lundi 28 avril 2014

Prions pour un miracle

Prions pour un miracle


                 Les Pères Greg Staab et Bill  Neubecker, omv, 
                en adoration devant le Saint-Sacrement

Chers lecteurs et lectrices de mon blogue. Vous êtes nombreux à fréquenter mon blogue. Je vous en remercie. Cela me donne beaucoup de joie, à chaque jour.

Le supérieur général de notre Congrégation religieuse (Les Oblats de la Vierge Marie), le Père Sergio Zirattu, a demandé à tous les Oblats de faire une neuvaine de prières à Dieu, par l’intercession de notre fondateur, le Père Bruno Lantéri, dans le but d’obtenir la guérison miraculeuse de notre confrère nommé Gregory Staab. Greg est un Père Oblat âgé de 57 ans qui vit à Boston, et est grandement estimé de tous ses confrères. Il est atteint de la maladie suivante : l’atrophie multi-systématisée. " L’A.M.S. est une maladie neurodégénérative rare et elle évolue vers un handicap fonctionnel majeur. Cette maladie est due à une perte progressive de neurones (cellules nerveuses) dans plusieurs zones du cerveau (plusieurs systèmes, d’où le nom). La cause exacte de cette dégénérescence cellulaire est inconnue. Il n’existe pas, actuellement, de traitement pour l’enrayer " (ces informations sont tirées du site internet suivant : Centre de référence de l'atrophie multisystématisée ... - CHU Toulouse). Le Père Greg a une espérance de vie de trois ans environ, et la maladie, en évoluant, sera de plus en plus pénible à supporter.

Connaissant l’estime et l’amour que vous me portez, et parfois même sans me connaître autrement que par mon blogue, j’ai pensé avoir recours à vous chers amis, pour nous aider à obtenir ce miracle de la Divine Providence. Si vous le voulez bien, je vous invite à prier Dieu de nous accorder la guérison complète de Greg, par l’intercession du Père Bruno Lantéri. Si vous acceptez, je vous propose de dire, en privé, la prière ci-dessous, du 4 au 12 mai 2014. Le 12 mai est l’anniversaire de naissance du Père Lantéri; il est né le 12 mai 1759. Le Père Greg a choisi lui-même les dates de cette neuvaine, en raison aussi de sa grande dévotion à la Vierge Marie de Fatima, dont la fête a lieu le 13 mai.

Cette prière, et le miracle que nous espérons obtenir grâce à elle, pourront aussi servir à la béatification de notre bien-aimé fondateur.

« Ô Père, c'est toi la Source de la vie et de la sainteté. Tu as donné au Père Bruno Lantéri une foi très grande en ton Fils Jésus et une vive espérance. Tu as rempli son cœur de charité pour le salut de ses frères. Tu as fait de lui un prophète de ta Parole et un témoin de ta Miséricorde. Il a aimé tendrement Marie, sa Mère, et il a enseigné, par l'exemple de sa vie, la fidélité à l'Église de ton Fils. Écoute maintenant la prière de ta famille et accorde-nous, par l’intercession du Père Lantéri, la guérison complète de notre frère Gregory Staab,  afin qu'à la louange de ta grâce, le Père Lantéri  puisse être glorifié sur la terre. Par Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur. Amen. »

P. Guy Simard, omv

P.S. La neuvaine commencera dimanche prochain.  

samedi 26 avril 2014

27 avril 2014 Dimanche de la Miséricorde Divine

27 avril 2014 : Dimanche de la Miséricorde Divine



Nous vivons des jours historiques, d’une nouveauté éblouissante. En ce 27 avril 2014, sur la place Saint-Pierre de Rome, deux papes seront canonisés en présence de deux papes vivants.

Les deux papes nouveaux saints, ont été des témoins et des apôtres de l’attribut divin le plus beau, le plus extraordinaire et le plus élevé qui soit : La Miséricorde« Des théologiens affirment que la miséricorde est le plus grand des attributs de Dieu, la plus grande de ses perfections; la Bible, la Tradition et toute la vie de foi du peuple de Dieu en fournissent des témoignages inépuisables » (Jean-Paul II, encyclique Dives in Misericordia, no. 13)

Le pape Jean XXIII n’a pas reçu des fidèles catholiques, le nom de « bon pape Jean » pour rien. Ce pape respirait la bonté et irradiait la bonté. Voici ce que disait de lui son secrétaire, le cardinal Loris Capovilla :

« Fidèle aux dispositions ecclésiastiques, il les interprétait à la lumière de la miséricorde du Christ, héritage de son Église. Parler aux petits, s’approcher des malades et des vieillards, faire fête aux hôtes qu’il accueillait, rompre fraternellement le pain avec chacun, quel qu’il soit, constituaient les moments les plus beaux de son inclination, à la fois innée et venue de son éducation, de communiquer avec tous et de répandre la richesse de sa sensibilité sacerdotale si raffinée.   … Bienheureux pape Jean ! Il nous a donné l’exemple de parvenir à toucher les âmes avant même d’ouvrir les lèvres.» (Tiré de la postface du livre Le pape Jean, un saint, écrit par Marco Roncalli, historien et petit neveu du pape Jean XXIII).
Quant à Jean-Paul II, son lien avec la Miséricorde Divine saute aux yeux : il a consacré sa deuxième encyclique à la Miséricorde Divine; il a instauré dans l’Église universelle, la fête de la Miséricorde Divine, lors du grand jubilé de l’an 2000, alors qu’il canonisait la première sainte de l’année jubilaire : Sœur Faustine. Cette canonisation eut lieu le 30 avril 2000, lors du deuxième dimanche de Pâques, devenu depuis ce jour, le dimanche de la fête de la Miséricorde Divine. Et ce grand pape est décédé le samedi 2 avril 2005, en soirée, alors qu’à Rome on avait déjà célébré les premiers vêpres du dimanche de la Miséricorde Divine.

