jeudi 30 octobre 2014

Dix conseils du pape



 Dix conseils pour être heureux
selon le pape François




Dans une entrevue accordée en juillet dernier au magazine argentin Viva, le pape François a donné dix conseils pour être heureux. Pour vous présenter ces dix conseils, je me suis surtout servi d’un article publié en italien, dont voici la référence: 
Il decalogo del Papa per la felicità - Il Post www.ilpost.it/2014/07/31/decalogo-papa

1. Vivre et laisser vivre.  Le pape a illustré cette pensée par une expression italienne qui, en gros, signifie « va de l’avant et laisse les autres faire pareil ». L’expression italienne est la suivante : « Campa e lascia campare ».  

2. Se donner aux autres. Il nous faut être généreux et ouverts aux autres car si nous nous renfermons sur nous-mêmes, nous courrons le risque de devenir égoïstes. Et l’eau stagnante devient rapidement infecte.

3. Vivre calmement.  Pour expliquer ce point, le pape François s’est servi du roman de l'Argentin Ricardo Güiraldes, intitulé "Don Segundo Sombra". Dans ce roman, le personnage principal, nommé Don Segundo, regarde en arrière et relit toute sa vie. Il dit que dans sa jeunesse, il était un torrent plein de pierres qui entraînait tout sur son passage; qu’à l’âge adulte, il était un fleuve impétueux; et que rendu maintenant à un âge avancé, il était plutôt une flaque d’eau calme; qu’il se mouvait toujours, mais lentement. Le pape a dit que cette dernière image lui plaisait parce qu’elle représente « la capacité de se mouvoir avec finesse et humilité et à  avancer avec calme dans la vie ». Les anciens ont cette sagesse; ils sont la « mémoire du peuple ». 

4. Préserver le temps libre.  Le pape nous encourage à trouver du temps pour l’art, la littérature et le jeu avec les enfants. « La société de consommation nous conduit à perdre de vue la saine culture du temps libre ». Il dit qu’il faut éteindre le téléviseur quand on s’assoit pour manger. Si la télévision est utile pour se tenir au courant de ce qui se passe, à table elle empêche de communiquer avec les autres.

5. Passer les dimanches en famille. Le dimanche est un jour de fête. « L’autre jour, à Campabasso, j’ai participé à une rencontre entre le monde universitaire et le monde ouvrier. Tous ont demandé de ne pas travailler le dimanche. Le dimanche est pour la famille. 

6. Nous devons être créatifs pour trouver du travail aux jeunes : Nous devons être créatifs avec les jeunes. Si les jeunes n’ont pas d’opportunité de travailler, il est facile qu’ils tombent dans la drogue. Le taux de suicide des jeunes sans travail, est très élevé. Il n’est pas suffisant de leur donner à manger; il faut inventer des cours d’une durée d’un an dans les domaines de l’hydraulique, de l’électricité, de la couture, etc. La dignité vient du fait de porter du pain à la maison.  

7. Prendre soin de la nature. Nous devons nous occuper davantage de la nature et de notre environnement, croit le pape François. Sa destruction est « le plus grand défi que nous ayons ». Selon lui, notre relation à la nature est suicidaire. « Je crois qu’il y a une question que nous ne nous posons pas: est-ce que l’humanité n’est pas en train de se suicider avec une telle utilisation inconsidérée et tyrannique de la nature? »

8. Oublier rapidement les choses négatives. Le pape prie les gens de ne pas être négatifs. « Le besoin de parler en mal des autres indique une mauvaise estime de soi. Cela revient à dire ceci: je sens que j’ai tellement peu de valeur, qu’au lieu de m’améliorer, je cherche à rabaisser les autres ». Il est sain de se débarrasser rapidement des pensées négatives. »

9. Respecter les croyances des autres sans prosélytisme. Le pape nous enjoint de respecter les croyances des autres. « Nous pouvons inspirer les autres par notre témoignage et notre façon de vivre, de sorte que puissions grandir ensemble. Mais la pire chose qui puisse exister, est le prosélytisme religieux qui paralyse : je parle avec toi pour te convaincre. Non. Que chaque personne dialogue à partir de sa propre identité. L’Église grandit par attraction, et non pas par prosélytisme. »   

10. Travailler pour la paix.  « Nous vivons à une époque où il y a beaucoup de guerres.   L’appel pour la paix doit être crié. La paix donne parfois l’impression d’être quelque chose de tranquille, mais elle n’est jamais tranquille; la paix est toujours active ».

