'à ce que quelqu'un écrive ceci :

« Je suis marié depuis 30 ans maintenant.  Ma femme a cuisiné quelques 32,000 repas. Mais, pour dire la vérité, je ne saurais vous donner la recette d’aucun de ces repas. Mais même si je ne sais pas cela, ces repas m'ont tous nourri et m'ont donné la force pour faire mon travail. Si ma femme ne m'avait pas donné ces repas, je serais physiquement mort aujourd'hui. De même, si je n'étais pas allé à l'église pour me nourrir, je serais spirituellement mort aujourd'hui! »
(D'après une histoire trouvée sur le web)