Ce qui m'a frappé ce matin, alors que je priais les Laudes en communauté, c'est de constater à quel point pour Dieu, tout se passe dans le présent. La prière d'ouverture à la messe d'aujourd'hui, est la même que l'oraison finale que nous disons aux Laudes. Or cette prière de l'Église, existe depuis quelques décennies. Elle existait donc avant que le pape Jean-Paul II institue la fête de la Miséricorde Divine, lors du grand jubilé de l'an 2000. Voici cette prière: 

« Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales; augmente en nous ta grâce, pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sans nous a rachetés. Par Jésus Christ  …» Amen.

On aurait pu croire que cette prière fut composée spécialement pour la fête de la Miséricorde Divine, alors qu'il n'en est rien ; elle existait bien avant cela. En effet, dans cette prière, nous retrouvons plusieurs éléments relatifs à la fête de la Miséricorde Divine. Le début de la prière, évidemment, alors qu'on invoque Dieu dont la miséricorde est infinie. Mais aussi la mention du baptême qui nous a purifiés et du sang qui nous a rachetés. Sur l’image que Jésus a voulue pour représenter sa Miséricorde, nous voyons deux faisceaux  lumineux (voir l’image de Jésus Miséricordieux mise ci-dessous, à la fin de l’article): des rayons de couleur blanche, pour représenter le baptême, et des rayons de couleur rouge, pour représenter l’eucharistie, et donc le sang de notre Rédempteur. Entre les deux, il y a l’Esprit Saint, qui est la source du baptême et de l’eucharistie. C’est lorsque Jésus, sur la croix, rendit l’Esprit, que son côté fut ouvert, et qu’il en sortit du sang et de l’eau. (Pour en savoir un peu plus sur le sens de la fête de la Miséricorde Divine, veuillez cliquer sur les mots suivants: Dieu ma joieDimanche de la Miséricorde Divine )

Une des choses qui me frappent lorsque je regarde l'image du Jésus Miséricordieux telle que voulue par Jésus lui-même lorsqu'Il se révéla à Soeur Faustine, c'est que nous ne voyons pas le coeur de Jésus. Les révélations faites à Soeur Faustine, font pourtant partie des révélations du Sacré-Coeur de Jésus, faites au cours de l'histoire de l'Église; elles sont les révélations les plus récentes du Coeur de Jésus. Je me demande comment il se fait que Jésus n'ait pas voulu que son divin coeur soit visible. Je suggère comme réponse, le fait que Jésus désire peut-être que la dévotion à son Sacré-Coeur, se " spiritualise " un peu plus. Car la dévotion au Sacré-Coeur, n'est pas la dévotion à un organe du corps humain. Le coeur ici, est un symbole; le symbole de l'amour. Ce qui importe dans la dévotion au Sacré-Coeur, c'est de comprendre et de goûter toujours davantage l'amour qu'a Jésus pour chacun d'entre nous. À ce propos, voici une petite histoire divertissante: un petit garçon de six ans entre un jour dans une église, et voit pour la première fois une statue du Sacré-Coeur. Il se tourne vers sa mère et lui dit:: " Maman, regarde ! Jésus nous aime tellement, qu'il lui a poussé un coeur à l'extérieur ". (Pour lire certaines de mes réflexions sur la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus, voir le texte suivant, mis sur mon blogueDieu ma joie: Fête du Sacré-Coeur)

Alors que l'Église catholique vit aujourd'hui des moments que l'on peut qualifier d'historiques, je remercie le Seigneur d’avoir permis et voulu que j'aie été ordonné prêtre par un homme qui est désormais reconnu officiellement comme un saint. Le pape Jean-Paul II m’a ordonné prêtre le dimanche 12 juin 1983, en la basilique Saint-Pierre de Rome. En ce dimanche du mois dédié au Sacré-Coeur de Jésus, dans la basilique Saint-Pierre, nous avons chanté durant l'eucharistie, comme refrain du psaume 88 :

« Misericordias Domini, in aeternum cantabo. »

Ce qui veut dire, si on traduit le mot " Misericordias " au singulier, en raison de la fête que nous célébrons aujourd’hui : 

« Je chanterai éternellement la Miséricorde du Seigneur. »

Jésus Miséricordieux

dimis

 Jésus, j’ai confiance en Toi !