Le pape a parlé des guerres qui font rage en ce moment et il a exprimé le fait qu’il n’est pas du tout intéressé par le prix Nobel de la paix. Au journaliste qui lui demandait ce qu’il ferait avec l’argent s’il gagnait le prix Nobel, le pape a répondu : « Pour dire la vérité, c’est une question qui ne fait pas partie de mon agenda. Même si je ne méprise pas du tout ce genre de chose, je n’ai jamais désiré recevoir de doctorat ou de récompense. Je ne pense jamais à cela, et encore moins à ce que je ferais avec l’argent que me donnerait le prix. »

Pour voir ces 10 secrets sur PPT, veuillez cliquer sur le lien suivant: 

Les_10_secrets_du_bonheur.pps (2,74 Mo)

dimanche 26 octobre 2014

Aime-toi !

Aime-toi !
 
La Parole de Dieu devrait nous étonner. Il n’y a rien d’étonnant à ce que la Parole de Dieu nous étonne, puisque Dieu ne pense pas comme nous.

Aujourd’hui, dans l'évangile de ce dimanche, un docteur de la loi demande à Jésus : « Maître, quel est le grand commandement? ». Et Jésus répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. » Est-ce que cela ne vous étonne pas? Que Dieu en Personne, en la Personne de Jésus, nous dise que le premier de tous les commandements, c’est d’aimer Dieu de tout son cœur. Moi, cela m’étonne beaucoup.

Est-ce qu’un nouveau-né a besoin qu’on lui commande d’aimer sa mère? Est-ce qu’un enfant qui vit dans une famille disons « normale », a besoin qu’on lui commande d’aimer ses parents? Est-ce qu’il ne fera pas cela instinctivement? Alors pourquoi un commandement pour aimer Dieu, surtout une fois que l’on connaît ce Dieu, que l’on connaît le vrai Dieu? Un Dieu dont on sait qu’il nous aime infiniment, et dont on a des preuves à longueur de jours, comment peut-on nous commander de l’aimer? Je trouve cela très triste que Dieu ait à nous commander de l'aimer.

Le grand mystère pour saint François d’Assise était celui-ci : « L’Amour (Dieu) n’est pas aimé. ».

Et Jésus, ne se contente pas de donner le premier commandement; il nous donne aussi le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ». Est-ce que ce second commandement vous étonne? Moi, il m’étonne. La mesure dont je dois me servir pour aimer mon prochain, c’est la mesure dont je m’aime moi-même. Pauvre mesure, car très souvent les gens ne s’aiment pas! Si je m’aime peu, cela voudrait dire que le Seigneur me demanderait d’aimer peu mon prochain. Mais on comprend très bien que ce n'est pas cela que Dieu veut nous dire; que ce n'est pas cela que Dieu veut. Si je dois mesurer l’amour que je dois aux autres d’après l’amour que j’ai pour moi-même, cela veut dire que d’après Dieu, je dois m’aimer beaucoup. Si je m’aime beaucoup, je pourrai aimer les autres beaucoup.

J’ai été très étonné de lire un jour certaines phrases d’un des auteurs catholiques les plus lus et appréciés : Peter van Breemen :

« Très peu de personnes s’apprécient et s’aiment vraiment.  …  Il est rare, en fait, de rencontrer quelqu’un qui s’aime vraiment, au sens plénier du terme, ou qui a appris à s’accepter lui-même tel qu’il est, sans amertume ni dépit, mais avec une réelle bonté. » (Peter van Breemen, Homo creatus est, Cahiers de spiritualité ignatienne).

Quand j’ai lu cela, j’ai failli tomber en bas de ma chaise. J’ai été tellement étonné de lire ça. On m’avait tellement éduqué à croire que tout le monde était égoïste, que tout le monde ne pensait qu’à soi, que j’en étais venu à penser que les gens s’aimaient trop et que cela était mal. J’avais fait les équations suivantes : Penser à soi = mal = s’aimer trop. Par une mauvaise tournure d’esprit, j’en étais venu à penser que penser à soi était mal; que s’aimer était mal.   

Or tous les auteurs spirituels aujourd’hui, nous demande et nous commande de nous aimer. Le mot d’ordre maintenant, c’est : aime-toi. Regarde-toi avec bonté, avec bienveillance. Arrête de te juger. Si tu passes ton temps à te juger, tu vas aussi passer le temps à juger les autres.

Vous vous souvenez du temps où on nous suggérait de faire un examen de conscience à chaque jour. Et quel était le but de cela? De trouver les failles dans notre vie. De trouver ce qui n’allait pas. Si je me concentre le soir, avant de me coucher, sur ce qui ne va pas dans ma vie, ce ne peut être que déprimant.