Je nous souhaite d'être missionnaires

Je nous souhaite d’être missionnaires

Chers amis, nous vivons le Temps Pascal. À mes yeux, c’est le temps le plus merveilleux de l’année. Quels fruits devrions-nous recueillir du Temps Pascal ? Premièrement, nous devrions à chaque année, faire une expérience nouvelle du Ressuscité; expérimenter dans notre vie, que Jésus est vivant, que Jésus est le VIVANT. Une fois que nous avons fait cette expérience, nous devons demander à l’Esprit Saint de nous envoyer en mission, de nous envoyer témoigner du fait que Jésus est Ressuscité et qu’Il veut ressusciter tous ses frères et sœurs humains. De ces deux fruits : faire l’expérience du Ressuscité et l’envoi en mission, c’est évidemment le deuxième qui est le plus ardu à vivre. Je me console un tout petit peu en pensant que les apôtres et les disciples ont fait durant quarante jours l’expérience du Ressuscité et que malgré cela, ils sont restés enfermés dans le Cénacle pendant tout ce temps; enfermés dans leurs peurs. La plus grande de leurs peurs, étant celle d’être identifiés et reconnus comme étant des disciples de Jésus. La peur, en somme, qu’a expérimentée le chef de l’Église, l’apôtre Pierre, dans la cour du grand prêtre, la veille de la mort de Jésus.

Il a fallu le grand don de l’Esprit Saint, le jour de la Pentecôte (Actes 2, 1) pour que toute peur disparaisse du cœur des disciples et que ces derniers soient envoyés de par le monde, pour annoncer la mort et la Résurrection de Jésus. Le grand vent qui a soufflé ce jour-là sur le Cénacle où les disciples étaient réunis, a surtout poussé les apôtres au dehors; les a fait sortir joyeusement et bravement pour annoncer la Bonne Nouvelle. Un peu comme le prêtre qui, à fin de la messe, envoie les fidèles et les pousse au dehors en disant : « Allez dans la paix du Christ ». En disant cela, le prêtre n’invite pas tant les fidèles à sortir de l’église; il les invite plutôt à aller témoigner de Jésus en tout endroit où ils seront durant la semaine. Le mot « messe » vient d’ailleurs de ce moment crucial, à la toute fin de la messe, lorsque le prêtre envoie les fidèles en mission, en disant : « Ite missa est ». En 2014, du moins au Québec, on semble ne pas avoir encore très bien compris cela. Les catholiques, pour la plupart, à ce que je vois et constate, participent à la messe dominicale pour toutes sortes de raisons : pour remercier Dieu, pour le louer, pour lui demander des faveurs, etc. Mais très peu de gens semblent venir à la messe pour se remplir de Dieu, se nourrir de sa Parole et de son Pain de vie, afin d’avoir la force, les mots et les gestes qui conviennent pour témoigner de Dieu durant la semaine. Très peu de gens ont conscience d’être « apôtres ». Le mot « apôtre » signifie tout simplement : « envoyé ». Notre baptême a fait de nous tous des prophètes et des envoyés; prophètes du Christ, envoyés par le Christ. 

J’ai été un jour étonné et émerveillé de constater que dès le lendemain de Pâques, nous proclamons à la messe, comme première lecture, le livre des Actes des Apôtres, le livre qui suit immédiatement les évangiles, dans la Bible. Les premiers mots de la première lecture du Lundi de Pâques, sont : « Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole; il dit d’une voix forte. » (Ac 2, 14). Dès le lendemain du jour de Pâques, nous sommes comme propulsés à la fin du Temps Pascal, au jour de la Pentecôte. Car c’est le jour de la Pentecôte que les apôtres et les disciples ont été à jamais transformés et sont réellement devenus « disciples de Jésus ». Tout comme aujourd’hui, ce n’est qu’après avoir reçu le sacrement de la confirmation, que nous sommes pleinement chrétiens.

Le livre qui suit immédiatement le récit de la vie de Jésus, s’appelle les « Actes des apôtres ». Ce livre n’insiste pas tant sur le fait « d’être chrétiens », mais sur le fait « d’agir en chrétiens » et de témoigner que nous sommes chrétiens. Voici la prière que je formule pour vous et pour moi, en ce Temps Pascal 2014 :

« Seigneur Jésus, toi le Ressuscité, fais que je fasse l’expérience de ta Résurrection; manifeste-toi à moi. Prononce le nom qui me retournera vers Toi. Et en même temps, souffle sur moi ton Esprit Saint, l’Esprit de la Pentecôte. Envoie-moi témoigner à mes frères et sœurs, que tu est le Vivant, le Sauveur du monde. Donne-moi la volonté et le goût d’être apôtre à mon tour, et montre-moi comment le devenir.   Amen. »

Pour ceux et celles d’entre vous, qui disposent d’un peu plus de temps, voici le témoignage d’une belle conversion : celle de monsieur Thierry Bizot, producteur de télévision très connu en France. Dans ce témoignage, à la dix-huitième minute et quarante-cinquième seconde, monsieur Bizot nous révèle en quelque sorte son cœur missionnaire. Il confirme ce que chacun de nous peut expérimenter dans sa vie : notre foi augmente lorsqu’on la professe, lorsqu’on en témoigne :

« Jésus se montre à moi quand je parle de Lui. Tout a commencé quand j’ai raconté pour la première fois ce qui m’était arrivé. Donc, je parle de Lui tout le temps parce que j’ai envie de Le voir. Jésus se montre à moi quand je parle de Lui, plutôt que quand je Lui parle. »

Thierry Bizot : "une vérité est tombée sur moi" - Vidéo Dailymotion

www.dailymotion.com/video/xit7v8_thierry-bizot-une-verite-est-tombee-sur-moi_webcam20 mai 2011 - 21 min
Au-delà du récit de conversion et des images convenues de la « rencontre avec Jésus », Thierry ...