Aujourd’hui, on ne parle plus comme cela dans le monde catholique. On parle de faire à chaque jour un « examen spirituel du conscient » : de faire un examen spirituel de ce qui s’est passé durant la journée. Cet examen doit être « spirituel », c’est-à-dire, mû et éclairé par l’Esprit. Je demande à l’Esprit Saint de me montrer comment Il a été à l’œuvre en moi durant ma journée. Par conséquent, je demande à Dieu de me faire voir mes bons coups, mes réussites. Et cela est beaucoup plus enthousiasmant. D’ailleurs le mot « esprit » est tiré du mot hébreu « rouah », qui veut dire « souffle ». L’Esprit veut nous donner du souffle, veut mettre du souffle dans notre vie. Il ne veut pas nous écraser ou éteindre la mèche qui faiblit, comme le dit si bien le prophète Isaïe (Is 42, 3).

Au Canada, il se passe souvent ceci, durant le bulletin des nouvelles. En plein milieu du bulletin, on passe à la « bonne nouvelle du jour ». Des recherchistes font des pieds et des mains pour trouver une bonne nouvelle à glisser parmi la tonne de mauvaises nouvelles qu’on nous présente à chaque jour. Vous ne pouvez imaginer le baume et le souffle que produit cette bonne nouvelle dans le cœur des téléspectateurs! Je rêve du jour où un millionnaire fondera une station de télévision dédiée uniquement aux bonnes nouvelles. Je rêve du jour où je dirai en regardant un bulletin de nouvelles constitué uniquement de bonnes nouvelles : « Assez! Assez! Assez de bonnes nouvelles; je ne suis plus capable d’en prendre! C’est trop beau ».

Voici, pour illustrer le propos du présent blogue, un extrait d’un des textes les plus beaux que j’aie lus durant ma vie. Il s’agit de paroles prononcées par l’abbé Jacques Leclercq, prêtre français qui a exercé un ministère d’écoute et d’accueil durant de nombreuses années en la cathédrale Notre-Dame de Paris :

« Soyez gentils avec vous-mêmes, faites vous plaisir, faites des folies, des petites folies, ne vous refusez pas des petits bonheurs simples au nom de je ne sais quelle rigueur; c’est toujours idiot la rigueur. Soyez gentils avec vous-mêmes et vous apprendrez l’infini douceur. Un homme, une femme, est toujours plus beau, toujours plus belle que son examen de conscience. Soyez gentils avec vous-mêmes pour être gentils avec les autres : c’est essentiel, c’est tellement important. J’ai connu des drogués qui sont venus me voir, j’ai tout vu dans cette cathédrale. Un jour, une jeune femme a posé son revolver sur la table, entre nous, droguée à mort. Elle venait me voir depuis plusieurs mois régulièrement. Elle était dans une filière de passage de drogue. Quelques fois elle venait me voir avant de prendre l’avion; quelques fois elle rentrait de Bangkok ou de Hong Kong, tout au bout du malheur, tout au bout de la solitude. Je l’ai connue se « shootant » avec du ricard, avec du pernod, parce qu’elle n’avait plus rien pour s’acheter de la drogue. Je sais tout ce qu’elle a fait d’énorme; et je sais dans quelle prison elle était. Et puis un jour, elle est arrivée là; elle a posé son revolver et m’a dit : « Je viens te dire adieu ». Et là, toujours le radar, j’ai dit : « Qu’est-ce que tu veux faire? Si tu te fous en l’air, tu feras la plus belle connerie du monde, et tu seras la seule à ne pas le savoir. Si tu comptes sur moi pour t’influencer, pour que tu me passes ton pétard, c’est raté. Ton feu, tu repars avec. Maintenant, si tu veux me faire plaisir, en passant sur le pont, en quittant Notre-Dame, tu le jettes par-dessus bord ». Je lui parlais à elle, avec ses longueurs d’onde que je savais. Alors elle m’explique que depuis quelques temps, pour trouver de l’argent, elle s’était prostituée à Pigalle. Et elle m’a dit : « Je ne suis plus qu’une putain, tu comprends? » Et je lui ai répondu : « Tu es vierge; pas un de ceux qui sont passés sur toi, n’a eu qui tu es; et moi je sais qui tu es. » Elle s’est mise à sangloter comme une petite fille; elle a repris son revolver, a retiré le chargeur, l’a mis entre nous et m’a dit : « Ça, c’est le cadeau; le souvenir. Merci! » Et elle est repartie. Quinze jour plus tard, elle est revenue avec un beau sourire : « Je t’apporte un beau cadeau : tu sais, j’ai commencé ma désintoxication. » Vous comprenez bien que pour répondre, je n’avais ni barème, ni grammaire, ni morale, ni référence. Rien que ce visage tendu vers moi, et qui était le visage de Jésus. » (Jacques Leclercq, Propos sur l’accueil, 17 juin 1992, propos recueillis par un magnétophone). 

samedi 25 octobre 2014

JOYEUX ? SCANDALE !

JOYEUX ?  SCANDALE !



Chers amis, il y en a qui ont le scandale facile; qui sont très facilement scandalisés. Qui sur terre n’aime pas la joie? Qui n’aime pas être joyeux? Le titre donné à mon blogue, répond à un désir universel de l’être humain : le désir d’être dans la joie. Ce désir est humain; mais il est aussi divin. Jésus nous a déjà dit la phrase qu’Il nous dira, en nous accueillant dans son Paradis: « Entre dans la joie de ton Seigneur ! » (Mt 25, 21).

Si la joie est non seulement humaine, mais aussi divine, il ne devrait pas être surprenant que les personnes consacrées au Seigneur, tels les prêtres, les religieuses et religieux, qui ont pour but de diriger notre regard et notre cœur vers Dieu, aient pour mission de témoigner de la joie. Or il semble, d’après ce qu’on lit ces jours-ci sur internet, que les religieux ou les prêtres, qui témoignent de la joie, qui montrent qu’ils sont joyeux, offensent certaines personnes par leur comportement. Dans l’article cité ci-dessous, il est dit que des personnes ont jugé que les prêtres qui dansent sur les vidéos contenues dans l’article, ont manqué de respect en dansant devant des portraits de papes. Comme je voudrais que le pape François réponde lui-même à de telles remarques! D'ailleurs, ne voit-on pas le pape François sourire sur la photo située derrière ces joyeux prêtres?

Nous avons vraiment du chemin à faire pour déprogrammer certains esprits imbus encore de nos jours de jansénisme. Si la joie, la saine joie scandalise, alors je dis : « Heureux scandale ! »

http://www.theguardian.com/world/2014/oct/23/us-priests-dance-video-viral-youtube


  1. US priests' tap-dancing duel – video - The Guardian

    www.theguardian.com › World › Italy
    Il y a 1 jour
    Two priests stage a tap-dancing duel in front of a crowd at the Pontifical North American College in Rome.

    1. American Priests' Rome Dance-Off Video Goes Viral ...

      www.youtube.com/watch?v=PwTMYD7N52A
      Il y a 2 jours - Ajouté par Curious World TV
      PRIEST DANCE OFF VIDEO | Priests In Dance-Off Become Web Sensation | American Priests' Rome Dance ...

US priests’ video dance-off goes viral | World news | The Guardian  http://ww 

vendredi 24 octobre 2014

Jean Vanier et la vie communautaire

Jean Vanier et la vie communautaire

Jean Vanier est une des personnalités les plus connues dans le monde. C’est aussi un des disciples de Jésus les plus fameux. Je suis sûr que Jean Vanier ne cherche pas à être connu; mais il réussit à répandre autour de lui, la bonne odeur du Christ, selon l’expression utilisée par saint Paul en 2 Co 2, 15.  

Jean Vanier est né le 10 septembre 1928, à Genève, en Suisse. Il est le fils de l’ancien gouverneur général du Canada, monsieur Georges Vanier. Jean Vanier effectue la plus grande partie de ses études en Angleterre. Il devient officier de marine. Après sa carrière dans la marine, il obtient en 1950, un doctorat en philosophie à l’Institut catholique de Paris. En 1963, il visite un asile psychiatrique et fait la connaissance de Raphaël et Philippe, tous deux lourdement handicapés mentalement. Jean Vanier décide de vivre avec eux. Ce sera le début de L’Arche. L'Arche est une communauté de vie et de foi où vivent ensemble des personnes ayant un handicap intellectuel et d’autres personnes qui partagent leur vie au quotidien.. Il existe en ce moment, plus d’une centaine de communautés de L’Arche à travers le monde. Jean Vanier est pour ainsi dire un expert de la vie communautaire. Peu de gens, selon moi, ont réussi aussi bien que lui, à mettre en lumière les beaux et les mauvais côtés de la vie en commun. Le fruit des réflexions de Jean Vanier sur la vie communautaire, se retrouvent dans deux livres qui portent le même titre : La communauté, lieu du pardon et de la fête.  La première édition du livre, est parue en 1979. Dix ans plus tard, Jean Vanier a revu son livre et l’a augmenté du tiers, ayant fait de nouvelles découvertes concernant la vie en commun.