samedi 19 avril 2014

Témoignage de Jim Caviezel

Témoignage de Jim Caviezel
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Nous sommes parvenus à la Pâques; la Pâques 2014. Chacun de nous, j'imagine, vit Pâques différemment chaque année. Cette année, ce qui me frappe dans le récit des apparitions du Ressuscité, c’est ceci : dès que Jésus se montre vivant à ses disciples, Il les envoie en mission : « Allez annoncer à mes frères, que je suis vivant ». La foi chrétienne est une question de témoignage. Nous croyons en Jésus parce que des gens qui l’ont vu ressuscité, ont témoigné de ce qu’ils ont vu et entendu. C’est sur le témoignage de ces gens que notre foi est basée. C’est grand n’est-ce pas la foi? La foi chrétienne est basée sur la parole des hommes. Dis comme cela, cela peut sembler une hérésie. On sait bien que le fondement de notre foi, c’est la Parole de Dieu. Mais cette parole de Dieu nous est venue par des hommes. Quelle confiance Dieu a en l’être humain pour lui confier une telle mission! Nous croyons que Dieu nous a parlé par des hommes. Cela est vrai pour l’Ancien Testament; cela est vrai pour le Nouveau Testament.

Et les gens croiront autour de nous et après nous, grâce au témoignage des chrétiens. Je sais bien que l’être humain ne peut pas donner la foi à qui que ce soit. Mais nous devons tous donner aux gens, le témoignage de notre foi. Très souvent, c’est ce témoignage qui mettra les gens sur le chemin de la foi en Jésus. En ce jour de Pâques 2014, demandons-nous quelle sorte de témoins nous sommes; quel sorte de témoignage nous donnons aux gens. Est-ce que ma vie témoigne de ma foi en Jésus ressuscité?

J’aimerais vous parler aujourd'hui, d’un témoin de notre temps: Jim Caviezel. Jim Caviezel est un acteur américain , qui joue présentement dans la télé-série intitulée : « Person of interest ». Mais Jim Caviezel est surtout connu pour avoir joué le rôle de Jésus, dans le film de Mel Gibson, intitulé : « The Passion of the Christ ». Voici son témoignage ( j’ai traduit une partie de la vidéo mise ci-dessous ) :

« Pendant quinze ans, Mel Gibson a senti dans son cœur que Dieu l’appelait à faire ce film. Et il savait ce qui arriverait s’il faisait ce film. Je lui ai dit : « Tu désires que je joue le rôle de Jésus ». Il m’a répondu que oui. Le lendemain, il téléphone chez moi pour me persuader de ne pas accepter le rôle. C’est  comme cela que ça se passe: Vous prenez un engagement envers le Christ; vous Lui dites que vous allez faire ceci ou cela pour Lui, et soudain le diable entre en jeu et vous fait abandonner votre projet. Vous vous dites alors : « Je n’aurais pas dû avoir cette rencontre, je n’aurais pas dû faire ceci; j’ai fait toutes ces choses (sous-entendu : de mauvaises choses) et les gens vont découvrir quel genre de personne je suis; je ne peux pas faire ce film, je ne suis pas le bon gars, je ne devrais pas réaliser ce film. » Mel m’a téléphoné et m’a dit « Écoute, si tu fais ce film, il est possible que tu ne travailles plus jamais dans cette ville; et je ne veux pas être responsable de cela ». J’ai alors eu peur; j’ai réalisé toutes les belles choses que j’ai; j’ai réalisé que Dieu m’avait conduit dans ce travail, que mon talent venait de Dieu, et non pas des hommes. Je lui ai alors répondu : « Écoute Mel, nous avons tous à porter notre propre croix. Si tu ne prends pas ta croix et si tu ne la portes pas, tu vas être écrasé par son poids. » Mel est devenu silencieux au bout du fil et j’ai dit : « Oh my ! ». Il m’a dit : « Qu’est-ce qu’il y a »? » Je lui ai répondu : « Je viens de réaliser que mes initiales sont JC et que j’ai 33 ans. » Il m’a dit « Dieu, tu me fais paniquer »; et il a raccroché le téléphone (rires de l’interviewer, de la foule et de Jim).

J’ai lu le scénario et ce n’était que des passages de la Bible. Ce qui est étonnant, c’est que tout le monde veut la résurrection, mais personne veut la souffrance. Peut-on avoir la médaille d’or sans la souffrance? La personne qui se tient avec la médaille d’or à son cou, et qui voit le drapeau de son pays monter devant ses yeux, est-ce qu’elle se met à pleurer parce que Nike vient de lui téléphoner et de lui accorder un contrat de 30 millions de dollars, ou bien parce que cette personne se rappelle les sacrifices qu’elle a faits, les souffrances de sa famille et aussi tant de personnes qui ont beaucoup fait pour leur pays et d’autres qui ont donné leur vie pour Dieu en souffrant et en donnant leur sang; et vous entendez « The Star-Spangled Banner » (l’hymne national américain). De façon très semblable, je voulais que ce film manifeste la transcendance, le dépassement. Je m’étais dit que si je faisais ce film, je ne dépeindrais pas la passion de la médiocrité. Je ne voulais pas non plus dépeindre l’action de façon un peu païenne, en disant que Jésus n’a pas été livré par les siens, mais que ce sont les Romains qui sont les seuls responsables de sa mort. Si on regarde les choses en face, jour après jour, on voit bien que nous participons tous au fait de livrer Jésus, quand nous contribuons au péché; spécialement lorsque ce sont des chrétiens qui le trahissent. Mais Jésus continuellement nous dit de nous relever, d’essayer à nouveau, et de continuer la route.