Voici pour vous, deux pages extraordinaires tirées de la première édition du livre :

Chapitre I

Un cœur, une âme, un esprit

À notre époque où les villes sont dépersonnalisées et dépersonnalisantes, beaucoup recherchent la communauté, surtout quand ils se sentent seuls, fatigués, faibles et tristes. Pour certains être seul est insupportable; c’est un avant-goût de la mort. La communauté paraît alors  merveilleuse comme lieu d’accueil et de partage.

Mais, sous d’autres angles, la communauté  est un lieu terrible. C’est le lieu de la révélation de nos limites et de nos égoïsmes. Quand je commence à vivre tout le temps avec d’autres personnes, je découvre ma pauvreté et mes faiblesses, mes incapacités à m’entendre avec certains, mes blocages, mon affectivité ou ma sexualité perturbées, mes désirs qui semblent insatiables, mes frustrations, mes jalousies, mes haines et mes envies de détruire. Tant que j’étais seul, je pouvais croire que j’aimais tout le monde; étant maintenant avec d’autres, je réalise combien je suis incapable d’aimer, combien je refuse la vie aux autres. Et si je suis incapable d’aimer, que reste-t-il de bon en moi? Il n’y a plus que ténèbres, désespoir et angoisse. L’amour est une illusion. Je suis condamné à la solitude et à la mort.

La vie communautaire est la révélation bien pénible des limites, des faiblesses et des ténèbres de mon être; elle est la révélation souvent inattendue des monstres cachés en moi. Or cette révélation est difficile à assumer. Très vite on cherche à écarter ces monstres, ou à les recacher, à prétendre qu’ils n’existent pas; ou on fuit la vie communautaire et la relation avec les autres; ou encore on les accuse, eux et les monstres qui sont en eux.

Mais si on accepte que ces monstres soient là, on peut les laisser sortir et apprendre à les dompter. C’est la croissance vers la libération.

Si nous sommes accueillis avec nos limites, avec nos capacités aussi, la communauté devient peu à peu le lieu de la libération; découvrant qu’on est accepté et aimé par les autres, on s’accepte et s’aime mieux. La communauté est alors le lieu où on peut-être soi-même – sans peur ni contrainte. Ainsi la vie communautaire s’approfondit dans la confiance mutuelle entre tous les membres.

C’est alors que ce lieu terrible devient lieu de vie et de croissance. Il n’y a rien de plus beau qu’une communauté où l’on commence à s’aimer réellement et à avoir confiance les uns dans les autres. « Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre ensemble; … » (Ps 133).   …

La vie communautaire est le lieu où on découvre la blessure profonde de son être et où on apprend à l’assumer. On peut alors commencer à renaître. Oui, nous sommes nés à partir de cette blessure. (Jean Vanier, La communauté lieu du pardon et de la fête, Éditions Fleurus, Paris, 1979, pp. 5 et 6) Dans la deuxième édition du livre, celle de 1989, Jean Vanier aborde ces questions aux pages 33 et 34.

Et voici d’autres passages intéressants du livre de Jean Vanier, que j’ai trouvés sur le site internet suivant : La communauté, lieu du pardon et de la fête pagesfeuilletees.free.fr/chroniques/Vanier.htm.
Ces extraits sont tous tirés de la première édition du livre de Jean Vanier, celle de 1979.

Chapitre 1. Un cœur, une âme, un esprit.

Tant que je n’accepte pas d’être un mélange de lumière et de ténèbres, de qualités et de défauts, d’amour et de haine, d’altruisme et d’égocentrisme, de maturité et d’immaturité, je continue à dresser des barrières en moi et à l’extérieur de moi. Pour s’accepter soi-même, il faut avoir découvert que Dieu nous aime et nous pardonne. Alors il devient possible d’accepter les autres et de pardonner, et la confiance mutuelle pourra grandir.

Souvent dans la vie communautaire on attend trop des personnes, et on les empêche de se reconnaître et de s’accepter telles qu’elles sont. Elles sont alors obligées de se cacher derrière un masque. Mais elles ont le droit d’être moches. Il y a en chacun de nous une partie qui est déjà lumineuse, convertie. Et puis il y a cette partie qui est encore ténèbres. Il ne faut pas chercher la communauté idéale. Il s’agit d’aimer ceux que Dieu a mis à nos côtés aujourd’hui. Ils sont signes de la présence de Dieu pour nous. L’idéal n’existe pas. Si on cherche toujours son équilibre, je dirais même si on cherche trop sa propre paix, on n’y arrivera jamais car la paix est un fruit de l’amour et donc du service des autres.

Plus une communauté s’approfondit, plus ses membres deviennent fragiles et sensibles. ...  Aimer, c'est devenir faible et vulnérable; c'est lever les barrières, et briser ses carapaces par rapport aux autres. Le ciment de l’unité, c’est l’interdépendance.

Pour construire la communauté, chacun doit utiliser son don (qui est différent pour chacun). La jalousie est un des fléaux qui détruisent la communauté. Elle vient de ce qu’on ignore son propre don ou qu’on n’y croit pas assez. Si on était assez convaincu de son propre don, on ne jalouserait pas celui des autres qui paraît toujours plus beau. Ce ne sont pas seulement les membres faibles qui ont besoin des forts, mais même les forts ne sauraient vivre sans les faibles. Nous sommes faits pour être nourriture les uns pour les autres, mais surtout pour vivre cette relation unique avec notre Père en son fils Jésus.

Chapitre 2. Entre dans l’alliance.

On entre dans une communauté pour être heureux. On y reste pour rendre les autres heureux. Au début la vie en communauté paraît merveilleuse. Ensuite on ne voit plus que les défauts des autres. Le troisième temps est celui du réalisme et de l’engagement vrai, celui de l’alliance. Les membres de la communauté ne sont ni des saints ni des diables, mais des personnes, chacune étant un mélange de bien et de mal, mais aussi chacune en train de grandir.

Chapitre 8.  Le quotidien.

Un des signes qu’une communauté est vivante se lit dans la qualité de l’environnement matériel : la propreté, l’aménagement, la façon dont les fleurs sont placées, les repas et tant d’autres réalités qui reflètent la qualité de cœur des personnes. À certains, ce travail matériel peut paraître fastidieux. Ils aiment mieux avoir du temps pour parler et avoir des relations. Ils n’ont pas encore réalisé que les mille petites choses qui doivent être faites chaque jour, ce cycle qui consiste à salir et nettoyer, ont été données par Dieu pour permettre aux hommes de communier à travers la matière. Faire la cuisine et laver le plancher peuvent devenir une manière de manifester aux autres son amour. Si on regarde le travail matériel le plus humble de cette façon, tout devient don et moyen de communion, tout devient fête car c’est une fête de pouvoir donner.

Chapitre 9.  La fête.

Au cœur de la communauté il y a le pardon et la fête. Ce sont les deux faces d’une même réalité, celle de l’amour. Plus un peuple est pauvre, plus il aime fêter.
La fête est le moment le plus humain et aussi le plus divin de la vie communautaire. Bien souvent aujourd’hui nous avons la joie sans Dieu ou Dieu sans la joie. C’est la conséquence d’années de jansénisme où Dieu apparaissait comme le Tout-Puissant sévère. La fête, au contraire, c’est la joie avec Dieu. Dans l’Église nous avons une fête quotidienne : la messe.
Les repas, les fêtes doivent être signe de joie et de fête. Les communautés tristes sont stériles, elles sont des mouroirs. Certes, nous n’avons pas sur la terre la joie en plénitude, mais nos fêtes sont de petits signes de la fête éternelle, de ces noces auxquelles nous sommes tous invités.


Conclusion.

Nous avons beaucoup parlé de la communauté. Mais quand tout a été dit, il reste que chacun, dans le fond de son être, doit apprendre tous les jours à assumer sa propre solitude.
Ce n’est que lorsqu’on a découvert que l’échec, les dépressions, nos péchés même peuvent devenir offrande, qu’on retrouve une certaine paix.
Ce n’est que lorsque je reste debout avec toutes mes pauvretés et mes souffrances et que je cherche plus à soutenir les autres qu’à me replier sur moi-même, que je peux vivre pleinement la vie communautaire ou la vie du mariage.
Dans la vie communautaire, on est là les uns pour les autres, pour grandir ensemble et ouvrir nos plaies à l’infini afin qu’à travers elles se manifeste la présence de Jésus.