Le film fut vraiment un enfantement dans la douleur. Dès le début du film, je me suis démis l’épaule. Et je me suis mis à penser : « Hé Dieu ! Voyons donc, on essaie de faire un film ici; je ne suis qu’un acteur (rires chez l’animateur et dans la foule) ». En pensant ainsi, on laisse le diable nous détruire. Et en même temps, nous recevions des appels téléphoniques en provenance de journaux importants, qui accusaient Mel Gibson d’être anti-sémite.  

Durant le tournage, je devenais Jésus. Je ne voulais pas que les gens me voient moi, mais qu’ils voient Jésus. Et j’espérais que les gens qui iraient au cinéma puissent faire l’expérience de la façon dont Dieu les voit, et non pas de la façon dont ils se voient eux-mêmes. Car la façon dont Dieu nous voit, c’est cela que nous sommes vraiment.  

Durant la flagellation, j’ai été accidentellement frappé; quand je portais la croix, mon épaule s’est disloquée. J’étais malade durant le tournage des scènes sur la croix. Je pèse normalement 210 livres. Durant le tournage, je pesais environ 168 livres, tellement j’étais malade. Je n’arrêtais pas de vomir. Mes deux poumons étaient remplis de fluide. J’ai fait une pneumonie. Après le tournage, la plupart des gens ne le savent pas car je n’en parle pas beaucoup, j’ai dû subir une opération au cœur. J’ai été frappé par la foudre lors de la dernière scène du tournage. Ce que je veux dire par là, c’est que si vous désirez être un chrétien, préparez-vous à cela.   

Durant tout le film, je priais tout le temps, et je méditais tout le temps. Le jeûne était facile à cause du fait que j’étais malade. À la fin du film, quand j’étais sur la croix, mon corps était bleu. Ce n’était pas du maquillage; mon corps était effectivement bleu. Toujours sur la croix,  mon épaule s’est complètement disloquée; je souffrais énormément et j’étais dans les vapes. Or quelque chose n’allait pas avec mon cœur. Quelqu’un a mis un stéthoscope sur mon cœur et à dit à Mel Gibson : « Il peut mourir. » Mel m’a dit : « Qu’est-ce que tu penses Jim? » Je lui ai répondu : « Je m’en vais. Cela, c’est une affaire entre Dieu et moi. » Car je ne me suis jamais senti assez bon (applaudissements dans la foule). À ce moment-là, j’étais prêt à retourner à la maison (la maison étant ici le ciel). Je disais à Dieu qu’il pouvait me prendre ici et maintenant. Mais j’étais certain que si je mourais en faisant ce film, plusieurs personnes seraient sauvées. »


À la seizième minute et cinquième seconde (16:05) de la vidéo mise ci-dessous, Caviezel raconte ceci: 

À la fin du film, je montais sur le flanc de la montagne. Quand je suis arrivé au milieu de la montagne, toutes les personnes étaient placées là où elles devaient être; environ 250 personnes. J’ai senti une présence m’envahir, une présence diabolique. Cette présence diabolique me disait: « Tu es un homme mort ». Et je me suis mis à penser: ceci est la meilleure nouvelle que j’aie jamais reçue; parce que je savais que si je mourais, j’allais au ciel. J’arrive au sommet de la montagne. Vers la cinquième prise (de cinéma), les nuages étaient tellement bas. Le tonnerre et les éclairs avaient le son d’un Howitzer (un canon utilisé dans les guerres); ils étaient si puissants qu’on pouvait sentir la terre trembler. Il y avait deux personnes devant moi, à environ trente pieds de moi. Leurs yeux regardaient en haut et étaient mouillés, sur le point de pleurer. Je ne pouvais plus sentir mes cheveux et j’ai entendu un grand sursaut dans la foule car ils ont vu quelque chose. Moi, je n’entendais absolument rien, un peu comme si j’étais dans l’œil d’un cyclone. Quand vous êtes dans l’œil d’un cyclone, les vents peuvent être violents, mais vous n’entendez rien. Cinq secondes plus tard, un éclair descendait du ciel et me frappait. Les témoins de la scène ont vu une illumination autour de mon corps avec un feu à droite et à gauche de ma tête. Et pour un instant, je me suis vu en dehors de mon corps.

Le Pasteur Miles m’a demandé hier si c’était vrai que beaucoup de figurants du film étaient indifférents à la religion. Je lui ai répondu que oui. Il y avait trois groupes de personnes sur la scène du tournage. Il y avait les croyants, les non-croyants et les indécis (les « fence riders »: les gens qui sont à cheval sur une clôture et ne savent de quel côté pencher). Deux de ces groupes font de mauvaises décisions. Ce qui est surprenant, c’est que les indécis (les « fence riders ») croient qu’ils ne choisissent pas. Mais ils choisissent; c’est un choix qu'ils font. C'est une décision qu'ils prennent de chevaucher la clôture sans se décider. Mais quand j’ai été frappé par l’éclair, toutes ces personnes sont tombées face contre terre. La terre a tremblé. Ce fut la dernière prise cinématographique du film.