lundi 13 octobre 2014

La conversion de Jean-Paul Sartre

La conversion de Jean-Paul Sartre
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Chers amis, j’ai déjà traité ce sujet, sur mon blogue en date du 30 décembre 2012, dans mon texte intitulé : La Sainte Famille (Dieu ma joie: La Sainte Famille). Mais je crains que plusieurs d’entre vous n’aient jamais eu l’occasion d’entendre une telle « nouvelle »; une telle « bonne nouvelle ». Et puisque j’ai mis à date 285 textes sur mon blogue, il est très possible que parmi les personnes qui fréquentent sporadiquement mon blogue, plusieurs n’aient jamais lu le texte intitulé: La Sainte Famille. Je vais donc reprendre aujourd’hui certaines des informations données sur mon blogue du 30 décembre 2012. Ce genre de répétition est exceptionnel. Mais vu l’importance du sujet, il convient d’y revenir. Je crois personnellement que monsieur Jean-Paul Sartre s’est converti à Dieu avant de mourir. Une telle nouvelle a bien sûre été tenue cachée, surtout en France. Imaginons la bombe médiatique que cela produirait si le Figaro ou L’Express titrait demain, en première page de son journal: « Jean-Paul Sartre s’est tourné vers Dieu ».

La première fois que j’ai entendu parler de la conversion de Jean-Paul Sartre, cela fait environ trente ans. J’ai entendu cette nouvelle de la bouche du  Père Benedict Groeschel, cfr. Le Père Groeschel, qui est décédé le 3 octobre dernier, était un des prêtres catholiques les plus connus au monde et appréciés pour son « orthodoxie », si je puis m’exprimer ainsi. C’est en écoutant sur vidéo-cassettes les enseignements de ce prêtre sur le sujet suivant : Psychological Growth and Spiritual Development, que j’ai entendu pour la première fois que Jean-Paul Sartre s’était converti avant sa mort. J’ai été vraiment étonné d’entendre cela pour la première fois. Et je me suis dit : « Si quelqu’un de la trempe du Père Benedict Groeschel affirme publiquement une telle chose, cela doit être fondé. » En 2012, regardant les émissions du Père Groeschel sur la chaîne de télévision EWTN, j’ai repensé à ce qu’avait affirmé ce prêtre à propos de Jean-Paul Sartre, et j’ai écrit un mot au Père Groeschel, via la chaîne de télévision, pour connaître la référence exacte d’une telle « nouvelle ». Je ne sais pas si ma lettre s’est rendue à ce cher Père, car je n’ai jamais reçu de réponse. Cependant, dans les semaines qui suivirent, j’ai fait des recherches sur internet, et j’ai enfin trouvé des éléments de réponse à ma fameuse interrogation. J’ai mis ces éléments sur mon blogue, le 30 décembre 2012. Voici quelques extraits du blogue qui traite de cette question et dont le titre est : La Sainte Famille :

Au printemps de 1980, un mois avant la mort de Sartre, Le Nouvel Observateur publie une série d’interviews de Sartre avec un de ses amis : Pierre Victor (Benny Levy) Sartre y dit ceci : « Je ne pense pas être le résultat d’un pur hasard de simple poussière de l’univers, mais plutôt quelqu’un qui était attendu, préparé, en bref, un être que seulement un créateur aurait pu créer et cette idée d’une main créatrice se réfère à Dieu. »  Là encore, les amis et les proches de l’écrivain ont cherché à nier que ce soit le véritable Sartre qui ait tenu de tels propos. Ils ont prétendu que c’était son ami et secrétaire Pierre Victor, un juif convaincu, qui l’avait influencé et poussé en quelque sorte à croire. Toutefois, Simone de Beauvoir, la conjointe et compagne de Sartre, a osé mettre une citation analogue dans le livre intitulé La cérémonie des adieux; suivi de Entretiens avec Jean-Paul Sartre, à la page 551 (1). Sartre a confirmé que les propos qu'il a tenus étaient bel et bien vrais. Un des endroits où la conversion de Jean-Paul Sartre est mentionnée, se trouve sur le site internet mentionné ci-dessous (2). Sur ce site, il est question des philosophes qui sont devenus croyants. Si vous descendez votre curseur au 13/01/2014, vous trouverez un texte qui raconte la conversion de Sartre. J'ose croire, pour ma part, que Jean-Paul Sartre a reçu des mains de Dieu, avant de quitter ce monde, le don de la foi, grâce à l’intercession et l’intervention de notre Mère Immaculée. Libre à vous de croire ce que vous voulez sur ce point. Peu de gens ont écrit sur ce sujet. Il semble que le philosophe Jean Guitton ait cru lui aussi en la conversion de Jean-Paul Sartre peu avant de mourir. Une chose est certaine, s’il était prouvé que le père de l’existentialisme athée français se soit converti peu de temps avant sa mort, cela provoquerait toute une onde de choc dans l’intelligentsia française. Ce n’est pas pour rien que vous entendez peut-être pour la première fois de votre vie, une telle interprétation.

Et je disais dans ce blogue, que s’il est vrai que Jean-Paul Sartre s’est tourné vers Dieu avant de mourir, il doit (selon moi) cette insigne grâce à l’intercession de la Vierge Marie, notre Mère Immaculée. Car Jean-Paul Sartre a écrit le plus beau texte que j’aie lu durant ma vie, sur la Vierge Marie. Voici ce que j'ai écrit en 2012, sur mon blogue:

" Un des plus beaux textes que j’aie lus jusqu’à maintenant sur la Sainte Famille, a été écrit par une personne athée, et athée militant: Jean-Paul Sartre, le fondateur de l’existentialisme français. Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français. Sartre a trente-cinq ans. Des prêtres demandent à Sartre qui est prisonnier avec eux depuis quelques mois et qui a un réel talent d'écrivain, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l'athée, accepte et leur fait cadeau des merveilleuses lignes que voici :

« Mais comme c’est aujourd’hui Noël, vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « Mon petit » !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères. Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « Ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».
 
Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie. "

 

Et Joseph. Joseph? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

Ce texte est tellement beau et en même temps tellement déconcertant lorsqu’on en connaît l’auteur, que même la conjointe de Sartre, Simone de Beauvoir a essayé de réfuter l’origine de cet écrit. Mais Sartre lui-même, en 1962, confirmera qu’il en est bel et bien l’auteur :


"Si j'ai pris mon sujet dans la mythologie du Christianisme, cela ne signifie pas que la direction de ma pensée ait changé, fût-ce un moment pendant la captivité. Il s'agissait simplement, d'accord avec les prêtres prisonniers, de trouver un sujet qui pût réaliser, ce soir de Noël, l'union la plus large des chrétiens et des incroyants."
 (Extrait de "Baronia ou le Fils du tonnerre", le texte se trouve intégralement dans le livre "Les écrits de Sartre" de M Contat et M Rybalka, NRF 1970 )


En 1964, Jean-Paul Sartre a refusé le prix Nobel de littérature. La justification qu’il a donnée ce jour-là, me semble assez prophétique :

Florian Bernadat : Pourquoi avez-vous refusé le prix Nobel de littérature en 1964?
          
Jean-Paul Sartre :

Bonjour,


J'ai refusé le Prix Nobel de littérature parce que je refusais que l'on consacre Sartre avant sa mort. Aucun artiste, aucun écrivain, aucun homme ne mérite d'être consacré de son vivant, parce qu'il a le pouvoir et la liberté de tout changer. Le Prix Nobel m'aurait élevé sur un piédestal alors que je n'avais pas fini d'accomplir des choses, de prendre ma liberté et d'agir, de m'engager. Tout acte aurait été futile après, puisque déjà reconnu de façon rétrospective. Imaginez: un écrivain pourrait recevoir ce prix et se laisser aller à la déchéance, tandis qu'un autre pourrait devenir encore meilleur. Lequel des deux méritait son prix? Celui qui était au sommet et qui a redescendu la pente ou celui qui fut consacré avant d'atteindre le sommet? J'aurais pu être l'un des deux, et jamais personne n'aurait pu prédire ce que je ferais. On est ce que l'on fait. Je ne serai jamais récipiendaire du Prix Nobel, tant et aussi longtemps que je pourrai encore agir en le refusant. (3) 


(1)

« J.-P. S. - Même si on ne croit pas en Dieu, il y a des éléments de l'idée de Dieu qui demeurent en nous, et qui nous font voir le monde avec des aspects divins.
S. de B. - Quoi par exemple?

J.-P. S. - Ça varie selon les gens.

S. de B. - Mais pour vous?
J.-P. S. - Moi, je me sens non pas comme une poussière apparue dans le monde, mais comme un être attendu, provoqué, préfiguré. Bref, comme un être qui ne semble pouvoir venir que d'un créateur, et cette idée d'une main créatrice qui m'aurait créé me renvoie à Dieu. Naturellement ça n'est pas une idée claire et précise que je mets en œuvre chaque fois que je pense à moi; elle contredit beaucoup d'autres de mes idées; mais elle est là, vague. Et quand je pense à moi, je pense souvent un peu comme ça, faute de pouvoir penser autrement. » 

BEAUVOIR, Simone de (1981) La cérémonie des adieux; suivi de Entretiens avec Jean-Paul Sartre, août-septembre 1974. [Paris]: Gallimard, p. 551.

  

(2) Les Chroniques De Rorschach: Jean Paul Sartre ...


Voir aussi:  Testimonianze di persone speciali [3] - CREDENTI