Sur la croix, je ne pouvais pas respirer très bien. Quand vous êtes suspendus à une croix, vous mourez pas asphyxie, par suffocation. Physiquement, je combattais. Mais Notre Seigneur me faisait ressentir un peu de ce qu’Il a souffert. Il me soutenait, mais en me demandant : « Jusqu’où es-tu prêt à aller dans cette souffrance? »  Et je lui ai répondu: « Jusqu’à la dernière goutte ». « Ok alors, on y va ». C’est un peu la question que Jésus a demandé à Jacques et Jean: « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire? ». « Oui, nous pouvons ». Quand j’avais 18 ans, j’ai voulu entrer dans les Marines, sachant qu’on peut y laisser sa vie. Il n’y a rien de mieux pour moi que de donner ma vie pour Jésus Christ.

À partir de ce moment-ci de l’interview, Caviezel ne regarde plus l’animateur, mais se tourne vers les centaines d’étudiants qui sont devant lui dans la salle, et leur adresse ces paroles:

Aujourd’hui, j’entends des gens dire: oui, Jésus s’est sacrifié pour moi. Lui l'a fait; moi, je n’ai pas à faire cela. Il l’a fait pour moi. Ok. Mais pourquoi Pierre a-t-il dû le faire? Pourquoi Jacques a-t-il dû le faire. Pourquoi tous les apôtres ont-ils dû donner leur vie en sacrifice? Qu’en est-il de tous les martyrs du XXème siècle? Qu’en est-il de tous les chrétiens aujourd’hui qui sont exécutés aux pieds de Musulmans? Ce sont nos frères et sœurs. Où est le Seigneur pour eux? Est-ce que le Seigneur les déteste? On ne peut pas continuer à s’asseoir ici et dire: « Je vais être chrétien seulement s’il est question de prospérité et s'il est question de vivre dans l’abondance. » Je veux que vous reteniez ceci: quand Jésus est allé rencontrer Hérode, Il ne l’a pas regardé. C’est l’Écriture qui le dit. Vous n’avez pas à chanter et à danser pour les gens du siècle (pour la société secularisée) afin qu’ils croient. Ils ne croiront pas plus. Vous pouvez prier pour eux. C’est comme cela que les choses vont se passer: les gens vont continuer à choisir le mal; mais vous, vous n'avez pas à faire cela. Et le démon va vous analyser. Il va rechercher votre faiblesse. Il se dira: « Je peux donner à cette personne un million de dollars et elle va succomber; 10 millions pour cet autre personne; 50 millions pour telle autre personne et elle va succomber ».

Tout le monde parle de liberté de choix. Tous les Américains devraient savoir que la liberté n’existe pas pour faire ce que vous voulez, mais pour avoir le droit de faire ce que vous devez faire. Le problème que je vois maintenant, c’est que plusieurs chrétiens se sont immergés dans le paganisme. Ils veulent être « cool » envers leurs frères païens. Ils pensent qu’ils peuvent être un peu païens, pour être « cool ». Mais il n’y a rien de cool dans cela. Ce qui manque ici, c’est qu'on ne veut pas être saint. Eh bien voici ce qui va arriver: nous allons tous être testés un jour, et vous aurez le choix de donner votre vie pour le Christ ou le renier. Et cela va se passer durant notre génération. Il y beaucoup de choses qui se pointent à l’horizon en ce moment. Et vous aurez à faire un choix. Vous devrez faire un choix.

L’éternité nous attend. Nous allons tous mourir de la première mort. Espérons ne pas mourir de la seconde mort. Dieu n’envoie personne en enfer. Les gens choisissent d’y aller. Une société est faite pour vivre selon des valeurs morales. Fuyez cette génération corrompue, mes frères et sœurs. Vous n’êtes pas faits pour vous fondre dans la masse, mais pour relever la masse. Autre traduction possible de la phrase ci-dessous: « Vous n’êtes pas faits pour vous adapter, mais pour vous démarquer. »

« You weren’t meant to fit in; you were born to stand out ».
  

The Passion of The Christ - Jim Caviezel (complete interview).



  1. www.youtube.com/watch?v=1xxRvSp5KCg

    26 mai 2013 - Ajouté par Catholic Inside USA
    Father, Son, Holy Spirit: God of Love and Truth. The Passion of The Christ - Jim Caviezel (complete interview ...
 

vendredi 18 avril 2014

Pape François, devant le Saint-Suaire

Pape François, devant le Saint-Suaire



En ce Vendredi Saint 2014, nous sommes invités à contempler l’Homme des douleurs, Jésus Christ, notre Seigneur. Cette contemplation ne peut se faire efficacement que dans le silence. Le silence de la croix et notre silence.

Il n’y a pas de meilleur moyen, selon moi, de vivre le Vendredi Saint, que de contempler le crucifié et le visage du Saint-Suaire. Lorsque Jésus sera mort pour nous, vers la neuvième heure (15 heures pour nous), nous pourrons contempler le visage serein du Saint-Suaire, qui nous conduira vers l’Espérance. Le visage paisible du Saint-Suaire, est déjà une annonce voilée mais très réelle, de la Résurrection de Jésus. En contemplant cette icône de Jésus, nous sentons monter en nous les mots du psaume 15:

« Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
Ma chair elle-même repose en confiance
Tu ne peux m’abandonner à la mort
Ni laisser ton ami voir la corruption

Tu m’apprends le chemin de la vie
Devant Ta Face débordement de joie
À ta droite, éternité de délices ! »  (Ps 15, 9-11)

L’année dernière, le jour du Samedi Saint, a eu lieu un événement assez exceptionnel : l’ostension du Saint-Suaire de Turin, via la télévision. Le pape François, à cette occasion, a prononcé les paroles suivantes : 

Chers frères et sœurs,

Je me place, moi aussi avec vous devant le Saint Suaire, et je remercie le Seigneur qui nous offre cette possibilité avec les moyens d’aujourd’hui. Même si cela se fait sous cette forme, il ne s’agit pas d’une simple observation, mais d’une vénération, c’est un regard de prière. Je dirais davantage : c’est un se laisser regarder. Ce Visage a les yeux clos, c’est le visage d’un défunt, et pourtant mystérieusement il nous regarde, et dans le silence il nous parle. Comment est-ce possible ? Comment se fait-il que le peuple fidèle, comme vous, veuille s’arrêter devant cette Icône d’un Homme flagellé et crucifié ? Parce que l’Homme du Suaire nous invite à contempler Jésus de Nazareth. Cette image – imprimée dans la toile – parle à notre cœur et nous pousse à gravir le Mont du Calvaire, à regarder le bois de la croix, à nous immerger dans le silence éloquent de l’amour.

Laissons-nous donc rejoindre par ce regard, qui ne cherche pas nos yeux mais notre cœur. Écoutons ce qu’il veut nous dire, dans le silence, en passant au-delà de la mort-même. À travers le Saint Suaire nous parvient la Parole unique et ultime de Dieu : l’Amour fait homme, incarné dans notre histoire ; l’Amour miséricordieux de Dieu qui a pris sur lui tout le mal du monde pour nous libérer de sa domination. Ce Visage défiguré ressemble à tant de visages d’hommes et de femmes blessés par une vie qui ne respecte pas leur dignité, par des guerres et des violences qui frappent les plus faibles… Pourtant le Visage du Suaire communique une grande paix ; ce Corps torturé exprime une souveraine majesté. C’est comme s’il laissait transparaître une énergie contenue mais puissante, c’est comme s’il nous disait : aies confiance, ne perd pas l’espérance ; la force de l’amour de Dieu, la force du Ressuscité vainc tout.
Pour cela, contemplant l’Homme du Suaire, je fais mienne, en ce moment, la prière que saint François d’Assise prononça devant le Crucifié :

Dieu très haut et glorieux,
viens éclairer les ténèbres de mon cœur;
donne-moi une foi droite,
une espérance solide
et une parfaite charité;
donne-moi de sentir et de connaître,
afin que je puisse l'accomplir,
ta volonté sainte
qui ne saurait m'égarer.
(1)
 (Pape François, Rome, le 30 mars 2013)

(1) Le prêtre et compositeur italien Marco Frisina a mis en musique la merveilleuse prière qu’a faite saint François d’Assise devant le crucifix. Cette prière a pour nom : « Dieu très haut et glorieux ». Voici la composition de Marco Frisina, interprétée par le Frère Alessandro Brustenghi:

Frère Alessandro - Alto E Glorioso Dio - video clip - Universal Music

www.universalmusic.fr/frere-alessandro/video-clip/frere-alessandro-alto-e-glorioso-dio-shepherds-cave/1 déc. 2013 - 4 min
Frère Alessandro - Alto E Glorioso Dio le clip video est sur Universal Music.


(2) À propos du  Saint-Suaire, voir aussi le texte suivant, mis sur mon blogue : Dieu ma joie: " Seigneur Jésus, fais de moi ton suaire "dieumajoie.blogspot.com/.../seigneur-jesus-fais-de-moi-ton-suaire.html
  

jeudi 17 avril 2014

Conversion de Pedro Sarubbi

La conversion de Pedro Sarubbi 
    
       
Un ami qui connaît ma fascination pour le regard de Jésus, m’a envoyé hier un court texte sur la conversion de l’acteur italien Pedro Sarubbi. Il n’en fallait pas plus pour que je me mette à faire des recherches sur les circonstances de cette conversion.

Le Seigneur a vraiment plusieurs tours dans son sac. Jésus est le maître des cœurs et il se sert de tous les moyens possibles pour attirer les cœurs à Lui. Souvent Dieu utilise le métier d’une personne pour lui révéler sa transcendance. Jésus a révélé sa divinité à Simon-Pierre grâce à une pêche miraculeuse. Pierre le pêcheur, est devenu « pêcheur d’homme ». Il n’est pas rare qu’un artiste se convertisse grâce à l’art. Dieu a converti l’acteur itlalien Pedro Sarubbi lors du tournage d’une scène de cinéma. Mel Gibson a choisi Pedro Sarubbi pour jouer le rôle de Barabbas dans son film intitulé : The Passion of the Christ. Pedro Sarubbi, acteur fameux en Italie, était déçu d’avoir un rôle aussi secondaire dans le film. Il a donc proposé à Mel Gibson de jouer le rôle de l’apôtre Pierre. Mais Gibson lui a répondu : « Tu seras Barabbas ». Heureusement que Sarubbi a accepté car en jouant le rôle de Barabbas, l’acteur a reçu la grâce de la conversion.

Voici comment Pedro Sarubbi raconte ce qui s’est passé :

« Mel Gibson me donna des conseils sur la façon d’entrer en relation avec les différents personnages et il me deamanda de ne pas regarder Jésus jusqu’à ce que, une fois libéré, j’aurais commencé à descendre les escaliers du Sanhédrin; seulement à ce moment-là, je devrais regarder Jésus.

J’ai joué la scène plusieurs fois. Tellement que quand arriva le moment de descendre les escaliers du Sanhédrin, avec 500 personnes qui criaient : « Scezi Barabbas! Scezi Barabbas! », c’est-à-dire « Libère Barabbas », j’étais tellement impliqué émotionnellement, que j’ai oublié le regard de Jésus. J’ai descendu une marche et j’ai senti comme une légère secousse mêlée d’une sensation de chaleur sur l’épaule droite. Je me suis retourné instinctivement et mes yeux ont rencontré pour la première fois ceux de Jésus, interprété par Jim Caviezel. J’ai été déconcerté par la profondeur du regard : je m’attendais à voir de la douleur, de la colère, de la désillusion, de la peur ou tant d’autres émotions qui auraient été normales pour un personnage qui avait subi autant de violence et qui était sur le point d’être envoyé à la mort à ma place. Au contraire, rien de tout cela; dans ce regard, il y avait une douce résignation et peut-être un brin d’amour et de préoccupation pour moi et pour ma condition de dégradé!

Mon instinct d’acteur, à peine m’étais-je retourné, m’avait porté à prévoir le type d’émotion que j’aurais pu rencontrer, pour pouvoir répliquer avec une prompte correspondance, mais je ne trouvai rien de ce à quoi je m’attendais; dans les yeux de celui qui était sur le point de mourir pour moi, il n’y avait ni rancœur, ni amertume, ni récrimination; au contraire, une harmonieuse résignation et presque une douce acceptation.

Je suis un expert en psychothérapie et en psychodrame, ayant travaillé durant plusieurs années auprès de psychothérapeutes; j’ai joué avec les sentiments durant 25 ans sur la scène du spectacle et sur la scène de la vie. Je ne suis pas une personne ingénue, facile à impressionner, ou un acteur fragile à la recherche de nouvelles expériences métaphysiques. Je suis un fils robuste de la terre, qui a combattu durant toute sa vie, et qui connaît les victoires et les défaites. J’ai traversé le désert de Douz à pieds; j’ai vécu seul in Amazonie et j’ai rejoint le Tibet, toujours à pieds, en partance de l’Inde. Je me suis promené en aventurier sur la moitié du globe, sans jamais me perdre. Et pourtant, j’étais complètement perdu dans ce regard immense et suave.

Nous avons répété la scène plusieurs fois. À chaque fois, j’ai vécu une émotion forte, chacune des  fois un peu différente, mais capable de me changer le cœur de façon imprévue. »  (Tiré de : Pedro Sarubbi, La passione di Barabba, Storia della mia conversione,  Capitolo: Lo sguardo di Gesù).

Dans une interview, Pedro Sarubbi dit ceci :

« Jim Caviezel s’est tellement imprégné de son personnage, qu’il a su me montrer quelque chose du regard de Jésus. Ce regard m’a complètement bouleversé et changé. (1) Ce fut difficile pour moi de changer de vie, mais je l’ai fait. Ma conversion a été radicale. Après ma conversion, j’ai reçu le sacrement de la confirmation ; je me suis marié et mes enfants ont été baptisés. Je suis tellement étonné du changement opéré en moi ! Avant, je vivais dans le nihilisme, gouverné par le dieu « argent ». Les gens autour de moi sont vraiment étonnés de me voir sous un nouveau jour. Je ne suis pas digne du centuple que je reçois à chaque jour. »   

Mel Gibson, durant le tournage du film, dit à Pedro : « Cher Pedro, ton Barabbas muet sera pour toi et pour mon film, plus important qu’un personnage très loquace de quelque film que ce soit. Fais-moi confiance, et tu verras. »

(1) Dans une interview, Jim Caviezel, l'acteur qui joue le personnage de Jésus, a dit ceci: " Durant le tournage, je devenais Jésus. Je ne voulais pas que les gens me voient moi, mais qu’ils voient Jésus. Et j’espérais que les gens qui iraient au cinéma puissent faire l’expérience de la façon dont Dieu les voit, et non pas de la façon dont ils se voient eux-mêmes. Car la façon dont Dieu nous voit, c’est cela que nous sommes vraiment. " (Voir le blogue du 20 avril 2014; un des avantages d'un blogue, c'est qu'on peut toujours ajouter des éléments à un texte, une fois qu'il est écrit)  

Scène de Barabbas, tirée du film de Mel Gibson : « The Passion of the Christ » :

THE PASSION - Barabba è Pietro Sarubbi - YouTube

www.youtube.com/watch?v=AMyFyqmSyRE6 févr. 2011 - 2 min - Ajouté par donboscoland
«Caro Pedro, il tuo Barabba muto sarà per te e per il film più importante di ... con tante ...

Si certains parmi vous n’ont pas encore visionné mon testament spirituel, intitulé « Les Yeux de l’Amour », je vous encourage fortement à le faire. Le Jeudi Saint est probablement la meilleure journée pour prendre connaissance de mon testament :

  1. Les Yeux de l'Amour - YouTube

    www.youtube.com/watch?v=C4hTSQkji7o


    8 nov. 2012 - Ajouté par Guy Simard
    Ce que vous allez voir, est la chose la plus importante que je laisserai en ce monde. De tout ce que j'aurai fait ...